mardi 2 octobre 2018

La Raison économique


Voilà,
Chacun reconstruit le sens d’une chose ou d’un événement en fonction de son état de conscience dans le sentiment d’être dans le vrai. Tandis que la plupart du temps, le non-sens passe presque inaperçu… Et cependant voilà que mon état de conscience me dit que le sens est perdu, et que le non-sens est partout !! Certains auront peut être envie de répliquer que le sens perdu est tout retrouvé : c’est la raison économique. Ce à quoi je peux répondre que cette dernière est l’abîme collectif dans lequel nous sombrons au pas de charge.  La raison économique a toujours été une totalisation sous le signe d’un seul symbole : l’argent. Or le symbole c’est ce qui donne accès à l’être (et non l’avoir). Et en ayant créé un objet de la logique pour incarner le symbole nous reliant, l’homme se trouve ainsi objectivé, rationalisé… mécanisé. Quand nous voulons faire du calcul le lien qui nous unit, nous créons cela même qui nous décompose et mortifie tout. (Baudoin de Bodinat)

lundi 1 octobre 2018

Changement de saison


Voilà,
avant-hier, c'est précisément à cet endroit en remarquant la fresque de Combas que je me suis aperçu que je n'étais pas assez couvert, qu'en fait j'étais en train de prendre froid, et que j'étais un couillon de ne pas regarder le temps prévu par l'application météo de mon smartphone le matin avant de quitter la maison. Résultat me voilà semi- comateux au fond de mon lit, incapable d'aligner trois phrases intelligibles, de lire plus de deux pages. Duke Ellington passe en boucle sur le lecteur de musique. Je songe à toutes ces choses que j'aurais aimé faire dans ma vie et que je je n'accomplirai pas faute de temps et d'argent. Et voilà maintenant j'ai très mal à la gorge. (Linked with Monday murals)

vendredi 28 septembre 2018

Reflets à la Fondation Vuitton


Voilà,
"on dirait que parmi les traits caractéristiques de la mélancolie, l'anéantissement représente une valeur positive, est désiré, voulu. La tendance se manifeste là, d'enlever à la propre vie de l'individu sa possibilité d'exister, d'ébranler ses points d'appui, de mettre en question les valeurs qui la justifient, pour aboutir à cet état d'esprit qui ne voit plus de justification à l'existence propre et se sent dans le vide et l'absurde (Romano Guardini "De la mélancolie") linked with weekend reflections

jeudi 27 septembre 2018

Heureuses conjonctions


Voilà,
je l'ai souvent évoqué dans ce blog, j'adore musarder dans les musées. Il s'opère parfois d'étranges rapprochements entre les visiteurs et le tableau ou la sculpture qu'ils observent, et chaque fois cela me réjouit. La dame qui se penche vers les aquatiques nymphéas porte des motifs de rames imprimés sur sa robe. Sur la deuxième image, les lignes sur la robe de la visiteuse semblent un contrepoint à l'espace où elle déambule. Quant à la photo de la jeune fille en fleurs qui se photographie devant un papier peint de Takashi Murakami, elle se passe de commentaire.
shared with sunday postcards

mercredi 26 septembre 2018

Opposition


Voilà,
il y a quelque temps, Châteaudouble, village cher à mon cœur, pour tous les bons souvenirs que j'en ai, a fait la une de l'actualité en raison de l'opposition de ses habitants à la visite de la cheffe du parti d'extrême-droite venue là pour contester l'installation temporaire de 72 migrants. L'occasion de revoir des visages connus dans mon adolescence et de constater avec fierté qu'il n'ont perdu ni leur humour ni leur insolence. À part ça, entendre cette femme prononcer "Châteaudouble", me choque terriblement. Autant que le le fait qu'elle ait pu tenter d'y mettre les pieds sans prévenir le maire du village pour tenter un coup médiatique. Je n'avais jamais imaginé que ces deux mondes puissent un jour se rencontrer.

lundi 24 septembre 2018

Comment ça se passe


Voilà 
comment ça se passe. Pour la photo ça va vite, il suffit de voir venir, de saisir l'apparition. On se promène et toujours l'œil guette. Quelque chose accroche le regard et l'on a une vague idée de la photo que cela fera. Après il y a tout ce bricolage qui s'apparente à ce qu'était autrefois le tirage sauf que l'outil a changé. On ne travaille plus avec de la lumière on traite de l'information. On interprète l'image. C'est comme un acteur qui donne une lecture singulière d'un texte pour en dégager certaines nuances et lui donner un relief particulier. 
Pour les images digitales qui sont des sortes de collages sans colle ni ciseaux j'opère comme je l'ai toujours fait. La plupart du temps sans idée préconçue. L'outil informatique constitue à la fois un gigantesque réservoir d'images et d'outils de traitements, une intelligence artificielle qui permet une infinie variations de possibles. Il suffit d'utiliser ce génial esclave, de le confronter à des opérations imprévues et des fonctions détournées. C'est une sorte d'élaboration qui marche par libre association comme un travail de cure qui n'aurait pas besoin du truchement des mots.
On procède par association, juxtaposition, ça s'agrège et se constitue dans la pure logique du désir
C'est un peu pareil avec la peinture, les pastels sauf que mes moyens sont plus limités, mon vocabulaire graphique beaucoup plus restreint. À présent j'arrive à obtenir une sauvagerie que j'aime avec l'outil informatique. 
Le langage avec sa grammaire ses structures sa dimension à la fois orale et écrite, ses multiples contraintes, le fait qu'il soit aussi l'outil de la pensée, qu'il serve indifféremment à tant de choses,  aura été l'insurmontable obstacle de ma vie. D'ailleurs certains commentateurs anonymes de ce blog ne se sont pas privés de me faire remarquer que j'écris mal parfois. Quoiqu'il en soit je ne serais jamais parvenu à m'exprimer selon mon désir, à trouver mon style. J'aurais éprouvé trop de difficultés à formuler clairement et avec justesse ce que je pense et ce que j'éprouve. De temps à autre je vais au plus rapide, je ne me préoccupe pas de la manière, il y a urgence. Une fois tout de même sur ce blog je me suis complètement lâché. Mais au fond c'est comme ça que je m'exprimerais le plus volontiers si je ne craignais que l'on m'enferme pour de bon, oui comme sur cette vidéo. (linked with the weekend in black and white)



samedi 22 septembre 2018

Comme au début


Voilà,
comme au début des images surgissent de l'inconnu. On ne comprend pas tout à fait comment elles adviennent. C'est comme creuser dans la terre lorsqu'on est enfant et y découvrir un caillou qui nous plaît. Rien de plus. Celle-ci, je ne l'imaginais pas. Voilà, je creuse en moi. Je suis à la fois les mains et la terre que je déblaye. Je fais mon trou en quelque sorte. Regardant cette image je pense à Kafka. 

mercredi 19 septembre 2018

Bisous bisous


Voilà,
sur le boulevard deux jeunes gens. Ils s'embrassent s'éloignent l'un de l'autre et tout en se regardant encore chacun dit à l'autre "bisous". C'est une nouvelle manie qui se répand depuis quelques temps. Au lieu de se dire au revoir on se dit "bisous". Avec la bouche en cul de poule. C'est aussi absurde que ridicule. Comme si l'acte n'avait pas eu lieu et qu'il importait à tout prix le renommer. A moins que l'acte soit si dénué de sens ou de conviction qu'il s'avère absolument nécessaire de le confirmer. C'est peut-être un signe des temps où pour les "digital natives" hyperconnectés la virtualité semble plus consistante que le réel. D'ailleurs, l'un des grands entrepreneurs de ce monde, Elon Musk, fondateur et président de SpaceX, PDG de Tesla va même plus loin. Pour lui la réalité n'est qu'un monde simulé, où nous sommes l'incarnation imaginaire de la réalité virtuelle d'un tiers, à savoir une autre civilisation qui nous dépasserait. Cette réactualisation d'une hypothèse borgésienne a quelque chose de fascinant. Mais ne vivons nous pas déjà dans le rêve d'un autre ou de quelques autres. Ceux qui ont rêvé ces machines d'où j'écris, ont transformé la réalité, nos comportements, nos postures. Parce que quelques humains ont inventé le smartphone, la plupart des citoyens des pays riches se promènent désormais courbés l'œil rivé (comme ces deux-là aperçus dans un train de banlieue il y a quelques mois) sur un minuscule écran, dans l'attente de connections de messages d'informations de nouvelles, d'alertes qui stimulent leur sentiment d'appartenance, tout du moins son illusion.

dimanche 16 septembre 2018

Conversations privées


Voilà,
je suis revenu sur mes pas pour photographier cette fille, juste parce qu'en passant je l'avais entendue dire au téléphone "je n'ai pas de secret pour ma mère, je dis tout à maman".
La multiplication des portables conduit inévitablement à la prolifération croissante, dans les espaces publics de conversations téléphoniques. Et cela amène aussi à entendre parfois des choses absurdes, qui de toute façon ne nous concernent pas mais nous sont tout de même imposées. En la circonstance, j'étais moi aussi dans la confidence. Évidemment je tairai toutes les questions saugrenues, les pensées caustiques et vaguement obscènes que ce "je dis tout à maman" n'a pas manqué de susciter dans mon esprit. Je souhaite ne pas choquer le bigot ou la bigote qui vient de temps à autre polluer ce blog de ses commentaires.
Il arrive aussi, quel que soit le moment de la journée, qu'on ne puisse échapper à des échanges désagréables, parfois tendus, souvent même chargés de rancœur et de frustration. La revendication récriminante, l'exigence de reconnaissance voire d'amour se manifestent alors avec une intensité la plupart du temps, envahissante et désordonnée. Outre le désagrément sonore qu'elles engendrent, ces misérables manifestations de la nature humaine éveillent un profond sentiment de malaise et d'abattement.
Car, le bonheur semble souvent manquer, et dans les rapports entre les gens, la mesquinerie et la bêtise tiennent apparemment une part considérable. Ce n'est certes pas nouveau et autrefois déjà on pouvait s'en douter. Mais aujourd'hui il est quasiment impossible de ne pas le voir ni de l'entendre. Cette zone d'incertitude qui permettait de croire son semblable meilleur qu'il n'y paraissait, a désormais disparu. Comment dès lors ne pas céder à la misanthropie et l'envisager comme une forme d'hygiène, sinon de salut.
première publication 16/9/2018 à 9:47 

jeudi 13 septembre 2018

Vivre sur cette terre est devenu un problème


Voilà,
"vivre sur cette terre est devenu un problème conduisant à la folie, au suicide ou au meurtre. Et pour s’en rendre compte, il suffit de monter sur le tapis roulant de cette machinerie économique en tentant d’attraper les hochets qu’elle agite pour amuser notre simplicité d’esprit, de nous laisser emporter vers la « sortie » en traversant entre quatre murs ses paysages factices, dont la beauté clinquante écrase toute la subtilité du vrai beau, où nous pouvons éprouver les sensations virtuelles d’être bien vivants, tout en se construisant des souvenirs presque indiscernables des authentiques. Les passagers pleins d’illusions sont informés de leur arrivée à destination avec l’écroulement des décors. Et cette dernière expérience, certainement la plus authentique du spectacle, constitue un bouquet final riche d’émotion, où les passagers sont laissés à l’inventaire du factice dans ce qui constituait leur identité" (Baudoin de Bodinat in "Au fond de la couche gazeuse) Linked with the weekend in black and white)

mardi 11 septembre 2018

Une vie peut-elle tenir dans une valise ?


Voilà,
"Il se passe ainsi des choses que, plus tard, plus personne ne croit. Et ce qui vient maintenant est très important: il est nécessaire de fixer ces choses d'une façon ou d'une autre. On peut le faire en écrivant, naturellement, mais l'écriture n'est pas un document véritable. La photographie est le document véritable par excellence. Les gens se laissent convaincre par une photographie", écrit W.G. Sebald dans son livre "Austerlitz". Mais en quoi cette photo d'une valise pleine de photos abandonnées, constitue-t-elle un document véritable ? Et de quoi pourrait elle me convaincre, sinon qu'il serait pertinent de relire l'Ecclesiaste.

dimanche 9 septembre 2018

Dans le monde des hommes



Voilà
"Faire preuve de raison crée des conflits. Laisser parler son cœur mène à la dérive. Imposer sa volonté est source de fatigue. Bref il n'est pas facile de vivre dans le monde des hommes". Natsume Soseki in Oreiller d'herbes)
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jeudi 6 septembre 2018

Nouvelles des extraterrestres


Voilà
"extraterrestrials have scientifically created mankind"
est-il inscrit sur le panneau de ces étranges hommes-sandwiches.
À eux trois, ils constituent, s'il en est encore besoin, une preuve évidente
 que les extra-terrestres doivent vraiment être très cons
première publication 6/9/2018 à 7:00

mardi 4 septembre 2018

Fête de Ganesh


Voilà,
Prise en Septembre 2013 à Paris dans le quartier indien de La Chapelle, lors de la fête de Ganesh et retravaillée fin 2017 cette photo n'est certes pas d'actualité. Je l'ai mise de côté jusqu'à présent parce que je n'avais jamais réalisé un semblable tirage. Je n'ai en effet pas coutume de blanchir l'image de la sorte. Blanche, telle est paraît-il la couleur du cobalt indispensable au bon fonctionnement de nos smartphones que des enfants-esclaves trient à la main près de mines sauvages au Congo.  (Linked with Our world tuesday)

samedi 1 septembre 2018

Les Cauchemars du mois passé


Voilà,
il y aura eu ces trois cauchemars du mois d'Août, le premier où d'abord il t'avait semblé qu'une présence s'était introduite chez toi, qu'elle se tenait non loin.  Tu pensais à un cambrioleur, mais il n'y avait personne. Puis tu avais entendu un bruit dans l'escalier, tu l'avais dévalé à la poursuite du possible intrus pour te retrouver sur la coursive. Là, par la fenêtre ouverte de la chambre du voisin tu avais aperçu une sorte de chemise flotter, puis s'avancer soudain menaçante dans ta direction. Cependant tu t'étais entendu crier de ce côté du réel, ou plutôt tu avais cru crier dans ton rêve, au lieu de quoi tu avais poussé des petits couinements en gesticulant désordonnément comme un qui se noie. La main crispée sur le cœur, à moitié étouffant, tu avais au réveil, vraiment cru que tu étais en train d'y passer tout en te reprochant d'avoir trop bu durant la soirée qui avait précédé. 
Une ou deux nuits plus tard, tu marchais sur un rivage prenant des photos de ces berges fantastiques qui ne cessaient de se transformer, au gré de ton errance comme si le paysage était vivant jusqu'à ce que tu te réveilles parce que tu avais fait tomber ton appareil dans l'eau.
Le troisième cauchemar, tu égarais ton ordinateur ou tu te le faisais prendre et, parce qu'il ne restait plus rien de tout ce que tu avais pu produire, tu sanglotais, tout désemparé.

vendredi 24 août 2018

Parvis de Notre-Dame


Voilà,
ce monde m'est de plus en plus lointain. Ce n'est plus vraiment mon affaire. De toute façon je n'y ai jamais compté pour grand chose. Sauf pour quelques uns. Si étroite, ma place désormais, qui n'était déjà pas bien grande. J'ai tant vécu dans les marges, en lisière, en bordure. Pour me préserver. Je ne me suis guère mêlé à mes semblables. la plupart du temps je les ai observés. Je ne voulais pas me joindre à leurs jeux. Il m'y ont parfois contraint. Toute une vie, aux aguêts, aux abois, à faire semblant. À donner le change. Le plus souvent à me dérober. On se fatigue à force. Désormais me voilà en zone de relégation. J'aurais dû faire un peu plus le pitre. Trop souvent j'ai été rattrapé par l'esprit de sérieux. Dommage. Cela dit maintenant ce sont les pitres qui gouvernent le monde. Des clowns sanguinaires et cyniques font la loi. Trump, Erdogan, Kim-Jong-Un, El Assad, Netanyahu, Poutine et tant d'autres. On a déjà connu ça par le passé. On a dit plus jamais ça. On y a cru. Et maintenant les enfants des victimes d'autrefois deviennent des bourreaux.
(...)
Pour les jeunes, ceux de ma génération portent une responsabilité immense dans la dégradation ds conditions de vie sur cette planète. Ils n'ont pas tort. Les voilà condamnés à faire mieux que leurs aînés. Ils n'en prennent cependant guère le chemin. Ce qui reste de civilisation suffoque et convulse. On commence à parler de courbes qui s'inversent. Cependant les touristes auxquels il m'arrive de me mêler parfois continuent de visiter Notre-Dame, en détournant le regard de la détresse devenue si ordinaire sous nos latitudes.
(...)
J'essaye encore de sortir, de me cultiver, de me rendre à des expositions. Mais là encore l'horreur apparaît en images lisses et soigneusement tirées.
Si je reste à la maison un samedi matin voici les intitulés d'émissions qu'il m'est donné d'entendre sur une chaîne de radio culturelle (c'était il y a quelques mois déjà) :
A 9 heures 
"L'inquiétude a remplacé l'optimisme consécutif à la chute du mur de Berlin. 
Au moment de la chute du mur de Berlin, l'opinion occidentale était convaincue, dans sa grande majorité, que l'économie de marché et la démocratie représentative allaient, après avoir battu leurs adversaires idéologiques à plate couture, conquérir ce monde
La fin de l'histoire Francis Fukuyama a donné ses lettres de noblesse philosophiques à cette certitude heureuse. L'opinion éclairée est aujourd'hui dégrisée, elle a perdu sa bonne humeur, l'avenir ne lui parait plus prometteur, mais menaçant. La grimace a succédé au sourire et l'inquiétude a remplacé l'optimisme." 
à 10 heures
"Le sucre, comme poison" voilà le titre d’une quantité d’articles qui ont prospéré ces dernières semaines, selon l’une de ces pulsions collectives qui surgissent de temps en temps. Une mode soudaine, mais qui ne porte pas moins probablement sa part de vérité et qui appelle une perspective historique
à 11 heures
Quels sont les enjeux de la pandémie d'obésité dans le monde? Pourquoi l'obésité apparaît-elle comme une maladie de la transition ?
Finalement ce matin-là j'ai préféré regarder le match de rugby opposant les deux franchises néozélandaises des Hurricanes et des Crusaders en streaming. Un soin palliatif en quelque sorte.

mardi 21 août 2018

C'est le monde qui sent la merde ou c'est juste dans mon nez ?


Voilà,
pour se distraire on se prend en photos dans des environnements numériques où l'on se plaît à rêver parmi des images de synthèses peuplées de tournesols de papillons, de fleurs multicolores, et de cascades irréelles. Cela fait de belles images. Mais dans le vrai monde, le réel fracasse. Et les journaux s'alarment, même en Août. C'est qu'il est de plus en plus difficile de dissimuler les faits. 
Températures caniculaires en Europe pendant l'Eté 2018, Feux de forêts gigantesques en Suède, mais aussi en Grèce et en Californie. Dans le Kerala des inondations monstres (évidemment vous aurez peut-être droit à une pub sur une crème dépilatoire avant de voir l'information, parce que le monde est absurde), température anormalement élevée de la mer, dans le nord mais aussi en méditerranée non seulement en surface mais en profondeur. Tout à coup on se préoccupe de cela dans les journaux. On fait des prévisions. Certaines parfois même très catastrophistes.
Pourtant tout cela était prévisible depuis des années, des esprits éclairés avaient donné l'alerte concernant les rapports entre l'économie et la pollution par exemple. Quoiqu'il en soit les scénarios optimistes du futur prévus il y a une dizaine d'années semblent déjà obsolètes et absurdes. Aujourd'hui on a des visions plus sombres.
Et puis, symptomatique, le dramatique écroulement du pont de Gênes, alerte les pouvoirs publics sur la vétusté de nos infrastructures. Tout à coup on ne parle plus que de ça dans les journaux (qui évitent cependant d'évoquer l'état lamentable des installations nucléaires qui elles aussi sont en béton). La grande presse commence à  établir un lien entre capitalisme et dégradation environnementale et fait semblant de découvrir que le capitalisme génère de la catastrophe et s'en nourrit. Mais on ne le dit pas encore trop fort
D'ailleurs au passage une chose amusante et paradoxale : un des livres phares, dans mes cours de sciences économiques s'appelait "Les cinq étapes de la croissance économique" de W.W Rostow. Cinquante ans après j'ai vu qu'un récent ouvrage s'intitulait les Cinq stades de l'Effondrement.
Et puis sinon pour finir un truc trouvé sur le net.


Mais bon, tout n'est pas si noir. Ou plus exactement le noir peut-être source de contemplation esthétique et de joie pure devant la grâce de l'instant et l'étincelle de l'inspiration. Ce qui fait le charme du rugby, c'est qu'avant d'être un sport il est essentiellement un jeu. Regarder jouer les All Blacks constitue pour moi une véritable source d'émotion et d'éphémère réconfort. Samedi dernier Australiens et néozélandais ont offert un magnifique spectacle. J'espère que le match retour samedi prochain sera du même niveau.




linked with weekend reflections

dimanche 19 août 2018

C'est comme ça la vie


Voilà,
"On ne peut pas s'empêcher de mourir, c'est comme ça la vie"
dit un petit enfant autrefois interviewé par Marguerite Duras


Daniel Isoppo qui aimait bien Duras était avec les années devenu un vieil enfant. Ces dernières années, Alain Cavalier a réalisé un portrait filmé de Daniel qui tout au long de sa carrière a aussi participé à une multitude de films car il avait ce qu'on appelle "un physique". Il s'est détaché de ce monde hier, ce monde où la lecture d'une carte de restaurant le laissait souvent perplexe. Il lui arrivait de beaucoup réfléchir avant de se décider.
Nous nous étions rencontrés à la fin des années 70 lorsque nous avions partagé (avec tant d'autres) le plateau de ce merveilleux spectacle "Prends bien garde aux zeppelins" de Didier Flamand, où il jouait un inoubliable garçon de café à l'immobilité hypnotique. J'avais fait quelques voice-over sur ses documentaires si singuliers, comme lui. Il m'avait aussi mis en scène dans une de ses pièces aux Rencontres de la Cartoucherie en 1997 et j'en avais fait autant avec lui sur deux pièces que j'avais écrites à l'occasion de cette même manifestation en 1998 et 1999. Il y était formidable. Daniel était parfois bizarre et surprenant mais terriblement attachant. L'enfance ne l'avait jamais tout à fait quitté et cela se voyait quand il souriait. C'était un être à part. Auteur, acteur, cinéaste. il avait beaucoup d'humour et de sensibilité. Je me souviens d'un documentaire de 26 mn tout à fait étonnant qu'il a réalisé pour la télévision sur l'histoire d'amour de ses parents : "Madame veuve Isoppo". 

mercredi 15 août 2018

Assomption


Voilà,
hier soir, par hasard je me suis retrouvé non loin de Notre-Dame. Une procession en l'honneur de la Vierge Marie en faisait le tour. Gardé par la police et par l'armée, le quartier était bouclé. Il a fallu franchir plusieurs barrages de sécurité pour accéder au parvis. La foule des badauds était à peine moins nombreuse que celle des croyants qui suivaient une statue en tenant des lampions chantant des cantiques et parfois même prenant des photos. "Il est grand le mystère de la foi"


Il paraît que ces processions mariales ont lieu dans toute la France, et qu'elle répondent à un vœu du Roi Louis XIII qui le 10 février 1638 a souhaité consacrer la France à la Vierge : Nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, et que, soit qu’il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix, que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire"La première procession a eu lieu le 15 Aout de la même année devant Notre-Dame, ainsi devenue le mémorial perpétuel de cet acte de consécration. Le site internet de Notre-Dame de Paris précise que c'est à l'occasion du 350 ème anniversaire de ce vœu, que le père Jacques Perrier, alors curé-archiprêtre de la cathédrale, réinitia (sous un régime socialiste et avec un premier ministre protestant), cette tradition en sortant de la cathédrale la statue en argent de la vierge offerte par Charles X en 1826. Mais en dépit des apparences, la France demeure une République.


Dans l'assistance mon regard a été attiré par ce visage qui ressemble à un de ceux qu'on peut trouver dans les tableaux des primitifs italiens. Le maintien de cette jeune fille laissait aussi supposer une éducation bourgeoise traditionnelle et catholique. Je me suis demandé si elle était encore vierge et si de temps à autre elle cherchait toute seule son plaisir.

lundi 13 août 2018

Nuage


Voilà, 
ce qui est beau dans la langue française c'est que le mot nuage est la demeure de l'ange


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samedi 11 août 2018

Reflet vénitien


Voilà,
"Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n'est pas un autre sommeil, un peu différent du premier, dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir" disait Blaise Pascal. Quoiqu'il en soit, dans cette moitié de vie, je suis fatigué des mauvais jeux de mots en titre des articles du journal Libération (genre "gafa les fieffés du logis" ou Trump fait la pluie et l'OTAN"), fatigué des commentateurs sportifs et en particulier ceux du foot, de la vision des SDF crevant dans la rue, des fans de Macron, des fans de Mélenchon, des looks de hipsters, des discussions politiques sur facebook, du malheur des uns et du bonheur des autres, des repentirs et des déclarations d'intention, des communicants de tous poils et de leur discours creux, de la saga des héritiers de Johnny Hallyday, des voix qui indiquent le nom des stations dans le métro, des codes et des mots de passe, des discours religieux de tous poils, de la misère en milieu étudiant, de la misère en milieu hospitalier, de l'art contemporain, du théâtre engagé, des chanteurs et chanteuses de la Star Academy, du présentateur de la matinale de France Culture, des vide-greniers qui donnent un aperçu de toutes ces petites conneries qu'on accumule, fatigué des états d'âme, des soucis de santé, des obligations que je me crée, de la solitude, des intonations de ma propre voix, de ne plus pouvoir trouver de vélos en libre accès à Paris, des nuits sans sommeil, du manque d'argent, fatigué des photos de vacances sur instagram, des incessantes discussions de boulot où les gens ne cessent de parler de leurs frustrations, fatigué de l'aveuglement de mon espèce et d'un monde sans futur, effrayé du cauchemardesque Trump et de tous ceux qui précipitent le monde dans une nouvelle forme de barbarie... Parfois, je voudrais m' égarer dans le labyrinthe de tous les reflets du monde, y demeurer à tout jamais, (linked with the weekend reflections)

lundi 6 août 2018

Canicule


 
Voilà, 
Août 2018 c'est la canicule. Le quai de Loire, au bord du bassin de la Villette à Paris, de même que les bord de Seine, a été aménagé dans le cadre de l'opération Paris-plage qui a lieu tous les ans à la même époque afin que ceux qui restent à Paris puissent se relaxer.
Souvent, l'été est propices aux images saugrenues, que ce soit en ville ou bien en bord de mer. Il me semble toutefois opportun de mettre en relation des photos comme celle que je publie aujourd'hui avec d'autres comme celles-ci, par exemple pour raconter ce qu'est vraiment Paris l'été.  
Le monde dans lequel nous vivons est confus, sa réalité contrastée.
Cette femme très détendue sûr sa chaise longue, il semblerait qu'elle veuille que le soleil la pénètre tout entière. 
Bon.
Depuis quelque jours, radio et télévision diffusent en abondance des émissions pour commémorer le triste anniversaire des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki. 
En comparaison question chaleur, on a encore de la marge.

vendredi 3 août 2018

Boulainvilliers

ris, Ligne C, Station Bougainvilliers

Voilà,
j'aime, depuis le quai de la station Boulainvilliers que j'ai longtemps appelé Bougainvilliers (de telles fleurs, il n'y en a pourtant guère dans les environs), la vue sur le "Front de Seine", cet ensemble architectural datant des années soixante-dix, quand Paris voulait se donner un petit air de Manhattan. D'ailleurs, une réplique miniature de la statue de la liberté de Bartholdi se dresse en contrebas sur l'île aux cygnes située au milieu de la Seine. Le front de Seine, me fait toujours penser à un plan du film "L'ami américain". On y voit le personnage interprété par Bruno Ganz, téléphonant dans une chambre d'hôtel située dans un de ces immeubles, alors que le quartier est encore en construction pendant que par la baie vitrée, en arrière plan, le bras d'une grue se déplace lentement autour de son axe.

mercredi 1 août 2018

Les doutes d'Août


Voilà,
ce titre emprunté à celui d'un morceau de Chilly Gonzales que je viens d'entendre pour la première fois ce matin à la radio résonne étrangement en ce premier jour d'Août. Je ne sais plus trop que montrer ou écrire, qui ne soit trop triste ou mélancolique, trop vindicatif, amer, ou récriminant. 
Les nouvelles de certains proches me désolent, faites de deuils et de maladies. Amélia Frank vient de quitter ce monde et la lecture du dernier billet de son blog me tire les larmes des yeux. Des acteurs qui furent autrefois des camarades de travail ou de beuverie disparaissent au cœur de l'été. On se sent très vulnérable.
Celles de l'actualité française me révoltent, avec ces individus louches dans la proximité du président, qui à leurs heures perdues tabassent des manifestants sans qu'ils ne soient poursuivis, et surtout sans que cela soit considéré comme grave par celui qui tout de même est légalement le premier magistrat de la nation. Cela en dit long sur la dérive antidémocratique de ce pays. 
Enfin ce qui relève de l'actualité mondiale m'accable, autant que cette chaleur qui pèse sur l'hémisphère nord où dit-on, en bon nombre d'endroits des records sont d'ores et déjà battus.
Alors que faire ? (Oui je sais Lénine se posait déjà la question). Je n'ai plus la force de m'insurger. Pas même par écrit. Cela ne sert à rien. Je crois de toute façon en si peu de choses. Tout au plus qu'il est possible de partager amour et amitié dans le cercle de ses proches. 
Il est difficile aujourd'hui d'échapper aux bruits du monde. Je n'écoute déjà plus les radios qui parlent trop. Celle que j'écoute ne parle que de musique on peut y entendre des phrases comme celle-ci "parmi toutes les mazurkas de Chopin celle en la bémol majeur opus 41 numéro 4 est peut-être ma préférée. elle commence toute nue en retrait par une bagatelle de la main droite avant que la main gauche ne vienne subvenir à l'harmonie, puis elle s'enhardit petit à petit avant de se muer en fête dansante" (Julien Hanck). Et ma foi, n'est-ce pas plus digne d'intérêt que tant d'inepties qui nous sont débitées par ailleurs. Il faudrait se déconnecter, se forcer à ne pas tout savoir des horreurs du monde. 

Une image et quelques mots suffiraient peut-être bien assez. Celle qui illustre ce billet rappelle mon goût pour les corps à moitié cachés, comme je l'ai ici souvent évoqué



lundi 23 juillet 2018

Danseurs


Voilà
"Notre vie est un voyage 
Dans la nuit et dans le vent 
Nous trouvons notre passage 
À travers espace et temps 
Rien jamais ne nous arrête 
Et du soir jusqu'au matin 
Chaque nuit est une fête 
Et non pas un songe vain"
Fernando Pessoa 
in  
"Le Livre de l'Intranquillité"

vendredi 20 juillet 2018

Le Salut sur la Roche


Voilà,
le cédrat de chez Nicolaï acheté au printemps 2010 dans cette boutique juste parce la vendeuse, une brune quadragénaire assez stylée m'en avait aspergé le poignet avec un je-ne-sais-quoi d'un peu mutin, mais aussi parce qu'il m'évoquait ce lime de chez Crabtree&Evelyn offert par Pierre Guyot un dimanche matin rue Cassette où il venait d'emménager  (pour Agnès c'était un Ylang-Ylang de la même maison). Ce matin, associés à cette fragrance, me sont revenus des souvenirs de Châteaudouble. J'ai repensé au jardin de Gérard juste au dessus du tunnel. Les moments lointains se mêlent a d'autres plus récents sans que je ne puisse y faire grand-chose. Je ne vais pas les chercher ils remontent, c'est ainsi. Parmi eux, l'ombre de qui-je-fus m'adresse un amical salut. linked with the weekend in black and white)

mardi 17 juillet 2018

Le Lézard


Voilà,

Un jour, seul dans le Colisée, 
Ruine de l’orgueil romain, 
Sur l’herbe de sang arrosée 
Je m’assis, Tacite à la main.

Je lisais les crimes de Rome, 
Et l’empire à l’encan vendu, 
Et, pour élever un seul homme, 
L’univers si bas descendu.

Je voyais la plèbe idolâtre, 
Saluant les triomphateurs, 
Baigner ses yeux sur le théâtre 
Dans le sang des gladiateurs.

Sur la muraille qui l’incruste, 
Je recomposais lentement 
Les lettres du nom de l’Auguste 
Qui dédia le monument.

J’en épelais le premier signe : 
Mais, déconcertant mes regards, 
Un lézard dormait sur la ligne 
Où brillait le nom des Césars.

Seul héritier des sept collines, 
Seul habitant de ces débris, 
Il remplaçait sous ces ruines 
Le grand flot des peuples taris.

Sorti des fentes des murailles, 
Il venait, de froid engourdi, 
Réchauffer ses vertes écailles 
Au contact du bronze attiédi.

Consul, César, maître du monde, 
Pontife, Auguste, égal aux dieux, 
L’ombre de ce reptile immonde 
Éclipsait ta gloire à mes yeux ! 

La nature a son ironie 
Le livre échappa de ma main. 
Ô Tacite, tout ton génie 
Raille moins fort l’orgueil humain !

Alphonse de Lamartine


dimanche 15 juillet 2018

Soir de fête (et un large addendum)


Voilà, 
le peuple de reconnaît dans son équipe, s'identifie à elle. D'ailleurs il scande sur l'air des lampions "on est les champions", comme si c'était lui qui était sur le terrain. Les joueurs de l'équipe ne sont plus une sélection ils sont, pour ceux qui les regardent, les ambassadeurs de tous les français. Le peuple, on aimerait qu'ils soit aussi solidaire et combatif dans la défense du code du travail, et de ses acquis sociaux que l'ont été les joueurs du onze tricolore dans la défense de leurs buts face à leurs adversaires.
Mais bon aujourd'hui tout le monde s'aime. A 9h 30, déjà, au pied de l'escalier du grand Palais, un des préposés à l'entrée de l'exposition Kupka, à la peau d'un noir d'ébène, plaisante avec ceux qui n'ont pas de billets en leur disant c'est vous la file des sans-papiers. Ce qui amuse tout le monde.
Avant le match, dans les rues beaucoup de gens ayant endossés le maillot de l'équipe nationale, se trimballent avec des drapeaux, les trois couleurs peintes sur les joues. On sent une grande attente, une espérance qui autoriserait d'exulter et de se se lâcher pour faire la fête.
Les gens ont envie de se fabriquer des souvenirs, pour plus tard. Ils ne songent pas dans leur liesse, à un avenir qui sera climatiquement éprouvant, peut-être radio-actif, en tout cas très pollué et sûrement très inégalitaire, et où jouer au foot sera peut-être plus pénible. Ceux qui exultent aujourd'hui se souviendront de ce moment de communion, et de ferveur, durant lequel ils étaient si heureux de brailler leur joie toute la soirée et au-delà, sans penser un instant au racisme qui sévit en temps ordinaire dans ce pays. Les mexicains appellent "guateque", une fête très bruyante qui dure toute la nuit, ce qui paraît être la perspective à l'heure où j'écris ces lignes. Mais n'oublions pas que pendant que la France exulte de voir son équipe gagner, à trois heures d'avion de Paris, les habitants de la bande de Gaza essayent de se remettre d'un bombardement massif de l'armée israélienne sur leur territoire. D'ailleurs là-bas on y crée des équipes de foot pour amputés.
N'y songeons pas trop. Ce soir beaucoup d'enfants français sont très heureux. et ont des étoiles dans les yeux. Laissons leur un peu de rêve et aux adultes leur part d'enfance.



Je ne peux pas m'empêcher de rajouter cet article fort pertinent, comme à l'accoutumée d'André Markowicz sur sa page facebook.
"Bon, la France a gagné — je ne vais pas dire « nous », parce que, vraiment, nous, je veux dire, « on » a juste regardé. Mais, je ne sais pas, même si ce n’est sans doute pas poli de le dire, moi, j’étais content que la France gagne, d’abord, parce que, même si c’est devenu un lieu commun, mais enfin, quand même, ils sont de toutes les couleurs et de toutes les origines, et que, oui, quoi qu’on dise, ça fait plaisir, et puis, ça m’aurait fait de la peine que la Croatie gagne, parce qu’il y avait cet entraîneur croate, là, qui avait dit que la Croatie allait jouer contre l’Afrique, en fait, et qu’il y avait d’autres joueurs qui avaient souhaité mettre le feu à Belgrade ou des choses comme ça. — Et puis, je ne sais pas, je me dis que ça nous fait du bien, à nous, de voir la France gagner Bon, en même temps, j’avais une crainte : je me disais, houla lala, la liesse populaire, les klaxons, c’est une nuit d’insomnie garantie, — surtout en centre-ville. Mais, que voulez-vous, j’accepte de souffrir pour la patrie. Et total, fenêtres évidemment fermées, ça va, j'aurai même pu dormir 
*
La grisaille s'étendait chez nous. Une grisaille entretenue par une politique qui est d’une violence, j’ai l’impression, sans pareille, et qui me semble l’aboutissement à la fois du toutes les débandades hollandiennes et de toutes les redomontades sarkoziques, une mise en coupe réglée de la société (et c’est très loin d’être terminé) qui se résume par une remise au privé de toutes les sphères de l’existence. — Et ce que je crains aussi, c'est que les Bleus n'aient assuré à notre président une victoire jusqu'aux européennes, et même au-delà. Je n'en sais rien, j'espère que non, — mais enfin, quoi, si le panem est fourni au mininum, là, au niveau circenses, il faut vraiment être un esprit chagrin pour être triste aujourd'hui.
*
Je dois être un esprit chagrin
*
Theresa May aurait pu assister à la demi-finale, elle n'y est pas allée. — Emmanuel Macron avait promis qu'il y assisterait, histoire, sans doute, d'encourager nos troupes par cette honorifique perspective, — et il y est allé. Il a juste fait l'aller-retour à Pétersbourg. Il est revenu à Moscou. Il y a cette photo étonnante d'un président enthousiasmé, pris dans son geste après un but — un geste que, j'ai l'impression, la décence m'empêche de traduire, et qui est le geste de bien des supporters. Bon. Avant, il avait eu une conversation politique avec Poutine. 
*
Il y a eu l'orage. Et nous avons vu cette image stupéfiante du parapluie qui s'ouvrait tout de suite au-dessus de la tête de Poutine (Poutine et Macron ne se regardaient pas), alors que le président français et la présidente croate (qui m'a eu l'air très sympathique, ma foi — comme quoi, les préjugés... mais je ne la connais pas), restaient trempés comme des soupes, stoïques à embrasser les joueurs les uns après les autres, et¬, au-dessus d'eux, le parapluie s'est ouvert bien plus tard. Ils ont eu le temps de goûter l'hospitalité russe, et de comprendre qui était le patron.
*
Le président a-t-il obtenu la libération d'Oleg Sentsov ? Je n'ai pas l'impression. Mais Poutine ne va pas laisser mourir Sentsov, il le fait nourrir de force. — Non pas par des perfusions de glucose ou de je ne sais pas quoi, mais en lui faisant entrer sa soupe par le nez, ce qui est, on comprend bien, une torture incroyable. Nous venons d'apprendre cela par le journal "Moskovski Komsomolets", qui est un des très rares journaux où, de temps en temps, il passe encore une information réelle. L'administration de Poutine a aussitôt démenti, en disant que, justement, on lui donnait des vitamines, par voie intraveineuse. C'est-à-dire que non seulement Sentsov ne sera pas libéré, nous dit Poutine, mais plus l'opinion publique mondiale se ligue pour le faire libérer, plus il sera torturé.
Cette politique de la force cynique, sans la moindre trace de décence, sans la moindre considération de rien en dehors de la force, c'est ce que nous avons eu à l'œuvre avec le voyage de Trump en Grande-Bretagne, — pour dire aux Britanniques qu'ils n'étaient que des laquais, et dire aux Européens, à toute l'Europe, que c'était la même chose, tous, ils étaient des larbins, et ils ne payaient pas assez leur maître, — et l'OTAN a décidé d'augmenter les budgets militaires, Macron compris. Il y a cette confrontation avec ça : maintenant, les enfants, on a cessé de jouer. D'abord, tu te mets à genoux, ensuite tu dis merci, et on connait la suite. Aujourd'hui, à Helsinski, il y a la rencontre en tête à tête, sans aucune délégation, de ces deux forces brutes, Trump et Poutine — le dernier ayant mis le premier en place, en truquant les élections américaines.
*
Le match à un moment, vous vous souvenez, a été interrompu par des gens qui se sont mis à courir sur la pelouse. Ça aura duré deux minutes, cette interruption (ce qui est gigantesque) : on a appris que c'était une action des Pussy Riot, pour protester contre la politique de Poutine, et pour soutenir Sentsov. Des membres de Pussy Riot — des héroïnes, il n'y a pas d'autre mot, — déguisées en policiers, ont fait irruption sur la pelouse, pour demander qu'on le libère — mais pas que ça, vous verrez leur page FB en anglais. — Elles ont été arrêtées, ça va de soi, et, au moment où j'écris, je ne sais pas où elles sont."

jeudi 12 juillet 2018

Soir de Liesse


Voilà,
je me souviens bien de ce soir là, comme beaucoup en France, sûrement. Il y a tout juste vingt ans. J'étais allé, dans l'après-midi assister à la retransmission du match sur un écran géant au stade Charléty. Avec Christelle qui revenait de Lille nous étions convenus de nous y retrouver, grâce aux portables en offre duo que nous avions achetés peu de temps auparavant sur son initiative, et nous y étions effectivement parvenus. Peu avant la fin, avant le troisième but de Manu Petit nous étions partis pour éviter les embouteillages afin de retrouver Dominique et Blandine dans l'appartement de cette dernière du côté de Montmartre. Après avoir dîné tous ensemble, nous étions sortis faire un tour, pour voir la liesse populaire. C'est à cette occasion que j'ai pris la photo de ces deux enfants assoupis dans leurs poussettes en dépit des hurlements des trompettes et de l'enthousiasme du populo en délire. Peut-être étaient ils au nombre de ceux qui, avant-hier soir se sont rėpandus dans les rues de la capitale pour fêter l'accession de l'équipe de France à la finale de la coupe du monde. (Linked with  the weekend in Black and white)

lundi 9 juillet 2018

Déridons nous avec Derrida


Voilà
- You see, deconstruction is what happens. There is no reason for causality to anticipate it in the system in place...
- So, what happens, the singular event of deconstruction takes place, if I correctly understand, without assignable place, without localization, like an archi-writing that has no other substance than its own movement
- That's exactly what it is, yes

vendredi 6 juillet 2018

Spectres encore


Voilà,
je sais la solitude des spectres égarés et vagabonds qui se frayent un chemin parmi ces mondes virtuels dérobés à nos sens. Ils jettent des oiseaux bariolés dans la chambre, promènent des lézards sur le tain des miroirs. Ils viennent se distraire, flânent dans ma mémoire ou font leurs frasques dans le désordre de la mauvaise heure, pour moi, sept heures du soir, et mes frayeurs autant que mon embarras les amusent. (Linked with the weekend reflections)

mercredi 4 juillet 2018

Sur le bac de Royan au Verdon


Voilà,
longtemps après, ce moment revient en mémoire. Ce sont les vacances, la veille on n'a pas trouvé d'hôtel, on a dormi dans la voiture au bord de l'estuaire à Meschers. On descend vers le sud. Là-haut, sur le pont il y a des jeunes gens insouciants. C'est l'été. Au moment où je déclenche, je pense à une ou deux photos de Raymond Depardon dans sa "correspondance new-yorkaise".  (linked with the weekend in black and white)

lundi 2 juillet 2018

Une belle paire de valises


Voilà,
parfois la réalité offre des perspectives déconcertantes. Mais on a la certitude d'être le seul à capter ce moment qui ne se reproduira jamais plus. Tout y est incongru. Ma présence ici, la femme qui, à proximité de ses valises, se dore au soleil, celle du fond qui époussette sa couverture. Il suffit d'une fraction de seconde. La journée n'aura pas été tout à fait vaine, en dépit d'une certaine déception qu'on y aura éprouvée. Certes elle était prévisible, mais on s'efforçait de ne pas y croire tout à fait. (Linked with MySundayPhoto

dimanche 1 juillet 2018

Les amoureux du pont de Sully


Voilà,
sans doute, les apercevant, ai-je envié leur jeunesse et leur insouciance apparente dans un monde qui n'incite guère à la quiétude. Et leur vitalité sans doute aussi. C'était aux premiers beaux jours de l'année, début mai. Je n'ai pas vu le temps passer depuis. Il s'écoule de plus en plus vite. J'accomplis peu de choses à dire vrai en raison de la fatigue dont je ne connais pas la cause. En fait j'ai essentiellement consacré ces derniers temps à ma fille afin de la préparer à son oral de bac français. J'essaie de profiter au maximum de sa compagnie, des tendresses qu'elle me prodigue, de sa présence aimante car d'ici peu elle sera une jeune adulte et sa vie se fera loin de moi. 
Sinon, j'entretiens un rapport de plus en plus ambigu avec ce blog. D'un côté je voudrais lever le pied, étaler mes publications, puisque j'en ai de nombreuses en réserve. D'un autre, je me dis qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver, et qu'il faut continuer à produire, continuer de montrer des images, de rendre compte de ce que je suis encore en mesure de voir ou de penser, même si j'ai de plus en plus de mal à formuler ce qui me passe par la tête. Je prête une attention de plus en plus flottante au monde. Je passe des heures à écouter de la musique. J'ai découvert ce morceau de Josquin des Prés. Steve Reich est déjà là dans ce "Qui habitat". (Share with Our world tuesday


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