mardi 28 mai 2019

J'ai compté mes années


Voilà
J'ai trouvé par hasard ce poème. Comme c'est aujourd'hui mon anniversaire, il me parait tout à fait de circonstance, même si, au regard de ce que j'ai vécu il me reste somme toute, assez peu à vivre. Il propose une ligne de conduite que j'aurais du adopter depuis fort longtemps. Je l'accompagne d'une image florale et colorée, celle d'un coquelicot. J'associe les coquelicots à un souvenir d'enfance dont j'ai déjà parlé il y a fort longtemps, un de ces moments ordinaires, et sans relief particulier quand ils adviennent et qui, sans qu'on puisse se l'expliquer, persistent par delà les années. Je ne suis pas doué pour les photos florales comme Bill ou Laura, j'habite une ville et les occasions d'en réaliser sont plutôt rares, mais je comprends qu'on puisse s'émerveiller de leur beauté. Enfin quoiqu'il en soit c'est mon trésor du mardi.

"J'ai compté mes années et j'ai découvert que j'ai moins de temps à vivre ici que je n'en ai déjà vécu.
Je n'ai désormais pas le temps pour des réunions interminables, où on discute de statuts, de règles, de procédures et de règles internes, sachant qu'il ne se combinera rien...
Je n'ai pas le temps de supporter des gens absurdes qui, en dépit de leur âge, n'ont pas grandi.
Je n'ai pas le temps de négocier avec la médiocrité. Je ne veux pas être dans des réunions où les gens et leur ego défilent.
Les gens ne discutent pas du contenu, à peine des titres
Mon temps est trop faible pour discuter de titres.
Je veux vivre à côté de gens humains, très humains.
Qui savent sourire de leurs erreurs.
Qui ne se glorifient pas de victoires.
Qui défendent la dignité humaine et qui ne souhaitent qu'être du côté de la vérité et de l'honnêteté.
L'essentiel est ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue.
Je veux m'entourer de gens qui savent arriver au cœur des gens.
Les gens à qui les coups durs de la vie ont appris à grandir avec des caresses minces dans l'âme.
Oui... J'ai hâte... de vivre avec intensité, que seule la maturité peut me donner.
J'exige de ne pas gaspiller un bonbon de ce qu'il me reste...
Je suis sûr qu'ils seront plus délicieux que ceux que j'ai mangé jusqu'à présent.- personne n'y échappe riche , pauvre intelligent , démuni ..."

Mario de Andrade

lundi 27 mai 2019

Nul ne peut sauter à pieds joints


Voilà
Si l'affirmation d'Hegel "les peuples sont sacrifiés aux fins de l'histoire" ne souffre aucune contestation, tant ce début de siècle confirme chaque jour les preuves déjà apportées par ceux qui ont précédé, l'assertion du même Hegel qui laisse entendre que "nul ne peut sauter à pieds joints par-dessus son temps" me laisse quant à elle plutôt perplexe. Je crois y comprendre que nous ne pouvons saisir la réalité présente ni penser le monde ni entrevoir le futur en dehors des lois et des dogmes de notre époque, et que même si nous nous y opposons individuellement, nous en sommes toutefois le produit. Nous serions en quelque sorte déterminés par les circonstances historiques et les contingences géographiques. Les récents résultats des élections européennes nous disent peut-être quelque chose là-dessus. Ils offrent d'évidents contrastes selon les pays. Dans certains les sociaux démocrates arrivent en tête, dans d'autres les partis populistes creusent les écarts. Parfois les écologistes progressent. On ne sait si c'est une réelle prise de conscience, ou un choix par défaut. Comme les modes de scrutin sont différents, de même que les taux de participation, il est bien sûr difficile de se faire un idée précise. Cependant, une chose dans toute cette confusion se révèle très claire. Ce n'est, en France, ni l'audace, ni le courage, ni l'intelligence ni la générosité qui ont obtenu la faveur des urnes.
Autre chose, qui en dit long sur l'état de déliquescence morale et intellectuelle de ce pays et laisse penser qu'on a franchi un seuil : plus personne aujourd'hui dans la presse et les médias ne s'étonne qu'un parti d'extrême droite, que l'on peut avec raison qualifier de fasciste dont la plupart des cadres sont des nazillons notoires et dont les dirigeants sont l'objet de poursuites judiciaires pour de nombreuses malversations arrive en tête des élections. En dépit de l'incompétence révélée au grand jour, lors du débat de la récente élection présidentielle de la cheftaine de ce parti, de nombreux français ont néanmoins choisi de continuer de lui accorder leurs suffrages. Le temps politique est vraiment celui de la mémoire courte. A présent que la droite modérée et humaniste tout comme la gauche sociale démocrate se sont allègrement suicidées après s'être couchées devant la finance et l'Oligarchie, on légitime aujourd'hui l'abjection, comme en Italie, en Hongrie, en Pologne... Que ce soit dans ce monde qu'il me faille mourir, l'idée m'en est plutôt désagréable mais que ce soit dans celui-ci que ma fille ait à grandir, m'afflige et me désole encore plus. (Linked with our world tuesday)

samedi 25 mai 2019

Sollicitude


Voilà,
je me souviens que c'est, l'été dernier, dans cet escalier un peu raide du Muséum d'Histoire Naturelle, qu'avec une bienveillante sollicitude tu m'as recommandé de bien tenir la rampe. J'ai alors songé que bientôt tu me parlerais comme à un vieil homme. J'espère que tu n'auras jamais avec moi ces agacements que j'ai pu voir parfois chez certains adultes vis à vis de leurs parents.

jeudi 23 mai 2019

J'aime / je n'aime pas (7)


Voilà,
 j'aime ce sourire dans le reflet d'une sculpture autrefois exposée au jardin des Tuileries
je n'aime pas devoir apprendre des textes par cœur
j'aime ce nouvel itinéraire du bus qui me permet d'aller de chez moi jusqu'au palais de Tokyo et au Musée d'art moderne de la ville de Paris
je n'aime pas la lâcheté de ce lecteur anonyme qui n'intervient que pour faire des remarques désobligeantes
j'aime le vinaigre de mangue
je n'aime pas devoir me résoudre à admettre que désormais de plus en plus de choses me sont interdites voire même impossibles
j'aime le vacarme des oiseaux le matin dans la ville, le chant du merle et celui du rossignol
je n'aime pas les applications GPS qui racontent n'importe quoi et proposent des chemins absurdes
j'aime mon salon inondé de lumière au printemps aux alentours de sept heures du matin
je n'aime pas les climatosceptiques, ils m'inspirent d'inavouables pensées
j'aime les petits SMS affectueux et plein d'émoticones que me laisse parfois ma fille
je n'aime pas être obligé de me presser
j'aime "L'encyclopédie capricieuse du Tout et du Rien" de Charles Dantzig qui me semble être ce qui s'est écrit de mieux en matière de listes
je n'aime pas réserver des billets de trains des chambres d'hôtel ça me stresse
j'aime particulièrement, l'eau de parfum "Cédrat intense" de chez Nicolaï pour me parfumer l'été
je n'aime pas être incapable de me souvenir depuis combien de temps je mets ce parfum : cinq ans ? dix ans ?
j'aime faire la sieste à l'ombre dans un hamac à la campagne
(Linked with weekend reflections)

mercredi 22 mai 2019

Booste tes sens


Voilà,
évidemment j'ai tout de suite établi une relation entre les mots dans la vitrine et l'homme abandonné sur le trottoir. Je ne crois pas qu'une image vaille mieux qu'un long discours. Par contre une image peut susciter une  plus ou moins longue réflexion. En ce qui  me concerne, j'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur ce produit. Il y a bien sûr aucune relation de cause à effet entre le produit et l'état du mendiant. Juste un curieux téléscopage, comme il m'est déjà arrivé d'en entrevoir.
"Booste tes sens" c'est une injonction que je trouve vraiment très conne. La voilà complétée par "Stay strong" sur le site internet dédié à Actimel que la société Danone présente comme "une délicieuse boisson au lait fermenté, disponible dans une vaste gamme d’incroyables saveurs, dont une délicieuse saveur sans matières grasses. Chaque bouteille contient 10 milliards de bactéries L. casei Danone ainsi que des vitamines B6 et D !"
Par ailleurs on nous encourage, parce que tout de même on est un peu con, un peu branleur aussi. On nous conseille avec bienveillance de nous ressaisir.
"Aller de l’avant est une attitude. Elle donne le ton de ce que nous faisons et de la façon dont nous le faisons. Quand on est positif, la journée se déroule mieux. On met tout en œuvre pour atteindre ses objectifs et on aide les autres à en faire de même, même lorsque les choses se compliquent. Le monde a besoin de davantage de personnes avec cette attitude. Alors dès le matin, adopte cette façon d’être et quoi que ta journée te réserve, ne lâche rien !"`
Et surtout pas ta petite fiole en plastique particulièrement polluante.
Si l'on souhaite en savoir plus il existe une page sur la campagne "Stay strong".
Dans notre monde en constante évolution, chacun doit, chaque jour, faire face à de nouveaux défis. Certaines personnes font preuve, au quotidien, d’une grande force d’esprit. Elles adoptent une attitude constamment positive et ne lâchent jamais rien, quelles que soient les circonstances. Actimel met aujourd’hui ces héros du quotidien sur le devant de la scène, dans le cadre d’une nouvelle campagne qui véhicule cette attitude consistant à ne rien lâcher. Cet enthousiasme est un ingrédient essentiel pour profiter pleinement de la vie. La campagne se concentre de manière concrète et positive sur des situations du quotidien : parents coincés dans un embouteillage, citadins dans les transports aux heures de pointe, employés de bureau un lundi matin, professeurs dans une salle de classe, etc.
Les personnes mises en avant dans cette campagne sont des exemples d’optimisme dans leur manière de relever les défis de tous les jours. Un optimisme contagieux, puisqu’elles inspirent les autres à aller de l’avant avec elles. Nous côtoyons ces personnes chaque jour !  Elles font partie de notre vie !
Ne Lâche Rien!

Je me demande quel genre de crétin décérébré peut encore gober toutes ces âneries. Quant à ceux qui les écrivent... Dans les agences de communication on les appelle des créatifs. Souvent, des gens arrogants et cyniques persuadés qu'un adjectif bien placé constitue en soi un concept. Cela fait une bonne trentaine d'années qu'ils manipulent les même mots "positive attitude", "héros du quotidien" "enthousiasme" "défi" "optimisme". Ce sont les mêmes qui fournissent aux politiques ces fameux "éléments de langage" pour leur langue de bois .

On connaît bien Danone, pour toutes les casseroles que traîne cette société. Selon Jeremy Hobbs, directeur général d’Oxfam International, «Aucune des dix grandes sociétés du secteur agroalimentaire ne fait assez d’efforts pour rompre avec des pratiques leur permettant de tirer parti d’une main-d’œuvre et de terres bon marché pour réaliser des bénéfices colossaux et fabriquer des produits de grande consommation à un coût social et environnemental inacceptable. Danone en fait partie. 
On connaît aussi son implication sur sur les scandales du lait en poudre. En Indonésie, des bébés nourris au lait en poudre SGM, fabriqué par Danone, souffraient en effet de problèmes de santé, parfois fatals. Dans un pays pauvre et en forte natalité, le lait en poudre souvent mal recomposé, trop dilué, avec une eau non potable, fait des ravages. Les conséquences sont dramatiques  : chute de l’allaitement, déshydratation malnutrition mortalité infantile. Certes, Danone a cessé ses activités en Indonésie après la diffusion d'une enquête de l'émission "Cash investigation". Et bien sûr je ne parle pas des emballages en plastique de la plupart des produits de cette société.

Quant au comportement de cette société vis à vis du fisc je renvoie à cet article d'Eric Rydberg paru sur  www.gresea.be . Certes il date un peu, mais on sait que les pratiques n'ont pas beaucoup changé.
"Chacun a pu suivre les coups de poker menteur de la multinationale de l’agrobusiness Danone. Après avoir joué la carte du patriotisme économique pour repousser une OPA présumée du méchant américain PepsiCo, il s’empresse, très patriotiquement, de vendre sa division biscuits (rentable mais pas assez pour les actionnaires) à l’américain Kraft pour 5,3 milliards d’euros afin de gober – un compatriote ? – le groupe néerlandais Numico. Voilà qui est bien connu. Voici qui l’est moins. Jusqu’il y a peu, la loi française prévoyait que la plus-value d’une pareille opération devait être imposée à 33%. Achetée au fil du temps pour 1,7 milliard et vendue 5,3 milliards, la division biscuits a dégagé une plus-value de A – B, soit 3,6 milliards d’euros, dont 33% devait donc revenir à l’Etat, c’est quelque 1,2 milliard. Mieux : la loi française prévoyait encore que la majeure partie du bénéfice devait être investie dans l’entreprise et non être distribuée aux actionnaires. C’était sans compter avec l’ingéniosité du législateur qui – en toute indépendance, insensible au lobbying patronal, soyons-en sûrs – a voté une exonération fiscale pour les ventes de filiales, ramenant la taxe à... 1,66% de la plus-value, un cadeau qui pourrait priver l’Etat et la collectivité de quelque 3 milliards de recettes par an. A voté comment ? Par un banal amendement introduit au dernier moment par une main invisible de la commission des Finances du Sénat français et ingénieusement enfoui dans le "budget rectificatif de 2004" pour entrée en vigueur au 1er janvier 2007. Ni vu, ni connu. Enfin, presque. Puisque la plaisante combine a été révélée par le Canard Enchaîné qui, observateur attentif de la chose publique, s’est pour cela appuyé sur des informations publiées par le magazine "Options Finances" et la revue "Les Nouvelles fiscales", des publications qu’on qualifiera volontiers de spécialisées, voire de confidentielles. C’est la leçon essentielle de ce petit fait sociopolitique, car le "législateur ingénieux" comptait sans doute aussi sur cela. L’information critique circule peu et l’information indépendante se fait rare. Il faut se réjouir de ce que le Canard Enchaîné existe."
Du coup on se rappelle que l'évasion fiscale, confisque à l'Etat de l'argent qui pourrait servir pour les services publics, et l'on se dit qu'il y a peut-être alors une relation entre la misère de plus en plus apparente et l'argent de plus en plus caché par ces multinationales qui nous incitent à consommer à n'importe quel prix.

mardi 21 mai 2019

Et le matin comme le soir...


Voilà,
"et le matin comme le soir et dans les rêves de la nuit, s'activait dans cette rue une circulation toujours dense, qui vue d'en haut se présentait comme un mélange inextricable, et sans cesse renouvelé, de silhouettes humaines déformées et de toits de véhicules de toutes sortes, d'où s'élevait un autre mélange encore plus sauvage, fait de bruit, de poussière et d'odeurs, et tout cela était happé et traversé par une puissante lumière sans cesse dispersée, emportée, puis aussitôt frénétiquement rapportée par cette multitude d'objets, de sorte qu'elle avait pour l’œil envouté l'aspect précis d'une cloche de verre recouvrant toute la rue et qu'une force brutale eût, à chaque instant, fait voler en éclats". (Franz Kafka in "Amerika")

dimanche 19 mai 2019

La Fresque de l'église Sainte Bernadette de Biscarrosse



Voilà,
en fait j'ai repensé à cette peinture murale devant laquelle j'ai rêvé enfant, et que je ne peux pas revoir en photo sans une certaine émotion, parce qu'elle me rappelle cette première année passée à Biscarrosse-Plage quand j'avais huit ans et qui fut sans doute l'une des plus belles et des plus surprenantes de mon existence. C'est là où j'ai sans doute pour la première fois de ma vie éprouvé le sentiment de paix et de bonheur. Cette année 1964 fut celle où j'ai commencé mon catéchisme pendant peut-être un mois ou deux, dans la petite chapelle en bois située en face de l'école avant que l'abbé Lapeyre, n'officie enfin dans l'église qu'il avait appelée de ses vœux. Cette fresque me semblait immense (j'avais sept ans) et quand je l'ai revue elle m'a paru minuscule.



Un souvenir me revient de cette époque. Curieusement je ne crois pas en avoir déjà parlé. Lorsque je suis arrivé avec mes parents à Biscarrosse plage à la fin de l'été 1964, j'avais donc huit ans, nous avons emménagé dans cette villa de vacances qui s'appelait la Jamaïque, que j'ai par contre déjà évoquée, parce que la cité militaire dans laquelle nous devions être logés n'avait pas encore été achevée. Mes deux parents travaillaient au centre d'essais des Landes (le CEL). A l'époque, la rentrée scolaire arrivait mi-septembre. Il n'y avait pas de cantine, puisque l'école n'était pas encore ouverte, et donc mes parents avaient négocié mon déjeuner avec les propriétaires d'un restaurant qui s'appelait "Au bon landais" je crois, situé derrière la nouvelle église. Pendant deux semaines je suis allé tous les jours là-bas ma pièce de cinq francs serrée dans la main. J'étais reçu comme un roi. la décoration me semblait raffinée et jolies les nappes et les serviettes. Je découvrais que la cuisine était bien meilleure qu'à la maison. C'est là que j'ai réalisé que le poulet pouvait être préparé autrement que rôti et que pour la première fois j'ai mangé du "poulet basquaise". La grosse aubergiste à l'accent rocailleux était d'une gentillesse déconcertante. C'était la première fois que des étrangers s'adressaient à moi avec tant de bienveillance et j'éprouvais une grande fierté à être traité avec les mêmes égards qu'un adulte. Cette sensation nouvelle de liberté et d'indépendance, la douceur atlantique de cette fin d'été, l'étonnement de vivre tout près de l'océan, de découvrir avec une telle intensité tant d'impressions nouvelles, c'était aussi la joie inattendue et informulée de se sentir soudain accordé au monde qui m'entourait. (Linked with monday murals)

samedi 18 mai 2019

Canard et parapluie


Voilà,
c'était une grosse pluie à la fin du mois de mai, l'année dernière, et bien à l'abri sous un auvent, j'avais réalisé cette image. Un an déjà, je réalise que pas grand chose de nouveau n'est arrivé dans ma vie, à part mes visites de plus en plus fréquentes au cabinet dentaire dont je me passerais volontiers. Pas grand chose d'intéressant de surprenant et de positif en tout cas. Une année blanche en quelque sorte. Ma vie n'est pas très exaltante et il m'est de plus en plus difficile de gérer mes propres contradictions. Mon ami Pascal, toujours en vadrouille à l'étranger dans des coins dangereux me manque. Vieillir en étant perpétuellement sur la brèche, et toujours plus ou moins dans la précarité me fatigue de plus en plus, et même m'accable parfois. La plupart du temps, ce que je vois ce que j'entends me consterne, les nouvelles du monde m'affligent. J'essaie de faire l'autruche, en écoutant de la musique classique lorsque je suis chez moi mais la condition de l'homme moderne, est de ne pouvoir échapper à la rumeur du monde. Et puis hier, ma fille m'annonce comme ça entre le Hoummous et une sorte tartare d'agneau libanais appelé kébé Nayé que je n'avais jamais mangé auparavant qu'elle a un copain avec lequel elle va passer une semaine dans la région de Montpellier en juillet. Je n'ai pas posé de question. J'ai pris l'information. Aujourd'hui je n'arrive pas trop à me concentrer sur les choses que j'ai à faire. Les cheveux blancs vont désormais vite venir, je sens. Mais bon, après tout j'ai moi aussi eu dix sept ans, et je n'étais alors pas aussi pertinent qu'elle ne l'est.

jeudi 16 mai 2019

Mur, Tour, Nuages et la question du nom


Voilà,
en même temps que son regard avait été attiré par le ciel il avait soudain réalisé qu'il n'avait aucun souvenir que son père l'eût appelé par son prénom. Pourtant sa mémoire de façon générale, lui faisait rarement défaut. Il se sentait même souvent encombré par toutes sortes de réminiscences. S'il se souvenait avoir souvent été appelé "fils" ou "fiston", il ne parvenait aucunement à se remémorer le vieux prononçant son prénom. Cela ne pouvait être objectivement ni vrai ni possible, mais pourtant cela lui paraissait tout à fait vraisemblable. Si cela avait été bel et bien le cas, hypothèse qu'il s'efforçait de considérer comme absurde, Grégoire Ganson  — surnommé durant toute son enfance Gégé par ses copains et même ses profs (de cela par contre il se souvenait parfaitement) —  ne pouvait imaginer qu'il fût en plus, capable d'un tel refoulement. Et puis pourquoi ces pensées l'avaient-elles traversé à un moment aussi insignifiant, si tard dans son existence et dans un un endroit si dénué de grâce ? (linked with skywatch friday)

mercredi 15 mai 2019

De quelques Anciens


Voilà,
"Archaos de Milet maître de Socrate croyait que les tremblements de terre étaient dus à une explosion de vent comprimé sous terre. Démocrite y voyait pour sa part des flux d'eaux souterraines. Anaxagore de Clazomènes imaginait le ciel comme une voûte de pierres emboîtées sujette à des affaissements et à des écoulements. Puis il rejeta les verbes "naître" et "mourir" pour les remplacer par "se composer" et "se séparer". Puis il appela le blanc de l'œuf "lait d'oiseau". Diogène d'Appolinia a dit que le soleil était comme une pierre ponce et que les rayons de l'éther s'y fixaient. Leucippe affirma que la terre était un tambour. Pour Démocrite elle avait au contraire la forme d'un disque concave en son milieu. Posidinius et Denys conclure que la terre était en forme de fronde. Aujourd'hui nous savons qu'ils se trompaient alors qu'ils scrutaient le monde de tous leurs sens, le méditaient en entier et habitaient la nature. Ils avaient en leur possession tous les éléments du savoir de l'époque, Ils connaissaient les étoiles aussi bien que les visages de leurs proches, ils annonçaient des éclipses et des comètes, à l'écoute de l'univers, dans l'intention de le prévoir. Nous, nous sommes installés dans les chambres protégées contre la nuit, la Terre et l'espace libre. Nous nous occupons de fragments de plus en plus minuscules. Nous sommes des gnomes face a leurs pensées imprécises, mais profondes, fruits de nuits entières passées sur des terrasses de toit, à discuter d'infini" Erri de Luca in "Alzaïa"

mardi 14 mai 2019

Prendre la pose


Voilà,
quoiqu'on ait à vivre, un jour c'est derrière nous. Je me souviens de ces deux japonaises qui avaient passé beaucoup de temps à se photographier au mirador del Palau devant le musée national d'art de la Catalogne. C'était début janvier 2018, il faisait très doux. L'année ne pouvait mieux commencer. Nous rentrions doucement après avoir passé la journée à Monjuich et visité le musée Miro et en redescendant vers la place d'Espagne nous nous étions arrêtés pour profiter du panorama. Il nous fallait repartir le soir même. J'étais un peu triste de devoir si tôt quitter cette ville qui m'avait tant ébloui dans la lumière de l'hiver. Ces deux filles m'avaient intrigué. J'essayais d'imaginer leur vie. J'enviais leur jeunesse, leur apparente insouciance. Je ne réalisais pas comme l'existence m'était relativement facile alors, en dépit de quelques signes avant-coureurs auxquels je ne voulais pas trop accorder d'attention. Shared with our world tuesday

lundi 13 mai 2019

Cette vieille terreur qui vient de si loin


Voilà,
ces images longtemps mises de côté, faites il y a plusieurs années, comme celle-ci, celle-là ou cette autre, je crains parfois qu'elles puissent choquer, ou déranger. Je tente alors d'en atténuer l'impact en créant un effet de distance par l'association d'un texte drôle ou vaguement poétique. Là, je n'y parviens pas. C'est juste une image de l'effroi. De ce qui me hante depuis si longtemps.

dimanche 12 mai 2019

J'aime / je n'aime pas (6)


Voilà
je n'aime pas que mes poils de barbe poussent plus d'un côté que de l'autre
j'aime détacher les tiges séchées des géraniums, ramasser les feuilles mortes
je n'aime pas les détartrages dentaires
j'aime l'album de Larry Young "Unicity" enregistré en 1965  si en avance sur son temps
je n'aime pas qu'on fasse claquer les portes
j'aime le son de l'orgue électrique Hammond
je n'aime pas l'équipe d'Angleterre de Rugby et je me réjouis toujours de sa défaite quel que soit son adversaire
j'aime par contre beaucoup les humoristes anglais
je n'aime pas les gens qui montent dans le métro et restent près de la porte sans se soucier des suivants
j'aime particulièrement le mois de février lorsqu'il est ensoleillé
je n'aime pas les gens qui portent des sacs à dos et ne se rendent pas comptent que parfois ils te heurtent avec
j'aime les poireaux vinaigrette
je n'aime pas les injonctions visuelles et sonores qu'on subit en permanence dans le métro parisien
j'aime découvrir un compositeur ou un musicien que je ne connaissais pas
je n'aime pas que les gens roulent en trottinette sur les trottoirs
j'aime le fait d'être encore capable de me faire un bon petit plat même si je suis seul
je n'aime pas la suffisance, l'arrogance le timbre de voix et les intonations de notre président de la République
j'aime les pâtisseries japonaises à base de haricots
je n'aime pas ce tic de langage apparu il y a quelques années  qui consiste à prononcer "merki" au lieu de merci
j'aime cette photo qui me rappelle un heureux souvenir
linked with the weekend in black and white)

samedi 11 mai 2019

Karl et Coco

"I did pretty well, didn't I?"
Voilà, 
dans le troisième arrondissement, rue vieille du temple à l'angle de je ne sais plus quelle autre rue, je suis, par hasard, tombé, il y a quelques semaines, sur ce charmant collage mural représentant Karl Lagerfeld assis sur un petit nuage à côté de Coco Chanel. Il m'a semblé que ce graphisme délicieusement rétro honorait avec délicatesse la mémoire du couturier récemment disparu. Sur le moment cette œuvre signée Soledad m'a rappelé ces dessins de Jacques Faizant dans les éditions de Paris Match des années soixante, qu'on regardait distraitement dans les salles d'attentes de médecins, de coiffeurs, de dentistes. Cette époque, où Coco Chanel dirigeait encore sa maison était elle alors vraiment plus légère, ou bien le souvenir a-t-il la vertu d'adoucir le passé au fur et à mesure des années ? Sans doute y avait il autant de gravité et d'inquiétude (c'était la guerre froide, le Vietnam, la révolution culturelle en Chine, les convulsions des indépendances africaines) mais sans doute aussi un plus grand espoir dans le monde futur. On croyait encore au pouvoir des sciences et de la technologie, on avait le goût de la conquête et des défis : la Lune était une nouvelle frontière et pour la première fois l'homme allait poser un pied sur un autre astre que le sien. Les révolutionnaires espéraient des lendemains qui chantent. Aujourd'hui ceux que l'on considérait en France comme des fauteurs de trouble susceptibles de renverser le pouvoir, sont des soutiens actifs du néolibéralisme. Les idées de gauche sont devenues aussi obsolètes que le microsillon ou les radiocassettes. C'était il y a cinquante ans. Ah oui quand même... (Linked with monday murals)

vendredi 10 mai 2019

Anamorphoses


Voilà,
une femme entre deux âges s'extasie sur ses plantes de balcon. Un homme jeune écoute en mangeant des œufs brouillés à un horaire tout à fait inadéquat la leçon des ténèbres de Michel Lambert. Un homme paisible se plonge dans la lecture d'un livre de Siménon. Une étudiante rassemble son linge sale pour se rendre à la laverie automatique. Un adolescent se branle en silence dans sa chambre. Un type grincheux s'aperçoit qu'il n'a pas les vis de bon calibre pour le bricolage qu'il souhaitait entreprendre. Une post-doctorante en équilibre sur son escabeau s'efforce de nettoyer ses fenêtres. Un chômeur à la mémoire déficiente se demande si la date pour payer ses impôts n'est pas déjà passée. Un écolier regarde le ciel bleu à travers la fenêtre de la classe et compte les jours qui le séparent des vacances. Un rédacteur en chef se réjouit d'avoir trouvé un mauvais jeu de mots pour la une de l'édition du journal du lendemain. Un sexagénaire se demande s'il ne devient pas très con en s'apercevant qu'il ne comprend absolument plus rien aux publicités qui passent avant les films et que parfois il ne comprend même pas ce qu'on tente de lui vendre. Un dramaturge explique à des comédiens, la plupart l'œil discrètement rivé sur leur fil d'actualité Facebook, qu'il a parfois l'impression que l'humanité ressemble aux personnages de "La Cerisaie" de Tchekhov, en ceci que plutôt que de changer leur mode de vie, ils refusent d'affronter la réalité et préférent vivre dans la nostalgie parmi les vestiges d'un monde ancien. Il ajoute que c'est pour lui c'est vraiment la pièce de la dissonance cognitive. Un retraité insatisfait trouve que sa vie est en désordre, son espace quotidien  un chaos. Il a l'impression de ne pouvoir échapper à une sorte de fatalité. Un cadre d'un laboratoire pharmaceutique en possession d'une certaine information hésite entre l'urgence de s'exprimer et la nécessité de se taire. Dans un bar, devant son verre de bière un type légèrement éméché qui a tendance à s'écouter parler dit à son copain qui n'en a pas grand chose à foutre vu qu'il n'a pas baisé depuis depuis des mois "Je l'aime parce que je ne la comprends pas. C'est pour ça qu'elle reste infini pour mon désir". Un touriste belge errant sans but dans une ville d'Andalousie réalise soudain que les sirènes d'alarme des véhicules de Police sont semblables à celles qu'on entend à New-York. Un artiste peintre hésite entre deux tailles de pinceau pour corriger un détail. Un ingénieur du son dans un studio d'enregistrement trouve que la tristesse du saxophoniste a quelque chose de vraiment embarrassant, dérangeant même. Un lycéen lisant l'expression de Hobbes "la guerre de tous contre tous" trouve tout à fait génial le lien qu'il fait aussitôt avec ce qu'on lit sur les réseaux sociaux. Un visiteur du musée se demande au sortir d'une exposition s'il va enchaîner sur une autre, ou s'il ne serait pas plus judicieux de prendre l'air de vaquer dans le quartier ou de s'attarder à une terrasse de café.

mercredi 8 mai 2019

Donner forme à ce qui n'en avait pas



Voilà,
J'ai tendance à transformer ce que je vois  Je le fais depuis longtemps et vraisemblablement, je le ferai tant que je le pourrai  Et pendant ce temps-là l'État policier s'instaure subrepticement dans le pays  Plus m'importe l'effet  l'impression ressentie que la soi-disant vérité objective Il s'agit de traduire  Quand même c'est étrange comme remontent depuis quelques mois les souvenirs de  certaines maltraitances subies enfant  J'ai presque honte d'en être encore là  L'interprétation prime à chaque fois  C'est ce désir qui me motive  L'année dernière quelqu'un m'a dit qu'il me fallait "sortir de mon monde"  Des lois qui a l'origine devaient permettre de lutter contre le terrorisme servent surtout à réprimer les luttes sociales  J'ai au contraire l'envie de m'y enfoncer plus encore  Ce qui revient à dire qu'aujourd'hui se battre pour ses droits est un acte terroriste  Je n'ai plus la capacité de jouer le jeu de la sociabilité obligée  Je ne souhaite plus que des relations singulières et intimes  Cette fois où alors que je refusais d'aller au centre aéré la mère m'y avait amené de force puis passé la tête sous l'eau froide dans les lavabos de l'école devant tout le monde en hurlant après moi  Je serai toujours plus ou moins ailleurs  C'est là que je me sens vivant  Mais le restant de l'après-midi les monitrices avaient été très douces et très attentionnées à mon égard  La vie serait-elle parfois moins compliquée si j'avais plus de sens pratique ?   Bien sûr que oui  Je ne le nie pas  Les gifles (comme elle avait les ongles longs je redoutais que par maladresse elle me crève un œil)  La vie en serait-elle autant "plus sûre" ? Certainement La police frappe sans discernement  La vie est-elle moins susceptible de nous faire souffrir si nous nous protégeons ? Sans aucun doute  Elle frappe les jeunes les journalistes  Je concède tous ces points  Mais sans doute la vie serait-elle beaucoup moins magique  Si tu ne lâches pas ta caméra qu'ils veulent détruire ils considèrent que c'est une arme par destination  La vie serait privée de ces endorphines qui rendent les moments inoubliables  Elle frappe les vieux les syndicalistes  Je veux dire les moments de création de trouvaille de travail devant un écran une toile  Si tu résiste ça s'appelle "rebellion de palpation"  Les moments où apparaît quelque chose qui n'existait pas encore ou qui demeurait caché   Les moments où je parviens à donner une forme à ce qui n'en avait pas  Elle mutile elle éborgne  Et puis il y avait toutes les fois où elle souhaitait la mort des gens qui lui avaient fait du mal  Nous sommes de plus en plus socialisés pour valoriser l'aspect pratique avant tout  Pourquoi attribuons-nous de la valeur au matériel alors que nous n'attribuons aucune valeur à l'immatériel ? Cette saloperie sera terminée on t'en mettra plein la vue jusqu'à ce que tu deviennes un homme  Je ne suis peut-être pas la personne la plus pratique  La personne la plus réaliste  Peut-être que je ne le serai jamais  Mais je n'échangerais jamais pour un million d'années la possibilité de ces épiphanies contre les certitudes fanées du bon sens

mardi 7 mai 2019

Pas mon fort


Voilà,
L'enthousiasme n'est pas mon fort pour les choses qui me concernent. J'ai du mal à exulter lorsqu'une perspective favorable s'offre à moi. Certes je suis content. Mais en même temps je crains toujours que cela soit une erreur, que de cette promesse qui m'est faite l'on puisse aussitôt se dédire. Comme si la chance ne pouvait être pour moi. Comme si cela devait inéluctablement exiger une contrepartie douloureuse. Comme s'il fallait payer pour ça. Comme cela m'était interdit. Que cela soit clair. Ce n'est pas que j'ai l'impression que je ne le mérite pas en raison de qualités dont je serais dépourvu. C'est juste l'impression que je n'y ai pas droit. Que je devrais déjà me satisfaire de ne pas avoir été jusqu'à présent accablé par le malheur.
Je suis capable m'enthousiasmer pour un beau film un beau spectacle, une belle action dans un match de rugby ou comme ce fut le cas la semaine dernière en regardant Liverpool Barça d'être transporté de joie et d'admiration en voyant jouer Léo Messi, ou bien en découvrant une œuvre musicale ou une interprétation qui m'était inconnue comme cette étonnante version de "Round Midnight" . Mais ce qui peut m'arriver de bien à moi, arrive de toute façon trop tard et au milieu d'un tel cortège de contrariétés que je ne peux trouver là, matière à pavoiser. Non ma seule vraie chance serait de trouver un mécène, un bienfaiteur, qui effacerait mes dettes et m'offrirait un asile pour rendre moins pénible ce qu'il me reste à vivre. Autant dire que je suis mal barré. D'ailleurs je trouve que l'image est parfaite pour illustrer l'état dans lequel je me trouve. Allez, ce n'est pas tout il faut que j'apprenne mon texte, la mémoire immédiate n'est plus ce qu'elle était. (Linked with skywatch friday

dimanche 5 mai 2019

Rue des Fossés Saint Jacques


Voilà,
longtemps que je n'étais pas passé de nuit par ce quartier. Plaisir de m'y retrouver. Ne me souvenais pas de la librairie portugaise, ni du café de la nouvelle mairie. Me suis rappelé que Philippe et Valérie avaient habité là. C'était quand déjà ? Ah oui vers 1986. J'ai quelques repère biographiques. N'ai jamais compris pourquoi elle avait revendu cet appartement pour s'installer à Boulogne. Partout dans le quartier, des portraits des Grands Hommes (on est dans le quartier du Panthéon) peints par le street artist C215. Là, je suis tombé sur Mirabeau. Souvenir des cours d'histoire su la révolution : "nous sommes ici par la volonté du peuple nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes". Sinon,  grande inquiétude à l'heure où j'écris ces lignes : peur que mon corps m'empêche de tenir mes engagements. (Linked with Monday murals)

vendredi 3 mai 2019

Liste des étonnements (1)


Voilà,
Je m'étonne que des gens portent encore des jeans en velours côtelé comme dans les années 70
Je m'étonne que dans une ville aussi touristique que Paris les garçons de cafés puissent être aussi mufles
Je m'étonne que les journalistes des grands médias français soient à ce point serviles face au pouvoir
Je m'étonne de l'impunité dont bénéficient les politiciens corrompus dans ce pays
Je m'étonne que l'on puisse encore de nos jours envisager l'avenir avec optimisme
Je m'étonne que l'ancien président François Hollande puisse encore avoir l'indécence de donner son avis sur les affaires de ce pays
Je m'étonne que Trump ait pu succéder à Obama, la bêtise crasse, la vulgarité et la méchanceté remplacer l'élégance l'intelligence et la classe
Je m'étonne que tant de belles et intelligentes femmes de mon entourage soient avec des types aussi cons et qu'elles semblent s'en satisfaire
Je m'étonne que la peau soit l'organe le plus lourd du corps humain
Je m'étonne de la capacité des salariés de ce pays à encaisser autant d'humiliations
Je m'étonne toujours du mystère que dégagent les chats domestiques
Je m'étonne de la méchanceté de certains animateurs d'émissions de variétés, et de leur bêtise et de mépris dont il font preuve à l'égard de leurs invités
Je m'étonne de l'étrangeté de certains dessins de Howard Finster
Je m'étonne encore de la beauté de la Tour Eiffel lorsque je l'aperçois et je ne m'en lasse pas
Je m'étonne à chaque fois du retour du printemps
Je m'étonne du spectacle quotidien des adultes en trottinettes dans les rues de Paris
Je m'étonne du sans-gêne de certaines personnes lorsqu'elle téléphonent dans le métro en parlant très fort
Je m'étonne chaque jour d'être le père d'une jeune fille aussi merveilleuse que celle dont je suis le co-parent
Je m'étonne de cette fatigue qui m'accable quotidiennement depuis quelques mois peut-être suis en dépression
Je m'étonne de la capacité de Léo Messi à se réinventer d'une saison à l'autre avec le Barça
Je m'étonne qu'il me soit si difficile de me débarrasser de choses sans aucun intérêt
Je m'étonne que des gens croient en la Providence
Je m'étonne de certains reflets qui semblent de possibles accès à des réalités parallèles
(Linked with weekend reflections)

Publications les plus consultėes cette année