vendredi 15 mai 2026

En attendant



Skater sur l'esplanade du palais de Tokyo
Voilà,
selon St Augustin il n'y a pas trois temps qui seraient le passé, le présent et l'avenir. Il y a le présent du passé qui est la mémoire, le présent du présent qui est la perception, et le présent de l'avenir qui serait l'attente. Donc hier en début de soirée, il fallait, pour donner un sens au présent du présent occuper le présent de l'avenir parce que mon ami Pascal qui m'avait filé rendez-vous au pied du palais de Tokyo, (un des endroits les plus nazes de Paris ou les skaters viennent faire leurs gammes) était, comme souvent, en retard. Il fallait bien s'occuper, compenser la sensation de perte de temps. J'ai donc pris quelques photos (quelqu'un a dit qu'on photographie toujours plus ou moins au futur antérieur ou au passé antérieur je ne sais plus et puis d'ailleurs je m'en fous mon présent du passé est comme une vieille passoire et j'ai de la fuite dans les idées). Évidemment je regrette maintenant de ne pas en avoir fait d'autres lors du très sympathique dîner avec nos filles respectives dans l'arrière cour du conservatoire Rachmaninoff où la cantine russe a disposé quelques tables pour les beaux jours.  première publication 7/8/2013 à 12:38

mercredi 13 mai 2026

Noctambule

 
 
Voilà 
des promeneurs déambulent de part et d’autre des larges avenues dépourvues de trottoirs mais bordées par des pelouses. Nombre d'entre eux portent des masques de babouins. Je n'ose demander mon chemin. Pénétrant dans un tunnel supposé me permettre d’accéder au métro, je débouche dans une cour d’immeuble où des enfants jouent au foot pendant que d’autres incendient des poubelles. 
Plus tard, longtemps j'erre seul dans la nuit noire et les rues de Morlante. 
 
 
Je finis par accéder au centre ville. Ses néons multicolores bien que fort énigmatiques me rassurent néanmoins. Je pénètre dans une boutique illuminée où derrière des façades constituées d’aquariums de jeunes employées plutôt avenantes invitent les passants en à franchir le seuil. Leurs paroles sont inaudibles, mais leurs gestes sans équivoque. Dans ce quartier, les babouins semblent mieux s'orienter que les hommes.

mardi 12 mai 2026

À votre place



Voilà,
"dites-moi, cela ne vous est il jamais arrivé ? Vous êtes couché dans la nuit, vous fixez le plafond dans le noir, paralysé de terreur et de douleur et soudain, quelque part à l'étage un enfant pleure, et pleure à votre place. Ne vous est il jamais arrivé qu'au théâtre, des hommes meurent, se battent et chantent à votre place ? Ne vous est il jamais arrivé de voir à l'horizon un oiseau qui vole à votre place, les ailes déployées, tranquille, heureux, disparaissant au loin pour ne jamais revenir ? N'avez vous jamais trouvé une route dont les pavés peuvent supporter précisément autant de pas qu'il vous en faut pour vous libérer de la douleur ?" (Milena Jesenskà) première publication 18/9/2015 à 00:12

dimanche 10 mai 2026

Rue des Périchaux


 
Voilà 
dans le 15ᵉ arrondissement de Paris, rue des Périchaux à proximité de la Petite Ceinture et derrière le parc Georges Brassens, où je suis venu me promener hier avec fille — et c'est à chaque fois un grand bonheur que ces moments passés ensemble —, se trouve cette fresque monumentale réalisée par Da Cruz. Elle constitue l’une des œuvres de street art les plus marquantes de l'arrondissement. 
Commandée dans le cadre du projet participatif Les œuvres d’art investissent la rue, le projet fut voté lors de l’édition 2014 du Budget participatif du quartier. Il a également impliqué les habitants de la résidence auxquels deux esquisses ont été présentées. leur choix s'est porté vers la version la plus vive et la plus colorée.
Haute d’environ 50 mètres, la fresque couvre la tranche d'un d’immeuble regroupant des appartements à bon marché gérés par la mairie de Paris. Sa réalisation a nécessité près d’un mois de travail, dont plusieurs semaines de préparation sur chantier. Pour atteindre les parties les plus élevées, l’artiste a travaillé depuis une nacelle culminant à une dizaine de mètres au-dessus du niveau de la rue. Da Cruz était accompagné des graffeurs Michel et Sitou, ainsi que de membres de l’association Art Azoï, en collaboration avec le centre culturel La Place.
L’œuvre s’inspire directement des masques précolombiens découverts par l’artiste lors de voyages en Amérique du Sud, notamment à Nazca. Ces figures totémiques, devenues emblématiques de son univers visuel, mêlent influences sud-américaines, africaines et moyen-orientales dans une composition extrêmement colorée. Achevée le 17 mai 2018, la fresque a été largement saluée dans le quartier comme un symbole de réappropriation esthétique de l’espace urbain.
Je me suis demandé d'où venait le nom "périchaux".  La rue doit son nom au lieu-dit "clos des Périchaux" où il y avait autrefois des vignobles et un champ d’horticulture "Périchaux" est la déformation du mot "périchot," cépage noir cultivé en ce lieu. 
Je publierai prochainement un article plus ample sur le Parc Georges Brassens, car je viens de m'apercevoir que je ne l'ai évoqué que de façon périphérique ici ou bien 
Sinon, je me suis aperçu que je savais exactement ce que je faisais le 10 Mai, il y a quarante cinq ans. C'était aussi un dimanche, et ce fut le jour de l'élection du premier président de gauche  de la cinquième République. J'ai déjà évoqué ce jour dans un précédent post. C'était un grand changement dont je me réjouissait fort. Son slogan de campagne était "La force tranquille" et le slogan du parti Socialiste "Changer la vie".

vendredi 8 mai 2026

Accordéoniste et oiseau


Voilà,
les accordéonistes sur des ponts parisiens, je m'aperçois que j'en ai photographié une flopée dans ma vie. En général au Pont Saint Louis ou sur le pont des arts immortalisé par Georges Brassens. Mais jamais en même temps que des mouettes première publication 25/4/2019 à 20:30
 

jeudi 7 mai 2026

Un Saint Patron inattendu


Voilà,
"Gangon ou Gengoul supporta avec une grande patience et une grande fidélité son épouse infidèle, non sans lui avoir adressé de salutaires avertissements. Il préféra quitter la cour du duc de Bourgogne et se retirer dans ses terres. Elle le fit assassiner par son amant alors qu'il dormait dans son château près d'Avallon. Plusieurs localités rappellent la mémoire de celui qui est le patron des mal-mariés. De temps immémorial on vénère à Gruson dans le Nord, Saint Gangon pour la guérison des maux de jambes ou, nous dit l’Hagiographie 'pour le rétablissement de la paix dans les ménages qui, comme le sien, sont troublés et désunis!" ai-je lu alors que je me demandais qui pouvait être ce Saint-Gengoux ayant donné son nom à un charmant bourg de Saône-et-Loire où je me trouvais hier en fin d'après-midi sous un ciel qui ressemblait vraiment à un ciel de printemps première publication 5/5/2016 à 6:59
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mercredi 6 mai 2026

Pas trop tard



Voilà
je continue malgré tout je vais mon chemin 

je m’approche du bout je suis bien moins gaillard

qu’autrefois un peu bancal et ne vois plus bien

pour le yoga me dit-on ce n’est pas trop tard

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lundi 4 mai 2026

Assomption du tardigrade


 
Voilà,
certains de mes occasionnels lecteurs trouvent excessive ma sensibilité aux aléas de ce monde. Ils considèrent que je remâche trop de pensées sombres. D'ailleurs, quand l’occasion se présente ils ne rechignent pas à ironiser comme ce fut le cas il y a une quelques semaines. Sans doute ont ils raison de se gausser sinon de mes inquiétudes, du moins de mon obstination à les ressasser. Rien ne sert de "vitupérer l'Époque", puisque malgré tout, de nos jours, il existe bien des motifs de se réjouir. L’existence des tardigrades par exemple, en est un. 
Ils sont exceptionnels — on le sait déjà en long et en large — : quasiment invincibles, même dans des conditions extrêmes. Les radiations dans l’espace ? Peu leur chaut ! les tardigrades survivent. Et même à des doses plusieurs milliers de fois supérieures à ce que les autres êtres vivants, (dont les humains) peuvent endurer. Ils disposent en effet d’une sorte de bouclier chimique très utile, qui intéresse les scientifiques. Une nouvelle étude parue le 26 février 2025 montre comment ces recherches pourraient conduire à l'amélioration des thérapies contre le cancer.
Les radiothérapies — notamment utilisées pour des tumeurs au niveau de la tête, du cou, de la poitrine —  nécessitent l’usage de radiations pour détruire les cellules cancéreuses. Sauf que ces denières ne détruisent pas seulement les cellules cancéreuses, elles génèrent aussi des effets secondaires très importants et dangereux. "Cela affecte un très grand nombre de patients et peut se manifester par quelque chose d’aussi simple que des plaies buccales, qui peuvent limiter la capacité d’une personne à manger en raison de la douleur et des saignements qui s’ensuivent", explique James Byrne, l’un des chercheurs en oncologie ayant participé à cette étude. « Cela peut être très dangereux, et c’est quelque chose que nous souhaitons vraiment résoudre." Ces effets graves peuvent pousser certains patients à interrompre temporairement et parfois même définitivement ces traitements. S'il existe quelques solutions, très imparfaites, telles que des médicaments ou des gels, la recherche médicale reste en quête de nouvelles solutions pour protéger les patients et les patientes, afin de limiter le plus possible les dommages.
Des chercheurs se sont donc concentrés sur la protéine Dsup, celle qui, chez les tardigrades, participe activement à la suppression des dommages liés aux radiations. Ils ont eu l'idée  de délivrer une dose d’ARN messager, comportant le code génétique de la protéine Dsup, dans les tissus des patients, en amont de la radiothérapie. Grâce à l’ARN messager et ses particularités, les cellules pourraient alors apprendre à exprimer d’elles-mêmes la protéine Dsup au bon moment afin de protéger l’ADN pendant la thérapie. L’un des points forts de notre approche est que nous utilisons un ARN messager, qui ne fait qu’exprimer temporairement la protéine, ce qui s'avère beaucoup plus sûr que quelque chose comme l’ADN, qui peut être incorporé dans le génome des cellules", expliquent les auteurs. En clair : comme l’ARN messager est temporaire, il ne modifie pas l’ADN, ce qui permet de protéger l’ADN des radiations sans l’altérer. 
Les tests effectués chez des souris ont été concluants. On a pu observer une réduction de 50 % du nombre total de "cassures" génétiques causées par des doses de radiation similaires à celles reçues par les patients en radiothérapie. Autre réussite déterminante : la précision de l’ARN messager porte aussi ses fruits, puisque la protéine Dsup ne semble pas étendre sa protection au-delà du site d’injection. Il est donc possible de contourner le site de la tumeur afin que celle-ci puisse être détruite, comme prévu, par les radiations. On détruit le cancer  tout en protègeant le reste du corps, en somme. La prochaine étape de ces recherches consistera à étudier la réaction du système immunitaire face à l’injection de cette protéine par ARN messager. Pouvoir mobiliser cette solution à l’échelle humaine reste encore un défi. Certes, je n’en profiterai pas, mais, ce sont là des résultats plus qu’encourageants pour les générations futures.
Illustration : L'Assomption du tardigrade d'après Le Titien

dimanche 3 mai 2026

Gardienne de rue

 
 
Voilà,
une artiste qui se fait appeler "la dame qui colle" s'applique à recouvrir les murs de portraits de femmes. Sur les rectangles qui sont collés à côté est écrit : ces portraits sont des femmes qui existent et qui nous prêtent main forte dans la rue. "J’ai commencé à coller il y a trois ans. Ça a commencé suite à la lecture d’un livre qui m’a beaucoup choquée : “Voir le voir” de John Berger. Cet ouvrage revient sur la façon dont le corps de la femme a été mis à nu dans l’Art parce que les hommes l’ont choisi. Ce sont eux qui achètent et peignent les tableaux qui sexualisent les femmes – celles-ci n’ayant donc pas leur mot à dire sur leurs représentations. Alors j’ai eu envie d’aller dans l’espace public et de coller des femmes pour raconter leurs histoires" explique-t-elle dans un entretien. 
Ces figure qu'elle dessine et qu'elle colle ensuite dans l’espace public, elle les appelle "les gardiennes de rue." Le point commun de toutes ces femmes selon l'artiste  "c’est qu’elles ont toutes vécu une forme de violence. Quelle qu’elle soit : une agression, un viol, des violences conjugales ou encore éducatives, de la prostitution. Ce sont toutes des femmes réelles, que j’ai rencontrées et qui m’ont raconté leur histoire".
Dans leur représentation aussi, elles ont quelque chose en commun : elles sont toutes immobiles. Les études sociologiques le montrent : en tant que femme, quand tu es immobile dans l’espace public, c’est que tu attends le bus. Ce sont les hommes qui occupent l'espace, qui se posent. Peu de femmes le font. Si tu t’arrêtes : des hommes vont venir te parler. Je me suis dit que j’allais coller des femmes immobiles, qui guettent, des gardiennes de l’espace public. Tu croises plusieurs fois ces collages-là et tu te dis qu’elles sont là et qu’elles surveillent. Dans leur regard, on voit d’ailleurs qu’elles sont plutôt dans une attitude défensive.Cette posture répond à la représentation culturelle qu’on a des femmes : non, elles ne sont pas souriantes dans l'espace public. Et comme ce sont elles qui choisissent les vêtements dans lesquels elles posent pour le collage, on arrive à un modèle contemporain de la féminité. Très peu de femmes ont voulu porter une robe."
L'artiste explique en outre qu'elle a choisi le collage comme moyen d'expression parce que cette pratique permet de travailler chez soi et de dessiner tranquillement. Quand on colle ensuite, ça prend peu de temps et c’est plus sécurisant. "Beaucoup de femmes collent, on l’a vu avec les collages féministes qui ont débuté avant le confinement. On a juste envie de s’exprimer. Avec cette pratique, on prend moins de risques."
Ceci est le 28eme portrait de la série et le seul que j'ai vu jusqu'à présent à Paris. Cette artiste opère plutôt dans la région lilloise. 
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samedi 2 mai 2026

les beaux jours reviennent


Voilà
On reste là au soleil, on est amoureuse, le reste n'a plus d'importance. On a l'espérance avec soi, en dépit du monde tel qu'il va ou ne va pas. Un homme vous prend dans ses bras vous murmure des mots doux, vous embrasse dans le cou, et ce simple bonheur pourrait suffire à éloigner un temps les démons et les fantômes. On voudrait que cela dure toujours, mais il y a ces nouvelles de l'autre bout du monde, ces nouvelles atroces, qui jettent comme une ombre sur les premiers beaux jours....
première publication 15/3/2011 à 14:44)

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