mardi 30 juin 2015

C'est comment qu'on freine ?


Voilà,
l'image est très cliché. Au loin on distingue la tour Eiffel. C'est l'un des lacs du bois de Boulogne. Les gens canotent, bronzent sur les berges. L'apparence de l'insouciance. Pourtant il fait anormalement chaud. Jamais il n'y a eu de tels pics de chaleur à cette époque depuis qu'on enregistre les températures. Et puis toutes ces tensions : l'obstination suicidaire de la commission européenne où une junte économique veut dicter sa loi au mépris du droit des peuples ; le risque de pousser la Grèce hors de la communauté et l'inciter à nouer une alliance avec la Russie belliciste qui manque de port d'attache en Méditerrannée ; la guerre qui couve en Ukraine prête à se répandre sur le continent, attisée par l'Otan et le lobby militaro industriel états-unien "ready for fight" ; l'expansion de Daesh soutenu par l'Arabie Saoudite et le Qatar avec lesquels les puissances occidentales continuent de commercer, pétrole oblige  – ainsi la France y dépose une part de son patrimoine (deux annexes du musée du Louvre à Abu Dhabi et au Qatar) pendant que les émirs rachètent grands hôtels et magasins de luxe à Paris sans parler des clubs de football – ; la Turquie menant des opérations militaires contre les courageux kurdes qui se battent pour leur survie contre Daech ; le désordre qui gagne peu à peu les pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient ; le désir de revanche des populations issues des anciennes colonies qui après trois générations se sentent ostracisées et ne se reconnaissent pas dans les valeurs de la culture européenne ; les bateaux entiers de migrants de toutes origines continuant à s'échouer sur différents rivages du sud du continent. Comme le dit mon ami Thierry F. On a l'impression de relire nos vieux livres d'histoire, de constater impuissant, une sorte d'enchaînement implacable des faits, comme si soixante-dix ans de paix relative sur ce continent (il y a eu les Balkans et l'Irlande et le terrorisme basque) avaient engendrés trop d'intérêts contradictoires, de tensions et de rancœurs larvées au point que les alliances les plus absurdes pourraient, au prix d'un chaos que cette trompeuse image dissimule encore, se nouer et se dénouer entre des communautés uniquement préoccupées de leurs intérêts particuliers. Je voudrais bien évidemment avoir tort sur toute la ligne. Mais ces tensions ajoutées à la sensation que tant d'urgences écologiques ne sont tellement pas prises en compte, me rendent maussade. Parfois je voudrais tant croire en quelque chose. Mais il y a si peu de raisons d'espérer. Oui cette image ne me semble pas celle d'un temps de paix, mais bien plutôt une image d'avant la catastrophe. En attendant, pour ne pas trop y songer, on s'occupe à des choses futiles, avec des manières d'autruche, comme si au fond le temps n'était pas compté.

dimanche 28 juin 2015

Un Motif digne d'intérêt


Voilà,
durant l'heure qui avait précédé, profitant de la douceur de l'air et d'une belle lumière je m'étais paisiblement promené au jardin du Luxembourg encore désert et j'y avais même pris quelques photos. Des années d'adolescence, mais aussi celles où jeune père je venais promener ma fille m'étaient revenues à l'esprit, et songeur j'avais déambulé dans les allées me remémorant les années écoulées, réfléchissant à ce que j'avais réalisé et à ce que j'avais raté aussi, regrettant l'incapacité dans laquelle j'étais, de façon générale mais plus particulièrement ces derniers mois, de me ressaisir, de considérer sereinement les choses, de prendre le temps nécessaire pour accomplir les tâches pratiques et ne pas remettre sans cesse au surlendemain ce que je n'avais déjà pas fait l'avant-veille. Et donc j'ai fini par penser qu'il était temps de rentrer. Près de l'arrêt du bus, une fraction de seconde à suffi pour que ce ce motif m'apparaisse digne d'intérêt. J'étais passé à côté pendant des années sans y prêter la moindre attention, et là tout à coup sans trop comprendre, je suis resté un petit moment à observer cette grille au sol. J'étais un peu comme une poule qui découvre une poêle à frire. Ma vue s'est brouillée. Il ne me semblait voir tout autre chose que ce que je regardais. Un instant j'ai craint de devenir fou et de perdre connaissance. Et puis c'est passé.


samedi 27 juin 2015

Une Apparition


Voilà,
hier, en début d'après midi j'ai traversé les Tuileries depuis la rue de Rivoli pour rejoindre la passerelle Léopold Sédar Senghor qui mène au quai Anatole France sur la rive gauche. Il faisait particulièrement lourd et là je me suis dit qu'il était enfin arrivé, l'été. Détendu par cette journée de repos sans particulière obligation, je m'amusais au dessin des étranges dentelles que faisait l'ombre frémissante des feuillages sur le sol des allées. Parvenu aux abords de la passerelle qui conserve encore à mes yeux son caractère de nouveauté bien que sa construction remonte désormais à une quinzaine d'années, j'ai réalisé que j'aimais partuculièrement m'y retrouver. L'apparition de cette gracieuse silhouette dans mon cadre m'a plu. Oui, on est là, éparpillé dans ses pensées, égaré en des lieux et des temporalités différentes, et soudain il y a une femme.
Cela aurait pu être une journée sereine. À cet instant je ne savais rien encore des horreurs survenues en France et en Tunisie.

jeudi 25 juin 2015

Je ne suis toujours pas allé à Rodez


Voilà,
je ne peux m'empêcher de réaliser des images inspirées de l'œuvre de Soulages chaque fois que l'occasion s'en présente. C'est comme un jeu, et depuis que je tiens ce blog j'ai eu l'occasion d'en déposer quelques unes, au point de décider aujourd'hui de leur consacrer un libellé. Cette dernière, que j'ai faite rue Linnois, me plaît particulièrement. Je vais bien finir par me rendre à Rodez, un de ces jours, visiter le musée qui lui est consacré.

mardi 23 juin 2015

Sans Asile


Voilà
"Un interné dans un asile est, au moins, quelqu'un.
Moi je suis un interné dans un asile sans asile. Je suis fou à froid,
Je suis lucide et fou,
Je suis étranger à tout et à tous égal :
Je dors éveillé avec des songes qui sont folie 
Parce qu'ils ne sont pas des songes. Je suis ainsi... !"
                                       
Ma dernière rencontre avec Romain m'a incité à jeter de nouveau un œil dans l'œuvre de Pessoa pour lequel nous partageons une commune passion. Lui et moi trouvons dans ses livres, chaque fois que nous y revenons, quelque chose qui fait écho à un moment donné de notre vie. Nous y butinons quelques réflexions qui tantôt nous réchauffent, tantôt nous confirment que nous ne sommes pas tout à fait seuls avec nos émotions et nos angoisses. Celles qui me traversent en ce moment sont d'une effrayantes précision. J'ai parfois l'impression de ressembler au vieil écrivain de "Providence" le film d'Alain Resnais

lundi 22 juin 2015

Un autre genre de fatigue


"Voilà,
"Quelle fatigue que d’être aimé, d’être véritablement aimé ! Quelle fatigue de devenir le fardeau des émotions d'autrui ! Changer quelqu’un qui s’est voulu libre, toujours libre, en garçon de course des responsabilités : répondre à certains sentiments, avoir la décence de ne pas prendre ses distances, simplement pour que les autres n’imaginent pas que l’on se prend pour un prince des émotions, et qu’on refuse le maximum que peut donner une âme humaine. Quelle fatigue de voir notre existence dépendre complètement de son rapport avec les sentiments de quelqu’un d’autre ! Quelle fatigue de devoir, d’une façon ou d’une autre, éprouver forcément quelque chose, de devoir forcément, même sans réelle réciprocité, aimer un peu aussi !". Ces jours-ci cette réflexion de Pessoa, résonne de façon étrange, comme si celui auquel je pense me l'adressait à bas bruit, sans vraiment me la formuler pour me signifier doucement qu'il est temps de passer à autre chose. J'ai un peu de mal à me faire à cette idée". confessa Romain Téoulier en refermant son petit carnet de moleskine rouge.
"Bon tout ça n'est pas bien important. En tout cas merci d'être venu jusque là pour m'amener le tableau, je le trouve très réussi, j'aime beaucoup ce paysage sans ombres aux tons chauds".  ajouta-t-il en se versant de nouveau quelques gouttes de Fernet-Branca. "Je t'en remets ? Il paraît que c'est bon pour le foie". 
S'il savait.

dimanche 21 juin 2015

Malgré tout, par bribes


Voilà,
les rêves de la nuit qui se dissipent confusément quand la fétide odeur d'haleine persiste au petit matin,
les poèmes imaginés, simplement imaginés qui se sont oubliés dans la paresse ou la procrastination, ou bien qu'on a laissé s'ensevelir sous le poids des jours saturés de trop mesquines tâches,
les dessins qui ne sont pas apparus parce que la main était trop malhabile,
les histoires les événements qu'il semblait alors si nécessaires de relater, (mais les mots venaient toujours à manquer),
bref le souvenir de tout ce qui au bord du possible s'est perdu ou ne s'est pas accompli
parfois ressurgit au détour d'un couloir ou sur un quai de gare, comme si, dans les déchirures dont les murs du quotidien gardent les traces comme autant de blessures et de cicatrices,
ce qui n'avait pu se dire se donnait à voir, malgré tout, par bribes.

samedi 20 juin 2015

De nuit sur le pont


Voilà,
je ne sais pas si je reprendrai un jour ce bateau. C'était la nuit. Il y avait du retard. Accoudés au bastingage, songeant que oui vraiment on avait passé de bien belles vacances, on regardait les manœuvres à quai précédant le moment où, une fois toutes ses amarres larguées, le ferry quitterait le port. Sur le pont, il y avait cette femme et son chien, tellement insolites sous la lumière du néon. Ce chien très laid qui aujourd'hui me rappelle ceux que l'on aperçoit au bas de certains tableaux de la cour d'Espagne peints par Juan Bautista Martinez del Mazo, le gendre de Velasquez.

vendredi 19 juin 2015

Gymnastique matinale


Voilà,
tôt ce matin, en allant rendre les évaluations à l'Agence, j'ai vu cette fille solitaire qui faisait ses étirements dans la cour. J'ai pensé que le monde pouvait être parfois bien étrange. Je me sentais dans un état bizarre, assez désemparé. Un peu à côté de mes pompes. Est ce pour ça que j'ai, un instant songé à m'acheter des "Fairmont" blanches, comme au temps de ma jeunesse ?

jeudi 18 juin 2015

Flaque


Voilà,
j'ai des souvenirs qui remontent très loin. Des sensations qui ne m'ont jamais quitté. Celle par exemple d'être chaudement emmitouflé, protégé dans une poussette où je suis assis. Je l'ai déjà dit, mais le redire me fait plaisir. C'est un autre contexte qui m'y fait songer. L'air est froid, je le sens sur mes joues, mais ça va. Le ciel est très bleu, le monde défile doucement au rythme de la marche de qui me pousse. Il vient à moi. Ce n'est pas moi qui avance vers lui, dans lui, c'est lui qui vient à moi me remplit et fait de moi un monde. Je n'ai pas conscience de mon mouvement mais du sien. Le monde n'est pas encore une adversité, c'est une offrande, un émerveillement. le monde est neuf. D'ailleurs le monde n'existe pas en soi : je suis le monde. Je suis un monde qui se remplit. Je ne suis pas un corps. Je suis sans contour, sans mesure. Il n'y a ni dedans ni dehors. Il n'y a que de la perception. J'accueille grâce et disgrâce avec équanimité puisque je ne peux nommer ni l'une ni l'autre. Je suis encore dans l'esprit du zen, donc.
Enfant, j'étais déjà fasciné par les flaques. Non seulement le ciel s'y reflétait, mais les perspectives qu'elles proposaient me déconcertaient. Ce monde fragmentaire et inversé paraissait receler de bien grands mystères. Et surtout il surgissait à l'improviste ici ou là, semblant répondre à une loi qui échappait à ma compréhension. Plus tard, quand la question de Dieu se fût un peu précisée, il me sembla qu'il devait aussi se cacher dans les flaques. Ses intentions étaient toujours menaçantes. Pensez donc, si l'on croquait l'hostie, si on mangeait moins d'une heure avant la communion, si on pétait à l'église c'était péché mortel. Sans parler des péchés capitaux. Lui le Très-haut qui était partout devait nécessairement se dissimuler dans les flaques pour nous observer aussi de très bas, par ruse, par espièglerie et pour s'amuser à nous tourmenter un peu plus. Je marchais dedans parfois, juste pour Lui signifier que je n'étais pas dupe. Bon, depuis évidemment j'ai compris que Dieu n'existait pas, ou que s'il était, il était en toutes choses bonnes ou mauvaises, indifférent et sans intention ni volonté.

mercredi 17 juin 2015

Back to the sixties

Voilà,
tout à l'heure dans le métro c'était "back to the sixties". J'ai repensé à ce couple que l'on voit sur la couverture de l'album "Woodstock". J'ai appris il n'y a pas longtemps sur un réseau social de couleur bleue que cet homme et cette femme sont toujours ensemble.

mardi 16 juin 2015

Une simple question d'intervalle


Voilà
"Nous n'avons reçu que depuis très peu de temps une vie que nous allons perdre. Placé entre ces deux instants, dont l'un nous a vus naître et l'autre nous voit mourir, nous tâchons, en vain, d'étendre notre être au-delà de ces deux termes. Nous serions plus sages si nous nous appliquions à en bien régler l'intervalle". (Pierre-Louis Moreau de Maupertuis) 

dimanche 14 juin 2015

Rugby


Voilà,
je l'avoue je regarde régulièrement les résumés des matches de rugby de l'hémisphère sud et parfois je regrette de n'être pas né et avoir grandi en Nouvelle-Zélande où l'on s'adonne à ce jeu avec une si merveilleuse inspiration, parce qu'on le pratique dès le plus jeune âge à l'école, garçons et filles confondus, et qu'il constitue l'identité de ce peuple et de cette nation. Lorsque je vois les images des supporters qui en famille, viennent au match comme on va au spectacle, si joyeux dans ces petits stades qui ressemblent à ceux de nos villes du sud, j'imagine alors une autre vie que la mienne, peut-être moins encombrée de question plus rustre plus terrienne, et faite de joies plus simples. Si cette année les Crusaders de Dan Carter et Richie Mc Caw ne se sont pas qualifiés pour les play-off du super 15, il y aura toujours les Hurricanes et les Chiefs ou les Highlanders, pour représenter le rugby néo-zélandais. Il va sans dire que j'espère ardemment que les Hurricanes qui ont survolé la saison finiront vainqueurs car ils le méritent. La classe et l'élégance de Beauden Barrett, la puissance la vitesse et l'agilité des frères Savea et de Ma'a Nonu, la vista de Perrenara, la maîtrise de Conrad Smith me sont à chaque fois un régal.
Je me souviens de la première fois où j'ai vu jouer les All blacks, c'était en 1967, dans les  Landes, terre de Rugby, au collège  de Parentis-en-born. A l'époque nous avions un samedi après-midi sur deux consacré au sport. Les Blacks étaient en tournée et notre prof de gym Mr Gallin avait décidé de scinder l'après-midi en deux avec une séance télévision pour que nous fassions un peu de théorie. C'était surtout qu'il ne voulait pas manquer ce match commenté par Roger Couderc qui, avec son accent rocailleux du Gers fut dans les années soixante et soixante dix une sorte de barde chantant la geste du rugby français. Toutes les actions étaient analysées au fur et à mesure, par notre prof, les mauls, les passes, les mêlées fermées, les positions des trois quarts intercalés. La fluidité du jeu à la main était alors fascinante et l'est devenue encore plus depuis l'apparition et l'intégration des joueurs d'origine fidjienne dans le team. Oui c'est comme ça, je n'y peux rien, ce jeu me fascine, sans doute parce qu'il repose sur un paradoxe : avancer collectivement pour déposer le ballon dans l'en-but adverse en ne pouvant se le passer à la main qu'en arrière. Il m'arrive encore parfois de ressentir en rêve cette sensation ancienne, sensation d'enfance, me saisir tout à coup du ballon à la faveur d'une interception, sentir la possibilité d'une percée. La tenter...

samedi 13 juin 2015

Dans les plis du rideau


Voilà,
Ce qui s'arrachait de ses nuits le surprenait parfois. S'il s'attardait au matin sur les plis du rideau il y reconnaissait avec effroi les figures que formait son désir. Difficile de chasser de son esprit ces visions obsédantes qui semblaient congédier à jamais ce qui demeurait d'enfance en lui. Et cela le tourmentait.

vendredi 12 juin 2015

Se télétransporter


Voilà,
si je pouvais, comme les héros de la série "Star trek" me télétransporter à l'instant c'est, au pied du bourg de Conques, à proximité du pont des Romieux qui enjambe la rivière Dourdou que je voudrais me retrouver. La seule fois où j'y suis allé j'imaginais les temps anciens où les pélerins le traversaient en bande pour se rendre à St Jacques de Compostelle. 

mercredi 10 juin 2015

Un grossier Personnage


Voilà,
Par hasard, dimanche dernier, passant dans une rue commerçante de mon arrondissement, je réalise que, comme chaque année lors du premier weekend de Juin, de nombreux ateliers d'artistes sont accessibles à la visite et sans doute aussi la petite galerie au fond d'une cour où je ne suis pas allé depuis quelques semaines. J'entre, au moment où d'autres visiteurs s'en vont, alors que la galeriste est en conversation avec l'artiste dont les œuvres sont actuellement exposées. C'est un homme âgé mais robuste avec un beau physique assez terrien. Il parle fort et s'interrompt à peine lorsque je la salue. Je commence tout juste ma visite que je l'entends se plaindre de ce que les gens qui passent aujourd'hui n'achètent pas et que ces visiteurs sont plus badauds que connaisseurs. Cela ne m'étonne guère de sa part car je trouve son inspiration à la mesure de ses remarques. Le trait grossier la palette sans grande nuance. Sa production est aussi tape-à-l'œil que lui fort en gueule. Je ne peux regarder attentivement son travail (car même la médiocrité peut être source d'enseignement) tant ses jacasseries et ses récriminations contre le marché de l'art et tous ceux qui ne le respectent pas lui, qui semble avoir une si haute idée de sa personne, polluent l'espace exigu de la galerie. Je sens la galleriste un peu embarrassée par la situation. Elle même d'ailleurs a du mal à en placer une. Profitant de l'arrivée d'un autre groupe de visiteurs, et puisque je me sens un peu de trop ici (de toute façon je n'ai pas grand chose à raconter sur ce que j'ai vu), j'en profite pour m'échapper. Je décide de redescendre la rue de la Gaîté parce que le glacier d'une enseigne bien connue y vend un sorbet au basilic et citron vert que je souhaite goûter (écrivant cela je me souviens soudain du vieux couple d'italiens qui fabriquaient des glaces artisanales rue d'Odessa), et par la même occasion je vais aussi déambuler au marché des artistes boulevard Edgar Quinet.  À part un ou deux stands, rien de bien réjouissant. Tout à coup ce moment et cet endroit revendiquent secrètement de devenir une photo, comme si ce dimanche un peu vague, solitaire et mélancolique s'était condensé dans la vision de cet immeuble d'angle qui jamais auparavant ne m'était apparu de la sorte.

mardi 9 juin 2015

Troublante rencontre


Voilà,
les temps étaient troubles et les pensées tourmentées. Une fois il lui était arrivé de croire qu'il avait, dans le métro, croisé au détour d'un couloir, la Camarde venue là en habit de pauvreté pour le narguer. 
Les jours semblaient bien âpres. 
L'angoisse en lui faisait un grand chahut d'heures lourdes. 
De temps à autre une odeur vieille de moisi surgissait du tréfonds de la mémoire, et c'était comme redevenir enfant dans le sombre et lointain escalier de la rue de la Devise aux marches trop hautes et si difficiles à gravir. Autre et semblable à la fois, il était là autant qu'ailleurs, songeant aussi, non sans une certaine mélancolie, qu'un jour il ne serait plus nulle part. 
Et cela tout de même, le préoccupait.

dimanche 7 juin 2015

Sous un ciel de l'Anthropocène


Voilà
j'en ai déjà parlé ici ou . N'empêche, même en temps de paix — certes fragile et de plus en plus menacée —, ces trainées dans le ciel, dans la lumière d'un printemps radieux, à quelques mois des négociations sur le climat, je ne les observe plus avec la même candeur ni le même émerveillement qu'autrefois. En un peu plus de cinquante ans, c'est à dire à l'échelle d'une vie, l'homme est parvenu par son action à faire en sorte qu'apparaissent de nouvelles formes de nuages. Il me semble pourtant si près le temps où, allongé sur le sable de la plage de Biscarrosse, je pouvais passer des heures à rêver et m'abîmer dans la contemplation des nuages. Qu'un avion vint à passer et c'était un événement. A l'époque il n'y avait, dans le monde que 300 millions de passagers par an. Il y en a aujourd'hui 3 milliards.


C'était aussi une époque où là-bas loin, sur la côte ouest des la Californie, on inventait la musique psychédélique. C'était le temps des "Summer love" et de la croyance en un éden terrestre encore possible, malgré la guerre du Vietnam. Aujourd'hui, cette musique revient à la mode dans un temps qui n'a plus rien à voir avec celui qui a inspiré tout ça. Mais j'aime bien ça toujours, les longs solos de guitares saturées...

 


samedi 6 juin 2015

Bilan et perspectives


Voilà,
Je n'aurais pas construit d'œuvre ; du moins aurais-je tenté avec les moyens du bord, somme toute assez limités, de dresser un vague inventaire d'instants de sensations et de choses vues. Je vais m'efforcer de continuer autant que faire se peut. Il y aura probablement moins de mots, mais des images, ça oui, il en reste. Il en restera. Elles ont de plus en plus tendance à se mélanger les unes aux autres..

mercredi 3 juin 2015

Entre rien et n'importe quoi



Voilà
Ces lieux abandonnés, ces zones entre rien et n'importe quoi où certains ont choisi de laisser une trace, une signature pour attester de leur passage ou bien délimiter un territoire d'animal urbain, on les retrouve semblablement déclinés dans la plupart des villes de la planète, grandes ou petites. Désormais érigé au rang des beaux-arts, ce vandalisme en quelque sorte standardisé dépeint un monde où l'imaginaire, emprisonné dans la toile toujours plus aliénante des moyens de communication, s'est lui aussi considérablement rétréci.

lundi 1 juin 2015

Le Théâtre des Egociations



Voilà,
c'est indiscutable, j'ai raté mon cadre. J'y ai néanmoins gagné un nouveau concept. Le théâtre des égociations ne serait-il pas le lieu, le dispositif où s'associent les ego.