mercredi 18 septembre 2019

Tu le connais toi Ralph Vaughan Williams ?



Voilà,
tu le connais toi Ralph Vaughan Williams ? Tu en as déjà entendu parler ? Parce que moi jamais. Bon c'est vrai j'ai de grandes lacunes en musique classique en dépit de tous les efforts que je pourrais faire (j'ai écrit un post il y a longtemps au sujet de mon rapport à la musique classique mais je ne l'ai jamais publié — un jour peut-être, il y en a tant qui attendent...) mais je ne suis pas sûr que beaucoup le connaissent. C'est un anglais. Si tu veux en savoir plus, tu fais comme moi, tu cherches sur internet. Je te mets même pas le lien parce que j'ai la flemme. Bill peut-être il doit connaître, parce qu'il touche sa bille apparemment question musique. Ce matin, j'ai entendu ça, à 6h 45. Je me suis souvenu qu'il fallait que je le retrouve. C'est la surprise du jour. Ça me réjouit toujours de découvrir quelque chose que j'ignorais surtout à l'orée d'une journée où je dois consacrer le peu d'énergie qu'il me reste pour une activité stupide et absolument pas culturelle et à une période où j... mais bon passons à autre chose. C'est dommage que les anglais pauvres imposent au reste de leur pays de quitter l'Union européenne. Revenez les anglais, on vous aime parce que vous n'êtes pas comme nous, parce que vous avez inventé des tas de sports avec des règles toutes plus absurdes les une que les autres, parce que vous êtes excentriques, parce que c'est si bon de voir une autre équipe vous battre au rugby, parce que c'est vous qui retapez le mieux les bicoques en Dordogne (même si vous y cachez dans votre garde-manger des boîtes de baked beans), parce qu'il n' y a que vous pour inventer un truc aussi stupidement drôle et délirant que le Portsmouth symfonia orchestra  parce que les monthy python et le ministère des marches ridicules, parce que Shakespeare parce que l'accent so délicieusement british de Francis Bacon, parce que c'est le seul pays où les vendeuses de cigarettes t'appellent "darling", parce que les tenues vestimentaires de la reine qui te confiment qu'être daltonien n'est pas un handicap, parce que les Beatles les Stones et les Sex Pistols et Vera Lynn aussi, parce que Ralph Steadman, and so on and so on vous pouvez continuer la liste moi je vais me coucher je suis trop fatigué. Bref tout ça pour dire qu'il y a encore plein de choses qu'on ignore des Anglais et qui sont tout à fait valables, et que voilà, c'est trop con de se séparer, on a encore des tas de choses à se raconter. En attendant je vous envoie, aux anglais et à tous les autres, une petite carte postale de Paris prise hier, alors qu'il faisait beau et chaud. D'ailleurs j'étais en short, comme un parfait touriste. Le saule du bout de l'île de la Cité que je n'avais pas vu depuis longtemps m'a paru magnifique (Linked with skywatch friday)

lundi 16 septembre 2019

Le Doute


Voilà,
parfois au contraire de ceux qui passent indifférents et pressés à proximité de ces trop nombreux corps inanimés gisant sur l'asphalte, il arrive que, déconcerté par une telle immobilité, quelqu'un se rapproche, inquiet peut-être à l'idée de se retrouver en présence d'un cadavre.

dimanche 15 septembre 2019

Au coin d'une rue



Voilà,
Il mord ses doigts, gratte ses croûtes, mange ses peaux mortes. Mâchoire serrée il avance à pas lents dans les rues sales et répugnantes de cette ville perpétuellement en chantier qu'il ne reconnaît plus. Des questions l'assaillent comme des flèches. Voudrait somnoler. Dans certains pays paraît-il existent des bars à sieste, pas ici, dommage. Car, de plus en plus souvent cotonneuse, la réalité. Ou bien poreuse friable transparente peuplée de figurants sans épaisseur ni densité. À cause de la fatigue son rayon d'action s'amenuise. Plus goût à rien. N'avance pourtant pas les bras ballants. Conserve encore quelque maintien. Observe à droite à gauche respecte les feux tricolores traverse au passage-piétons. Même si dedans délabré. Se souvient de cette lointaine époque où  transporté de ci de là, sans avoir à décider de quoi que ce fût, il n'avait qu'à regarder. Premiers temps de la vie où tout n'était que contemplation sans projet. Sans nécessité aucune de formuler, de rendre des comptes. De se justifier. C'était bon. Aurait pu tout aussi bien s'arrêter de vivre alors. Bien sûr n'aurait pas connu les plaisirs de la chair. Ni ses démons. Ah ! Jours sans fantômes et sans autre désir que chier manger dormir et pour le reste simplement voir entendre. Sûrement les choses n'étaient-elle pas aussi simples. C'est fou comme on enjolive. Finalement ne restent que les bons moments. Bonne nature tout de même. Optimiste, oui. Presque joyeux drille en dépit de la mélancolie cette méduse qui remonte sournoisement des profondeurs de l'être, c'est joli ça, les profondeurs de l'être. Il devait y avoir de la souffrance c'est pas possible autrement. Mais oui les dents les boyaux et tout plein d'autres trucs. De la sensation d'abandon aussi, de la méduse déjà. Aujourd'hui n'a plus envie de responsabilité. Sent bien qu'il lâche l'affaire. N'aura finalement pas su conduire sa barque. On dit conduire ou mener sa barque ? Épuisé de toujours donner le change, de sauver les apparences. Parfois les mendiants lui demandent la monnaie qu'il n'a pas. À quoi bon se lever se laver sortir marcher il pourrait tout aussi bien rester dans son lit dormir se branler écouter la radio procrastiner peu importe l'ordre, mais il s'obstine encore à marcher. C'est donc qu'il y a de l'insurgé en lui, du résistant. Il lui reste encore un peu de révolte. D'ailleurs, la fugitive vision d'un vieillard crispé sur trottinette électrique suffit amplement à justifier un telle rébellion. Le ridicule ne tue pas, mais l'on en vient parfois à se réjouir du danger des carrefours. Qu'il crève ! Et puis il y a les murs aussi. Bien énigmatiques parfois les murs, au détour d'une rue. 
(Shared with Monday murals)

jeudi 12 septembre 2019

Liste des bonnes nouvelles



Voilà,
Un soir, dans une gare au milieu de nulle part, en attendant un train qui me ramènerait sur Paris j'ai songé qu'il me fallait répondre au défi lancé par Francis J. en commentaire d'une de mes publications du mois d'Août. Je me suis donc efforcé d'écrire une liste de bonnes nouvelles.

Un particulier vietnamien invente des pailles faites d'herbes sauvages et emballées dans des feuilles de bananiers.

L’association Faire Avec, fondée par trois femmes architectes récupère les déchets de chantiers du secteur du bâtiment qui en produit plus de 50 millions de tonnes chaque année, pour rénover les logements des personnes en situation de précarité.

Développé avec l’institut de microbiologie de Guangzhou en Chine, le Cleansebot est un petit robot qui se glisse sous vos draps pour nettoyer votre lit des acariens et bactéries récalcitrants avec une technologie baptisée « désinfection par rayonnement ultraviolet ». Il se faufile partout dans la maison et peut même nettoyer votre clavier d’ordinateur, nid à bactéries par excellence (400 fois plus que dans vos toilettes !).

Une start-up danoise invente des sous-vêtements qui ne se lavent que toutes les quatre semaines… Un réflexe écologique dans des conditions d’hygiène parfaitement pensées. .Les sous-vêtements sont recouverts d’une formule à base d’argent. Cette fine couche d’argent a des propriétés antibactériennes et va détruire au fur et à mesure plus de 99.9% des bactéries présentes dans le tissu. Les bactéries sont responsables des odeurs et donc si les bactéries sont éliminées, les odeurs le sont aussi. Il suffira de laver en machine les sous-vêtements toutes les quatre semaines pour les porter de nouveau. 

Des gens optimistes nous délivrent des messages d'optimisme (bah oui logique !!!) comme par exemple Mitchell Joachim, professeur de pratique à l’Université de New York (États-Unis) qui considère que « L’humanité a créé la majeure partie des problèmes de notre société et, par conséquent, l’humanité a le pouvoir d’apporter des solutions. » ou bien Giulio Prisco, écrivain, expert en technologie, futuriste, cosmiste et transhumaniste (Italie) qui pense que "L’humanité a fait des choses merveilleuses sur Terre et peut continuer à faire des choses encore plus merveilleuses parmi les étoiles, à condition que nous conservions une saine réserve d’optimisme sans bornes, irrévérencieux et déraisonnable." et puis aussi "La thèse de l'effondrement peut nous aider à construire un monde meilleur" (Pablo Servigne) 

Mise au point en 2012 par deux chercheuses promises au prix Nobel, la Française Emmanuelle Charpentier et l’Américaine Jennifer Doudna, la méthode “CRISPR Cas9” permet de couper, de remplacer ou de modifier un gène dans l’ADN d’un être vivant. Une technique extrêmement prometteuse, qui sera très utile dans la thérapie génique. On pourra mieux combattre les maladies en intervenant directement dans l’ADN.

Des chercheurs de l’Université du Wisconsin ont réussi à écrire un message sur Twitter uniquement par la pensée, en se concentrant sur des lettres apparaissant sur un écran. Objectif : concevoir des « prothèses neurales », qui permettront à des personnes handicapées de communiquer par ordinateur ou de piloter leur fauteuil roulant au moyen de la pensée.

Des Américains ont fabriqué deux enzymes artificielles d’une complexité sans précédent, qui pourraient s’avérer utiles pour détruire le pétrole lors d’une marée noire ou créer des bioplastiques. La fabrication d’enzymes artificielles progresse à grands pas. Les enzymes que fournit le corps humain ou d’autres êtres vivants ont beau être capables de prouesses qu’aucun produit de synthèse ne parvient encore à imiter, elles sont parfois instables et longues à produire. 

Ce sont les chiens eux-mêmes qui éclairent depuis peu un parc canin de Cambridge, au Massachusetts, grâce à un biodigesteur qui transforme leurs excréments en méthane, lequel alimente un réverbère à gaz. Un outil simple et efficace pour convertir directement des déchets en source d’énergie.

Des Japonais ont inventé la machine qui au lieu de broyer les documents les transforme en un doux papier toilette qui ne vous martyrisera pas plus la pastille. Bon ça coûte encore à peu près 100 00 dollars, mais souvenons nous qu'au début un lecteur DVD ça coûtait 4000 francs

Donc je devrais pouvoir chanter comme Maurice Chevalier "dans la vie faut pas s'en faire" 

shared with skywatch friday

mardi 10 septembre 2019

Une image paisible


Voilà,
vers la fin Aout 2019 au bois de Vincennes. Une journée paisible et ensoleillée. Mon frère est reparti de chez moi le matin même. J'ai lavé les draps les ai fait sécher. Ensuite je vais voir l'exposition "Paris-Londres music migrations 1962-1989" au Musée National de l'Histoire de l'Immigration. Puis je loue un vélo et me balade autour du lac de Minimes à Vincennes où ça canote pas mal. Paris ne s'est pas repeuplé car il reste encore une semaine entière de vacances. L'image donne une impression paisible. Sans doute au moment où je déclenche, ai-je envie que le monde ressemble à cela, à cette illusion. Verdure et azur limpide. Farniente. La simple beauté des choses et l'acceptation sereine du temps qui passe. Oui je voudrais tant y croire. (Linked with Our world tuesday)

jeudi 5 septembre 2019

We're the one to the sun


Voilà,
lors de ce lointain séjour à New York, j'ai souvent réalisé des photos volées, dans le métro, dans la rue où il pleuvait souvent. J'errais essayant d'oublier. Il me semblait que ma vie s'écroulait. J'avais tout le temps envie de pleurer. Évidemment, la plus belle et la plus métaphorique du séjour, je ne l'ai pas prise. Quand j'y pense encore aujourd'hui, je réalise à quel point j'étais perdu. Mon ami Pascal m'avait offert le voyage, et organisé à la hâte tout le séjour, pour ne pas me laisser dans cet état à Paris. Ce jour-là, j'ai trouvé que ce type ressemblait à William Burroughs, alors j'ai déclenché en espérant que le métro ne se transforme pas en machine molle.
Shared with the weekend in black and white

mardi 3 septembre 2019

De quelques piscines



Voilà,
celle de Djelfa, dont il reste une photo quelque part et qui fut sans doute la première où je suis allé
celle de Saumur où à douze à treize ans je sautais du plongeoir de dix mètres
celle de Draguignan où nous allions après les courses avant de remonter sur Châteaudouble
celle de Malakoff avec sa pelouse où nous passions des après midi entières avec Jacques Nolot
les Bains Deligny sur la Seine que nous fréquentâmes beaucoup l'été 1979 avec Thierry, Mimi, Jacques et Didier
celle de cet hôtel en Tunisie où Constance, infatigable et fière me montrait comme elle savait plonger
celle toute petite de l'École Polytechnique à Paris qui sentait le chlore
celle de la rue de Sèvres avec ses cabines à l'étage et qu'on voit dans "les bonnes femmes" de Chabrol
celle de Parentis en Born où j'ai appris à nager
celle de la porte de Vincennes où j'ai passé l'épreuve de natation du brevet
celles de ces gens aux Arcs qui ne cessaient de parler de leurs amis les Martin-Chauffier
celle de la maison d'Aline où nous avons passé tant d'étés et en particulier celui caniculaire de 2003
celle du bateau qui nous a conduit de Travenmüde à Helsinki lors de la tournée des Zeppelins en 1979
celle du Hilton de Manille au bord de laquelle on prenait le soleil et des cocktails avec Didier avant d'aller donner nos cours 
celle de l'île de la Barthelasse à Avignon où je ne suis pas retourné depuis 1996, c'était avec Christelle et Beatrice Catry
celle de Mussidan un peu vétuste et guère ombragée à laquelle je pense pourtant assez souvent
celle un peu sale du Luxury beach hôtel de Karachi
la piscine Joséphine Baker en bord de Seine dont le toit ne s'ouvre jamais vraiment, même l'été
celle de cet Hôtel de Madère avec une vue plongeante sur la mer
celle de la villa de Villeneuve-lez-Avignon louée par Sophie et ses copines au milieu des cyprès et des pins
et la plus récente celle de la maison des parents d'Elsa, enserrée dans un jardin
shared with weekend reflections

lundi 2 septembre 2019

Entre deux mondes



Voilà,
ta langue passe et repasse derrière la dent qui bouge un peu. Tu es intrigué par ce légère ébranlement. Tu traînes sur les berges du fleuve qui scintille sous le soleil de midi. Tourmenté cependant par de lancinantes pensées dues à ce message découvert le matin même sur ton portable alors que tu étais à peine réveillé. Ces mots sobres et pudiques publiés par une lointaine connaissance sur un réseau social qui ne te lâchent pas "Comment écrire l’impensable...Mon amour, mon ami, mon amant, le père de mes enfants, mon *** s’en est allé, trop tôt. Assis face à la mer, son cœur a lâché... Grande est notre douleur mais nous tiendrons le cap."
Tu ne cesses de penser à elle, que tu connais depuis des années sans vraiment la connaître, toujours souriante, toujours aimable, simple et solaire, et dont tu as des nouvelles régulières par ce réseau social qui donne l'illusion d'une proximité. Et tu te souviens l'avoir croisée cet été un soir au festival. Elle était toujours aussi jolie.
À présent tu marches à côté de tes pas. Tu regardes les passants. Les joggers qui transpirent dans l'effort. Les lourds cumulus immobiles dans le bleu du ciel semblent presque artificiels. C'est le premier jour de Septembre. Tout semble pourtant paisible, en suspens. Dans un coin de ta tête une bluette qui te rappelle ton enfance. Tu n'as plus envie de regarder tes mails. D'entendre les actualités. Tu veux juste marcher seul, sachant pourtant combien la solitude te coûte. Ne plus vivre que dans un monde futile de musique et de refrains. Être encore plus improductif. Jouir du temps présent. Tu voudrais que la mort ne te trouve pas maussade si elle devait te prendre par surprise.


(...)

Le lendemain, tu marches encore. Cette fois dans ce quartier où tu as tant et tant de fois déambulé depuis tant et tant d'années. Comme souvent tu reviens vers la boutique des songes, celle qui a toujours été là, devant laquelle sans jamais oser en franchir le seuil, tu t'es si souvent attardé depuis que tu habites cette ville. Une jeune femme t'en ouvre la porte, affirme qu'elle te reconnaît et c'est vrai puisqu'elle articule ton prénom. Elle t'accueille avec une bienveillance inattendue. Bientôt, elle te raconte l'histoire de ce lieu qui appartenait autrefois à une aïeule, t'explique qu'elle y a grandi. Elle te confie ce qu'elle imaginait qui s'y passait la nuit quand tout était fermé, elle te montre des objets, t'indique leur provenance. Tu te sens vaguement embarrassé de ton corps tu voudrais n'être qu'un pur esprit ça serait tellement plus simple tu as peur de casser quelque chose tu ressens un léger vertige dans ce cabinet de curiosités où certains hivers tu aurais voulu te réfugier comme dans une maison de poupée tu ne te la figurais pas si jeune la bergère du troupeau des rêves mais il faut la laisser il faut t'en aller et tu la quittes à regret. Tes pas te mènent vers le grand jardin que tu traverses en somnambule et sur lequel se répand une tendre et douce lumière de fin d'été. Les ombres commencent à s'allonger. Tu n'entends pas les bruits de la ville. Juste le chant des oiseaux dans l'air tiède et les cris joyeux des enfants qui traînent après leur premier jour de classe, et profitent des derniers rayons de soleil. Et tu tiens frêle entre deux mondes, étonné, pensif, surpris d'être là encore, parmi tant de questions irrésolues, mais vaguement détaché aussi, comme si au fond, plus rien n'avait vraiment d'importance. Ni ce qui a été accompli, ni ce qui reste à faire.



shared with tuesday's treasures

dimanche 1 septembre 2019

L'Instaurateur


Voilà,
dans son livre "Au bonheur des morts", Vinciane Despret, rapporte cette réflexion de Souriau dans "Le mode d'existence de l'œuvre à faire" qui, à la fin des années cinquante, pensait que l'artiste n'est jamais le seul créateur, mais plutôt "l'instaurateur" d'une œuvre qui vient à lui, et qui sans lui ne procèderait jamais vers l'existence". Plaisir de découvrir que cette intuition constatée il y a quelques mois, et partagée dans un précédent billet, qui d'ailleurs, bien que l'image qui s'y trouve soit plutôt réussie, ne suscita alors aucune réaction, a préalablement été ressentie et formulée par d'autres. (Linked with monday murals)

samedi 31 août 2019

Les jardins de Cormatin


Voilà,
les étés en compagnie de ma fille se feront de plus en plus rares. Elle aura sans doute dans les années qui viennent d'autres envies que celle de voyager l'été avec son vieux père, et c'est bien normal. Les moments passés avec elle me sont d'autant plus précieux. Ces menus partages en dehors de la vie quotidienne, les visites, les promenades, les découvertes faites ensemble, tout cela aura compté parmi les bonheurs les plus doux de mon existence. Nous aurons par exemple marché dans le parc du château de Cormatin ensemble un été. Rien de bien spectaculaire, et les choses qui nous seront apparues au même moment n'auront pas le même poids, se recomposeront différemment dans son esprit, ou bien s'évanouiront peut-être dans l'oubli car d'autres événements d'autres expériences auront occupé sa pensée. Pourtant, ces bouts d'existence, ces instants dérobés ont pour moi la grâce singulière des apparitions. Comme cette statue de pierre au milieu de cette végétation, semblant contempler la sculpture végétale qui lui fait face.(shared with our world tuesday)

mercredi 28 août 2019

Dormir pour oublier (28)



 Voilà,
donc, pour nous enjoindre de jeter nos détritus dans la poubelle, le publiciste a choisi l'expression "ça ne mange pas de pain" qui signifie  — je le précise pour mes lecteurs étrangers — que cela n'exige pas d'effort particulier. Mais le sans-domicile que la société réduit à l'état de déchet, et qui a posé son carton à proximité de la poubelle, lui non plus ne mange pas de pain. Que le publiciste, puisse, vraisemblablement parce qu'il ne prend jamais le métro, imaginer un slogan aussi con, peut à la rigueur se concevoir, mais que les responsables de la RATP qui eux ne doivent pas ignorer le nombre croissant de sans-abri qui s'épavent dans le métro n'aient même pas songé que leur campagne pouvait relever de l'obscénité laisse un tantinet perplexe. Mais, peut-être finalement, ce message n'exprime-t-il rien d'autre que le cynisme plus ou moins conscient de ceux qui inventent et diffusent les mots d'ordre supposés nous édifier.

lundi 26 août 2019

L'Été 2019


Voilà,
donc l'été s'achève, enfin je veut dire l'été social, celui des vacances.
Cet été beaucoup de célébrités que j'aimais seront mortes. Pas mal de connaissances professionnelles aussi
Cet été, les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis auront aggravé la crise financière.
Cet été, en France, le climat social sera resté tendu en dépit des vacances, sans que les médias tous plus ou moins à la solde de l'oligarchie financière et de son pantin n'en parlent vraiment.
Cet été, j'aurais revu Peggy qui fut une des bonnes surprises de l'année et fait la connaissance de Leah sa fille.
Cet été, j'aurai fréquemment emprunté le train.
Cet été, j'aurai pris beaucoup de plaisir à entendre la voix et les propos de Céleste Albaret la gouvernante de Marcel Proust dans une série d'entretiens rediffusés sur France Culture, et j'aurai alors songé que c'était un privilège lié au fait de vivre dans un vieux pays en paix
Cet été, je l'aurai traversé avec une canine provisoire.
Cet été, j'aurai vécu de merveilleux moments de détente avec ma fille, de promenades à bicyclette, et elle sera aussi souvent venue se blottir dans mes bras pour que je la câline, et cet amour et cette confiance auront constitué de doux moments de félicité.
Cet été, j'aurai passé un mois au festival d'Avignon retrouvé le goût de jouer et n'aurai eu nulle part mal dans mon corps durant cette période.
Cet été, j'aurai souvent éprouvé le besoin autant que le désir d'être ailleurs.
Cet été, j'aurai découvert les visages solaires et souriants de Chloé, d'Ingrid et d'Héloïse et cela m'aura fait beaucoup de bien et j'aurai déploré d'avoir la physionomie que j'ai qui me fait un visage plutôt fermé.
Cet été, il aura, comme l'été précédent, souvent été question de la pollution humaine du changement climatique et de leurs incidences sur l'état de la planète et peut-être qu'un peu plus de gens auront pris conscience du danger qui nous guette.
Cet été, j'aurai revu "Insiang" le film de Lino Brocka magnifiquement restauré et j'aurai retrouvé intacte l'émotion de mes vingt ans lorsque je le vis pour la première fois.
Cet été, les moustiques m'auront beaucoup piqué, je n'aurai pas beaucoup lu, j'aurai espéré des choses qui ne sont pas venues.
Cet été, les réseaux sociaux m'auront néanmoins réservé de jolies surprises.
Cet été, la Suze-Perrier aura été mon apéritif favori. J'aurai même émis le désir que plus tard si son absorption doit s'avérer nécessaire, le cocktail létal que j'absorberai soit associé à ces deux ingrédients.
Cet été, j'aurai songé qu'il faudrait donner une nouvelle forme à ce blog mais je ne sais pas laquelle.
Cet été, bien qu'il m'en coûte j'aurais fait le point sur quelques impasses (enfin je crois) et cessé de me voiler la face pour enfin admettre certaines évidences.
Cet été, j'aurai découvert sur le net un enregistrement où  John Lennon chante la première partie de "I've got a feeling" et j'aurai regretté qu'il n'en fut pas ainsi pour la version finale.
Cet été, une fois encore je ne serai pas allé à la piscine de Mussidan.
Cet été, j'aurai ingéré des gouttes de CBD+ et aurai constaté son effet déstressant mais aussi émollient.
Cet été, je me serai un peu désintoxiqué de mon ordinateur, des réseaux sociaux, mais pas encore suffisamment.
Cet été j'aurai rédigé et publié beaucoup de listes
Cet été, je serai allé pour la première fois à Moret-sur-Loing, un charmant village médiéval situé à une heure à peine de Paris par train, où nombre d'impressionnistes sont venus peindre et en particulier Alfred Sisley qui vécut là et y mourut.
Cet été, tout comme l'année dernière, de vastes et incontrôlables incendies auront fait des ravages. Cette fois-ci dans forêt sibérienne, la forêt amazonienne la forêt sub-tropicale africaine et aussi sur une île de l'archipel des Canaries.
Cet été, mon plus jeune frère de passage à Paris pour assister à un concert de Cure, m'aura fait quelques confidences le concernant et une fois encore j'aurais trouvé qu'il ne respire pas vraiment la santé.
Cet été, j'aurais découvert le dernier album de Carlos Santana que j'aurais trouvé ma foi fort bon
Cet été je me serai demandé s'il y en aura beaucoup d'autres après celui-là, en me rappelant qu'autrefois, c'est à dire il y a trente ans, chaque fois que je partais en vacances, je mettais "see you in september" des happenings en fond sonore sur mon répondeur téléphonique.
Cet été je ne me serai pas assez reposé.
(Linked with weekend reflections)

samedi 24 août 2019

La Presse du Jour


Voilà,
donc si j'ai bien lu, le journal "Investir" nous informe des valeurs qui vont flamber : "Libération" évoque Bolsonaro l'incendiaire de l'Amazonie et "Le Parisien" titre sur notre poumon qui brûle. Quant au journal "Madame", ce qui l'intéresse, c'est le gang du style.

So if I read it correctly, the newspaper "Investir" informs us of the values that will flare up: "Libération" evokes Bolsonaro the arsonist from the Amazon and "Le Parisien" title on our burning lung. As for the newspaper "Madame", is interested by the style gang.

vendredi 23 août 2019

Aujourd'hui tout va bien


Voilà,
aujourd'hui ou un autre jour pour tout le réseau banlieue et Paris un forfait est vendu à prix réduit pour cause de pollution.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour dans l'état de l'Alabama une femme enceinte noire qui a pris une balle dans le ventre est jugée responsable de la mort de son fœtus au motif qu'elle aurait provoqué son agresseur.
Tout va bien
Aujourd'hui ou un autre jour je lis que dans certaines entreprise du freeworld les salariés privés de pause toilettes se trouvent contraints de porter des couches,
Tout va bien
Aujourd'hui ou un autre jour, après un épisode caniculaire, le nord de la Grèce a subi le passage d'une tornade, phénomène inédit sous ces latitudes, qui a causé la mort de six touristes,
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour le New-York Times a décidé de cesser de publier des caricatures politiques.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour au Japon, un million de personnes sont déplacées en raison d'inondations causées par des pluies torrentielles.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour en Pologne, en Sibérie ou au Canada le permafrost poursuit son dégel. Cette couche de sol renferme d'énormes quantités de carbone et des virus potentiellement dangereux pour l'Homme.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour, des navires pétroliers sont attaqués dans le détroit d'Ormuz, et les bellicistes sont au pouvoir en Iran et aux Etats-Unis.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour un rapport d'une Organisation internationale constate que l'exploitation du sable dans le monde est un désastre écologique qui n'est pas prêt de finir.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour j'ai envie de pleurer chez le marchand de pâtes à cause d'une fort parfum de lavande dans la boutique adjacente qui me rappelle ces étés  de ma jeunesse que je passais en Provence.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour j'ai lu que "Un être humain ingère en moyenne 5 grammes de plastique chaque semaine, soit l’équivalent du poids d’une carte de crédit”.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour on se demande si les démocraties sont en mesure de faire face au péril écologique.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour, on dit que le Groenland a atteint un point de basculement.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour on a, dans l'arctique russe, aperçu un ours famélique et fatigué à 800 kms de son habitat.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour on a constaté dans la Loire un taux de Tritium trois fois supérieur au seuil d'alerte.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour on rappelle que de nombreux ponts en France sont dans un état de vétusté alarmant.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour, les océans continuent de se réchauffer et de gagner en acidité pendant qu'une partie de l'Amazonie grande comme la péninsule ibérique n'en finit pas de brûler.
Tout va bien.
Aujourd'hui ou un autre jour, je tente de faire comme si tout cela n'existait pas et je vais au musée.
Tout va bien.
J'y pense et puis j'oublie disait une géniale chanson de mon enfance.
mais là j'ai quand même du mal.
(Linked with week-end reflections)

jeudi 22 août 2019

C'est là notre seule monnaie



Voilà,
je me réveille la nuit et je m'attarde sur des pages écrites par des inconnus aux quatre coins du monde. Ce sont pour la plupart de parfaits étrangers qui pour l'immense majorité le demeureront à tout jamais. Nous faisons la même chose, nous partageons nos histoires, nos sensations, nous montrons des images, mus par le besoin de nous exprimer autant que par celui de communiquer et d'ouvrir notre monde à celui de tous ces partenaires inconnus pour lesquels nous alimentons une certaine curiosité. Nous sommes comme ces navigateurs qui de temps en temps donnent leur position. Et même ceux qui ont renoncé à cette pratique, laissent malgré eux la trace de leur passage, témoignant du fait qu'ils continuent de porter un vague intérêt à ce qui émane de nous. En retour il arrive que nous furetions parmi les vestiges de leur production passée. Nous nous reconnaissons dans nos questions et nos incertitudes, dans nos angoisses et nos indignations, dans les intérêts que nous partageons, dans les étonnements que nous ne voulons pas garder simplement pour nous, dans les détails qui nous intriguent, dans les pensées les phrases où les images produites par d'autres qui nous stimulent et dont il nous semble nécessaire de faire entendre ou de montrer la singularité. Nous échangeons des émotions, des réflexions, c'est là notre seule monnaie. Nos corps sont par la force des choses distants, mais nous nous étreignons en pensée, sans plus aucune distinction de race de sexe ou d'âge ou plus précisément nos pensées sont la manifestation d'une quête pour atteindre l'autre, et qui sait si parmi ces lointains ne se trouve pas le si-proche le presque-semblable orphelin ou orpheline d'une langue enfouie que nous aurions pu secrètement partager et dont nous gardons la même nostalgie. Il suffit parfois d'un reflet, d'un poème, d'une évocation furtive, pour que notre solitude trouve dans l'espace infini des messages qui se croisent, l'écho de sa propre intimité. Dans ce chaosmos virtuel, se tissent les liens, les correspondances d'un peuple fantôme qui n'existe plus que par ses projections dématérialisées rendues toutefois tangibles par le truchement de ces petits écrans que nous tapotons à longueur de journée et dont nous sommes devenus les esclaves consentants afin d'exprimer notre inextinguible besoin de reconnaissance sinon de consolation.

mardi 20 août 2019

Liste des étonnements (2)


Voilà,
je m'étonne que des intellectuels ou soi-disant tels jugent bon de faire des remarques d'un autre âge sur les footballeuses où les arbitres féminines.
Je m'étonne du mépris manifeste du gouvernement à l'égard de gens qui exercent des professions difficiles, pénibles et d'une nécessité indiscutable pour la collectivité
Je m'étonne de la bêtise de la prétention et de l'arrogance de la plupart des gens qui travaillent dans la communication
Je m'ėtonne du fait que tant de personnes soient aujourd'hui tatouées
Je m'étonne de la désertification de certains centre-ville de petites agglomérations de province et la sensation d'abandon qu'on y ressent ; je comprends mieux ce qui fonde la révolte des Gilets-jaunes
Je m'étonne de l'apparition de toutes ces nouvelles douleurs dans mon corps
Je m'étonne, chaque fois que j'en vois, de la qualité des matches du super Rugby Championship opposant des équipes de l'hémisphère sud
Je m'étonne d'être aussi angoissé, quinze jours avant le départ à l'idée de faire une valise.
Je m'étonne que la loi dite de l'emmerdement maximal se vérifie aussi souvent
Je m'étonne de ce que je peux voir quelquefois dans la rue sans que je m'y attende
Je m'étonne que tant d'idiots qui ont le Q.I. d'une huître avariée dirigent de grands pays occidentaux (ce qui doit être le signe d'une réelle décadence)
Je m'étonne de l'aptitude à toujours sourire sur les photos qui caractérise certaines personnes
Je m'étonne du nombre croissant de fautes de frappe et d'orthographe que je commets
Je m'étonne que tant d'acteurs aient avant tout le souci de plaire plutôt que celui d'éclairer le sens d'une œuvre et de le partager
Je m'étonne qu'il me soit encore aussi difficile de me débarrasser de choses sans intérêt
Je m'étonne que la laideur ait à ce point envahi le monde
Je m'étonne du sang-froid dont font preuve certaines personnes dans l'adversité, et j'envie cette qualité
Je m'étonne de l'obstination d'une personne de ma connaissance à entreprendre des projets irréalisables au regard de son âge et de ses compétences
Je m'étonne avec bonheur chaque fois que je découvre une musique que je ne connais pas comme aujourd'hui le"Stabat Mater" de Rossini
Je m'étonne d'avoir encore besoin,  pour trouver le sommeil, que des voix me parlent dans la nuit
Je m'étonne qu'il soit aujourd'hui si difficile de communiquer avec des êtres dont je me suis senti autrefois intimement proche
Je m'étonne que tant de gens se complaisent dans leur médiocrité et soient si peu curieux des choses nouvelles qu'ils pourraient découvrir
Je m'étonne d'avoir été si peu capable de m'adapter à la vie sociale.
Je m'étonne de ne toujours pas savoir conjuguer correctement le verbe conclure à la troisième personne du présent (mais qui est donc la troisième personne du présent ?)
(linked with the weekend in black and white)

dimanche 18 août 2019

Brodequin



Voilà,
devant la vieille grange, je me suis souvenu de ce jour où chez le cordonnier, il m'avait fallu un certain temps avant de retrouver le mot précis désignant la chaussure pour laquelle je voulais acheter de nouveaux lacets. Soudain, bien malgré moi "brodequin" avait surgi. C'était il y a plusieurs mois. Et soudain ce mot m'est revenu littéralement à la bouche sans aucune raison. Et donc sous le ciel nuageux, face à la vétuste bâtisse en bois, j'ai articulé "brodequin" comme ça plusieurs fois de suite. Je me suis évidemment demandé si je n'étais pas en train de virer dingue, de battre la campagne comme on dit. Brodequinbrodequinbrodequinbrodequin. Quel mot étrange. Je n'ai connu qu'une seule personne l'utilisant. Ainsi, par surprise, mon défunt géniteur est sournoisement venu s'immiscer dans mon présent et dans le paysage. Il ne s'est jamais attardé ici de son vivant, et pourtant il a fallu qu'il pollue ce moment en se rappelant à mon souvenir. Tout le reste de la journée j'ai eu mal au dos.
(Linked with the barn collective)

jeudi 15 août 2019

Chats et fenêtre


Voilà,
cet été là, (c'était quand déjà ?) je me souviens avoir été attendri par le soin qu'elle prenait à décorer la chambre de sa fille
(linked with the weekend in black and white)

mercredi 14 août 2019

Du bleu de l'orange


Voilà,
prise il y a plusieurs années déjà, cette photo  qui a d'ailleurs une petite sœur plus vieille de quelques secondes, me permet de prendre la mesure du temps qui passe. Désormais, le périmètre de la Tour Eiffel est ceint d'un mur de verre très épais, des militaires en armes patrouillent par crainte des attentats. Depuis cette image, Paris a basculé dans une autre dimension. Ce pays aussi. Mais il n'est pas le seul à avoir changé. Ailleurs, un fou entouré de bellicistes furieux gouverne la plus grande puissance occidentale. Son clone, depuis quelques jours a été porté au pouvoir au Royaume-Uni, l'Italie semble lentement sombrer dans un fascisme qui ne dit pas son nom. L'occident devient totalement dément, renie ses valeurs, ses principes démocratiques. Se précipite dans l'abîme. Et nous sommes là, impuissants. Notre avis compte pour si peu dans un monde devenu chaque jour plus dangereux, incertain, irrationnel, absurde.

C'était donc en juin 2014. Cinq ans. Même moi qui ne brille guère par mon optimisme, je n'imaginais pas que cela prendrait aussi vite une telle tournure. 
En attendant je vis hors ou à côté du temps en écoutant les rediffusions de France-Culture, la nuit. 


Parfois une douleur me rappelle à quel point mon corps lui aussi se dégrade et comme je deviens hostile à moi-même. "Á mon corps défendant" se révèle soudain une expression totalement dénuée de sens.



Je pense pourtant à cette femme croisée, il y a peu, sous un grand arbre à une terrasse de café, si digne si courageuse face à tous les malheurs qui l'accablent et qui ne renonce pas. 
Je devrais prendre exemple, mais j'en suis incapable.
J'envie les gens qui croient en un Dieu qui les console de leurs épreuves. Qui pensent même qu'elles sont un don que ce dieu leur accorde. J'envie ceux qui, dans les puanteurs qu'exhale leur corps délabré croient qu'un paradis les accueillera quand ils ne seront plus de ce monde.



le jour, je dors, je m'anesthésie.




Comment se mettre au mieux ? Sur le ventre ? Sur le dos ? Sur le côté ?





J'essaie d'oublier. Le détachement adviendra quoiqu'il arrive.
Même si je n'en jamais possédé les vertus.
J'acquiesce déjà à certains renoncements. C'est tout de même pas si mal.

linked with skywatch friday

mercredi 7 août 2019

Reflets lointains et messages perdus


Voilà,
Il est des messages dont le destin est la perte,
des mots antérieurs ou postérieurs à leur destinataire,
des images qui viennent de l'autre côté de la vision,
des signes qui pointent plus haut ou plus bas que leur cible,
des signaux sans code,
des messages enrobés dans d'autres messages,
des gestes qui butent contre la paroi,
un parfum qui régresse sans retrouver son origine,
une musique qui se déverse sur elle même
comme un escargot définitivement abandonné.
Mais toute perte est le prétexte d'une rencontre.
Les messages perdus
inventent toujours qui doit les trouver
(Roberto Juarroz)

Linked with weekend reflections

lundi 5 août 2019

Pas très fort




Voilà, 
un petit moment déjà que j'avais envie de m'essayer à un strip en trois cases
- Hi, how are you?
- Oh not so good.
- What's the matter with you?
- I dream that I'm in orgies and that every time I have premature ejaculations
- Oh, yeah, bad luck.
- Uumph. 

vendredi 2 août 2019

Dans l'indifférence générale

 

Voilà,
la France est en vacances. Le peuple, les citoyens, les gens. Je ne sais pas où ils sont d'ailleurs, il paraît que le niveau de vie baisse. Séjours pas chers en clubs à l'étranger. Plus vraisemblablement en famille en province, chez les cousins les cousines. Au camping peur-être. Il y en avait plein, du "français moyens" sur les routes du Tour de France. En tout cas, en ce moment à Paris, il n'y a plus grand monde. Les émeutes en Juillet, la nuit du 4 Août c'est dans la mythologie révolutionnaire. Le populo maintenant il a ses congés payés. Il en profite. Toute l'année il se fait chier, au bord du burn out, là il en profite. Il glande, il se la coule douce. Il pastisse, il pétanque, il touriste. il fait l'Espagne, l'Italie, le Maroc ou la Grèce, que sais-je il vaque. il se dit qu'il l'a bien mérité. Le pouvoir lui n'est pas vacant. Il continue ses entourloupes de plus belle pendant l'été. Scandaleuse réforme des retraites. Nouvelles réglementation du chômage qui mettra plus encore de gens à la rue. Ratification du CETA, qui est un traité pourri et climaticide. Bon là, ça rechigne du côté des agriculteurs. Ça s'insurge même. Quelques permanences de députés sont murées, ou taguées. Parfois du fumier est déposé devant leur maison. Les médias s'insurgent. "Ah c'est mal ! On insulte la démocratie !". Ce n'est pas bien méchant pourtant. Ces députés ne défendent pas l'intérêt national. Ils sont traîtres à la nation. Ils trahissent leurs concitoyens au profits des lobbies divers. Ils ne prennent pas en compte les nécessités écologiques que notre temps exige. Ils s'en sortent plutôt bien, je trouve.
Sinon le pouvoir se fout ouvertement de notre gueule. Un mois après sa disparition, on repêche dans l'estuaire de la Loire à Nantes, le corps découvert par hasard et qu'on ne s'est pas empressé de chercher, de Steve Caniço, noyé à la suite d'une charge de police nocturne lors de la fête de la musique. Des vidéos témoignant de la brutalité de cette intervention tout à fait disproportionnée, avec jet de grenades LBD. Malgré ça le premier ministre et le ministre de l'intérieur citent un rapport de l'inspection générale de la police selon lequel il n'y a aucun relation avec la charge des flics. Bientôt on nous dira que ce mec qui ne savait pas nager s'est jeté dans le fleuve parce qu'il était en état d'ébriété. Quelques jeunes dans les villes ont manifesté pour cela. Sinon, les médecins urgentistes et les personnels hospitaliers continuent leur lutte, mais semble-t-il dans l'indifférence générale.
On vit dans un état policier ultralibéral au service de l'oligarchie des banques, des multinationales de l'agroalimentaire, de l'industrie pétrolière, des fabricants et des marchands d'armes. Putain c'est dingue, j'ai l'impression de parler comme un gauchiste des années 70. Jamais je n'aurais imaginé que la réalité m'emmènerait à cet endroit du discours. Je repense à cette réflexion de Bernie Sanders, je crois : "While you were so worried Socialism would take your freedom, capitalism stole your pensions, took your savings send your jobs overseas, robbed you of health care, dismantled the educational system, and put you in debt, leaving you only your racism, xenophobia, hate and guns"
Aujourd'hui la casse progressive du service public entraîne la dégradation des conditions de vie. La destruction progressive du code du travail crée plus de chômage. La réduction des retraites entraîne la misère des seniors. La répression policière arrache les mains, crève les yeux. L'usage systématique de la violence par le pouvoir tue des innocents. Mais peut-être sommes nous en train de nous habituer à l'intolérable. Oui peut-être choisissons nous la résignation par lâcheté, préférant nous accommoder du mal tétanisés que nous sommes par la crainte que cela puisse être pire. Après tout, il y a encore des restaurants bondés, des rooftops onéreux fréquentés, des expositions et des cinémas, la possibilité de weekends à la campagne, des opportunités d'escape games entre amis, des spectacles et des concerts, des espaces nudistes dans les villes, des bordels masculins, des salons de massage chinois, des clubs de jazz, des magasins pleins, des scooters électriques faciles à louer depuis son smartphone, des salons de beautés où l'on peut tremper ses pieds dans des aquariums et se faire brouter les peaux mortes par des poissons chatouilleurs, des cinémas en plein air, des jardins sauvages des friches industrielles, des festivals de théâtre, de poésie, de musique baroque, d'art modeste, brut, ou contemporain, de nostalgiques de l'Apple II,  etc etc j'arrête là cette énumération mais vous pouvez toujours la continuer si le cœur vous en dit

Linked with the weekend in black and white

jeudi 1 août 2019

Everybody has got something to hide, except me and my monkey


Voilà,
cette photo je l'ai prise fin juin, rue Raymond Losserand, l'après-midi du dernier samedi du mois. J'étais un peu angoissé à cause de cette sieste, quelques heures auparavant, dans le salon de S. durant laquelle j'avais éprouvé d'étranges sensations physiques, comme souvent ces derniers temps, impression de mort imminente dans un état intermédiaire entre veille et sommeil, sensation que le cœur est sur le point de cesser de battre. 
Sur le chemin du retour j'avais craint de ne pas être prêt à temps pour la première au festival d'Avignon : il me semblait que je serais incapable de tout mémoriser. Et puis, avant de rentrer chez moi j'étais passé par le bureau de tabac de ma rue, un des rares qui n'a pas encore été racheté par un chinois. J'avais aperçu l'homme à la peluche et, après être sorti, j'étais revenu lui demander l'autorisation de le photographier, et il avait accepté.
À l'heure où je publie ces lignes, me voici parti vers d'autres horizons. Avignon s'est achevé. J'ai une petite dépression post spectacle, parce que cette affaire m'aura finalement occupé deux mois et demi, avec cette phase d'apprentissage du texte qui se révéla fort pénible, laborieuse et peu excitante, de sérieux moments de doute, et même d'inquiétude mêlée de déception, sinon de découragement. Finalement tout se sera plutôt bien passé ; la canine provisoire aura tenu tout le mois de juillet,  j'aurais fini par prendre mes marques, et même un certain plaisir à cette affaire. Constaté aussi que j'aimais toujours jouer la comédie au théâtre et que j'avais encore de bonnes dispositions pour cela, et le cerveau pas trop détraqué. J'aurais aussi un peu plus appris sur la nature humaine. Et puis ce séjour avignonnais m'aura en outre permis de perdre trois kilos ce qui n'est pas mal non plus.

mardi 30 juillet 2019

Constats


Voilà, 
un missile peut partir aussi vite qu'un tweet....
les Mayas ont péri de leur acharnement à couper tous les arbres jusqu’au dernier et à cultiver toujours plus de maïs
le réchauffement climatique pourrait réduire la vie marine de dix sept pour cent
il paraît qu'il existe des hamacs de relaxation cervicale
Ah trop cool !
La France a livré en catimini deux navires de guerre à l'Arabie Saoudite en Juillet 2019
Un ordinateur quantique casse le cryptage RSA sur deux mille quarante-huit bits en huit heures
 super !
Le glyphosate modifierait le cerveau et la flore intestinale
Le dérèglement climatique accroît nos besoins en énergie
Eh oui quand même, il y a des choses que tu ne peux pas fuir
L'industrie des engrais rejette cent fois plus de méthane que prévu
La Turquie est en train de rayer de la cartes des centaines de villages kurdes
Le ruissellement des engrais crée une immense zone morte de 20000 km2 dans le golfe du Mexique à l'embouchure du Mississipi
Ces putains de nouvelles qui t'assaillent de partout
Deux cents navires de croisière polluent plus que toutes les voitures d'Europe
Au Japon dans un village ravagé par le tsunami une cabine téléphonique (le téléphone du vent) a été installée pour qu'on puisse y parler avec ses morts
Selon une récente information du National Geographic l'oxygène disparaît peu à peu des océans
La NASA prépare une expédition vers psyché le cadavre d'une ancienne planète
On va vendre les robes de Claudia Cardinale chez Sotheby's
Pour la première fois, les scientifiques ont pris la première photo au monde de l’intrication quantique autrefois décrite par Einstein comme "une action fantôme à distance"
Des chercheurs anglais auraient trouvé comment transformer du plastique non recyclé en hydrogène et en électricité
L'intelligence artificielle bouleverse le dépistage du cancer du poumon
L'Energy Observer est le premier navire hydrogène qui n’émet ni gaz à effet de serre, ni particules fines. Son équipage s'est lancé dans une odyssée pour accélérer la transition énergétique
Ouais c'est bien mec, tu fais un effort pour positiver
Pour lutter contre la canicule qui frappe particulièrement les livreurs à vélo, Deliveroo demande à ses clients de donner un verre d'eau à ses employés !
Un ostréiculteur meurt intoxiqué par des émanations de gaz toxique dégagé par des amas d'algues vertes dans la baie de Morlaix en Bretagne
Aux États-Unis le nombre de travailleurs de plus de 85 ans atteint un record
Des feux de forêt sans précédent ravagent cet été l'arctique Alaska Groenland et Sibérie
A Barcelone, fin juillet plus de 42 litres d’eau par mètre carré sont tombés sur la ville en l’espace d’une demi-heure. Ces précipitations étaient accompagnées de rafales allant jusqu’à 55 km/h.
En Patagonie, une marée noire souille les eaux les plus pures du monde
La NASA a découvert un trou noir "rassasié", alors que selon les lois établies de la physique il devrait être "affamé"
et tu songes à ces paysages où l'homme ne mérite pas sa place
(linked with our world tuesday)

mercredi 24 juillet 2019

Panorama


Voilà,
une photo prise en un temps où si l'on ne parlait pas de changement climatique dans les médias, même si des chercheurs avaient néanmoins déjà pris la mesure des dangers qui nous guettent aujourd'hui. Pour le commun des mortels, l'avenir semblait-il moins chargé de menaces, ou bien les angoisses d'alors se sont elles dissipées dans l'oubli du temps passé ? Il y a quarante ans, lorsqu'on manifestait contre la pollution des voitures (je me souviens du slogan "les autos ça pue ça pollue et ça rend con") ou qu'on citait René Dumont ou Pierre Fournier qui écrivait dans Charlie hebdo et avait créé le premier journal écologique "La gueule ouverte" (sous-titré le journal qui annonce la fin du monde) on passait pour des doux dingues et on avait droit au "vous voulez revenir à l'âge de pierre ?". Cette époque était très tourmentée tout de même : génocide au Cambodge, boat-people vietnamiens, guerre froide, risque de conflit nucléaire, tensions au moyen-orient, terrorisme international, brigades rouges en Italie, dictatures sanglantes en Amérique du Sud, guerre civile en Irlande, famines au Bengladesh et j'en oublie certainement... 
Mais la planète nous paraissait encore une orange bleue. Et nous étions autrement informés de ce qui se passait dans le reste du monde. Cela ne nous parvenait pas de façon aussi massive et constante.  Me revient soudain en mémoire, le sujet de dissertation que j'avais eu à traiter pour mon brevet d'études primaires : "s'informer est notre premier devoir"
La lecture des blogs des uns et des autres, l'été dernier a donné une perception différente de l'état de la planète. Untel en Rhodésie, racontait qu'après des pluies diluviennes avec des grêlons gros comme des balles de tennis, des maison vieilles de 200 ans avaient été détruites, et que maintenant c'était la sécheresse, Amy depuis la Nouvelle-Zélande exposait des photos de champs inondés, Orvokki depuis la Finlande expliquait qu'il faisait 30° en Laponie alors que d'ordinaire il en faisait dix de moins à la même époque, à Chicago il faisait chaud et très humide. Pareil à Montréal. En Tunisie des inondations ont dévasté certaines régions pendant le mois d'Aout. Et puis l'hiver est venu, féroce en Amérique du Nord, pendant qu'aux antipodes des inondations phénoménales noyaient le Nord est de l'Australie. Depuis l'été 2018, il ne se passe plus un jour, sans qu'on évoque un événement relatif au trouble climatique. Sans doute autant parce que cela fait vendre que par une réelle prise de conscience. Mais quoiqu'il en soit au mois de mai 2019, il a fait 30° sur le cercle polaire, en France des départements  étaient déjà en alerte sécheresse alors que l'été n'avait pas vraiment commencé. En Juin dernier, des incendies ravagaient la Colombie britannique au Canada, et l'on se rappelle que ah oui, il y a eu l'année dernière ds feux de forêts gigantesques en Californie et en Suède pendant l'été. En Inde, il a fait, à la même èpoque dans certaines régions jusqu'à 50°C. Comme il faisait un temps pourri ici à Paris en juin, où il ne cessait de pleuvoir (mais paraît-il le temps était aussi pourri en Floride) les climato-sceptiques voyaient là une preuve de l'absence de réchauffement. D'ailleurs le journal "Valeurs actuelles" a sorti un numéro spécial titrant "le catastrophisme écologique est devenu une religion ", et hier encore la jeune Greta Thunberg qui fait part des inquiétudes de sa génération á été accueillie avec beaucoup de condescendance par des députés français de droite qui ont raillé son jeune âge, alors que les mêmes vouent un culte un peu ridicule à Jeanne d'Arc. 
Pourtant ces derniers jours des records de température ont été battus dans certaines villes de France. Et une sécheresse alarmante touche notre pays.

Beaucoup parlent d'un effondrement imminent de la civilisation thermo-industrielle. Certains évoquent un chaos qui précèderait l'extinction massive ou du moins une réduction considérable de l'humanité, pendant que d'autres qui croient au progrès des sciences, et à la capacité d'adaptation de l'homme pensent qu'il n'en sera rien. Pourtant une population de près de 8 milliards de personnes, des températures jamais atteintes et qui ne cessent d’augmenter, voilà qui constitue aujourd’hui une situation unique, sans équivalent historique précis. Cela impliquerait que toutes les terriens travaillent et collaborent comme jamais auparavant pour éviter que les catastrophes ne se produisent. Mais au lieu de cela chacun préserve ses intérêts particuliers.
Des scientifiques estiment que les émissions de CO2 et de gaz à effets de serre culmineront en 2030, bien qu’elles soient réduites. Cependant, les réactions au cycle du carbone et l’utilisation continue des combustibles fossiles entraîneraient une augmentation de la température de 3 °C d’ici 2050. Nombre de climatologues s’accordent à penser que nous aurons, à cette date, atteint le point de basculement concernant les glaciers du Groenland et de l’Antarctique occidental, bien avant que les seuils de réchauffement global de 2 °C et du pergélisol de 2.5 °C ne soient atteints. Peu de temps après, 55% de la population mondiale sera soumise à plus de 20 jours de chaleur létale par an. L’Amérique du Nord et l’Europe pourraient souffrir de phénomènes météorologiques extrêmes, notamment d’incendies de forêt fréquents, d’intenses sécheresses et de vagues de chaleur. Les moussons en Chine risqueraient d'être perturbées, les grands fleuves d’Asie s’assècheraient et les précipitations en Amérique centrale seraient réduites de moitié. L’humanité atteindrait alors le stade de catastrophe planétaire. Les conditions de chaleur mortelles en Afrique de l’Ouest persisteraient plus de 100 jours par an et les pays les plus pauvres seraient incapables de fournir suffisamment d’environnements artificiellement refroidis pour que leurs populations persistent. En outre la production alimentaire serait gravement affectée et insuffisante pour nourrir la population mondiale. 
En dépit de toutes ces prévisions alarmistes et de tous les signes avant-coureurs qui apparaissent, on préfère nier les faits et se voiler la face en espérant un improbable miracle  (linked with the weekend in black and white

lundi 22 juillet 2019

Au secours


Voilà,
ce collage réalisé comme celui-ci ou celui-là, ou encore cet autre, il y a quarante ans (je l'ai un peu corrigé depuis), un de mes premiers, j'y suis toujours autant attaché. Je m'y reconnais encore. C'est le commencement de quelque chose dont j'ignore alors que cela ne me quittera jamais : ce besoin de fabriquer des images avec les moyens du bord. On est fin Juillet début Août 79. Je suis terriblement malheureux. Je viens de finir une grande tournée en Europe, avec un beau spectacle, mais il me faut faire face à de nouveaux chagrins. J'écoute souvent le double live de Bowie "Stage", que j'ai acheté quelques semaines auparavant à Rome. La version de "wild is the wind" me file à chaque fois un bourdon terrible. Je bois du Cynar ramené de là-bas. Je feuillette l'almanach d'Actuel, et des livres d'art sur le constructivisme. Je fume de l'herbe que j'ai fait pousser dans mon appartement exposé plein sud au seizième étage sans vis-à-vis. Je me sens nul. J'ai honte d'être comme je suis. Je sens qu'il me faut devenir adulte et je ne sais pas comment m'y prendre. J'ai peur de n'être pas équipé pour le monde qui vient. Je rêve de m'acheter un appareil photo mais je n'ai pas l'argent. C'est à cette époque qu'apparaissent les premières photocopieuses couleur Rank-Xerox, et que je commence à réaliser ce qu'on appelait alors des Xérographies. J'écris mon désarroi en toutes petites lettres au Letraset
Une vie a passé depuis. J'ai, selon la formule de Cioran "bricolé dans l'incurable", m'employant à survivre, tant bien que mal, à ce sentiment d'abandon et d'incompréhension qui d'aussi loin que je me souvienne ne m'a jamais quitté.

dimanche 21 juillet 2019

Cinquante ans après.


Voilà,
c'était donc il y a cinquante je me souviens exactement, de ce que j'ai fait ce jour là. Dans l'après midi je suis allé en vélo à Port-Maguide, au bord du lac de Cazaux, me baigner. J'ai acheté des gâteaux Twist au bar de chez Charlet. J'étais un peu fatigué parce que je m'étais réveillé vers 3h30 du matin pour les voir fouler le sol de la lune. Je crois que je m'inquiétais pour eux. J'espérais qu'ils pourraient repartir sans problème. J'ai somnolé sur la plage au bord du lac en proie à tout un tas de considérations sur l'avenir qui – pensais-je alors – ne manquerait pas d'être exaltant maintenant que l'humanité avait fait un grand bond. J'avais été agacé, par une conversation, non loin, où un jeune homme trouvait que tout cela ne servait à rien, alors que j'étais pour ma part persuadé que cet événement était riche de promesses, et qu'une nouvelle ère s'ouvrait devant nous. Le futur commençait enfin.

la buvette de Port Maguide "Chez Charlet"

Quelques semaines plus tard le poète W.H. Auden, exprimait un avis moins enthousiaste dont j'ai eu connaissance par hasard il y a quelques jours et dont je vous livre la teneur : "Il est naturel que les garçons fêtent leur immense triomphe phallique, une aventure dont les femmes n'auraient pas songé qu'elle en vaille la peine, rendue seulement possible car nous aimons nous réunir en bande et connaître l'heure exacte. Oui notre sexe, en toute honnêteté, acclame son exploit, bien que les raisons qui lui donnèrent la primauté furent sans doute moins que "menschlich". (In "Atterrissage lunaire", Aout 1969).

jeudi 18 juillet 2019

Rituel intime


Voilà,
vautrée sur le banc, sans doute atteinte du syndrome de Tourette, elle ne cessait d'émettre des grognements qu'elle ponctuait parfois de couinements aigus. De temps à autre, d'un geste brusque, c'est un invisible intrus qu'elle semblait vouloir chasser. Ou bien encore, trois fois du plat de la main elle frappait le haut de sa cuisse, presque à hauteur du pli de l'aine, avant de pousser un petit gémissement évoquant celui d'un nouveau-né. Puis au bout d'une minute le cycle recommençait. Soudain me revint en mémoire ce rituel que je m'étais inventé enfant et qui, pendant quelques mois, m'avait rassuré chaque fois que je devais au retour de l'école rentrer seul dans la maison familiale.

mardi 16 juillet 2019

Apollo XI


Voilà,
il y a 50 ans, décollait l'expédition d'Apollo XI. La conquête spatiale, avec ses drames et ses exploits a marqué mes années d'enfance passées à Biscarrosse. J'étais fasciné par les cosmonautes russes et les astronautes américains. Et même après toutes ces années j'ai toujours la même admiration pour leur courage et leur audace. Ils étaient des héros. Ils le restent encore. C'est aussi le moment où l'on a vu à quoi ressemblait notre planète, avec cette fameuse photo d'un "lever de terre" sur un paysage lunaire. On s'est ému de tant de beauté et puis on l'a saccagée avec une furieuse obstination.

samedi 13 juillet 2019

Bitume


Voilà,
parfois des choses anodines me sautent aux yeux, comme ces lignes de failles sur le bitume d'un trottoir du quai Louis Blériot dans le seizième arrondissement. C'était il y a quelques mois. Un endroit de Paris sans grâce où je ne vais jamais. Je me rappelle très bien ce jour là. Déambulations dans un paysage industriel du bord de Seine. Méditation fugace sur le temps historique. Ce jour là je réalise que soixante années seulement se sont écoulées entre la traversée de la Manche par l'aviateur français défoncé au vin Mariani, et le moment ou Armstrong a posé le pied sur la Lune (j'y pense alors parce que j'ai vu "First man" de Damien Chazelle avec ma fille peu de temps auparavant), et que les cinquante années qui ont suivi ont consisté en un saccage organisé de la planète pour en exploiter les richesses afin de satisfaire notre artificiel besoin de consommation et d'enrichir quelques multinationales. Je ne nie pas qu'il y a eu aussi de grandes avancées technologiques depuis. Mais hélas elles nous servent essentiellement à évaluer avec précision à quel point nous nous sommes fourvoyés sans que nous puissions pour autant trouver de solution aux ravages commis depuis par l'humanité.  Plus particulièrement par une part de l'humanité, la part européenne, judéo-chrétienne qui a essaimé jusqu'aux Amériques avec les conséquences que l'on sait. L'homme blanc quoi. Et voici que désormais cette ivresse de consommation se propage sur tous les continents avec une allégresse suicidaire. L'année dernière, le 2 août toutes les ressources annuelles de la terre avaient été consommées. Il ne fait guère de doute que cela adviendra cette année avant la fin Juillet. Pareillement à chaque époque on s'en émeut, puis on oublie jusqu'à l'année suivante. D'ailleurs au passage je recommande la lecture du billet de Natacha intitulé sidération environnementale qui analyse très finement notre attitude face au désastre en cours.

jeudi 11 juillet 2019

En passant par Arles


Voilà,
j'ai profité hier de mon jour de relâche pour me rendre à Arles où je n'étais encore jamais venu. Cette ville romaine et romane m'est apparue très belle et très émouvante, d'autant que la chaleur n'était pas accablante en raison d'un léger mistral qui par la même occasion chassait les moustiques assez nombreux dans la région puisque on se trouve aux portes de la Camargue. J'y ai vu bien sûr quelques expositions des rencontres internationales de la photographie. J'en reparlerai plus tard. J'ai aussi visité la cathédrale Saint Trophime et en voyant, dans l'une des allées la lumière sur les dalles, j'ai songé à tous ceux qui les avaient foulées au cours des siècles passés, Van Gogh et Gauguin sans doute lors de leur sinistre séjour dans cette ville. J'ai regretté que le temps me manque et de n'être pas parti plus tôt d'Avignon comme je l'avais initialement prévu. Mais j'ai eu du mal à me réveiller. Peut-être pourrais-je y retourner avant la fin du séjour. Je craignais que la ville fût surpeuplée à cause des rencontres, mais ce n'était pas du tout le cas ; rien de commun avec ce qui se passe ici.