dimanche 18 novembre 2018

Chantier du centre Gaîté


Voilà,
mon quartier, situé près de la gare Montparnasse est l'objet d'un grand plan de réaménagement. Oh il ne s'agit pas de construire des immeubles d'habitation pour loger des familles dans le besoin, de créer des écoles des bibliothèques des hôpitaux des centres sociaux avec des douches pour les sans-abri mais plutôt d'augmenter les surfaces de centres commerciaux où l'on vendra toujours plus d'objets que la plupart des gens n'auront d'ailleurs plus les moyens de s'offrir. Peut-être même que ces surfaces resteront vides ou que les travaux demeureront inachevés parce qu'entre temps il y aura eu une grande crise financière.
Sur les cabines d'un gris austère de l'immense chantier du centre Gaîté a été dessinée cette locomotive semblant tomber d'un trou. C'est une allusion à la célèbre photo de l'accident du 22 octobre 1895 qui avait eu lieu dans l'ancienne gare Montparnasse. On aurait pu trouver quelque chose de plus optimiste que l'image d'une chute sur un lieu d'édification. Mais bon au train où vont les choses... (Linked with Monday Mural)

jeudi 15 novembre 2018

La gare de Sintra


Voilà,
je me souviens du guichet de la gare de Sintra, si émouvante pour qui la découvre la première fois, en raison de ce souci d'enjoliver les endroits les plus quotidiens. Bien sûr Sintra n'est pas un endroit ordinaire, puisque dès le XV ème siècle elle fut un lieu de villégiature de la cour portugaise, mais enfin la gare de Versailles par exemple n'a pas cette élégance.

mercredi 14 novembre 2018

Nuit d'insomnie


Voilà,
insomnie où j'ai par chance entendu à la radio la voix de Nicole Védrès qui à un moment évoquait Lestiou sans le nommer dans un entretien qu'elle fit peu de temps avant sa mort. La nuit France-Culture rediffuse ses archives. J'ai eu ainsi droit à un documentaire sur jean-Marie Rivière — un des rois de la nuit parisienne dan les années 70 et 80 qui mit en scène de nombreuses revues au cabaret l'Alcazar ainsi qu'au Paradis Latin lieux dont il était aussi le directeur — et un autre sur trois femmes de respectivement 74, 36, et 29 ans qui racontaient leur découverte tardive de l'orgasme (seules et souvent avec des sex toys), et ma foi tout cela était fort intéressant. J'espère malgré tout mieux dormir la nuit prochaine. Sinon, c'est l'automne et les manèges sont fermés au jardin du Luxembourg. Je n'écrirai pas la question que je me suis posée alors que je passais par là.

mardi 13 novembre 2018

Messe à Notre-Dame-de-Paris


Voilà
il me faut continuer avec cette sensation de plus en plus souvent il me semble que je me tiens au bord de la vie toujours sur le point de basculer vers ce néant d'où j'ai autrefois surgi je redoute et m'attriste à l'idée de devoir quitter ce monde avec une sensation d'inaccomplissement d'inachevé quelque chose manque a toujours manqué mais sans doute est-ce moi aussi qui ai failli je n'ai pas su entretenir de lien d'échange durable je me suis en si peu d'occasions reconnu dans mon semblable certains m'ont aimé tout de même sans toutefois vraiment me comprendre et il possible que je n'ai pas été en mesure de les comprendre moi non plus je me suis longtemps accommodé de la solitude elle m'est désormais pénible la chambre en moi est devenue une cellule capitonnée je me suis souvent efforcé de rire sans pour autant connaître la joie je donnais pourtant le change avec une certaine habileté j'ai éprouvé des extases des illuminations des épiphanies je me suis reconnu dans des paysages au point qu'il me semblait que mon identité se dissipait en eux j'aurais abandonné mon humanité pour y être sève pour être feuille ou même pierre j'ai pleuré devant des œuvres la plupart du temps des architectures des images ou des musiques souvent des chansons parfois des poèmes plus rarement des romans j'éprouve désormais avec une une terrible acuité la sensation du peu d'avenir qu'il me reste quoiqu'il en soit le pire viendra inévitablement prenant sans doute une autre forme que celles imaginées...
Finalement c'est cela le plus ironique, articulais-je alors à voix haute. Une femme avec un petit visage de gorêt me regarda suspicieuse. Je fis une moue comme pour m'excuser. Elle détourna le regard s'arrêtant devant un présentoir illuminé de fausses bougies électriques.
Et tandis que l'encens répandait ses effluves, me transportant vers les territoires abolis de l'enfance, une fois encore je repensais à l'Ecclesiaste. Puis l'orgue se mit à tonitruer. Il était plus que temps de se barrer. (Linked with the weekend in black and white)

lundi 12 novembre 2018

Wilks Pl.


Voilà,
je me souviens, de ce mural, situé tout près de l'endroit où nous avions habité lors de ce bref séjour à Londres, fin Aout 2015, dans le quartier d'Hoxton, encore assez populaire à l'époque mais en voie de gentrification rapide, nous avait-il alors semblé. Non loin de notre appartement situé au-dessus d'un pub, se trouvait un marché où il était possible d'acheter des produits frais. Les rues perpendiculaires offraient de nombreuses peintures murales comme celle-ci ou cette autre précédemment publiée. Pendant un weekend prolongé nous avions constitué une sorte de famille recomposée et cette illusion m'avait paru aussi douce qu'avantageuse puisqu'elle nous autorisait à bénéficier de réductions dans certains musées. Ce n'est que de retour à Paris, que je m'étais aperçu que j'avais manqué une exposition des boîtes de Joseph Cornell, sans quoi j'y aurais bien évidemment entraîné tout le monde . (Linked with Monday mural)

dimanche 11 novembre 2018

Avenue Frémiet et Armistice


Voilà,
on commémore aujourd'hui le centenaire la fin de la guerre de 1914-18, une boucherie qui fit plus de 18 millions de morts, certains venus de très loin. A Paris, il existe une toute petite avenue, fort élégante —que j'ai découverte cet été — l'avenue Frémiet, dans le seizième arrondissement, perpendiculaire à la Seine, entre l'Avenue du Président Kennedy et la rue Charles Dickens. Cette voie a pour particularité que tous les immeubles, cossus de style art nouveau qui la bordent ont été conçus par le même architecte — Albert Vêque — et bâtis entre 1913 et 1918 (peut-être par des femmes des maghrébins et des chinois), pendant que les jeunesses européennes et celles des possessions britanniques et françaises d'outremer, et plus tard de jeunes américains se faisaient massacrer. Ainsi les affaires continuaient-elles, au profit de riches familles pour lesquelles sans doute la guerre fut une opportunité d'augmenter fortune et patrimoine. On ne peut s'empêcher de songer à la réflexion d'Anatole France "on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels. Ces maîtres de l'heure possédaient les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes : des usines des banques des journaux". Rien de nouveau donc.

(...)

Allez un peu de fantaisie pour changer. Le 10 Novembre, veille de l'armistice Franz Kafka note ce rêve connu sous le titre "rêve de la bataille de Tagliamento" : "une plaine, le fleuve n'existe pas vraiment, de nombreux spectateurs se pressent, très agités, prêts à courir en avant ou en arrière selon l'évolution de la situation. Devant nous un plateau dont on voit très nettement le bord, tantôt nu tantôt couvert de hautes broussailles. Les Autrichiens se battent tout en haut du plateau, sur le versant opposé. On s'inquiète, comment cela va-t-il finir ? Sans doute pour gagner un peu de répit, on regarde de temps à autre quelques buissons isolés sur le versant sombre, derrières lesquels un ou deux italiens apparaissent et tirent. C'est sans importance, cependant nous nous préparons à prendre la fuite. Puis de nouveau le plateau. Des autrichiens courent le long du bord nu, s'arrêtent d'un seul coup derrière des bouquets d'arbres et repartent. De toute évidence cela va mal, on ne comprend d'ailleurs pas que les choses aient pu aller bien, comment pourrait on, n'étant soi même qu'un homme, vaincre des hommes qui ont la volonté de se défendre. Grand désespoir, la fuite générale va devenir nécessaire. C'est alors qu'apparaît un major prussien qui, du reste était là depuis le début et avait observé avec nous, mais qui entrant tranquillement dans l'espace soudain vide, se manifeste comme une figure nouvelle. Il met deux doigts de chaque main dans sa bouche, et siffle comme on siffle un chien, mais affectueusement. Ce signal est destiné à sa section qui attendait non loin de là et qui maintenant se met en marche. Ce sont des soldats de la garde prussienne, des jeunes gens peu nombreux et silencieux, peut-être n'est-ce qu'une compagnie, il semble qu'ils soient tous officiers, en tout cas ils ont de longs sabres et des uniformes foncés. Ils défilent devant nous en rangs serrés. à pas brefs et lents, nous jettent un regard de temps à autre, et cette marche à la mort se fait avec tant de naturel, qu'elle émeut et exalte, tout en communiquant la certitude de la victoire. Délivré par l'intervention de ces hommes, je me réveille.

(...)

J'avais prévu de finir sur cet étrange récit de Kafka. Mais tout de même, je ne peux m'empêcher d'évoquer l'anecdote concernant le Président des Etats-Unis, venu commémorer le martyr des soldats américains engagés en Europe en 1917-18 et qui finalement pour des raison de météo annule sa présence sur l'ancien champ de bataille. On s'étonne que les diplomates de la plus grande nation occidentale n'aient pas envisagé ce cas de figure pour une visite en Novembre en France. L'insulte faite à la mémoire de ces soldats, qui, eux, ont du passer plus d'une journée sous la pluie et dans la boue relève de l'abjection et de l'ignominie. On peut imaginer cette ordure regardant CNN dans une pièce de la résidence de l'Ambassade des USA, et vitupérant en tweetant au sujet de quelque journaliste qui lui déplaît. Le mépris de cet homme pour tout ce qui n'est pas lui est stupéfiant. Je crois qu'aux Etats-Unis, un cinéaste devrait réaliser pour faire contrepoint au chef d'œuvre de Griffith "Naissance d'une Nation" quelque chose qui s'intitulerait "Mort d'une Nation". Je crois vraiment que cette autocrate mène la civilisation occidentale à sa perte. Son ego est si boursouflé que je suis à peu près certain qu'il souhaite que le monde ne lui survive pas. ce qui est étrange, c'est qu'autant d'américains lui renouvellent leur confiance.

vendredi 9 novembre 2018

Everything is going to be all right


Voilà,
cela me rappelle le titre d'un film de Wim Wenders
"How should I not be glad to contemplate
the clouds clearing beyond the dormer window
and a high tide reflected on the ceiling?
There will be dying, there will be dying,
but there is no need to go into that.
The poems flow from the hand unbidden
and the hidden source is the watchful heart.
The sun rises in spite of everything
and the far cities are beautiful and bright.
I lie here in a riot of sunlight
watching the day break and the clouds flying.
Everything is going to be all right."
                                                                     (Derek Mahon)
Linked with weekend reflections

jeudi 8 novembre 2018

Refuge


Voilà,
j'ai commencé ce blog il y a neuf ans par un reflet déformé saisi dans un musée. Aujourd'hui c'est un autoportrait de dos dans un semblable lieu. C'est là que je m'abrite souvent. Si je reste à Paris, je crois que c'est en partie pour cela. Dès que j'y suis arrivé, enfant, ces endroits protégeant ce que le genre humain a produit de mieux ont constitué une sorte de refuge. En cette époque où notre espèce semble de plus en plus s'enténébrer et dans ce pays où les conneries que j'entendais chez moi sont à présent largement répandues dans l'espace public et au sommet de l'Etat, ils me sont plus que jamais nécessaires en ce qu'ils atténuent, pour un temps du moins, la médiocrité ambiante dont il est toujours à redouter qu'elle nous contamine peu à peu sans même que nous puissions nous en apercevoir. (Linked with the weekend in black and white)

mardi 6 novembre 2018

Chez Georges


Voilà,
une photo bien touristique, bien parisienne. Le comptoir des canettes, chez Georges dans la rue du même nom existe depuis 1952. Le décor à l'intérieur n'y a pas changé. Tout à côté, il y avait autrefois ce restaurant "La mercerie" où nous allions souvent avec Didier Flamand, lorsqu'il donnait ses cours de théâtre. C'était vers 1976, 77. C'était pas cher, servi sur d'épaisses planches de boucherie. À présent c'est devenu un restau Thaï, comme il y en a tant. Cette photo, je l'ai prise le samedi 2 juin, 2018, après avoir passé une partie de l'après-midi à la foire des bibliophiles, sur la place St Sulpice. Je m'étais ensuite laissé dériver dans le quartier et j'avais vu ça. Il faudrait tout de même que j'y aille, un jour, au comptoir des canettes, avec un bon bouquin, un cahier et de quoi écrire, avant que tout ne lâche. Je n'y ai encore jamais mis les pieds. Enfin, pas plus de dix verres par semaine a insisté le médecin il y a quelques jours. Ouais bon d'accord... (Linked with Signs, signs)

dimanche 4 novembre 2018

Films noirs


Voilà,
les premiers froids, les pluies glacées arrivent. Je m'efforce de sortir encore un peu le soir, mais c'est difficile. Jeudi dernier, je suis allé à la cinémathèque voir le film de Bertrand Mandico "Les enfants sauvages", mais au bout d'une demi-heure je me suis tiré. La réalisation m'a semblé du sous-Raoul Ruiz (j'ai pensé aux "trois couronnes du matelot", et à "la ville des pirates" que j'aime beaucoup). Sans doute au fond, n'avais-je pas envie d'être là, ou bien n'étais-je pas disposé à voir ça et que peut-être le film n'est-il pas en cause. J'ai aussi sans doute envie de légèreté. Je lis en ce moment un essai assez déprimant, et les actualités ne valent guère mieux. Donc dans une salle adjacente on donnait "Lady Paname", unique film réalisé par Henri Jeanson, le dialoguiste de "Hôtel du Nord". Bien sûr il n'y avait que des vieux cinéphiles un peu décatis, contrairement à la salle précédente. Le film est léger, brillant, bien joué, en particulier par Suzie Delair, canaille à souhait, Raymond Souplex (que j'ai souvent vu dans mon enfance à la télévision — il y incarna de 1958 à 1972 l'inspecteur Bourrel dans la série "Les cinq dernières minutes — et Louis Jouvet qui semble beaucoup s'amuser d'un personnage comique et haut en couleurs. Monique Mélinand, y interprète aussi un rôle secondaire avec une modernité incroyable. D'ailleurs je l'ai aussi vue il y a peu dans un film de Gilles Grangier, "Le sang à la tête" adaptation d'un roman de Siménon "Le fils Cardinaud" dont l'action se passe à La Rochelle. Ce qui est amusant, c'est que dans le courant de l'année, chez un bouquiniste, j'ai acheté un livre d'occasion composé de trois récits de Simenon, où se trouve un ex-libris écrit à la main "Monique Mélinand, Avril 56 La Rochelle" acheté sûrement à l'époque de ce tournage.
Je regarde beaucoup en streaming des films français des années cinquante, grâce à Bertrand Tavernier qui a attisé ma curiosité avec sa série "Voyage dans le cinéma français" rediffusée sur la cinquième chaîne.  Ainsi ai-je aussi regardé "Le désordre et la nuit", toujours du même Grangier, avec Gabin, qui même s'il n'est pas un acteur qui me charme est bien tout comme dans le Simenon où il est parfait. J'ai découvert aussi ce film de Pierre Chenal intitulé "Rafles sur la ville". Un polar bien noir, avec une image superbe et une musique composée par Michel Legrand, dans lequel le jeune Michel Piccoli se révèle déjà très talentueux, et où Charles Vanel interprète un caïd absolument ignoble. La réalisation nerveuse, noue plusieurs intrigues pour aboutir à une fin puissante. Et puis on y retrouve le charme photogénique du Paris des années cinquante. Godard, qui avait la dent plutôt dure avec ses aînés considère ce film comme un chef d'œuvre. Je crois même que c'est de là que lui est venue l'envie de travailler avec Piccoli, plus tard dans "Le Mépris".

jeudi 1 novembre 2018

Quand vient l'hiver


Voilà,
tous les ans quand vient l'hiver (il faisait très froid aujourd'hui) j'ai envie de faire des photos de ce genre. Oui, retenir les silhouettes à travers la bâche en plastique de la terrasse couverte d'un café. J'aime bien ces anomalies, ces transparences froissées, ces visions incertaines qui d'un coup poétisent même la réalité la plus triviale. Cette fois-ci, c'était la flamme du chauffage à gaz qui m'a plu. Je l'ai aperçue à Montmartre, cet après midi pluvieux ou je suis allé visiter le cimetière du Calvaire tout en haut de la butte. Avec ses quatre-vingt cinq tombes, c''est le plus petit cimetière de Paris, le plus haut aussi, et le seul, avec le cimetière de Charonne jouxtant une église paroissiale. Aujourd'hui c'était la Toussaint et je me suis souvenu, que lorsque j'étais enfant, on repassait à la télévision "Les trois lanciers du Bengale" chaque année ce jour là.

mercredi 31 octobre 2018

Quoiqu'il en soit c'est Halloween


Voilà,
il y a quelque chose d'inexplicable et de stupéfiant à la fois, dans le spectacle de la sottise assumée, revendiquée. Est-ce que cela a un rapport avec la haine de soi ? Avec le goût du paradoxe ? Avec une stratégie de la reconnaissance ? Prenons Eric Zemmour par exemple. Je ne sais pas, s'il a beaucoup travaillé pour en arriver là ou si c'est un don de la nature, ni a quel moment il a délibérement décidé de paraître encore plus con qu'il n'est. Est-ce qu'il parie sur la connerie ambiante ? par exemple, pense-t-il "les cons sont majoritaires et majoritairement plus cons que moi, donc, me faisant une place parmi les cons, j'aurais une reconnaissance". Et d'un certain point de vue il est parvenu à ses fins puisque même le New-York Times lui a consacré un article. Ce type balance avec un aplomb sidérant (faisant honneur à cette réplique d'Audiard "les cons ça ose tout, c'est même à cela qu'on les reconnaît") que grâce à Pétain les juifs français ont pu être sauvés. Tous les travaux d'historiens s'accordent pour prouver le contraire, mais lui persiste. Le plus extravagant dans cette affaire c'est que Zemmour, juif algérien né à Montreuil, avec la tronche qu'il a et le nom qu'il porte, s'il s'était retrouvé en France métropolitaine dans les années quarante aurait sans l'ombre d'un doute immédiatement été déporté dans les premiers convois. Et bien ça il ne veut pas y croire. Il est dans le déni total de cette évidence. Il n'est pas possible qu'il ne puisse pas y penser. Il suffit de s'être retrouvé rue Nelaton devant les plaques portant les noms de tous les enfants juifs parqués à l'ancien Vel'd'hiv par la police française pour savoir que cela a existé. Mais non. Et le plus affligeant dans cette histoire c'est que ce type bat des records de vente avec son livre. Est parce que la presse relaie complaisamment ses propos qu'autant de gens se laissent abuser ? Ou bien parce que ce type s'exprime avec violence et vulgarité, et que ça plaît au pékin moyen qui en a fait son divertissement ?
Car aujourd'hui les programmes de télévision exaltent ce qui divise, humilie, avilit, quand autrefois dans les années soixante on leur espérait des vertus pédagogiques dont ils s'acquittaient. C'est sûrement cela qui a fait le succès de Trump. Son émission "The apprentice". La stupidité fait vendre.
En fait, il semblerait que dans l'histoire moderne,  — celle qui a partie liée avec les médias de masse (radio, télévision, et aujourd'hui réseaux sociaux) — les leaders d'opinions et les leaders politiques qui séduisent sont ceux qui sont en disruption, qui font exploser le sur-moi collectif au point d'aveugler les foules. Par exemple je me suis toujours demandé comment Hitler et Goebbels qui n'étaient pas vraiment des exemples d'aryanité avaient pu à ce point susciter l'adhésion des Allemands au discours sur la race pure. Comment les peuples ne pouvaient-ils pas voir ni comprendre ?  Qu'est ce qui fait qu'ils peuvent, encore à ce point se laisser abuser ?
Ainsi aujourd'hui comment un pays aussi métissé que le Brésil peut-il se livrer à la folie d'un type comme Jair Bolsonaro évangéliste raciste blanc, de la pire espèce, homophobe ("je préfère qu'un de mes fils meure dans un accident de voiture plutôt qu'il s'affiche avec une pédale dans la rue" a-t-il dit), sexiste, climatosceptique, tenant de la dictature, de la torture, candidat des grands trusts et des oligarchies de la pire espèce. On ne pourra pas dire que ceux qui se sont ralliés n'auront pas été prévenus. Mais au fond, peut-être n'est ce rien d'autre qu'une forme d'hystérie collective, selon la définition qu'en donne Lacan : "l'hystérique est  un esclave qui cherche un maître à dominer". Bien sûr ça ne marche jamais. Allez, quoiqu'il en soit c'est Halloween et c'est encore la paix en Europe

dimanche 28 octobre 2018

Chat et souris


Voilà,
cette peinture murale a été réalisée sur un bâtiment désaffecté de l'ancien Hôpital Saint-Vincent-de-Paul aujourd'hui en cours de réaménagement pour en faire un éco-quartier avec des logements. Je n'en connais pas l'auteur, mais j'aime bien ce gros chat essayant d'attraper la petite souris qui s'envole avec son ballon. Pour le moment une partie de l'hopital est occupée de façon temporaire par des associations sociales et solidaires. C'est aussi un lieu de rencontres et de débats, et d'accueil pour les migrants réfugiés demandeurs d'asile (linked with Monday Mural).

samedi 27 octobre 2018

Echoppe à Montmartre


Voilà,
cette image m'est apparue dans la devanture d'une boutique du village Montmartre, il y a une quinzaine de jours alors que j'y faisais le touriste. Cette boule se trouvait tout à côté d'une toile représentant Notre-Dame et les bords de Seine. Cette juxtaposition et l'illusion suscitée m'ont amusé.(linked with weekend reflections)

jeudi 25 octobre 2018

Natsume Soseki


Voilà,
plus d'un siècle nous sépare de ces mots écrits d'un pays
qui, en vies détruites et en paysages saccagés,
a payé un bien lourd tribut à l'histoire, à la nature, à la technologie

mercredi 24 octobre 2018

Avant


Voilà,
un jour d'octobre 2014 il y a eu ce ciel. C'était au temps d'avant.
Avant la peur, l'emprise de la peur et d'une certaine menace 
toujours plus ou moins tapie dans ces parages, désormais.
Et dans la distance où tu me tiens pour me préserver de ton effroi
Je ne peux m'empêcher de songer à toi
(linked with skywatch friday)

lundi 22 octobre 2018

Ancien monde et Nouveaux Urbains


Voilà,
parfois au cours d'une promenade surgit une vision de l'ancien monde quand autour se multiplient des apparitions qui n'existaient pas il y a six mois à peine. Aujourd'hui les Nouveaux Urbains Connectés se déplacent en trottinette électrique. C'est un peu régressif non ? C'est  comme une épidémie. Je suis sûr qu'à Noël les ventes vont exploser.  Et puis les trottinettes où l'on n'a plus besoin de trottiner (il va falloir trouver un nouveau nom) roulent indifféremment sur les trottoirs et la chaussée. Ça nous promet de bons faits divers et des ouvertures de journaux télévisés dans les mois à venir mâtinées de quelques enquêtes pseudo sociologiques où des trottinologues avisés ne manqueront pas de dispenser leurs lumières. (linked to our world tuesday)

  

samedi 20 octobre 2018

Réfugiés dormant la nuit Avenue Denfert Rochereau


Voilà,
"Depuis longtemps, je m’interroge sur l’efficacité des politiques qui depuis vingt ans prétendent gérer et contrôler les migrations, alors qu’on nous présente toujours les pays riches comme des territoires menacés par une invasion imminente. Comme si chaque nouveau dispositif de contrôle mis en place n’avait pour utilité que de révéler les failles et les lacunes des précédents, et pour finalité de justifier les suivants. L’agence européenne des frontières, Frontex, est l’illustration de ce paradoxe. En cinq ans, elle a vu son budget multiplié par quinze. C’est beaucoup, en période de crise ! On ne peut s’empêcher de penser que les murs, les grillages, les radars, et maintenant les drones dont se couvrent les frontières servent moins à empêcher les gens de passer qu’à générer des profits de tous ordres : financiers, mais aussi idéologiques et politiques." déclarait il y a quelques mois Claire Rodier directrice du GISTI (Groupe d'Information et de Soutien des Immigré.e.s). Peu à peu nos paysages urbains changent, et nous ne pouvons faire autrement que de nous habituer à la cruelle obscénité de ce début de siècle. D'ailleurs il est vraisemblable que cela ne fera qu'empirer et que d'ici quelques années nous vivrons des temps de pogroms et de déportation comme ceux qui ont déjà cours en Italie vis-à-vis des réfugiés qui échouent aux portes de l'Europe. Et je crois vraiment que la majorité des gens ne s'en offusquera pas plus que lorsque l'on a déporté des juifs dans les années trente et quarante en Europe. Tous ces gouvernements populistes ne sont pas là par hasard, ils sont élus démocratiquement et ils répondent à une attente sinon à un désir. Comme le suggère, dans son essai "Le Mal qui vient", Pierre-Henri Castel "plus proche sera la fin, et plus passionnément l'humanité trouvera les sources d'excitation nécessaires à vivre dans des actions excessives, atroces, démentes". Et il est tout à fait raisonnable d'envisager, que nous soyons peut-être déjà dans ces temps de fin : Fin de l'Europe politique, dont la crise larvée du Brexit la fascisation de l'Italie, l'anéantissement progressif de la société grecque civile depuis plus de dix ans et la montée des populismes sont des symptômes évidents. Fin de la relative stabilité sociale que la prochaine crise du capitalisme basé sur la croissance ne manquera de mettre à bas. Fin des équilibres écologiques en raison de la prédation croissante de la nature liée aux activités industrielles qui caractérisent l'Anthropocène.
Pourtant, les gens continuent de faire la fête, de manger en terrasse (il fait si doux encore en cette fin d'octobre), parce qu'il faut bien se distraire, n'est-ce-pas ? ne pas trop se prendre la tête, sinon on ne vit plus. On essaie de se protéger de l'idée que le malheur pourrait nous atteindre, et l'on détourne le regard de ceux qui ont déjà l'expérience d'un monde qui s'effondre ; mais si l'on regarde ou que l'on veut montrer on se donne aussitôt l'impression d'être un voyeur malsain. Cette photo a été prise près de l'ancienne maternité Saint Vincent de Paul, actuellement en démolition. Le site maVocation.org nous rappelle que "Saint Vincent de Paul a profondément marqué de son empreinte la France du XVIIe siècle et que sa vie fut toute donnée au service de la charité et du salut des âmes des pauvres".

vendredi 19 octobre 2018

Rockers orphelins de leur idole

 

Voilà,
en prenant ces photos, l'année dernière je m'étais souvenu d'une conversation avec Jean-Paul Wenzel qui un jour, m'avait confié — et j'en avais alors été très surpris — qu'il aimait beaucoup Johnny Hallyday. Peut-être était-il lui aussi là dans la foule avec son perfecto pour lui rendre un dernier hommage. Je me demande s'il a acheté son album posthume qui vient de sortir aujourd'hui. (linked with the weekend in black and white)

mardi 16 octobre 2018

Le sommeil de la raison engendre des monstres


Voilà,
"La harpiste nous impressionnait beaucoup parce que son instrument ressemblait à un meuble." racontait un photographe évoquant des souvenirs d'enfance lors d'une interview. Et Luca Ciliegiolo songeait surtout que désormais il lui faudrait considérer les escaliers avec circonspection. Il devinait en eux de futurs ennemis. Surtout ne pas se laisser impressionner. Dès qu'ils apparaîtraient, prendre le temps de les observer. Puis il y eut cette chanson stupide qu'il avait toujours détestée dont le refrain disait "ça vit d'eau fraîche et d'air pur un oiseau." Et c'est alors qu'il sentit grandir en lui une colère déraisonnable et qu'il brisa son putain de radio-réveil. Demain serait un autre jour.

lundi 15 octobre 2018

Une très triste nouvelle



Voilà,
Par le blog de son ami Sean Q6, j'ai appris que Carnivale Selah a été victime d'un accident de scooter et qu'il se trouve semble-t-il à l'hôpital dans un état préoccupant. CS, s'appelle en fait William Schmidt et j'avais découvert son travail par l'intermédiaire d'un site consacré à la photographie. J'en étais venu à consulter son blog qui s'appelait alors Café Selavy sans doute en référence à Duchamp. Je ne sais plus, je crois que cela fait bien cinq ans au moins que je le suis régulièrement. C'est un excellent conteur d'histoires, avec une humeur un peu sombre, un pessimisme aigu et aussi j'en suis convaincu un artiste génial qui doute trop souvent de son propre talent. Au cours des années il est devenu, sans que je le connaisse, ou que nous échangions, une sorte de compagnon familier. On sent le type ombrageux, exigeant, assez caustique, parfois désabusé, mais toujours avec un humour acide. Il m'est arrivé quelquefois mais rarement de commenter ses posts, et s'il me répondait parfois, ce n'était jamais en intervenant sur une de mes publications.
Son blog constitue une sorte de journal extime, si bien que je connais somme toute beaucoup de sa vie, professionnelle, amoureuse, je sais les films et les émissions qu'il regarde, les voyages qu'il a faits, je suis au courant de ce qu'il pense de sa mère, j'ai appris à connaître les photographes qu'il aime, ceux avec lesquels il a étudié, les bars qu'il fréquente, le disque qu'il aime passer à Noël ("All that I want" des Weepies), les aménagements qu'il a réalisés dans sa maison, son train de vie, sa passion pour les appareils photos qu'il semble posséder en très grand nombre, ses douleurs physiques, et ses questions, ses doutes ses angoisses, ses manies, ses choix esthétiques. J'ai aussi constaté que c'était un homme cultivé, connaissant plutôt bien la littérature européenne, ce qui est de moins en moins fréquent par les temps qui courent. Cet inconnu peu à peu a suscité ma curiosité et mon intérêt. Ses billets quasi-quotidiens, avec leurs lots d'anecdotes et de réflexions ont fini par faire partie intégrante de ma vie. Il y a peu, il avait, lui qui vit en Floride, effectué un court séjour en Californie, pour des vacances. Il avait ensuite donné quelques nouvelles de son retour. Puis plus rien. Je craignais, jusqu'à ce soir, que cela ne soit en rapport avec l'ouragan Michaël qui a ravagé une partie de sa région. 
Cette nouvelle abrupte me place dans une situation étrange. Elle m'amène à me préoccuper du sort de quelqu'un dont je n'ai d'autre représentation que ce qu'il raconte de lui et ce qu'il dévoile de son imaginaire et de son environnement. Cet homme je ne sais même pas à quoi il ressemble exactement. Il ne compte pas au nombre de mes amis. Je n'ai aucune histoire commune avec lui, aucun lien de réciprocité. Néanmoins, il me semblait souvent qu'il formulait des pensées qui m'appartenaient à moi aussi, si bien que j'ai fini par me prendre d'une sorte d'affection virtuelle à son égard, et aujourd'hui j'éprouve pour lui de la peine. Peut-être ai-je ressenti une sorte de fraternité obscure pour ce vieil enfant unique et sans postérité (ce que j'aurais pu devenir aussi). L'ayant été les dix-sept premières années de ma vie, j'ai reconnu quelques singularités que partagent celles et ceux qui ont grandi seuls.
Comme il a d'une certaine manière fait de sa vie un genre de roman feuilleton, (car un blog contrairement à un journal intime ne se lit pas à posteriori), l'interruption brutale, l'accident, c'est à dire ce qui s'oppose autant à l'essence qu'à la substance rappelle soudain le caractère imprévisible du Réel,  – "ce à quoi l'on se cogne" disait Lacan –, en l'occurrence pour lui, un camion. Et soudain plus rien de ce qui faisait auparavant la vie n'a de sens. Reste la douleur, la souffrance, l'accablement, le découragement et la nécessité du courage et du combat contre l'adversité pour revenir à la vie qui ne sera jamais plus normale.
Alors on relit autrement les dernières publications. On ne peut s'empêcher de les mettre en relation avec l'événement qui est une rupture dans l'ordre de l'intelligible et qui demeure au-delà de toute compréhension. Tout pessimiste qu'il est, jamais William n'a évoqué cette possibilité parmi toutes les sombres visions qu'il a pu partager. Ses enthousiasmes étaient rares, aussi je me souviens de la joie qu'il a manifesté lorsqu'il a fait l'acquisition de sa Vespa sur laquelle il se promenait avec Ili son amie de l'époque. Les descriptions de ces balades qui rappelaient celles de Nanni Moretti , l'été dans Rome, dans le film "Caro Diario" me faisaient envie (quoique c'est à la suite d'une chute de moto et de la frayeur éprouvée que j'ai renoncé à ce plaisir).
Il consignait aussi tous ces sentiments contradictoires que je connais bien quant à la maintenance de son blog qui pour lui aussi était une sorte d'addiction. Il avait fermé le premier, avec toutes ses belles photos, puis, durant deux mois, interrompu le suivant en mars dernier. Il était mécontent de sa production, trouvait que cela n'avait plus d'intérêt. Je crois qu'il y avait aussi une histoire sentimentale qui tournait mal et la nécessité de s'occuper de sa vieille mère. Puis il s'y était remis. Dommage que ses archives ne remontent qu'à six mois.

(...)

J'ai beaucoup repensé à lui ce Dimanche (et c'était le cas quand j'ai réalisé cette image). Et aussi à ce que les réseaux sociaux peuvent faire de nous, de certains d'entre nous. A cet irrépressible besoin de s'exprimer parfois en public, sous le coup de l'émotion, de se raconter. A ce sentiment d'urgence à écrire ce qu'on ne peut forcément dire. À ce besoin d'apparaître et de se cacher. Aux diverses stratégies qu'adoptent les blogueurs pour parler d'eux ou de ce qui importe pour eux. Comme si on était sommé de rendre des comptes. Et de l'embarras qu'il y a parfois à le faire. Et aussi de ce besoin d'avoir des réponses, des retours. Repensé à cette envie de liens. William racontait sa vie au jour le jour. Ses insatisfactions, sa sensation d'être empêché qui doit lui paraître bien dérisoire à présent, s'il est en mesure de s'en rendre compte. Son dernier post daté du 6 Octobre est un peu mélancolique. il y est question de solitude. Dans l'avant dernier, de ratage et de certains renoncements. Mais il écrit cependant qu'il a envie de s'amuser le weekend, et d'être doux avec lui-même. Et c'est précisément ce weekend qu'il a du rentrer dans le dur. L'histoire s'interrompt subitement, là où peut-être il pouvait y avoir de la transformation. Et soudain tout ce qu'il a écrit ne peut plus se lire, rétrospectivement, que sous l'angle de la tragédie. C'est pour cela qu'il faudrait — souhait que j'ai souvent formulé, et auquel, il m'est, de rares fois, arrivé d'accéder —, écrire sans affect, ne décrivant que des faits, et les tenant à distance, comme le faisait si bien Perec, dans certains de ses romans, ou Clouzot dans la plupart de ses films ou encore, puisque il est ici question de blog le jlggbblog de Jean-Louis Boissier
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dimanche 14 octobre 2018

Une Glycine


Voilà,
non loin de la gare de Lyon se trouve la rue Crémieux tracée en 1857. A l'époque le loyer annuel était de sept cent francs et chacun des 35 pavillons ne dépassait pas les deux étages. Cette rue est une des seules de Paris où les façades sont peintes de couleurs différentes, comme dans certaines villes du Nord de l'Europe ou comme à Portobello Road à Londres à laquelle, dans les guides touristiques, elle est souvent comparée. Au 21, cette glycine en trompe-l'œil touche par sa simplicité. Aujourd'hui j'ai sans doute besoin d'une image douce pour des raisons sur lesquelles je reviendrai probablement dans les jours qui viennent. 
(Linked with Monday mural)

vendredi 12 octobre 2018

A travers la vitrine


Voilà,
je ne sais pas pourquoi, mais je suis fasciné par les salons de coiffure. Pourtant c'est quelque chose que je n'ose pas photographier. Ou très rarement. En même temps je n'aimerais pas qu'on me photographie chez le coiffeur. On y est très vulnérable et on y a toujours l'air un peu con puisqu'on est en chantier. En 2010 j'avais volé un portrait de Monsieur Daniel au Havre, dans son incroyable salon de coiffure tenant aussi lieu de musée. Celui-là situé rue Boulanger derrière le théâtre de la Renaissance, m'a paru particulièrement exotique en ce soir pluvieux d'automne. L'air était très doux. Et soudain il y avait ce bout d'Afrique. J'ai imaginé que c'était le dernier client de la journée.

jeudi 11 octobre 2018

Nympheaselfie


Voilà, 
en fait auparavant rien n'interdisait de réaliser un autoportrait dans un musée, je veux dire même au temps de l'argentique. Certes il était peut-être plus malaisé de tenir l'appareil et d'appuyer sur le déclencheur, mais c'était possible, même avec les appareils jetables. Pourtant on ne le faisait pas, ou que très rarement, sans doute parce que la pellicule était couteuse et limitée. Se photographier aurait en quelque sorte gâché du film. Maintenant avec le numérique, il n'y a plus de limite. Donc cet homme par exemple aura photographié les nymphéas, puis ensuite se sera fait un selfie devant les nymphéas, pour confirmer en quelque sorte qu'il y était. Considère-t-il que son portrait est une valeur ajoutée au tableau en arrière plan, ou pense-t-il au contraire qu'il peut bien se permettre une photo de lui en plus, puisque ça ne coûte rien ? Quoiqu'il en soit pour ma part, je trouve toujours assez pathétiques les voyageurs solitaires qui s'autoportraiturent et affichent leur solitude aux yeux de tous. Celui-ci, de l'espèce "Homo touristicus" représente une variété nord-américaine à chapeau et chemise, moins répandue que celle à casquette et T-Shirt.

mardi 9 octobre 2018

Lectrices au Palais de Tokyo


voilà,
"Je vous en supplie faites quelque chose, apprenez un pas, une danse, quelque chose qui vous justifie, qui vous donne le droit d'être habillés de votre peau, apprenez à marcher et à rire, parce que ce serait trop bête à la fin que tant soient morts et que vous viviez sans rien faire de votre vie", (Charlotte Delbo)

lundi 8 octobre 2018

Akihi


Voilà,
Il existe à Hawaï un mot  – Akihi – pour signifier le fait de "marcher sans savoir où l'on va." Profitant du beau soleil qui réchauffait Paris, c'est ce que j'ai fait aujourd'hui. Est arrivé un moment où je me suis retrouvé square Jean XXIII entre la Seine et Notre-Dame. Des quelques photos que j'ai prises au cours de ma pérégrination c'est celle-ci qui à présent me charme le plus. Ce qu'on y voit me semble encore plus bizarre et incongru qu'à l'instant où ça m'est apparu. Linked with Our world Tuesday

dimanche 7 octobre 2018

Accolade et Mère séculaire


Voilà,
Boulevard Vincent Auriol, non loin de la station de métro Chevaleret, deux immenses fresques, l'une intitulée "Accolade" réalisée en 2017 par Conor Harrington, la seconde réalisée en 2016, par Inti Castro intitulée Madre secular (Linked with Monday mural)

samedi 6 octobre 2018

Les faits ne pénètrent pas dans le monde de nos croyances



Voilà,
devant cette vitrine d'un commerce du quartier du marais, m'était revenu en mémoire ce que Marcel Proust écrit dans  "Du côté de chez Swann" Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances, ils n’ont pas fait naître celles-ci, ils ne les détruisent pas ; ils peuvent leur infliger les plus constants démentis sans les affaiblir, et une avalanche de malheurs ou de maladies dans une famille ne la fera pas douter de la bonté de son Dieu ou du talent de son médecin."  C'est ce que Léon Festinger a, en 1957 défini sous le terme de "dissonance cognitive". Pour résumer on ne peut pas croire ce que l'on sait. Oui c'est précisément à cela que j'avais songé, sans doute parce que depuis cet été les grands médias s'alarment — ce qui est assez nouveau —  de plus en plus du réchauffement climatique et des désastres écologiques qui ravagent lentement notre planète. Ou plus exactement on en parle, mais on ne change rien. Les rues sont encombrées de voitures dont on ne cesse de faire la publicité à la télévision, on continue de nous vendre des produits sous emballage plastique, de nous promettre la croissance dans un monde aux ressources finies comme un remède à la crise. Et l'on avance dans la réalité avec la conscience qu'elle va inévitablement changer en s'obstinant à ne pas y croire. Un peu comme le fumeur qui achète un paquet de cigarettes sur lequel il est écrit en gros caractères gras que "Fumer tue". Oui mais pas moi pense-t-il. Et dans le reflet des boules transparentes me revint le souvenir d'un dessin d'Escher. J'avais alors seize ans et sans doute éprouvais-je comme l'écrit Conrad dans "Jeunesse" "ce sentiment qui ne reviendra plus, – le sentiment que je pouvais durer éternellement, survivre à la mer, au ciel, à tous les hommes : ce sentiment dont l’attrait décevant nous porte vers des joies, vers des dangers, vers l’amour, vers l’effort illusoire, – vers la mort : conviction triomphante de notre force, ardeur de vie brûlant dans une poignée de poussière, flamme au cœur, qui chaque année s’affaiblit, se refroidit, décroît et s’éteint, – et s’éteint trop tôt, trop tôt, – avant la vie elle-même." Plus tard je songeais encore que ce qu'on nous vend dans ce monde c'est de l'illusion. On achète la boule quand on croit acquérir le reflet et tout ce qu'il contient de rêves.
(linked with weekend reflections)

mercredi 3 octobre 2018

Au Musée du Vatican


Voilà,
au musée du Vatican j'avais soudain été ému par des dessins préparatoires réalisés par Matisse pour la conception des vitraux de la chapelle de Saint-Paul-de-Vence. Ils m'avaient brutalement renvoyé à cette journée de début août 1973 qui demeure une des plus marquantes de ma vie : Dominique avait prévu que nous partions tôt de Châteaudouble pour profiter de la journée avant de retrouver à l'aéroport de Nice, en début de soirée Agnès qui revenait de Manchester où elle avait passé trois semaines chez son correspondant anglais. Le matin nous avions confectionné des Pan bagnat, préparé des salades, du jambon des fruits et nous étions partis tôt dans la petite 4L verte. Sur le chemin elle avait pris un auto-stoppeur et lorsque vint l'heure du pique-nique au bord du lac de Saint-Cassien elle l'avait tout naturellement invité à le partager avec nous. Après avoir mangé, nous nous étions baignés avant de reprendre la route. Je me rappelle que nous étions passés non loin de l'endroit ou Martin Gray avait habité. Sur le chemin l'auto-stoppeur avait été déposé et après avoir traversé de somptueux paysages nous avions fini par arriver à Saint-Paul de Vence. C'est ce jour là que nous avons visité la fondation Maeght où était présentée l'exposition "André Malraux, de l'Imaginaire à la réalité". Dominique m'expliquait les relations que l'écrivain établissait entre ces œuvres venues de pays différents et réalisées de toutes époques et de toutes cultures. Elle me racontait Malraux, évoquait sa rencontre avec lui lorsqu'il était venu inaugurer la maison de la culture d'Amiens dont Philippe avait été le directeur. D'où je venais, on se moquait de lui, de ses tics de ses bafouillements. Mon géniteur détestait De Gaulle et tout ce qui s'y rapportait, et il aimait à citer cette phrase qu'on a souvent à tort prêtée à Goebbels ou Goering "Quand j'entends le mot culture je sors mon revolver". Pourtant, paradoxalement c'est lui qui m'avait dit et permis d'assister à la conférence donnée par André Malraux à l'École Polytechnique dans le grand Amphi Poincaré en 1970 ou 1971 et qui reprenait sur bien des points le fameux discours qu'il avait tenu lors de l'inauguration de la maison de la Culture d'Amiens. J'évoquerai une prochaine fois le choc émotionnel ressenti lors de cette intervention.
Mais je reviens sur cette journée.
Plus tard nous étions allés visiter la petite chapelle du Rosaire — où je ne suis jamais retourné depuis — entièrement décorée par Matisse. Je me souviens de la blancheur des murs, du carrelage sur lequel se reflétaient les vitraux qui prodiguaient une lumière chaude et apaisante, et d'un mur blanc avec des fresques en noir et blanc peut-être inachevées. Évidemment à l'époque je n'étais pas en mesure de comprendre ce qu'il fallait de travail et de réflexion pour atteindre à l'épure de ce trait. Et si j'étais fasciné par la couleur des vitraux, la fresque me semblait un peu simpliste et naïve.
Pour moi tout cela était nouveau, inattendu et même si j'avais de l'attirance pour l'art, j'étais malgré tout très déconcerté par tout ce qu'il m'était donné de découvrir aussi soudainement. Bien sûr, quelques visites dans les six mois précédents m'avaient un peu appris à porter un regard différent sur l'art moderne. Je commençais tout juste de découvrir la peinture surréaliste, et je ne parvenais pas à mettre en relation tous ces artistes. Et surtout, je n'avais alors aucune idée de ce que nécessite et implique un geste artistique

mardi 2 octobre 2018

La Raison économique


Voilà,
Chacun reconstruit le sens d’une chose ou d’un événement en fonction de son état de conscience dans le sentiment d’être dans le vrai. Tandis que la plupart du temps, le non-sens passe presque inaperçu… Et cependant voilà que mon état de conscience me dit que le sens est perdu, et que le non-sens est partout !! Certains auront peut être envie de répliquer que le sens perdu est tout retrouvé : c’est la raison économique. Ce à quoi je peux répondre que cette dernière est l’abîme collectif dans lequel nous sombrons au pas de charge.  La raison économique a toujours été une totalisation sous le signe d’un seul symbole : l’argent. Or le symbole c’est ce qui donne accès à l’être (et non l’avoir). Et en ayant créé un objet de la logique pour incarner le symbole nous reliant, l’homme se trouve ainsi objectivé, rationalisé… mécanisé. Quand nous voulons faire du calcul le lien qui nous unit, nous créons cela même qui nous décompose et mortifie tout. (Baudoin de Bodinat)

lundi 1 octobre 2018

Changement de saison


Voilà,
avant-hier, c'est précisément à cet endroit en remarquant la fresque de Combas que je me suis aperçu que je n'étais pas assez couvert, qu'en fait j'étais en train de prendre froid, et que j'étais un couillon de ne pas regarder le temps prévu par l'application météo de mon smartphone le matin avant de quitter la maison. Résultat me voilà semi- comateux au fond de mon lit, incapable d'aligner trois phrases intelligibles, de lire plus de deux pages. Duke Ellington passe en boucle sur le lecteur de musique. Je songe à toutes ces choses que j'aurais aimé faire dans ma vie et que je je n'accomplirai pas faute de temps et d'argent. Et voilà maintenant j'ai très mal à la gorge. (Linked with Monday murals)

vendredi 28 septembre 2018

Reflets à la Fondation Vuitton


Voilà,
"on dirait que parmi les traits caractéristiques de la mélancolie, l'anéantissement représente une valeur positive, est désiré, voulu. La tendance se manifeste là, d'enlever à la propre vie de l'individu sa possibilité d'exister, d'ébranler ses points d'appui, de mettre en question les valeurs qui la justifient, pour aboutir à cet état d'esprit qui ne voit plus de justification à l'existence propre et se sent dans le vide et l'absurde (Romano Guardini "De la mélancolie") linked with weekend reflections

jeudi 27 septembre 2018

Heureuses conjonctions


Voilà,
je l'ai souvent évoqué dans ce blog, j'adore musarder dans les musées. Il s'opère parfois d'étranges rapprochements entre les visiteurs et le tableau ou la sculpture qu'ils observent, et chaque fois cela me réjouit. La dame qui se penche vers les aquatiques nymphéas porte des motifs de rames imprimés sur sa robe. Sur la deuxième image, les lignes sur la robe de la visiteuse semblent un contrepoint à l'espace où elle déambule. Quant à la photo de la jeune fille en fleurs qui se photographie devant un papier peint de Takashi Murakami, elle se passe de commentaire.

mercredi 26 septembre 2018

Opposition


Voilà,
il y a quelque temps, Châteaudouble, village cher à mon cœur, pour tous les bons souvenirs que j'en ai, a fait la une de l'actualité en raison de l'opposition de ses habitants à la visite de la cheffe du parti d'extrême-droite venue là pour contester l'installation temporaire de 72 migrants. L'occasion de revoir des visages connus dans mon adolescence et de constater avec fierté qu'il n'ont perdu ni leur humour ni leur insolence. À part ça, entendre cette femme prononcer "Châteaudouble", me choque terriblement. Autant que le le fait qu'elle ait pu tenter d'y mettre les pieds sans prévenir le maire du village pour tenter un coup médiatique. Je n'avais jamais imaginé que ces deux mondes puissent un jour se rencontrer.

lundi 24 septembre 2018

Comment ça se passe


Voilà 
comment ça se passe. Pour la photo ça va vite, il suffit de voir venir, de saisir l'apparition. On se promène et toujours l'œil guette. Quelque chose accroche le regard et l'on a une vague idée de la photo que cela fera. Après il y a tout ce bricolage qui s'apparente à ce qu'était autrefois le tirage sauf que l'outil a changé. On ne travaille plus avec de la lumière on traite de l'information. On interprète l'image. C'est comme un acteur qui donne une lecture singulière d'un texte pour en dégager certaines nuances et lui donner un relief particulier. 
Pour les images digitales qui sont des sortes de collages sans colle ni ciseaux j'opère comme je l'ai toujours fait. La plupart du temps sans idée préconçue. L'outil informatique constitue à la fois un gigantesque réservoir d'images et d'outils de traitements, une intelligence artificielle qui permet une infinie variations de possibles. Il suffit d'utiliser ce génial esclave, de le confronter à des opérations imprévues et des fonctions détournées. C'est une sorte d'élaboration qui marche par libre association comme un travail de cure qui n'aurait pas besoin du truchement des mots.
On procède par association, juxtaposition, ça s'agrège et se constitue dans la pure logique du désir
C'est un peu pareil avec la peinture, les pastels sauf que mes moyens sont plus limités, mon vocabulaire graphique beaucoup plus restreint. À présent j'arrive à obtenir une sauvagerie que j'aime avec l'outil informatique. 
Le langage avec sa grammaire ses structures sa dimension à la fois orale et écrite, ses multiples contraintes, le fait qu'il soit aussi l'outil de la pensée, qu'il serve indifféremment à tant de choses,  aura été l'insurmontable obstacle de ma vie. D'ailleurs certains commentateurs anonymes de ce blog ne se sont pas privés de me faire remarquer que j'écris mal parfois. Quoiqu'il en soit je ne serais jamais parvenu à m'exprimer selon mon désir, à trouver mon style. J'aurais éprouvé trop de difficultés à formuler clairement et avec justesse ce que je pense et ce que j'éprouve. De temps à autre je vais au plus rapide, je ne me préoccupe pas de la manière, il y a urgence. Une fois tout de même sur ce blog je me suis complètement lâché. Mais au fond c'est comme ça que je m'exprimerais le plus volontiers si je ne craignais que l'on m'enferme pour de bon, oui comme sur cette vidéo. (linked with the weekend in black and white)



samedi 22 septembre 2018

Comme au début


Voilà,
comme au début des images surgissent de l'inconnu. On ne comprends pas tout à fait comment elles adviennent. C'est comme creuser dans la terre lorsqu'on est enfant et y découvrir un caillou qui nous plaît. Rien de plus. Celle-ci, je ne l'imaginais pas. Voilà, je creuse en moi. Je suis à la fois les mains et la terre que je déblaye. Je fais mon trou en quelque sorte. Regardant cette image je pense à Kafka. 

mercredi 19 septembre 2018

Bisous bisous


Voilà,
sur le boulevard deux jeunes gens. Ils s'embrassent s'éloignent l'un de l'autre et tout en se regardant encore chacun dit à l'autre "bisous". C'est une nouvelle manie qui se répand depuis quelques temps. Au lieu de se dire au revoir on se dit "bisous". Avec la bouche en cul de poule. C'est aussi absurde que ridicule. Comme si l'acte n'avait pas eu lieu et qu'il importait à tout prix le renommer. A moins que l'acte soit si dénué de sens ou de conviction qu'il s'avère absolument nécessaire de le confirmer. C'est peut-être un signe des temps où pour les "digital natives" hyperconnectés la virtualité semble plus consistante que le réel. D'ailleurs, l'un des grands entrepreneurs de ce monde, Elon Musk, fondateur et président de SpaceX, PDG de Tesla va même plus loin. Pour lui la réalité n'est qu'un monde simulé, où nous sommes l'incarnation imaginaire de la réalité virtuelle d'un tiers, à savoir une autre civilisation qui nous dépasserait. Cette réactualisation d'une hypothèse borgésienne a quelque chose de fascinant. Mais ne vivons nous pas déjà dans le rêve d'un autre ou de quelques autres. Ceux qui ont rêvé ces machines d'où j'écris, ont transformé la réalité, nos comportements, nos postures. Parce que quelques humains ont inventé le smartphone, la plupart des citoyens des pays riches se promènent désormais courbés l'œil rivé (comme ces deux-là aperçus dans un train de banlieue il y a quelques mois) sur un minuscule écran, dans l'attente de connections de messages d'informations de nouvelles, d'alertes qui stimulent leur sentiment d'appartenance, tout du moins son illusion.

dimanche 16 septembre 2018

Conversations privées


Voilà,
je suis revenu sur mes pas pour photographier cette fille, juste parce qu'en passant je l'avais entendue dire au téléphone "je n'ai pas de secret pour ma mère, je dis tout à maman".
La multiplication des portables conduit inévitablement à la prolifération croissante, dans les espaces publics de conversations téléphoniques. Et cela amène aussi à entendre parfois des choses absurdes,  qui de toutes façon ne nous concernent pas mais nous sont tout de même imposées. En la circonstance, j'étais moi aussi dans la confidence. Évidemment je tairai toutes les questions saugrenues, les pensées caustiques et vaguement obscènes que ce "je dis tout à maman" n'a pas manqué de susciter dans mon esprit. Je souhaite ne pas choquer le bigot ou la bigote qui vient de temps à autre polluer ce blog de ses commentaires.
Il arrive aussi, quel que soit le moment de la journée, qu'on ne puisse échapper à des échanges désagréables, parfois tendus, souvent même chargés de rancœur et de frustration. La revendication récriminante, l'exigence de reconnaissance voire d'amour se manifestent alors avec une intensité la plupart du temps, envahissante et désordonnée. Outre le désagrément sonore qu'elles suscitent, ces misérables manifestations de la nature humaine éveillent un profond sentiment de malaise et d'abattement.
Car, le bonheur semble souvent manquer, et dans les rapports entre les gens, la mesquinerie et la bêtise tiennent apparemment une part considérable. Ce n'est certes pas nouveau et autrefois déjà on pouvait s'en douter. Mais aujourd'hui il est quasiment impossible de ne pas le voir ni de l'entendre. Cette zone d'incertitude qui permettait de croire son semblable meilleur qu'il n'y paraissait, a désormais disparu. Comment dès lors ne pas céder à la misanthropie et l'envisager comme une forme d'hygiène, sinon de salut.

jeudi 13 septembre 2018

Vivre sur cette terre est devenu un problème


Voilà,
"vivre sur cette terre est devenu un problème conduisant à la folie, au suicide ou au meurtre. Et pour s’en rendre compte, il suffit de monter sur le tapis roulant de cette machinerie économique en tentant d’attraper les hochets qu’elle agite pour amuser notre simplicité d’esprit, de nous laisser emporter vers la « sortie » en traversant entre quatre murs ses paysages factices, dont la beauté clinquante écrase toute la subtilité du vrai beau, où nous pouvons éprouver les sensations virtuelles d’être bien vivants, tout en se construisant des souvenirs presque indiscernables des authentiques. Les passagers pleins d’illusions sont informés de leur arrivée à destination avec l’écroulement des décors. Et cette dernière expérience, certainement la plus authentique du spectacle, constitue un bouquet final riche d’émotion, où les passagers sont laissés à l’inventaire du factice dans ce qui constituait leur identité" (Baudoin de Bodinat in "Au fond de la couche gazeuse) Linked with the weekend in black and white)

mardi 11 septembre 2018

Une vie peut-elle tenir dans une valise ?


Voilà,
"Il se passe ainsi des choses que, plus tard, plus personne ne croit. Et ce qui vient maintenant est très important: il est nécessaire de fixer ces choses d'une façon ou d'une autre. On peut le faire en écrivant, naturellement, mais l'écriture n'est pas un document véritable. La photographie est le document véritable par excellence. Les gens se laissent convaincre par une photographie", écrit W.G. Sebald dans son livre "Austerlitz". Mais en quoi cette photo d'une valise pleine de photos abandonnées, constitue-t-elle un document véritable ? Et de quoi pourrait elle me convaincre, sinon qu'il serait pertinent de relire l'Ecclesiaste.

dimanche 9 septembre 2018

Dans le monde des hommes



Voilà
"Faire preuve de raison crée des conflits. Laisser parler son cœur mène à la dérive. Imposer sa volonté est source de fatigue. Bref il n'est pas facile de vivre dans le monde des hommes". Natsume Soseki in Oreiller d'herbes)