Voilà,
kwarkito
Un blog écrit en français, avec des photos des collages des dessins, des créations digitales, des récits de rêves, des chroniques des microfictions et encore bien d'autres bizarreries... A blog written in french with photos, collages, drawings, digital paintings, dream stories, chronicles, microfictions and a few other oddities.
lundi 16 février 2026
Chatoiement
Voilà,
dimanche 15 février 2026
Sur le bout de la langue
samedi 14 février 2026
J'aime / Je n'aime pas (19)
Le recueil de ses Commentaires II (Seuil, 1967) contient un projet, Soy México, inabouti faute d’accord avec François Reichenbach.
Le recueil de ses Commentaires II (Seuil, 1967) contient un projet, Soy México, inabouti faute d’accord avec François Reichenbach.
Le recueil de ses Commentaires II (Seuil, 1967) contient un projet, Soy México, inabouti faute d’accord avec François Reichenbach.
jeudi 12 février 2026
Vacanciers
mercredi 11 février 2026
Dormir pour oublier (35)
lundi 9 février 2026
Tout est là pourtant
Me reste cette fragile sensation de transparence, comme si je devenais peu à peu le témoin silencieux de ma propre vie. Tout est là, pourtant — les souvenirs, les visages, les instants volés — mais comme à travers un voile. Je continue d'écrire, non pour retrouver le fil, mais pour ne pas le perdre tout à fait. Je finirai bien par m'effacer moi aussi.
dimanche 8 février 2026
Une nuit je fus papillon
vendredi 6 février 2026
Résolution
jeudi 5 février 2026
Psycho the rapist
mercredi 4 février 2026
Jeux de Plage
lundi 2 février 2026
Kafka et Chaplin
dimanche 1 février 2026
Pêle-mêle au pied de la lettre
samedi 31 janvier 2026
Soldes
vendredi 30 janvier 2026
Carrés cercles et lignes
mercredi 28 janvier 2026
Déliquescence
quand on me traitait de pessimiste je répondais souvent que j’étais simplement lucide. En réalité je n’étais ni l’un ni l’autre, mais plutôt nigaud, puisque je n’imaginais pas que la bêtise pourrait se déployer avec une telle puissance et recueillir aussi vite autant d’adhésion un peu partout dans le monde. L’hégémonie du délire évoquée par Cioran dans un de ses aphorismes semble définir assez justement les temps que nous vivons.
Se réveiller tous les matins assailli par les annonces toujours renouvelées de massacres perpétrés contre des civiles un peu partout dans le monde est déjà pénible. Constater l’indifférence des décideurs et des masses face aux problèmes écologiques et environnementaux qui ne cessent de s’amplifier de manière irréversible, accable. Se confronter à la sottise ordinaire et assumée chez des gens dont l’histoire familiale devrait pourtant les en préserver, consterne. Si l'on est ici pour quelques temps encore préservé des bombes, on est tout de même submergé par la connerie.
Ici en France dimanche soir, avec sa belle tête de con l’avocat Arno Klarsfeld, juif et petit-fils de déportés, dont les parents ont consacré leur vie à la traque des bourreaux nazis et à la mémoire des victimes de la Shoah, faisait, la veille de la journée internationale dédiée aux martyrs du génocide, l’apologie de Trump et des méthodes de ICE proposant même d’organiser "de grandes rafles un peu partout contre les asociaux étrangers qui sont OQTF (obligation de quitter le territoire français), même si on commet des injustices".
Donc aujourd'hui en France, (pays qui en la matière a un certain passif), un homme peut à une heure de grande écoute, se sentir autorisé à prononcer le mot "rafle" sur un plateau de télévision nationale, et à le justifier sans que ne lui soit opposée la moindre objection. Cela prouve une fois encore, après sa complaisance à l'égard du délinquant Sarkozy, l'état de déliquescence intellectuelle et morale qui caractérise une partie de l’espace médiatique français, en particulier celui détenu par Bolloré. Cela montre aussi que dans le peuple soi-disant élu il y aussi une bonne proportion d'abyssale connerie.
Klarsfeld, en un étrange renversement sémantique qui tiendrait de la farce grotesque, si ce n'était aussi navrant, congédie la tragédie historique de la déportation et de l'extermination des juifs d'Europe au siècle dernier pour verser dans l'abjection et l'indignité. C'est étrange tout de même de vouloir, avec tant d'ardeur et au mépris du droit, infliger à d'autres ce que ses aïeux ont subi. Comme
l’a constaté la LICRA (ligue internationale contre le racisme et
l’antisémitisme), le fascisme n’est pas à nos portes, il est déjà dans la
maison.
Le lendemain, il était aussi à l’Académie des Sciences morales (où l'on a intronisé il y a peu le milliardaire et fraudeur fiscal Bernard Arnault). L’un des plus gros investisseurs dans la tech américaine, Peter Thiel, figure libertarienne, cofondateur de PayPal et surtout de l’entreprise Palantir Technologies – géant de l’analyse des données pour les gouvernements –, a été convié par Chantal Delsol, philosophe catholique tenante de l’union de la droite et de l’extrême droite, à intervenir lundi 26 janvier pour parler de l’Antéchrist devant un groupe de travail sur la démocratie. Là encore on est en plein délire, puisque selon lui "l'Antechrist prendrait la forme d’une personne qui répand “des rumeurs de guerres” et effraie les populations “pour que vous lui donniez le contrôle sur la science” et que parmi les figures qui agitent les peurs il pointe dans sa présentation "Greta [Thunberg]” ou encore “les altruistes anti-IA".
Eh oui on en est là. Ainsi vont les choses dans le meilleur des mondes possibles où se mêlent, paraît-il quatre espèces d'hommes ...
Pour oublier cela, je me réfugie dans la paix de ces formes douces, abstraites et colorées, un peu molles, ectoplasmiques. Leurs apparitions m'offrent un vague répit.
shared with art for fun friday -
lundi 26 janvier 2026
Mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe (21)
samedi 24 janvier 2026
Omission
Une représentation bourgeoise du travail artistique en somme.
La matérialité du théâtre, elle, reste abstraite. Peu de planches. Peu de corps. Une seule scène de répétition, chichement offerte. Puis arrive le moment où la femme de Shakespeare assiste à la première représentation d'Hamlet dont elle ne sait rien. Cela occupe les dernière vingt minutes du film. On y montre surtout le premier acte ou Hamlet rencontre le spectre de son père joué par Shakespeare. Puis le duel de l'acte V qui révèle la vérité et à l’issue duquel les principaux protagonistes de l’histoire meurent.
Le film est une production américaine. Cela s’entend. Malgré quelques belles scènes, le pathos déborde. La musique souligne, insiste là où il faudrait laisser respirer. C'est en outre une production d’un pays qui censure ses archives, réécrit l'histoire, et bannit des milliers de livres de ses bibliothèques. Une question s’insinue alors. Est-ce parce que les rôles féminins étaient à l’époque élisabethaine, tenus par des hommes qu’on ne les montre pas ? Cela pourrait-il offenser aujourd'hui les femmes que leurs rôles soient joués par des hommes ? Ou bien, si l'on l'on respectait strictement la réalité historique n'y aurait-il pas un risque à montrer — ce qui pourrait être préjudiciable à l'exploitation du film — des travestis à l'écran ? Dans ce pays puritain qui, en toute connaissance de cause, a pourtant porté au pouvoir un prédateur sexuel et pédophile notoire, la question du genre est devenue si politique, si inflammable, que la représentation historique elle-même semble devoir être effacée. Comme si l’on préférait l’omission au trouble et à la vraisemblance.
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