dimanche 24 septembre 2017

jeudi 21 septembre 2017

Future Forward (ou "comment le capital nous prend pour des cons")


Voilà,
il ne lui reste plus que les mots croisés les listes et les bagages de toute une vie. Les mots croisés sont des énigmes qu'elle a toujours aimé résoudre, et puis là ça lui permet d'oublier ce qui se passe. Elle montre sa misère, elle l'exhibe, et ce n'est pas dans sa nature, mais comment faire autrement pour se tenir loin de la honte. Lutins en sept lettres... Du levant au couchant... Soleil pharaonique en deux lettres... facile celui-là... fut mise à table... Argon pour le chimiste oui ça aussi bien sûr c'est simple "ar".. et grille après grille le monde extérieur s'efface dans le souvenir d'autres grilles...

(...)

Après c'est intéressant de savoir de quoi sont chargés les mots." Future forward" ça veut dire, le futur en attaquant, le futur en allant de l'avant. Il est sûr que notre petite dame n'a pas un grand ni joyeux futur devant elle. Mais dans le monde de la finance, Future et Forward, ont une tout autre signification : ils désignent des contrats de natures différentes, des produits, à  l’origine, créés pour se couvrir face à un risque de marché : risque de change, risque de taux d’intérêt, risque de variation de prix sur les matières premières, risque boursier. Les Forwards et les Futures sont également des produits utilisés pour spéculer. Ils permettent tous les deux d’acheter/vendre un actif à une date et à un prix prédéterminé. 
Toutefois, chaque contrat a ses spécificités. 
Les contrats Forwards sont des contrats de gré à gré entre deux entités. Il n’y a pas d’intermédiaire financiers entre les 2, le contrat est négocié directement. Les deux parties sont obligées d’aller au terme du contrat et de respecter leurs engagements. Ce type de contrat est essentiellement utilisé par les entreprises cherchant à se protéger d’un risque de marché. C’est le cas des entreprises ayant un accès à l’international. Prenons l’exemple d’une entreprise qui importe des matières premières pour son activité en France. Les matières premières sont côtées en Dollars (et l’entreprise devra donc payer en Dollar) et leur coût est donc directement lié au taux de change de l’EUR/USD. 
Admettons que l’entreprise anticipe une commande de matières premières dans 3 mois. Elle a alors deux choix possibles :
- Soit changer ses Euros en Dollars dans 3 mois sur ce qui s'appelle le marché spot (au comptant). Dans ce cas, l’entreprise fait face à un risque de change. Si l’Euro se déprécie face au Dollar sur le marché des changes (Forex pour foreign exchanges), les matières premières lui coûteront plus chères à importer. A l’inverse, si l’Euro s’apprécie face au Dollar, le coût des matières premières sera moins élevé.
- Soit changer ses Euros en Dollars dans 3 mois à un prix fixé à l’avance, pour un montant prédéfini en utilisant un contrat Forward. L’entreprise est alors couverte contre le risque de change sur l’EUR/USD. Le contrat Forward facilite la gestion de la trésorerie de l’entreprise. Elle sait par avance combien elle va débourser pour acquérir les matières premières. Les contrats Forwards offrent l’avantage d’être très flexibles. Les deux parties peuvent s’entendre sur un montant souhaité, sur la date le leur choix et il y a une négociation sur le prix. Les Forwards permettent donc de répondre avec exactitude aux besoins de l’entreprise. De plus, leur coût est réduit du fait qu’aucune commission n’est prise par un intermédiaire financier (comme c’est le cas sur les marchés organisés). En contrepartie, il y a un risque de défaut d’une des deux parties. En effet, les contrats Forwards ne sont pas garantis par une chambre de compensation. Mieux vaut faire un contrat avec un acteur solide financièrement surtout qu’il est impossible de sortir de l’opération avant l’échéance du Forward

Les contrats Futures sont des contrats passés sur les marchés organisés. Les contrats sont standardisés (échéance et montant fixes) et les acheteurs et vendeurs gardent l’anonymat. Contrairement aux contrats Forwards, des appels de marge sont réalisés quotidiennement par une chambre de compensation pendant toute la durée du contrat. Ces appels de marge sont fonction de l’évolution du spot (cours au comptant) par rapport au prix fixé sur le contrat Futures. Chaque jour, les gains/pertes sont donc encaissés/décaissés. Le risque de défaut de l’une des deux parties est donc quasi nul. A partir du moment où une partie ne peut pas répondre à un appel de marge, sa position est automatiquement coupée et le contrat rompu. 
Il faut savoir que sur les Futures, le contrat peut être rompu à tout moment par l’une des deux parties. Ce sont des produits financiers très liquides pour la plupart et il est donc possible d’acheter ou vendre à tout moment du contrat. La majorité des transactions sur les Futures sont à des fins spéculatives. Les futures vont très rarement jusqu’à l’échéance et la livraison du contrat n’arrive donc quasiment jamais. Les banques et les hedge funds utilisent essentiellement ce type de contrat sur les marchés financiers. Les Futures sont peu accessibles pour les particuliers du fait de la taille des contrats (Un contrat sur le DAX est par exemple compris entre 250 000 et 300 000€). Le courtier (broker) leader sur les Futures est Interactive brokers. Voilà, ce sont eux les trous-du-cul qui mènent le monde à sa ruine, eux ces mecs qu'il faudrait pendre par les couilles pour tous les ravages dont ils sont responsables. Ce sont en gros les connards qui nous baisent sans qu'on en tire aucun plaisir. 
Les futures ont des échéances fixes. Sur les indices par exemple, ces échéances sont Mars, Juin, Septembre, Décembre. L’arrivé à échéance de ces contrats est souvent annoncée comme un risque de forte hausse de la volatilité pendant la journée de clôture des contrats "futures" aussi appelée journées des 3 et 4 sorcières.
Notre petite dame, jetée à la rue, avec toute une vie qui tient dans ses sacs, elle n'a plus sa place dans ce monde, elle n'existe même pas pour tous ces spéculateurs. D'une certaine façon ceux qui vont acheter une paire de Nike non plus. Et ils ne se rendront même pas compte en enfilant leurs pompes le matin, que le Neolibéralisme s'offre aux yeux de tous une private joke à leurs dépens et se fout bien de leurs gueules en leur donnant l'illusion qu'il s'occupe de leurs pied. Par contre il est évident que le petit Pharaon, ancien banquier qui gouverne ce pays, connaît quant à lui parfaitement toutes les ficelles que je viens de décrire. Il vient de ce monde, il en est le valet. Derrière les mots et derrière cette affiche, il y a un message clair pour lui et ses semblables : "pendant qu'on vous fait acheter des pompes, on continue à vous faire marcher, car vous qui êtes bêtes comme vos pieds"  (Linked with the weekend in black and white)

mardi 19 septembre 2017

Un très mauvais rêve


Voilà, 
Je n'étais déjà plus tout à fait là. Mon corps gisait sur le chariot que poussait une jeune paysanne et je le contemplais de haut. Indifférent, je le laissais s'éloigner, s'enfoncer dans un couloir qui ressemblait aussi à une allée arborée. Peut-être au bout y trouverai-je une lumière une clarté un relief singulier qui donneraient une forme à ma délivrance, c'est du moins ce dont je voulais me persuader, sans pouvoir cependant me défaire d'une légère réticence, d'un doute à la fois vague et sournois. Il y avait encore des mots dans cet état résiduel où je me tenais ; des vers de Supervielle flottaient dans ce songe incertain : "Viens, sommeil, aide-moi / Tu saisiras pour moi / Ce que je n'ai pu prendre". Mais je craignais cependant la nature de ce sommeil. Il pourrait aussi bien ressembler à ces mares d'eau croupie et vaseuse qui semblent indéfiniment stagner. Quelque chose, un désir intense d'écouter encore une fois Otore No Nagane ni Sote, par l'orchestre de Koto de l'Ikuta School me dissuada soudain de m'attarder sur le chariot. L'idée que j'étais en train de me quitter m'était insupportable. Je me réveillai comme un qui vient de boire la tasse, le masque sur le visage n'avait pas bougé. La machine à côté du lit affichait un nombre élevé d'événements.

samedi 16 septembre 2017

Roger


Voilà,
hier, c'était l'anniversaire de Roger que je connais depuis plus de quarante ans. C'est un des êtres les plus drôles, les plus généreux et des plus attachants qui soit. Et un bon vivant qui met l'amitié au dessus de tout. Roger il adore rigoler, et son rire rend le monde plus léger. C'est un croisement de chinois et de bretonne, (son père avait été envoyé en France pour la guerre de 14-18 et puis avait choisi de rester en France la paix venue et avait à un moment travaillé sur les chaînes des usines Renault en même temps que Zhou En-Laï). Je l'ai rencontré quand j'étais encore adolescent par l'intermédiaire de la famille Tiry, parce que c'était un copain de régiment de Philippe. Autant dire que des verres des repas et des blagues on en a partagés depuis tout ce temps.  

vendredi 15 septembre 2017

Baigneuses


Voilà,
je me souviens, c'était sur la plage du Gosier, en Guadeloupe, en Février 2010, peu avant que le soleil ne se couche. Je me rappelle ces femmes trouvant l'eau un peu fraîche, alors que, pour moi qui séjournais pour la première fois sous ces tropiques, je n'avais jamais connu de bains si délicieux. J'ai aimé les voir passer toutes les  trois avec leur bébé, car, oui toutes me semblaient liées à lui. Je les trouvais si belles, chacune dans son genre, si accordées au paysage et à la douceur de ce jour déclinant que j'ai tenu à capter ce moment serein, paisible. Dans ces régions pourtant, la nature, quand vient la saison des ouragans, se révèle parfois d'une impitoyable cruelle et ravageuse violence. ( Linked with The week-end in black and white)

mardi 12 septembre 2017

Gluants fantômes


Voilà
"Procul recedant somnia et noctium phantasmata"
Qu'au loin s'enfuient les songes et les chimères de la nuit
chante l'hymne des complies de l'ancien bréviaire romain

lundi 11 septembre 2017

Bric-à-Brac


Voilà,
des mots échappent, et incidemment, bien qu'ils ne procèdent pas de cette volonté, ne visent pas cet objectif, ils assènent une vérité dont plusieurs fois on s'est détourné, à laquelle on ne voulait se résoudre, mais que l'on est bien contraint d'admettre. On s'en veut alors de son propre aveuglement, de cette pitoyable obstination à faire semblant de croire  - bien qu'on ait compris depuis longtemps que c'était là une absurdité - qu'on peut s'accommoder du mirage comme s'il était une réalité. On se rappelle d'autres moments, où l'on s'imaginait à une place que, sans pour autant le savoir, on ne tenait déjà plus ou que, pire même, on n'avait peut-être jamais tenue. Comme à Portobello Road, où je regardais les choses sans rien voir venir. Situations où l'on voudrait s'oublier tant on éprouve de honte à n'être que soi, rien que ce bric-à-brac de choses abandonnées.

vendredi 8 septembre 2017

Vérifier


Voilà,
le monde est sans cesse à vérifier. 
Est-ce parce qu'on n'y voit rien ? Qu'on croit donner forme et consistance à ce rien ? 
Veut on s'assurer que, malgré tout, dans ce rien, on est tout de même quelque chose ou quelqu'un ?
Faut voir, songeait l'enfant qui voulait n'y être pour personne.
(Linked with the weekend in black and white)

lundi 4 septembre 2017

Étude de Vert (autoportrait en poivron)


Voilà,
Ce rendu me plaît parce qu'il m'a semblé a posteriori (mais il est probable que cela soit qu'une illusion) que j'y apparaissais confusément en arrière plan, mon reflet noyé dans le feuillage, mais aussi en anamorphose sur la peau de ce luisant poivron posé devant la fenêtre de la cuisine. La lumière était belle et je voulais voir ce que cette forme et cette couleur donneraient sous cet éclairage. Ce n'est pas le genre de sujet que je traite habituellement. C'est une photo de vacances, prise à la sauvette autant par désœuvrement que par curiosité dans la maison de ma cousine pendant que tout le monde prenait l'apéritif sur la terrasse. J'étais content d'être arrivé là et d'y retrouver ma fille et sa mère, et aussi de la clarté dans les choses et les êtres après les quelques jours sombres qui avaient précédé.

vendredi 1 septembre 2017

Pédagogie de l'Attente


Voilà,
"L'espoir, cette très légère mais constante impulsion vers demain qui nous est communiquée de jour en jour, est le meilleur agent du maintien de l'ordre. On nous informe quotidiennement de problèmes à quoi nous ne pouvons rien, mais à quoi il y aura sûrement demain des solutions. Tout l'écrasant sentiment d'impuissance que cette organisation sociale cultive en chacun à perte de vue n'est qu'une immense pédagogie de l'attente. C'est une fuite du maintenant. Or il n'y a jamais eu, il n'y a et il n'y aura jamais que du maintenant. (...) Si nous sommes si enclins à fuir le maintenant, c'est qu'il est le lieu de la décision. Il est le lieu du "J'accepte" ou du "Je refuse". (...) Chacun voit bien que cette civilisation est comme un train qui va au gouffre et qui accélère. Plus il accélère, plus on entend les hourras hystérique du wagon-discothèque. Il faudrait tendre l'oreille pour déceler le silence tétanisé des esprit rationnels qui ne comprennent plus rien, celui des angoissés qui se rongent les ongles et l'accent de fausse sérénité dans les exclamations intermittentes de ceux qui jouent aux cartes, en attendant"  (in "Maintenant" Comité Invisible) Linked with the weekend in black and white)

mercredi 30 août 2017

Les Angoisses


Voilà,
chaque nuit, Stanislas Montils est dévoré par ses angoisses. Autrefois il se réfugiait dans le travail qu'il emportait chez lui. Un travail idiot d'ailleurs. Bilans comptables, feuilles de paie etc... Désormais cela même lui est devenu impossible. La fatigue l'aspire. Dans la cendre ardente de ses insomnies grésillent des rêves fauves. Il cherche son corps de femme dans les lambeaux d'un sommeil déchiré, il voudrait devenir Ida Lupino dans "Road House", Eiko Matsuda dans "L'Empire des sens" ou Audrey Hepburn dans "Breakfast at Tiffany's". Désormais il redoute les mois qui viennent. Il s'est fait licencier sans indemnités de son travail pour faute grave parce qu'un jour au lieu de lui envoyer un lien professionnel, il a, malencontreusement expédié à son responsable qui l'a très mal pris l'adresse d'un site porno qu'il avait coutume de consulter. "Vous qui êtes comptable vous devez savoir qu'il y a des erreurs qui se payent cash". Il était très content de sa trouvaille le gros con. Et il a ajouté "mais je vous remercie, le spectacle de ce transsexuel fermement busté s'ébattant avec un jeune latino très membré m'a ouvert des horizons insoupçonnés sur la complexité des rapports humains".