dimanche 28 novembre 2021

Sous-Lieutenant Josephine Baker

Voilà,
Boulevard de l'Hôpital, sur l'un des murs de la mairie du treizième arrondissement une sculpture réalisée par le plasticien C215, dont il a souvent été fait mention ici rend hommage à Joséphine Baker qui a marqué l’histoire de notre pays pendant près d’un demi-siècle. Le 30 Novembre, en reconnaissance de son parcours exceptionnel, elle sera inhumée au Panthéon. De cette femme, on ne connait, la plupart du temps que la carrière d’artiste de music-hall. Mais elle fut aussi très investie dans la résistance qu'elle servit comme agent du contre-espionnage. Elle s’est acquittée durant la guerre de missions importantes, et reste connue pour avoir utilisé ses partitions musicales pour dissimuler des messages. Lors de sa première mission à destination de Lisbonne, elle a, dit-on, caché dans son soutien-gorge un microfilm contenant une liste d’espions nazis, qu’elle put remettre à des agents britanniques. Engagée ensuite dans les forces féminines de l’Armée de l’air et nommée sous-lieutenant, elle a débarqué à Marseille en . C'est d'ailleurs à titre militaire, qu'elle fut décorée de la Légion d'Honneur, et c'est comme militaire, coiffée d'un calot qu'elle est ici représentée, plutôt qu'avec la ceinture de bananes qui l'a fait connaître à Paris durant les années folles.
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vendredi 26 novembre 2021

Cimetière des Longs-Réages

Voilà
il y a quelque temps, par une belle journée d'automne, je me suis rendu en compagnie de ma cousine, de passage à Paris, au cimetière de Meudon. Nous y avons bien sûr vu la tombe de Louis-Ferdinand Céline et de Lucette Almansor (c'était un peu le but de l'excursion). J'ai pris cette photo à travers les pavés en verre des toilettes du cimetière. Cherchant sur internet des renseignements au sujet de celui-ci, j'y ai découvert que Jacques Rouffio, le réalisateur de films y était aussi enterré, mais je n'ai pas trouvé sa tombe. J'ai tourné, en 1982, sous sa direction une brève séquence, où, en compagnie de Jean Reno, qui n'était pas encore la vedette qu'il est devenu, j'interprétais un nazillon qui agressait le personnage joué par Romy Schneider. Ce fut, son dernier rôle et son dernier film. Bien évidemment il ne faut y voir aucune relation de cause à effet. 
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mercredi 24 novembre 2021

L'Espagne en face (1993)


 
Voilà
Ces silhouettes, de longues heures assises face à la mer, songeuses, scrutant cet autre côté si proche et pourtant si difficile d'accès, chargé de tant d'illusions de rêves d'espérances, quelles pensées les traversaient donc ? Était-ce désir, désarroi ? Regret de ne pas avoir près de soi ses enfants partis là-bas ? Le souvenir d'y être allé autrefois ? Aujourd'hui c'est du pareil au même. Les corps ont changé mais pas les silhouettes... Et la détermination est plus grande encore pour fuir cet Ici qui rend l'Ailleurs si enviable. Jusqu'à risquer sa vie afin d'atteindre malgré tout ce rivage, celui-là ou un autre qu'importe, pourvu qu'il soit d'Europe....
(depuis les archives)

dimanche 21 novembre 2021

La Lionne

 
Voilà, 
tout près de chez moi, à quarante numéros de mon domicile, se trouve cette gigantesque lionne réalisée par Harry James en juin 2016 dans le cadre d'une manifestation intitulée "Les 14’Arts". Ce peintre a paraît-il conçu d'autres œuvres représentant des fauves, sur les murs de la ville. Tout à l'heure en passant devant, j'ai constaté qu'il recommençait à vraiment faire froid. J'étais en outre un peu maussade, car de nouveau, afin d'endiguer la recrudescence des cas de covid depuis cet automne, des mesures de restriction de
couvre-feu, rassemblements et déplacements limités, fermeture d’établissements
 déplacements et d'activités sont à l'ordre du jour dans certains pays d'Europe, dont l'Allemagne et les Pays-Bas. Et je me demandais si n'est pas en train de se construire sournoisement ces temps-ci, au motif de cette pandémie, une nouvelle forme de société fonctionnant sur un état d'urgence permanent, où tous les prétextes sont bons pour infantiliser les citoyens et multiplier les instances de contrôle.
Peut-être aussi avais-je été troublé, par ce coup de fil d'un ami qui, ayant jusqu'à présent refusé le vaccin, me demandait si je pouvais lui avoir une place gratuite au théâtre parce que chaque fois qu'il allait voir un spectacle il était obligé de payer un test PCR et que ça commençait à lui revenir cher. Mais dans le cours de la conversation, il m'expliqua que pour des raisons professionnelles il allait devoir être obligé de tout de même se faire vacciner, car il devait partir en tourner en Chine. L'absurdité de cette conversation a sans doute contribué à ce sentiment de lassitude qui m'accable depuis quelques jours. Mais bon, Francis dans un fort beau texte invite à la sagesse et au détachement. Je devrais m'en inspirer. Sinon, c'est de nouveau la saison des mandarines, et les guirlandes de Noël illuminent déjà les rues. 
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une forte augmentation du nombre de cas à l’automne a cependant conduit plusieurs pays à reprendre des mesures fortes pour l’endiguer.
une forte augmentation du nombre de cas à l’automne a cependant conduit plusieurs pays à reprendre des mesures fortes pour l’endiguer.
une forte augmentation du nombre de cas à l’automne a cependant conduit plusieurs pays à reprendre des mesures fortes pour l’endiguer.

mercredi 17 novembre 2021

Chat et miniatures


 
Voilà
cette photo je l'ai prise en Septembre 2011 à Alfortville alors que je me rendais chez mon amie Nadine Darmon. Un chat, des voitures miniatures et, sans qu'on s'y attende, c'est un morceau d'enfance qui surgit au détour d'une rue. Il me suivra jusqu'à la fin de mes jours, ce sentiment d'émerveillement, d'envie, de fascination lié aux miniatures, aux catalogues, aux boîtes dinky toys, ou Norev. J'ai sans doute été un élève plutôt brillant dans les premières années de ma scolarité, parce que cela me permettait souvent de monnayer, entre autres, ce genre de récompense. De plus en plus souvent, mes pensées refluent vers l'arrière-pays de mon enfance. J'éprouve un désintérêt croissant pour la réalité sociale, politique qui m'entoure. Je n'ai plus vraiment prise sur le cours des choses. Je me détache, en espérant toutefois ne pas rompre le fil ténu de mes réflexions. Je veux juste jouir de l'air du temps, m'enivrer de senteurs, d'images, de sensations, de musique. J'ai besoin de douceur. D'ici là, viendra peut-être un jour, ou j'éprouverai le besoin d'une présence à mes côtés, et que je réclamerai, comme lorsque j'étais minot, un chat pour pallier ma solitude.
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lundi 15 novembre 2021

De la belle ouvrage

Voilà,
Paris donne à voir des choses étonnantes, parfois. On n'est jamais déçu, à musarder comme je le fais. Comme quoi, mon pessimisme quasi ontologique n'est pas sans issue. Après tout quand on s'attend au pire, rien n'empêche qu'on ait de bonne surprises. Certes, c'est un peu obscène mais dans le genre, l'exposition, en devanture de la boutique d'un célèbre antiquaire, d'une grosse bite en albâtre, reproduisant à l'échelle une sculpture de l'île de Délos aujourd'hui tronquée, vaut mieux que les photos de sans-domicile qui gisent de plus en plus nombreux dans les rues de la capitale. C'est tout de même de la copie de statuaire classique. 
Du style "Grand Tour". 
Ah ! C'est le moment. Un peu de pédagogie s'impose pour atténuer la vigueur de cette image qui contrevient sûrement à la prude morale des réseaux sociaux.  
Apparue à la fin du XVIIème siècle en Allemagne sous le nom de Junkerfahrt (il arrivait même que pour l'occasion on s’enrôlât militairement afin de voyager),  la pratique du Grand Tour a été adaptée par les anglais en un voyage destiné à parachever la formation d'un "compleat gentleman" surtout dans le courant du XIXème siècle. Le Grand Tour constituait pour tout jeune homme de bonne famille souhaitant parfaire son instruction, un passage obligé. Il y achevait ainsi ses humanités ouvrant son esprit à d'autres cultures, surtout celles liées aux origines de la société occidentale. Cet itinéraire en quelque sorte initiatique n'offrait pas qu'une dimension intellectuelle, il attestait également l'accomplissement de l'éducation d'un homme — car bien entendu, ce privilège était exclusivement masculin — sa sortie de l'enfance et l'affirmation de sa virilité. 
En l'occurrence, le message est bien passé.  
Commençant par la France avec le classicisme de Poussin et du Lorrain et parfois par les peintres hollandais, ce circuit se poursuivait en Italie afin d'y contempler les maîtres du Cinquecento, Raphaël, Michel-Ange, Léonard de Vinci et toute la clique, mais surtout l'antiquité romaine avec Pompéi et Herculanum. Enfin, il s'achevait aux racines de la culture occidentale, c'est à dire la Grèce et ses vestiges. Ayant accompli ce périple on pouvait enfin prétendre appartenir à l'élite, comme Lord Byron par exemple.
On ramenait beaucoup de souvenirs de ces excusions : des "Vedute" – vues utilisant la perspective pour représenter des architectures urbaines, essentiellement italiennes, mais aussi des moulages, et parfois même des éléments de statuaire. 
Ça suffit. Voilà bien assez d'informations pour frimer en société ne me remerciez pas.
Revenons à cette photo. 
J'aime aussi beaucoup le reflet de la femme garée devant ce mégalithe finement ouvragé et dressé là comme une promesse. Qui sait si, fumant une clope dans sa voiture, elle n'est pas en train de converser au téléphone avec un homme foutrement bien membré qui pourrait égayer sa soirée.

dimanche 14 novembre 2021

Survivre

 
Voilà,
"L'homme en effet était un animal capable de faire n'importe quoi, mais également de s'habituer à n'importe quoi. Il ne pouvait se passer ni d'être sadique ni de se conduire en masochiste. Il tissait ses propres cauchemars, il en avait besoin. Il était son propre cancer, il en vivait comme il en mourrait. Et sans ce bourbier de contradictions et d'horreurs, sans doute n'aurait-il jamais pu survivre." (Jacques Sternberg in "188 contes à régler")
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lundi 8 novembre 2021

Drôle d'état


Voilà,
les algorithmes de la plateforme musicale à laquelle je suis abonné m'ont récemment proposé une playlist des années 80 au Brésil. Sans doute parce que — je ne vois pas d'autre raison — ces derniers temps j'ai cherché à réécouter des morceaux de Baby Consuelo et Rita Lee, ou le groupe Blitz que j'aimais bien à cette époque où j'étais enclin à la futilité. C'est amusant de découvrir des compositions tropicales que j'ignorais, inspirées à la fois de B52's, et de Dire Straits, ou des lignes de basse de Cure et ou de Joy Division. Mais bon il se passait la même chose partout, je veux dire l'imitation de ce qui apparaissait dans les pays anglo-saxons.
A part ça, je continue avec mes photos de peintures murales dans le quartier de la butte aux cailles.
Sinon cela fait 12 ans que je tiens ce blog, et ma fille a vingt ans. 
Je me sens dans un drôle d'état. Sans doute ai-je un peu trop bu ce soir. Mon camarade Stefan, de passage à Paris, car sa galerie zürichoise est représentée au salon Paris-Photo, est passé voir le spectacle, on a bu ensuite une bière Place Clichy au Wepler, et puis on a marché ; passant plus tard devant le Harry's bar, rue Daunou, on s'est envoyés un "Manhattan" en souvenir d'Hemingway. Après avoir franchi la Seine, on s'est ensuite arrêtés vers St Germain-des-prés, pour manger dans un restau où au passage on a vidé une bouteille de Sancerre rouge à deux, et puis on s'est finis au Buci où l'on a bu de l'Armagnac. Je suis ensuite rentré à pied, légèrement éméché, et voilà, c'est déjà lundi.
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vendredi 5 novembre 2021

Sculptures


Voilà,
au 137 de la rue de Sèvres, l'allée qui mène à la Fondation Dubuffet est bordée de charmantes maisons, en plus ou moins bon état. L'une d'entre elle, assez peu entretenue, en tout cas plutôt vétuste, semble veillée par cette modeste statue, contrastant singulièrement avec celle qui se trouve au fond de l'allée .


Tout comme la Tour aux Figures, celle-ci appartient vraisemblablement au cycle de l'Hourloupe, né de griffonnages effectués lors de conversations téléphoniques : des dessins de caractère automatique, tracés au stylo à bille sous forme de rayures rouges et bleues, couleurs qui seront dominantes durant tout le cycle. Les formes cellulaires laissent émerger de lointaines évocations anthropomorphes et l'écriture devient plus abstraite, une « sorte d'algèbre mentale unificatrice qui tend à représenter tous les faits du monde – objets, lieux et figures – dans une écriture uniforme ». À partir de 1966, le style de L'Hourloupe s'étend à la sculpture et à l'architecture grâce à la découverte d'un nouveau matériau : le polystyrène expansé, dans lequel est précisément moulée cette sculpture.

vendredi 29 octobre 2021

Impasse Florimont


Voilà,
c'est au fond de cette impasse que se trouvait je crois la maison de la Jeanne, que Georges Brassens a chantée, et chez qui il a habité une longue période. Ensuite, il a vécu dans le quinzième, Villa Santos Dumont, mais je ne sais plus exactement à quel numéro.  
Brassens qui nous a quitté voici quarante ans, le 30 Octobre. 
 
Ça me revient 
Le journal Libération avait titré "Brassens casse sa pipe" au lendemain de sa mort
 
Ça me revient
Agnès lorsque je l'ai connue avait chez elle l'album où se trouve le morceau "Mourir pour des idées"

Ça me revient 
pour mon quarantième anniversaire mes amis s'étaient cotisés pour m'offrir un coffret de l'intégrale de Brassens
 
Ça me revient
lorsque Constance était petite, je lui chantais le soir des chansons de Brassens que j'avais apprises par cœur, et ce furent parmi les plus beaux moments de ma vie. Je me souviens qu'elle aimait bien "la chasse aux papillons", mais elle ne s'en rappelle plus.
 
Ça me revient
en octobre 2001, pour le vingtième anniversaire de sa disparition, une émission lui avait été consacrée que nous avions regardée, Christelle et moi. Christelle était dans les dernières semaines de sa grossesse, et ne bougeait plus beaucoup. Des vedettes de l'époque reprenaient des morceaux de lui. Nous avions eu un fou-rire devant la ridicule interprétation de "Gare au gorille", par Francis Cabrel
 
Ça me revient
l'interprétation si délicate sur un rythme de bossa nova de "L'eau de la claire fontaine" par Maxime Leforestier, qui est le seul à savoir chanter correctement Brassens  

Ça me revient
il y avait dans la maison de mes géniteurs le premier disque de Brassens, celui où il y a ce qui tout de même était assez paradoxal, chez des gens aussi militaristes. Je l'écoutais parfois tout seul, et le poème de Paul Fort, l'histoire du petit cheval dans le mauvais temps, me faisait pleurer. Je crois que c'est lui, la sculpture du parc Georges Brassens
 
 


Ça me revient
un jour mon copain Didier fit une remarque un peu stupide au sujet de Brassens, et de son usage des vieux mots et je fus fort attristé qu'il n'appréciât pas la subtilité de ses chansons.
 
Ça me revient
quand nous étions allés jouer à Béziers, "L'Argent" de Serge Valletti un jour, nous sommes allés avec Jean Alibert et Lionel Astier voir sa tombe au cimetière de la plage de Sète (subtitled in english)
 
Ça me revient
la réflexion de mon géniteur qui s'exclama en le voyant chanter "Les passantes" à la télévision, "il ne va pas très fort Brassens"
 
Ça me revient 
une émission où l'on voit Trénet et Brassens ensemble. Je l'ai retrouvée, brassens y chante "le grand café" que j'adore et que je connaissais aussi par cœur il y a une quinzaine d'années
 
Ça me revient 
lors de ses concerts, chaque fois qu'il chantait "mort aux vaches, mort aux lois vive l'anarchie" dans la chanson Hécatombe, il y avait toujours des gens pour applaudir

Ça me revient
que dans une interview il confessait son penchant pour les chansons de carabins et de corps de garde
 
Ça me revient, mais il y a tant de choses qui m'échappent

jeudi 28 octobre 2021

Le siège du journal "Le Monde"

Voilà,
le nouveau siège du groupe "Le Monde", le cinquième au cours de ses soixante-quinze années d’existence, se situe au 67, avenue Pierre-Mendès-France, dans le 13e arrondissement de Paris, à l'entrée du quartier Paris Rive gauche, dont la totale rénovation au cours des vingt dernières années, a commencé avec l'édification de la bibliothèque François Mitterrand, constituant ainsi la plus grande opération d'urbanisme menée dans la capitale depuis la fin des années soixante dix et ce qui s'est alors appelé le Front de Seine et son ensemble de tours.
Voisin immédiat de la gare d’Austerlitz, actuellement en pleine rénovation mais aussi du Jardin des plantes et du Muséum national d’histoire naturelle, le nouveau siège du "grand journal de référence" français se situe à la jonction de ce nouveau quartier et du Paris historique au début d'un axe qui mène à l'Avenue de France, et se termine sur les boulevards extérieurs avec les tours duo de Jean Nouvel.
Imaginé par Kjethil Thorsen et l’agence norvégienne d’architecture Snohetta le bâtiment repose sur deux piles reliées entre elles à partir du deuxième étage  par un ouvrage métallique de franchissement formant une voûte au-dessus d’un parvis. Haut de sept étages, l'immeuble se caractérise par une façade composée d'environ 20 000 panneaux de verres de niveaux de transparence différents qui jouent avec les variations de la lumière du jour

mercredi 27 octobre 2021

Mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe (6)

 
Voilà,
ça me revient,
à un moment, j'ai cessé de réaliser des collages à la main, avec de la colle et du papier. Il me semble — mais je n'en suis pas tout à fait certain — que celui-ci fut le premier que j'ai conçu avec photoshop. Je l'avais intitulé "Les guetteurs". J'ai ensuite décliné plusieurs autres tentatives sous ce titre générique  
 
ça me revient
lorsque j'attendais le bus avec Cathy Farge pour aller à l'école de Biscarrosse-Plage je dessinais des profil du général de Gaulle sur le béton du poteau télégraphique. Je me rappelle aussi qu'il y avait dans notre classe un grand gars un peu lunaire et drôle qui s'appelait Kader
 
ça me revient
un jour le reporter journaliste, critique de cinéma et écrivain François Chalais, aisément identifiable à sa voix très particulière, nasale et d'une nonchalance un peu désabusée a collé un  gros bourre-pif au plumitif Jean-Edern Hallier qui l'avait bien mérité  en tenant des propos insultants. J'aimais bien François Chalais, qui était un baroudeur. Il a été viré de la télé simplement pour avoir informé de l'existence du manifeste des 121 encourageant l'insoumission en Algérie, bien qu'il fût sûrement contre. Il a aussi la particularité d'avoir interviewé le premier ministre du Nord Vietnam en 1968 ainsi qu'un pilote détenu par les nord-vietnamiens qui n'était autre que John Mc Cain, le futur sénateur américain et candidat conservateur aux élections de 2008
 
ça me revient 
à l’époque des attentats — que ce soit celui de Charlie ou ensuite ceux de novembre 2015 — tout le monde s’était promis que, après il faudrait beaucoup s’aimer. Pendant le confinement on applaudissait les infirmières tous ceux qui se dévouaient au jour le jour pour nous sauver. Plus rien ne serait comme avant, disait-on. C’est dans la nature des événements exceptionnels de susciter ce genre de réaction à la con, ce sentimentalisme bien niais, suintant la bonne conscience et collant comme de la barbe à papa. Les bonnes résolutions de début d’année m’ont toujours fait gerber, tout comme les déclarations péremptoires, les promesses politiques rarement suivie d’effets, les grands projets qu’aucune logistique ne soutient. Mais il y a des gens assez crétins pour y croire encore. Quand on se souvient que le slogan de Mitterrand il y a 40 ans était  "changer la vie", rien de moins. On a vu le résultat.
 
ça me revient
Boutet c’était le nom du poissonnier de Biscarrosse-Plage quand nous y sommes arrivés. Son fils avec lequel j'avais fait une ma première excursion vers Maguide s'appelait peut-être Jean-Marc
 
ça me revient 
une fois, quand j'avais quinze seize ans j’ai suivi pendant un petit moment la fille d’un colonel de l’École Polytechnique dans les rues du quartier latin. J’étais assez timide et en fait je n’ai jamais engagé la conversation avec elle.
 
ça me revient, un soir j'ai vu Copi lire sa pièce "les escaliers de la Butte" au théâtre de la Bastille, et c'était réjouissant
 
ça me revient
dans la seconde moitié des années soixante Jean-Sebastien Bach a inspiré deux tubes planétaires : A wither shade of pale de Procol Harum et Bourrée de Jethro Tull

ça me revient 
l’opulente et sûrement pour elle encombrante poitrine de la jeune secrétaire médicale dont la carnation suggérait qu’elle était métisse, et l'intriguant prénom « Stiffanie » sur le badge permettant de l’identifier. J'avais alors aussitôt imaginé un scénario : le père immigré, ne parle ni ne comprend bien le français. Voulant, pendant que sa femme est encore à la maternité, enregistrer sa fille sous le nom de Stéphanie, il ne peut toutefois prononcer correctement ce nom, encore moins l'épeler. L’employé de mairie malveillant, retranscrit ce qu’il entend à l'état civil, y prenant peut-être même un malin plaisir. Cela lui fera une bonne histoire à raconter le soir en famille.. J’avais aussi imaginé les cours de récréation et les moqueries endurées par la petite fille qu'elle avait été.
 
Ça me revient 
la première fois où j'ai vu "Amarcord", le film de Fellini, c'était un dimanche après midi en famille avec Philippe Dominique et Agnès au cinéma situé peu avant la station de métro Montparnasse en haut de la rue de Rennes qui abrite maintenant un magasin de fringues
 
ça me revient,
en première, notre professeur d'anglais était un jeune américain très sympa, vraiment cool, de quelques années à peine notre aîné. C'est lui qui m'a fait découvrir "Le plaisir du texte" de Roland Barthes, ainsi qu'un essai en anglais, pas si facile que ça à comprendre de Susan Sonntag (dont j'ai découvert il y a peu la tombe au cimetière Montparnasse) : Notes on "camp"

ça me revient, 
une photo prise en mai 2014 avec un Iphone et non avec le petit appareil que j'aimais beaucoup, un fuji au boîtier métallique, que j'avais acheté en février 2009, juste avant de partir en Guadeloupe, et qui venait de cesser de fonctionner peu de temps auparavant à la fin de ma visite à l'exposition "Les Archives du Rêve" conçue par Werner Spiess à l'Orangerie des Tuileries. S. m'accompagnait et quelques jours après, pour mon anniversaire, elle m'a offert le magnifique catalogue de l'expo avec une jolie dédicace.
 
ça me revient 
pendant les vacances du  premier Noël passé dans l'appartement de l'école polytechnique en 1970, j'ai beaucoup écouté Strawberry fields forever. La pièce sentait très fort la peinture car elle venait tout juste d'être repeinte.
 
ça me revient 
le 12 le 13 ou le 14 janvier 2010, au Havre, lors d'une des premières représentations de la pièce de Benjamin Charlery, Nadine juste avant de rentrer en scène m'a récité par cœur un extrait de "Vivre" de Milena  Jesenskà. J'avais alors beaucoup de chagrin, mais heureusement, il y avait Nadine et Albert Delpy avec lesquels c'était bon de rigoler. 
 
 ça me revient, mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe... 

dimanche 24 octobre 2021

Butte-aux-Cailles, suite, et autres errements

 
Voilà,
comme promis il y a quelques semaines, je propose d'autres images glanées dans le charmant quartier de la Buttes-aux-Cailles. Au 18, rue Bluot, mon regard a été attiré par cette peinture vraisemblablement réalisée par Seth, dont j'ai déjà relayé des réalisations ici et
On peut considérer ces images comme étant d'une période historique révolue car ce jour là Hubert Germain était encore vivant. Il est mort à l’âge de 101 ans, une semaine plus tard. C'était le dernier des "Compagnons de la Libération", un ordre créé le par le général de Gaulle en tant que "chef des Français libres". Le titre de compagnon de la Libération a été décerné pour récompenser les personnes, les unités militaires et les collectivités civiles se signalant dans l'œuvre de libération de la France et de son empire, quand elle avait encore un empire.
Seules 1038 personnes, dont 271 à titre posthume, ainsi que cinq communes, (Paris, Île-de-Sein, Nantes, Grenoble et Vassieux-en-Vercors) mais aussi dix-huit unités combattantes dont deux bâtiments de guerre comptaient au nombre des compagnons de la Libération lors de la signature du décret de forclusion de cet ordre,  le
En tant que dernier de ses représentants, Hubert Germain devrait être inhumé au Mont-Valérien où tant de résistants ont été fusillés par les nazis. L’avant-dernier, Daniel Cordier, devenu un célèbre galeriste et marchand d'art, quant à lui ne souhaitait absolument pas y reposer. Les choses sont bien faites, parfois. C'est étrange tout de même de réaliser qu'il n'existe plus beaucoup de gens qui se sont battus et ont résisté contre l'envahisseur hitlérien, pour libérer ce pays devenu à bien des égards si affligeant qu'il n'y a plus grand chose à en attendre. Malraux, auteur souvent considéré de nos jours avec dédain écrivit dans "Les chênes qu'on abat" ce propos qu'il prête me semble-t-il à De Gaulle "Les Français ont été sublimes, ils ne le savaient pas, ils sont redevenus médiocres, ils ne le croient pas". De surcroît, ce peuple aujourd'hui se délecte avec arrogance quasi obscène de sa propre stupidité riche d'une prodigieuse variété de nuances.
Ce jour là, donc, celui où j'ai pris les photos, furent aussi divulgués les résultats d'une enquête menée par un consortium international de journalistes d'investigation, reposant sur la fuite de 12M de documents, les "Pandora Papers" qui révèlent le coût de la fraude fiscale mondiale : une estimation de près de 11 300 000 000 000 $, volés aux impôts, bien à l'abri dans les paradis fiscaux. Plus de 300 responsables publics du monde entier, dont 35 chefs d’État (anciens ou actuels) et 130 milliardaires, constituent les auteurs de ce sournois et silencieux braquage. 
Comme par hasard on ne parlait pas de ça dans la presse française, mais de la mort d'un ancien chef d'entreprise, figure très en vogue dans les années 80 qui fut un escroc notoire, mais cependant bien modeste au regard de tous ceux qui depuis, se sont enrichis en toute impunité

vendredi 22 octobre 2021

"À cinquante ans, si tu n'as pas de Rolex..."

Voilà,
il y a quelques années, le publiciste Jacques Séguela, proclama dans un interview que "si à cinquante ans tu n'avais pas une rolex, tu avais raté ta vie". J'ai donc raté la mienne.  C'est le même qui avait conçu pour François Mitterrand lors de la campagne électorale de 1981, cette affiche devenue célèbre vantant la force tranquille. L'affiche, bien que destinée à promouvoir un candidat socialiste, s'inspirait de l'iconographie pétainiste enracinant le futur président  dans la France profonde et rurale, pour qu'il apparaisse comme le rassembleur de tous les français
 
 
"Je hais ces mensonges qui vous ont fait tant de mal, la terre, elle ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la patrie elle-même" avait déclaré Pétain le 25 juin 1940, "Elle", s'opposant probablement à ceux qui mentent : politiciens de la IIIe République, intellectuels dégénérés et bientôt les Juifs. 
Comme l'Histoire est parfois une farce, on rappellera que ce discours — celui de la reddition — avait été écrit par l'un d'eux : Emmanuel Berl. Et comme on admet aussi que l'histoire bégaye — en l'occurrence elle bafouille plutôt —, rappelons qu'aujourd'hui une grande partie de l'extrême-droite et de la droite bourgeoise et conservatrice, n'a d'yeux que pour un polémiste de télévision dont la presse capitaliste et les média main-stream ont fait leur nouvelle idole en propageant ses idées nauséeuses à l'indiscutable relent vichyste. L'individu vante même le bilan du vieux maréchal, arguant, au mépris de toutes les études historiques à ce sujet, qu'il a protégé les juifs français alors que lui, avec sa gueule et son patronyme il aurait sûrement été un des premiers à être raflé et déporté. 
Les gauchistes révolutionnaires de mai 68 scandaient dans les rues "Nous sommes tous des juifs allemands" pour soutenir leur leader Daniel Cohn Bendit, qui, au fil de sa vie, s'est peu a peu droitisé jusqu'à devenir un soutien de Macron. Peut-être que les néo-fascistes d'aujourd'hui qui comptent apporter leurs suffrages à l'homoncule qui, dit-on se rêve un destin national, gueuleront "nous sommes tous des juifs sépharades". Ça serait plutôt cocasse. Quoi qu'il en soit, l'étalage de toute cette connerie au grand jour, a de quoi consterner. Mais ce pays où la bêtise se répand aussi vite que la misère, n'en est pas à une incohérence près. L'indigence intellectuelle qui caractérise ses élites, l'inculture de la plupart des journalistes, la complaisance de ces derniers et leur asservissement à l'égard des puissances de l'argent, a quelque chose de consternant. Heureusement  que "Le canard enchaîné", exception notoire dans la presse française, nous rappelle de quoi Zemmour se fait l'écho. Doriot, de sinistre mémoire, transfuge du Parti communiste, qui devint fasciste et collabo et bien sûr antisémite, a lui aussi écrit un "Destin Français".


 
Souhaitons à notre infatigable prêcheur du "grand remplacement", qu'il ne connaisse pas la même fin que son prédécesseur. Il serait dommage pour lui que "l'Histoire se venge" vraiment. Quoique... Si un suprémaciste blanc, furieux de voir ses idées xénophobes représentées par un "métèque", s'en prenait à lui, ça serait plutôt tordant et même, comme l'a une fois écrit Proust tout à fait "épastrouillant". 
On peut divaguer bien sûr. 
D'ailleurs je ne m'en prive pas comme en témoignent ces lignes. De plus en plus souvent — mais je ne postule pas à de hautes responsabilités —, je m'abandonne à l'association libre, au coq à l'âne, à la digression, aux errements. J'espère que ce n'est pas une séquelle du covid. Selon un article de Futura science, SARS-CoV-2 a "un effet direct sur le fonctionnement du cerveau. À partir de son propre matériel génétique, il fait fabriquer des ciseaux moléculaires par les cellules endothéliales qu'il infecte, transformant les vaisseaux sanguins en vaisseaux "fantômes", (qui n'ont rien de wagnérien). Les conséquences majeures de cette mort cellulaire sur l'irrigation du cerveau pourraient prédisposer certaines personnes ayant contracté la maladie à développer des troubles cognitifs, neuro-dégénératifs, voire des démences". Comme en ce moment, je suis confronté à des symptômes nouveaux qui me déconcertent, je ne sais s’il faut les mettre sur le compte de l’hypocondrie cette névrose qui ne m’appartient pas, ou bien si ils sont vraiment significatifs d’autre chose de bien réel. Alors j'attends de voir comment ça évolue, tout en me demandant si je n'ai pas tort d'agir ainsi.
Bon. Comme disait Roger, tant que j'arrive encore à pisser tout seul...

jeudi 21 octobre 2021

Tour aux Figures


Voilà,
le parc de l'île St Germain, abrite la tour aux figures de Jean Dubuffet. Avant de devenir l’édifice monumental dans lequel il est aussi possible de pénétrer, la Tour aux figures fut d’abord une maquette en polystyrène expansée conçue en 1967 dans le cadre du cycle d’œuvres intitulé  L’Hourloupe.
En 1968, à l'occasion de l’exposition « Édifices, projets et maquettes d’architecture » au musée des Arts décoratifs l’œuvre est présentée dans l’ouvrage Édifices, consacré aux projets d’œuvres monumentales de Jean Dubuffet. Quinze ans plus tard, en 1983 l’artiste la choisit pour la honorer la première commande publique initiée par le ministre de la culture Jack Lang, faite par l’État français d’une œuvre à bâtir à Paris. Plusieurs sites  (place d’Italie, parc de la Villette, parc de Saint-Cloud) sont envisagés, puis abandonnés en raison de polémiques et de protestations de riverains. Cependant quelques collectivités locales se portent volontaires pour accueillir la sculpture. La proposition d’André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux suscite l'intérêt de Jean Dubuffet qui visite l’Île Saint-Germain en janvier 1985, peu de temps avant son décès. A cette occasion, il recommande que la tour soit édifiée sur la petite butte où elle se dresse aujourd’hui. Il meurt en mai, et c'est donc la Fondation Jean Dubuffet, créée par l'artiste en 1974, qui assure la continuité du projet et appuie le Centre National des Arts Plastiques lors de la réalisation qui commence en 1986 par la structure intérieure en béton. La structure extérieure, la peau en résine époxy peinte, est confiée à Richard Dhoedt, l'un des anciens de son atelier, que Dubuffet avait accrédité pour ce projet avant de mourir. Malgré le décès de l’artiste, qui ne verra jamais son œuvre édifiée la Tour aux figures existe telle qu’il l’a souhaitée.
(sources wikipedia)

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