samedi 18 mai 2019

Canard et parapluie


Voilà,
c'était une grosse pluie à la fin du mois de mai, l'année dernière, et bien à l'abri sous un auvent, j'avais réalisé cette image. Un an déjà, je réalise que pas grand chose de nouveau n'est arrivé dans ma vie, à part mes visites de plus en plus fréquentes au cabinet dentaire dont je me passerais volontiers. Pas grand chose d'intéressant de surprenant et de positif en tout cas. Une année blanche en quelque sorte. Ma vie n'est pas très exaltante et il m'est de plus en plus difficile de gérer mes propres contradictions. Mon ami Pascal, toujours en vadrouille à l'étranger dans des coins dangereux me manque. Vieillir en étant perpétuellement sur la brèche, et toujours plus ou moins dans la précarité me fatigue de plus en plus, et même m'accable parfois. La plupart du temps, ce que je vois ce que j'entends me consterne, les nouvelles du monde m'affligent. J'essaie de faire l'autruche, en écoutant de la musique classique lorsque je suis chez moi mais la condition de l'homme moderne, est de ne pouvoir échapper à la rumeur du monde. Et puis hier, ma fille m'annonce comme ça entre le Hoummous et une sorte tartare d'agneau libanais appelé kébé Nayé que je n'avais jamais mangé auparavant qu'elle a un copain avec lequel elle va passer une semaine dans la région de Montpellier en juillet. Je n'ai pas posé de question. J'ai pris l'information. Aujourd'hui je n'arrive pas trop à me concentrer sur les choses que j'ai à faire. Les cheveux blancs vont désormais vite venir, je sens. Mais bon, après tout j'ai moi aussi eu dix sept ans, et je n'étais alors pas aussi pertinent qu'elle ne l'est.

jeudi 16 mai 2019

Mur, Tour, Nuages et la question du nom


Voilà,
en même temps que son regard avait été attiré par le ciel il avait soudain réalisé qu'il n'avait aucun souvenir que son père l'eût appelé par son prénom. Pourtant sa mémoire de façon générale, lui faisait rarement défaut. Il se sentait même souvent encombré par toutes sortes de réminiscences. S'il se souvenait avoir souvent été appelé "fils" ou "fiston", il ne parvenait aucunement à se remémorer le vieux prononçant son prénom. Cela ne pouvait être objectivement ni vrai ni possible, mais pourtant cela lui paraissait tout à fait vraisemblable. Si cela avait été bel et bien le cas, hypothèse qu'il s'efforçait de considérer comme absurde, Grégoire Ganson  — surnommé durant toute son enfance Gégé par ses copains et même ses profs (de cela par contre il se souvenait parfaitement) —  ne pouvait imaginer qu'il fût en plus, capable d'un tel refoulement. Et puis pourquoi ces pensées l'avaient-elles traversé à un moment aussi insignifiant, si tard dans son existence et dans un un endroit si dénué de grâce ? (linked with skywatch friday)

mercredi 15 mai 2019

De quelques Anciens


Voilà,
"Archaos de Milet maître de Socrate croyait que les tremblements de terre étaient dus à une explosion de vent comprimé sous terre. Démocrite y voyait pour sa part des flux d'eaux souterraines. Anaxagore de Clazomènes imaginait le ciel comme une voûte de pierres emboîtées sujette à des affaissements et à des écoulements. Puis il rejeta les verbes "naître" et "mourir" pour les remplacer par "se composer" et "se séparer". Puis il appela le blanc de l'œuf "lait d'oiseau". Diogène d'Appolinia a dit que le soleil était comme une pierre ponce et que les rayons de l'éther s'y fixaient. Leucippe affirma que la terre était un tambour. Pour Démocrite elle avait au contraire la forme d'un disque concave en son milieu. Posidinius et Denys conclure que la terre était en forme de fronde. Aujourd'hui nous savons qu'ils se trompaient alors qu'ils scrutaient le monde de tous leurs sens, le méditaient en entier et habitaient la nature. Ils avaient en leur possession tous les éléments du savoir de l'époque, Ils connaissaient les étoiles aussi bien que les visages de leurs proches, ils annonçaient des éclipses et des comètes, à l'écoute de l'univers, dans l'intention de le prévoir. Nous, nous sommes installés dans les chambres protégées contre la nuit, la Terre et l'espace libre. Nous nous occupons de fragments de plus en plus minuscules. Nous sommes des gnomes face a leurs pensées imprécises, mais profondes, fruits de nuits entières passées sur des terrasses de toit, à discuter d'infini" Erri de Luca in "Alzaïa"

mardi 14 mai 2019

Prendre la pose


Voilà,
quoiqu'on ait à vivre, un jour c'est derrière nous. Je me souviens de ces deux japonaises qui avaient passé beaucoup de temps à se photographier au mirador del Palau devant le musée national d'art de la Catalogne. C'était début janvier 2018, il faisait très doux. L'année ne pouvait mieux commencer. Nous rentrions doucement après avoir passé la journée à Monjuich et visité le musée Miro et en redescendant vers la place d'Espagne nous nous étions arrêtés pour profiter du panorama. Il nous fallait repartir le soir même. J'étais un peu triste de devoir si tôt quitter cette ville qui m'avait tant ébloui dans la lumière de l'hiver. Ces deux filles m'avaient intrigué. J'essayais d'imaginer leur vie. J'enviais leur jeunesse, leur apparente insouciance. Je ne réalisais pas comme l'existence m'était relativement facile alors, en dépit de quelques signes avant-coureurs auxquels je ne voulais pas trop accorder d'attention. 

lundi 13 mai 2019

Cette vieille terreur qui vient de si loin


Voilà,
ces images longtemps mises de côté, faites il y a plusieurs années, comme celle-ci, celle-là ou cette autre, je crains parfois qu'elles puissent choquer, ou déranger. Je tente alors d'en atténuer l'impact en créant un effet de distance par l'association d'un texte drôle ou vaguement poétique. Là, je n'y parviens pas. C'est juste une image de l'effroi. De ce qui me hante depuis si longtemps.

dimanche 12 mai 2019

J'aime / je n'aime pas (6)


Voilà
je n'aime pas que mes poils de barbe poussent plus d'un côté que de l'autre
j'aime détacher les tiges séchées des géraniums, ramasser les feuilles mortes
je n'aime pas les détartrages dentaires
j'aime l'album de Larry Young "Unicity" enregistré en 1965  si en avance sur son temps
je n'aime pas qu'on fasse claquer les portes
j'aime le son de l'orgue électrique Hammond
je n'aime pas l'équipe d'Angleterre de Rugby et je me réjouis toujours de sa défaite quel que soit son adversaire
j'aime par contre beaucoup les humoristes anglais
je n'aime pas les gens qui montent dans le métro et restent près de la porte sans se soucier des suivants
j'aime particulièrement le mois de février lorsqu'il est ensoleillé
je n'aime pas les gens qui portent des sacs à dos et ne se rendent pas comptent que parfois ils te heurtent avec
j'aime les poireaux vinaigrette
je n'aime pas les injonctions visuelles et sonores qu'on subit en permanence dans le métro parisien
j'aime découvrir un compositeur ou un musicien que je ne connaissais pas
je n'aime pas que les gens roulent en trottinette sur les trottoirs
j'aime le fait d'être encore capable de me faire un bon petit plat même si je suis seul
je n'aime pas la suffisance, l'arrogance le timbre de voix et les intonations de notre président de la République
j'aime les pâtisseries japonaises à base de haricots
je n'aime pas ce tic de langage apparu il y a quelques années  qui consiste à prononcer "merki" au lieu de merci
j'aime cette photo qui me rappelle un heureux souvenir

samedi 11 mai 2019

Karl et Coco

"I did pretty well, didn't I?"
Voilà, 
dans le troisième arrondissement, rue vieille du temple à l'angle de je ne sais plus quelle autre rue, je suis, par hasard, tombé, il y a quelques semaines, sur ce charmant collage mural représentant Karl Lagerfeld assis sur un petit nuage à côté de Coco Chanel. Il m'a semblé que ce graphisme délicieusement rétro honorait avec délicatesse la mémoire du couturier récemment disparu. Sur le moment cette œuvre signée Soledad m'a rappelé ces dessins de Jacques Faizant dans les éditions de Paris Match des années soixante, qu'on regardait distraitement dans les salles d'attentes de médecins, de coiffeurs, de dentistes. Cette époque, où Coco Chanel dirigeait encore sa maison était elle alors vraiment plus légère, ou bien le souvenir a-t-il la vertu d'adoucir le passé au fur et à mesure des années ? Sans doute y avait il autant de gravité et d'inquiétude (c'était la guerre froide, le Vietnam, la révolution culturelle en Chine, les convulsions des indépendances africaines) mais sans doute aussi un plus grand espoir dans le monde futur. On croyait encore au pouvoir des sciences et de la technologie, on avait le goût de la conquête et des défis : la Lune était une nouvelle frontière et pour la première fois l'homme allait poser un pied sur un autre astre que le sien. Les révolutionnaires espéraient des lendemains qui chantent. Aujourd'hui ceux que l'on considérait en France comme des fauteurs de trouble susceptibles de renverser le pouvoir, sont des soutiens actifs du néolibéralisme. Les idées de gauche sont devenues aussi obsolètes que le microsillon ou les radiocassettes. C'était il y a cinquante ans. Ah oui quand même... (Linked with monday murals)

vendredi 10 mai 2019

Anamorphoses


Voilà,
une femme entre deux âges s'extasie sur ses plantes de balcon. Un homme jeune écoute en mangeant des œufs brouillés à un horaire tout à fait inadéquat la leçon des ténèbres de Michel Lambert. Un homme paisible se plonge dans la lecture d'un livre de Siménon. Une étudiante rassemble son linge sale pour se rendre à la laverie automatique. Un adolescent se branle en silence dans sa chambre. Un type grincheux s'aperçoit qu'il n'a pas les vis de bon calibre pour le bricolage qu'il souhaitait entreprendre. Une post-doctorante en équilibre sur son escabeau s'efforce de nettoyer ses fenêtres. Un chômeur à la mémoire déficiente se demande si la date pour payer ses impôts n'est pas déjà passée. Un écolier regarde le ciel bleu à travers la fenêtre de la classe et compte les jours qui le séparent des vacances. Un rédacteur en chef se réjouit d'avoir trouvé un mauvais jeu de mots pour la une de l'édition du journal du lendemain. Un sexagénaire se demande s'il ne devient pas très con en s'apercevant qu'il ne comprend absolument plus rien aux publicités qui passent avant les films et que parfois il ne comprend même pas ce qu'on tente de lui vendre. Un dramaturge explique à des comédiens, la plupart l'œil discrètement rivé sur leur fil d'actualité Facebook, qu'il a parfois l'impression que l'humanité ressemble aux personnages de "La Cerisaie" de Tchekhov, en ceci que plutôt que de changer leur mode de vie, ils refusent d'affronter la réalité et préférent vivre dans la nostalgie parmi les vestiges d'un monde ancien. Il ajoute que c'est pour lui c'est vraiment la pièce de la dissonance cognitive. Un retraité insatisfait trouve que sa vie est en désordre, son espace quotidien  un chaos. Il a l'impression de ne pouvoir échapper à une sorte de fatalité. Un cadre d'un laboratoire pharmaceutique en possession d'une certaine information hésite entre l'urgence de s'exprimer et la nécessité de se taire. Dans un bar, devant son verre de bière un type légèrement éméché qui a tendance à s'écouter parler dit à son copain qui n'en a pas grand chose à foutre vu qu'il n'a pas baisé depuis depuis des mois "Je l'aime parce que je ne la comprends pas. C'est pour ça qu'elle reste infini pour mon désir". Un touriste belge errant sans but dans une ville d'Andalousie réalise soudain que les sirènes d'alarme des véhicules de Police sont semblables à celles qu'on entend à New-York. Un artiste peintre hésite entre deux tailles de pinceau pour corriger un détail. Un ingénieur du son dans un studio d'enregistrement trouve que la tristesse du saxophoniste a quelque chose de vraiment embarrassant, dérangeant même. Un lycéen lisant l'expression de Hobbes "la guerre de tous contre tous" trouve tout à fait génial le lien qu'il fait aussitôt avec ce qu'on lit sur les réseaux sociaux. Un visiteur du musée se demande au sortir d'une exposition s'il va enchaîner sur une autre, ou s'il ne serait pas plus judicieux de prendre l'air de vaquer dans le quartier ou de s'attarder à une terrasse de café.

mercredi 8 mai 2019

Donner forme à ce qui n'en avait pas



Voilà,
J'ai tendance à transformer ce que je vois  Je le fais depuis longtemps et vraisemblablement, je le ferai tant que je le pourrai  Et pendant ce temps-là l'État policier s'instaure subrepticement dans le pays  Plus m'importe l'effet  l'impression ressentie que la soi-disant vérité objective Il s'agit de traduire  Quand même c'est étrange comme remontent depuis quelques mois les souvenirs de  certaines maltraitances subies enfant  J'ai presque honte d'en être encore là  L'interprétation prime à chaque fois  C'est ce désir qui me motive  L'année dernière quelqu'un m'a dit qu'il me fallait "sortir de mon monde"  Des lois qui a l'origine devaient permettre de lutter contre le terrorisme servent surtout à réprimer les luttes sociales  J'ai au contraire l'envie de m'y enfoncer plus encore  Ce qui revient à dire qu'aujourd'hui se battre pour ses droits est un acte terroriste  Je n'ai plus la capacité de jouer le jeu de la sociabilité obligée  Je ne souhaite plus que des relations singulières et intimes  Cette fois où alors que je refusais d'aller au centre aéré la mère m'y avait amené de force puis passé la tête sous l'eau froide dans les lavabos de l'école devant tout le monde en hurlant après moi  Je serai toujours plus ou moins ailleurs  C'est là que je me sens vivant  Mais le restant de l'après-midi les monitrices avaient été très douces et très attentionnées à mon égard  La vie serait-elle parfois moins compliquée si j'avais plus de sens pratique ?   Bien sûr que oui  Je ne le nie pas  Les gifles (comme elle avait les ongles longs je redoutais que par maladresse elle me crève un œil)  La vie en serait-elle autant "plus sûre" ? Certainement La police frappe sans discernement  La vie est-elle moins susceptible de nous faire souffrir si nous nous protégeons ? Sans aucun doute  Elle frappe les jeunes les journalistes  Je concède tous ces points  Mais sans doute la vie serait-elle beaucoup moins magique  Si tu ne lâches pas ta caméra qu'ils veulent détruire ils considèrent que c'est une arme par destination  La vie serait privée de ces endorphines qui rendent les moments inoubliables  Elle frappe les vieux les syndicalistes  Je veux dire les moments de création de trouvaille de travail devant un écran une toile  Si tu résiste ça s'appelle "rebellion de palpation"  Les moments où apparaît quelque chose qui n'existait pas encore ou qui demeurait caché   Les moments où je parviens à donner une forme à ce qui n'en avait pas  Elle mutile elle éborgne  Et puis il y avait toutes les fois où elle souhaitait la mort des gens qui lui avaient fait du mal  Nous sommes de plus en plus socialisés pour valoriser l'aspect pratique avant tout  Pourquoi attribuons-nous de la valeur au matériel alors que nous n'attribuons aucune valeur à l'immatériel ? Cette saloperie sera terminée on t'en mettra plein la vue jusqu'à ce que tu deviennes un homme  Je ne suis peut-être pas la personne la plus pratique  La personne la plus réaliste  Peut-être que je ne le serai jamais  Mais je n'échangerais jamais pour un million d'années la possibilité de ces épiphanies contre les certitudes fanées du bon sens

mardi 7 mai 2019

Pas mon fort


Voilà,
L'enthousiasme n'est pas mon fort pour les choses qui me concernent. J'ai du mal à exulter lorsqu'une perspective favorable s'offre à moi. Certes je suis content. Mais en même temps je crains toujours que cela soit une erreur, que de cette promesse qui m'est faite l'on puisse aussitôt se dédire. Comme si la chance ne pouvait être pour moi. Comme si cela devait inéluctablement exiger une contrepartie douloureuse. Comme s'il fallait payer pour ça. Comme cela m'était interdit. Que cela soit clair. Ce n'est pas que j'ai l'impression que je ne le mérite pas en raison de qualités dont je serais dépourvu. C'est juste l'impression que je n'y ai pas droit. Que je devrais déjà me satisfaire de ne pas avoir été jusqu'à présent accablé par le malheur.
Je suis capable m'enthousiasmer pour un beau film un beau spectacle, une belle action dans un match de rugby ou comme ce fut le cas la semaine dernière en regardant Liverpool Barça d'être transporté de joie et d'admiration en voyant jouer Léo Messi, ou bien en découvrant une œuvre musicale ou une interprétation qui m'était inconnue comme cette étonnante version de "Round Midnight" . Mais ce qui peut m'arriver de bien à moi, arrive de toute façon trop tard et au milieu d'un tel cortège de contrariétés que je ne peux trouver là, matière à pavoiser. Non ma seule vraie chance serait de trouver un mécène, un bienfaiteur, qui effacerait mes dettes et m'offrirait un asile pour rendre moins pénible ce qu'il me reste à vivre. Autant dire que je suis mal barré. D'ailleurs je trouve que l'image est parfaite pour illustrer l'état dans lequel je me trouve. Allez, ce n'est pas tout il faut que j'apprenne mon texte, la mémoire immédiate n'est plus ce qu'elle était. (Linked with skywatch friday

dimanche 5 mai 2019

Rue des Fossés Saint Jacques


Voilà,
longtemps que je n'étais pas passé de nuit par ce quartier. Plaisir de m'y retrouver. Ne me souvenais pas de la librairie portugaise, ni du café de la nouvelle mairie. Me suis rappelé que Philippe et Valérie avaient habité là. C'était quand déjà ? Ah oui vers 1986. J'ai quelques repère biographiques. N'ai jamais compris pourquoi elle avait revendu cet appartement pour s'installer à Boulogne. Partout dans le quartier, des portraits des Grands Hommes (on est dans le quartier du Panthéon) peints par le street artist C215. Là, je suis tombé sur Mirabeau. Souvenir des cours d'histoire su la révolution : "nous sommes ici par la volonté du peuple nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes". Sinon,  grande inquiétude à l'heure où j'écris ces lignes : peur que mon corps m'empêche de tenir mes engagements. (Linked with Monday murals)

vendredi 3 mai 2019

Liste des étonnements (1)


Voilà,
Je m'étonne que des gens portent encore des jeans en velours côtelé comme dans les années 70
Je m'étonne que dans une ville aussi touristique que Paris les garçons de cafés puissent être aussi mufles
Je m'étonne que les journalistes des grands médias français soient à ce point serviles face au pouvoir
Je m'étonne de l'impunité dont bénéficient les politiciens corrompus dans ce pays
Je m'étonne que l'on puisse encore de nos jours envisager l'avenir avec optimisme
Je m'étonne que l'ancien président François Hollande puisse encore avoir l'indécence de donner son avis sur les affaires de ce pays
Je m'étonne que Trump ait pu succéder à Obama, la bêtise crasse, la vulgarité et la méchanceté remplacer l'élégance l'intelligence et la classe
Je m'étonne que tant de belles et intelligentes femmes de mon entourage soient avec des types aussi cons et qu'elles semblent s'en satisfaire
Je m'étonne que la peau soit l'organe le plus lourd du corps humain
Je m'étonne de la capacité des salariés de ce pays à encaisser autant d'humiliations
Je m'étonne toujours du mystère que dégagent les chats domestiques
Je m'étonne de la méchanceté de certains animateurs d'émissions de variétés, et de leur bêtise et de mépris dont il font preuve à l'égard de leurs invités
Je m'étonne de l'étrangeté de certains dessins de Howard Finster
Je m'étonne encore de la beauté de la Tour Eiffel lorsque je l'aperçois et je ne m'en lasse pas
Je m'étonne à chaque fois du retour du printemps
Je m'étonne du spectacle quotidien des adultes en trottinettes dans les rues de Paris
Je m'étonne du sans-gêne de certaines personnes lorsqu'elle téléphonent dans le métro en parlant très fort
Je m'étonne chaque jour d'être le père d'une jeune fille aussi merveilleuse que celle dont je suis le co-parent
Je m'étonne de cette fatigue qui m'accable quotidiennement depuis quelques mois peut-être suis en dépression
Je m'étonne de la capacité de Léo Messi à se réinventer d'une saison à l'autre avec le Barça
Je m'étonne qu'il me soit si difficile de me débarrasser de choses sans aucun intérêt
Je m'étonne que des gens croient en la Providence
Je m'étonne de certains reflets qui semblent de possibles accès à des réalités parallèles
(Linked with weekend reflections)

mardi 30 avril 2019

Les deux cassettes du Pop Club


Voilà,
pendant l'été de 1972 et l'hiver de 1974 — j'habitais alors rue de la Montagne Sainte Geneviève, ce qui explique le choix de cette photo — j'ai enregistré au hasard sur deux cassettes audio des morceaux de rock pour la plupart, et quelques un de jazz et de blues aussi qui passaient au Pop Club de José Artur dont la programmation était assurée par Bernard Lenoir qui fut par la suite un des animateurs de la chaîne de France-Inter. Il fallait être vigilant pour couper avant que les animateurs ne se mettent à parler, et c'était bien lorsque deux ou trois morceaux s'enchaînaient. Je n'avais pas toujours le temps de noter les titres des morceaux qui souvent étaient des disques en import qu'on ne trouvait que chez des disquaires comme Clementine ou Givaudan et nombre d'entre eux me sont ainsi demeurés inconnus. Pendant les années qui suivirent, j'ai continué d'écouter cette sorte de compilation sans particulièrement m'en préoccuper. Je me souviens que je l'avais encore dans ma chambre d'étudiant rue Saint Placide et que ces morceaux dont je ne connaissais ni les titres ni les interprètes ont accompagné bien des endormissements. Le son de ces cassettes n'était d'ailleurs pas très fameux — sur certaines chansons on entendait même des craquements dus à des orages lors de la captation. Le niveau sonore n'était pas non plus uniforme. Bref c'était un enregistrement de daube. Puis j'ai écouté d'autres choses, sur d'autres supports et les cassettes ont été délaissées, même s'il m'arrivait de m'en rappeler de temps à autre. Comme j'ai une très bonne mémoire des choses de la vie courante et que je peux relier celles-ci à des états émotifs, je me souvenais vaguement de certains indices qui me permettraient de retrouver — si l'envie s'en manifestait un jour — les titres de quelques uns de morceaux mais pas tous.
Il y a une dizaine d'années j'ai réécouté les deux cassettes, et comme entre temps il y avait eu l'apparition de Shazam, qui reste pour moi, une des applications les plus géniales qui existe, j'ai décidé de reconstituer ces playlists sur mon ordinateur. Cela a pris un certain temps, car toutes les chansons n' y étaient pas répertoriées. Certaines, je les ai trouvées en décryptant les paroles et en faisant des recherches sur internet. A présent sur les 48 morceaux qui constituaient cette bande son de mon adolescence, trois demeurent encore énigmatiques, échappant à toute identification. Certains titres ont été particulièrement difficiles à retrouver : la version de "Down in the flood" de Finnegan and Wood, "How long" de John David Souther, la version live avec le medley Sing Joy/Tutti frutti de Buzzy Linhart, qui me plaisait particulièrement à l'époque pour son côté totalement déjanté, "Jumped through my window" d'Arthur Lee, "Gimme that beat" de Junior Walker and the all stars, "Message" de Barefoot Jerry, "What's happening" de Byzantium (celle là j'étais assez fier de le retrouver) et "Oxymorron" du groupe allemand Guru Guru.... Pour ce qui demeure encore inconnu, je sais qu'avec un peu de ruse et d'obstination, je pourrais aboutir, mais je crains de ne pas survivre à la résolution de cette énigme. C'est comme mon copain Albert Delpy, qui lorsqu'il est arrivé — il y a fort longtemps à Paris — s'était promis de visiter le Louvre, ce qu'il n'a finalement jamais fait et ne fera jamais me dit-il, car il pense que cela pourrait hâter sa fin. Sans doute cet archaïsme de la pensée magique est-il ce qui nous relie encore à nos lointains ancêtres des cavernes. Enfin c'est juste une supposition, une intuition, une hypothèse. je suis ni psy ni anthropologue...



linked with Our world tuesday

lundi 29 avril 2019

Saccage


Voilà, 
le saccage a pour lui un tel attrait, suscite une si grande jouissance, qu'il en devient comme une drogue. Aimer lui est insupportable, car il faut donner. Qu'on veuille l'aimer, l'est tout autant car il confond cela avec de la pitié, au point de se sentir insulté. De toute façon rien de ce qu'il pourra recevoir ne sera susceptible de compenser ce que Tuzzio Molinara considère avoir subi. Parfois il revendique d'être toxique à l'égard de son entourage, c'est pour cela qu'il peint la nuit à la bombe. Comme il se considère comme une victime du sort, il estime légitime de laisser des traces de sa souffrances sur les murs. C'est sa façon à lui de se défendre, de se venger, d'exprimer son ressentiment à l'encontre de tous et de toutes. (Linked with Monday Murals).

samedi 27 avril 2019

Le Général et son épouse


Voilà,
c'est aujourd'hui le cinquantième anniversaire de la démission du général De Gaulle après le référendum perdu de 1969. Il mourut un an et demi plus tard, période durant laquelle il avait entrepris ses "mémoires d'Espoir" demeurés inachevés. Je me souviens avoir appris son décès alors que j'étais en troisième. Quelqu'un (un autre prof ou un surveillant) était rentré dans la classe pour l'annoncer au creux de l'oreille à Monsieur Brunel notre prof de français qui avait esquissé un petit sourire. J'avais entendu car j'étais au premier rang et mon pupitre était collé contre l'estrade. Je me rappelle aussi que j'avais vu une partie de ses obsèques sur un écran de télévision au rayon électroménager du Bon marché, qui était encore à l'époque un magasin populaire. J'ai très tôt et très bien su imiter le Général De Gaulle. Quand j'étais petit en Algérie, et encore maintenant. Je suis très bon aussi pour imiter, Jean-Luc Godard et François Mitterrand, mais c'est une autre histoire. La statue je l'ai photographiée en décembre 2015 à Calais. Je crois que Madame De Gaulle (celle que "Le canard enchaîné "surnommait "Tante Yvonne") était originaire de cette ville. 
Je me souviens aussi de ce rêve fait autrefois au siècle dernier dans les années 80, et que j'ai retranscrit. Le voici : "une fois, j'ai rencontré le général De Gaulle et sa femme, assis, parmi de rares voyageurs tout au fond d’un wagon de train de banlieue. Personne d’autre que moi ne semblait les reconnaître. Yvonne avait le chignon chancelant, elle semblait préoccupée, et comme bien des vieillards en voyage, paraissait un peu égarée. Sans doute ai-je une mine qui doit inspirer confiance, car elle s’est approchée de moi et m’a fait part de son inquiétude. Elle se demandait si la station où ils devaient descendre n’était pas déjà passée. Je lui ai répondu que c'était la prochaine et que je lui ferai signe. Lorsqu'ils se sont dirigés vers la sortie j'ai regardé les mains du grand vieillard. Je voulais savoir à quoi ressemblaient ces mains qui avaient fait l’histoire. Il a dû s’en apercevoir car, d’un geste auguste et détaché il a tendu la droite sans mépris ni affectation. Alors je l‘ai serrée en silence, puis il est descendu". Linked with the week-end in black an white)

vendredi 26 avril 2019

L'Irruption d'un parfum



Voilà
parfois dans mes narines ou dans mon cerveau, la rémanence d'un parfum d'encens, jasmin ou patchouli, effluves que l'on pouvait sentir dans certaines boutiques du quartier latin, au milieu des années soixante-dix. Cela m'arrive dans le métro sans que je comprenne pourquoi, comme si tout à coup un espace-temps plus ou moins adjacent faisait irruption dans mon présent qui n'en ai jamais tout à fait un puisque je suis souvent ailleurs, songeur en un moment différent, porté par le cours de mes pensées qui tumultent se rencontrent se multiplient se traversent se repoussent comme des particules affolées dans un champs de force. (linked with weekend reflections)

jeudi 25 avril 2019

Accordéonniste et oiseau


Voilà,
les accordéonistes sur des ponts parisiens, je m'aperçois que j'en ai photographié une flopée en dix ans. En général au Pont Saint Louis ou sur le pont des arts immortalisé par Georges Brassens. Mais jamais en même temps que des mouettes (linked with skywatch friday)

mercredi 24 avril 2019

Carnaval de printemps



Voilà,
Le dernier séjour à Pornic — je me souviens c'était avec Constance, Sophie, Gaspard et Irina — l'année dernière à la même époque, se révéla, un certain dimanche, prodigue en surprises d'une part grâce au carnaval de printemps qui s'était dispersé au port et et d'autre part en raison de la fête foraine qui s'y tenait tout autour. Il y eut ainsi cette apparition plutôt insolite parmi d'autres que je partagerai plus tard. Je suis parfois étonné de ce que les gens osent faire. Mais après tout c'est sans doute cela la vertu du carnaval. (Linked with the weekend in black and white)

dimanche 21 avril 2019

Une très heureuse surprise


Voilà, 
ce fut une belle surprise mercredi soir de trouver un message de Peggy sur l'ordinateur, me signalant qu'elle était avec son époux, de passage à Paris. Je ne la connais que par blogs interposés. Depuis sept ans, nous échangeons quelques mots au bas de nos publications. J'aime beaucoup ses photographies dans les rues de Chicago ; elle un regard très aigu des lieux et des personnes qu'elle saisit dans on objectif. Il nous est aussi quelquefois arrivés de correspondre par mails. Elle m'a même une fois envoyé par courrier un collage original que je trouvais très beau. Je n'ai jamais osé faire de même de peur de tomber à côté. C'est ainsi que jeudi nous avons fait connaissance et passé l'après-midi ensemble. Je me suis réjoui de faire le guide  et de leur montrer quelques endroits de Paris que j'aime, et en particulier l'église Sainte-Geneviève qui est ma préférée, le quartier des universités, et même les arènes de Lutèce et la mosquée qui ne sont pas des endroits si touristiques. Avec Charles il font un tandem tout à fait complice, et moi qui suis plutôt sauvage, je me suis immédiatement senti à l'aise en leur compagnie. Nous nous sommes revus samedi soir, où nous avons pris un verre à une terrasse de café, non loin du quai de Valmy. En allant à leur rencontre, j'ai aperçu, rue des Récollets, ce bouquet de fleurs psychédéliques. Ce fut une douce et agréable soirée durant laquelle nous nous sommes trouvés beaucoup d'intérêts communs. Je les ai ensuite raccompagnés jusqu'à la rue de leur hôtel. Tout à la joie d'avoir fait leur connaissance, j'ai eu un peu de mal à les quitter. J'espère vivement qu'ils reviendront et que nous pourrons partager d'autres moments.(linked with Monday murals)

vendredi 19 avril 2019

"Une boutique décalée"


Voilà,
le Saint-Germain-des-Prés de la bohème existentialiste des années cinquante a depuis longtemps disparu. Les librairies ont cédé la place à de clinquants magasins de prêt-à-porter de luxe. Néanmoins, la boutique Sonia Rykiel  se définit ainsi : "une maison située au cœur de Saint-Germain-des-Prés… et germanopratine de cœur. Le flagship Sonia Rykiel est une boutique décalée, écrin des collections de prêt-à-porter et d’accessoires sous forme de grande bibliothèque aux tons rouge vif et bleu nuit. Cette adresse abrite aussi les équipes de création et l’atelier de la Maison Rykiel, témoins de la créativité bouillonnante qui fait sa réussite."  Ainsi l'histoire intellectuelle du quartier se trouve-t-elle réduite à une illusion glamour et décorative où les livres valent moins par leur contenu que par leur tranche. Et il est même probable que pour des raisons de sécurité on ait dû les ignifuger. Enfin une chose est certaine désormais, il n'y a vraiment plus d'après à Saint Germain des près  (Linked with weekend reflections)

jeudi 18 avril 2019

Sans Toit



Voilà,
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cet incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris nous rappelle comme est fragile la beauté que l'humanité à su ajouter au monde, comme pour se dédommager de tous les ravages qu'elle a commis autant contre elle-même que contre la Nature, ravages que d'ailleurs elle continue d'infliger à cette planète qu'elle considère comme sa possession.
La folie des Talibans a détruit les bouddhas géants de la vallée de Bâmiyân qui avaient survécu plus de quinze siècles.
Les salafistes ont démoli les mosquées en terre de Tombouctou (rebâties depuis), en Syrie les ruines d'Alep ont été bombardées. Aujourd'hui Sanaa au Yemen, un des joyaux de l'humanité dont les constructions datent toutes d'avant le XIeme siècle est rasée par les bombes françaises vendues à l'Arabie Saoudite faisant ainsi le bonheur de l'industrie de l'armement et par la même renflouant les caisses de l'État.
A Séoul Namdaemun, la Grande porte du Sud, premier trésor national Coréen datant de 1398, a été détruite en 2008 à cause d’un incendie criminel. En 2013, la reconstruction s'est terminée, mais ce n’est plus tout a fait l’œuvre originale de Taejo désormais.
La citadelle de Bam, en Iran, construite au cinquième siècle avant Jésus-Christ a été intégralement détruite par un tremblement de terre en 2003. Pays sous embargo, l'Iran  voit l'aide internationale pour la reconstruction ne parvenir qu'au compte-gouttes.  
Dans la ville de Canton, en Chine, d’anciennes tombes, vieilles de 3000 ans, ont été démolies pour construire une ligne de métro. 
 Noh Mul, une pyramide maya, vieille de 2500 ans, située au Belize, a été pulvérisée par une entreprise de travaux publics. Le but de cette compagnie était de pouvoir utiliser les gravats pour la construction d’une route.
Pensons aussi à Bénin City qui était un grand ensemble urbain mondial. Son palais royal était l'un des plus importants complexes culturels d'Afrique et la cité avait l'importance d'une ville européenne. Elle disposait de squares, de galeries et les murs des maisons étaient décorés de nombreuses fresques. Le palais des Obas, la dynastie régnante, était si beau que les Hollandais l'ont reproduit en gravure comme ils l'auraient fait de Florence. Et puis en 1897 les Anglais sont venus et l'ont réduite en cendres en moins de 17 jours lors d'une expédition punitive.
Rappelons nous aussi la pierre de Singapour qui pouvait être considérée, avec  le même intérêt que la pierre de Rosette, déchiffrée par Champollion. Elle faisait trois mètres de haut sur trois mètres de large et était couverte, lors de sa découverte en 1819 d'une ancienne écriture que personne ne savait décrypter. On pense aujourd'hui que c'était du vieux javanais ou du sanskrit. Lorsqu'en 1843 l'armée britannique décida de construire un fort à cet endroit, elle fit exploser le bloc et utiliser les fragments pour des constructions ou le terrassement des routes. Seuls quelques fragments ont survécu et se trouvent désormais au musée de Singapour où elle est considérée comme un trésor national. On pourrait multiplier les exemples à l'infini.
Nous savons que les Civilisations sont mortelles écrivait Paul Valery. Certaines d'ailleurs se suicident. Notre mémoire est peuplée de ruines.

Mais revenons à Notre-Dame.

Aujourd'hui nos milliardaires se penchent à son chevet. Ils proposent, pour la restauration de la Cathédrale, un peu de leur fortune, comme autrefois la noblesse s'achetait des indulgences, pour gagner le Paradis. Donc soyons clairs, parlons chiffres : la fortune de Pinault, est évaluée à 34 milliards. Celle d'Arnault à 91 milliards. Pinault, dont on sait que le groupe Kering dont il est propriétaire a soustrait pour 2,5 milliards d'impôts au fisc français, débloque 100 millions, cela représente donc 0,3 % de sa fortune personnelle. Donc pour ceux qui gagnent comme moi 2000€ mensuels dans leurs moments fastes et de plus en plus rares, cela représente 6€. Bernard Arnault dont on sait qu'il a économisé 518 millions d'Euros d'impôts grâce à la fondation Louis Vuitton débloque 200 millions, cela représente, 0,2% soit 4€ pour moi. il paraît même que l'entreprise Total, qui souille et pollue avec frénésie la planète (qui est notre seule vraie cathédrale) un peu partout dans le monde y va de son obole. On va lancer un grand emprunt National. Il est probable que des personnes bien moins fortunées donneront proportionnellement une plus grande part de leur argent. 
Mais peut-être nos milliardaires en gardent ils de côté pour les vraies catastrophes à venir. Auquel cas ils devraient anticiper un peu. L'état de nos centrales nucléaires n'est pas fameux. Quand il y aura un problème, et l'on sait que tôt ou tard et avant que trente ans ne s'écoulent il aura lieu, l'accident sera autrement plus sérieux que ce que nous avons vu cette nuit et je crois qu'à ce moment là plus personne n'en aura rien à branler du toit de Notre-Dame. Et il y aura sûrement moins de gens pour se tenir dans les parages et faire des selfies devant la catastrophe (mais il y en aura tout de même).




Que ce soit clair. Je ne suis pas insensible au sort de notre Cathédrale. désormais sans toit, comme ceux qui vivent, pas très loin de l'Île de la Cité, sous ces bâches au pied de l'église Saint-Gervais qui fut d'ailleurs bombardée par la "Grosse Bertha" des Allemands en mars 1918 et où 98 personnes trouvèrent la mort. J'en suis sincèrement attristé et je souhaite ardemment qu'elle soit restaurée. Revenant hier sur les berges de la Seine, j'ai réalisé que je ne vivrais peut-être pas suffisamment d'années pour la revoir couverte d'un toit et de nouveau me promener à l'intérieur. Au passage j'ai réalisé que cette flèche datant du XIX ème, inspirée de celle de la Saine-Chapelle et ajoutée par Eugène Viollet-le-Duc, l'architecte de la première grande restauration était aussi ce qui donnait un cachet particulier à cet édifice. Désormais, Avril à Paris n'aura plus la même saveur et les promenades sur ce quai de Montebello que j'aime tant, auront toujours un parfum de mélancolie. 
Je partage pour une fois la réflexion poétique et inspirée de Mélenchon, cet homme politique imprévisible, irascible et sanguin, à l'ego hypertrophié et aux stratégies politiques confuses, parlant de la cathédrale. "Athées ou croyants, Notre-Dame est notre cathédrale commune. Le vaisseau, la nef qui nous porte tous sur le flot du temps. Et je crois que nous l’aimons de la même façon. Il y a ceux pour qui la main de Dieu est à l’œuvre dans l’édification de ce bâtiment. Mais ils savent que si elle y parait si puissante, c’est sans doute parce que les êtres humains se sont surpassés en mettant au monde Notre-Dame. Et d’autres, ceux qui connaissent le vide de l’Univers privé de sens et l’absurde de la condition humaine, y voient par-dessus tout cette apothéose de l’esprit et du travail de milliers de femmes et d’hommes durant deux siècles et depuis plus de huit cent ans. Ils ressentent ce que la cathédrale a signifié depuis sa première heure, quand elle n’était encore qu’un plan, et à l’instant où fut planté le clou d’or d’où seront tirées toutes les lignes et commencés tous les calculs. (...)Notre-Dame est le signal d’un temps nouveau qui commençait. Il symbolise la douleur du savoir qui doute de lui-même pour avancer, l’inébranlable confiance dans l’esprit et dans sa victoire possible contre l’ombre qui masque, la mort qui soustrait et l’ignorance qui trompe. Notre-Dame est un message universel. Le peuple de France ne s’y est pas trompé. Tous ses grandes heures y ont transité. Des premiers États Généraux à la victoire sur les nazis, la nef a accueilli toutes nos clameurs libératrices. Je me dis qu’elle ne brûlera jamais tout à fait. Il en restera toujours un morceau qu’un être humain voudra continuer vers le ciel."

J'ai aussi été très touché par le texte d'Etienne Klein qui circulait sur le réseau social bleu : "Je ressens une vive émotion en voyant Notre-Dame brûler. Pourquoi notre émotion est-elle si intense, si singulière ?
Lorsque nous regardons un objet matériel, qu’il s’agisse d’une cathédrale, d’un immeuble, d’une pierre, d’une vieille montre, le seul fait d’y prêter attention nous porte en effet à nous enfoncer dans son histoire, à nous décaler, par l’imagination, de la surface de son présent. Nous percevons alors quelque chose qui semble encore l’attacher à sa lointaine provenance. Vladimir Nabokov évoquait à ce propos une « transparence des choses, à travers lesquelles brille leur passé » ?
Et puis il y a, surtout, ces phrases sublimes de Marcel Proust :
" Tout cela faisait pour moi [de l’église] quelque chose d’entièrement différent du reste de la ville : un édifice occupant, si l’on peut dire, un espace à quatre dimensions – la quatrième étant celle du temps – déployant au travers des siècles son vaisseau qui, de travée en travée, de chapelle en chapelle, semblait vaincre et franchir, non pas seulement quelques mètres, mais des époques successives d’où il sortait victorieux."

Elles disent que, sans en avoir forcément conscience, nous regardions Notre-Dame comme la théorie de la relativité d’Einstein, lue rigoureusement, invite à le faire : ce bâtiment somptueux n’était pas une chose statique dans l’espace, mais une suite d’événements dans l’espace-temps ; il n’était pas un volume à trois dimensions, mais un hypervolume à quatre dimensions qui a commencé de prendre corps dans la profondeur du passé et n’a jamais cessé de se translater dans le temps, instant après instant, tout en demeurant invariablement au même endroit. En somme, Notre-Dame a perduré en se répétant identiquement à elle-même, continûment, sans jamais s’absenter, sans rater le moindre instant présent passant par là. Fascinante mise en perspective, en abîme même : la persistance de cette grande chose immobile cachait une dynamique invisible, profonde, celle de la succession ininterrompue des instants qui ont transporté sa présence depuis sa première apparition. Notre-Dame était un morceau de notre passé projeté dans notre présent

touché aussi par les mots d'André Markowicz
"Nous perdons la beauté. — Ce que nous avions, là, sous nos yeux. Pas même sous nos yeux, parce que, de fait, combien d’entre nous ne regardions même pas quand nous passions devant ? Parce qu’elle était là, cette beauté. Cette beauté — que nous avions.
Parce que, vivre en présence de la beauté, de l’immense travail des gens à travers les siècles, c’est ce qui nous donne, à nous, pris que nous sommes dans nos passions quotidiennes, nos soucis, nos maladies, pris que nous sommes dans nos vies, la sensation que nous sommes vivants.
La sensation que nous vivons dans le temps. La sensation de joie et de réconfort d’être témoins de la durée. La sensation que le monde ne nous est pas donné pour notre usage à nous — que nous n’en sommes que les dépositaires, et que, notre bonheur, non, notre honneur, c’est ça, de savoir que nous ne sommes pas seuls, et que jamais nous n’avons été seuls.
Non, la sensation, terrible, que c’est elle, Notre-Dame, que nous avons laissée seule. Que nous avons brûlée, par incurie. Comme nous nous brûlons nous-mêmes, dans notre rage de détruire tout ce qui n’est pas nous." (André Markowicz)

Mais bon, cet effondrement du toit, cette charpente de bois quasi millénaire brûlant en quelques heures, cette flèche audacieuse s'affaissant sur elle même, beaucoup y ont vu une image de notre temps. Certains bien sûr se sont rappelés l'Apocalypse de Jean qu'on ressort à chaque grand événement où il y a du feu :  "Alors ils pleureront et se lamenteront sur elle, les rois de la terre qui ont partagé sa prostitution et son luxe, quand ils verront la fumée de son embrasement. Ils se tiendront à distance par crainte de son tourment, et ils diront: Malheur! Malheur! O grande cité, Babylone cité puissante, il a suffi d'une heure pour que tu sois jugée! "

Certains aussi comme le réalisateur Guillaume Brac se posent la question "ce pays mérite-t-il Notre-Dame ?  et  après tout son point de vue ne manque pas de pertinence
 "On me dira sûrement que je mélange tout, que je fais de la politique là où je devrais seulement me recueillir en silence. Qu’un joyau de l’humanité et le fruit du travail de tant d’hommes et de femmes vient de partir en fumée. Que c’est une tragédie pour tous les Français, pour tous les Chrétiens, et bien au-delà pour tous les amoureux de la beauté. C’est vrai bien sûr. Et l’émotion qui inonde médias et réseaux sociaux est – jusqu’à un certain point - légitime. Mais comment ne pas voir – aussi - dans cet incendie de Notre-Dame le triste symbole d’une faillite morale ? Un pays, qui au mépris de ses valeurs humanistes, ferme ses frontières et laisse périr des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants en Méditerranée, mérite-t-il Notre-Dame ? Un pays dont les élites piétinent l’intérêt général et ignorent une grande partie de leurs concitoyens mérite-t-il Notre-Dame ? Un pays qui laisse matraquer, éborgner, emprisonner celles et ceux qui ont le courage de résister mérite-t-il Notre-Dame ? Un pays qui trahit ses engagements dans la lutte contre le réchauffement climatique et la destruction programmée de notre humanité mérite-t-il Notre-Dame ? Peut-être est-ce la raison pour laquelle je suis resté étrangement insensible devant des images qui auraient dû me bouleverser. Peut-être est-ce parce qu’à mes yeux une vie humaine restera toujours plus importante qu’une cathédrale, aussi sublime soit-elle. Peut-être est-ce parce que je ne peux m’empêcher de me dire que parmi les dizaines de milliers d’ouvriers, de compagnons, d’artisans, d’artistes qui ont œuvré à sa construction, qui lui ont consacré leur existence, beaucoup auraient porté un gilet jaune aujourd’hui. Et que pleurer la destruction de ce symbole des valeurs chrétiennes et humanistes, tout en restant sourd à la détresse et la colère que tentent désespérément de faire entendre les plus fragiles, les plus courageux, les plus lucides d’entre nous, me paraît un non-sens. Quelques minutes de BFM TV, hier soir, m’ont laissé un goût amer. Qu’y ai-je vu ? Un président, piètre comédien, rassemblant de force les Français dans un combat masquant opportunément tous les autres, suivi des jérémiades d’un hipster et d’une grande bourgeoise semblant considérer Paris comme le centre du monde. Je n’ai alors pu m’empêcher de me dire, que nombreux sont les Françaises et les Français qui ne voient pas Notre-Dame tous les jours en sortant de chez eux, qui n’ont peut-être même jamais vu Notre-Dame autrement qu’en photo, et qui n’ont pas envie de verser des larmes de crocodile au diapason de privilégiés, qui ne se souviennent de leur existence que lorsqu’ils ont besoin de leurs suffrages une fois tous les cinq ans ou lorsqu’une poignée d’entre eux a la géniale idée d'enfoncer avec un fenwick la porte d’un ministère. Sur ce, je me déconnecte, non pas pour fuir la discussion – que ces quelques lignes, qui n'engagent que moi, n’appellent d’ailleurs pas nécessairement – mais parce que j’ai un scénario à écrire…"

Ce que cet événement met tout à coup en relief, c'est qu'en France on trouve très vite de l'argent pour rebâtir un monument qui certes est plus qu'un monument, un symbole, aussi, alors que que cela fait des années qu'on nous dit qu'il n'y a plus d'argent pour nos infrastructures, nos hôpitaux, nos écoles et universités, pour la recherche, pour l'écologie, pour construire des logements décents et j'en passe. Et puis on a vu le spectacle obscène de ce jeune président manifestant plus d'émotion pour Notre-Dame, que pour les gens qui peinent à vivre décemment dans ce pays. Il aurait dû mettre le même empressement à réagir en novembre dernier lors des premières émeute populaires. Il n'est pas certain que tout cela calme les esprits. Notre-Dame a brûlé, mais le monde aussi brûle sans que cela suscite autant d'émotion.
Enfin pour conclure, j'ai bien aimé cette remarque savoureuse — qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux — d'Olivier Pourriol, enseignant de Philosophie : "Victor Hugo remercie les généreux donateurs prêts à sauver Notre Dame de Paris et leur propose de faire la même chose avec les Misérables" (Linked with the weekend in black and white )


dimanche 14 avril 2019

Trompe l'œil avenue du Maine


Voilà,
il y a quelques mois, sur le chantier de rénovation du centre Gaîté, un code barre géant a été conçu de sorte que vu sous un certain angle, les lignes noires des fenêtres de ce building donnent l'illusion de se prolonger sur le bâtiment en premier plan en contrebas de l'immeuble. Toutefois, cet effet de trompe-l'œil ne fonctionne que d'une seule perspective quand on se trouve sur le trottoir opposé de l'Avenue du Maine. (Linked with Monday Murals)

jeudi 11 avril 2019

L'Étreinte


Voilà,
"You see how good she makes you feel.  
That's half as strong as how bad you'll feel when she's gone." 
Un bref instant cette pensée le traversa qu'il chassa aussitôt.
Grisé par une sensation d'éternité il s'éprouvait nageant dans le cosmos et c'était bon.

mardi 9 avril 2019

Le Rôdeur


Voilà
Sa vie comme un vieux manteau usé ne lui tient plus très chaud  Il tremble dans ses songes où sous un ciel couleur de fatigue s'éparpillent des oiseaux sombres   Ses voyages à présent ne sont plus que d'arrière-saison  Des nuages vagabondent dans la fraiche et pâle clarté d'un jour qui peine à paraître. (linked with our world tuesday)

lundi 8 avril 2019

Chienne de vie



Voilà
"si tu parviens à rester assis dans le silence après avoir appris une mauvaise nouvelle ; si lors de retournement de fortune tu demeures parfaitement calme ; si tu peux voir tes voisins voyager dans des endroits totalement féériques sans éprouver une once de jalousie, si tu peux joyeusement manger tout ce qui est mis dans ton assiette ; si tu peux courir toute la journée et t'endormir le soir sans un verre ou une pilule ; si tu es capable de trouver de la satisfaction quelque soit l'endroit où tu te trouves, tu es probablement un chien" (Jack Kornfield)

mardi 2 avril 2019

Un Chat sur l'asphalte


Voilà,
un jour sur le boulevard Saint Michel, juste en face de l'entrée de l'Ecole des Mines, était dessiné sur l'asphalte du trottoir ce chat. Je me souviens que j'étais en compagnie de Sophie et elle aussi je crois, l'a photographié. Il me semble que nous sortions de la projection de ce documentaire intitulé "America" de Claus Drexel, très intéressant en dépit de la malhonnêteté de son titre (sûrement une injonction de distributeur) car tout est filmé à Seligman, un bled paumé d'Arizona au bord de la route 66. C'est comme si on tournait un film à Argenton-sur-Creuse et qu'on l'appelait la France. Mais Seligman est sûrement plus photogénique que Argenton. Les images tournées fin 2016, à la veille de l'élection américaine révèlent les signes d’une prospérité révolue dont ne restent plus que des traces, s'attardent sur les carcasses de voitures diverses, de trucks rouillant sous le soleil, mobile homes délaissés, maisons de bois délabrées mais cependant toujours habitées, terrains vagues ou s'accumulent des détritus variés. Comme dirait Valery Larbaud, "une vie près de ses excréments". L’Amérique des ex-pionniers et des derniers cow-boys, des laissés-pour-compte, celle qui préférerait sûrement voir des profs armés que des élèves désarmés, est là. Fascinante et terrifiante… Il y a ceux qui veulent croire en Trump, à l'illusion d'une puissance américaine enfin retrouvée. Il y a ceux qui voient en l'avènement de Trump, le naufrage des Etats-Unis, et puis il y a ceux qui s'en foutent, et qui pensent que tous les politiciens sont des corrompus et des affairistes. Le tout exhale une impression de vide spirituel, de morne ennui,  d'inculture crasse. C'est la version cheap du rêve américain, l'esprit pionnier qui n'a plus rien à défricher. Certaines séquences sont effarantes, comme cette jeune mère déclarant qu'elle aimerait bien assister à une exécution capitale que cela constituerait pour elle "une expérience"... Ce qui est troublant dans ce film c'est aussi que même les individus qui sont farouchement anti-Trump ont quelque chose d'effrayant. Et puis toujours ce rapport sidérant aux armes, à la bible... J'avais déjà remarqué ça dans le film de Werner Herzog " Into the Abyss" qui porte si bien son nom. Le dernier plan du film "America" montre un train transportant des tanks, surement à destination de l'Irak. C'est un plan fixe très impressionnant car il dure tant que le train passe. Et les trains sont très longs aux États unis d'Amérique.

lundi 1 avril 2019

Dans le flottement des pensées confuses


Voilà,
Un moment d'inattention, tu poses, sans ton rendre compte ton smartphone sur un endroit inapproprié. Combustion lente, une odeur terrible. Tu es à côté. Heureusement tu es à côté. Tu comprends vite. Tu évites la catastrophe. Le possible court-circuit, l'incendie. L'odeur ne te quitte pas de la journée. Odeur tenace et toxique dans tes narines, tes poumons. Qui sait le lent ravage que peut-être elle commence à y propager. Toute la journée tu y repenses. Et si tu t'étais absenté, éloigné  de sorte que tu ne te rendes compte de rien dans l'immédiat ? Une journée commencée avec l'enchantement du premier merle qui aurait pu mal tourner. À cause d'une négligence, plus précisément d'un geste absurde, inadéquat, irréfléchi, et au fond complètement con, comme de laisser un fer à repasser chaud sur un vêtement. Ce qui te tourmente c'est que tu n'aies pas un instant songé que cela pouvait être dangereux, c'est ce relâchement qui heureusement n'a pas prêté à conséquence. Toute la journée tu n'as cessé d'y songer.
Le soir tu vas voir le film "Still recording". Évidemment ça relativise les choses. Avec cette scène finale terrible parce que d'une atroce banalité. Et aussi au milieu du film cette fille très belle qui dit qu'elle trouve tout ce chaos réjouissant. La guerre dans les faubourgs de Damas, et puis le centre ville où l'on vit relativement normalement. Et la possibilité de passer d'un endroit à l'autre pour peu que l'on parvienne à franchir les check-points.
Après la projection cette sensation de malaise dans la station de métro. Parce que ce monde en paix semble si vide, si artificiel, si dénué de beauté et d'élévation. Mais il demeure encore si désirable pour tous ceux qui fuient la misère et les zones de guerre. Pourtant, sous nos latitudes, on sent bien que la paix n'est pas dans les cœurs. Les émeutes hebdomadaires et la répression policière qui s'y rapporte, l'attestent. Quand un pouvoir politique refuse d'écouter le peuple qui l'a élu et se crispe à la moindre contestation, nul ne sait ce qui peut advenir.
Sur le quai, j'ai repensé à cette photo d'un homme riche et cultivé dans les ruines de son appartement d'Alep, et j'en ai pris une autre juste pour faire le point sur une fraction de seconde traversée d'idées confuses.
(linked with our world tuesday )

dimanche 31 mars 2019

En pensant à Agnès Varda


Voilà,
cette semaine, je suis passé non loin des anciens entrepôts frigorifiques ferroviaires, situés dans le treizième arrondissement de Paris. Suite au déménagement des halles au début des années 70, ce lieu est devenu une friche industrielle. Dans les années 80 l'endroit a été investi par des artistes qui squattaient là. Je me souviens y avoir répété un spectacle il y a bien longtemps. Il y a un historique assez précis du lieu sur le site suivant. Je ne passe pas souvent dans les parages, mais apercevant cette fresque j'ai immédiatement pensé à ce rendez vous avec le site monday mural. A ce propos, la cinéaste Agnès Varda, décédée vendredi dernier, réalisa en 1980 un film sur les murs peints de Los Angeles intitulé "Murs, murs", et l'un de ses derniers films associe le street painter JR qui conçoit d'immense trompe-l'œil en milieu urbain. Agnès Varda, habitait non loin de chez moi, dans une rue où je vais souvent faire mes courses et au sujet de laquelle autrefois elle avait réalisé un documentaire intitulé "Daguerréotypes". Depuis l'annonce de sa disparition, les habitants du quartier, et les amoureux du cinéma lui rendent hommage déposant des bouquets de fleurs devant sa maison aisément reconnaissable à sa façade rose et où vécut aussi son époux Jacques Demy, le réalisateur des "demoiselles de Rochefort". 

vendredi 29 mars 2019

Au bord de l'étang


Voilà,
pour les raisons évoquées dans la précédente publication, il m'arrive désormais de vadrouiller dans les bois et forêts de la région parisienne. J'y retrouve la joie enfantine du pédalage à bicyclette qui pourrait peut-être me délester de quelques kilos. Le plaisir aussi de marcher au bord d' un étang, car comme dirait Heidegger "penser l'Être comme être de l'étang c'est oublier l'Être".
Oui, bon, je le concède c'est un jeu de mots facile qui ne réjouit que moi. En outre il s'avère tout à fait intraduisible pour mes correspondants étrangers.
Bien qu'elle ranime parfois de lointains souvenirs, la nature ne m'inspire guère. Mais, ce héron assez cool qui prenait la pose je fus tout de même très content de le photographier. D'ailleurs à ce propos, j'en profite pour mettre en lien ce site sur la présence des oiseaux en milieu urbain qui m'a été communiqué par Christine Saint-Geours dont je recommande aussi le blog (linked with weekend reflections)

jeudi 28 mars 2019

Surprise



Voilà,
je n'ai plus grand chose à dire. Le peu que j'ai à raconter ne trouve pas de forme satisfaisante. Toutefois il me reste encore beaucoup à montrer. L'impérieuse recommandation de "faire de l'exercice" que m'adressent les médecins, me conduit à devoir marcher plus longtemps que je ne le souhaiterais, quand je préfèrerais plutôt rester au lit. Aussi pour me distraire et agrémenter ces sorties, je ne me déplace jamais sans de quoi photographier. Parfois, une promenade peut offrir la surprise d'une troublante apparition. Comme cette jeune japonaise par exemple, baignant dans une lumière singulière qui jouait du shamisen sous un pont de Paris. (linked with the weekend in black and white)

mercredi 27 mars 2019

Visiteurs de ce temps


Voilà
Nous sommes tous des visiteurs de ce temps de ce lieu
nous ne faisons que les traverser
Notre but est d'observer de grandir d'apprendre et d'aimer
après quoi nous rentrons à la maison
(proverbe aborigène)

mardi 26 mars 2019

Dépaysement


Voilà,
c'était dimanche dernier, une journée douce à marquer d'une pierre blanche. Me promenant sur ce quai de Seine où je viens rarement, car en général à cette hauteur du fleuve, je vaque plutôt sur l'autre rive, j'ai, sous le pont de la Concorde, quai des Tuileries et alors que l'après-midi tirait à sa fin, éprouvé l'envie de faire une photo vraiment, touristique comme j'aurais pu le faire si j'avais été étranger à cette ville. Il y a parfois de soudains moments de dépaysement comme cela où on l'on pense "c'est bon c'est bien".  En hébreu on dit juste sababa. linked with skywatch friday

lundi 25 mars 2019

Un étrange animal


Voilà,
il y a quelques jours, non loin de chez moi, dans un jardin sauvage, j'ai aperçu ce fauve errant paisiblement dans le paysage ; je n'ai pas eu peur.
(Linked with monday murals)

samedi 23 mars 2019

"Sur le boulevard des villes"


Voilà,
"qui n'a pas rêvé en flânant sur le boulevard des villes, d'un monde qui, au lieu de commencer avec la parole, débuterait avec les intentions. 
(René Char in "Lettera amorosa")

jeudi 21 mars 2019

mardi 19 mars 2019

La Guitare au fond de la librairie


Voilà,
tous ces problèmes dont il avait remis l'examen à "plus tard", supposant que plus tard il serait en mesure d'y remédier parce qu'il aurait alors plus d'argent et plus de latitude dans sa vie, eh bien, ils se posaient à présent avec une tranchante acuité. "Plus tard" avait bien fini par arriver et s'était transformé en "maintenant" sans que son ciel ou son horizon ne fussent pour autant dégagés. Apercevant la guitare, posée sur un fauteuil au fond de la librairie, Corentin Ganson avait alors regretté de ne pas avoir appris à en jouer dans sa jeunesse. Il aurait aujourd'hui, la possibilité comme tant d'autres, de passer de wagon en wagon dans le rames de métro pour y chanter, s'accompagnant de son instrument,  des airs des années soixante-dix en espérant glaner quelque menue monnaie.  (Linked with Our world tuesday)