d'après leurs instruments je peux supposer qu'ils viennent des Balkans et imaginer que c'est pour fuir la guerre en ex-Yougoslavie qu'ils ont fini par échouer là, au pied du centre Georges Pompidou, juste en face de la fontaine de Tinguely et Niki de Saint Phalle. Peut-être leur village a-t-il été détruit, leur famille décimée. Ou bien ont-ils commis des choses horribles – dénoncé des voisins par exemple –, de sorte qu'il leur est impossible désormais de retourner au pays. Je ne sais pas ; je ne peux qu’imaginer. Ils sont là, ils sont vieux, ils grattent leur crincrin et ce qu'on entend est aussi moche et triste que ce que l'on voit. Je ne peux rien pour eux, que leur filer un billet en échange de cette photo parce qu'au fond bien sûr, j'ai un peu mauvaise conscience de figer ainsi leur détresse. J'ai essayé de leur parler mais on ne se comprenait pas, c'était impossible. Ce que je lis dans leur yeux c'est qu'ils savent qu'ils ne seront pas enterrés dans la terre qui les a vu naître et que leur place n'est plus nulle part. Ce que je crois deviner, c'est à la fois, la résignation et l'incompréhension. La musique en plus, et le chien pour la compagnie. Derrière eux il y a un musée qui ressemble à un bâtiment industriel dont certaines œuvres peuvent apaiser questionner ou stimuler ceux qui s'y rendent. Une fontaine animée de figures grotesques et colorées leur fait face. Il est possible qu'elle leur apporte un peu de joie. Mais de ce qu'ils ont vu eux, de ce qu'ils ont ressenti, rien ne subsistera. première publication 9/8/2012 à 18:42
KWARKITO
Un blog écrit en français, avec des photos des collages des dessins, des créations digitales, des récits de rêves, des chroniques des microfictions et encore bien d'autres bizarreries... A blog written in french with photos, collages, drawings, digital paintings, dream stories, chronicles, microfictions and a few other oddities. ISSN 2402-7375
vendredi 18 septembre 2026
Musique et misère
d'après leurs instruments je peux supposer qu'ils viennent des Balkans et imaginer que c'est pour fuir la guerre en ex-Yougoslavie qu'ils ont fini par échouer là, au pied du centre Georges Pompidou, juste en face de la fontaine de Tinguely et Niki de Saint Phalle. Peut-être leur village a-t-il été détruit, leur famille décimée. Ou bien ont-ils commis des choses horribles – dénoncé des voisins par exemple –, de sorte qu'il leur est impossible désormais de retourner au pays. Je ne sais pas ; je ne peux qu’imaginer. Ils sont là, ils sont vieux, ils grattent leur crincrin et ce qu'on entend est aussi moche et triste que ce que l'on voit. Je ne peux rien pour eux, que leur filer un billet en échange de cette photo parce qu'au fond bien sûr, j'ai un peu mauvaise conscience de figer ainsi leur détresse. J'ai essayé de leur parler mais on ne se comprenait pas, c'était impossible. Ce que je lis dans leur yeux c'est qu'ils savent qu'ils ne seront pas enterrés dans la terre qui les a vu naître et que leur place n'est plus nulle part. Ce que je crois deviner, c'est à la fois, la résignation et l'incompréhension. La musique en plus, et le chien pour la compagnie. Derrière eux il y a un musée qui ressemble à un bâtiment industriel dont certaines œuvres peuvent apaiser questionner ou stimuler ceux qui s'y rendent. Une fontaine animée de figures grotesques et colorées leur fait face. Il est possible qu'elle leur apporte un peu de joie. Mais de ce qu'ils ont vu eux, de ce qu'ils ont ressenti, rien ne subsistera. première publication 9/8/2012 à 18:42
mercredi 16 septembre 2026
Liste des découvertes hasardeuses (5)
mardi 15 septembre 2026
Your Life
dimanche 13 septembre 2026
Burroughs sur un mur
samedi 12 septembre 2026
Les peuples
Et les peuples ont parfois une remarquable imagination lorsqu'il s'agit de fabriquer ce miroir. Ils peuvent transformer une minorité en menace existentielle, un individu en incarnation du mal, un adversaire politique en traître à la nation, une erreur collective en complot organisé. Plus l'explication est extravagante, plus elle peut devenir séduisante : elle donne au désordre une intention, à l'échec un responsable et à la colère une direction.
Prétendre qu'une crise résulte de milliers de décisions, d'intérêts contradictoires, d'erreurs accumulées, de circonstances imprévisibles et de mécanismes économiques complexes ? Quelle mauvais goût ! Beaucoup plus élégant de découvrir qu'un petit groupe tire secrètement toutes les ficelles. La tentation complotiste permet de transformer l'absurde en scénario.
Et le public adore les scénarios.
Il faut alors des méchants. Des vrais. Avec des visages, des noms, des signes distinctifs. Il faut pouvoir les reconnaître dans la rue, les montrer du doigt, les dénoncer dans un discours. Umne catastrophe avec coupable devient un divertissement. Ainsi se forme peu à peu une nouvelle "doxa" qui gagne majoritairement le peuple. Il s'indigne, partage, répète, amplifie. Il ne sait pas forcément qui a commencé la rumeur, mais sait déjà qui doit être puni. il ne possède pas les preuves, mais déjà une intime conviction le travaille. Et la conviction, lorsqu'elle devient collective, a cette étrange propriété de se prendre pour une preuve. Des millions de personnes se persuadent mutuellement qu'elles ont découvert la vérité parce qu'elles sont très nombreuses à croire la même chose.
Le nombre remplace l'argument.
L'indignation supplée l'enquête.
La répétition vaut pour preuve.
jeudi 10 septembre 2026
Akihi
mardi 8 septembre 2026
Transport
"Cherche à voir en toute chose quelque chose que personne n'a encore vu et auquel nul n'a jamais songé". Cet aphorisme de Lichtenberg convient à cette photo fabriquée dans un autobus, où le regard cherchait autant à fuir l'ennui qu'à donner un sens à ce déplacement. Contempler d'un œil neuf ce qui, si souvent et depuis si longtemps n'a été qu'aperçu, s'émerveiller de sa trivialité et dans le change des formes y trouver un autre mode de transport. (première publication 14/1/2012 à 1:43)
samedi 5 septembre 2026
Impression nuit tombante
| Avenue de France, Paris 13 |
jeudi 3 septembre 2026
Avant de repartir
Voilà,
mardi 1 septembre 2026
L’Été 2026
lundi 31 août 2026
L'Innocence
vendredi 28 août 2026
Où je n'étais encore jamais venu
Vue sur la Salpêtrière depuis la terrasse de la Cité de la mode et du design |
jeudi 27 août 2026
Vuitton Kusama dots lines & patterns
mardi 25 août 2026
Jardins en pots
ce jardin en pots photographié en juillet 2011 sur l'île de Ré (c'était à La Flotte, je crois) me rappelle celui d'une grand-tante qui vivait près de Niort et qui m'émerveillait enfant. Je ne sais si c'est de là que me vient cette attirance pour ces fouillis savamment organisés, mais ils m'émeuvent toujours autant. Je prête à ceux qui les ont arrangés une patience, une quiétude et une confiance dans le temps qui passe, que je n'ai pas et n'aurai sans doute jamais. Ce sont des endroits qui respirent la paix et rassurent. Moi qui, en dépit des années accumulées, éprouve encore le blues du dimanche soir, c'est là que j'aimerais bien être à l'heure où j'écris ces lignes. première publication 23/09/2012 à 19:26
vendredi 21 août 2026
La femme la dune le parasol
mercredi 19 août 2026
Prosopagnosie (2)
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Voilà, pour désigner des journées d’une chaleur accablante le japonais dit "kokushobi". Hier, comme aujourd'hui, ce fut très ...
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Paris, Champs Élysées Août 2012 première publication 3/8/2012 à 12:06 shared with Thinki ng Out Loud about Today - art for fun ...
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