Un blog écrit en français, avec des photos des collages des dessins, des créations digitales, des récits de rêves, des chroniques des microfictions et encore bien d'autres bizarreries... A blog written in french with photos, collages, drawings, digital paintings, dream stories, chronicles, microfictions and a few other oddities. ISSN 2402-7375
mardi 16 juin 2026
Le tombeau d'un saint homme
vendredi 1 septembre 2023
Notre ciel est sans dieu

Si
cette frénésie suicidaire bien évidemment se manifeste dans toutes les
zones de conflits par des catastrophes humanitaires, d'autres désastres
l'exacerbent : le désastre nucléaire rampant de Fukushima dont on ne
parle plus mais qui n’est en rien résorbé (tiens à ce propos on a
rejeté des eaux radioactives dans le Pacifique mais il paraît que ce
n'est pas dangereux), les sols contaminés un peu partout sur la planète,
les océans et les fleuves pollués, l’air devenu irrespirable en
certaines régions, et bien sûr le bouleversement climatique et
écologique impossible désormais de passer sous silence. Les nombreux
fléaux qui en résultent (méga-incendies, canicules, violentes
précipitations, inondations, glissements de terrains, disparitions des
espèces etc) ont encore alimenté les nouvelles des derniers mois, sans
pour autant susciter de décisions collective d'envergure.
Tout laisse à penser que face à cette adversité
l’humanité ne semble plus disposer de l’intelligence adéquate pour
réaliser — c'est à dire rendre tangible à son esprit — l’ampleur du
désastre généré. Cette dissonance cognitive amène les hommes — enfin
ceux qui ont le pouvoir de décider du sort du reste de leurs semblables
— à continuer d’inventer de super-moyens et de super-slogans pour
perdurer dans l’illusion que l'on peut continuer comme avant. Et
nombreux sont ceux qui les croient et doutent encore de l'ampleur de ce
lent cataclysme. Sans doute sont-ils persuadés que la providence divine
les sauvera.
Bref,
tout se passe comme si la connaissance s’était dissociée de la
conscience. C'était quoi déjà cette maxime si souvent rebattue pendant
les années de philo ? Science sans conscience etc... Eh bien oui, la
ruine de l'âme on y est. Un peu plus vite et plus intensément que prévu.
D'ailleurs, y a jamais-t-il eu d’âme collective ?
L’humanité se trouve à présent dans l'incapacité de gérer les informations qu’elle a collectées et les transformations qui en ont résulté. Comme si sa propre science, qui l’avait jusque-là guidée sur le chemin de son devenir, s'avérait désormais l’agent principal de destruction de l’intelligence collective. Comme si dépérissait aussi son principal organe.
On a déjà vu cela chez certaines espèces. Ces oiseaux par exemple dont les ailes sont devenues inutiles et ne leur permettent plus de voler. Et bien peut-être qu’on en est là, que le cerveau ne permet plus a l’humain de penser les conditions de sa survie.
"Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve" proclamait Holderlin. Foutaises…
Et si autrefois on pouvait penser "Il n’y a pas moins de vertu à fuir le danger qu’à l’affronter". Il est désormais impossible de fuir le danger. Car il est en nous. Il est le fruit de notre propre activité qui a détruit tout possibilité de refuge.
Certes, la rosée brille encore sur cette terre meurtrie, mais notre ciel est sans dieu.
Et il est fort à craindre que ni la dévotion ni la piété ni la prière ne nous sauveront.
vendredi 21 avril 2023
Beach Luxury Hôtel
jeudi 22 octobre 2020
Transformer les morts en diamants
vendredi 26 juin 2020
Lavandiers près de Karachi
| Alentours de Karachi (1991) |
vendredi 24 avril 2020
Ou bien
par exemple être assis au fond bus 58 en compagnie d'Agnès et de passer, lors d'un dimanche caniculaire devant le restaurant du moulin vert. Il ne se passe rien de particulier, peut-être suis-je simplement bien, je ne sais pas. Et je songe qu'il doit être bon d'y déjeuner, et que je le ferai peut-être un jour, car j'ai toute la vie devant moi. Ben non.
Ou bien
Rue Jean Ferrandi, c'est le printemps, il y a Bente, il y a Renée et Jean-Jacques qui fait le pitre en chantant "kaya kaya" la chanson de Bob Marley. Nous sommes tous légèrement sous influence.
Ou bien
ce matin d'août qui vient tout juste de commencer. J'ai 17 ans je fais un long voyage en mobylette il est aux alentours de neuf heures je suis sur la nationale 624 un peu après Mazères, je m'arrête pour refroidir le moteur. Il me semble que le paysage change, qu'on passe du côté de la Méditerranée. D'ailleurs on entend des cigales. L'instant est parfait. Je ne fais qu'un avec le monde. Je suis libre, les possibilités sont sans mesure
Ou bien
ce déjeuner du dimanche chez Pierre Guyot, après son voyage en Tunisie d'où il avait ramené du sirop de violette ; il nous avait offert du parfum à Agnès et moi. Chaque fois que je passe rue Cassette, je pense à lui et à ce que ma vie aurait été s'il avait vécu plus longtemps
Ou bien
cette descente dans le lit de la rivière Nartuby depuis Ampus avec Gérard, Delphine, Didier et Agnès
Ou bien
Louise jouant au piano une arabesque de Debussy par une de ces fins d'après-midi dans la merveilleuse maison de Jurançon
Ou bien
La fois où j'ai arrêté mon scooter sur le bord d'une route en Corse et qu'un papillon est longtemps resté posé sur mon sac à dos attaché au porte bagage
Ou bien
ces soirées de juin 1970 où nous jouions au foot sur la pelouse en face de l'immeuble en nous prenant pour les joueurs que nous voyions à la télé lors de la retransmission des matches de la coupe du monde avec le grand Brésil de Pelé, Rivelino, Jairsinho, Gerson, Tostao, Carlos Alberto qui cette année là marqua le dernier but de la compétition
Ou bien
cette promenade dans un sous bois de la forêt landaise après la pluie en compagnie d'une monitrice qui est si gentille avec moi et qui me prend par la main
Ou bien
ces après-midi passés dans l'aire de jeu du jardin du Luxembourg avec ma fille si fière de montrer comme elle monte bien sur, la toile d'araignée comme elle glisse bien dans le toboggan, comme elle sait remonter vite sur le tourniquet
Ou bien
cette soirée de mai 1973 à errer longuement sur les quais de Seine en compagnie d'Agnès et Delphine et le retour à Vaugirard et ce qui s'ensuivit
Ou bien
un dimanche matin avec Philippe et Agnès, on mange des charcuterie chez Goldenberg dans le quartier juif
Ou bien
Pascal jouant à "Waiting for my man" près d'une station service sur la route d' Ushu.
Ou bien
cette fois où un dimanche après-midi écoutant la tribune des critiques sur France Musique — différentes versions d'une cantates de Bach étaient proposées — il m'est arrivé d'être ému aux larmes dans la proximité et la chaleur d'une présence aimée
Ou bien
Me promenant sur mon vélo rouge et fredonnant "Penny Lane". J'ai onze ans
Ou bien
Quand avec Christelle nous avons dormi dans l'hôtel situé près des grottes de Matata à Meschers au bord de l'estuaire de la Gironde une fois tous les deux, une autre avec notre fille qui était toute petite
Ou bien
ces samedi matins où je me réveillais très tôt à cause du décalage horaire — cela semble si loin, alors que c'était encore l'année dernière — pour voir des matches du Rugby championship de l'hémisphère sud en streaming sur mon ordinateur, et c'était comme une joie enfantine
Ou bien
La veille du jour où Agnès passait son bac de français je crois, et pour qu'elle se change les idées (et cette suggestion m'avait étonnée) Dominique nous avait emmenés à Ermenonville au parc Jean-Jacques Rousseau où celui-ci passa les cinq dernières années de sa vie. Ce parc composé par le paysagiste René-Louis de Girardin, était destiné par son créateur à stimuler la réflexion des visiteur.
Ou bien
la découverte de Lisbonne, la première promenade là-bas, les premières marches gravies
Ou bien
lorsque l'été je me réveillais tôt à Châteaudouble et que je prenais ma pétrolette pour aller jusqu'à Ampus chercher le pain qui était particulièrement bon, et que l'air embaumait de senteurs de thym, de lavande...
Ou bien
les premières séances de la journée au Saint André des Arts, où j'ai vu tant de film de Bergman, et aussi "Rencontre avec des hommes remarquables" de Peter Brook, et "La peau" ce génial film de Liliana Cavani d'après l'œuvre éponyme de Malaparte
Ou bien
ce garçon dans ma classe en CE1 à Châlons sur Marne (aujourd'hui Châlons en Champagne parce que c'est plus chic) qui prétendait que sa gourde avait été achetée par son père au "marché commun"
etc, etc...
Un poète a déjà donné ce titre à un recueil. Mais j'appelle ça les moments tannés.
Link up with the wekend in black and white
vendredi 22 février 2019
Ushu, Kalam Hôtel
mercredi 16 avril 2014
Dix-septième parallèle
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| Love song (Madonna & Prince) |
vendredi 14 mars 2014
Un rêve d'air pur
dimanche 14 juillet 2013
Clifton Beach
lundi 25 février 2013
Sur la route de Taxila
Voilà,
mercredi 26 septembre 2012
Père et enfant
vendredi 13 avril 2012
Cimetière chinois
en cherchant autre chose je suis retombé sur cette photo prise il y a longtemps au cimetière chinois de Manille, un vendredi après midi, ce détail a son importance. Le cimetière chinois ressemble à un petit village de vacances. Les tombes sont en fait de véritables villas aux architectures contrastées, certaines traditionnelles en forme de pagodes, d'autres plus récentes dans le genre pavillonnaire avec des jardinets. Le week-end, les riches familles qui ont des concessions là, viennent tenir compagnie aux ancêtres et y partager leur repas. Parfois, on y amène le cochon que l'on va griller au barbecue. Celui-là, ne passerait pas la semaine c'était sûr. Je crois que l'enfant le savait. Ce moment si redouté, auquel il ne voulait pas penser, il n'allait pas tarder à arriver. Depuis ce jour, dans mon existence il y a ce petit garçon grave, méditatif et peut-être mélancolique, qui partage les dernières heures du condamné afin de le réconforter. Peut-être lui adresse-t-il de secrètes prières en le caressant affectueusement. Bien sûr c'est une interprétation. C'est ce que j'ai cru comprendre de cette scène aperçue entre les tombes, dans le silence de ma promenade, par une chaude après-midi d'avril. C'était si surprenant et incongru comme ce panier de basket à Baby lane, la section réservée aux enfants morts-nés relégués dans leurs limbes de pierre. (Linked with the weekend in black and white)
vendredi 14 octobre 2011
Roxas Bd
mercredi 4 mai 2011
Vallée de Swat
J'éprouvais une sorte de malaise durant ce voyage. Car ici comme en tant d'endroits du monde, l'homme blanc qu'il soit américain ou européen n'est pas aimé, souvent même détesté pour tous les méfaits et parfois les crimes qui ont été commis au nom de la Civilisation Occidentale. Où que nous allions, il était clair que nous n'étions pas vraiment les bienvenus, qu'une suspicion pesait a priori sur nous, même si l'accueil était cordial, le rituel de l'hospitalité respecté (thé, parfois repas), et les apparence sauves. En discutant avec un antiquaire local à Madyan, chez qui nous étions allés acheter quelques boîtes à épices ainsi que des coffres et des tabourets sculptés, l'homme avait fait part de son amertume aux amis que j'accompagnais et qui avaient déjà été en affaire avec lui. Il s'était plaint du fait qu'un gros client venu acquérir de nombreux meubles (qui sans doute seraient vendus en Europe avec un bon bénéfice) l'avait, malgré sa promesse de le régler en liquide, payé avec un chèque qu'il était obligé d'aller encaisser à Peshawar, ce qui allait lui prendre deux jours. Il avait alors regretté ce temps où la cour était pleine de gens qui passaient là, et en l'interrogeant j'avais alors compris de son anglais plutôt hasardeux, que ce qu'il regrettait c'était l'époque des routards et des hippies des années soixante dix. Peut-être alors, était il plus facile de nouer des liens. Il ne comprenait pas pourquoi le monde avait si vite changé, et semblait penser que c'était notre faute à nous les Blancs forcément riches, qui étions devenus si pressés, si peu enclins à accorder du temps ne serait-ce que pour parler marchander, et ainsi créer une apparence d'échange. Au bout d'une heure passée dans sa boutique, nous avions du marquer le signal du départ après une brève négociation de principe et il avait alors semblé déçu comme si, nous aussi, avions manqué d'égard pour lui. (Linked with the weekend in black and white
samedi 5 février 2011
Beach resort
jeudi 16 décembre 2010
On the road to Lahore
c'est survenu il y a longtemps, et pourtant c'est encore présent. Le passé n'est jamais simple, et le supposer en certaines circonstances plus que parfait est une illusion de grammairien. Pour désigner le temps, l'image photographique échappe aux ambiguïtés de la langue. Une fraction de seconde peut lui suffire pour retenir un geste un regard une attitude un agencement fortuit. Elle sépare de la durée, et s'offre en partage au regard d'inconnus qui sont éloignés du lieu et du moment représentés. Elle se réinscrit dans le cours de l'histoire de ceux qui l'observent. L'image suscite autant de lectures et d'interprétations que d'individus qui la scrutent. Elle est là, juste là, ouverte au chaos des pensées informulées, du désir qui vagabonde, des mondes qui se rencontrent. (Linked with the weekend in black and white - Rain'sTADD )
samedi 30 octobre 2010
Attock, un souvenir
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