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mardi 7 avril 2026

Une tyrannique habitude

  
octobre 2009, cirque d'hiver
 
Voilà, 
"un trapéziste – l’art que ces acrobates exercent dans les airs sous le dôme des grands music-halls, est, on le sait, l’un des plus difficiles auxquels l’homme puisse s’élever –, un trapéziste, poussé d’abord par la seule ambition de se perfectionner, puis par une habitude devenue tyrannique, avait organisé sa vie de telle sorte qu’il pût rester sur son trapèze nuit et jour aussi longtemps qu’il travaillait dans le même établissement. Des domestiques se relayaient pour pourvoir à tous ses besoins, qui étaient d’ailleurs très restreints ; ces gens attendaient sous le trapèze et faisaient monter ou descendre tout ce qu’il fallait à l’artiste dans des récipients fabriqués spécialement à cet effet.   
Cette façon de vivre n’entraînait pour l’entourage aucune véritable difficulté ; ce n’était que pendant les autres numéros du spectacle qu’elle devenait un peu gênante : on ne pouvait dissimuler que le trapéziste fût resté là-haut, et le public, bien que fort calme en général, laissait parfois errer un regard sur l’artiste. Mais la direction n’en voulait pas à cet homme, car c’était un acrobate extraordinaire qu’on n’eût jamais pu remplacer. On se plaisait à reconnaître d’ailleurs qu’il ne vivait pas ainsi par espièglerie, que c’était pour lui la seule façon de se tenir constamment en forme et de posséder toujours son métier à la perfection" (Franz Kafka in Un champion du jeûne")

dimanche 26 octobre 2025

Cauchemar climatisé

 

Voilà
les fous, les tarés, les dingues sont un peu partout au pouvoir. Les peuples pour la plupart préfèrent s'en remettre aux démagogues et aux cons qui leur trouvent des boucs-émissaires ; les peuples ont besoin de boucs-émisssaires. C'est comme ça depuis des siècles. Les scientifiques nous avertissent que bientôt la planète sera inhabitable ; cela ne semble pas troubler tant de gens. Du moins pas sous nos latitudes. Les scientifiques aussi deviennent des boucs émissaires car l'obscurantisme gagne du terrain. On s'en remet à la providence, à la prière. "In god we trust".
On continue comme avant. On laisse les lumières allumées, même quand il n'y a plus personne ; même quand c'est la nuit. "C'est pas grave c'est des LED, ça consomme moins". Ici on vit encore avec nos certitudes, nos illusions. On voudrait que le monde — enfin pas le monde, mais notre environnement immédiat — continue de durer tel qu'on l'a toujours connu. Confortable, avec tous ses fétiches : la pub, la climatisation, les néons, la consommation à outrance. On ne veut pas songer que c'est pourtant ce monde qui nous a empoisonnés. Déjà nous ne sommes plus que des ombres vouées à disparaître. On s'enfonce dans le futur qui se referme sur nous avant de nous engloutir. Pour l'instant il y a encore de la muzak d'ambiance, les lumières sont encore tamisées, les sols bien cirés ; les escalators fonctionnent toujours plus ou moins. 
On disparaîtra cependant en bons modernes : le doigt sur l’interrupteur, et l’esprit sur “snooze”.
 
 
Et puis dehors, sur les murs de la villes il y a quelques images naïves comme celles d'Alexandre Puga, un street artiste brésilien dont j'ai déjà montré une fresque la semaine dernière. Il s'exprime beaucoup dans le quartier Beaubourg, semble-t-il, offrant des silhouettes d'enfants qui réclament la paix ou rêvent devant une fleur. Dans le monde où nous vivons — ce "cauchemar climatisé" pour reprendre l'image de Henry Miller — ces naïfs messages d'espoir et ces couleurs offertes à la ville, semblent bien dérisoires. Ils sont à notre regard l'équivalent des "charmes" ; ainsi appelait-on au moyen-âge ces formules d’incantation employées dans certaines circonstances et censées avoir un effet concret sur le monde physique : les choses, les gens, les animaux. Les mots y étaient importants, mais les charmes pouvaient aussi comporter l’utilisation de plantes, de gestes ou d'objets. D'une certaine façon, on en est encore là.

mercredi 15 octobre 2025

L'envie me quitte tout doucement


 
Voilà,
j'ai de moins en moins de choses nouvelles à raconter et à montrer sur ce blog. L'envie me quitte doucement d'écrire et même de photographier, et c'est la raison pour laquelle, de plus en plus fréquemment, je republie d'anciens articles. En outre, trop souvent je me répète, m'insurgeant devant les mêmes choses. Mon espace intellectuel se rétrécit. Ma capacité d'émerveillement se tarit. Le monde me fatigue toujours un peu plus. Tant de nouvelles alarmantes s'accumulent. Il y a des prises de conscience qui, à l'époque où nous vivons devraient se faire mais n'adviennent pas. Je ne parle pas seulement des désastres écologiques, dont les gouvernements des grandes puissances et les décideurs de l'industrie semblent pour la plupart se contrefoutre totalement. 
S'il n'y avait que ça, cela serait déjà terrible. Mais la militarisation croissante de la planète, la mainmise des oligarchies sur les gouvernements, la multiplication des pouvoirs autoritaires, la restriction des libertés dans un nombre croissant de pays, l'appauvrissement des populations, la recrudescence des génocides en cours dans de nombreux endroits, la décivilisation à l'œuvre dans le monde entier, à l'exception de la Chine peut-être, le triomphe de la bêtise de l'arrogance de l'irresponsabilité  dont Trump est le parfait exemple, mais qui advient aussi lentement dans le pays où je vis, tout cela me consterne. Le monde fait un bruit de fond qui m'affole. Je veux dire qu'il me rend littéralement fou. L'envahissement des images trafiquées, des fake-news sur les réseaux sociaux n'arrange rien.
Bien sûr je pourrais me satisfaire de partager des poèmes glanés ici ou là au cours de mes lectures. De publier des photos sans aucune légende, ou bien me contenter de rendre compte des nombreux films que je vois, (car je vais souvent au cinéma, comme on se drogue). Ou encore témoigner des quelques expositions auxquelles je me rends. Mais je n'en ai même plus la force. Cette contrainte que, jusqu'ici, je me suis imposé par hygiène mentale, pour essayer de lutter contre l'engourdissement de la pensée me pèse de plus en plus. Je me réveille le matin sans envie ni désir. Je traîne au lit et m'abandonne à des rêveries qui me ramènent à des périodes lointaines de ma vie. Je n'aime pas ce que j'entends et vois autour de moi.
Je repense à ce qu'écrivait en 2009, dans "N'espérez pas vous débarrasser des livres",  Umberto Eco,  — c'était l'époque de Berlusconi (comme on oublie vite) — "L’ignorance est toute autour de nous, souvent arrogante et revendiquée. Elle fait même du prosélytisme. Elle est sûre d’elle, elle proclame sa domination par la bouche étroite de nos politiciens. Et le savoir, fragile et changeant, toujours menacé, doutant de lui-même, est sans doute un des derniers refuges de l’utopie. [...] Le savoir, c'est ce dont nous sommes encombrés et qui ne trouve pas toujours d'utilité. La connaissance, c'est la transformation du savoir en une expérience de vie." Je ne peux m'empêcher de mettre cela en relation avec ce qu'a déclaré Lech Walesa il y a quelques mois, suite à l'élection du candidat populiste au poste de président de la Pologne,  : " La démocratie en Pologne s'est effondrée le 1er juin 2025. Pour la première fois de l'histoire, la moitié de la société polonaise a élu un président qui est un proxénète, un escroc, un usurier, un menteur et un toxicomane – avec le soutien indéfectible de l'Église catholique, qui est censée prêcher les valeurs de l'Évangile. Ce n'est pas mon président et ne le sera jamais. […] La Pologne est ma patrie, mais ce n'est plus mon pays. Pour l'instant, je m'exile intérieurement – ​​dans le monde de la nature, de la musique et des livres. Ce qui m'attend ensuite, je l'ignore. Pour ma santé mentale, je vais arrêter de lire ce qui se passe en Pologne. Je ne commenterai plus l'actualité. J'ai besoin de prendre soin de moi. Adieu Pologne." C'est — quand on s'approche de la mort —une sage décision. Je devrais m'efforcer d'en faire autant.

vendredi 3 octobre 2025

Le Présent

 
 
Voilà,
le présent n’est qu’un leurre, un rêve qui s’efface
l’avenir le passé y sont liés à jamais
et l’univers se tient, immobile et fugace 
flaque de lumière où tout déjà demeurait

vendredi 12 septembre 2025

C'est comme ça

 

Voilà,
je suis moins effrayé par la perspective de la mort que par celle de laisser derrière moi tant de choses inachevées ou inaccomplies. Ma mort, en un sens, je peux l’imaginer comme un long sommeil serti dans une nuit plus douce que celles, si souvent agitées, où, en proie à d'obsédantes pensées peuplées de prémonitions, je me retourne avec angoisse, en sueur dans mes draps. Mais l’inaccompli, l’inachevé, ce n’est pas une nuit. C'est comme un bruissement obstiné qui continuerait de résonner alors même que je ne serais plus capable d'entendre les bruits du monde. 
Bien sûr, il y a ces images à peine entrevues, ces dessins ces esquisses tremblantes dans mon esprit, pareilles à des silhouettes fugitives que l’on distingue, le soir, derrière une vitre embuée. Elles se sont évanouies avant même que j'aie pu tracer leur contour. Ces visions, si souvent différées, portent déjà le poids d’un adieu prématuré. Elles me reprochent d’avoir laissé s’éteindre leur éclat sans jamais leur donner la chance d’un corps, d’un trait, d’un cadre. Mais il y a aussi les idées qui n'ont jamais été creusées. Je les évoque, et les imagine aussitôt  comme ces fleurs qui se languissent dans l'obscurité des profondeurs marines. Je finis ma vie avec parfois par le regret de ces pages de ces phrases que je n’ai pas écrites, par paresse par manque de rigueur ou d'assurance.
Mais plus encore que ces œuvres absentes, c’est le désordre concret, celui des choses accumulées et jamais triées, qui m’apparaît comme une seconde mort plus triviale et plus effrayante que l'approche de mon propre effacement. Une inquiétude sournoise et délétère me saisit quand j'y songe. Car il y a ces papiers jaunis empilés dans des boîtes qui n'ont pas été ouvertes depuis des années, les carnets où ne subsistent que quelques phrases hâtives, pareilles à des racines privées de leur plante, et puis ces menus objets qui chacun contiennent, pour moi seul, la mémoire d’un instant : une enveloppe froissée, un billet d'avion, une clef dont la serrure n’existe plus, des vieilles cartes de visites, de téléphone. Je crains que, livrés aux mains étrangères qui viendront après moi, ces restes ne soient perçus uniquement comme le rebut d’une vie maladroitement amassée, et que personne ne devine la chaleur du secret ou l’éclat fugitif de l’émotion qu’ils protégeaient. Ces choses jamais jetées, recèlent des secrets ni grands ni dramatiques, mais elles relèvent de cette embarrassante pudeur, voisine de la honte que nous mettons à ne pas tout montrer de nous-mêmes, à garder pour nous ces petites traces muettes que nous n’avons pas voulu livrer, comme si nous pressentions qu’elles ne prendraient tout leur sens que dans l’ombre. Laisser cela derrière moi, exposer au regard nu des autres ce que j’avais choisi d’enfouir, livrer mes demi-aveux, mes maladresses, mes repentirs, à une lumière crue et étrangère, toute cette survivance maladroite, ce prolongement involontaire de moi-même, m'embarrasse. Et pourtant, je n'ose encore me résoudre à les jeter.

vendredi 29 août 2025

Comme une journée glacée

Voilà,
"Je vois clairement aujourd’hui que j’ai échoué, et je m’étonne seulement, parfois, de n’avoir pas prévu que j’allais justement échouer. Qui avait-il donc en moi qui annonçât une victoire ? Je n’avais ni la force aveugle des vainqueurs, ni la vue pénétrante des fous.… J’étais lucide et triste comme une journée glacée." Fernando Pessoa Le livre de l'intranquillité 319

mardi 22 juillet 2025

Extra-Muros


Voilà,
c'est une vue dont on ne peut se lasser. C'est l'un des plus beaux panoramas d'Europe. Le pont d'Avignon. Le Rhône. La cité des Papes, le Mont Ventoux au loin. En cette fin d'après-midi j'ai déjà le départ dans la tête. J'ai commencé à faire ma valise. Je suis allé me promener extra-muros, au-delà des remparts vers l'île de la Barthelasse. Comme d'habitude, il y aura eu des jours où j'aurais trouvé le temps long et finalement ce mois aura vite passé. Je n'aurais pas eu le temps de faire ce que j'avais supposé. Visiter des amis à Nîmes, Arles... L'été, durant le festival, Avignon vous tient captif. 
Ce jour là, j'ai réfléchi à ma mélancolie. Mais ma mélancolie, je ne sais pas d’où elle vient exactement. Peut-être de la solitude, d’avoir été longtemps un enfant unique qui en outre, ne pouvait pas avoir beaucoup d’amis parce que la petite cellule familiale déménageait fréquemment. Je me suis toujours senti en quelque sorte coupé du monde, à part. De plus, j’avais des dispositions pour la nostalgie ce qui n’arrange rien. Contrairement à ce que j’ai lu dans un article du journal « Le Monde », il y a quelques mois, j’ai des souvenirs qui datent de bien avant l’âge de trois ans. Oh pas vraiment des souvenirs mais des images associées à des sensations comme ça, précises. 
Et puis à partir de trois ans je peux dérouler le film de mon histoire. Sans doute parce que, à cet âge-là je me suis retrouvé dans un environnement totalement différent. D'ailleurs, j’avais déjà changé d’environnement précédemment. Je suis né en Allemagne. J’ai quelques souvenirs de poussette que j’ai déjà évoqués par ci par-là. Je me suis ensuite retrouvé dans la région de Saumur dans la douceur angevine. Là aussi j’ai des images précises : un accident de voiture, la nuit, la rampe qui menait à la maison de mon grand-père, l'odeur de la Loire. Et puis ensuite ce fut l'Algérie. Je me souviens très bien, non pas de la première partie du voyage parce que la génitrice m’avait drogué au sirop de Phenergan ou de Théralène pour que je sois calme durant le trajet en 4CV de Saumur à Marseille. En fait je réalise à quel point je devais être défoncé. Mais ensuite dans le bateau je me souviens des sensations, des images, de l’arrivée sur Alger, la mer verte, la ville blanche, la découverte du géniteur que j'avais finalement assez peu vu dans les premières années. Très peu de temps après ma naissance il est allé en Algérie parce qu’il était militaire de carrière. Ma génitrice qui quelques années auparavant avait épousé un homme qui une semaine, après leur mariage était parti en Indochine. Donc elle avait passé 18 mois seule et avait décidé que cela ne se reproduirait pas. Elle l'a rejoint en Algérie. De l’Algérie, j’ai des souvenirs nombreux et très précis, parfois pénibles que j’ai déjà évoqués dans ce blog. Je me souviens que là-bas, j’avais déjà la nostalgie de paysages d’endroits que je ne connaissais pas, mais qui m’étaient suggérés par des chansons, en particulier, l’adaptation de green fields par les Compagnons de la Chanson. Et vers huit ans il me semblait avoir énormément de souvenirs comme si j'avais déjà vécu une longue vie. Tout s'imprimait, les chansons les visions les odeurs... Les images du passé remontent, je n’y peux rien, c’est comme ça, je suis goupillé comme ça. Aujourd’hui encore c’est la même chose. Le présent me renvoie souvent au passé. Avignon par exemple, je suis à Avignon  à l’époque du festival. J'y ai exercé mes premiers jobs d'été quand j’avais 17 ans, 18 ans. Eh bien tout ça remonte terriblement. A cause des murs, des rues. Les visages, les noms, les gens de l’époque, les spectacles vus à ce moment là, oui la jeunesse, les souvenirs de jeunesse ont la même densité, peut-être même plus de densité que le présent. Je ne prenais pas de photos à l'époque. Aujourd'hui les photos aident à se rappeler. En ce temps là, la sensation s'imprimait sans que je réalise que cela serait pour longtemps. Pourtant, j'ai toujours autant de mal à reconnaître les visages. C'est curieux... Mais finalement, j'aime bien avoir cette faculté de souvenirs. Je ne m'ennuie pas. C'est juste parfois que cela me rend un peu vague, tout ce temps qui me traverse.

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mercredi 9 juillet 2025

Autrefois l'insouciance

 
Voilà,
c'était il y a dix ans. La plus grande nation occidentale n'était pas encore gouvernée par un malade mental complètement sénile. C'était même quelque chose d'inenvisageable. Elon Musk, quant à lui était encore un jeune entrepreneur "une sorte de gourou, un porteur de rêves qui aime se lancer des défis disait on de lui dans les gazettes. Les entreprises Paypal, Space X, Tesla, le projet Hyperloop... Autant de défis lancés ou relevés par celui qu'on considérait comme un entrepreneur génial bien que déjà controversé. Après un premier succès économique dans les années 2000 avec la revente de l'entreprise Paypal, Elon Musk s'était lancé dans le challenge technologique en pariant sur la voiture électrique avec la firme Tesla : «Je veux démontrer que la voiture électrique est la voiture la plus prometteuse de monde !», confiait-il alors. À l'époque, son projet c'était Hyperloop. Lancé en 2013, il rêvait au voyage ferroviaire à très grande vitesse avec une ligne reliant Los Angeles à San Francisco en moins de trente minutes. C'est à cette époque aussi qu'il lançait Open AI dont l'Objectif affiché était de développer des technologies d’intelligence artificielle et de les mettre à disposition de tous, pour qu'elle bénéficie à l'humanité « En tant qu’organisation à but non lucratif, notre but et de créer de la valeur pour tout le monde, plutôt que pour des actionnaires », pouvait-on lire dans le texte de présentation, sans réaliser à quel point cette nouvelle technologie serait gourmande en énergie.
Dix ans à peine, depuis cette photo sous le ciel bleu de Madère ; cela me paraît si loin, presque irréel. Ce n'est pas que les choses allaient particulièrement bien à l'époque, mais comparées à maintenant, c'est sans mesure. Ce qui est stupéfiant, c'est l'impression d'une inéluctable accélération vers le pire, dont on ne connaît pour le moment pas la nature exacte. 
On est désormais dans le temps de la force désinhibée, comme jamais peut-être auparavant. Au regard de la puissance de destruction dont l'humanité dispose, on ne peut que s’en inquiéter. Surtout quand la bêtise est à ce point plébiscitée. C’est quand même une sorte d’Amin Dada qui a été démocratiquement élu dans ce qui, voilà peu de temps encore, passait pour la première puissance mondiale. Si, pour l'humanité ce n'est pas encore la fin des temps, il est cependant possible que, comme l'écrit Pierre-Henri Castel dans son ouvrage "Le mal qui vient", ce soit déjà le temps de la fin. De toute façon, cela prendra une forme autre que ce que nous sommes en mesure d'imaginer.
 
 
Mais tout de même, à défaut d'être joyeux, apprécions — puisque de toute façon il ne nous reste guère d'autre alternative —,  le plaisir de pouvoir encore, sous un ciel radieux flâner en paix dans la splendeur d'une sainte et moyenâgeuse cité.

lundi 30 juin 2025

Canicule (3)

 
Voilà,
il y eu des temps où je quittais mes bases, avec légèreté. Le monde ne me semblait pas si hostile que ça. Je n'étais guère encombré. La vie était facile parce que je ne possédais pas grand chose. La jeunesse me donnait l'illusion d'invulnérabilité. Le futur devenu le présent où je me trouve me semblait alors une hypothèse lointaine, sinon improbable. Je ne pensais pas que cela me concernerait. Maintenant la moindre douleur me paraît suspecte. Une trop forte chaleur m'inquiète. Je deviens l'ombre de qui je fus.

 
 
Mais il n'y a pas que moi qui ai changé. Le monde aussi.
Il y a des chiffres, des données statistiques. Les chiffres ne mentent pas. Il suffit de chercher un peu sur le web. C'est facile, tout est là. 
Donc nous fonçons droit vers un épisode météorologique historique. Cette fois-ci, les 40°C ne seront pas des pics isolés, mais concerneront des régions entières. Les seuils de vigilance rouge pourraient même être atteints. Cela fait maintenant neuf jours que les critères de vague de chaleur sont dépassés en France. 
Il est désormais certain que cette canicule durera au moins 14 jours, ce qui en fait la plus longue canicule pour un mois de juin. 
Celle de 1976 s’était étalée du 23 juin au 6 juillet (14 jours), mais avec une intensité bien moindre. 
Celle de juin 2005 avait duré 11 jours. Des températures minimales incroyables sont attendues en Méditerranée, entre 25 et 29°C à l’aube, en lien direct avec une mer qui bat actuellement tous ses records de chaleur pour une fin juin. Le 22 juin 2025, la température de la Méditerranée occidentale avait augmenté de 5°C par rapport à l'année dernière. Si les températures de surface peuvent rapidement redescendre, localement avec les vents du nord, la température moyenne de la mer, elle, continuera d'augmenter comme c'est le cas depuis des années. Cette canicule durable, surtout si elle se prolonge en Juillet risque d'être dévastatrice car elle menace la biodiversité des océans.
On craint des après-midi qui pourraient dépasser les 41°C-42°C. 
Nos végétaux sont à bout de souffle. L’indice hydrique des sols s’est effondré. Cultures comme forêts sont désormais dans un état de vulnérabilité extrême, avant même de subir deux journées qui s’annoncent parmi les plus chaudes jamais observées en France.
Pendant ce temps là, dans divers parlements du monde, on rogne sur les budgets consacrés à l'écologie.

vendredi 14 février 2025

Comme si le monde se filmait


 
Voilà,
dans son ouvrage "Une éclosion continue", sous titré "Temps et photographie", Jean-Christophe Bailly note de façon à la fois pertinente et poétique que "le monde physique qui nous entoure est lui-même producteur d'images et par les ombres et les reflets il se dédouble continûment, ouvrant même, pas à ses cotés mais en lui, le champ d'une duplication à la fois discontinue et infinie. Ces images — c'est ce qui pour une bonne part détermine leur étrangeté —, ne nous sont pas adressées. À ce qu'elles font, nous assistons passivement, elles viennent, elles sont dans le mode pur d'une venue sans adresse. 
 
 
 
 Leur équivalent dans le monde sonore est l'écho, et comme l'écho, l'ombre et le reflet ont d'abord pour nous le sens d'une activité qui nous échappe ou qui en tout cas n'a pas besoin de nous pour exister. Par les images qu'il produit tout se passe comme si le monde se filmait, et lorsque nous sommes en mesure de voir ce film dont nous ne pouvons être que des spectateurs ou, au mieux, des figurants, il nous sidère toujours par sa puissance énigmatique"

jeudi 6 février 2025

Comme un Aztèque

 
Voilà,
il y a une dizaine de jours en sortant de la station Luxembourg, en face du jardin du même nom, j'ai trouvé la lumière très plaisante. Je me suis senti bien, à cet instant à cet endroit. Des souvenirs de jeunesse sont remontés (je fréquente ce quartier depuis si longtemps). J'ai même espéré qu'avec un peu de chance le printemps serait précoce. Aujourd'hui cela n'en prend pas le chemin, il fait très froid. Ce jour là, donc, j'ai un instant oublié la marche du monde, chaotique. Mais depuis, chaque matin apporte son lot de nouvelles stupéfiantes, de situations au mieux absurdes, sinon démentes. En très peu de temps c'est devenu encore plus vertigineux. Je regarde à l’occasion les commentaires à ce propos sur les réseaux sociaux, sur les chaînes d’infos. Ils sont pour la plupart très alarmistes. C'est vrai qu'on a souvent l'impression d'une course à l'abîme. Je me demande si parmi les Aztèques certains se sont à l'époque rendus compte du tour irrémédiable que prenait leur situation. Je fais l'autruche. Ces derniers temps je reste chez moi. Aujourd'hui, par exemple j'écoute une émission consacrée à Ricardo Viñes ce pianiste espagnol virtuose dont on fête le 150 ème anniversaire de la naissance. Outre son talent, son amitié avec Maurice Ravel, Claude Debussy, Satie, Albeniz, Germaine Taillefer, Deodat de Séverac, et Manuel de Falla, qui lui a dédié sa "Nuit dans les jardins d'Espagne" ont favorisé sa notoriété. Il a créé nombre de pièces et de chefs d'œuvres des compositeurs de son temps. Il fut également le professeur de piano de Francis Poulenc. 
Je suis content de vivre dans un pays, certes plein de défauts, mais où il existe encore des radios d'état comme France-Musique ou France Culture qui permettent de s'instruire et de découvrir des choses inconnues.

dimanche 19 janvier 2025

Pêle-mêle avec miroir

Voilà,
pourquoi je tiens encore ce blog. Parce qu’il me permet d'écrire comme ci ou comme ça, sans contrainte de style de genre ou de sujet. Parce que je peux y proposer des images de nature et de facture différentes. Parce qu'il m’offre la possibilité de ne pas m’en tenir à une seule identité ou une seule forme d’expression. Parce qu’il est un terrain d’expérimentation où je peux raisonnablement m'extérioriser en étant relativement protégé. Parce qu'il y est loisible d’être indifféremment grave ou futile. Parce qu'il me contraint à formuler ce qui me passe par la tête (d'autres font des sports cérébraux comme les mots croisés). Parce qu'il m'offre en outre l’opportunité d’échanger  parfois avec des inconnus. Parce qu'il renvoie une image multipliée fragmenté de ce que je suis. Parce que cela me donne l'illusion d'être encore en lien avec ce monde.
"Les poèmes sont des bouts d’existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort" écrivait René Char. Il en va de même pour ces photos et aussi ces images dessinées ou trafiquées que j’accumule depuis quinze ans sur ces pages. Elles transforment le rapport que j’ai avec le monde. Elle ne racontent rien de particulier. Elles ponctuent des moments de réflexion, parfois, mais aussi des moments de vide, de songerie.
 


Ceci dit, je suis de moins en moins inspiré, et les brouillons qui s’accumulent n'offrent pas grand chose de nouveau. J’ai beaucoup ressassé. Ce sont toujours les mêmes obsessions, les mêmes terreurs et je me lasse de tout ça. En outre l’humour et la dérision semblent m'avoir quitté. Toutefois, je constate aujourd’hui que nombre de lecteurs ou de personnes de mon entourage qui me trouvaient autrefois pessimiste  — quand il me semblait n’être que lucide —, écrivent à présent des choses bien plus sombres que je ne l'ai fait. Je ne devais pas être tout à fait à côté de la plaque. Il est vrai que le futur immédiat est plus anxiogène que jamais pour ceux de ma génération. Que ce soit sur le plan politique, géostratégique, ou écologique. On s'apprête vraisemblablement à vivre des temps étranges.



Au lendemain des élections américaines David Lynch avait constaté dans une vidéo "what a great time to be alive if you like the theater of absurd. La mort l'a pourtant surpris avant le lever de rideau. On se rappellera simplement ce proverbe turc "when a clown moves into a palace he doesn't become a king, the palace becomes a circus". Nous en savons déjà un peu quelque chose dans ce pays où je vis.

 
En fait j'envie l'ami Pierre toujours prompt à imaginer une histoire ou Christine qui  chaque jour agence avec délicatesse un nouveau poème et une image apaisante, ou bien encore Bill qui quotidiennement dépose une vision enchanteresse de paysage. Tous regardent le monde avec sollicitude et soin y ajoutant un peu de beauté. Comme Agathe qui dans son paradis, fait dialoguer entre eux les objets et crée d'oniriques compositions. Mais pour ce qui me concerne l'imagination me fait de plus en plus défaut. 
 
 
 
Tout me paraît flou, incertain. J'essaie de composer des images qui rendent compte de cet état. Cependant ces tentatives me satisfont moyennement. Pas grand chose pour me stimuler ces derniers mois. Je subis le contrecoup de tout ce que j’ai du refouler entre Octobre et Avril. En fait ce qui est désagréable, c'est que désormais la mort approche. Et qu'elle se précise dans un monde tourmenté, traversé d'idées sales et d'affects troubles et malsains qui ne manquent pas de m'éclabousser. Bon, je ne suis pas complètement dépressif, ça ne m'empêche pas d'être futile, d'aller au cinéma, aux expositions, de regarder le rugby à la télévision et parfois au stade avec ma fille. Pendant ce temps là, je ne pense pas aux douleurs nouvelles.
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lundi 30 septembre 2024

Se projeter s'identifier se reconnaître

 

Voilà, 
ce jour là, — c'était en Juin dernier — j'accompagnais au musée des gens qui jusqu'à présent n'avaient été que des noms dans un récit et que je découvrais en réalité. Ils avaient tenu à visiter la maison de Victor Hugo, alors oui pourquoi pas. Dans l'une des salles cette apparition. Ces sculptures d'une exposition intitulée "la beauté du geste" de l'artiste Stéphane Simon dont le projet se définissait ainsi : "un ensemble de 10 sculptures réalisées à échelle humaine représentant 5 femmes et 5 hommes incarnant tous les continents, 5 athlètes olympiques et 5 athlètes paralympiques qui seront installés côte à côte sur un même pieds d’égalité pour la première fois dans l’Histoire des Jeux. Dix valeurs humanistes, issues des Chartes Olympiques et Paralympiques, sont associées aux statuaires dans lesquelles les athlètes mais également les visiteurs en provenances de tous les pays du monde pourront se projeter, s’identifier ou se reconnaître.". J'ai dérobé ce plan, parce que les différentes attitudes des sculptures m'évoquaient des gens tenant des portables. Et aussi pour l'ombre portée de la statue à proximité de la gardienne absorbée par son écran..

vendredi 20 septembre 2024

Ombres de fleurs


Voilà,
j’apprends des trucs à la radio qui ne me serviront à rien pour le temps qu’il me reste à vivre. Mais sur le moment, ça fait plaisir de savoir quelque chose que j'ignorais la veille, et que j'oublierai sans doute d'ici quelques jours. Par exemple : le requiem de Mozart est en ré mineur, une tonalité particulièrement sombre que le compositeur avait déjà testée paraît-il dans un de ses quatuors, le numéro 15 (dédié a Joseph Haynd). Alors des idées s'associent confusément les unes aux autres. Je voudrais n'être plus qu'images d'un songe voyageant parmi les quatuors à cordes de la musique française, ceux de Debussy, Fauré, Ravel, Dutilleux, Saint-Saens, Germaine Tailleferre, passer de l'un à l'autre et m'effacer ainsi paisiblement du monde. N'avoir pour ultime impression rétinienne que celle des ombres frémissantes sur un mur. Pouvoir penser comme Kobayashi Issa Ne possédant rien / Comme mon cœur est léger / Comme l’air est frais. Et me dissoudre dans le grand Tout. Et qu'on n'en parle plus. Qu'on ne parle plus de rien. Ça sera aussi bien comme ça.

mercredi 24 juillet 2024

Complexité


 
Voilà, 
"Les choses les plus simples, les plus réellement simples, que rien ne saurait rendre à demi-simples, deviennent d'une complexité extrême du seul fait que c'est moi qui les vis. Dire bonjour suffit parfois à m'intimider. Ma voix s'éteint subitement, comme si proférer ce mot à voix haute était d'une audace incongrue. C'est une sorte de pudeur d'exister, je ne vois pas d'autres nom "(Pessoa 135 LI-)
Je me reconnais tout à fait dans ces lignes de l'auteur du "Livre de l'Intranquillité". 
Quant à cette image, elle reflète bien mon état mental alors que j’attends l’anesthésiste.
On aimerait mieux paresser dans son plumard en écoutant la radio.
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vendredi 19 juillet 2024

Question de Temps

 
Voilà
"Jusqu'à ces derniers mois, il ne s'était jamais autant mépris sur son intime conviction selon laquelle ce qui devait lui arriver prendrait du temps, et peu importait qu'il estimât en avoir ou non. Vraisemblablement, il ne l'avait pas, ou ne l'avait, pour ainsi dire, que dans une mesure infime — de sorte que, assez tôt, à la façon dont les choses se passaient pour lui, il n'y eut d'autre déduction que celle à laquelle devait se résoudre sa vieille obsession : et ne l'aidait pas en cela, l'apparence de plus en plus confirmée qu'il ne restait plus guère de marge pour que s'éclaircisse l'ombre du grand flou sous lequel il avait vécu. Puisque c'est dans le Temps qu'il devait rencontrer son destin, c'est donc dans le Temps que son destin devait agir".
 
He had never, till within these last few months, been so false to his conviction as not to hold that what was to come to him had time, wether he struck himself as having it or not. That at last, at last, he certainly hadn't it, to speak of, or had it but in the scanties the measure – such, soon enough, as things went with him, became the inference with such his old obsession had to reckon : and this it was not helped to do by themore and more confirmed appearance that the great vagueness casting the long shadow in which he had lived had,to attest itself, almost no margin left. Since it was in Time that he was to have met his fate, so it was in Time that his fate was to have acted (Henry James)

Ça me parle bien finalement ces quelques lignes. Je me les répète et, devant cet improbable et fascinant reflet sur le mur, m’étonne du sens que mon état leur donne à présent....

vendredi 5 juillet 2024

Mal à la tête

 
Voilà,
"J’ai mal à la tête et à l’univers entier. Les douleurs physiques – plus nettement douleurs que les souffrances morales – entraînent, en se reflétant dans notre esprit, des tragédies qui leur sont étrangères. Elles provoquent une impatience à l'égard de tout qui, concernant tout, n'exclut aucune étoile" Pessoa "Le livre de l'Intranquillité (331)"

vendredi 12 avril 2024

L'Histoire de nos ratages

 

Voilà,
ces derniers temps j’écoute en boucle le premier album de Steely Dan, que je ne connaissais pas et que j'ai découvert que très récemment. Serais-je devenu un homme d’une sensibilité différente si je l’avais découvert à seize ans lors de sa sortie ? Et en vertu de l’effet papillon quelle aurait été ma vie dès lors ? Qui sait si cet infime paramètre ne se serait pas révélé déterminant ?  En fait, le ce-qui-manque, abonde autant sinon plus dans nos vies, que ce dont elles semblent remplies. L' histoire de nos pertes, de nos oublis de nos ratages, de toutes les occasions perdues nous constitue au même titre que l’entrelacement d'actes d'événements et de circonstances qui, croyons-nous, forment la trame de nos existences. Comme l'écrivit Marguerit Yourcenar "c'est ce que je n'ai pas été, peut-être, qui définit ma vie avec le plus de justesse"
Et puis le monde lui-même, n'est-il pas aussi fait de toutes les béances qui trouent le champ du Réel ? Comme ces fromages qui se caractérisent autant par la densité de leur pâte que par le vide de leurs trous ? Il n'est qu'à songer à tout cet "idéal" qui brille dans le monde surtout par son absence : à commencer par cette trinité républicaine affichée au fronton de nos mairies que les faits pourtant ne cessent de démentir.
La part d’invisible d’inaccompli, de questions irrésolues, abandonnées, de projets inaboutis, les rêves oubliés au matin, toute cette masse manquante forme une trame qu'on ne peut certes observer, mais qui n'en demeure pas moins intensément présente, et revêt dans nos vies une importance que nous ne soupçonnons peut-être pas à sa juste mesure. Que serait il advenu si j'avais osé franchir la porte du cinéma Monge lorsqu'une certaine compagnie y jouait "Trotsky à Cayoacan" ? Ou s'il n'y avait pas eu cette stupide distraction près de l'église Notre-Dame-des-champs ? Où si j'avais été moins timide en certaines circonstances ? Où si j'avais eu des jugements moins péremptoires sur le théâtre à différentes époques de ma vie ? Si je m'étais attablé en certaine compagnie plutôt que de passer mon chemin. Mon existence eût été bien différente et aurait peut-être formé une autre version de moi, plus attrayante, ne serait-ce qu'à mes propres yeux, et peut-être aussi pour les autres. 

jeudi 21 mars 2024

Une belle promenade


Voilà,
il y a des gens qui tentent parfois des choses fort audacieuses, voire téméraires et stupides peut-être dans le but de publier une "story" singulière sur leur compte instagram. Certes ma photo eût été plus originale si elle avait saisi l'homme en déséquilibre avant qu'il ne bascule malencontreusement dans la Seine, mais après tout, celle-ci fera bien l'affaire. Je l'ai prise au cours d'une longue promenade en compagnie de ma fille, qui nous a menés de chez nous, jusqu'au quais de la rive droite, en passant par le jardin du Luxembourg, le boulevard Saint-Michel, les bords de Seine au niveau du quai du Louvre. C'était une belle journée avec un avant-goût de printemps.
 

Ces menus bonheurs illuminent mes jours. Bien sûr il y a a toujours ce voile de mélancolie qui ne me lâche pas, tant que nous ne serons pas plus fixés sur l'évolution de sa santé. Si je suis soulagé de la voir en meilleure forme je n'en suis pas pour autant rassuré. Mais j'aime être avec elle. J'ai tant à lui raconter et j'aime la faire rire. Et en même temps il y a bien des choses que j'aimerais savoir et que je n'ose lui demander. Comment elle traverse cette épreuve. Ce qui lui est passé par la tête au cours de ses derniers mois. 
Quoi qu'il en soit pour sa part elle semble considérer que la guérison est imminente. D'ailleurs, pour les trois mois qui viennent, elle a de nombreux projets de voyages en Europe et de séjours avec des amis. J'espère que rien ne démentira son optimisme.


Au retour nous sommes passés par la rue Jacob et nous avons fait un petit portrait de nous deux dans le reflet d'un miroir sphérique, comme dans une peinture flamande. Nous avions déjà fait quelque chose comme ça, il y a longtemps, à Venise

jeudi 7 mars 2024

Bilan climatique

 
Voilà
d'après l'observatoire européen Copernicus, qui collecte et restitue des données de qualité portant sur l'état de la Terre, en les actualisant de manière continue, le mois de février 2024 a été le plus chaud jamais enregistré au niveau mondial. L'observatoire alerte aussi sur des températures jamais mesurées à la surface des océans en février 2024, dépassant celles enregistrées en plein été, en août 2023. Février 2024 représente aussi le neuvième record mensuel d’affilée battu, insiste Copernicus. L’hiver météorologique dans l’hémisphère Nord (décembre à février) est en outre le plus chaud dans le monde, succédant aux trois mois d’automne et d’été les plus chauds.
Sinon à Paris la Seine a tendance à déborder ces derniers temps et les quais sont devenus impraticables. De telles crues n'ont cependant rien d'exceptionnel à pareille époque de l'année. Par contre le forsythia du balcon fleurit déjà, (les bourgeons ont commencé à éclore dimanche 2 mars, laissant apparaître le jaune des fleurs, et c’est la première fois que c’est si précoce). Il en va de même pour le thym et le romarin, quant aux feuilles de mon figuier, elles ne vont pas tarder non plus à s'épanouir.

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