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samedi 14 février 2026

J'aime / Je n'aime pas (19)

 
 
Voilà,
j'aime l'atmosphère paisible de cette photo prise au pays basque à Fontarrabie en Août 2012
 
Je n'aime pas les gens qui vous postillonnent dessus quand ils vous parlent. Ce sont souvent les mêmes qui n'ont pas le sens de la distance sociale et qui s'approchent toujours trop près de vous
 
J'aime ces petits rituels alimentaires qui s'installent pour quelques temps : boire un mélange de citron et de gingembre, acheter de l'araignée de porc tous les vendredis au marché,
 
Je n'aime pas le fait que les All Blacks dont le jeu est devenu prévisible et stéréotypé perdent autant ces dernières années et qu'ils ne soient plus la fantastique équipe de rugby qu'ils étaient il y a dix ans
 
J'aime la téoulette, ce fromage de brebis fabriqué en Lozère
 
Je n'aime pas les interviewers qui a la radio ou à la télévision essaient de briller au dépens de la personne qu'ils sont supposer interroger et faire parler
 
J'aime regarder de vieilles cartes routières "Michelin" surtout celles que j'utilisais dans ma jeunesse, avec mes itinéraires surlignés
 
Je n'aime pas, je ne supporte plus ces voix synthétiques qui se ressemblent toutes et toujours plus  nombreuses dans les "reels" et les stories inondant les réseaux sociaux
 
J'aime revoir cette vidéo où, lors de la cérémonie d'ouverture du festival de Cannes,  Zao de Sagazan chante "modern Love"  de David Bowie  en hommage à Greta Gerwig, présidente du jury cette année-là. La performance de Zaho de Sagazan a été conçue comme un clin d’œil à au  film, "Frances Ha" (2012), danse dans les rues de New York ou Greta Gerwig danse sur cette même chanson dans les rues de New York., reprenant le célèbre plan séquence dans "Mauvais sang" de Leos Carax. Le moment où les deux femmes se prennent la main est très émouvant.
 
Je n'aime pas relire les livres de Roland Barthes dont le maniérisme et le style pseudo-scientiste m'exaspèrent aujourd'hui et me rendre compte que oui, tout de même à une certaine époque, dans les années soixante-dix j'y ai tout de même été sensible, parce qu'il était à la mode dans le milieu universitaire.

J'aime cependant la structure fragmentaire et l'architecture du livre "Roland Barthes par lui-même" avec ses photos insérées
 
Je n'aime pas quand la grisaille froide et humide de l'automne s'installe durablement sur la ville et rend tout morose
 
J'aime à peu près autant les chansons de variété indienne que celle de variété italienne. Et même si ça peut paraître très ringard, je m'en fous
 
Je n'aime pas le bavardage des coiffeurs, surtout lorsqu'ils sont enrhumés
 
J'aime les livres de Chris Marker intitulés "Commentaires 1 & 2" parus aux aux éditions du Seuil en 1961 avec leur typographie si particulière, des Egyptiennes grasses avec des empattements solides et des Garamond.
les expérimentations de Chris Marker mêle divers documents – coupures de presse, bandes dessinées, gravures… – à des photographies et des textes qui commente ses propres films.
les expérimentations de Chris Marker mêle divers documents – coupures de presse, bandes dessinées, gravures… – à des photographies et des textes qui commente ses propres films.

Le recueil de ses Commentaires II (Seuil, 1967) contient un projet, Soy México, inabouti faute d’accord avec François Reichenbach.
les expérimentations de Chris Marker mêle divers documents – coupures de presse, bandes dessinées, gravures… – à des photographies et des textes qui commente ses propres films.

Le recueil de ses Commentaires II (Seuil, 1967) contient un projet, Soy México, inabouti faute d’accord avec François Reichenbach.
les expérimentations de Chris Marker mêle divers documents – coupures de presse, bandes dessinées, gravures… – à des photographies et des textes qui commente ses propres films.

Le recueil de ses Commentaires II (Seuil, 1967) contient un projet, Soy México, inabouti faute d’accord avec François Reichenbach.
 
Je n'aime pas que des gens exigent de moi une attention qu’ils n’ont pas été capables de m’accorder quand j'en avais besoin
 
J'aime le jus de pommes pétillant "Apibul" au gingembre. C'est ma nouvelle boisson favorite depuis cet automne

Je n'aime pas les gens qui disent inclinaison à la place d’inclination, surtout lorsqu’ils s’expriment sur une chaîne culturelle.
 
J'aime la satisfaction éprouvée après avoir fait un grand ménage dans la maison
 
Je n'aime pas le comportement des gens qui portent un sac à dos dans les transports en commun et ne se rendent pas compte, de l'espace qu'ils occupent, et ne s'aperçoivent pas de votre présence derrière eux

J'aime le fait qu’en France, depuis quelques années, il puisse y avoir tous les dimanches matins un émission consacrée à Bach sans coupures publicitaires et avec quelques informations pédagogiques.
 
Je n'aime pas subir l’odeur des fumeurs dont le corps sent le tabac même quand ils ne sont pas en train de fumer
 
J'aime le goût citronné de certaines tomates, en particulier les zebra 
 
Je n'aime pas ces derniers temps entendre chaque matin une nouvelle connerie proférée par Trump ou une nouvelle menace de sa part adressée au reste du monde
 
J'aime les bandes dessinées de Daniel Clowes qui décrivent une Amérique profonde bien glauque
 
Je n'aime pas l’émission protestante le dimanche matin sur France-Culture. Je la trouve souvent niaise et compassée
 
J'aime l'Alexion cette mixture conçue à partir d’un mélange secret de 52 plantes naturelles. Cet élixir unique est reconnu pour ses bienfaits sur l’organisme et sa richesse en vitamines et minéraux. Fabriqué par les moines trappistes de l'Abbaye d'Aiguebelle dans la Drôme, on ne peut se le procurer que dans les boutiques d'artisanat monastique.

Je n'aime pas cette sensation que j’ai éprouvée récemment le matin au sortir d’un rêve où ma dernière phrase était "je n’ai plus envie de vivre" raison pour laquelle vraisemblablement je me suis réveillé. Mais peut-être après tout les rêves ne font ils qu’exprimer des vérités qu’on n’ose s’avouer même à demi-mots.

J’aime l'arrivée en train à Bordeaux lorsque l'on franchit la Garonne

jeudi 14 août 2025

Comme une eau calme


Voilà,
j'ai pris cette photo à Fontarrabie. Dieu me semble une idée absurde, mais j'aime l'ombre fraîche des églises, leur odeur de cire et d'encens et le doux repos qu'elles offrent. Les statues parfois semblent m'y observer avec indulgence. Le soleil, filtré par les vitraux, colore les vieilles dalles que tant de croyants ont polies. Des grains de poussière flottent dans un rai de lumière. Restées au bord des lèvres, d’anciennes et secrètes prières peuplent le silence. 
Souvent, j'envie la disposition mentale de ceux qui croient. Ils ont, chevillé au corps, l’espoir, ce crédit qu’on accorde à l’avenir sans savoir si le destin est solvable. Confiants dans une force invisible qui les soutient, ils n’ont pas besoin de preuves ; leur certitude est un sol ferme sous leurs pas. Je voudrais moi aussi oublier le poids des questions. Me laisser porter et songer que l'éternité se répand en moi comme une eau calme. Devenir leur semblable et pouvoir m’adosser à l'invisible.
Mais bon, je n'ai que mes épaules fatiguées, et je ne connais ni la foi ni la ferveur.

jeudi 21 novembre 2024

Suspension

Voilà,
nous étions là ensemble, ma fille et moi, silencieux confiants, abandonnés à la contemplation de ce paysage offert. La nuit tombait doucement sur Malaga. C'était un de ces moments suspendus lorsque les mots restent au bord des lèvres et que, dans un muet tohu-bohu, le cerveau mêle pensées souvenirs et conjectures. 

vendredi 6 octobre 2023

Chiringuito

 

 
Voilà
"A peine dehors, dans la rue, le voici déjà plus déloyal à son propre endroit que dans la chambre. Il regardait des femmes qui ne lui disaient rien, il lisait les menus et n'avait même pas faim"  (Peter Handke,  in "Histoire du crayon")

dimanche 18 juin 2023

Marché de Malaga

 
Voilà, 
le marché d'Atarazanas à Malaga, doit son nom, à l'époque où la ville était sous domination arabe. "Atarazanas" peut se traduire littéralement par "un endroit où les navires sont réparés". Lors de la domination maure une grande partie de la ville de Malaga était sous les eaux. Les Atarazanas étaient donc juste en bord de mer. Des documents datant du XVIIIème siècle montrent d'ailleurs des personnes pêchant depuis les murs de l’actuel marché.
Construit sous le règne de Mohammed V (1354-1391) le chantier naval du XIVème siècle était l'un des bâtiments les plus grands et les plus impressionnants de son époque. Les Atarazanas se caractérisaient par sept arches en fer à cheval qui composaient sa façade. Rapidement tombé en désuétude, après la reconquête de Malaga par les Rois catholiques en 1487,  l'ancien bâtiment historique fut transformé en couvent, puis par la suite en caserne militaire, en hôpital et, enfin, en école.
 En 1868, la Junte révolutionnaire demanda sa démolition pour fournir du travail "aux classes pauvres", Elle commença en 1870, lorsque fut approuvé le projet d'un nouveau marché conçu par l'architecte municipal Joaquín Rucoba. Grâce à l'intervention de l'Académie des beaux-arts de San Telmo, l'ancienne porte monumentale du marché fut sauvée et déplacée au centre de la façade principale du nouveau bâtiment. Rucoba, proposa un projet en accord avec l'œuvre préexistante, le conçut dans un langage néo-arabe, tout en appliquant le verre et le fer à grande échelle. Ainsi, bien que la quasi-totalité de l'ancien bâtiment ait disparu, Malaga a obtenu en échange un marché approprié et nécessaire, ainsi que l'un de ses plus beaux exemples d'architecture du XIXe siècle. L'édifice a été inauguré en 1879. Le chantier naval qui se trouvait là au quatorzième siècle, est évoqué sur cette façade en vitrail polychrome que rehaussent parfois les reflets du soleil .
 
 
Des bars à tapas y sont aujourd'hui aménagés et c'est là que j'ai réalisé un des portraits que je préfère de ma fille. Sans doute à cause de ce moment si paisible de complicité. Elle était à l'époque âgée de quatorze ans, et fière de pratiquer son espagnol pour passer les commandes. Je vivais alors un moment difficile et sa présence si délicate si enjouée me fut d'un immense réconfort. je me sentais alors, coincé dans ma vie, un peu comme cette figure aperçue sur un des murs de cette ville.



lundi 13 mars 2023

Toute chose fait signe


Voilà,
au lieu de me prendre à des activités plus concrètes et peut-être aussi plus nécessaires – mais j’en suis tout à fait incapable  – et sans doute mû par une sensation d’urgence, je publie ces dernières semaines beaucoup de chroniques sur ce blog. C’est une dérisoire parade au fait que je sens mes facultés intellectuelles et physiques s’amoindrir. Je redoute même de les perdre tout à fait d’ici peu. Il est certes possible que je dramatise la situation, mais tout de même, des symptômes agaçants autant qu’inquiétants s’accumulent. Je dors beaucoup à des heures irrégulières. Quoique je ne sois ni écrivain ni terriblement âgé, j’ai parfois l’impression d’être le personnage interprété par John Gielgud dans "Providence", le film d’Alain Resnais. J’ai tendance à me couper du monde, je vois peu de gens, et c’est très bien comme ça. Lorsque j’en vois je me retrouve dans des situations embarrassantes. L’autre soir au théâtre par exemple, j’ai croisé un camarade que je n’avais pas revu depuis longtemps. Au moins l’ai-je reconnu, je savais qui c’était, où et avec qui il travaillait en ce moment (merci facebook), j’étais en mesure de lui demander des nouvelles d’amis communs, mais me rappeler son nom et son prénom, je m’en trouvai soudain tout à fait incapable. Je crois que ma défaillance est passée inaperçue, mais le malaise suscité m’a poursuivi quelques heures durant. Alors je préfère ne pas trop socialiser. En outre la mémoire des mots et des noms se dérobe aussi quand je suis seul. Il y a quelques jours, j’étais incapable de retrouver le prénom du producteur des Beatles. Je pensais John au lieu de George Martin. D’ici peu, si cela continue j’oublierai bientôt le nom des quatre gars de Liverpool. Je serai alors vraiment cuit
Ces jours-ci, prendre des notes et bidouiller des images, sont les seules contraintes que je m’impose volontiers, en plus de faire les courses parce qu’il faut bien se nourrir. Je lis ou relis quelques bouquins aussi. J’ai cependant du mal à me concentrer, je me lève tard me couche de même. Je me réveille souvent au milieu de la nuit. J’écoute alors de la musique classique à la radio. Cela m’aide parfois à me rendormir, parfois non. Il arrive même de temps à autre que cela me stimule pour travailler, la plupart du temps cela m’intrigue, retient mon attention et suscite ma curiosité. Je me livre alors à toutes sortes de recherches désordonnées sur le net. Et c’est déjà le matin.
De nouveau le merle chante à l’aube, ce qui annonce le retour des beaux jours. Le Forsythia qui a commencé de fleurir plus prématurément que jamais auparavant (les premiers bourgeons ont éclos fin février) s’épanouit et se constelle de fleurs jaunes de plus en plus nombreuses. Peut-être le prunus du jardin des plantes est-il déjà en train de fleurir. Je pourrais aller y faire un saut un de ces jours prochains. Cela me fera une promenade si toutefois cesse la douleur qui s’est installée depuis quelques temps dans ma jambe droite. En attendant je consulte des planches contact et continue de scanner de vieilles photos. Les souvenirs remontent. Je repense à ce poème de Roberto Juarroz, que je lis beaucoup ces derniers temps.
  
Toute chose fait signe vers autre chose.

Vers quoi fait signe 
l'histoire verticale de l'arbre ?
Vers quoi fait signe 
l'oasis de ton corps?
Vers quoi fait signe la lumière
et vers quoi la nuit ? 
Vers quoi fait signe 
la raideur méthodique des morts ?

Peut-être que tout fait signe vers un centre.
Mais tout centre fait signe vers le dehors.

oui, ce poème qui, je ne sais pourquoi, lui aussi fait signe vers ce paisible paysage du port de Cadaquès, pris en Janvier 1991, la veille de la première invasion de l'Irak. Une image du temps passé, dont je ne sais plus si elle est un centre ou un dehors. 

jeudi 9 janvier 2020

Menu Picasso


Voilà,
j'ai déjà évoqué ce séjour à Malaga, en compagnie de ma fille, de ma cousine et de son époux. Plazza de la Merced, à proximité de la maison natale de Picasso, tout est un peu sous le signe de l'illustre peintre, même les menus. Nous n'avons pas mangé dans ce restaurant. Ce jour là, j'ai eu, un certain flair en trouvant dans les parages une excellente cafétéria populaire et bon marché. J'y ai  d'ailleurs pris une photo qui me plaît encore.



 Toutefois nous avons aussi commis quelques clichés touristiques sur le banc représentant un Picasso adulte et dégarni qui n'est jamais venu là  dans sa maturité puisque son dernier séjour remonte à  la fin de l'année 1900 quand il tint à montrer à son ami peintre Carlos Casagemas les lieux de son enfance : la place de la Merced, l’église Santiago où il fut baptisé le 10 novembre 1881, les arènes de la Malagueta, où il avait coutume d'accompagner son père. Il quitta définitivement Málaga le 28 janvier 1901 pour Barcelone, puis pour Paris, en 1904. Quant à Casagemas, il remonta à Paris Fin Janvier 1901, et le 17 février après avoir tenté de tuer la femme qui lui refusait son amour, il se suicida dans une brasserie Bd De Clichy.


 Je me souviens aussi, sur cette même place peu après que ma fille eût pris la photo précédente, avoir volé ce plan. Cette femme absorbée dans la lecture de son smartphone m'intriguait. Elle semblait heureuse. Je l'imaginais aimée autant qu'éprise et l'enviais pour cela. Le monde n'existait plus autour d'elle.
Linked with Signs
linked with skywatch friday - travel tuesday

dimanche 29 décembre 2019

Tenir à distance


Voilà,
parfois au spectacle de tous ces gens qui prennent des photos et auxquels, contre mon gré, je ressemble inévitablement, il m'arrive d'être pris de découragement. Je sais que je fais cela, non pour capter le réel, mais plutôt pour le tenir à distance. Souvent ce n'est pas un lieu, une personne ou une situation que je saisis, mais une idée qui me passe par la tête. Combien parmi les gens qui photographient le font-ils aussi, pour donner une forme à leur inquiétude ? 
"En moyenne, chaque jour, plus de 55 millions de photos sont publiées sur Instagram et 350 millions sur Facebook." (Linked with the weekeknd in black and white)

mardi 14 mai 2019

Prendre la pose


Voilà,
quoiqu'on ait à vivre, un jour c'est derrière nous. Je me souviens de ces deux japonaises qui avaient passé beaucoup de temps à se photographier au mirador del Palau devant le musée national d'art de la Catalogne. C'était début janvier 2018, il faisait très doux. L'année ne pouvait mieux commencer. Nous rentrions doucement après avoir passé la journée à Monjuich et visité le musée Miro et en redescendant vers la place d'Espagne nous nous étions arrêtés pour profiter du panorama. Il nous fallait repartir le soir même. J'étais un peu triste de devoir si tôt quitter cette ville qui m'avait tant ébloui dans la lumière de l'hiver. Ces deux filles m'avaient intrigué. J'essayais d'imaginer leur vie. J'enviais leur jeunesse, leur apparente insouciance. Je ne réalisais pas comme l'existence m'était relativement facile alors, en dépit de quelques signes avant-coureurs auxquels je ne voulais pas trop accorder d'attention. Shared with our world tuesday

dimanche 10 mars 2019

Murs de Malaga


Voilà,
je me souviens de ce séjour à Malaga, placé bien évidemment sous le signe de Picasso mais aussi des nombreux murs peints de cette ville. J'étais assez chagrin, à l'époque, mais la merveilleuse compagnie de ma fille, si douce enjouée et réconfortante, la présence de ma cousine et de son époux et bien sûr le charme de la ville ont allégé ce séjour dont j'ai à présent une certaine nostalgie. C'était si bon de manger des tapas sous le soleil d'Octobre  devant le grand marché couvert, et d'entendre ma fille parler en espagnol. Et aussi de boire de la vraie sangria (Linked with Monday mural  T stands for tuesday)

dimanche 30 décembre 2018

La Forêt


Voilà,
les éblouissements partagés ils sont là ils demeurent. Jamais je n'oublierai la première fois que m'est apparue la fascinante forêt de piliers de la Sagrada Familia. Ni la douceur de ce début d'année et nos pérégrinations dans Barcelone ensoleillée. Cela semble si loin désormais. En regardant cette photo, je songe à tout ce qui a changé en si peu de temps, et aussi à tout ce qui s'est éloigné de moi. Comme l'écrit si finement Bernard Pivot : "il y a dans une année qui se termine la nostalgie de ce qui n'est plus et la mélancolie de ce qui n'a pas été".
shared with Rain'sTADD  -

mercredi 21 février 2018

Casa Batllo


Voilà,
ça se goupillait bien, ce n'était pas très loin de l'appartement où nous séjournions, et la première visite fut pour la Casa Batllo, de nuit. Gaudi, j'en avais entendu parler, bien sûr et j'avais vu des photos, lu des articles. Mais j'ai été fasciné par ce mélange de fantaisie décorative  qui tient de l'art brut et de rigueur architecturale qui caractérise cette maison. 
Aucun détail n'est laissé au hasard, tout est fonctionnel et ergonomique (les poignées de porte, les système d'ouverture des persiennes). L'espace est traité avec subtilité et de façon organique, comme si la maison était un corps vivant. Les fluides (l'air, les eaux de pluies) y circulent de la façon la plus agréable. La lumière doit toujours être la plus douce possible de sorte que jamais elle n'éblouisse. Ainsi, dans le puits de lumière qui se trouve au centre de la bâtisse, le carrelage bleuté est de plus en plus foncé au fur et à mesure que l'on monte les étages, pour que l'intensité lumineuse soit la même.
En fait je suis très troublé par le génie de Gaudi. Par cette rigueur scientifique qui lui permet de concevoir des volumes étranges, des agencements de pièces plus ou moins courbes, où l'air doit circuler de sorte qu'il soit toujours supportable, été comme hiver, mais aussi par sa fantaisie qui lui fait dire par exemple qu'une maison à besoin d'un chapeau et d'une ombrelle. 
Sa dévotion à la nature, et cette idée qu'il faut exclusivement s'inspirer de celle-ci pour imaginer concevoir des demeures, des édifices, cette modestie là me touche.
Évidemment, ça m'embarrasse de m'extasier sur de somptueuses demeures commanditées par de richissimes propriétaires. Mais ceux-ci étaient capables cependant d'une audace certaine, d'une intuition juste et d'une probable excentricité pour s'en remettre à Gaudi et lui confier ainsi leur cadre de vie. De ceux qui ont travaillé avec lui, Gaudi rapportait qu'il les avait beaucoup fatigués, en essayant toujours d'améliorer les choses qu'il ne donnait jamais pour bonnes jusqu'à ce qu'il soit convaincu de ne pouvoir les rendre plus parfaites.
Ici, dans la Casa Batllo, je me suis réjoui des vitres donnant sur l'escalier intérieur, dont le verre, traité de façon irrégulière, offre des distorsions qui m'ont plu, augmentant l'effet d'étrangeté suscité par cet édifice.
Un jour prochain, j'évoquerai le choc de la Sagrada Familia... shared with - digital whisper

mercredi 17 janvier 2018

Sculptures de sable


Voilà,
elle avait été vraiment dense en émotions, cette journée. Il y avait eu le choc de la Sagrada Familia et du Parc Guell ensoleillé. Et puis aussi ce sympathique bar à tapas dans la Barceloneta et enfin, à la tombée du jour, si douce, la plage et les rires des enfants. Le lieu et le moment exigeaient de ne pas se laisser oublier. J'ai bien évidemment autre chose à montrer de Barcelone que sa plage et ses modestes bâtisseurs de sculptures de sable. Tant d'autres choses à raconter aussi. Je voudrais écrire sur Gaudi, mais pour le moment j'en suis encore incapable. Cela viendra, j'espère.

vendredi 5 janvier 2018

La Plage


Voilà,
le 3 janvier au moment du coucher du soleil l'air était très doux sur la plage Sant Sebastià de Barcelone. C'était bien de commencer l'année là-bas où je n'étais encore jamais venu. Je reparlerai dans les jours prochains de cette parenthèse enchantée. Et de certains chocs esthétiques, aussi. J'ai pris beaucoup de photos là-bas. (linked with the weekend in black and white)

vendredi 12 août 2016

Poissonnerie


Voilà,
cette image prise au marché couvert de Malaga en novembre dernier me touche parce que les silhouettes qui s'y trouvent me rappellent celles que j'ai pu croiser dans mon enfance. En fait ces personnes ne sont en quelque sorte "pas d'actualité", mais comme les vestiges d'un monde en voie de disparition, fait de proximité physique, de temps partagé de convivialité. Les vêtements du client ont quelque chose de désuet et même la balance semble d'un autre temps. (Linked with The weekend in black and white)

mardi 22 mars 2016

Plaza de la Constitucion


Voilà,
Il est peu probable que je retourne un jour là-bas, il y a tant d'autres lieux à voir, mais sait-on jamais. Cette place, avec ses grands palmiers californiens, j'ai aimé la traverser, surtout à la tombée de la nuit. Il y avait de la douceur dans l'air, chaque fois que nous passions par là, alors que 80 ans auparavant ces lieux étaient le théâtre d'affrontements sanglants et fratricides. En compagnie de ma fille — son sourire son humour, son intelligence et sa curiosité me revigoraient — qui était fière de tester son espagnol, je me sentais bien. Et puis avec ma cousine et son mari aussi pendant quelques jours. Cependant j'avais souvent la tête ailleurs, j'étais ici et là, dans un monde réel et dans d'autres plus ou moins possibles et pas forcément gais. Je ne pouvais faire autrement. Cela me happait parfois. (première publication 22/3/2016 à 00:30)

mercredi 6 janvier 2016

Cafeteria la Merced


Voilà,
le jour où nous sommes allés à la cafétéria la Merced (j'avais tout de suite repéré que les gens qui venaient manger ici n'étaient pas des touristes) fut entièrement dédié à Picasso. De ce séjour à Malaga, je garde un souvenir mitigé car, j'avais toujours la tête plus ou moins ailleurs et des pensées chagrines. Heureusement le sourire de ma fille, sa main menue dans la mienne, ses mots tendres et rassurants, ses blagues et ses questions, atténuaient mon tourment. Les larmes cependant n'étaient jamais loin. Je me sentais tellement démuni, si étranger au monde, si peu capable de le comprendre. Je ne trouvais pas les mots. A ce moment là, je me suis rappelé – je me demande bien pourquoi – comment j'attrapais les papillons, enfant. De mes paumes je faisais une cage. Et c'était doux de sentir les ailes du captif chatouiller le creux de mes mains, avant de les ouvrir pour le rendre à ses voyages. (linked with The Weekend in Black and White)

vendredi 20 novembre 2015

Casa José


Voilà,
juste besoin d'une image paisible.
Mais si l'on regarde de plus près, l'homme a sûrement un portable collé à l'oreille

Publications les plus consultėes cette année