lundi 27 juin 2016

Leur avant-guerre


Voilà,
Ils sont là, jeunes, paisibles et studieux dans une Europe devenue épileptique et gagnée par le Chaos. Bien sûr leur avant-guerre est aussi la mienne, mais en ce qui me concerne il me reste bien moins à vivre que je n'ai vécu. Les jeux sont faits. Je n'ai, désormais, plus guère d'autre choix que de me faire plaisir et tant que possible jouir de l'instant sans me soucier du futur, puisque, dans la succession des jours, son terme se précise ou du moins se laisse entrevoir sans que je puisse faire semblant de l'ignorer. Ainsi dois-je paisiblement me préparer à quitter sans trop de regrets ni d'amertume ce monde, quand, lassé, je sentirai que je n'ai plus rien à y faire et n'y suis plus utile pour personne. Sans doute m'en éloignerai-je insatisfait du peu que j'ai pu y accomplir, mais avec la certitude cependant qu'au moins j'aurais aimé, été aimé, et réalisé certaines choses qui valaient la peine d'échapper à la fugacité afin qu'elles demeurent dans ce qui subsiste, même modestement. J'évoque là, bien sûr une hypothèse optimiste et présomptueuse. Qui peut prétendre être vraiment maître de son destin ? En fait, je crains, dans cette époque de plus en plus imprévisible et tourmentée, de ne pouvoir disposer de la sérénité à laquelle j'aspire pour mes vieux jours, et souvent redoute que les circonstances ne m'autorisent même pas la possibilité de choisir une paisible issue.

vendredi 24 juin 2016

Statistique météorologique


Voilà,
il paraît que depuis 150 ans, il n'y a pas eu de printemps aussi pluvieux à Paris. Une chance pour nos misérables gouvernants. Eût-il fait plus chaud, la mobilisation sociale et les manifestations de rue auraient été probablement de plus grande ampleur, tant le mécontentement se propage dans la population. N'empêche, il y a eu quelques rayons de soleil dimanche dernier en dépit d'un ciel très couvert. Avec ma fille nous nous sommes longuement promenés en vélo, passant le long des berges de la Seine, peuplées de touristes, sans doute en raison de l'Euro de football qui a lieu en France. Non seulement la météo n'est pas fameuse, le climat social plutôt frais, et les pelouses de nos stades de foot dans un état lamentable, mais en plus il n'est pas un jour sans qu'on évoque de possibles attentats, ou que l'on nous rapporte qu'on en a empêché un. Le gouvernement joue bien évidemment avec cette peur pour interdire les manifestations sociales. Pourtant, on continue de vivre, malgré ces menaces. On s'efforce de sourire, mais ce ne sont pas forcément les refrains les plus gais qui remontent à la mémoire. La vie continue cependant. Depuis quelques jours, je travaille à des variations autour du "déjeuner sur l'herbe" de Manet, c'est à cela que je m'occupe quand je ne suis pas contraint à des travaux stupides qui me permettent de gagner ma vie. Pendant que je m'occupe à cela, je n'ai pas conscience que le temps passe sur moi. Cela m'ėvite d'être accaparé par des pensées qui me terrifient et que je ne peux chasser. C'est déjà l'été. Je ne sais pas comment ni où je vais le passer. (Linked with The weekend in black and white)

P.S.
Au moment où j'ai rédigé ce billet, un peu après minuit, les sondages annonçaient un maintien du Royaume-Uni dans la communauté européenne. Ce matin c'est un choc. Le vote anglais et gallois, au contraire de celui des écossais et des irlandais de l'Ulster s'est prononcé pour une sortie de l'Union. La peur de l'immigration des populations du sud plus que l'incohérence de la politique Européenne auront sans doute été déterminants. Il est probable que dans un premier temps une crise financière va secouer les places boursières du monde entier. Sensation d'un monde qui de plus en plus se délite. 

mardi 21 juin 2016

Comme une poussière de fleurs


Voilà,
"Être dans le tournoiement des mondes comme une poussière de fleurs, qu'un vent inconnu soulève dans le jour finissant, et que la torpeur du crépuscule laisse tomber au hasard, indistincte au milieu de formes plus vastes. Être que cela de connaissance sûre, sans gaîté ni tristesse, mais reconnaissant au soleil de son éclat et aux étoiles de leur ēloignement. En dehors de cela, ne rien être, ne rien avoir, ne rien vouloir"  (Fernando Pessoa in Le livre de l'Intranquillité)

dimanche 19 juin 2016

Variations sur un motif de Paul Klee


Voilà
Rêver, presque dormir. Dormir des paysages,
  Peindre avec du sommeil de très lourds horizons
Où n'ont surgi jamais ni souliers, ni maisons,
Mais seulement parfois d'impalpables visages

Peindre rien, presque rien, en tons subtils et doux.
Ne se frôler les yeux qu'avec des robes d'âmes,
Ne pas troubler de bruit ces visions de femmes
Qui rôdent longuement dans l'intime de nous

 Chanter, chanter très bas la chanson irréelle.
Souffler le dessin net et la touche cruelle,
Copier le non-être avec soin et très bien

Au bas d'un brouillard flou mettre sa paratafe.
Par impuissance, hélas... n'être rien, presque rien.
N'être rien !... mais surtout n'être pas photographe !

                                                                                    Georges Lorin (Revue "Le chat noir", 24 juin 1882)

vendredi 17 juin 2016

L'Appartement communautaire


Voilà,
lorsque j'ai pris cette photo, rue Boulard, je songeais à tout autre chose. cette apparition avait juste interrompu le cours de ma songerie. En effet, le confus tumulte des pensées qui souvent s'agrègent de façon inexpliquée lorsque je marche, et qui fait que je ne suis jamais tout à fait en réalité à l'endroit où je me trouve, avait sans raison objective convoqué le souvenir de l'appartement communautaire de la rue d'Athènes, où j'allais parfois, il y a une quarantaine d'années retrouver Olivier, pour y taper l'incruste et fumer avec lui quelques joints, car chez lui il y avait toujours de quoi fumer. Un soir, comme l'heure du dernier métro était passée, j'étais resté dormir. Sa copine absente, nous avions partagé le même lit, et continué à discuter, allongés l'un à côté de l'autre en écoutant les concertos brandebourgeois. Je crois que c'est ce soir là que je les ai découverts. C'était nouveau pour moi, Bach. C'était un signe distinctif d'une classe dont je ne faisais pas partie. Écouter Bach après une soirée de défonce, avait aussi quelque chose de très exotique. Je ne me souviens plus du cours de la conversation, probablement décousue, vu les circonstances mais Olivier s'était étonné lorsque je lui avais dit "J'aimerais bien voir la fin du monde". Il avait juste dit "Ah bon tu as des fantasmes eschatologiques toi ?". J'avais découvert un mot nouveau ce soir là, masquant toutefois mon ignorance. Pourtant le futur agonisant d'où j'écris à présent n'existait que comme une improbable fiction. Je n'imaginais pas faire de vieux os. J'avais opté pour "un lent et patient dérèglement de tous les sens". Inconsciemment j'aspirais à me dissoudre dans la folie. Toutefois il y avait en moi une instance vigile qui me recommandait de n'y demeurer qu'au seuil. J'obtempérai. J'avais grandi avec des images d'Apocalypse nucléaire dans la tête, en lisant ces vieilles bandes dessinées des éditions Artima, mais aussi des livres tels que "Le dernier rivage" de Nevil Shute, si bien que ma croyance en un avenir radieux s'en était sans doute trouvée terriblement amoindrie. Ceux qui vouaient ces lectures aux gémonies les considérant néfastes pour de jeunes esprits avaient probablement raison. Que l'apocalypse nucléaire n'ait pas encore eu lieu sous la forme d'une déflagration militaire en chaine, comme le laissaient supposer les scénarios élaborés au temps de la guerre froide, n'empêche cependant pas que nous sommes désormais et irrémédiablement condamnés à vivre ou survivre dans un futur obéré par le Nucléaire. Oui, on y est dans le No Future... Pour de bon pour de vrai. Ça prend un certain temps. Ce qui est surprenant c'est que l'on se voile à ce point la face. On oublie Tchernobyl. On fait comme si Fukushima n'avait jamais existé. On en parle peu. On ne veut pas y penser. Il y a peu j'ai lu un journal japonais édité en français où l'on évoque la reconstruction après le tsunami. A aucun moment n'y sont évoqués les ravages causés par le délabrement de la centrale. Mais bon il y a tout de même des informations qui fuitent, peut-être un peu moins vite que les radiations, mais il y en a. Quoiqu'il en soit je parviens encore à me projeter dans le futur puisque cet article commencé il y a plusieurs années, apparaît en ligne aujourd'hui. (Linked with The weekend in black and white)

jeudi 16 juin 2016

Un Fleuve et son Affluent


Voilà,
J'ai déjà parlé de cela. A l'occasion d'une brocante sans doute. Chaque fois que je retombe sur une de ces cartes Vidal-Lablache qui étaient accrochées dans les salles d'écoles de mon enfance, j'éprouve une sorte de transport non dans le passé, mais dans un monde parallèle qui peu à peu s'est constitué au cours des rêveries et des distractions que suscitait l'ennui de trop longues journées de classes. Lorsque l'attention se dissipait et que le discours de l'instituteur n'était plus que bribes, ces images accrochées au murs offraient alors la possibilité de divagations réparatrices. Je me suis souvent laissé absorber par ces paysages fixes qui selon S. ont quelque chose d'angoissant. Pour ma part au contraire ces images m'apaisaient, et m'apaisent encore. Toute chose y paraît à sa place, selon un ordre définitif et immuable. Ainsi de ce paysage. On le montre façonné par l'homme et cependant la vie semble s'en être absentée. Il est possible sinon probable que cette dimension fantomatique soit ce qui précisément me séduit. J'ai si souvent eu l'impression de grandir parmi des spectres. Enfant j'entendais souvent mes géniteurs parler d'un monde, de gens et d'un temps où je n'étais pas vivant. Et il est possible que j'associe aussi ces images à cela. Ces lieux n'existent pas vraiment. Ce sont des utopies qui illustrent des mots. Ici sans doute, "fleuve", "affluent", "confluent", "transport fluvial". Celle-ci me touche particulièrement parce que je suis né dans une ville située au confluent du Rhin et de la Moselle. Je pourrais rêver qu'elle fût ainsi, que c'est cet endroit qui m'a vu naître, et même aujourd'hui où la tombe est bien plus proche que le berceau, cette hypothèse bien qu'invraisemblable me semble toutefois plausible. Je voudrais me promener dans ces rues où la possibilité du terrorisme est exclue, longer ces berges que nulle pollution n'abîme, traverser ces champs où aucun pesticide n'a été pulvérisé. J'aime infiniment la naïveté de ces images, qui finalement évoquent un monde idéal et harmonieux. Tout à l'heure je me rends à La Défense. J'y ai beaucoup moins travaillé que l'année dernière, mais chaque fois que j'y passe, je devine les grands massacres qu'on peut y faire. Désormais, je n'y vais jamais sans une certaine appréhension.

mardi 14 juin 2016

Des Temps troublés


Voilà,
ce qui se passe dans ce pays est étrange. Du moins dans cette ville. Les gens ne veulent pas de cette nouvelle loi qui remet en cause les règles régissant les rapports entre les employeurs et les salariés. Au parlement, il n'y a pas de débat puisqu'un article de la constitution permet de faire passer ce projet sans discussion ni possibilité d'amendement. Les gens sentent bien que ce mode de gouvernance est exactement celui qui leur est promis dans leurs entreprises. Que cette loi émane d'un gouvernement qui se prétend de gauche, bien évidemment, choque, exaspère. A ceux qui descendent dans la rue pour protester on oppose une violence policière sans discernement. On veut imposer par la force des décisions édictées par la commission européenne. L'Europe des peuples n'existe pas. Celle des banques, oui. En France, il n'existe aucune alternative politique. Comme en Grèce, la majeure partie de la population est trompée par ceux qui avaient précisément promis d'assurer la défense de ses intérêts. Pourtant la classe politique relayée par les grands médias tous aux mains de grands capitalistes ne veut rien entendre de ce qui gronde. D'ailleurs en terme journalistiques on ne parle plus de mouvement ou de colère sociale, mais de "grogne". La revendication est réduite à un comportement animal dénué de toute réflexion, alors que la bestialité se trouve être la plupart du temps le fait des forces dites de l'ordre. Jamais un président de la République n'a été aussi impopulaire. On s'est débarrassé il y a quatre ans d'un crétin pour s'encombrer d'un nigaud. Aujourd'hui le favori de la prochaine élection est un septuagénaire dont le programme économique ultralibéral plongera encore plus de gens dans la détresse. On ne se souvient même plus que lorsqu'il était premier ministre, des millions de gens ont manifesté contre un projet de loi dont personne ne voulait à tel point que le Président d'alors a dissous le parlement qui lui était pourtant favorable, et fait perdre à son parti les élections qui s'ensuivirent. Ainsi, n'y a-t-il d'autre alternative en ce pays, que la peste ou le cholera. Pour nous divertir on nous jette en pâture le championnat d'Europe de football. À cette fin on a exonéré d'impôts sur les sociétés, l'UEFA et ses filiales françaises, au prétexte que les retombées de cette organisation sportive sont bénéfiques pour l'économie nationale. De quoi se plaint le populo ? Il devrait être content, avec tout ce qu'on fait pour lui.

vendredi 10 juin 2016

Le Coin des Tanneurs


Voilà,
celle-ci a été prise il y a longtemps, en Septembre 1991, au Maroc, mais je ne me souviens plus dans quelle ville. Était-ce Tanger, Safi, Essaouira ou Marakech ? Je me rappelle simplement que cet endroit se trouvait dans le quartier des tanneurs et que l'odeur y était insupportable pour des narines occidentales. Après mon voyage au Pakistan, j'étais allé jouer "Fin de partie" de Beckett dans le centre de la France avant d'aller ensuite retrouver des amis en tournée avec un Molière au Maroc. A Tanger j'avais logé au Minzah un grand hôtel assez luxueux, et mangé un soir chez un riche marocain du majoun, une préparation à la fois euphorisante et légèrement hallucinogène à base de kif de miel de dattes de cardamone et de datura que sa mère avait confectionnée. C'est du soleil pour la tête avait dit notre hôte qui nous l'avait servi avec l'inévitable thé à la menthe. (Linked with the weekend in black and white).

mercredi 8 juin 2016

Très tôt dans ma vie


Voilà,
en consultant la page de Bobi-bobi, j'ai découvert cette citation de Marguerite Duras "Très tôt dans ma vie, il a été trop tard". On croirait presque du Raymond Devos, et c'est très surprenant. Margot, moi je l'aime bien quand elle est drôle. Son film, "Les Enfants" est d'ailleurs d'un humour très subtil. Mais bon, on ne peut pas dire que c'est par là qu'elle a souvent brillé. Plutôt par son narcissisme et sa prétention. C'est dommage que – surtout à partir des années soixante-dix – elle ait cru nécessaire de donner son point de vue et de pontifier sur tout et n'importe quoi de façon si péremptoire. A force, ça la rendait très déplaisante. Et puis parfois bien ridicule. Son interview de Michel Platini, oui le footballeur, était tout de même un sommet de sottise. Bien sûr on ne va pas réduire son œuvre à ça. Je me souviens en tout cas que c'était la coqueluche des universités, que les femmes des années soixante-dix l'aimaient beaucoup. À l'époque où j'étais jeune et beau et que je ne m'en rendais pas compte, deux filles m'ont même écrit des déclarations d'amour en margotdurassien. Mon intransigeance littéraire m'a peut-être fait rater de bons moments

lundi 6 juin 2016

D'une photo volée


Voilà, 
l'iPhone a ceci de formidable qu'il permet de faire des photos volées. Il remplit avantageusement les fonctions des minox d'autrefois. Je sais que cela peut, pour certains, paraître choquant, mais je n'ose pas aller vers les gens pour leur demander si je peux les photographier. Et puis, si par chance j'avais eu le consentement de ce monsieur, jamais je n'aurais pu obtenir cette expression. Je l'ai longtemps regardé. Je n'avais pas d'intention particulière. Et puis cette solitude, où il m'a semblé percevoir de l'égarement et aussi un vague effroi et une certaine tristesse, m'a tout à coup ému. De plus en plus souvent je regarde les vieux maintenant qu'a moi aussi comme Lear, il semble que les cieux ne sont plus dans leur prime jeunesse. À quoi pouvait il bien songer ? Était-il inquiet ? Son corps le faisait-il souffrir ? Avait-il du mal à dormir ? Songeait il à ses enfants ? Se sentait-il abandonné ? Avait-il le sentiment d'une vie remplie ? Avait-il donné de l'amour ? En avait-il reçu ? En réclamait-il encore ? Avait-il encore du goût pour le sexe ? Des mains caressaient-elles encore son vieux corps ? Etait-il fatigué de vivre et effrayé de devoir mourir ? J'en étais là de mes questions lorsque je fus dérangé de cette même façon qui souvent m'exaspère. Car prendre le métro ce n'est pas simplement s'affliger du spectacle de tous ces visages tristement résignés ou encourir le risque d'un possible attentat terroriste ; c'est aussi devoir subir ces affronts â la langue française que nous infligent régulièrement les messages d'alerte de la RATP. Ainsi de l'insupportable "le trafic est perturbé sur la ligne 6, cela fait suite à un incident voyageur" : un professeur d'autrefois l'aurait souligné d'un trait rouge associé à l'annotation "lourd". La formule s'avère systématique donc sûrement réglementaire et obligatoire. "En raison de" serait pourtant plus élégant. Mais bon, je ne vais pas me battre pour la sauvegarde de la langue française. En fait à l'heure qu'il est j'en ai plus grand chose à battre. Elle me survivra bien assez. Elle tiendra bien jusqu'à l'extinction de l'espèce ; je ne parle que de cette espèce le plus souvent braillarde chamailleuse et malpolie qu'on appelle les français qui depuis bien longtemps ne produit plus ni de grande pensée ni de grands stylistes. J'avais une correspondance à prendre. Je dus à regret abandonner ce visage à tous les fantômes qui semblaient le hanter. Mais durant quelques minutes, je l'avais éprouvé, lui que je ne connaissais pas comme mon semblable et mon prochain. Terriblement.

samedi 4 juin 2016

Sur la beauté encore.


Voilà,
J'essaie. Je fais des efforts. On m'a si souvent reproché mon pessimisme. De voir les choses en noir. C'est pour cela que j'ai recopié ce poème de Kenneth White, hier. D'ailleurs j'y crois d'une certaine façon. Sinon je ne photographierais pas si souvent des choses banales, presqu'insignifiantes. Mais il est inexact que la beauté soit partout. Il est certes possible de la trouver en des lieux inattendus. Mais pas partout. Dans ce camp de réfugiés dressé à la hâte, alors que Paris n'a pas connu de telles pluies en mai depuis que les relevés météorologiques existent, il n'y a pas de beauté. De la misère, de la saleté, de la puanteur oui. Pas de la beauté.


Quand ton œil croise par hasard dans un quartier relativement confortable, une affichette comme celle-ci  tu ne songes pas non plus à la beauté. Tu réalises que ton proche environnement se dégrade de plus en plus vite. Que l'Europe s'effondre. Que tu vis une époque historique majeure. Où les pauvres meurent de plus en plus souvent dans les rues, ici à Paris au début du 21ème siècle. Où les flics tapent avec une sauvagerie sans pareille sur des jeunes des vieux des enfants. Où des dirigeants corrompus veulent gouverner contre la volonté des peuples. Où la peur infuse partout. Où des fanatiques de tout poils veulent imposer leur loi. Et en dépit de tout cela, tu continues de croire en la Beauté

vendredi 3 juin 2016

The loveliness is everywhere


Voilà
"the loveliness is everywhere / even / in the ugliest / and most hostile environment / at the turning of a corner / in the eyes / and on the lips / of a stranger / in the emptiest areas / with no place for hope / and only death / to invite the heart / the loveliness is everywhere / it emerges / incomprehensible / inexplicable / it rises in its own reality / and what we must learn is / how to receive it / into ours (Kenneth White) linked with "the weekend in black and white"

jeudi 2 juin 2016

Stratégies intimes


Voilà,
dans la salle d'attente, quelqu'un, pour paraître désinvolte fait des plaisanteries à voix haute et rit très fort avec sa copine. Échanges furtifs de regard entre les autres patients. Certains tentent de dissimuler leur gêne en se plongeant dans un magazine, d'autres manifestent par une mimique leur agacement. Personne cependant n'ose lui demander de se taire. Je regarde sur mon smartphone la photo de ces fauteuils très laids que j'ai photographiés il y a peu dans un hôtel du Luxembourg. Moi aussi à ma façon je voudrais feindre l'indifférence.

mercredi 1 juin 2016

La Situation du Sujet


Voilà,
"Adoptant les outils de la sémiotique subjectale et discursive, l'A. propose une lecture sémiotique du récit de Blanchot en analysant le statut que l'instance énonçante peut avoir dans ce texte, et en soulignant la manière dont cette instance est mise en question. Par cette approche, l'A. peut traiter ainsi de la situation du Sujet par rapports aux actants du texte" Ah ben oui c'est sûr.