Affichage des articles dont le libellé est Murs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Murs. Afficher tous les articles

dimanche 26 juillet 2026

Paradis perdu

Voilà,
on s'émerveille et l'on a presque envie de pleurer devant un paysage champêtre naïvement peint sur un portail en fer. C'est comme une image de paradis perdu, alors que tout autour le monde brûle, et nous rappelle de façon de plus en plus pressante que nous sommes déjà bien avancés dans la catastrophe, comme nous l'indique cette carte qui répertorie au jour le jour tous les feux qui à cette heure ravagent la planète. Je pense à celles et ceux qui ont tout perdu. Ils sont vivants mais les traces de leur existence sont réduites en cendres.
 

On pourrait en outre ajouter que si les années qui viennent de s'écouler ont été les plus chaudes jamais enregistrées, que si la concentration de CO2 dans l'atmosphère n'a jamais été aussi élevée depuis 3 millions d'années, le 23 Juillet 2026 aura aussi été, selon les données du service Flight radar, une journée record dans l'histoire de l'aviation. 153 359 vols y auront été comptabilisés, ce qui signifie que sur la planète un avion décolle toutes les 0,27 secondes. Ainsi dans ce monde chaud, des touristes voyagent d'un endroit trop chaud à un autre endroit trop chaud à bord d'engins brûlant des combustibles fossiles qui créent encore plus d'endroit trop chauds.
Selon qu'on soit cynique ou crédule, c'est avec délectation ou amertume qu'au regard de ce qui se passe aujourd’hui, on se rappelle l'époque du confinement et son cortège de soi-disant prises de conscience, de spéculations et de promesses au sujet du monde d'après.  
Ainsi vont les choses dans le meilleur des mondes possibles.
shared with monday  murals -

dimanche 19 juillet 2026

Si l'on se fie aux apparences

 
Voilà,
au pied de la passerelle Simone de Beauvoir, en bord de Seine, sur le Quai de la Gare, j'ai aperçu il y a quelque temps ce mural représentant la paix avec des colombes. Images, ce ne sont que des images.

Oui, il est bien paisible ce paysage urbain, si l'on se fie aux apparences. Les gens devisent paisiblement au bord du fleuve, le ciel est bleu, l'ombre est revenue. Il fait bon flâner ou entretenir son corps.
 

Sur l'autre rive, on a même aménagé une piscine, car le fleuve a été nettoyé ces dernières années, si bien que depuis les jeux Olympiques on peut de nouveau se baigner dans la Seine, comme au cours des années cinquante.  
Profitons des choses qui nous sont données. C'est vers la fin qu'on s'aperçoit que la vie est courte et bien plus précaire qu'il n'y paraît.

dimanche 12 juillet 2026

Scène de genre

 
 
Voilà,
à Chomérac petit bourg de l'Ardèche, j'ai, au soir, d'une journée intense en émotions, pris un verre sur une petite place de village très sympathique, où s'agitaient des joueurs de pétanque. Non loin se trouvait cette fresque réalisée par le collectif "haut les murs" donnant à voir une fort bucolique scène de genre sous une arcade inexistante.
 

Ce paysage idyllique de fiction, j'aurais voulu m'y trouver et y prendre ma part. J'aurais aimé m'agiter parmi ces enfants absorbés dans leur partie, tout à la joie de l'instant présent.


Au lieu de quoi, je me tenais en terrasse, dans la réalité d'une soirée chaude, vaguement méditatif, m'attardant au spectacle de ces boulistes très concernés par leur affaire. J'étais encore bouleversé par ces échanges avec les détenus d'une maison d'arrêt où j'étais venu jouer le matin même, en particulier par le récit d'un kurde d'une trentaine d'années qui dans un français parfait avait déroulé son histoire dont l'implacable enchaînement des faits avait la funeste dimension d'une tragédie antique. 
Je ne sais pas si j'en parlerai un jour. Il faudrait trouver le temps, les mots justes, le courage et la force. L'actuelle canicule absorbe toute mon énergie. 

dimanche 28 juin 2026

Pêle-mêle avec canicule

Voilà,
au cimetière du Montparnasse, les tilleuls qui ombragent certaines allées perdent leurs feuilles à cause de la canicule et leur donnent ainsi une couleur jaune. Certainement en raison de ces fortes chaleurs précoces. Il parait que des oiseaux tombent du ciel, que des transformateurs électriques s'embrasent, des trains ne circulent plus pour cause de dilatation des rails


 

Nous sommes fin Juin, c'est la première semaine de printemps et on aura connu ça. C'est étrange que tout cela advienne dans un pays qui en 2015 a accueilli des représentants du monde entier pour finaliser l'accord qui promettait de sauver la planète du réchauffement climatique incontrôlé. Près de 200 pays avait signé un engagement historique à maintenir la température mondiale en-dessous de 2° centigrades à l'horizon 2100. C'est sous les lumières du centre des congrès du Bourget que la France était devenue synonyme d'ambition climatique et siège symbolique contre le réchauffement global. Onze ans plus tard c'est la France, (où on en est déjà à +1,7° de moyenne annuelle)  qui fond. Ce mois de juin, le pays a battu ce record absolu de température depuis le début des mesures en 1947. En un seul jour 122 records de chaleur absolue ont été battus sur le territoire  et 332 records mensuels supplémentaires. Paris a connu la plus chaude nuit jamais enregistrée en juin  avec des températures ne descendant pas en dessous de 24°2 tôt le matin. Des dizaines de personnes se sont noyées en essayant de se rafraîchir dans les rivières sont surveillance. Les écoles sont fermées, les hôpitaux en alerte rouge. Ainsi la ville qui a accueilli le traité, est devenu selon le classement des températures en temps réel, la ville la plus chaude de la planète. Plus chaude que 98 % de surface terrestre en un seul jour. C'est la preuve que la signature d'un accord ne suffit à lui seul à refroidir quoi que ce soit. L'Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale depuis les années 80, et la France pays hôte du traité environnemental le plus cité de l'histoire, fait partie de ceux qui s'en ressentent le plus. Pourtant, durant ces dix dernières années, le climat ne fait pas les gros titres et l'intervention du gouvernement français reste bien modeste. Pire, la police, les médias, le patronat, les partis politiques font passer les écologistes pour des terroristes anticapitalistes lorsqu'ils entreprennent des actions sur le terrain.
Ceux qui participaient au congrès du Bourget en 2015 nous promettaient un avenir dont la priorité serait la lutte contre le réchauffement global. L'avenir est là, il ressemble aux portes de l'enfer. Nous sommes à 14° au-dessus des normales saisonnières. 
 
 


Je repense à ce mural si beau et si triste aperçu à Lisbonne en Novembre 2014.  
Aujourd'hui on réalise que le climat dans lequel nos sociétés se sont construites et développées n'existe plus. Les morgues parisiennes sont saturées, les hôpitaux sont débordés, le nombre de morts à domicile ne cesse d'augmenter. On envisage l'ouverture d'une chambre funéraire au marché de Rungis comme ce fut le cas à l'époque du COVID. Mais cet hiver on aura oublié. Notre gouvernement n'a-t-il pas gelé 20% du Fonds vert destiné à aider les régions pour faire face au changement climatique (après avoir divisé par 3 ce fonds en trois ans). On se contente d'effets d'annonce mais la volonté politique ne suit pas et les banques continuent de soutenir les entreprises qui investissent dans l'énergie fossile. J'avais, fin juillet 2023, fait quelques recensions de titres concernant le climat aux États-Unis. C'était déjà alarmant, on sait ce qu'il s'est passé depuis. Ici nos politiciens sont juste un peu plus hypocrites, mais cela ne vaut guère mieux.
Mais bon, la grande nouvelle c'est qu'on va prolonger la saison des soldes contrariée par la canicule, car l'essentiel n'est-il pas de consommer ?
Tout cela est tellement absurde et serait bien risible si la situation ne s’avérait aussi dramatique. 
Ainsi vont les choses dans le meilleur des mondes possibles

dimanche 21 juin 2026

Pont Neuf revisité

 
Voilà,
ces derniers temps l'attraction parisienne c'est cette œuvre (une structure gonflable recouverte d'une bâche peinte) de l'artiste JR qui avait déjà réalisé il y a quelques années ce trompe l'œil géant au Trocadero, ainsi que cette toile bâchée durant les travaux de restauration de la façade de l'Opéra Garnier.  Il s'est cette fois-ci attaqué au Pont neuf, comme l'avaient fait autrefois Christo et son épouse Jeanne-Claude. Il paraît que c'est un hommage. Je m'y suis rendu tôt ce matin vers sept heures avant que la chaleur ne s'abatte sur la ville, car — j'écris cela pour mes lecteurs étrangers — nous vivons en ce moment en France une période de canicule intense et peut-être même plus grave que les précédentes vagues de chaleur. Mais les climato-sceptiques continuent de proclamer que les scientifiques sont alarmistes.

 
La mise en place de cette installation ne s'est pas faite sans difficulté, puisque, voilà trois semaines, une partie de la toile a été arrachée par une violente tornade. Les travaux ont pris du retard ainsi que la possibilité de visite de "la grotte". C'est spectaculaire, mais sans doute beaucoup moins que le fiasco des travaux de rénovation commandés par Donald Trump pour le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial, dont le fond supposé arborer le "bleu du drapeau américain", a très vite pris une teinte verdâtre. Tout cela est dû à une prolifération d’algues favorisée par la couleur sombre et les composants chimiques de la peinture utilisée. En outre, l'eau pompée dans le Potomac tout proche n'a pas été préalablement traitée.

Trump encore. Son "génie" stratégique et diplomatique à la mesure de ses talents de superviseur paysagiste a inspiré il y a quelques jours dans le quotidien "Libération" cette excellente caricature de la merveilleuse et toujours très acerbe Coco. Le dessin peut paraître vulgaire, mais il ne le sera jamais autant que ce sinistre connard qui par sa bêtise son arrogance et son incompétence plonge le monde dans un chaos toujours plus inquiétant. 

dimanche 7 juin 2026

La tête ailleurs

 
Voilà, 
cette fresque située rue du faubourg du temple est l'œuvre d'une artiste qui se fait appeler Kashink, pseudonyme de Maëva Martinez, née le à Alès, graffeuse, street artiste et musicienne française, ayant des origines slaves et hispanique. Je crois que c'est la première fois que je publie une photo d'une de ses peintures murales.
J'avais, quand je me suis trouvé face à ce mur, l'esprit ailleurs . En un autre temps, avec des gens qui ne sont plus. Cela m'arrive de plus en plus souvent. Hermann Hesse a quelque part écrit ceci qui me semble très juste : "les disparus ainsi que l'essentiel de leur être qui nous a influencé vivent à travers nous aussi longtemps que dure notre existence. Parfois nos entretiens et nos discussions avec eux sont plus fructueux qu'avec les vivants, et ils nous dispensent de meilleurs conseils". Est-ce l'un d'eux qui m'a suggéré de garder  dans le cadre les mannequins sans têtes de dos en premier plan, face à cette juxtaposition de visages ?

dimanche 24 mai 2026

Le courage des Ukrainiens 🇺🇦

 
Voilà, 
de terribles menaces pèsent sur le peuple ukrainien, ces temps-ci. L'envahisseur russe, incapable de mener à bien ce qui n'était au départ qu'une "opération militaire spéciale", pour asservir son voisin, s'apprête à envoyer des bombes de destruction massive encore plus létales que celles qu'il a utilisées depuis quatre ans. À défaut de pouvoir en piller les ressources, Poutine veut anéantir l'Ukraine dont le peuple continue  — ce que peu de gens avaient imaginé au début de la guerre —de résister avec héroïsme et sans beaucoup d'aide extérieure.
J'ai repensé aujourd'hui à ces trois images que j'avais photographiées sur les murs de l'ambassade d'Ukraine, il y a un peu plus d'un an.
La première réalisée par Romana Romayishin et Andriy Lesiv illustre le fait qu'en raison de l'invasion à grande échelle opérée par les russes, de nombreuses familles ukrainiennes ont été contraintes de fuir et de devenir des réfugiés. Cela constitue un grand défi et une tragédie pour elles. Leur maison restera à jamais dans leur cœur tout comme l'espoir d'un retour à la paix et la possibilité de retourner dans leur patrie.
La seconde image d'Olga Shtonda suggère que dans cette période sombre, ce qui aide le plus les victimes de l'agression, ce sont l'humanité et les bonnes actions. Un tel soutien n'a ni frontières ni barrières linguistique.
la troisième illustration d'Anna Andreeva rappelle le blason de l'Ukraine, symbole de résistance et d'héroïsme des combattants ukrainiens qui luttent pour la liberté et la démocratie.
Le courage des Ukrainiens face à l'impérialisme russe, me rappelle celui du peuple vietnamien dans les années soixante résistant contre les américains.
shared with monday  murals -

samedi 16 mai 2026

En passant par la rue Crémieux

 
Voilà,
située dans le 12ᵉ arrondissement, à proximité de la gare de Lyon, la Rue Crémieux est considérée comme l’une des rues les plus pittoresques et insolites de Paris. Longue d’environ 144 mètres et totalement pavée elle contraste totalement avec l’architecture haussmannienne classique de la capitale. Ses façades colorées, ses volets pastel et son ambiance de “village” en font aujourd’hui un lieu très apprécié des photographes et des visiteurs. Entièrement piétonne depuis 1993 elle est bordée de petites maisons mitoyennes de deux étages aux couleurs vives : rose, bleu ciel, vert d’eau, jaune pâle ou lavande. Certaines façades sont décorées de fresques ou de trompe-l’œil, ce qui renforce son charme atypique. L’atmosphère y demeure calme et résidentielle malgré sa grande popularité touristique. 
Créée en 1865 par le promoteur et homme d’affaires Moïse Polydore Millaud, elle portait initialement le nom d’Avenue Millaud. Construite sur le modèle des cités ouvrières du dix-neuvième siècle elle  proposait des logements modestes mais confortables. Les 35 pavillons construits avaient tous une architecture similaire et comprenaient plusieurs pièces réparties sur trois niveaux. En 1897, l’avenue devint rue Crémieux en hommage à l'avocat et homme politique français célèbre notamment par le décret de 1870 portant son nom qui accorda la nationalité française aux Juifs d’Algérie. La rue a également été marquée par la grande crue de la Seine de 1910. Visible au numéro 8 une plaque rappelle que l’eau est montée jusqu’à 1,75 mètre à cet endroit. Depuis les années 2010, extrêmement populaire grâce à Instagram et aux réseaux sociaux, cette ancienne rue discrète est devenue l’un des lieux photographiques les plus connus de Paris. 
J'y suis passé par hasard, en me rendant à pied de la place de la Bastille à la Cinémathèque et par chance il n'y avait pas grand monde. J'en ai profité pour photographier cette entrée avec ses oiseaux peints et aussi ces fausses fenêtres.
 
 
Cela contraste avec la toile monumentale — et malheureusement avec son gigantesque et très laid panneau publicitaire — qui recouvre la façade de la gare de Lyon.
 
 
 
Sur le parvis, en hommage aux chinois qui furent déportés de leur pays — pour la plupart de la province du Shandong — entre Août 1916 et Février 1918 pour contribuer à l'effort de guerre au côté des armées françaises et britanniques, se dresse une statue représentant l'un d'entre eux.  40 000 furent placé sous l'autorité française à l'arrière du front ou dans des usines. 3000 choisirent de rester en France et constituèrent la première communauté chinoise qui s'installa non loin de la gare, rue de Chalon. Le père de l'ami Roger Wen aujourd'hui disparu, fit partie de cette première vague d'immigration.

dimanche 10 mai 2026

Rue des Périchaux


 
Voilà 
dans le 15ᵉ arrondissement de Paris, rue des Périchaux à proximité de la Petite Ceinture et derrière le parc Georges Brassens, où je suis venu me promener hier avec fille — et c'est à chaque fois un grand bonheur que ces moments passés ensemble —, se trouve cette fresque monumentale réalisée par Da Cruz. Elle constitue l’une des œuvres de street art les plus marquantes de l'arrondissement. 
Commandée dans le cadre du projet participatif Les œuvres d’art investissent la rue, le projet fut voté lors de l’édition 2014 du Budget participatif du quartier. Il a également impliqué les habitants de la résidence auxquels deux esquisses ont été présentées. leur choix s'est porté vers la version la plus vive et la plus colorée.
Haute d’environ 50 mètres, la fresque couvre la tranche d'un d’immeuble regroupant des appartements à bon marché gérés par la mairie de Paris. Sa réalisation a nécessité près d’un mois de travail, dont plusieurs semaines de préparation sur chantier. Pour atteindre les parties les plus élevées, l’artiste a travaillé depuis une nacelle culminant à une dizaine de mètres au-dessus du niveau de la rue. Da Cruz était accompagné des graffeurs Michel et Sitou, ainsi que de membres de l’association Art Azoï, en collaboration avec le centre culturel La Place.
L’œuvre s’inspire directement des masques précolombiens découverts par l’artiste lors de voyages en Amérique du Sud, notamment à Nazca. Ces figures totémiques, devenues emblématiques de son univers visuel, mêlent influences sud-américaines, africaines et moyen-orientales dans une composition extrêmement colorée. Achevée le 17 mai 2018, la fresque a été largement saluée dans le quartier comme un symbole de réappropriation esthétique de l’espace urbain.
Je me suis demandé d'où venait le nom "périchaux".  La rue doit son nom au lieu-dit "clos des Périchaux" où il y avait autrefois des vignobles et un champ d’horticulture "Périchaux" est la déformation du mot "périchot," cépage noir cultivé en ce lieu. 
Je publierai prochainement un article plus ample sur le Parc Georges Brassens, car je viens de m'apercevoir que je ne l'ai évoqué que de façon périphérique ici ou bien 
Sinon, je me suis aperçu que je savais exactement ce que je faisais le 10 Mai, il y a quarante cinq ans. C'était aussi un dimanche, et ce fut le jour de l'élection du premier président de gauche  de la cinquième République. J'ai déjà évoqué ce jour dans un précédent post. C'était un grand changement dont je me réjouissait fort. Son slogan de campagne était "La force tranquille" et le slogan du parti Socialiste "Changer la vie".

dimanche 3 mai 2026

Gardienne de rue

 
 
Voilà,
une artiste qui se fait appeler "la dame qui colle" s'applique à recouvrir les murs de portraits de femmes. Sur les rectangles qui sont collés à côté est écrit : ces portraits sont des femmes qui existent et qui nous prêtent main forte dans la rue. "J’ai commencé à coller il y a trois ans. Ça a commencé suite à la lecture d’un livre qui m’a beaucoup choquée : “Voir le voir” de John Berger. Cet ouvrage revient sur la façon dont le corps de la femme a été mis à nu dans l’Art parce que les hommes l’ont choisi. Ce sont eux qui achètent et peignent les tableaux qui sexualisent les femmes – celles-ci n’ayant donc pas leur mot à dire sur leurs représentations. Alors j’ai eu envie d’aller dans l’espace public et de coller des femmes pour raconter leurs histoires" explique-t-elle dans un entretien. 
Ces figure qu'elle dessine et qu'elle colle ensuite dans l’espace public, elle les appelle "les gardiennes de rue." Le point commun de toutes ces femmes selon l'artiste  "c’est qu’elles ont toutes vécu une forme de violence. Quelle qu’elle soit : une agression, un viol, des violences conjugales ou encore éducatives, de la prostitution. Ce sont toutes des femmes réelles, que j’ai rencontrées et qui m’ont raconté leur histoire".
Dans leur représentation aussi, elles ont quelque chose en commun : elles sont toutes immobiles. Les études sociologiques le montrent : en tant que femme, quand tu es immobile dans l’espace public, c’est que tu attends le bus. Ce sont les hommes qui occupent l'espace, qui se posent. Peu de femmes le font. Si tu t’arrêtes : des hommes vont venir te parler. Je me suis dit que j’allais coller des femmes immobiles, qui guettent, des gardiennes de l’espace public. Tu croises plusieurs fois ces collages-là et tu te dis qu’elles sont là et qu’elles surveillent. Dans leur regard, on voit d’ailleurs qu’elles sont plutôt dans une attitude défensive.Cette posture répond à la représentation culturelle qu’on a des femmes : non, elles ne sont pas souriantes dans l'espace public. Et comme ce sont elles qui choisissent les vêtements dans lesquels elles posent pour le collage, on arrive à un modèle contemporain de la féminité. Très peu de femmes ont voulu porter une robe."
L'artiste explique en outre qu'elle a choisi le collage comme moyen d'expression parce que cette pratique permet de travailler chez soi et de dessiner tranquillement. Quand on colle ensuite, ça prend peu de temps et c’est plus sécurisant. "Beaucoup de femmes collent, on l’a vu avec les collages féministes qui ont débuté avant le confinement. On a juste envie de s’exprimer. Avec cette pratique, on prend moins de risques."
Ceci est le 28eme portrait de la série et le seul que j'ai vu jusqu'à présent à Paris. Cette artiste opère plutôt dans la région lilloise. 
shared with  monday  murals

dimanche 26 avril 2026

Une Fresque imposante

Voilà,
à l'angle des escaliers de la rue Lauzin et du 65 avenue Simon Bolivar dans le vingtième arrondissement de Paris, se trouve cette fresque intitulée "La statue" réalisée en 1986 par le peintre Dominique Maraval, décédé prématurément en 2010. Il existe assez peu de documents sur lui, mais j'ai trouvé cet autre lien le concernant où l'on peut voir quelques une de ses peintures.
Sinon à part ça, aujourd'hui j'ai fait ma première salade caprese de la saison, et j'ai découvert cette chanson sortie il y a quelques semaines et qui indubitablement va cartonner cet été chez nos amis transalpins. J'adore la variété italienne. 
shared with  monday  murals 

dimanche 19 avril 2026

Bar du Marché

 
Voilà, 
cette colonne marque l'angle de la rue de Seine et de la rue de Buci, où se trouve le Bar du Marché. Je ne me souviens plus depuis combien de temps existe cette fresque en faïence qui la décore. Bien sûr, depuis longtemps le quartier de Saint-Germain-des-prés s'est gentrifié et n'a plus rien de bohème. Mais il demeure toujours cher à mon cœur. En dépit de ses transformations j'aime encore m'y promener. J'y ai beaucoup traîné dès que j'ai habité à Paris et je le connais par cœur. Il y avait alors beaucoup plus de librairies, de galeries d'art et c'était alors encore un endroit fréquenté par la jeunesse en rupture de ban. Je me souviens de la librairie Actualités tenue par Pierre Scias qui se trouvait rue Dauphine, la galerie Nikon au début de la rue Jacob qu'aimait beaucoup Agnès, la galerie de l'Échaudé qui exposait les encres de Henri Michaux. Même si le marché de l'art s'est déplacé vers le quartier du Marais, il reste encore d'intéressantes galeries dans les parages. La dernière fois que j’ai bu un verre au bar du marché c’était entre Noël dernier et le premier de l’an, avec Oya et Olivier, de passage à Paris, que je n’avais pas vus depuis très longtemps. À peine trois mois se sont écoulés, cela me semble déjà très incertain, alors que les souvenirs lointains demeurent très denses.

dimanche 5 avril 2026

Rue Tournefort

  

Voilà
passant il y a peu à l'angle de la rue Tournefort et de la rue du Pot de Fer, dans le cinquième arrondissement, j'ai remarqué ces peintures murales qui ornaient un pub, peuplé surtout le soir d'étudiants de nombreuses universités, grandes écoles, et classes préparatoires se situent dans ce quartier

 

J'étais dans un étrange état. Quelques heures auparavant, dans la matinée, feuilletant un ouvrage de Cioran (Histoire et Utopie), dans ma bibliothèque, j'étais tombé sur cette réflexion qui sonnait étrangement, à la lumière de récents événements et des délirantes déclarations du tyran pédophile : "Chaque civilisation croit que son mode de vie est le seul bon et le seul concevable, qu'elle doit y convertir le monde ou le lui infliger. On ne fonde pas un empire seulement par caprice. On assujettit les autres pour qu'ils vous imitent, pour qu'ils se modèlent sur vous, sur vos croyances et vos habitudes ; vient ensuite l'impératif pervers d'en faire des esclaves pour contempler en eux l'ébauche flatteuse ou caricaturale de soi-même."
shared with monday  murals

dimanche 22 mars 2026

Rideaux de fer

 
Voilà 
dimanche après avoir voté pour le premier tour des élections municipales, je suis allé me promener du côté du dixième arrondissement. La plupart des commerces étaient fermés et j'ai pu photographier quelques rideaux de fer peints.
 

 
 
Ce fut une journée paisible durant laquelle j'ai pu voir quelques amis habitant dans les parages. Il faisait un temps presque printanier, et j'ai même eu un peu chaud au cours de l'après-midi. Je me suis en outre offert le luxe d'un café en terrasse et d'y lire "Éloge de la vieillesse" de Hermann Hesse. Cet auteur qui m'accompagna dans ma jeunesse avec entre autres "Narcisse et Goldmund", "Damian", et "Le loup des steppes", voilà que je le retrouve à présent pour accompagner mon déclin.

dimanche 1 mars 2026

Nyngo

 
 
Voilà,
situé au 86 rue de la mare ce mur est, à l'initiative de l'association les BombaSphères, régulièrement réinvesti par un artiste différente. Ainsi, le loup blanc de Louyz a été remplacé par cette fresque de Demoiselle MM. visible jusqu'à la mi mars, qui s'intitule "Demoiselle Nyngyo". Une ningyo est une créature des mers de la mythologie japonaise..
Les premières sources historiques, comme le Shanhaijing chinois, décrivent les ningyo comme ayant à la fois un corps de poisson, un visage humain, avec une voix d'enfant. Le recueil d’histoires Kokon Chomonjū datant de 1254, décrit des poissons aux visages humains, mais avec des bouches protubérantes dotées de petites dents, et des traits proches de ceux des singes. La première encyclopédie illustrée du Japon, Wakan sansai zue, parue en 1713, présente la créature avec un haut du corps féminin et une queue proche de celle d’un poisson.
Ces créatures étaient considérées comme nuisibles pendant la période médiévale. Attraper une ningyo déclenchait des tempêtes et provoquait la malchance. Des pêcheurs qui capturaient ces créatures étaient mis en garde par d’autres marins et les rejetaient dans l'océan. On dit aussi que lorsqu’une ningyo s’échouait sur les plages, cela provoquait aussitôt une guerre ou une calamité quelconque. Cependant leur rôle a changé à travers les époques et situations, pouvant se révéler en certaines circonstances, de bon augure. Elles sont aujourd'hui censées éloigner la mauvaise fortune et aider à la bonne santé.  

dimanche 15 février 2026

Sur le bout de la langue

 

Voilà,
autour, tout est à sa place. Le décor tient. Les rues, les gens qui passent, les images parfois énigmatiques sur les murs. Il regarde, il s'attarde peut même encore sourire. Mais quelque chose en lui s’est absenté. L’idée du lendemain peut-être. Le corps continue de faire son travail, sans grande conviction, la tête aussi, mais de plus en plus difficilement. Les mots n'accèdent plus aussi aisément à la pensée. Parfois ils affleurent  et s'effacent aussitôt. Ne se laissent pas retrouver. Durant une bonne partie de l'après midi, il y avait ce mot sur le bout de la langue. Un nom de métier ayant à voir avec les assurances. En vain. Et puis il est revenu comme ça, en début de soirée alors qu'il n'y pensait plus. "Actuaire". Au moins sait-il encore ce que cela signifie. Cela survient de plus en plus souvent. Est ce que ce sont les années ? Un traumatisme précis ? Il fait peu d'efforts, mais tout l'épuise. Et il y a cet ennui. Un ennui calme, sans raison, sans plainte. Il est là, c’est tout. Quelque chose s'est achevé à son insu, pense-t-il, mais quand ? Y-a-t-il un nom à donner à cela ? Pourtant, la peur du dimanche soir ne le quitte toujours pas et une ritournelle, dans son crâne, elle ne se laisse pas oublier. On dit qu'il va neiger cette nuit.
shared with  monday  murals -

dimanche 8 février 2026

Une nuit je fus papillon


Voilà,
sur un mur de l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne, j'ai aperçu ce papillon peint par l'artiste C215, connu pour ses portraits de célébrités disséminés un peu partout dans Paris. J'en ai déjà montré ici, et encore , et aussi sur cette page.
Le  groupe hospitalier souhaitait donner poésie et couleurs à des sites a priori rébarbatifs, chargés du tabou de la maladie mentale. Désireux, selon un des responsables du projet, de déstigmatiser les troubles mentaux, et de remettre l'hôpital dans la ville afin que celui-ci ne soit plus un lieu à part, il a été demandé à C215 d'intervenir. Il a tout de suite pensé au papillon, car selon lui "sa dimension métaphorique correspond bien à l'idée initiale. Le papillon c'est l'évasion, c'est éphémère, insaisissable et léger… C'est aussi la transformation, comme les gens qui viennent ici pour évoluer, se transformer". Il paraît qu'il y en a d'autres, mais je n'ai aperçu que celui-ci. 
M'est alors revenu en mémoire l'apologue de Zhuāng Zhōu, un penseur taoïste chinois du quatrième siècle siècle av. J.-C.  Il dit en substance ceci : Jadis, une nuit, je fus un papillon, voltigeant content de son sort. Puis je m'éveillai, étant Zhuāng Zhōu. Je me demandai alors suis-je bien le philosophe Zhuāng Zhōu qui se souvient d'avoir rêvé qu'il fut papillon, ou suis-je un papillon qui rêve maintenant qu'il est le philosophe Zhuāng Zhōu ? Qui suis-je en réalité ? Dans mon cas, y a-t-il deux individualités réelles ? Y a-t-il eu transformation réelle d'une individualité en une autre ? Ni l'un ni l'autre, est la réponse. Il y a eu deux modifications irréelles de l'être unique, de la norme universelle, dans laquelle tous les êtres dans tous leurs états sont Un. "
 
 
Sinon, pour passer à un sujet plus léger, le tournoi de rugby des six nations a commencé ce weekend. À ce propos j'aimerais rappeler que si l'on connaît bien Montaigne pour ses Essais, on a tendance à oublier qu'il a aussi claqué quelques bons drops. Il est probable que cette plaisanterie n'atteindra que peu de gens, — essentiellement francophones — mais bon, je fais ce que je peux pour démentir ceux qui me considèrent comme un esprit chagrin qui voit toujours tout en noir.
 shared with monday  murals -

dimanche 1 février 2026

Pêle-mêle au pied de la lettre

 
Voilà,
le hasard de certaines promenades, m'a, ces derniers mois, remis en présence avec ces collages intitulés "au pied de la lettre" réalisés par le collectif "les murs ont la paroles". J'ai déjà montré leurs travaux ici ou bien ou encore . Ils illustrent des métaphores courantes de la langue française. Celle du haut s'intitule "le cœur sur la main" ; expression qui désigne la générosité et la seconde s'appelle "tourner de l'œil" ce qui signifie, s'évanouir.

 

Cela me fait toujours plaisir de tomber par hasard sur une nouvelle image de cette série, car je les trouve particulièrement élégantes. Et puis d'une certaine façon cela flatte mon goût pour la collection. 
 

 
À part ça, j'ai fini de lire "Portrait d"une traductrice", sous-titré "Ludmila Savitsky à la lumière de l'archive". C'est un ouvrage universitaire de Patrick Hersant et Leonid Livak, précis détaillé, regorgeant d'informations. J'ai souvent entendu parler de "Lud" dans ma jeunesse. C'était la mère de Nicole Védrès et la grand-mère de Dominique pour qui elle compta beaucoup. Elle fut la première à traduire Joyce, en français, mais aussi Ezra Pound, Virginia Woolf et Isherwood. C'est elle qui avait fait l'acquisition de la maison de Lestiou, à quelque kilomètres de celle du poète André Spire avec qui elle entretint une longue correspondance tout au long de sa vie. Je ne sais d'ailleurs lequel des deux attira l'autre sur les bords de Loire. 
Bien des passages de ce livre sont tout à fait passionnants. Entre autres, ceux concernant les vingt premières années du XXeme siècle où l'on évoque, entre autres  "la question juive" — c'est une expression de l'époque (l'affaire Dreyfus est encore fraîche) et plusieurs ouvrages portent ce titre —, mais aussi  les débats idéologiques après l'apparition du bolchevisme. Il y est fait mention des controverses qui opposaient à ce propos les intellectuels français, et de la situation des exilés russes en France. 
Cela résonne parfois étrangement avec notre époque ; on y trouve la même confusion idéologique, et cela me paraît incroyable qu'on en soit encore là, un siècle après. Comme le constatait Aldous Huxley "le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l'Histoire est la leçon la plus importante que l'Histoire nous enseigne".. 
Mais l'intérêt du livre réside surtout dans la découverte de la méthode de travail de Ludmilla Savitzky. On peut suivre, grâce à de nombreux documents — fac-similés de manuscrits — qui témoignent des différentes étapes sur un même texte, son lent et patient cheminement pour restituer au plus juste l'intention et le style de l'auteur qu'elle traduit. 
Lisant ceci ma pensée vagabonde. Je repense à Mireille Havet dont Ludmilla Savitsky était l'amie. A la valise que Mireille Havet confia au début des années trente à Lud avec la promesse que jamais elle ne serait ouverte de son vivant, et qui fut trouvée dans le grenier de Lestiou au début du siècle suivant. Elle contenait une correspondance avec Apollinaire (entre autres), et son journal intime. Dominique en favorisa l'édition et en assura la préface. 
 
 
Le photogramme de Dominique, est extrait du film de Nicole Védrès qui s'appelle "la vie commence demain". Elle a alors dix-neuf ans. La ressemblance sur cette photo avec sa fille cadette au même âge m'étonne toujours autant.
shared with  monday  murals - mosaic monday -

dimanche 18 janvier 2026

La fresque de la mairie de Cruas

 

Voilà,
dans le bâtiment de la mairie de Cruas, qui regroupe non seulement des services administratifs mais aussi une salle de spectacle faisant  aussi office de cinéma municipal (on en voit la porte d'entrée au  centre de la photo) se trouve une imposante fresque réalisée par André Auclair, dont j'ignorais l'existence avant de venir ici.  Né le 5 mars 1893 à Paris et décédé le 22 novembre 1976 à Saint-Thomé, cet artiste a poursuivi une carrière artistique multidisciplinaire, mêlant peinture, sculpture, céramique et gravure. Après avoir enseigné aux ateliers des Beaux-Arts du 80, boulevard du Montparnasse, formant des élèves renommés tels qu’Édouard Pignon et Marcel Mouly, il s'est retiré en Ardèche. A Cruas un musée à son nom situé dans une belle bâtisse des années 1920 jouxtant un magnifique parc arboré, rassemble paraît-il (je ne l'ai pas visité) plus de 300 de ses œuvres qu'il a léguées à la commune.


J'aime beaucoup le graphisme épuré de cette fresque réalisée en 1965, très dans le goût de l'époque et qui m'évoque à la fois certaines œuvres tissées de Jean Lurçat. et aussi à des peintures rupestres 
 

Cette évocation d'une sorte de paradis, me touche sans que je ne puisse me l'expliquer. Peut-être suscite-t-elle en moi la nostalgie d'une époque où le futur que l'on rêvait alors était plus exaltant et plus riche de merveilleux que le présent qu'il est devenu.

Publications les plus consultėes cette année