mardi 29 septembre 2020

Caramel

Voilà,
je me souviens très bien de ce jour, c'était le lundi 21 septembre, premier jour de l'automne ou dernier de l'été. Il faisait très chaud. J'avais somnolé sur un fauteuil en fer en début d'après-midi à l'ombre d'un citronnier —les italiens appellent cela meriggiare — avant que Charlotte, ma partenaire sur un prochain spectacle ne vienne me retrouver pour travailler un peu au soleil. A un moment, j'avais laissé un message à ma fille pour lui dire que je serai dans le coin à sa sortie de cours. Elle m'a rappelé et en effet nous nous sommes retrouvés aux alentours de 18 heures, sur le Bd Saint-Michel. Comme il faisait beau, nous sommes rentrés à pied en passant par le jardin du Luxembourg. Lorsque j'ai aperçu ce chien sur sa serviette et les deux dames qui parlaient, je suis immédiatement revenu sur mes pas. Ma fille a l’habitude. La situation exigeait son image et j'ai tout juste eu le temps de shooter sans que ni l'une ni l'autre ne s'en rende compte. C'est alors que j'ai entendu que le chien s'appelait "Caramel" (linked with my corner of the world

dimanche 27 septembre 2020

J'aime / je n'aime pas (12)

 

Voilà
J'aime les bains de mer l'été
Je n'aime pas quand les gens mâchent bruyamment leur chewing-gum
J'aime découvrir des paysages que je ne connaissais pas
Je n'aime pas l'incertitude dans laquelle nous tient actuellement l'épidémie de covid
J'aime rencontrer dans la réalité des correspondant(e)s de blog
Je n'aime pas l'usage abusif du mot "historique" dans les commentaires sportifs
J'aime retrouver mon appartement bien rangé après une longue absence
Je n'aime pas quand facebook me propose de fêter l'anniversaire de quelqu'un qui est mort
J'aime particulièrement cet objet qu'on appelle cuiller à pamplemousse mais qui est aussi très pratique pour les melons et les kiwis
Je n'aime pas qu'on laisse un message sur le répondeur où l'on me demande de rappeler sans m'en donner la raison
J'aime la chanteuse de jazz Jeanne Lee parce qu'elle ne fait pas de trémolos ni de fioritures. Et puis c'est elle qui chante "Blasé" d'Archie Shepp
Je n'aime pas la nouvelle version de blogger qui est totalement contre intuitive
J'aime les longues marches dans la campagne
Je n'aime pas l'accumulation de signes inquiétants concernant le devenir des USA contaminés par la folie et l'incompétence d'un seul homme
J'aime regarder les résumés des matches de rugby de la Mitre10 cup
Je n'aime pas devoir me peser, faire un régime, prendra régulièrement ma tension
J'aime recevoir des SMS ou des appels téléphoniques de ma fille pour des rendez-vous surprise
Je n'aime pas les douleurs nouvelles et inconnues
J'aime les nuits où, concentré sur une tâche précise, je ne vois pas le temps passer
Je n'aime pas la sensation de rentrer dans l'hiver
J'aime réentendre le générique de l'émission radioscopie si populaire dans les années 70
Je n'aime pas les bigots de quelque religion que ce soit
J'aime réussir une bouture
Je n'aime pas lorsque les gens font semblant de s'intéresser à vos problèmes
J'aime réaliser une nouvelle recette de cuisine
Je n'aime pas la violence croissante des rapports sociaux entretenue par les classes dirigeantes
J'aime retrouver des vieux amis perdus de vue depuis longtemps
Je n'aime pas les trous de mémoire
j'aime le décor étrange de cette porte de l'hôpital Saint-Louis
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jeudi 24 septembre 2020

Arc-en-ciel

 
Voilà, 
c'est l'automne. L'air devient plus frais, humide. Les jours raccourcissent. De nouveau, des mesures restreignant le droit de circuler de se rassembler, de s'attarder au prétexte que l'épidémie reprend de la vigueur. La situation sanitaire se dégrade en Europe de l'Est ainsi qu'en Espagne. On parle de deuxième vague. Des gens disent que c'est vrai d'autres que non. Pourtant ce weekend dans les hôpitaux de Paris, on reporte des opérations prévues. Il faut libérer des lits de soins critiques, afin d'accueillir de possibles patients covid. On ferme les salles de sports, les piscines. Je répète pour un projet de pièce dont je me demande bien si elle pourra voir le jour. Sans doute les mois prochains faudra-t-il hiberner, je vois ça venir gros comme une maison. Tout à l'heure dans la rue, j'ai entendu un enfant crier "papa il y a un arc-en-ciel, un arc-en-ciel !". Il y avait tant de joie et d'émerveillement dans cette voix. L'innocence s'extasiait et c'était bon à prendre. (linked with skywatch friday

mardi 22 septembre 2020

Les trois filtres


Voilà,
le jeune disciple d’un sage arrive chez celui-ci et lui dit :
– Maître, un de tes amis a parlé de toi avec malveillance.
– Attends ! L’interrompt le Maître. As-tu déjà fait passer par les trois filtres ce que tu vas me raconter ?
– Les 3 filtres ?
– Oui. Le premier est celui de la vérité. Es-tu sûr que ce que tu veux me rapporter est absolument certain ?
– Non, je l’ai entendu dire à quelques voisins.
– L’auras-tu au moins fait passer par le deuxième filtre, qui est celui de la bonté ? Ce que tu veux me dire, est-il bon pour quelqu’un ?
– En réalité, non. Au contraire…  
– Le dernier filtre est celui de la nécessité. Est-il nécessaire de me faire savoir ce qui t’inquiète tellement ?
– A dire vrai, non.
– Alors, dit le sage en souriant, si ce n’est ni vrai, ni bon, ni nécessaire, enterrons-le dans l’oubli.

lundi 21 septembre 2020

Pendant le grand Confinement


 
Voilà,
pendant le grand confinement, par une douce fin d’après-midi je me suis, conformément aux règles en vigueur, autorisé une petite virée dans mon quartier en écoutant au casque « Dove » de Cymande, et c’était très bien. C'est là que j'ai pris cette photo avec ces vers d'Apollinaire écrits sur le mur. A l'époque on pouvait sortir une heure par jour, sans masque, puisqu'il n'y en avait pas de disponibles ni dans les pharmacies ni dans les supermarchés
 
pendant le grand confinement j'ai appris le mot "ultracrépidarianisme" qui désigne le comportement qui consiste à donner son avis sur des sujets sur lesquels on n'a pas de compétence crédible ou démontrée. Même si on a déjà "Outrecuidance" qui est assez élégant.
 
pendant le grand confinement j'ai été content que mon impuissance à agir soit considérée comme une vertu et je suis donc resté à la maison à ne rien foutre sans aucun problème
 
pendant le grand confinement, tout au début, les Rolling Stones ont sorti un de leurs meilleurs morceaux depuis longtemps intitulé "living in a ghost town" qui collait terriblement à l'actualité.
 
pendant le grand confinement, je suis devenu retraité, et j'ai compris que ma vie basculait dans une plus grande précarité
 
pendant le grand confinement j’ai appris que notre économie s’effondre dès qu’elle cesse de vendre des trucs inutiles à des gens surendettés, qu’il est possible de réduire la pollution, et que ce sont les personnes les moins bien payées qui sont les plus nécessaires à la population,
 
pendant le grand confinement j'ai pour la première fois entendu parler de "la théorie du nudge" autrement nommée théorie du paternalisme libéral un concept des sciences du comportement, de la théorie politique et d'économie issu des pratiques de design industriel, qui fait valoir que des suggestions indirectes peuvent, sans forcer, influencer les motivations, les incitations et la prise de décision des groupes et des individus, au moins de manière aussi efficace sinon plus efficacement que l'instruction directe, la législation ou l'exécution. C'est ainsi que les petites mouches peintes dans les urinoirs de certains cafés participent de ce concept pour inciter les mecs à pisser bien au milieu de l'urinoir
 
pendant le grand confinement j'ai sensiblement amélioré ma culture musicale et considérablement mon tour de ventre
 
pendant le grand confinement j'ai appris que Maurice Martenot l'inventeur des ondes, dispensait gratuitement ses cours, qu'il donnait aussi des cours de yoga, et qu'il organisait des séances d'écoute  ayant permis à des musiciens de découvrir le son du gamelan
 
pendant le grand confinement un jour en fin de journée j'ai poussé à pied jusqu'à Saint Germain-des-prés. Dans la lumière déclinante un parfum de violette se répandait sur la place Furstemberg déserte. Des pétales de fleurs secouées par la pluie tapissaient le sol encore humide au pied des quatre grands paulownias qui, lorsque le soleil est au rendez-vous dispensent, au passant qui s'attarde dans les parages leur ombre bienveillante et chargée de senteur. Les fantômes de Delacroix, de Monet de Bazille qui eurent leur atelier ici, rôdaient peut-être aux alentours, maintenant que la ville était rendue à un silence de couvre-feu
 
pendant le grand confinement, j'ai assez peu écouté les nouvelles à la radio et encore plus rarement à la télévision, mais bon cela m'arrivait tout de même parfois. On y voyait des journalistes dispenser leurs analyses leurs points de vue, parfois même des leçons de savoir-vivre depuis chez eux, et l'on pouvait s'apercevoir à quel point ils vivaient, dans des endroits raffinés parfois luxueux, et combien ces gens là, toutes tendances confondues, constituent une aristocratie bien éloignée du populo auquel ils s'adressent
pendant le grand confinement, j’ai beaucoup regardé instagram, et facebook
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vendredi 18 septembre 2020

Formes silencieuses


Voilà
"Leur enfance disparue avait pourtant déposé sur la pellicule des traces de sa réalité aussi tangible et immédiate que l'empreinte d'un pas dans un sol d'argile et il semblait, que tous les lieux familiers et, depuis ces lieux, l'immensité du monde entier, s'emplissaient de formes silencieuses comme si tous les instants du passé subsistaient simultanément, non dans l'éternité, mais dans une inconcevable permanence du présent. Pourtant, Antonia savait bien que tous les adultes ont été des enfants, elle savait que les morts ont un jour vécu et que le passé, si lointain qu'il fût, a d'abord été présent ; en quoi la preuve de la vérité de ces lieux communs pouvait-elle se révéler énigmatique ou bouleversante ? Il était vain de chercher une réponse intelligente ou profonde à cette question: les photographies opposaient l'impénétrabilité de leur surface à toute quête de profondeur" 
Jérôme Ferrari in  "A son image"

jeudi 17 septembre 2020

Sans raison

 Voilà, 
"Peut-être que si je pleure sans raison, c'est la preuve que mon cœur est dans un tel état de faiblesse que je ne peux même pas me venir en aide moi-même. Mais pas du tout. C'est plutôt le contraire. Votre cœur revendique de toutes ses forces son existence" (Yoko Ogawa in "Cristallisation secrète")
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mardi 15 septembre 2020

Vaches



Voilà,
s'il y a une figure vraiment tragique c'est bien la vache. Elle est là paisible à l'abri dans son pré sans avoir autre chose à faire que de se nourrir. Nous la regardons et voyons bien bien qu'elle ne sait pas ce qui l'attend. Nous non plus, en ce qui nous concerne ne savons pas trop, mais nous avons tout de même une vague idée de sorte que l'inquiétude nous saisit parfois. Pas la vache. Contemplative, broutant, lâchant parfois une bouse ou pissant dru, agitant sa queue pour chasser les mouches – son grand souci – , la vache se répand dans le présent de son ignorance, imperturbablement placide, peut-être même confiante. Son inexpressivité autorise toutes les hypothèses. C'est ce qui la rend si pathétique. Dans la splendeur de paysages découpés en prairies et façonnés pour son épanouissent, l'abattoir est pourtant son unique horizon
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samedi 12 septembre 2020

Et rien de plus



Voilà,
Il est bien regrettable de se retrouver en si piteux état devant un tel paysage.
On tousse dans son coude comme l'exige le nouveau protocole
Songeant devant cette parfaite symétrie à un un certain poème de Roberto Juarroz

Etre.

Et rien de plus.
Jusqu'à ce que se forme un puits au-dessous.

Ne pas être.
Et rien de plus.
Jusqu'à ce que se forme un puits au-dessus.

Ensuite,
entre ces deux puits,
le vent s'arrêtera un instant .

mercredi 9 septembre 2020

Ajoutez un peu de nature à vos journées


Voilà, 
parfois sur ta boîte mail tu reçois des messages un peu weirdo comme "expiration imminente". Ça fout les jetons, en particulier par les temps qui courent. Tout ça pour t'avertir qu'une réduction, un crédit favorable ou un code d'accès à je ne sais quelle connerie, va bientôt prendre fin. Ou bien — est-ce le signe annonciateur d'un prochain confinement ? — ton navigateur t'envoie ce petit memo  "Travailler à la maison, c’est tristounet ? Ajoutez un peu de nature à vos journées avec nos vidéos apaisantes et le mode d'incrustation vidéo". Et chaque jour est fait de telles injonctions qui en d’autres temps t’auraient semblé aussi absurdes que déplacées. Désormais tu t’en accommodes comme d’une chose ordinaire, inévitable. Tu es un homme de ton temps. Le big data connaît tous tes secrets même si l'époque t'enjoint de retourner masqué dans le souterrain. Et tu te souviens qu'allongé sur la plage, enfant, aux nuages, tu donnais des noms de tribus indiennes : comanches, sioux, arapahos, seminoles ou iroquois....

dimanche 6 septembre 2020

Des Images fugaces de films



Voilà,
à Chartres, voyant ce mur peint représentant un plateau de tournage, je me suis efforcé dans les heures qui ont suivi de me remémorer quelques scènes de film parmi les nombreux que j'ai pu voir
des nains très nombreux et très méchants dans un paysage grec
un chien qui erre sur une dune déserte à la recherche de nourriture.
les trois amis accrochés aux grilles d'une vaste propriété appartenant à un de leurs amis d'enfance qu'ils ont perdu de vue depuis longtemps
la femme qui regarde dans la rue un marionnette à fil en forme de squelette qui danse un rock effréné. Elle s'accroupit l'observe longuement et pose une pièce dans le béret qui est à ses côté
les deux petites filles avec un tutu orange qui courent sur un muret, font un de ces jeux où l'on se tape dans les mains. Cela dure assez longtemps, puis elles repartent en riant
l'homme qui chie au pied de son camion apercevant une Volkswagen qui roule à toute vitesse et se jette dans un fleuve
le jeune homme qui dit à la jeune fille devant un dancing "j'aime bien votre style de poitrine"
les amis vus de dos devant un paysage brumeux qui est supposé être le lac Michigan
la scène sur la gare dans "crépuscule à Tokyo", une femme marche parmi des permissionnaires
le chauffeur de taxi chez lui faisant basculer avec son pied la télévision qu'il est en train de regarder
l'homme allemand sur son lit d'hôpital qui articule péniblement  le mot "muß" en touchant la poitrine de l'infirmière
l'enfant qui parle à ses petits doigts
la jeune fille qui se lève la nuit pour tenter de démarrer une voiture
l'homme qui regarde par l'œil de bœuf à l'intérieur d'un hôtel celui qui se fait flageller
le motocycliste qui de nuit traverse à toute vitesse un petit village italien
les enfants qui volent les photos d'actrice à l'entrée d'un cinéma
le vieux sage africain qui parle à une chèvre perchée dans un arbre
celui très défoncé qui se retourne dans le bar de l'hôtel et aperçoit des animaux préhistoriques en costumes en train de partouser
Le ballon dirigeable désamarré, devenu un peu fou qui vole dans tous les sens au dessus d'une rue de  Londres en ruines
l'homme portant un cadavre dans la foule pour l'amener vers un grand feu de joie lors de la Guy Fawkes night où l'on brûle des mannequins à son effigie
le cheval blanc que chevauche un petit garçon qui avance dans la mer vers la noyade 
le rhinocéros dans les cales du transatlantique
l'homme au pardessus et l'enfant qu'il tient par la main se dirigeant vers une frontière barbelée
des hordes barbares pénétrant à cheval dans une église pour massacrer les villageois qui s'y sont réfugiés
le spectateur qui soudain aperçoit un homme armé sur le toit d'une tribune où va se dérouler un match de football américain 
l'homme qui revient avec ses bières et découvre que sa maison où se trouve sa famille est en train de brûler
la femme qui chaque jour trouve une cassette vidéo posée ur le palier de sa luxueuse demeure
la femme nue sous son imperméable qui court apeurée la nuit sur une route déserte et manque de se faire écraser
l'homme sur son lit d'hôpital qui se penche pour voir passer les jambes d'une infirmière et en meurt
le jeune homme et la jeune fille qui prennent un petit bateau la nuit pour se rendre sur une île aux alentours de Stokholm
le vieil homme si heureux de parcourir des routes suisses sur son vélomoteur 
lors de la guerre d'Indochine le chef de section qui fait une pipe au soldat mourant au bord d'une rizière 
le couple qui devait partir en Afrique et vit les volets clos dans l'appartement qu'il n'a finalement pas quitté
l'homme qui se castre avec un couteau électrique
l'homme qui s'approche du grizzly et lui intime de se tenir tranquille
etc etc, mais vous pouvez continuer cette liste
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vendredi 4 septembre 2020

Un petit tour à Chartres


Voilà,
puisque la journée avait mal commencé, je me suis dit qu'il valait mieux mettre les bouts. J'ai jamais vu Chartres ni sa cathédrale alors que c'est à peine à un peu plus d'une heure de Paris et si je le faisais pas maintenant je le ferai peut-être jamais. Donc je me suis cassé. Au moins ça serait une journée où j'aurais fait quelque chose de nouveau. Je n'ai pas grand chose à dire pour le moment sur la cathédrale, puisque j'ai choisi de faire vite plutôt que de faire bien. C'est en tout cas très bien expliqué dans wikipedia. C'est, avec ses deux tours dissymétriques, un édifice assez étonnant, gothique à l'intérieur et avec des aspects romans à l'extérieur, qui a beaucoup brûlé, a souvent été rebâti. Ses vitraux datent du XIII ème siècles et sont absolument extraordinaires, et la restauration intérieure, encore inachevée consistant à redonner aux murs leur blancheur initiale permet de voir tous les détails du tour de chœur en pierre sculptée qui est sûrement un des plus bel ensemble de bas-reliefs que l'on puisse voir en France.  J'ai été très touché de savoir et là je cite wikipedia que "la cathédrale a été sauvée de la destruction le , pendant la Seconde Guerre mondiale grâce au colonel américain Welborn Griffith. Celui-ci a remis en question l'ordre reçu de détruire la cathédrale, ses chefs croyant que les Allemands s'y abritaient. Il se porta volontaire pour aller vérifier avec un autre combattant la présence de soldats allemands à l'intérieur. Constatant que la cathédrale était vide, il sonna les cloches pour avertir de l'absence d'ennemi. Il fut tué au combat le même jour à Lèves près de Chartres. Il a été décoré à titre posthume de la Croix de Guerre avec palme, de la Légion d'Honneur et de l'Ordre du Mérite par le gouvernement français, ainsi que de la Distinguished Service Cross du gouvernement américain". Je trouve pour ma part l'Eglise catholique apostolique  et romaine bien ingrate, car cet homme mérite d'être au moins béatifié sinon canonisé pour avoir sauvé un joyau de la chrétienté.
Parole de mécréant.
Je me suis ensuite baladé sans masque, dans la vieille ville car la zone est considéré comme verte, et j'y ai fait quelques photos. C'était agréable de voir des visages pour la plupart découverts. J'ai repensé au médecin que j'ai vu ce matin, qui n'est pas mon médecin traitant, qui émettait de sérieux doutes sur la nécessité de masquer toute la population. Vraiment je ne comprends rien à cette affaire. Je suis rentré en fin d'après midi à Paris et dans le train, j'ai vu sur mon smartphone que l'on donnait dans un cinéma près de chez moi "Manchester by the sea" un film de Kenneth Lonergan, dont j'avais à sa sortie entendu dire beaucoup de bien mais je l'avais manqué. Casey Affleck dans le rôle principal y est tout à fait prodigieux. C'était peut-être pas la meilleur idée, cependant, de regarder ça. C'est certes un chef d'œuvre comme je n'en ai pas vu depuis longtemps, mais toutefois d'une tristesse abominable, et à l'heure où j'écris ces lignes, je crois qu'il me faudrait une dose massive d'euphorisant pour m'en remettre. J'ai beaucoup pleuré. Il me reste un fond de CBD je crois que je fais finir le flacon.
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mercredi 2 septembre 2020

Hasard constructiviste


Voilà
de l'anomalie, du détail, du fugace. Une légère altération de la perception. Comme si, sous la fine pellicule du cours des choses, une autre réalité exigeait d'apparaître. On s'émerveille d'un rien. On croit se rappeler que très petit enfant c'était déjà le cas. Qu'on éprouvait un certain plaisir à être jeté ainsi dans la confusion provoquée par les reflets. Et aujourd'hui encore, retrouvant par hasard une vieille photo, alors qu'on en cherchait une autre, on se réjouit de ce paradoxe : une surface ajoute de la profondeur. 

mardi 1 septembre 2020

Un souvenir de cet été


Voilà,
c'est donc la rentrée, avec masques de protection gestes barrières, et moi ce matin à Paris je songe aux images de l'été, à ce dimanche de juillet sur le modeste champ de courses de Cluny en Bourgogne, si paisible et désuet avec son ambiance familiale. Pour occuper mes journées je me fabrique de nouveaux rituels, je fais plus d'exercice physique que je n'en ai jamais fait, mais pour être franc je n'ai pas vraiment envie d'être là. J'ai envie de nature où pouvoir me déplacer librement, musarder, flâner, me laver les yeux à de nouveaux paysages. Je ne veux plus me fixer d'objectifs ou de contrainte


J'ai envie d'être ailleurs, parce qu'ici bien des choses me contrarient. Des phrases me hantent comme celle-ci entendue récemment : "nous allons dans le mur, mais nous avons allumé les phares". Je suis incapable d'écouter les bavardages à la radio, avec ces journalistes qui parlent fort, et souvent de façon péremptoire. Le monde fait trop de bruit. J'ai besoin d'air de musique et de chant.


Je ne parviens pas à me projeter dans le futur, même proche. J'ai du mal à faire le point sur ces derniers mois. Je suis désemparé parce que les neuf semaines de confinement, mais aussi tout ce qui a précédé, ont acquis un caractère d'irréalité. Tant de choses se sont dites pendant ce moment exceptionnel, et maintenant tout semble effacé.
Et puis le chemin des mots est bordé de ronces. Je m'y écorche.

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