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samedi 30 mai 2026

Edgar Morin et l'inattendu

 
Voilà.
Edgar Morin est mort. 104 ans en ayant gardé toute sa tête, c'est remarquable. Ma vie durant il aura été dans le paysage intellectuel français, et ses points de vue n'auront jamais perdu de leur acuité ni de leur pertinence, (ce qui n'est pas le cas de tout le monde) et il aura su, sans compromission, se tenir tout au long de sa vie avec droiture et une grande rigueur morale. Il constitue, pour moi, la quintessence de ce qu'est le métier de penser. En cela, il est la continuation de Vladimir Jankélévitch qui fut son professeur de philosophie dans sa jeunesse à Toulouse.
Les nécrologies sont prêtes depuis longtemps et facilement accessibles sur le net, pour ceux que cela intéresse. Je reproduis simplement cet article paru il y a quelques années à la veille de ses cent ans.
′′J'ai été surpris par la pandémie mais dans ma vie, j'ai l'habitude de voir arriver l'inattendu. L'arrivée de Hitler a été inattendue pour tout le monde. Le pacte germano-soviétique était inattendu et incroyable. Le début de la guerre d'Algérie a été inattendu. Je n'ai vécu que pour l'inattendu et l'habitude des crises. En ce sens, je vis une nouvelle crise énorme mais qui a toutes les caractéristiques de la crise. C'est-à-dire que d'un côté elle suscite l'imagination créative et de l'autre des peurs et des régressions mentales. Nous recherchons tous le salut providentiel, mais nous ne savons pas comment.
Il faut apprendre que dans l'histoire, l'inattendu se produit et se reproduira. Nous pensions vivre des certitudes, des statistiques, des prévisions, et à l'idée que tout était stable, alors que tout commençait déjà à entrer en crise. On ne s'en est pas rendu compte. Nous devons apprendre à vivre avec l'incertitude, c'est-à-dire avoir le courage d'affronter, d'être prêt à résister aux forces négatives.
La crise nous rend plus fous et plus sages. Une chose et une autre. La plupart des gens perdent la tête et d'autres deviennent plus lucides. La crise favorise les forces les plus contraires. Je souhaite que ce soient les forces créatives, les forces lucides et celles qui recherchent un nouveau chemin qui s'imposent, même si elles sont encore très dispersées et faibles. Nous pouvons nous indigner à juste titre mais ne devons pas nous enfermer dans l'indignation.
Il y a quelque chose que nous oublions : il y a vingt ans, un processus de dégradation a commencé dans le monde. La crise de la démocratie n'est pas seulement en Amérique latine, mais aussi dans les pays européens. La maîtrise du profit illimité qui contrôle tout est dans tous les pays. Idem la crise écologique. L ' esprit doit faire face aux crises pour les maîtriser et les dépasser. Sinon nous sommes ses victimes.
Nous voyons aujourd'hui s'installer les éléments d'un totalitarisme. Celui-ci n'a plus rien à voir avec celui du siècle dernier. Mais nous avons tous les moyens de surveillance de drones, de téléphones portables, de reconnaissance faciale. Il y a tous les moyens pour surgir un totalitarisme de surveillance. Le problème est d'empêcher ces éléments de se réunir pour créer une société totalitaire et invivable pour nous.
À la veille de mes 100 ans, que puis-je souhaiter ? Je souhaite force, courage et lucidité. Nous avons besoin de vivre dans des petites oasis de vie et de fraternité."
Source Franceinfo : Interview publiée le 1/01/2021
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mardi 26 mai 2026

Jazz

Voilà, 
Il y a cent ans exactement naissait Miles Davis. Je me souviens de la première fois où j'ai entendu "Kind of Blue", en 1984 ou 1985 lors d'une soirée chez la fille de l'actrice Josephine Derenne, dans un petit appartement du quinzième, non loin des voies ferrées de la gare Montparnasse, vers la porte de Brançion. J'avais été saisi par la beauté de l'album et particulièrement par le morceau "All blues", et dès le lendemain, je me l'étais procuré. Je me rappelle aussi l'avoir vu en concert à Clermont-Ferrand en 1990.


Curieuse coïncidence le saxophoniste Sonny Rollins, a quitté ce monde hier à l’âge de 95 ans, laissant derrière lui une œuvre elle aussi considérable.  Entre 1958 et 1962, traversant une crise d'identité artistique, s'interrogeant sur les raisons de jouer et la façon de le faire, il cessa de se produire en public et d'enregistrer, au lieu de quoi il alla jouer sous le pont de Brooklyn tous les jours pour travailler inlassablement sont instrument et parfaire sa pratique. Le disque suivant qu'il publia s'appelait "The Bridge".
Au paradis des jazzmen ils pourront de nouveau faire le bœuf ensemble.

vendredi 5 septembre 2025

Chibanis

Voilà,
Chibani vient de l'arabe maghrébin et signifie vieux, vieillard, ancien ou encore "cheveux blancs". Initialement le terme est utilisé pour désigner dans leur propre langue les familles de combattants harkis, émigrées en France au moment de l'indépendance et dont les membres sont parvenus à l'âge de la retraite.
À partir du début du vingt-et-unième siècle, le terme est appliqué à une catégorie de population originaire d'anciennes colonies françaises (majoritairement du Maghreb et dans une moindre mesure Afrique subsaharienne et Extrême-Orient), émigrés en France durant les Trente Glorieuses (1945-1975) sans réussir à se forger une situation stable dans le pays et parvenus à l'âge de la retraite dans des conditions précaires. Par extension, le mot, depuis quelques années qualifie, en langage familier — du moins dans les banlieues et les quartiers populaires à forte densité d'immigrés ou de descendants d'immigrés — n’importe quelle personne âgée. (sources wikipedia)

lundi 1 septembre 2025

L’été 2025

 
Voilà, 
C’est déjà la fin des vacances d'été. C’est toujours un peu triste cette période. Cet été là aura été particulier tout de même
 
Cet été une fois de plus, pour la troisième année consécutive j'aurais passé le mois de Juillet à Avignon. Pour moi la boisson de ce festival aura été une mixture à base de jus de citron et de jus de gingembre dont je remplissais ma gourde chaque matin avant de partir. C’était frais rafraîchissant mais sans doute peu compatible avec mon traitement contre l’hypertension J’aurais aussi découvert le Gambetta bitter au café de la place Pasteur et une  blonde de garde, plus verte que blonde à la liqueur de Chartreuse dans un café de la place des Carmes le soir de mon arrivée. 
 
Cet été, rue du Vice Légat j'aurais aussi vu Diogène converser avec une jolie festivalière.


Cet été il y aura eu en France deux longues périodes de canicule intense, une fin juin mi juillet, une autre courant Août et des nouvelles températures extrêmes auront été enregistrées un peu partout en France métropolitaine


Cet été j’aurai assez peu rêvé

 

Cet été j'aurai eu plein de nouvelles douleurs et des symptômes bizarres


Cet été en août j’aurai vu beaucoup de films

 

Cet été j'aurais mis des visages et des voix sur des noms plus ou moins familiers qui désignaient auparavant des inconnus

 

Cet été j'aurai assisté à une messe à Taizé

 

Cet été les États-Unis auront suspendu la livraison de systèmes de défense antiaérienne Patriot, de missiles antichar Hellfire et de munitions à l'Ukraine, officiellement en raison de la diminution des stocks de l’armée américaine


Cet été j’aurais, impuissant, assisté sur les écrans tactiles à la débâclé morale du monde occidental dont je fais partie, et vraisemblablement au début de son effondrement politique et culturel aussi

 

Cet été aux États-Unis, des inondations dans l'état du Texas auront fait plus de 135 morts Si parmi eux il y avait des climatosceptiques trumpistes j'en suis ravi, ça fera quelques cons en moins 

 

Cet été ma cousine aura quitté ce monde ou cette version du monde 

 

Cet été la Russie sera devenue le premier pays à reconnaître officiellement le gouvernement taliban en Afghanistan  

 

Cet été des combattants des Forces démocratiques alliées (FDA), affiliés à l'État islamique, auront tué 66 personnes dans le territoire d'Irumu, en République démocratique du Congo


Cet été beaucoup d'acteurs et d'actrices de théâtre que j'ai croisés dans ma vie auront trépassé.

 

Cet été l'UNESCO aura classé la galerie d'art rupestre du parc national de Murujuga en Australie occidentale comme site du patrimoine mondial et ça c'est plutôt une bonne nouvelle

 

Cet été des tirs auront été échangés à la frontière entre les armées cambodgienne et thaïlandaise faisant douze morts


Cet été des scientifiques se seront inquiétés sans être plus entendus que de coutume de la situation climatique alarmante. leur cri d'alarme répété depuis des années aura pourtant été clair : dépasser les +1,5°C va créer beaucoup, beaucoup de malheurs. Monter au-delà va les augmenter pour chaque dixième de degré en plus.  Avec une sensibilité climatique plus élevée, le franchissement de ce niveau de malheur supplémentaire va advenir assez rapidement.

Il est en outre très peu probable que nous puissions revenir en arrière. Le délabrement que cela entraînera risque donc de durer des siècles. Voilà pourquoi selon eux nous devrions l'éviter à tout prix.

 

Cet été il y aura eu de gigantesques incendies sur le pourtour méditerranéen, en France dans l'Aude, dans l'Ouest et le Nord Ouest de l'Espagne , et aussi au Portugal


Cet été en Alsace la récolte de Crémant aura commencé le 20 août ce qui constitue un record de précocité 

 

Cet été Israël aura mis en place les bases d'une annexion de la Cisjordanie après avoir affamé et rasé Gaza qu'elle veut désormais occuper. Elle aura continué sa politique d'éradication ethnique sur la bande de Gaza et plusieurs sommités juives en Israël et hors des frontières auront qualifié ces actions de génocide .

 

Cet été on aura constaté grâce au large panorama de la santé pédiatrique outre-Atlantique, dressé par une étude publiée dans le "Journal of the American Medical Association" ("JAMA"),  que l'état de santé des enfants se dégrade rapidement aux Etats-Unis, creusant l’écart avec les pays à haut revenu et que cela présente les traits d’une catastrophe invisible.

 

Cet été j'aurai pour la première fois mangé du foie de lotte 

 

Cet été en Espagne la vague de chaleur du mois d’Août aura été la plus intense jamais enregistrée. Du 8 au 18 août, la péninsule ibérique aura subi la vague de chaleur « la plus intense depuis qu’il existe des relevés d’après son agence météorologique nationale. Avec des températures dépassant par endroit les 40 °C, la vague de chaleur d’août 2025 aura surpassé celle, alors historique, de juillet 2022 avec des températures supérieures de 4,6 °C à celle d’une vague de chaleur considérée comme normale en Espagne.


Cet été plusieurs bains publics auront été aménagés sur les bords de Seine à Paris

 

Cet été Donald Trump aura accentué son emprises sur tous les rouages du pouvoir aux États-Unis sans rencontrer une grande opposition, et continué à constituer sa propre force paramilitaire en vue d’influer sur le fonctionnement des élections de mi-mandat

 

Cet été selon les dernières données de l’Observatoire européen de la sécheresse (EDO), celle-ci aura affecté 51,3% des sols européens, un taux inédit depuis le début des observations, en 2012

 

Cet été on aura décidé que le dioxyde de titane, jugé dangereux comme additif alimentaire pourrait rester autorisé dans les médicaments 


Cet été la Turquie aura enregistré son record de température, avec 50,5 °C relevés à Silopi

 

Cet été un séisme de magnitude 8,8 aura eu lieu près des côtes russes de la péninsule du Kamtchatka


Cet été un épisode extrême de mousson au Pakistan aura fait plus de 400 morts en quelques jours


Cet été des négociations en vue d'un traité international pour enrayer la pollution par les plastiques auront échoué à cause de l’obstruction des pays pétroliers


Cet été vers la fin du mois d'Août l'ONU (mais qui se soucie encore de l'ONU) aura déclaré l'état de famine dans la bande de Gaza


Cet été en France, un streamer sera mort en direct des suites de sévices qu'il subissait plus ou moins volontairement dans des mises en scènes trash qui attiraient de nombreux abonnés


Cet été le tyran Poutine se sera joué du gangster fasciste Trump, et les pauvres ukrainiens auront continué à être les dindons d'une farce sanglante qui dure depuis plus de trois ans


Cet été Tokyo a connu une vague de chaleur exceptionnelle en enregistrant un dixième jour consécutif avec des températures de 35°C ou plus. Ce record, qui n’avait jamais été observé depuis le début des relevés en 1875, témoigne de l'intensification des phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique. Selon l'agence météorologique japonaise (JMA), cette série de températures élevées pourrait prendre fin le 28 août 2025, avec des températures attendues inférieures à 35°

 

Cet été le Danemark a convoqué le chargé d'affaires américain après un reportage de la télévision publique faisant état de "tentatives d'ingérence" au Groenland, a annoncé mercredi la diplomatie danoise. 

 

Ainsi vont les choses (et j'en omets beaucoup) dans le meilleur des mondes possibles et si je les rappelle c'est parce qu'il est plus que vraisemblable que nous les oublierons vite pour la plupart

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mardi 19 août 2025

Juste penser à elle

 
Voilà, 
j'avais repris contact avec ma cousine en décembre 1984. Je me souviens très bien j'étais descendu à Bordeaux parce que quelques camarades du spectacle "Rêves de Kafka" y habitaient. À l'occasion de ce sympathique séjour durant lequel j'avais été hébergé par Léon Napias et Patricia Jeanneau qui possédaient une "échoppe" près de la gare, j'en avais profité pour rendre visite à ma cousine perdue de vue depuis une dizaine d'années. J'avais alors fait connaissance avec son fils âgé d'un an. Quelques mois plus tard elle était montée à Paris avec une copine, et à l'occasion de ce séjour elle était venue me voir jouer. Dans les années qui suivirent nous nous sommes quelques fois croisés de loin en loin. Au début des années 2000 nous avons recommencé à nous voir souvent. Je descendais parfois en Dordogne où elle vivait avec son époux. Elle passait parfois à Paris et je l'hébergeais alors durant ses séjours qui étaient pour elle l'occasion de faire moisson d'expositions et des spectacles auxquels je l'accompagnais parfois.
Ma cousine Cathy nourrissait une rancœur jamais rassasiée, contre ses parents d'une part et contre ses grands-parents maternels aussi, pour des raisons plus que justifiées mais qu'il ne m'appartient pas de dévoiler ici. Elle était très soucieuse de sa généalogie et passa beaucoup d'énergie à remuer de vieilles histoires de famille. C’était un de ses sujets de conversation favoris. Que son frère et sa sœur ne fussent pas aussi remontés qu'elle contre leurs aïeux l'indignait. Elle a ainsi fini par se fâcher avec eux aussi, et se couper de toute sa parentèle. Sans concession face aux injustices, elle voulait être, sinon aimée, du moins comprise inconditionnellement. Elle le fut par son mari.  
Bien que très différents nous aimions à nous retrouver. Nous avions une grand-mère commune quelques souvenirs d'enfance partagés et de l'affection l'un pour l'autre.
J'ai découvert l'existence de mes cousins par la branche paternelle en 1964 lorsque nous sommes, mes géniteurs et moi arrivés à Biscarrosse. J'avais huit ans. C'était une nouvelle vie qui commençait. Après l'Algérie et Châlons-sur-Marne, j'ai, sous ces latitudes, pour la première fois ressenti la sensation de paix, et l'impression de vivre dans un endroit paradisiaque. Je garde un doux souvenir de cette période entre 1964 et 1969. La cellule familiale essentiellement réduite à mes parents s'étendait soudain. Mon cousin, ma cousine, mon oncle et ma tante ainsi que ma grand-mère venaient parfois nous visiter, ou bien nous allions les voir à Bordeaux. Il y eut même des repas de famille, des fêtes de Noël partagées, des anniversaires. C'était bien, c'était nouveau – car ces gens n’étaient pas des militaires –, et tout pour moi était source d'étonnement. 
 
 
Des fragments de ma vie ressurgissent. Je retrouve de vieille photos scannées sur mon ordinateur. Celle du haut, prise en 2010 lors d'un de ses passages dans la capitale. La seconde datant de l'été 1971 cadrée par son père sans doute, à Biscarrosse devant sa caravane, dans un pré à l’entrée du bourg. Mes parents y avaient posé la leur une pliante erka. Nous revenions dans ce village où nous avions vécu durant cinq ans. Je me souviens, c'était la mode du camping à la ferme, chez l’habitant. L'oncle la tante mes cousins et la grand-mère paternelle étaient venus nous rejoindre. Ma cousine sur la gauche regarde l’objectif et mon cousin observe mon frère cadet de neuf ou dix mois dans les bras de notre grand-mère. À côté je fais la gueule. C'est une période ingrate, je suis mal dans ma peau je n'aime pas être photographié. Près de moi se trouve mon autre cousine avec qui je n’ai pas de souvenirs communs.
Au milieu du mois à la fin d’une journée extraordinairement caniculaire, le cerveau rongé par une tumeur, ma cousine est morte irréconciliée avec son frère et sa sœur. Ceux là ne sont pas venus pour sa crémation. L’aurait-elle désiré d’ailleurs ? Rien n’est moins sûr. Mais beaucoup de gens qui l'appréciaient étaient présents et de jolies choses furent dites à son sujet, et avec beaucoup d'émotion et d'amitié.
Elle avait sensiblement l’âge de notre grand-mère sur la dernière photo, je m’en rends compte à présent. Soixante-sept ans, c'est tout de même bien jeune pour mourir.

dimanche 8 juin 2025

Pêle-mêle avec crocodiles

 

Voilà,
les crocodiles du marigot commencent à s'entredévorer. Musk accuse Trump d'être compromis avec Espstein et déclare avoir des preuves précises, Steve Banon veut expulser Musk au prétexte qu'il est Sud-Africain et drogué, et au passage lui "arracher la tête" . J.D.Vance ne dit rien mais reste en embuscade.
Vu d'ici, c'est grotesque. On se croirait dans un sitcom. 
En France aussi ils sont très cons ceux qui nous gouvernent, mais pas à ce point tout de même. Et puis c'est tout petit la France, ça n'a pas beaucoup d'influence sur le monde.
Ça serait risible s'il n'y avait par ailleurs tant d'urgences planétaires. 
Mais on en est là outre-Atlantique, on caligule et complote sur fond de désastre budgétaire, social, humanitaire. 
De plus en plus d'américains, paraît-il, commencent à paniquer et espèrent que le cauchemar s'atténuera après les élections de mi-mandat, dans un an et demi. Mais qui sait dans quel état sera leur démocratie dans un an et demi ? Et leur fédération ? Et quand bien même, parviendrait-on à rétablir un semblant de légalité, comment réparer les dommages causés par Trump et sa bande. Certains apparaissent d'ores et déjà comme irréversibles. 
L'effroi se mêle au ridicule. 
Depuis janvier, Trump profite de sa fonction pour s'enrichir au vu et au su de tous. Il vend des parrainages d'événements à la Maison Blanche. Il s'est emparé du Kennedy Center alors qu'il est d'une inculture crasse, qu'il n'y connaît rien aux arts et qu'il a un goût de chiottes, il suffit de voir la décoration de sa propriété de Mar-a-Lago . 
 
 
 
Il brade des bâtiments fédéraux. Il s'attaque à toutes les institutions. Il défie les décisions de justice. Il a manipulé les marchés financiers. Il a militarisé le ministère de la justice. Il a aboli la sécurité alimentaire et le contrôle des maladies. Il s'attaque à la science, à l'Université. Il veut détruire les terres publiques, exploiter les fonds marins dans les eaux internationales. Il extorque des minéraux à d'autres nations. Il a permis à un oligarque non élu d'accéder à des données gouvernementales. Il a rompu la confiance avec ses alliés. Il a souillé pour de nombreuses années l'image des États-Unis dans le monde. Il agit de façon capricieuse et incohérente, il rampe devant Poutine, il tweete à tour de de bras, il utilise son téléphone portable comme un quidam au mépris de toutes les règles de sécurité et de confidentialité. Il est dénué de classe, n'a aucune dignité. Il ferait passer Nixon pour un type sympa et Reagan et Bush Jr pour des lumières. Il est rude, grossier, vulgaire, inculte, vantard, stupide, cruel. C'est surtout un tyran, qui s'est entouré de gens encore plus maléfiques que lui. 
 
 

 
On peut supposer que des dirigeants comme Poutine ou Xi Jinping qui en matière de crapulerie ne valent guère mieux, mais qui cependant, pour les avoir subies, savent mesurer les revers et les vicissitudes de l'Histoire, observent ces péripéties avec une certaine jubilation.

mardi 3 juin 2025

Joli cadeau


Voilà,
c'est l'été sur une île paradisiaque, il fait chaud, on est tout à la joie du soleil et de la mer, un jour, une enfant que peu à peu l'on apprend à connaître vous offre son sourire, sa gaîté. Onze années passent comme un battement de paupières, et une adolescente vous envoie un texto pour partager sa joie d'être admise à un cursus universitaire qui lui tient à cœur. La vie fait parfois de jolis cadeaux
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dimanche 1 juin 2025

Un grand peintre contemporain

Voilà,
non loin de chez moi rue Didot, se trouve cette peinture murale en hommage à Zao-Wu-Ki, un célèbre peintre abstrait chinois, installé en France depuis 1948 qui vécut longtemps dans le quartier. J'ai découvert ce peintre grâce à la lecture d'Henri Michaux, qui fut mon auteur de chevet entre vingt et vingt-cinq ans. Ils étaient amis, et il lui a consacré de nombreux textes en particulier "jeux d'encres". Il a pu écrire à son propos "il sait montrer en dissimulant, briser et faire trembler la ligne directe, tracer, en musant, les détours de la promenade et les pattes de mouche de l'esprit rêveur ; il est le peintre de l'absence de poids, le sans matière qui ressuscite la matière, la matière en mouvement"..

  
 
Zao Wou-Ki fit aussi en 1955 la connaissance d'Edgard Varèse auquel il dédia un tableau en 1964, année où il obtint aussi d'André Malraux, la nationalité française. Jean Leymarie raconte que le peintre devint « dès sa fondation à l'automne 1954, un des grands habitués du "Domaine musical" régi par Pierre Boulez en 1954 et en décembre de la même année, il assistait à l'exécution tumultueuse de Déserts, le morceau de Varèse où les intervalles de silence ont autant de force que le paroxysme sonore. Le peintre éprouvait pour ce musicien une affectueuse vénération dont l'envergure sonore a retenti sur son œuvre.
A partir des années quatre-vingts il devint mondialement reconnu y compris dans son pays natal. Mort en 2013, il repose au cimetière du Montparnasse.
Quelques unes de ses œuvres ont fait l'objet d'une donation au musée d'art moderne de la ville de Paris. Il existe, le concernant, une biographie en forme de catalogue raisonné écrite par Claude Roy. 
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lundi 26 mai 2025

Une très étrange procession avec fanfare

 
Voilà,
Samedi dernier, non loin de la place de Catalogne, en haut de la rue du commandant Mouchotte, j'ai croisé une étrange procession. Je n'ai pas eu le temps d'accompagner, mais j'ai pris quelques photos. Après recherche, j'ai découvert que ces gens étaient membres d'une Église indépendante africaine chrétienne de type prophétique, appelée l'église Kimbangiste. 
Tout de même, il s'en passe des choses à Paris
Cette église doit son nom à Simon Kimbangu, son fondateur dont le patronyme signifiait "celui qui révèle les choses cachées". Elle est actuellement surtout présente dans l'actuelle République démocratique du Congo et dans la population congolaise émigrée issue de ce pays.
Le nom officiel de l'Église kimbanguiste est depuis 1987 "Église de Jésus Christ sur la Terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu", en sigle EJCSK, anciennement appelée "Église de Jésus-Christ sur la Terre par le prophète Simon Kimbangu".
Depuis les festivités du centenaire qui ont eu lieu le 6 avril 2021, le nom officiel devient "Église de Jésus-Christ sur la Terre par son envoyé spécial papa Simon Kimbangu".
 
Le mouvement Kimbanguiste a été créé le 6 avril 1921. Ce jour-là, Simon Kimbangu déclare que  Jésus Christ lui est apparu, ce qui lui aurait permis d'accomplir une guérison miraculeuse sur une jeune femme nommée Nkiantondo qui était dans le coma depuis plusieurs jours. La nouvelle de ces événements se répand dans le Congo-Central (Bas-Congo), mais également au Congo français (Congo Brazzaville) et au Congo portugais (aujourd'hui Angola). Des pèlerins arrivent alors au village de Nkamba. Simon Kimbangu prétend être l'auteur de nombreux miracles : guérisons de malades voire résurrection des morts. Devant l'ampleur des événements, les autorités du Congo belge se sentent menacées par le mouvement de Kimbangu. Une enquête pour sédition est ouverte, menée par l'administrateur Léon Morel. Après une arrestation ratée le 6 juin 1921, Simon Kimbangu se réfugie à Mbanza Nsanda où il déclare à propos de la décolonisation : "Les Blancs deviendront Noirs et les Noirs deviendront Blancs". Cela confirme pour les Belges les soupçons de sédition, et les recherches reprennent. Le 12 septembre, à la suite des menaces exercées sur ses proches, Simon Kimbangu et tous ceux qui lui étaient fidèles vont se rendre à Nkamba, aux autorités coloniales. Il est aussitôt arrêté et accusé de sédition par l’administrateur Snoeck. Un tribunal militaire le condamne à la peine capitale avant que le roi des Belges ne commue cette peine en prison à perpétuité accompagné de 120 coups de fouet. De 1921 à 1951, il passera donc 30 ans à la prison de haute sécurité d’Élisabethville, actuelle Lubumbashi.
Les autorités, considérant le kimbanguisme comme un mouvement subversif, prennent pendant plusieurs décennies des mesures répressives à l'égard des membres : envoi dans des camps de relégation, puis, à partir de 1940, dans des "Colonies Agricoles pour Relégués Dangereux" (C.A.R.D.).
Les adeptes parviennent cependant à maintenir des activités clandestines. Le plus jeune fils de Simon Kimbangu, Joseph Diangienda Kuntima, s'emploie à regrouper les sympathisants. L'épouse du "prophète", Kimbangu Marie Mwilu, ordonne les premiers pasteurs kimbanguistes en 1955. En janvier 1958, une pétition est adressée au gouverneur général du Congo, en vue d'obtenir la liberté du culte. Cette démarche, dont les auteurs se réclament de la Déclaration universelle des droits de l'homme, de la charte coloniale et de la Constitution belge, aboutit à une première forme de reconnaissance tacite. Le 11 mars 1958, la première constitution de l'Église de Jésus-Christ sur Terre par le Prophète Simon Kimbangu (E.J.C.S.K.) est promulguée. Le 22 juin 1958, lors du premier congrès kimbanguiste, Joseph Diangienda Kuntima est reconnu chef spirituel de l'E.J.C.S.K. Une demande officielle de reconnaissance adressée à la Chambre des représentants et au Sénat de Belgique aboutit enfin à la reconnaissance officielle le 24 décembre 1959.


Du 27 avril 1959 au 8 juillet 1992, l'Église kimbanguiste a été dirigée par Joseph Diangienda Kuntima en sa qualité de chef spirituel (titre qui lui sera attribué quelque temps après), assisté de Charles Daniel Kisolokele Lukelo (chef spirituel, premier adjoint) et Paul Salomon Dialungana Kiangani (chef spirituel, deuxième adjoint). Tous les trois sont fils de Simon Kimbangu et de son épouse Marie Mwilu Kiawanga Nzitani. L'Église kimbanguiste adhère au Conseil œcuménique des Églises (COE) en 1969, et à la Conférence des Églises de toute l'Afrique (CETA) en 1974.
Depuis 1921 Nkamba est considéré par les kimbanguistes comme la nouvelle Jérusalem, selon la révélation de Simon Kimbangu. Aujourd'hui, un grand temple de 100 m de longueur sur 50 m de large comportant 37000 places assises se situe à Mbanza Nkamba, qui est l'unique lieu saint du kimbanguisme. Il est à noter qu'il existe un monastère nommé la nouvelle Jérusalem près de Moscou, qui n'a strictement rien à voir l'Eglise Kimbangiste
Au niveau international, l'Église kimbanguiste est dirigée par un chef spirituel et représentant légal assisté d'un ou plusieurs conseillers directs. Il est spirituellement considéré infaillible. Au niveau national, elle est supervisée par un collège national qui a à sa tête un président. À l'instar de chaque pays, il y a des représentants légaux qui ont la responsabilité d'une ou de régions entières. Paul Salomon Dialungana Kiangani annonce à la veille de l'an 2000 être l'incarnation de Jésus-Christ. Depuis, l'Église kimbanguiste a adopté la date du 25 mai comme jour de Noël, à la place du 25 décembre. Raison pour laquelle ce défilé s'est tenu dans la rue.
Actuellement, c'est Simon Kimbangu Kiangani, petit-fils de Simon Kimbangu, qui dirige l'Église kimbanguiste depuis le 26 août 2001. Il réside à Nkamba et a organisé deux conférences internationales dans le but de mieux faire connaître la personnalité spirituelle de Simon Kimbangu. La révision du procès de son grand-père a eu lieu de 22 juillet 2011, où le Congo actuel annule la condamnation pour sédition.
Par ailleurs, un autre petit-fils de Kimbangu revendique l'héritage spirituel, et a fondé une Église dissidente


L'Église kimbanguiste se réfère à la Bible et se réclame du Credo de Nicée mais elle reconnaît solennellement et proclame universellement Simon Kimbangu, Dieu le Saint-Esprit, Jésus Christ demeurant le Rédempteur de l’humanité. Elle prêche l’amour du prochain, l’obéissance aux lois divines et la pratique des bonnes œuvres, préceptes traduits par la devise "Bolingo - Mibeko - Misala".
Elle prône par ailleurs, aux antipodes de ses origines, l'allégeance aux pouvoirs en place, son premier précepte étant de "Respecter l'autorité de l'État". Elle a donc soutenu tour à tour Mobutu Sese Seko lorsque le Zaïre était une dictature, Laurent-Désiré Kabila après la création du Congo puis son fils Joseph. Depuis la mise à l'écart de ce dernier par Félix Tshisekedi, c'est à lui qu'elle prête désormais allégeance.
Elle proscrit les boissons alcoolisées, la danse, la drogue, l'usage du tabac, la polygamie, l'adultère, la fornication, la consommation de la viande de porc et la viande de singe, le port du pantalon taille basse pour les hommes et de la minijupe voire du décolleté pour les femmes.
La musique par contre est autorisée, et l'Église kimbanguiste dispose d'un orchestre symphonique réputé.
L’Église kimbanguiste est membre du Conseil œcuménique des Églises (COE) à partir de 1969 et de la Conférence des Églises de toute l'Afrique (CETA) à partir de 1974. Toutefois, depuis 2001, le kimbanguisme ne fait plus partie de l'œcuménisme à la suite de l'auto-proclamation du fils de Simon Kimbangu, Salomon Dialungana Kiangani, de "réincarnation du Seigneur Jésus-Christ".
Il existe plusieurs paroisses dans la région parisienne, en particulier à Montreuil et à St-Ouen.
source wikipédia

mercredi 5 mars 2025

Réminiscences



Voilà,
je ne sais pas pourquoi je pense à ça, aujourd'hui, en traversant la rue pour me rendre au marché, alors qu'il fait beau — certes, un peu frais — mais on sent pourtant poindre le tendre printemps. À ça, qui me hante souvent, à ce jour d'Octobre 2023 où lui fut annoncée la terrible nouvelle. Ensuite sur le boulevard, devant l'hôpital — celui-là même où elle était née — nous nous sommes serrés tous les trois, et nous avons un peu pleuré. Puis elle a dit "Je veux aller au Luxembourg". Nous avons pris la ligne de Sceaux. Avant de rentrer dans le jardin, où nous étions venus, quelques jours auparavant, juste elle et moi, elle a dit j'ai envie d'une glace. Nous nous sommes dirigés vers la Rue Soufflot, où se trouve un excellent glacier. Sur le chemin du jardin sa mère a dit que sa glace n'avait pas vraiment le goût du café. Nous avons goûté nous aussi, elle avait tort, c'était indiscutable, vraiment on ne comprenait pas pourquoi elle disait ça. Puis nous avons trouvé trois sièges, non loin du bassin, avec le palais du Luxembourg à notre gauche, et dans le prolongement de notre regard, le dôme du Panthéon au loin. Il faisait un peu frais, mais un beau soleil et un grand ciel bleu. Nous sommes restés longtemps, assis là, sans dire grand chose, échangeant parfois des propos anodins. Je ne me souviens pas si nous avons pris un bus pour rentrer, ni même si nous sommes rentrés tous les trois ensemble.
Hier soir elle est venue à la maison pour dîner et voir le foot avec moi. 
Elle a changé de chaîne au moment des nouvelles. Je crois qu'elle ne voulait pas entendre.
Elle m'a raconté sa première journée passée dans l'Institution où elle est en stage.
Dans l'après midi j'avais vu un vieux film. "Pépé le Moko" de Duvivier. Un beau mélo qui se passe dans la casbah d'Alger
Depuis de nombreux mois je vais au cinéma comme on se drogue.
La vie quotidienne m'exaspère.
j'ai envie de curiosités.
Le matin, comme je le fais depuis quelques semaines, j'étais allé assister au séminaire de Wajdi Mouawad au collège de France, dont les invités étaient le paléoclimatologue Jean Jouzel et l'historien Patrick Boucheron. Du dernier j'ai particulièrement retenu cette phrase : "au contraire de ce que pensent aujourd'hui la plupart des gens, résister ce n'est pas continuer de faire ce qu'on a envie de faire, c'est même l'inverse", et il a évoqué Marc Bloch, qui aurait bien aimé continuer à enseigner l'histoire.
Après le cinéma, en remontant le boulevard St Michel pour prendre le bus j'ai été saisi par une scène insolite. Le retour des "Hare Krisna". Je n'aurais jamais supposé en revoir de mon vivant, dans le même quartier. Place de la Sorbonne. Plus de cinquante après. Un peu moins oranges qu'autrefois, un peu moins chauves. Mais quand même, des souvenirs de jeunesse, m'ont submergé, des noms, des visages, des anecdotes. 
je me suis aussi souvenu que nous étions allés avec Agnès et Delphine au Bhaktivendanta manor, à Letchmore Heath, village où demeuraient Ann Barlow et ses filles qui avaient sensiblement nos âges. Ann était une amie de jeunesse de Dominique et nous étions allés lui rendre visite. Elle possédait une maison qui ressemblait à une chaumière anglaise de conte de fées et y tenait un magasin d'antiquité où j'ai acheté un chapeau haut-de-forme. Il me semble, mais peut-être n'était-ce qu'une rumeur, que cette propriété était un cadeau de George Harrison, au mouvement  hare krisna.

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