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mercredi 19 août 2026

Prosopagnosie (2)

 
 
Voilà,
il y a quelques jours, traversant le cimetière après être allé voir un film dans une salle climatisée, j'ai croisé une femme qui avait l'air de bien me connaître. Alors je l'ai embrassé sur les joues pour lui dire bonjour. Peut-être était-ce un peu trop ai-je pensé après coup. Pour ma part, son visage m’évoquait bien quelque chose, mais je n'étais pour autant pas en mesure de l’identifier. Bien sûr je ne l'avais jamais vue en tenue d'été avec une casquette et des lunettes de soleil, mais tout de même ! Heureusement elle était pressée car elle aussi allait se mettre à l’abri dans un cinéma, et nous n’avons échangé que quelques mots. J’espère que mon embarras devant une familiarité que je ne comprenais pas n’a pas été trop perceptible.
J’ai passé un certain temps à chercher d'où je la connaissais. Je me suis posé de nombreuses questions. Fait-elle partie du groupe des amis de Chris Marker, (mais si c'est celle à qui je pense elle habite fort loin d'ici) ? Est-ce quelqu'un du quartier ? Mais je connais fort peu de gens dans le quartier. Je suis toujours pris au dépourvu dans ces conditions. Bref je ne sais toujours pas de qui il s’agit.
Il m'est arrivé quelque chose de semblable à Avignon, voilà quelques semaines quand je n'ai pas reconnu la jeune femme qui s'occupait du bar au théâtre où je jouais l'année dernière, alors qu'elle était exactement à la même place. Son visage me disait bien quelque chose, mais je n'osais la saluer parce que je n'étais pas certain que ce fut elle. Du coup j'ai du passer pour un grossier personnage. 
Ce genre d’épisode m’arrive de plus en plus souvent et ne manque pas de me préoccuper. Comme si cela s’aggravait.
Mais bon pour les paysages et les monuments ça va. Celle-là je la reconnais et je la retrouve toujours avec plaisir. La tour Montparnasse.

mercredi 5 août 2026

Weltschmerz

 
 
Voilà,
je ne suis pas le seul à être moralement laminé par la montée de l'extrême-droite, par la destruction de Gaza, par la famine au Soudan, par l’impérialisme russe et ses crimes de guerre, par la folie meurtrière de certains dirigeants, par le mépris croissant à l’égard de la culture, par le triomphe de politiques stupides et arrogantes, par la pauvreté qui augmente, par la loi de présomption d’innocence de la police récemment votée en France dans un contexte d'explosion des violences policières, par le désordre climatique, la sécheresse et les incendies par-ci les inondations et les glissements de terrains par là, et par tant et tant de choses encore que je n'ai même plus la force de nommer. Weltschmerz désigne, en allemand, un état de souffrance morale né du décalage entre le monde tel qu’il est et celui auquel on aspire. La langue allemande est vraiment formidable, tu assembles des mots pour en faire des nouveaux, comme dans un jeu de construction. La langue allemande a une solution à tout, sauf aux pulsions génocidaires qui peuvent saisir tout un peuple en peu de temps.  "C'est donc ça je suis en plein Weltschmerz" pensai-je, ce soir là, en passant devant la mairie du quatorzième après une trop brève et à peine rafraîchissante, pluie d’été. À défaut de soulager, ça réconforte un tantinet de savoir qu'un mot existe déjà pour nommer une sensation qu'on éprouve. On se sent moins égaré, n'est-ce pas ⸮
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mercredi 8 juillet 2026

Cette beauté-là


Voilà,
Il y a le ciel, bien sûr. Et c’est cela qui importe. Cette beauté-là que nous offre notre fragile planète en même temps que le don précieux d’être vivant. Une fraction de seconde les tracas s’effacent. On s’abandonne à la contemplation.
Dommage que l’espèce humaine, si laide si vicieuse, ne soit à la mesure de tant de splendeur et qu’elle s’acharne avec une telle obstination à détruire, au nom du profit, du pouvoir des puissants sur les faibles, ce qui la maintient en vie.
Mais il est probable que cela ne représente, à l’échelle des temps géologiques qu’une infime péripétie. La vie s’épanouira autrement, sans nous, et c’est tout aussi bien ainsi.

jeudi 11 juin 2026

Liste des découvertes hasardeuses (4)



Voilà,
j'ai découvert il y a peu que selon certains  physiciens le temps serait une illusion et que le passé, le présent et le futur coexisteraient. Certains modèles, suggèrent que l'univers dans son ensemble serait immobile et que ce que nous appelons évolution ne serait qu'un effet d'intrication entre systèmes, donnant naissance à une impression de mouvement. Chaque instant de temps correspondrait à un univers distinct. Passer du présent au futur reviendrait simplement à se déplacer d'un univers à l'autre dans cet ensemble infini. Ce glissement ramène à l'expérience du fameux chat de Schrödinger, simultanément vivant et mort par effet d'intrication. Être dans un univers où le chat est vivant ou dans celui où il est mort serait équivalent à exister dans deux instants différents du temps. Albert Einstein paraît-il partageait cette vision apaisée du temps. Dans une lettre adressée à la femme de son ami Michele Besso, après la mort de ce dernier, il écrivait: "Pour ceux qui croient en la physique, la distinction entre passé, présent et futur n'est qu'une illusion, aussi tenace soit-elle." Pourquoi pas,  se consoler ainsi à l'approche de la mort. Dans un univers intemporel, tout coexiste dans un vaste ensemble de possibles sans que rien vraiment ne disparaisse.
 
j'ai découvert il y a peu — plus exactement on me l'a rapporté — qu'une équipe de recherche vient de mettre en évidence le fait que ce sont exactement les mêmes neurones cérébraux qui s’activent lorsqu’on regarde un objet et lorsqu’on imagine ce même objet. Autrement dit, penser à un objet réactive les neurones qui avaient été stimulés la première fois qu’on l’a vu. Ce phénomène “donne aux images mentales une base biologique plus solide et permet d’expliquer pourquoi les souvenirs, l’art et les visions intrusives semblent parfois si réels

J’ai découvert il y a peu que cette ponctuation (qui tient de plus en plus souvent lieu de parenthèse) celle des longs tirets – et dont je me suis entiché, je l’avoue, il y a quelques années –  encadrant une proposition insérée dans un longue phrase, s’appelle "les tirets cadratins". Son usage fréquent laisserait supposer — paraît-il — que le texte serait écrit au moyen de l’IA. Je trouve que "les tirets cadratins" pourraient constituer un excellent titre pour une nouvelle, ou pour désigner un nom de square d’une ville imaginaire.

J’ai découvert il y a peu, que Jean Jaurès a écrit une thèse de philosophie intitulée  "La réalité du monde sensible". Je ne savais pas qu’il était entré à Normale Sup devant Bergson et avait fini troisième à l’agrégation derrière lui. Les érudits considèrent que son œuvre philosophique à la fois théologique et métaphysique est de toute première importance à l’égal de celle de Spinoza et Leibniz. S'y manifeste une haute vision de l’homme inséparable de la nature et du divin. On réduit souvent son œuvre pourtant déjà considérable à son action et ses écrits politiques. L’édition de ses écrits représente à l’heure actuelle dix-sept forts volumes, lui qui mourut jeune à cinquante sept ans, assassiné, ne l'oublions pas, par un nationaliste fanatisé à la veille de la guerre de 1914. Bien que sa culpabilité ne fît aucun doute, lui-même ayant avoué son acte, il fut acquitté en 1919, dans un contexte de ferveur nationaliste. Exilé en Espagne, des anarchistes l'assassinèrent durant la guerre civile. Tant mieux. Pour ce qui est de Jaurès il est trop tard pour que je me penche avec attention sur cette œuvre.

J’ai découvert il y a peu que si l’on surnomme Pipelet et Pipelette, sans méchanceté d'ailleurs, les gardiens d'immeubles, c’est parce que le concierge du roman d’Eugène Sue Les Mystères de Paris s'appelait Monsieur Pipelet et que ce nom est passé à la postérité"

J’ai découvert il y a peu  grâce à une mise en garde jeudi 23 avril de l’Organisation panaméricaine de la santé (PAHO) que les cas de rougeole enregistrés sur le continent américain sont en nette hausse depuis 2025. Et cela principalement dans les pays d’Amérique du Nord, qui avaient jadis éliminé cette maladie hautement contagieuse et mortelle.

J'ai découvert il y a peu que Danny Elfmann, le génial compositeur, entre autres, des musiques des films de Tim Burton, et du générique des Simpsons avait, en 1971, fait partie du Grand Magic Circus de Jérôme Savary où il jouait du violon 

J'ai découvert il y a peu que du 31 mai au 1 Juin 1921 s'est déroulé un grand massacre racial dans le quartier de Greenwood à Tulsa, en Oklahoma — un quartier commercial et résidentiel afro-américain prospère surnommé « Black Wall Street » en raison de la concentration d'entreprises, de cabinets professionnels, d'hôtels et d'institutions culturelles détenus par des Noirs. Les violences ont éclaté après qu’un jeune homme noir nommé Dick Rowland a été accusé d’avoir agressé une femme blanche nommée Sarah Page dans un immeuble du centre-ville — une accusation dont les détails étaient ambigus et que Page elle-même a refusé de porter devant les tribunaux. Une confrontation au palais de justice entre des résidents noirs armés défendant Rowland contre une foule menaçant de le lyncher et des civils blancs a dégénéré en une attaque généralisée contre le quartier de Greenwood par une foule blanche, à laquelle se sont ensuite joints des civils blancs investis de pouvoirs par les autorités municipales.L'attaque s'est poursuivie toute la nuit et jusqu'au lendemain matin, lorsque des avions — dont il a été établi par la suite qu'ils appartenaient à la Garde nationale de l'Oklahoma et à des propriétaires privés — ont survolé le quartier de Greenwood dans des circonstances dont le rôle précis dans les violences a fait l'objet de débats parmi les historiens, certaines preuves suggérant qu'ils avaient été utilisés pour tirer sur le quartier ou y larguer des engins incendiaires. Environ 35 pâtés de maisons du quartier de Greenwood ont été réduits en cendres. On estime à 1 256 le nombre de maisons détruites et entre 8 000 et 10 000 le nombre de résidents noirs laissés sans abri. L'enquête officielle qui a suivi a fait état de 36 morts. Les témoignages des survivants et les récits journalistiques de l'époque décrivent des corps transportés hors de la ville et jetés dans des fosses communes ou dans la rivière Arkansas. Une commission d'État créée en 1997 a conclu que le nombre réel de morts se situait probablement entre 100 et 300. Le massacre a été exclu des programmes scolaires et des récits historiques officiels de l'Oklahoma pendant des décennies. Le rapport final de la commission d'État a été publié en 2001, quatre-vingts ans après les faits.

J'ai découvert il y a peu, pas tout à fait par hasard, puisque j'écoute régulièrement l'émission de Laurent Valéro et Thierry Jousse, "Retour de plage", le musicien Bud Shank, que je ne connaissais pas du tout. J'ai appris que c'est lui qui joue le solo de flûte dans "California dreaming". Et en furetant un peu j'ai aussi découvert ce duo avec Bob Cooper au hautbois

j'ai découvert il y a peu  que les 65 plus grandes banques françaises ont investi 906 milliards de dollars (783 milliards d’euros) s dans les énergies fossiles en 2025. Ce calcul est effectué chaque année par huit ONG, dont Reclaim Finance en France, et publié dans le rapport Banking on climate chaos, publié ce 9 juin. Cela correspond à une hausse de 8 % par rapport à 2024, et ça m'a bien déprimé

j'aurais préféré conclure sur une note un peu plus optimiste. Pourtant le ciel est encore bleu et c'est le printemps.   

mardi 19 mai 2026

Les souvenirs et la couleur

Voilà,
j'ai de nouveau envie d'images granuleuses et saturées comme celle-ci réalisée en 2011 lors d'un séjour à l'île de Ré. Je m'en fous du bon goût, de ce qui se fait ou ne se fait pas. C'est une photo prise et développée par un dyschromate qui cherchait juste à se faire plaisir et qui me plaît encore.
Il ne me reste que les souvenirs et la couleur que j'étais alors en mesure de leur donner.
Donc, je me promenais en vélo avec ma fille. 
Un instant je me suis arrêté au bord de ce marais-salant. Je crois que j'aime bien les marais-salants. Et les îles aussi.
La lumière était belle et j'ai voulu retenir ça. Ce paysage que nous avions en partage. 

mardi 21 avril 2026

Stade de France

Voilà 
c'était en Mai dernier et cependant cela me paraît étrangement lointain. Revenant de Beauvais, où avait été jouée la petite forme de "Apnée" dont j'assurais la conduite sonore, j'avais demandé à Sophie de me déposer à Saint-Denis. Je m'étais un peu égaré, avant de retrouver enfin une station de métro sur la ligne 13 directe jusqu'à chez moi. C'était une belle journée de printemps et la vision du Stade de France, (réalisation du cabinet d'architectes Zublena-Macary) posé là comme une soucoupe volante sur le bord du canal Saint-Denis m'avait soudainement ému. 
La lumière, découpait les éléments du panorama avec une précision presque suspecte. Un instant j'étais resté là, immobile, comme saisi. Quelque chose d'insoupçonné, s’était alors opéré en moi. Comme si j’avais déjà vu tout cela, ailleurs, dans une autre version du monde où les choses suivent une logique légèrement différente. Une fraction de seconde avait suffi et une brèche infime s'était ouverte sur un mystère. Ce n’était pas le stade en lui-même, mais la manière dont il m'apparaissait : comme une anomalie ; autrement qu'il aurait dû vraiment être.
Je m'étais demandé, sans y croire tout à fait, si ce n’était pas moi qui avais changé d’âge, si je ne m'étais pas glissé sans transition dans une vie parallèle dont j’ignorais tout. Il y avait cette sensation étrange — familière et pourtant dérangeante — d’être à la fois présent et en retard sur moi-même. Puis un léger coup de vent effaça cette intense et bizarre sensation. Le stade était redevenu ce stade. Mais quelque chose avait eu lieu, j’en étais certain. Et le plus troublant, c’est que je ne pouvais pas dire quoi — un léger déplacement, une vague translation. J'eus alors la certitude fugace — presque douce — qu'un être, quelque part, à cet instant précis, se souvenait de moi avec une ferveur particulière, sans toutefois se rappeler mon nom, se demandant même s'il n'était pas en train de m'imaginer.

mardi 24 mars 2026

Mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe (22)

 
 
 
Voilà,
ça me revient,
il m'arrivait parfois de me rendre à Nantes pour animer des formations sur la prise de parole et la communication persuasive à destination des cadres d'une grande banque. Je m'arrangeais toujours pour partir tôt la veille et m'octroyer une petite journée de détente pour  musarder dans la ville ou les alentours. C'est en 2015 que j'ai pris cette photo, sur un ancien site industriel reconverti en zone de loisirs. Cette immense grue témoigne d'une activité portuaire passée. Toute l'activité se trouve désormais concentrée à St Nazaire au bout de l'estuaire.
 
ça me revient
quand j'habitais à l'École Polytechnique les généraux qui dirigeaient l'école s'appelaient le général Buttner, puis il y eut le général Briquet
 
ça me revient
mon oncle  Philippe et sa copine Aline avaient une amie qui s'appelait Pingala, qui est tout de même un prénom pas très commun
 
ça me revient
au lieu de dire aller aux toilettes la grand-mère d’Agnès utilisait expression aller chez snob 
 
ça me revient 
le rire de Philippe quand il évoquait les films anglais "Noblesse oblige" et "Tueurs de dames" dont l'humour le réjouissait
 
ça me revient
pendant les répétitions des "précieuses ridicules" à Genevilliers, c'était la période de ramadan. A proximité de la station de métro porte de Genevilliers se trouvait un marché où il était possible d'acheter des pastillas, des pâtisseries et des plats de fêtes pour l'occasion. C'était très bon. C'est à cette époque aussi que j'ai fait faire des travaux dans ma cusine
 
ça me revient
avoir découvert chez Guillaume Gronier, un des jeunes collègues de travail de Philippe à L’Onda, l’office de diffusion théâtrale qu'il avait créé, les versions moyenâgeuses des carmina burana, transcrites et enregistrées par le Clémencic Consort.  Carmina Burana est le titre que le linguiste allemand Johann Andreas Schmeller a donné à un manuscrit découvert en 1803 dans l’abbaye de Benediktbeuern (Bavière) et dont la première édition date de 1847. Il s’agit de la compilation, partiellement notée en neumes et rédigée entre 1225 et 1250, de 315 chants profanes et religieux composés en latin médiéval — certaines parties étant en moyen haut-allemand, arpitan, ainsi qu'en français —, majoritairement par les goliards, des ecclésiastiques défroqués ou des étudiants vagabonds. Le manuscrit comporte des chansons d’amour, des chansons à boire et à danser ainsi que des pièces religieuses. C'est là que j'appris que "le petit château" était à l'époque  une métaphore du sexe féminin (prendre ton petit château).

ça me revient
J’ai vu Lakmé de Léo Delibes à l’Opera comique vers 1993 quelques jours après avoir acquis mon premier PC, un IBM. Pendant toute la représentation je ne cessais de penser à la façon de faire fonctionner "Windows 3.1"
 
ça me revient que la chaufferie de l'école polytechnique avait été baptisée le Styx. les élèves y avait aménagé une boîte de nuit, à laquelle on pouvait accéder par l'extérieur, en utilisant certain souterrains de paris aujourd'hui bien connus des cataphiles. Le responsable de la chaufferie était un type que tout le monde appelait le grand Laye en raison de sa taille. Ce type était assez effrayant. Il portait en lui une violence qui ne demandait qu'à éclater. Plus tard, en lisant "le roi des Aulnes", le roman de Michel Tournier, c'esrt sa silhouette et son visage que je prêtais à Abel Tiffauges.
 
ça me revient
Les cinq épuisantes dernières minutes du quart de finale de rugby 2023 entre l’Irlande et les All Blacks et l’héroïque défense de ces derniers qui s’est conclue par un grattage de Sam Whitelock me semble-t-il

ça me revient
Ce comportement de grande classe de l’entraîneur allemand du PSG, Thomas Tuchel, avec son employée de maison phillipine. Au fil du temps, ayant sympathisé avec elle jusqu’à échanger sur leur vie privée, il avait appris au travers de leurs échanges, que celle-ci travaillait dans l’objectif de payer les frais médicaux d’un de ses enfants, souffrant d’un dysfonctionnement cardiaque nécessitant une intervention. Il avait alors pris la décision de payer tous les frais de santé pour cet enfant. En outre lors de son départ du PSG en décembre 2020, Tuchel sachant que son employée souhaitait retourner vivre dans son pays d’origine l’aida à s’y installer en lui achetant une maison là-bas.
 
ça me revient
le gentil guitariste et compositeur Marcel Dadi mort accidentellement le  lors du vol TWA 800  dans l'avion qui explosa peu après son départ de New York.

ça me revient
mais peut-être l'ai-je déjà évoqué, car c'est une séquence qui reste dans ma mémoire sans que je ne me l'explique. Un garçon de ma classe, sous le préau de l'école communale de Biscarrosse plage s'était, au cours d'une récréation, debout sur un banc mis à chanter "la ferme du bonheur" de Claude François en imitant sa gestuelle, et tout le monde s'était assemblé pour le regarder. J'étais resté un peu en retrait observant tout cela avec circonspection. Déjà tout petit je n'aimais pas ce chanteur sautillant survolté (qui est d'ailleurs mort en s'électrocutant) qui dégageait pour moi quelque chose de déplaisant bien qu'il fût une idole
 
ça me revient
pour m’endormir enfant je remuais la tête de gauche à droite de droite à gauche assez violemment. C’est étrange que j’aie à ce point si longtemps refoulé ce souvenir
 
ça me revient
ce pique-nique un matin sur la plage de Sainte-Anne en Guadeloupe où des jeunes antillaises se demandaient  "et toi tu sais près de quel arbre est enterré ton placenta ?"
 
ça me revient
le souvenir du merveilleux petit livre de Frédéric Mitterrand, lu il y a quelques années qui s’appelle "Tous désirs confondus" où il commente des photos de famille. Je l'ai retrouvé dans ma bibliothèque ; cela s'achève ainsi : "C’est assez simple, en somme, il suffit d’écouter, de regarder, et puis de se laisser guider en veillant à ce que nul souvenir, jamais ne manque, parce que les souvenirs ouvrent mille chemins de traverse inattendus, à chacun des sons que l’on perçoit, à chacune des vues que l’on découvre…

Alors, avec le temps qui passe, les chagrins personnels et les drame du monde s’estompent aussi peu à peu. Oh, cela ne veut pas dire qu’ils disparaissent, ni qu’on ne veuille plus savoir qu’ils existent, malgré tout, non, il s’agit d’autre chose ; de sentir seulement qu’il est temps d’entrer à son tour dans la grande photo du monde, d’y apporter intacts, les élans et les joies de son enfance, de témoigner enfin du bonheur, unique de vivre".

 
ça me revient 
le Général Bigeard, lorsqu'il était ministre de la Défense nationale, appelait le président de la république d'alors, "le président Giscard" au lieu de le désigner par son patronyme complet Giscard d'Estaing
 
ça me revient,
Didier F. qui s'était invité à Châteaudouble en disant qu'il viendrait accompagné, et lorsqu'il avait débarqué ce n'était pas du tout la personne qu'on supposait qui était à ses côtés.
 
ça me revient  
dans la première décennie des années 2000, je me suis pris de passion pour l'œuvre graphique de Jiro Taniguchi
 
ça me revient
la première fois où j'ai entendu la chanson "Love calls you by your name" de Léonard Cohen, c'était un soir,  lors de l'émission "Campus" animée sur Europe1 par Michel Lancelot. J'en avais été très bouleversé. Bien plus tard j'appris le parcours chaotique et ambigu de cet animateur qui avait été le compagnon radiophonique de mes soirées solitaires quand j’avais quatorze quinze ans.

ça me revient, mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe
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mardi 18 novembre 2025

Là encore


 Voilà
désormais je ne suis plus certain du retour
des saisons je regarde les gens et les lieux
étonné bien souvent je n'en crois pas mes yeux
je suis là encore et je marche dans le jour 

jeudi 25 septembre 2025

Le citronnier du Mexique


 
Voilà, 
dans la lumière de cet après-midi quelque chose de déjà lointain, comme appartenant à un autre temps flotte dans l'air tiède. Ce n’est pas encore l’automne, mais déjà plus l’été. Cet entre-deux qui fait souvent le charme de Septembre, révèle le poids de ce qui s’achève sans éclat, comme un livre que l’on a refermé sans être tout à fait sûr d’avoir compris tout ce qu'il signifiait.
Les jours ont filé, bien sûr. Mais cette fois, il y a dans leur fuite une gravité nouvelle. Ils se dérobent à toute promesse. Je regarde les feuillages dont la verdeur ne paraît plus aussi arrogante, j'entends les rires d'enfants lointains, dans une cour de récréation voisine. Les choses ont repris leur cours.
L’année dernière, à cette époque, nous étions attablés ensemble. Une fin d’après-midi dorée sur la terrasse, la lumière sur les verres, nos voix mêlées à la litanie des grillons. Nous parlions de tout et de rien, de ces riens qui prennent ensuite une densité démesurée quand on réalise qu'ils ne se reproduiront plus.. Et puis il y avait aussi eu cette promenade autour des étangs de la Jemmaye.
J'avais alors remarqué combien elle était attentive à de menus détails qu'elle tenait à partager : le clapotis de l’eau, les silhouettes des promeneurs s’effaçant derrière les roseaux, la buée flottant à la surface des eaux. Le lendemain il y avait encore eu cette balade à Saint-Émilion, la visite de l'église monolithe entièrement creusée dans la roche, la plus grande d'Europe avait dit la guide, les macarons achetés, puis un dernier verre à la gare de Libourne. Faisait-elle semblant d'espérer, y croyait-elle encore ?  Elle était fatiguée mais souriante.
Un peu plus tard en mars, elle avait envoyé un texto, sans doute adressé à tous ses proches pour les prévenir : "bon les amis c'est pas glop, le dernier contrôle a montré que la bête a réussi à contourner le traitement, nouvelle série de chimio ni rémission ni guérison en vue. Mon incorrigible optimisme en a pris un bon coup. Il paraît quand même que je suis très résistante et courageuse... ça ne fera pas tout , bises, j'essaie de ne pas trop y penser
L’automne commence sans elle. Son absence, étale, sans contour s’étire dans les heures lentes. Aujourd’hui, un mois seulement depuis son départ, il reste ce fil fragile de la mémoire, des instants suspendus qui me reviennent avec une précision étrange. Restent les images d’un été finissant d'où émane une douceur presque clandestine et quelque chose d'irrévocable aussi. Je ne la reverrai plus. Elle ne me téléphonera plus pour de longues conversations. Elle ne viendra plus ici avec son accent chantant, jamais plus je n'entendrai "alors comment il va mon cousin ?" Les saisons désormais recèlent plus de souvenirs que d'attentes.  Je me surprends à redouter l’an prochain, non par peur, mais à cause de ce doute désormais intime — celui de ne plus savoir si, comme avant, à pareille époque je reverrai vraiment les choses, les visages, ou même la lumière.
 
 

 Sur le balcon, il  y a ce citronnier du Mexique qu'elle m'avait rapporté de chez elle, lors d'une de ses visites.  Il continue de grandir.

lundi 15 septembre 2025

Questions


Voilà,
je me demande y aura-t-il un autre été
paisible et serein et des heures indolentes
ou bien n’est ce plus qu’un rêve déjà fané
qui s’efface dans une amère et morne attente 
 

mardi 15 juillet 2025

Comme un bateau-mouche

 
Voilà,
Je ne suis pas particulièrement hypermnésique, mais tout à coup reviennent en mémoire, ces mois de juillet que je passais à Paris, lorsque j'habitais sous les toits du bâtiment Boncourt de l'École polytechnique, rue de la montagne sainte Geneviève. Cela se passait lorsque mes parents avaient "posé leurs congés" pour Août. J'aimais ces temps de solitude où je traînais essentiellement au quartier latin, dans les librairies, chez les disquaires alors nombreux du côté du boulevard St Michel ou de la rue des écoles. J'aimais me promener. Parfois, je longeais la Seine avec ses bouquinistes et je poussais jusqu'au pont Alexandre III pour voir la Tour Eiffel. Je le fais encore souvent, c'est un panorama dont je ne me lasse pas car je suis toujours un touriste dans cette ville.
Ou bien lorsqu'il faisait très chaud je passais l'après-midi à la maison à regarder le tour de France, surtout les épreuves de montagne. C'était au temps de  la rivalité entre Eddy Merckx et Luis Ocaña. Je glandais pas mal, lisant parfois, écoutant de la musique sur mon Teppaz. Parfois, je me faisais du pop corn à la poêle. 
C'était une préadolescence paisible. Les deux parents travaillaient. Je pouvais jouir pleinement du temps qui passe. Tout était au présent ou au futur proche, et l'avenir pouvait bien attendre.
A présent j'entrevois le terme de ma vie trop vite passée. Impossible de ne pas y penser. C'est dans l'ordre des choses. On ne peut sans cesse procrastiner. Il faudrait que je me prépare. 
Trop de gens autour de moi disparaissent. Pour le moment je suis encore là, relativement valide. Tant que dure le miracle, quelle que soit sa nature, il faut à tout instant s'en réjouir, bien sûr. Mais tout de même, il arrive parfois que, telle un bateau-mouche sur la Seine, passe une légère angoisse...

jeudi 19 juin 2025

Clocher


Voilà, 
c'est le clocher de la chapelle de la congrégation des Sœurs-de Saint-Joseph-de-Cluny, tel qu'on peut l'apercevoir depuis la rue du Faubourg Saint Jacques. Cette congrégation selon wikipedia est une congrégation religieuse féminine enseignante et hospitalière de droit pontifical. Fondée par Anne-Marie Javouhey (1779-1851) le à Chalon-sur-Saône, où Fabien-Sébastien Imberties, évêque d’Autun, reçoit les vœux d’Anne, de ses trois sœurs et de cinq compagnes elle a pour but l'éducation des enfants. Elle place la chapelle sous le vocable de saint Joseph, qui devient aussi le patron de la congrégation. En 1812, les sœurs transfèrent la maison-mère à l'ancien couvent des Récollets de Cluny, ce qui donne le nom de Saint Joseph de Cluny. Elles ouvrent des maisons d’enseignement en province et à Paris, où sont appréciées leurs méthodes pédagogiques, à un tel point que le vicomte Lainé, ministre de Louis XVIII, leur confie l’enseignement des enfants dans les colonies françaises. En 1818, quelques sœurs ouvrent deux écoles dans l’île de La Réunion. L’année suivante, la congrégation prend en charge l’hospice de Saint-Louis du Sénégal. En 1828, encouragée par le gouvernement, elles ouvrent une colonie à Mana en Guyane puis vers 1840 fondent l'externat Saint-Joseph-de-Cluny à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Elles œuvrent au milieu des esclaves noirs libres. En 1835, Lamartine, dans son rapport sur l’abolition de l’esclavage, souligne le succès de leurs œuvres d’émancipation des esclaves. La maison-mère est transférée de Cluny à Paris en 1854, aujourd'hui 21, rue Méchain où se trouvent la chapelle Saint-Joseph-de-Cluny qui conserve les reliques de mère Javouhey. Je suis un mécréant mais je ne peux m'empêcher une certaines admiration pour les sœurs et les frères qui vivent ainsi en communauté. Peut-être que j'envie aussi leur capacité de croire. Mais bon, pour ma part, ayant longtemps été enfant unique, je me suis très vite lassé des amis imaginaires.
Pour passer à sujet plus léger, comme avait coutume de dire un certain Samuel, je retourne à Avignon cet été avec la même vieille bonne pièce de Laurent Gaudé au merveilleux théâtre du Girasole dont l'accueil est si généreux et si professionnel.
 
 

 
Si certains de mes lecteurs passent par là, ce sera une bonne occasion de faire connaissance et de prendre un verre (j'y ai pensé mais j'évite le jeu de mots). Il faut en profiter, c'est peut-être le dernier festival d'Avignon avant la guerre mondiale, ça serait trop con de rater une si belle occasion.

jeudi 12 juin 2025

Mais il y a tant de choses que j'ignore


 
Voilà,
J’ai appris il y a peu que le continent australien avançait de 7cm vers le nord tous les ans en raison des mouvement de la tectonique des plaques

j'ai appris il y a peu que Schopenhauer pensait que si l’univers devait disparaître seule la musique subsisterait

J’ai appris il y a peu à quel point l’I.A révolutionne la science des matériaux en suggérant des alliages inédits et innovants et prédire les qualités et caractéristiques de ces assemblages avant même qu’ils ne soient produits

J'ai appris il y a peu, l'expression et le concept de "fenêtre d'Overton", allégorie  qui désigne l'ensemble des idées, opinions ou pratiques considérées comme plus ou moins acceptables par l'opinion publique d'une société donnée. 

J’ai appris il y a peu, que nombre de ciels impressionnistes sont liés à l’explosion du krakatoa en 1883 

J'ai découvert il y a peu dans un entretien avec Michel Sadelain, dont les recherches ont permis de développer une nouvelle forme de thérapie, appelée CAR-T, très efficace contre certains cancers du sang cette citation du philosophe Friedrich Engels (oui oui le pote de Karl Marx), "le savoir est la réduction progressive de l'erreur"’

J'ai appris il y a peu que les archives de Schönberg avaient brûlé lors des incendies de Los Angeles ainsi qu’un célèbre tableau de Francis Bacon qui se trouvait dans la propriété de l’acteur Anthony Hopkins

J'ai appris il y a peu qu'un transfert génétique entre un champignon et une plante serait à l’origine des écosystèmes terrestres il y a un demi milliard d’années. C’est très énigmatique mais très poétique

J'ai appris il y a peu que tous les ans, le 21 janvier, certains républicains organisent un repas où l'on sert de la tête de veau à la sauce gribiche. Cette tradition tombée en désuétude vise à célébrer la décapitation de Louis XVI en 1793 sur la place de la révolution. 

J'ai appris il y a peu de la bouche d'une connaissance qu'un de ses confrères psychanalyste avait donné à chacun de ses enfants des prénoms palindromes. Bien qu'elle le connaisse depuis longtemps, cela continue de la révolter y décelant là une forme de perversité.

J'ai appris il y a peu que des scientifiques coréens ont mis au point des "panneaux solaires invisibles" qui peuvent être intégrés aux fenêtres - ce qui leur permet de produire de l'électricité sans bloquer la lumière ! Cette innovation qui change la donne signifie que les maisons, les bureaux et même les gratte-ciel pourraient un jour devenir leurs propres sources d'énergie propre - sans compromettre le design ou la visibilité. Imaginez un bâtiment entier alimenté par ses propres fenêtres

 

J'ai appris il y a peu l'existence de cette double anagramme à la fois en chiffre et en anglais : twelve + one = eleven + two et aussi  12 +1 = 11+2. Cela ne me sert strictement à rien de savoir ça, mais cela m'intrigue tout de même.


J'ai appris il y a peu La quantité de terres brûlées au cours de cette saison des feux de forêt au Canada a dépassé la moyenne annuelle des terres brûlées, même si l'on tient compte des deux dernières grandes saisons des feux.

 

J'ai appris il y a peu que la bactérie "pseudomonas aeruginosa", particulièrement redoutée à l'hopital, car elle s'attaque aux patients dont le système immunitaire est dégradé, suscite néanmoins un intérêt car elle est capable de dégrader les plastiques pour s'en nourrir  et mieux persister sur les surfaces qu'elles colonise


J'ai appris il y a peu que des composés anticoronavirus ont été découverts dans l'argousier un arbuste épineux assez fréquents dans nos régions. D'ailleurs à ce sujet quelqu'un m'a rappelé qu'en France 180 000 deuils ont été liés au covid, et que rien n'a été fait pour commémorer toutes ces morts, qui furent la plupart du temps solitaires, du fait des mesures de confinement, qu'aucune célébration nationale n'a été faite pour célébrer l'effort de solidarité nationale de la population qui a accepté toutes ces contraintes pour le bien public, et que la fin de la pandémie n'a jamais été officiellement déclarée

 

J'ai appris il y a peu qu'une Intelligence artificielle vient de découvrir une nouvelle loi de la physique sans qu'on lui ait dit ce qu'est la physique. On a construit un réseau neuronal et on l'a nourri de séquences vidéos brutes de pendules oscillants, de balles roulantes et d' objets rebondissants. L'IA n'a reçu aucune équation. Pas de Newton, pas d'Einstein, pas de contexte. Cependant, après avoir analysé des modèles pendant des heures, elle a produit ce que les chercheurs appellent des "nouvelles coordonnées de compréhension", c'est-à-dire des variables totalement originales.


J'ai appris il y a peu qu'aux USA, tous les nouveaux employés fédéraux doivent désormais rédiger des rapports faisant l'éloge de Trump, et doivent s'engager à faire avancer ses objectifs. Je ne sais pas si c'est vrai mais c'est tout à fait vraisemblable


J'ai appris il y a peu que le port de l'Arsenal que l'on voit sur cette photo qui relie le canal Saint-Martin à la Seine, entre le quai de la Rapée et la place de la Bastille était autrefois un port de marchandises et qu'il n'est devenu un port de plaisance que depuis 1983. 

 

J'ai appris il y a peu, mais toutefois en même temps que bien des gens que Sly le chanteur de Sly et family Stone, et Brian Wilson viennent de mourir. J'ai réalisé combien cela avait été doux d'avoir eux dix ans, en vivant au bord de l'océan, et que cette chanson illumine le monde de sa radieuse beauté. Je ne peux à présent m'empêcher de penser au saisissant contraste entre le titre de cette chanson qui fut longtemps un hymne californien, et ce qui se passe aujourd'hui dans cet État.

 

mais il y a cependant tant de choses que j'ignore. 
Je remercie toutefois la nature  de me permettre encore d'être curieux

jeudi 5 juin 2025

Coupé du monde


 
Voilà,
"Il existe une forme de tristesse qui naît du fait d'en savoir trop, de voir le monde tel qu'il est vraiment. C'est la tristesse de comprendre que la vie n'est pas une grande aventure, mais une succession de petits moments insignifiants, que l'amour n'est pas un conte de fées, mais une émotion fragile et fugace, que le bonheur n'est pas un état permanent, mais un aperçu rare et fugace de quelque chose auquel on ne peut jamais s'accrocher. Et dans cette compréhension se cache une profonde solitude, un sentiment d'être coupé du monde, des autres, de soi-même."
(Virginia Woolf, Vers le phare)

jeudi 8 mai 2025

Tourisme à Belleville (1)

Voilà,
il était entendu avec ma fille que je lui laisserais mon appartement début mai pour qu'elle accueille des amies qu'elles avait connues lors de son séjour Erasmus à Barcelone en 2023 et avec lesquelles elle est restée liée.  Mon partenaire de jeu de la pièce "cendres sur les mains" qui profitait du pont du premier mai pour partir en excursion avec sa douce, m'a proposé son logis pour cette période. 
J'ai donc, pendant quatre jours, fait le touriste du côté de Belleville, qui n'est pas un quartier où je viens souvent. C'était formidable. J'en ai profité pour me balader, — parfois tôt le matin — dans les alentours sous une chaleur estivale (un peu inquiétante pour la saison). Mes pas m'ont ainsi mené sur la butte Bergeyre, dont on aperçoit les vignes en premier plan et d'où l'on peut distinguer au loin la butte Montmartre. C'est un îlot résidentiel difficilement accessible habité par des célébrités, des artistes pour la plupart.


Je montrerai d'autres photos de ce bref séjour à l'autre bout de Paris. Belleville est un quartier très attachant avec une grande diversité de populations et de milieux sociaux. Bien sûr, les multiples rénovations urbaines de ces cinquante dernières années l'ont beaucoup transformé, mais il garde toutefois un cachet très particulier et n'a en rien perdu de son âme.

mercredi 23 avril 2025

Sur le toit de la cité radieuse

Voilà,
sur le toit terrasse de la "Cité radieuse" bâtie par Le Corbusier, immédiatement après guerre, — alors que radieuse, l'époque actuelle ne l'est pas vraiment —,  l’énergie et la candeur joyeuse de ces adolescents serrés les uns contre les autres, contemplant sur ce modeste promontoire un horizon lourd de nuages, m'a terriblement ému. Les heures qui suivirent — sans doute en raison de cette image que je ne parvenais à chasser de mon esprit — une insidieuse et trouble sensation de mélancolie m'a peu à peu submergé. J'ai repensé au film de Nicole Védrès "La vie commence demain", dont une partie se passe dans cet édifice en construction. Ce film, sorti en 1950, est, à ma connaissance, le premier dans l'histoire du cinéma français que l'on peut qualifier de documentaire-fiction (à 47:20 sur le film en lien, commence la séquence avec Le Corbusier). C'est l'histoire d'un jeune provincial (interprété par Jean-Pierre Aumont) incité par un mystérieux journaliste à rencontrer les sommités intellectuelles de l'époque afin de connaître leur vision du monde futur. On y croise outre l'architecte suisse, Sartre, Joliot-Curie, Jean Rostand, Picasso, André Gide. Une des personnes qui a le plus compté dans ma vie, y apparaît, jeune sur quelques plans

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