Affichage des articles dont le libellé est Orange canker. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Orange canker. Afficher tous les articles

dimanche 21 juin 2026

Pont Neuf revisité

 
Voilà,
ces derniers temps l'attraction parisienne c'est cette œuvre (une structure gonflable recouverte d'une bâche peinte) de l'artiste JR qui avait déjà réalisé il y a quelques années ce trompe l'œil géant au Trocadero, ainsi que cette toile bâchée durant les travaux de restauration de la façade de l'Opéra Garnier.  Il s'est cette fois-ci attaqué au Pont neuf, comme l'avaient fait autrefois Christo et son épouse Jeanne-Claude. Il paraît que c'est un hommage. Je m'y suis rendu tôt ce matin vers sept heures avant que la chaleur ne s'abatte sur la ville, car — j'écris cela pour mes lecteurs étrangers — nous vivons en ce moment en France une période de canicule intense et peut-être même plus grave que les précédentes vagues de chaleur. Mais les climato-sceptiques continuent de proclamer que les scientifiques sont alarmistes.

 
La mise en place de cette installation ne s'est pas faite sans difficulté, puisque, voilà trois semaines, une partie de la toile a été arrachée par une violente tornade. Les travaux ont pris du retard ainsi que la possibilité de visite de "la grotte". C'est spectaculaire, mais sans doute beaucoup moins que le fiasco des travaux de rénovation commandés par Donald Trump pour le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial, dont le fond supposé arborer le "bleu du drapeau américain", a très vite pris une teinte verdâtre. Tout cela est dû à une prolifération d’algues favorisée par la couleur sombre et les composants chimiques de la peinture utilisée. En outre, l'eau pompée dans le Potomac tout proche n'a pas été préalablement traitée.

Trump encore. Son "génie" stratégique et diplomatique à la mesure de ses talents de superviseur paysagiste a inspiré il y a quelques jours dans le quotidien "Libération" cette excellente caricature de la merveilleuse et toujours très acerbe Coco. Le dessin peut paraître vulgaire, mais il ne le sera jamais autant que ce sinistre connard qui par sa bêtise son arrogance et son incompétence plonge le monde dans un chaos toujours plus inquiétant. 

mercredi 8 avril 2026

Au fou !


 
Voilà,
je suis souvent d'accord avec les articles que publie régulièrement André Markowicz sur son compte facebook dont il fait un usage tout à fait intelligent et pertinent. Outre la clairvoyance de ses observations et de sa pensée sur le cours du monde, j'admire son opiniâtreté dans cette activité où il est tout à fait légitime, puisqu'il dispose d'une notoriété méritée dans les milieux intellectuels. Pour ceux qui l'ignorent, ou qui sont étrangers à la culture française, c'est un traducteur très reconnu. Il a retraduit tout Dostoïevski, Tchekhov, Pouchkine, Erdmann et de nombreux autres auteurs russes. Il traduit aussi depuis l'anglais, et poursuit aussi une activité de poète et d'éditeur. C'est vraiment un forcené du travail intellectuel. Et je suis heureux de trouver dans ses publications quelque chose qui se rapproche de certaines de mes intuitions que je ne puis formuler avec autant de justesse. Je me permets de relayer in extenso ses deux dernières chroniques parues au cours des derniers jours à propos d'un dangereux connard.
La première intitulée "Disgrâce"
 
"Les insultes de Trump. – Celle contre Macron, d’abord, à propos de "sa femme qui le traite très mal", – venue on ne sait pas de quoi, – , et ,ce ton, et, ça, on en avait l’habitude, le jeu sur l’accent français. On sait très bien pourquoi elle est lancée, cette phrase : parce que, sans doute, l’Europe refuse d’endosser la responsabilité de la nouvelle guerre du Golfe. Ensuite, cette phrase, hallucinante, sur Mohammed Ben Salmane, l’héritier (le dictateur réel) de l’Arabie Saoudite. Dans un forum économique organisé avec l'argent de l’Arabie Saoudite, Trump a dit, – et c’était son discours officiel, pas un aparté : "now [une fois que les USA a retrouvé sa grandeur, pas avec un président "raté"]  he is kissing my ass". Et, un peu plus tard, il a ajouté que, ce fait-là, qu’il devait être en train de baiser le cul du président des USA, il fallait le lui rappeler encore. 
La phrase est à mettre dans les livres d’histoire, me semble-t-il, parce qu’elle explique l’essence même du colonialisme. Le colonialisme, c’est arriver dans un pays et obliger ses dirigeants  à baiser le cul du chef. – Il se trouve que celui qui est censé "baiser le cul" du président américain – pas de n’importe lequel, pardon, seulement, le "cul de moi"  (je l’écrirai comme ça, parce que tout ce que fait Trump est de s'édifier, par ses propres mots, une statue à soi-même – un soi-même qu’il admire tellement qu’il se considère, en cette période de Pâques, comme un nouveau Christ..), – que celui, donc, qui lui baise le cul était le meilleur allié des USA, et, objectivement, que cet homme – comme ses prédécesseurs – n’a existé jusqu’à présent qu’en tant qu’il était un agent des USA. Que, donc, ce que dit Trump est factuellement vrai. C’est le rapport normal qu’instaurent les puissances coloniales avec les pays amis dont elles garantissent l’indépendancez : le pouvoir fantoche baise les pieds, – ça, c’est l’image traditionnelle, ou le cul – c’est l’image trumpienne, – du donneur d’ordre."
Sauf que le fait de le dire, et dans ces termes, dénués de sur-moi (dès lors que rien n’existe au monde qui puisse être, littéralement, au-dessus de Moi) casse la porcelaine dans laquelle tu étais censé boire le thé qu’elles étaient en train de t’offrir.  – La phrase montre surtout non seulement la rupture, mais l’impuissance actuelle où se trouve – non pas Trump mais la puissance des USA, à imposer quoi que ce soit. L’insulte est là pour montrer la déchéance : telle a d’ailleurs été la réaction officielle de l’Arabie Saoudite, qui a fait savoir que, dorénavant, elle achèterait ses armes ailleurs qu’aux USA. 
 
*
 
L’impuissance de la puissance américaine éclate encore davantage dans le dernier tweet sur le  fuckin’ strait" toujours fermé par les Iraniens... Il ne dit même pas le Détroit d’Ormuz. Il dit juste « le détroit », ce qui montre qu’il ne pense qu’à ça.  Et ce détroit, il est "fuckin’" – mot que je n’arrive pas à traduire (j’ai souvent parlé de la difficulté de traduire le mot "fuck", tellement il est, dirons-nous, vaste...) Pas même "fucking" , mais  "fuckin’ ", forme qui montre, par la vulgarité dans la vulgarité, le sens réel : c’est bien l’opération américaine, dans son ensemble, qui est en train d’être "fucked up", parce que, malgré la supériorité militaire, quasiment absolue, d’Israël et des USA, la crise est là, – dans le monde entier, à cause de la bêtise de ce Moi-là. À cause de ce gosse jamais grandi qui s’est fait embarquer dans une aventure dont, visiblement, il ne peut pas sortir vainqueur, – d’où, j’ai l’impression, les frictions que nous sentons entre Israël et les USA ces derniers jours, – ces phrases aberrantes prononcées par un gamin pris en faute : « c’est pas moi qui a commencé... c’est "eux" (les "eux" étant les agents israéliens dans son entourage, et en particulier son beau-fils, Jared Kushner) – il s’est fait baiser, si je puis dire, par les Israéliens... Et il le dit. Dès lors, les Iraniens sont-ils des "crazy bastards", et c’est Trump lui-même qui leur décerne ainsi ce qui peut apparaître comme leur légion d’honneur. – Ils ont la force de faire perdre son sang-froid, et ses moyens, à ce qui se considère comme la première puissance du monde."
 
*
 
Il y a là quelque chose qui tient d’un autre mot que je n’arrive pas à traduire, "disgrace", et qui n’est pas seulement une honte. Je sens dans le mot anglais quelque chose de bien plus fort, et, je dirais, comme de plus impuissant. La constatation d’une déchéance irrémédiable. – Un homme capable d’entraîner la planète entière dans une disgrâce comme on n’en avait pas vu depuis la guerre de 39-45."
Or face à lui qu'y a-t-il ?
Que se passe-t-il aux USA ? Je suis frappé par le fait que, ces derniers temps, les protestations les plus fortes semblent venir non pas des démocrates, mais des républicains, – ou de certains républicains (encore très très minoritaires), alors que tous les autres se taisent, ou applaudissent. Et que cela arrive au moment où, au plus haut niveau de l’armée américaine, une purge élimine je ne sais combien de généraux et d’amiraux, dont le chef d’état-major de l’armée de terre...
Ensuite, quel est le pouvoir du reste du monde une fois que Trump a dit la vérité toute crue, et toute puante, – qu’il a cassé la porcelaine des gens bien éduqués ? L'Occident a bien passé son temps a baiser le cul des USA, avec reconnaissance, et, oui, avec plaisir. Sauf qu’une fois que la chose est dite dans ces termes, et que la phrase dite signifie que, volens-nolens, il n’y a plus de cul à baiser, – forgive my french, n’est-ce pas... – que faisons-nous pour sortir de la honte ?
 
La seconde s'intitule "L'obscène"
 
On se couche en se demandant si, au réveil, il n’aura pas envoyé une bombe atomique sur l’Iran, s’il n’aura pas fait sauter le monde. La première chose qu’on fait en se réveillant, avant même de se lever, c’est d’essayer de voir ce qui s’est passé, et l’impression de soulagement, comme quoi, non, ça continue toujours, est mélangée quand on comprend qu’en fait, s’il veut vraiment négocier, il a accepté comme base de départ les dix points proposés par le régime des mollahs, dix points qui comprennent la légitimation du nucléaire et la reconnaissance que le détroit d’Ormuz est iranien, c’est-à-dire des points qui, s’ils étaient acceptés, signeraient la capitulation des USA, de cette armée qui est, et de très loin, – je ne mets même pas de guillemets, – la plus puissante du monde (je veux bien le croire). Mais tant mieux s’ils négocient, ça va de soi. Et tant mieux s’il y a, ne serait-ce qu’une trêve.
Toujours cette sensation de jamais vu. On n’a jamais vu qu’un président des USA, dans un tweet (ou comment s’appelle un post de "Truth Social" – quel nom quand on y pense !) explique qu’il regretterait beaucoup de détruire une civilisation, "qui ne pourrait plus revenir", qu’il annonce donc un génocide, et, je ne sais pas comment dire, une éradication culturelle, – et qu’il le fasse, juste, pour faire monter les enchères, comme on marchande aux Puces. Non, on n’avait jamais vu ça. Jamais, surtout, on n’avait eu la sensation que la chose était tellement possible, genre Docteur Folamour. Sauf qu’il ne s’agit pas d’un général qui serait devenu fou, mais du maître actuel du monde, et d’un maître du monde qui, autant sa puissance réelle devient de plus en plus fragile, reste toujours capable de le détruire, le monde, – parce qu’il aura toujours des lâches et des assassins, des larbins avides de pouvoir et d’argent, pour suivre ses ordres et continuer de le flatter : il est, n’est-ce pas, l’envoyé du Christ sur terre, le plus beau, le plus intelligent, enfin, je ne sais pas ce qu’il est, mais il l’est. Être à la merci, concrètement, d’un homme qui, en fait, passe ses journées à vitupérer les pommeaux de douche de la Maison blanche, parce que leur pression n’est pas suffisante (c’est, je l’ai appris, statistiquement, le sujet le plus traité dans ses prises de parole publiques), et ses feutres Sharpie  ("c’est pas cher mais ça écrit très bien, j’ai téléphoné au directeur de la boîte pour le féliciter")– avec, quelques heures plus tard, un communiqué de la boîte en question, visiblement très gênée, parce que jamais Trump n’a téléphoné au directeur, – ce long aparté sur les feutres dure, devant les caméras, pendant plusieurs minutes pendant une réunion consacrée à la guerre avec l’Iran... – Et comprendre que ce n’est pas drôle du tout. Que ce grotesque-là ne peut pas faire rire : ce n’est pas celui d’un Lubitsch ou de qui que ce soit. Que ce grotesque est la forme absolue du réalisme. Il est, oui, la réalité de notre vie. Nous vivons entre les mains de ça.
Comprendre aussi, et surtout, que, là, l’histoire se répète vraiment, et pas du coup sous forme de farce, – pas du tout sous une forme comique ou amoindrie. Avoir vu la magnifique mise en scène de Jean Bellorini au Vieux-Colombier, "L’ordre du jour"  d’Eric Vuillard, – une mise en scène, justement, qui joue sur les codes du grotesque... Mais Vuillard montre une réunion des grands capitalistes allemands avec Hitler, et la complicité tranquille de ces "capitaines d’industrie" avec le nazisme. Pas seulement leur complicité, mais les profits qu’ils ont fait, et que, tranquillement, ils font toujours, puisqu’aucun des Krupp, Thyssen et autres n’a jamais été inquiété en 1945, alors même qu’ils avaient ouvert des usines dans les camps.
La question est celle de la responsabilité. – Qu’il y ait un fou à la Maison blanche est une chose (et, déjà, en soi, c’est sidérant), mais qui l’a mis au pouvoir, ce fou ? Et, une fois qu’il a exercé le pouvoir, qui, parmi les grands entrepreneurs américains, lui aura résisté, n’aura pas fait allégeance ? Qui, donc, n’est pas responsable de ce qui pourra se produire ? – Et s’il n’y avait qu’eux... Eric Vuillard évoque le sort, et la responsabilité (même s’il en est victime), du chancelier autrichien Schuschnigg qui, au bout du compte, amène au pouvoir les nazis, même s’il les combat, du bout des lèvres. Et comment ne pas faire le parallèle avec les caciques démocrates aux USA qui ont accepté que Biden s’acharne à vouloir se re-présenter, contre tout bon sens – pour quelles raisons ? Simplement, sans doute, par veulerie, pour ne pas déplaire à leur chef à eux, même si ledit chef, temporaire, était dans un état de délabrement physique accéléré...
Les monstres viennent toujours d'un ventre mou.
Oui, on a vu 8 millions de personnes défiler dans les rues du pays tout entier pour le dernier  "No Kings" et c’est énorme. Ça ne suffit pas, évidemment, même si c’est, là encore, du jamais vu, je crois, dans l’histoire récente. Allez savoir si elles auront lieu, les élections de mi-mandat, si Trump ne trouvera pas quelque chose pour ne pas subir le raz-de-marée d’une débâcle annoncée. Allez savoir ce qu’il trouvera encore pour détourner l’attention de la moitié des dossiers Epstein encore non publiée, et la moitié, visiblement, la plus épouvantable (3 millions, donc, de documents encore inconnus) qui répertorient les meurtres, les actes de torture, – enfin, on ne sait pas quoi, mais quelque chose dans quoi, lui, le président Trump est trempé (pardon du jeu de mots) jusqu’au cou et bien plus. Allez savoir si, finalement, cette folie qui laisse le monde pantois n’est pas aussi jouée, en prévision des poursuites, – si elle n’est pas le seul moyen, à terme, de lui faire éviter la prison...
L’ordre, non pas du jour, mais des choses, mis à nu, – obscène.
Sauf qu’il est devant tous, – engluant tous les yeux. Et donc, qu’il ne l’est plus, obscène. il est la scène même. La seule réalité.
 
 
On peut aussi rajouter qu'il y a, chez le chancre orange,  — persuadé que Dieu l'observe et le soutient — un mépris de tout ce qui n'est pas lui, et même une haine sans mesure de l'autre qui est l'essence même de sa nature psychopathe. Et pourtant près de 40% des américains le soutiennent, et se reconnaissent en lui. Il représente quelque chose de profondément ancré dans la culture et la mentalité de ce pays. Et pas un jour ne passe sans qu'il ne se livre sur son réseau social à une de ses diatribes délirantes. La récente menace d'exterminer toute une civilisation dans un ultimatum terrifiant à l'adresse de l'Iran dans lequel, en proie à une folie génocidaire il s'engageait à commettre des crimes contre l'humanité indescriptibles, n'en est qu'une parmi d'autre. On s'est tellement habitué aux outrances de ce connard obscène vulgaire et méprisant qui confond la force et la puissance (dont il est dépourvu) que l'ampleur de ses propos passera d’ici peu à l'as comme le reste. "Flood the zone" comme l'a théorisé Steve Bannon un de ses mentors, stratège bien connu de l’extrême droite américaine et ancien conseiller particulier lors de sa première présidence. Son idée – qui a fait ses preuves – est d’inonder les médias de “shit” et d’empêcher la vérification des faits afin de remplacer la vérité par des flux de délires. Le message est bien passé. Et quand ce n'est pas trump en personne, ses ministres s'en chargent. Ainsi son ministre de la guerre bigot, qui a comparé un pilote abattu et sauvé  grâce à une mission spéciale au Christ ressuscité. 
Bref aujourd'hui 8 Avril, l'enfer ne s'est pas déchaîné sur le sol et le peuple iranien, et le chaos mondial est encore dans les limites du tolérable si tu n'es pas dans une zone de guerre immédiate. Peut-être existe-t-il encore au Pentagone des esprits lucides ayant convaincu le fou de la Maison Blanche de ne pas déclencher un cycle de destruction mutuelle qui mènerait à l’effondrement des installations de production pétrochimiques mondiales, à la possibilité de rendre le golfe Persique inhabitable et au risque de plonger l’économie mondiale toute entière dans un insurmontable chaos.
Donc c'est un répit. Mais depuis quelques temps nous allons de répits en répits semble-t-il. Cette chronologie de l'incessante victoire de Trump contre l'Iran en témoigne :
 3 mars : "Nous avons gagné la guerre" 7 mars : "Nous avons vaincu l'Iran." 9 mars : "Nous devons attaquer l'Iran." 9 mars : "La guerre touche à sa fin, et de façon magnifique." 11 mars : "Il ne faut jamais crier victoire trop tôt. Nous avons gagné. En une heure, c'était fini." 12 mars : "Nous avons gagné, mais la victoire n'est pas encore totale."13 mars : "Nous avons gagné la guerre." 14 mars : Aux alliés : "Aidez-nous, s'il vous plaît." 15 mars : Aux alliés  : "Si vous ne nous aidez pas, je m'en souviendrai." 16 mars : En réalité, nous n'avons besoin d'aucune aide. 16 mars : "Je testais juste qui m'écoutait." 16 mars : "Si l'OTAN n'intervient pas pour nous aider, ils subiront de graves conséquences." 17 mars : "Nous n'avons ni besoin ni envie de l'aide de l'OTAN." 17 mars : "Je n'ai pas besoin de l'approbation du Congrès pour me retirer de l'OTAN. " 18 mars : "Nos alliés doivent coopérer à la réouverture du détroit d'Ormuz." 19 mars : "Les alliés des États-Unis doivent se ressaisir, prendre leurs responsabilités et contribuer à la réouverture du détroit d'Ormuz." 20 mars : "L'OTAN est lâche." 21 mars : "Le détroit d'Ormuz doit être protégé par les pays qui l'utilisent. Nous ne l'utilisons pas, nous n'avons donc pas besoin de l'ouvrir." 22 mars : "C'est la dernière fois. Je donne 48 heures à l'Iran. Ouvrez le détroit !"22 mars : "L'Iran est mort." 23 mars : "Nous avons eu des discussions très fructueuses avec l'Iran." 24 mars : "Nous progressons dans les discussions." 25 mars : "Ils nous ont fait un cadeau, et il est arrivé aujourd'hui. C'était un très gros cadeau, d'une valeur inestimable. Je ne vous dirai pas de quoi il s'agit, mais c'était un cadeau de grande valeur." 26 mars : "Concluez un accord, sinon nous continuerons à les anéantir." 27 mars : "Nous n'avons pas à être là pour l'OTAN." 28 mars : Pas de déclaration majeure. 29 mars : "Les négociations progressent bien". 30 mars : "Ouvrez immédiatement le détroit d'Ormuz, sous peine de conséquences dévastatrices." 31 mars : "Un accord est imminent et  l'Iran va faire ce qu'il faut pour ça". 1er avril : "Nous verrons bientôt ce qui se passera." 2 avril : Un accord est très probable. S'il n'y en a pas nous poursuivrons les frappes. 3 avril : "Quelque chose d'important va se produire." 4 avril : "L'Iran doit se soumettre « immédiatement » sous peine de graves  conséquences".  5 avril : "Ouvrez ce putain de détroit, bande de cinglés, sinon vous irez en enfer ! Vous allez voir ! Louange à Allah ! 
Y-a-t-il un docteur dans la salle ? 


C'est pourtant bien dans ce monde et avec ces gens qu'il faut encore s'efforcer de vivre. Et pendant ce temps là, une chaleur presque estivale s'est, pour quelques jours, abattue sur la ville. Les arbres de Judée du jardin des Tuileries sont en fleurs, et leur beauté rend ces temps incertains plus supportables.

dimanche 5 avril 2026

Rue Tournefort

  

Voilà
passant il y a peu à l'angle de la rue Tournefort et de la rue du Pot de Fer, dans le cinquième arrondissement, j'ai remarqué ces peintures murales qui ornaient un pub, peuplé surtout le soir d'étudiants de nombreuses universités, grandes écoles, et classes préparatoires se situent dans ce quartier

 

J'étais dans un étrange état. Quelques heures auparavant, dans la matinée, feuilletant un ouvrage de Cioran (Histoire et Utopie), dans ma bibliothèque, j'étais tombé sur cette réflexion qui sonnait étrangement, à la lumière de récents événements et des délirantes déclarations du tyran pédophile : "Chaque civilisation croit que son mode de vie est le seul bon et le seul concevable, qu'elle doit y convertir le monde ou le lui infliger. On ne fonde pas un empire seulement par caprice. On assujettit les autres pour qu'ils vous imitent, pour qu'ils se modèlent sur vous, sur vos croyances et vos habitudes ; vient ensuite l'impératif pervers d'en faire des esclaves pour contempler en eux l'ébauche flatteuse ou caricaturale de soi-même."
shared with monday  murals

jeudi 5 février 2026

Psycho the rapist


Voilà,
pas une journée sans quelque éructation. Rien jamais n'épuise cette diarrhée verbale. Psycho the rapist donne son avis sur tout avec le vocabulaire d'un enfant de six ans. Il occupe le terrain à longueur de journée. Certains spéculent que ce sinistre clown a perdu la raison. L’a-t-il jamais eue ? Quoi qu’il en soit c’est le visage que l’amerikkka s’est aujourd’hui choisi et qui fait l’affaire des capitalistes libertariens. 
Menaces, vociférations, décisions tonitruantes, visées expansionnistes, dérapages plus ou moins maîtrisés, brutalité administrative : le chaos, mais en costume cravate. Avec toujours un brin de mégalomanie : projet d'un arc de triomphe, d'institution culturelle à son nom, d'un défilé militaire ridicule. Sinon quoi d’autre ? Ah oui, l'État fédéral transformé en games center. Pour recruter, l'administration dite "républicaine" a publié des clips inspirés de jeux vidéo. Les migrants comme des silhouettes à abattre. ICE en mode joystick. Elle terrorise sa population pour la dissuader d'aller voter dans dix mois. Milices privées, intimidations, assassinats ciblés, mépris du peuple. Toutes les fraudes et tous les coups sont permis. C’est à la fois grotesque et effrayant.
Quand il ne tweete pas, Donnie le taré parle parle... partout, à n’importe quelle heure, dans son bureau, à l'étranger, dans son avion. C'est toujours stupéfiant de connerie, de bassesse, de vulgarité. Il fait le show. Mais il suscite encore l’adhésion d’un grand nombre de ses compatriotes. Gênés devant le triste spectacle de ce concentré de bêtise qui se pavane avec arrogance et se perd parfois dans des logorrhées délirantes, les dirigeants "alliés" de lOTAN qui soudain découvrent qu'ils n'ont toujours été que des vassaux et qu'ils seront désormais traités sans ménagement, le regardent, l’écoutent, sidérés. Lapsus en série, messages privés publiés par erreur. Gouverne-t-il encore ?  Improvise-t-il ? Quoi qu'il en soit l'ordre ancien vacille, une certaine idée du monde s’effondre.
La Chine calcule. Poutine sourit. Pour se soustraire des scandales, à quelques mois des midterms, Donnie le taré qui prétend avoir réussi haut la main tous ses tests cognitifs, les plus beaux les plus merveilleux que les médecins ont jamais vus, s'en va-t-en guerre. Un coup au Vénézuela, un autre en Iran. Menaces par-ci, invectives par là. Propositions indécentes ailleurs.  
Pendant que l’Américain moyen compte ses centimes, que l’inflation grignote les salaires, que le plein d’essence devient un luxe, la Maison-Blanche, elle, regarde vers le Nord. Très au Nord. Le gangster orange ne lâche pas son idée d’acquérir le Groenland au prix d’un gros chèque. Un million de dollars pour chacun des 57 000 Groenlandais. Soit plus de 40 milliards de dollars au total. De quoi faire rêver. Surtout quand on vit dans l’Ohio ou le Michigan, où le niveau de vie baisse mais où personne ne recevra jamais un chèque à sept chiffres. 
L’idée dit-on serait à l’étude. Un référendum, un vote et un virement bancaire géant. Une méthode présentée comme une alternative élégante et pacifique à la force militaire. Moins de missiles, plus de dollars, il suffit de faire marcher la planche à billets croit-on encore. L'administration républicaine juge l’opération raisonnable. Après tout, 40 milliards, ce n’est presque rien. Comparé aux 600 milliards du budget du Ministère de la Guerre (puisque c'est ainsi qu'il a été rebaptisé). Une broutille stratégique. Pendant ce temps, les citoyens ordinaires regardent leurs factures et se serrent la ceinture. Ils pourraient se dire que, décidément, mieux vaut être Groenlandais qu’américain. Aux premiers, on propose un vote et une prime ; aux seconds, on explique tranquillement que leur droit de vote, en novembre prochain, est une option négociable. Mais bon la vie continue : bientôt la cérémonie des oscars et la finale du super bowl… That’ s entertainment !
Haut les cœurs ! en ces temps déraisonnables, on n'est pas au bout de nos surprises. Mais cela me donne toutefois l'occasion de réaliser un collage comme j'en faisais dans mes jeunes années...
Ainsi vont les choses dans le meilleur des mondes possibles.
shared with  friday face off

mardi 20 janvier 2026

Porcherie

 

Voilà,
il aura suffi d'un an
pour sombrer dans l'irrationnel 
"l'âge d'or de l'effroi"
nous y sommes presque semble-t-il

dimanche 4 janvier 2026

Mustn't panic ⸮

 

Voilà 
l’ONU récemment a lancé son alerte la plus grave depuis longtemps : la planète va mal.
C’est touchant.
Mais qui écoute l’ONU ? On la respecte comme une horloge cassée qu'on ne regarde plus mais dont on sait qu'elle a raison deux fois par jour.
Son dernier rapport — l’un des plus complets, donc l’un des plus ignorés — annonce que le changement climatique avance plus vite que nos excuses. Les systèmes naturels fatiguent. Ils ne protestent pas, ils s’épuisent. C’est plus poli.
Les scientifiques parlent de seuils irréversibles. Autrement dit : bientôt, même la mauvaise foi ne suffira plus.
Deux cent quatre-vingt-sept experts, quatre-vingt-deux pays, des milliers de pages… pour conclure que tout va plus vite que prévu. Une information qui, curieusement, ne surprend personne. Le réchauffement accélère, les catastrophes s'amplifient, les écosystèmes perdent patience. Les récifs coralliens meurent avec élégance, le pergélisol fond sans demander l’avis de personne. La planète, elle, ne s’adapte plus : elle encaisse.
À ce rythme, nous irons allègrement vers +3°, peut-être +4°. Un monde plus chaud, mais pas plus chaleureux. L’agriculture hésite, la santé chancelle, l’économie s’inquiète — car elle ne s’émeut que lorsqu’elle tousse. La planète ne se contente plus de se réchauffer : elle se désaccorde.
 L’ONU nous explique que nous sommes entrés en territoire inconnu. C’est vrai : nous avançons avec inconscience dans ce que nous ne comprenons plus. 40 % des terres sont dégradées, les océans s’essoufflent, l’air tue neuf millions de personnes par an. Discrètement, sans faire de vagues.
Quatre crises s’entremêlent : climat, biodiversité, sols, pollution. Une belle équipe. Chacune affaiblit l’autre avec une parfaite solidarité. Quand tout s’écroule en même temps, on appelle cela un système.
Un résumé politique devait accompagner le rapport. Il a été bloqué. Certains pays n’aiment pas les mots "fossiles", "plastiques", "crise", "transformation". Ils préfèrent les termes vagues, comme "croissance", "sécurité," ou "intelligence artificielle".
La science parle. La politique répond  "changeons de sujet".
Les auteurs s’en désolent. Ils sont bien naïfs. Depuis quand la vérité est-elle compatible avec les égoïsmes nationaux et les intérêts économiques à court terme ? Chaque degré compte, dit-on. Certes, certes... Chaque baril aussi.
L’ONU propose malgré tout une transformation profonde : énergie, alimentation, finance, gouvernance… Tout changer, donc. Autant dire : rien. On promet 20 000 milliards de bénéfices futurs si l'on suit ces prescriptions. Trop loin pour être crédible, trop abstrait pour être désirable. À un salut différé l’humanité préfère un désastre immédiat,
On suggère de cesser d’adorer le PIB comme un veau d’or fiévreux. Mauvaise idée : c’est le seul dieu qui accepte les sacrifices humains sans qu'on lui demande d’explication.
Il resterait une fenêtre d’opportunité. Elle se referme. Nous regardons ailleurs. C’est notre manière de méditer.
 Le rapport conclut qu’un autre version de ce monde est encore possible. Mais certains se disent que l'herbe sera plus verte sur Mars où il n'y a que des cailloux.
À en juger par leurs actes, le suicide collectif est le projet qui conserve la faveur de nos dirigeants. Ils sont vieux. Ils veulent que leur no Future soit le nôtre. Ce n’est plus le temps des solutions, mais celui de l’accumulation. Problèmes sur problèmes, conflits sur conflits. Au lieu d'écouter ceux qui cherchent  et suggèrent des solutions L'Humanité par le truchement de ses dirigeants sombre à nouveau dans son vieux tropisme guerrier.  Le droit international, né après le second conflit mondial sert désormais d'ornement dans les discours

 
Je ne me réjouis pas de voir ceux qui se gaussaient de mon pessimisme s'effrayer à présent des jours que nous traversons. J’aurais préféré avoir tort. Même les optimistes commencent aujourd'hui à envisager — avec la même candeur qu’ils mettaient hier à l’ignorer — un conflit sous nos latitudes .
Nous vivons déjà dans la catastrophe : environnementale, intellectuelle, politique. Les accidents nucléaires, climatiques, pandémiques ne sont plus des menaces, mais des hypothèses plausibles. La guerre n’est qu’un souci supplémentaire. Une option parmi d’autres dans le chaos ambiant. La barbarie est déjà là : au Moyen-Orient, en Ukraine que le fasciste Poutine tente de détruire, parfois chez nous, ponctuellement, quand le terrorisme s'y exprime. Elle finira par nous atteindre aussi, malgré nos musées, nos bibliothèques, nos cathédrales restaurées et nos philosophes. L’Europe a déjà connu cette musique. Elle avait juste oublié les paroles.
Rien n’arrivera exactement comme prévu. Mais cela viendra. Le retour de l'époque des illuminés...
 Hier, le président des États-Unis a décidé sans consulter son parlement d'une opération militaire au Vénézuela pour destituer le président de ce pays et faire main basse sur la plus grande réserve pétrolière du monde. Demain la Chine s'occupera de Taïwan, et qui sait ce qui peut se tramer d'autre.
Tout cela coïncide avec le début de l’année, ce moment charmant qui relève moins de la raison que de la pensée magique, où l’on échange des vœux. Alors, payons nous encore de cette illusion  Croire que les mots peuvent réparer ce que les actes s'acharnent méthodiquement à détruire.  

samedi 27 septembre 2025

Il y a peu de chance qu'on détrône le roi des cons



Voilà
je n’imaginais vraiment pas voir cela de mon vivant. Malgré toutes mes réserves sur ce pays, je ne pensais pas que cela arriverait de la sorte et même que cela surviendrait un jour. Bien sûr, il y avait eu le mac-carthysme, le Ku Klux Klan, les guerres impérialistes un peu partout dans le monde au nom de la liberté et de la démocratie. Mais les adversaires n'étaient pas non plus des exemples et les États-Unis offraient malgré tout une image de bien-être et de liberté.  
Oui bien sûr, la conquête spatiale avait été assurée grâce au savoir d’un ancien ingénieur nazi, mais c'était aussi le pays où Einstein, Hannah Arendt avaient trouvé refuge comme tant d'autres artistes exilés européens qui avaient pu exprimer leur talent et parfois leur génie.
Évidemment il y avait aussi tous ces westerns à la con exaltant la violence de la conquête de l'Ouest, et l'extermination des peuples autochtones et plus tard vers les années 90 ces super productions idiotes, où les États-Unis sont menacées d’invasion par des aliens, des terroristes des communistes, des méchants, de toutes sortes et qu’après moult bagarres, péripéties, explosions tueries poursuites, spectaculaires cascades, un gentil américain parvenait à sauver l'Amérique donc le monde. Mais quand même il y avait eu le nouvel Hollywood des années soixante-dix.
Je me disais bien que cette paranoïa était le "retour du refoulé" d’une société édifiée sur le génocide indien et enrichie grâce à l'esclavage des peuples déportés d'Afrique. Bien sûr, il y avait la maffia, la corruption, il y avait même eu un président qui s’était comporté comme un gangster, mais l’obstination de quelques journalistes, avait conduit à sa démission. C’était ça aussi ce pays, la liberté de la presse. 
Il ne m’échappait pas non plus que la bigoterie était souvent au rendez-vous que c’était bien louche qu’on parle si souvent de Dieu au point de l'invoquer sur des billets alors que Dieu n'est qu'une conjecture que rien ne prouve mais bref, il y avait eu aussi le rock, les grands mouvements pacifistes et de l'égalité des droits, les poètes de la beat génération, Bob Dylan... Et aussi des écrivains prodigieux, capables de raconter les histoires stupéfiantes. Sans parler de ces jeunes, ingénieurs en informatique, en mesure de révolutionner la pensée, et changer le monde depuis un garage. Il y avait cette formidable vitalité, cette faculté de surmonter les échecs et de rebondir. 
Et puis ça a commencé à déconner je ne sais quand exactement, avec Reagan peut-être. On a commencé à voir apparaître de plus en plus de gros, parce que les lobbies de l’industrie alimentaires, au nom du profit empoisonnaient les citoyens américains en toute impunité. Et puis il y a eu des présidents de plus en plus stupides, surtout chez les républicains, avec ces histoire d'axe du mal, le mensonge d'État pour inciter à mutualiser la guerre d'Irak et j'en passe. On a vu la bêtise au travail durant la pandémie s’exposer avec une indécence incroyable. Puis on s’est dit que c’était bizarre quand même, ces massacres de masse dans des écoles perpétrés par des enfants, la circulation des armes, le poids grandissant de sectes religieuses de plus en plus réactionnaires, le créationnisme, les théories  complotistes. 
J'ignore si c'est la faillite du système scolaire américain qui est à la base de ça. Où l'abrutissement des médias. Et puis il y a aussi le narcissime national. Avec ces bannières américaines partout. Cette auto-contemplation permanente. Et puis le manque de curiosité à l'égard du reste du monde. D'ailleurs la plupart des citoyens de cette nation ne savent même pas où se trouve le reste du monde. Surtout les supporteurs MAGA. Et ne pas oublier non plus la passivité du peuple si persuadé de sa supériorité et de la pérennité de ses institutions. Mais voilà la démocratie en Amérique c'est une démocratie où 60% de la population ne vote pas et un système électoral en décalage avec la répartition démographique de la Nation. 
Ce que je ne pouvais imaginer, c'est qu'après quatre ans de trumpisme, les gens pourraient en redemander, avoir envie d'être représentés par un tel crétin, capable de débiter des âneries comme "à tel endroit les migrants mangent les chiens domestiques". Il y a donc des américains qui se reconnaissent en lui qui est, à l'heure actuelle, une des plus grandes menaces pour le progrès humain. Aujourd'hui j'ai l'impression que ce sont les insurgés du Capitole qui ont gagné. Un coup d'État rampant a été perpétré avec la bénédiction des oligarques américains. Et c'est tout le monde occidental qui vacille.
La cité sur la colline plus personne ne peut y croire.
Les États-Unis sont plongés dans la crise la plus démente depuis la guerre de sécession. Et d'ores et déjà leur leadership est irrémédiablement passé à la trappe. Tout ce qui faisait la force de ce pays a été en dix mois démantelé. Les services secrets n'ont plus aucune crédibilité. Plus personne désormais ne voudra être espion aux service des USA. Ils sont tous cramés auprès des renseignements russes depuis la nouvelle présidence. C’est un virage à 180 degrés dans un contexte de cyberguerre latente. L’administration Trump a demandé aux agents fédéraux de la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) d’arrêter de suivre les activités de cybermalveillance des acteurs russes. "Tout le travail lié à la Russie est annulé"», a confirmé au quotidien britannique The Guardian une source anonyme au sein de la CISA. La raison ? L’État de Vladimir Poutine et ses groupes de hackers ne sont plus considérés comme une nation hostile ni une menace pour les infrastructures américaines depuis mars 25.
Sur le plan économique social c'est déjà un cataclysme. Ce mélange lunaire de protectionnisme commercial, de dérégulation, de relance budgétaire, de capitalisme d’Etat et de politique migratoire restrictive a créé beaucoup d’incertitudes, qui commencent à se lire dans les statistiques macroéconomiques.
Ce qui fascine, c'est la dimension grotesque, ubuesque de l'affaire. Taco Trump est un concentré de tout ce qu'on peut trouver de pire, mais de dispersé aux USA. Lui il coche toutes les cases. Et les membres de son cabinet ne valent pas mieux. Il n'y en a pas un pour racheter l'autre. Ils sont tous cons, méchants, ignares, grotesques. Mais revenons à Trump. On en rirait s’il ne passait son temps, avec le maigre vocabulaire dont il dispose, à nous inonder de merde au point qu’il soit nécessaire d’en parler. Le crétin en chef de l’Occident ne peut même pas  nommer correctement les pays dont il parle ni les situer sur un atlas géographique, il débite des discours incohérents sur tout et n’importe quoi, confond par exemple l’Arménie et l’Albanie ou encore l’Azerbaïdjan qu'il est incapable de prononcer et le Cambodge. C'est vraiment le roi des cons. Il ne se passe pas un jour où il ne dise une nouvelle ânerie. Ce type est inépuisable. C'en est devenu stupéfiant. L'adage "les cons osent tout, c'est à cela qu'on les reconnaît" lui colle à merveille.
Mais s'il n'y avait que lui. Les agissements des dirigeants qui l'entourent sont aussi placés sous le signe de l'irrationnel. La théocracie fasciste qu'avait anticipée Frank Zappa, est réellement en marche. Les récentes funérailles de la crapule Kirk, un homme favorable aux exécutions capitales en public mais hostile à l'avortement, anti vaccins, raciste, défenseur des armes à feu, partisan du maintien des femmes "à leur place" (au foyer donc bien sûr) —il a bien mérité la balle qui l'a tué —, devenu "héros des États-Unis" et "martyr de la foi chrétienne" en sont la preuve.  "Nous sommes la tempête et nos ennemis ne peuvent comprendre notre force, notre détermination, notre résolution, notre passion (…). Nous sommes du côté du bien, nous sommes du côté de Dieu" dit  Stephen Miller conseiller diplomatique de la Maison Blanche. Il ne vaut guère mieux qu'un mollah, quand il exprime ainsi sa mission civilisationnelle. "Nous défendons ce qui est bon, vertueux et noble. A ceux qui essaient de susciter de la violence contre nous (…), vous avez quoi ? Vous n’avez rien. Vous n’êtes rien. Vous êtes le vice, vous êtes la jalousie, vous êtes la haine, vous n’êtes rien. Vous ne pouvez rien construire, rien produire, rien créer" s'adressant ainsi vraisemblablement à tout ce qui ne pense pas comme lui. Tous ces faux prophètes sont la lie de l'Amérique. ils rappellent, comme l'a fait remarquer marie Lavin dans une de ses publications, ceux qui sont évoqués dans La Bible, et que fustigeaient Michée ("ces prophètes prédisent l'avenir pour de l'argent") ou Esaïe ("Dites-nous des choses flatteuses. Révélez-nous des chimères"), ou encore l'apôtre Pierre écrivant aux premiers chrétiens ( "En proférant des énormités vides de sens, ils séduisent..."). 
Ces sinistres bouffons qui ont ici aussi en Europe leurs pendants sont le véritable signe du déclin de l'Occident. Ici aussi ils suscitent l'adhésion des masses populaires à leurs discours d'extrême droite.
Trump fait tout ce qu'il a dit qu'il ferait. Il a menacé la planète d’un torrent de mesures économiques et politiques  dites "choc et effroi". Il s'en tient à son programme : droits de douane sur les alliés comme sur les adversaires ; tentative d'expulsion de millions d'immigrants sans papiers ; représailles contre les efforts de dédollarisation par de nouveaux droits de douane ; déploiement de nouvelles réductions d'impôts pour les plus riches ; création d’un Département de l’efficacité gouvernementale visant à éliminer les adversaires politiques, déréglementation des protections de travail ; menaces contre la presse d’opposition ; arrêt des aides à la protection de l’environnement ; suppression des aides aux facultés réticentes et expulsion des étudiants contestataires ; extension de l’interdiction du droit à l’avortement ; attaques contre les transgenres. Il a toujours en tête d'acheter ou conquérir du Groenland et de faire du Canada le 51e État des États-Unis
 Il est difficile de se faire une idée du futur. Tout au plus peut-on constater que la Chine semble la mieux préparée à affronter les décennies qui viennent. Si ce n'est pas non plus un modèle de démocratie, ses dirigeants ont toutefois le sens de l'Histoire et le sens politique, ses infrastructures sont récentes et de qualité. Elle dispose en outre d'un programme de recherche et d'éducation excellents, ses ingénieurs ses savants sont ultra-compétents, ses ressources énergétiques considérables. Son économie prospère. Sa diplomatie subtile. L'État y est fort et programme des plans cohérents. La question écologique est prise en compte dans ses projections. Enfin ce n'est pas un pays où l'injonction à prier tient lieu de solution quand on traverse une crise. Après le monologue délirant que Trump a livré à La Tribune des Nations-Unies qui a prouvé au monde entier qu’il était un taré incapable d’articuler la moindre pensée cohérente et qu'il était du même calibre que Jean-Bedel Bokassa, celui qui dans le courant des années soixante-dix s'était fait couronner empereur de Centrafrique, on est bien obligé de constater que si l'humanité doit progresser, cela ne passera plus par les États-Unis.
 shared with sunday smiles -

dimanche 14 septembre 2025

Du travail de pro

 
 
Voilà 
Charlie Kirk. Un fasciste de compétition. Le modèle d’exportation. Antisémite mais favorable au massacre des Palestiniens — On en a de semblables ici aussi en France. Misogyne, suprémaciste, homophobe, climatosceptique, pro-arme, anti-avortement, bref : la totale. 
À l’affiche quotidienne du stand-up trumpiste, colporteur professionnel de fake news, animateur en chef de l’attaque du Capitole. Son CV : la haine comme fond de commerce, la bêtise comme capital symbolique.
Porter une arme à feu selon lui était un droit issu de la volonté de Dieu. Dieu est parfois un foutu galopin avec ceux qui y croient ou professent d'y croire. 
Pour celui qui disait  "En fait, je ne supporte pas le mot empathie. Je pense que l'empathie est un terme New Age, inventé, qui fait beaucoup de mal" une balle dans la gorge. 
Une seule. Du travail de pro. 
Pas d'empathie donc.

Trump le sauveur autoproclamé de la nation, ce concentré de bêtise, de méchanceté, d'arrogance, d'infatuation, d'ignorance, de brutalité, de racisme, de corruption, de mensonge, d'incompétence qui, au mépris du droit américain a décidé de saper un a un tous les principes fondateurs de son pays avec la complicité des élus républicains du Sénat et de la chambre des représentants, Trump donc jaillit sur les ondes.
Kirk mort
Trump furieux. 
Pathos en cascade, lamentation réglée, hymne à la victime qu’on hisse en martyr. Les caméras tournent, la machine pleure. Trump lyrique (enfin, dans la mesure de ses moyens). Trump en mode oratorio apocalyptique : "la gauche radicale assassine nos héros". Ben voyons. C’est toujours elle, la main invisible, l’ennemie de la liberté — leur liberté, plus exactement : celle de pouvoir massacrer sans entrave, arrêter de façon arbitraire au seul motif d'un faciès pas trop blanc. Étonnant tout de même : Trump est nettement moins lyrique quand Melissa Hortman, représentante d’État est abattue avec son mari dans leur maison. Quand John Hoffman, sénateur est troué de balles aux côtés de sa femme. 
Moins lyrique pour ce qui concerne les morts à l’école, aussi — enfants et professeurs. Litanie américaine du carnage. 309 fusillades de masse en un an, pour la plupart d’entre elles perpétrées par des blancs. Plus de 300 morts depuis le début de l’année. Mais pas d’allocution pour ça. Trop banal, trop quotidien, trop peu rentable en émotion nationale. 
Ce qui mérite une parole, c’est le corps d’extrême-droite tombé. Ce qui ne vaut rien, c’est le sang des démocrates, c’est l’abattoir scolaire. Les États-Unis du Spectacle trient leurs cadavres : les bons pour l’écran, les autres pour la fosse commune de l’oubli. Et tout le monde continue — on pleure sur commande, on oublie sur consigne. Le pouvoir s’exerce même dans le chuintement du silence 
 Silence présidentiel. Silence comme politique, silence comme choix.
 La hiérarchie des morts, c’est sacré.
 
Le scénario est connu. Hitler a eu des son Reichstag. Trump a la balle dans la gorge de Kirk. Prétexte prêt-à-porter. Sacraliser le cadavre. Poursuivre le projet : déchaîner la Garde nationale dans les villes démocrates. Liquider l’opposition au nom de la Pureté Américaine. Recycler le crime en mythe, la peur en régime, la haine en politique. 
Pendant ce temps : le scandale pédophile colle aux basques de l'orange canker. La faillite économique est patente. La popularité fuit par tous les trous. Mais peu importe : un martyr ça occupe l’écran, ça fait de l'audimat. Un martyr ça détourne. Un martyr ça donne des forces aux fascistes. Les républicains pointent du doigt leurs ennemis habituels — la gauche radicale, les trans, les démocrates, les immigrés. C’était écrit d’avance, comme une pièce qu’ils jouent les yeux fermés. Et tout un appareil de propagande s’empresse de transformer la gorge perforée en drame national. Drapeaux en berne.

Seulement voilà : le récit s’écroule

la grand-mère du tueur — Debbie Robinson — parle. On se retrouve dans un sitcom façon Dallas. Mais là ça s'appellerait "Utah" "Toute la famille est républicaine, pro-Trump. Je ne connais pas de démocrate" , dit-elle.
Le discours vacille.
Le suspect : vingt-deux ans, blanc, mormon, Utah. Pas un infiltré, pas un "autre". Il aimait jouer à Halo un jeu de sci-fi populaire et à "call of duty". Il aimait la chasse. 
L’un des leurs. Et les balles ? Gravées de slogans, non pas antifas mais références à l’univers groyper. Cette tendance animée par Nick Fuentes, un autre leader de la jeunesse d’extrême droite qui juge Kirk trop tiède, trop compromis, pas assez pur pour "America First". Une photo de Tyler Robinson publiée sur Facebook suggère qu'il s'intéressait aux mèmes Groyper.
Ainsi, Kirk, s'il n'est pas tombé sous les balles d’un conservatisme plus extrême que le sien, aura trouvé le feu d'un type aussi taré que lui.
Trump, Trump Jr, les influenceurs MAGA criaient hier à la guerre civile. Aujourd’hui, silence. La réalité est moins commode. Car le tireur n’est pas trans, pas démocrate, pas migrant. C’est un jeune homme blanc, instable, né et armé aux États-Unis. Le problème est intérieur. Le problème est républicain. Le problème est américain.
c'est en regardant, il y a bien des années le documentaire "into the abyss" de  Werner Herzog, que j'ai réalisé que ce pays était foutu pour bien longtempsOn y trouve ce qui caractérise cette société : le culte de la violence et la bigoterie. Le gun et la bible. Et sous couvert de religion l’indigence morale et la misère intellectuelle. La vision du film "America" de Claus Drexel était aussi édifiante à sa façon. 
Cet événement qui secoue les États-Unis exprime une fois encore la folie de cette nation en pleine débâcle, fondamentalement malsaine, et obsédée fascinée gangrenée par le Mal. 
Les vieux hippies américains doivent broyer du noir. 
Ici au jardin du Luxembourg le ciel est gris.
shared with my sunday best

mercredi 9 juillet 2025

Autrefois l'insouciance

 
Voilà,
c'était il y a dix ans. La plus grande nation occidentale n'était pas encore gouvernée par un malade mental complètement sénile. C'était même quelque chose d'inenvisageable. Elon Musk, quant à lui était encore un jeune entrepreneur "une sorte de gourou, un porteur de rêves qui aime se lancer des défis disait on de lui dans les gazettes. Les entreprises Paypal, Space X, Tesla, le projet Hyperloop... Autant de défis lancés ou relevés par celui qu'on considérait comme un entrepreneur génial bien que déjà controversé. Après un premier succès économique dans les années 2000 avec la revente de l'entreprise Paypal, Elon Musk s'était lancé dans le challenge technologique en pariant sur la voiture électrique avec la firme Tesla : «Je veux démontrer que la voiture électrique est la voiture la plus prometteuse de monde !», confiait-il alors. À l'époque, son projet c'était Hyperloop. Lancé en 2013, il rêvait au voyage ferroviaire à très grande vitesse avec une ligne reliant Los Angeles à San Francisco en moins de trente minutes. C'est à cette époque aussi qu'il lançait Open AI dont l'Objectif affiché était de développer des technologies d’intelligence artificielle et de les mettre à disposition de tous, pour qu'elle bénéficie à l'humanité « En tant qu’organisation à but non lucratif, notre but et de créer de la valeur pour tout le monde, plutôt que pour des actionnaires », pouvait-on lire dans le texte de présentation, sans réaliser à quel point cette nouvelle technologie serait gourmande en énergie.
Dix ans à peine, depuis cette photo sous le ciel bleu de Madère ; cela me paraît si loin, presque irréel. Ce n'est pas que les choses allaient particulièrement bien à l'époque, mais comparées à maintenant, c'est sans mesure. Ce qui est stupéfiant, c'est l'impression d'une inéluctable accélération vers le pire, dont on ne connaît pour le moment pas la nature exacte. 
On est désormais dans le temps de la force désinhibée, comme jamais peut-être auparavant. Au regard de la puissance de destruction dont l'humanité dispose, on ne peut que s’en inquiéter. Surtout quand la bêtise est à ce point plébiscitée. C’est quand même une sorte d’Amin Dada qui a été démocratiquement élu dans ce qui, voilà peu de temps encore, passait pour la première puissance mondiale. Si, pour l'humanité ce n'est pas encore la fin des temps, il est cependant possible que, comme l'écrit Pierre-Henri Castel dans son ouvrage "Le mal qui vient", ce soit déjà le temps de la fin. De toute façon, cela prendra une forme autre que ce que nous sommes en mesure d'imaginer.
 
 
Mais tout de même, à défaut d'être joyeux, apprécions — puisque de toute façon il ne nous reste guère d'autre alternative —,  le plaisir de pouvoir encore, sous un ciel radieux flâner en paix dans la splendeur d'une sainte et moyenâgeuse cité.

dimanche 8 juin 2025

Pêle-mêle avec crocodiles

 

Voilà,
les crocodiles du marigot commencent à s'entredévorer. Musk accuse Trump d'être compromis avec Espstein et déclare avoir des preuves précises, Steve Banon veut expulser Musk au prétexte qu'il est Sud-Africain et drogué, et au passage lui "arracher la tête" . J.D.Vance ne dit rien mais reste en embuscade.
Vu d'ici, c'est grotesque. On se croirait dans un sitcom. 
En France aussi ils sont très cons ceux qui nous gouvernent, mais pas à ce point tout de même. Et puis c'est tout petit la France, ça n'a pas beaucoup d'influence sur le monde.
Ça serait risible s'il n'y avait par ailleurs tant d'urgences planétaires. 
Mais on en est là outre-Atlantique, on caligule et complote sur fond de désastre budgétaire, social, humanitaire. 
De plus en plus d'américains, paraît-il, commencent à paniquer et espèrent que le cauchemar s'atténuera après les élections de mi-mandat, dans un an et demi. Mais qui sait dans quel état sera leur démocratie dans un an et demi ? Et leur fédération ? Et quand bien même, parviendrait-on à rétablir un semblant de légalité, comment réparer les dommages causés par Trump et sa bande. Certains apparaissent d'ores et déjà comme irréversibles. 
L'effroi se mêle au ridicule. 
Depuis janvier, Trump profite de sa fonction pour s'enrichir au vu et au su de tous. Il vend des parrainages d'événements à la Maison Blanche. Il s'est emparé du Kennedy Center alors qu'il est d'une inculture crasse, qu'il n'y connaît rien aux arts et qu'il a un goût de chiottes, il suffit de voir la décoration de sa propriété de Mar-a-Lago . 
 
 
 
Il brade des bâtiments fédéraux. Il s'attaque à toutes les institutions. Il défie les décisions de justice. Il a manipulé les marchés financiers. Il a militarisé le ministère de la justice. Il a aboli la sécurité alimentaire et le contrôle des maladies. Il s'attaque à la science, à l'Université. Il veut détruire les terres publiques, exploiter les fonds marins dans les eaux internationales. Il extorque des minéraux à d'autres nations. Il a permis à un oligarque non élu d'accéder à des données gouvernementales. Il a rompu la confiance avec ses alliés. Il a souillé pour de nombreuses années l'image des États-Unis dans le monde. Il agit de façon capricieuse et incohérente, il rampe devant Poutine, il tweete à tour de de bras, il utilise son téléphone portable comme un quidam au mépris de toutes les règles de sécurité et de confidentialité. Il est dénué de classe, n'a aucune dignité. Il ferait passer Nixon pour un type sympa et Reagan et Bush Jr pour des lumières. Il est rude, grossier, vulgaire, inculte, vantard, stupide, cruel. C'est surtout un tyran, qui s'est entouré de gens encore plus maléfiques que lui. 
 
 

 
On peut supposer que des dirigeants comme Poutine ou Xi Jinping qui en matière de crapulerie ne valent guère mieux, mais qui cependant, pour les avoir subies, savent mesurer les revers et les vicissitudes de l'Histoire, observent ces péripéties avec une certaine jubilation.

Publications les plus consultėes cette année