Affichage des articles dont le libellé est Pessoa. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pessoa. Afficher tous les articles

samedi 8 août 2026

C'est moi qui suis l'univers


 
Voilà,
"Éternels passagers de nous-mêmes, il n’est pas d’autres paysages que ce que nous sommes. Nous ne possédons rien, car nous ne nous possédons pas nous-mêmes. Nous n’avons rien parce que nous ne sommes rien. Quelle main pourrais-je tendre et vers quel univers ? Car l’univers n’est pas moi, c’est moi qui suis l’univers." (Fernando Pessoa 123 Livre de l'Intranquillité)
shared with  sunday postcards - SITAR - saturday sparks

lundi 20 juillet 2026

Vivre du rêve

 

Voilà,
"Vivre du rêve et pour le rêve, en démontant l’univers et en le recomposant, discrètement, selon le flux et le reflux, des instants où nous rêvons. Faire cela, tout en étant bien conscient, parfaitement conscient, de la totale inutilité de cette activité.
 

Ignorer la vie avec tout son corps, se couper de la réalité avec tous ses sens, Renoncer à l’amour, avec toute son âme. Emplir de sable vain, les vases que nous portons à la fontaine, les vider, puis les remplir à nouveau, le tout avec la plus extrême futilité.
Tisser des guirlandes pour, sitôt, achevées, les défaire entièrement, minutieusement.
Prendre nos couleurs et les mélanger sur la palette, sans avoir devant nous, la moindre toile à peindre."  Fernando Pessoa, Livre de l'Intranquillité, 41 

samedi 11 juillet 2026

Substituer l'intelligence à l'énergie

 
 
Voilà,
"Substituer l’intelligence à l’énergie, rompre le lien entre la volonté et l’émotion, en ôtant tout intérêt aux actes de la vie matérielle, voilà ce qui, une fois obtenu vaut plus que la vie même, car il est bien difficile de la posséder entièrement, et si triste de ne la posséder que partiellement". Pessoa (Le Livre de l'Intranquillité §124)
shared with SITARsaturday sparks -

mercredi 24 juin 2026

Apothéose du sommeil

 
 
Voilà,
"Si je pouvais atteindre un jour à une envolée de style qui concentrerait en moi toute la puissance de l’art – j’écrirais alors une apothéose du sommeil. Je ne connais pas de plus grand plaisir, dans toute mon existence, que celui de pouvoir dormir. L’abolition intégrale de la vie et de l’âme, l’éloignement total des êtres et des gens, la nuit sans mémoire et sans illusions – et n’avoir plus, enfin, ni passé ni avenir… " Fernando Pessoa, in Le livre de l'Intranquillité
shared with sunday in the art room -

mardi 9 juin 2026

Simples passagers


 
 Voilà
"ces incidents malheureux de notre vie, où nous nous sommes montrés ridicules, sordides ou lents d'esprit, il nous faut les considérer, à la lumière de notre intime sérénité, comme de simples ennuis de parcours. En ce monde, voyageurs que nous sommes (volontaires ou non) entre néant et néant, ou bien entre tout et tout, nous sommes de simples passagers et ne devons pas attacher trop d'importance aux désagréments du voyage ou aux cahots de la route" écrit Fernando Pessoa dans Le livre de l'Intranquillité.
shared with pictorial tuesday

dimanche 12 avril 2026

Persister tenacement


Voilà,
"La seule attitude digne d'un homme supérieur, c'est de persister tenacement dans une activité qu'il sait inutile, respectant une discipline qu'il sait stérile, et s'en tenir à des normes de pensée, philosophique et métaphysique, dont l'importance lui apparaît totalement nulle". Sans aucunement aspirer au statut d’homme supérieur – notion qui m’est parfaitement étrangère – il me paraît parfois que poursuivre la rédaction de ce blog s'apparente à ce que décrit Pessoa dans le fragment 89 du Livre de l'Intranquillité.
J'entretiens à l'égard de cette entreprise une attitude de plus en plus ambigüe. Lorsque je publie des textes comme celui-ci ou celui-là ou encore cet autre, je suis plutôt content. Je me dis que cela ressemble à ce à quoi j'aspirais lorsque j'ai commencé. Toutefois de plus en plus souvent, j'éprouve — comme je m'en suis déjà ouvert il y a quelques mois — une sorte de découragement mêlé de lassitude, raison sans doute pour laquelle ces derniers temps, je publie souvent d'anciens posts. Car ces exercices d'hygiène mentale me prennent de plus en plus de temps. Trop de pensées tohubohutent dans ma tête ; les mettre correctement en forme requiert une force et une énergie qui m’abandonnent. Je le déplore. Parfois j'ai envie de prendre congé mais une part de moi ne veut pas (ou est incapable) de lâcher l'affaire. C’est que je redoute de ne plus être physiquement en mesure d’écrire d’ici peu. Tout est si laborieux. Même sortir du lit le matin. Alors je m’accroche à l’idée qu’il faut persévérer. 
Pourtant je diffère sans cesse la publication de certains posts déjà rédigés parce qu’ils me semblent inadéquats. Quoi qu’il en soit, tôt ou tard, il viendra bien le moment où je ne maîtriserai plus rien...
Là, présentement, au moment où je rédige ces quelques lignes, je voudrais juste en savoir un peu plus sur les mystères de la comète 3I/Atlas et sur les énigmes soulevées par les phénomènes qu'elle a manifestés depuis son apparition dans notre système solaire. J'ai lu quelques trucs troublants sur les réseaux à ce sujet, mais je n'ai pas assez de connaissances pour faire la part du vrai du faux et du plausible dans ce que je lis. J'espère que lorsque je serai devenu une abstraction, comme cette image, j'aurais accès aux réponses qui, au cours de  mon existence, n'ont jamais rencontré leurs questions. Allez, un petit peu de Bach pour se calmer

lundi 16 mars 2026

Entre deux attitudes détestées


Voilà,
"il me faut choisir entre deux attitudes détestées - ou bien le rêve que mon intelligence exècre, ou bien l'action, que ma sensibilité a en horreur ; ou l'action, pour laquelle je ne me sens pas né, ou le rêve, pour lequel personne n'est jamais né.
Il en résulte, comme je déteste l'un et l'autre, que je n'en choisis aucun, mais comme, dans certaines circonstances, il me faut bien ou rêver, ou agir, je mélange une chose avec l'autre."
Fernando Pessoa " Le livre de l'Intranquillité" 

dimanche 21 décembre 2025

Loup blanc


Voilà,
en passant hier rue de la Mare, j'ai vu ce nouveau mural peint par Louyz, dont j'aime beaucoup le travail d'ailleurs souvent mentionné dans ces pages. Son terrain de jeux est plutôt dans le treizième et surtout vers la butte aux cailles mais ce fut une heureuse surprise de la trouver du côté de Belleville. J'ai repensé à cette phrase de Pessoa "Fictions d’interlude, qui viennent couvrir, multicolores, le marasme et l’aigreur de notre intime incroyance" (Livre de l'Intranquillité 325).
Sinon je suis très content que l'on ait enfin atteint le solstice d'hiver. Désormais la tendance va s'inverser, les jours vont cesser de diminuer, les énergies vont nous porter vers l'éclosion. Dans le Yi-Jing, "le livre des mutations" le solstice correspond à l’hexagramme (, “Retour”). Il annonce le retour du Yang, fragile mais porteur de renouveau. Le solstice d’hiver nous enseigne que l’obscurité n’est jamais définitive : elle est le berceau du jour. "Selon Lao Tseu "Dans chaque hiver, il y a un printemps qui sommeille". C'est quand même le moment où il faut faire preuve d'un peu d'optimisme, se relier au cosmos et se rappeler que si on n'est que poussière c'est quand même de la poussière d'étoile ! En Médecine Traditionnelle Chinoise, c’est le moment de préserver son énergie, de se nourrir de chaleur intérieure et d’accueillir le cycle du renouveau. Allez hop ! On sourit.

jeudi 4 décembre 2025

Crépuscule

 
Voilà,
"À quoi bon contempler des crépuscules, puisque j’ai en moi des milliers de crépuscules différents – sans compter ceux qui n’en sont pas – puisque non seulement, je les compte en moi, mais encore, puisque je les suis en moi-même ?"  Fernando Pessoa in "Le livre de l'Intranquillité"

mardi 9 septembre 2025

Sans savoir si je dors

Voilà,
"Je ne dors pas. J'entre-existe.
Des vestiges flottent dans ma conscience. Je sens peser en moi le sommeil, sans que mon inconscience me pèse… Je ne suis pas. Le vent… Je m’éveille et je redors, et je n’ai pas encore dormi. Paysage de sonorité, aiguë et troubles, au-delà duquel je ne me connais pas. Je savoure, précautionneusement, la possibilité que je sois en train de dormir. En effet, je dors, mais sans savoir si je dors. Il y a toujours, dans ce que je crois être le sommeil, un son de fin de tout, de vent dans la nuit, et si j’écoute mieux, le bruit de mes poumons et de mon cœur."
Fernando Pessoa in Le Livre de l'Intranquillité -281 
shared with tuesday party

vendredi 29 août 2025

Comme une journée glacée

Voilà,
"Je vois clairement aujourd’hui que j’ai échoué, et je m’étonne seulement, parfois, de n’avoir pas prévu que j’allais justement échouer. Qui avait-il donc en moi qui annonçât une victoire ? Je n’avais ni la force aveugle des vainqueurs, ni la vue pénétrante des fous.… J’étais lucide et triste comme une journée glacée." Fernando Pessoa Le livre de l'intranquillité 319

vendredi 11 avril 2025

Autos tamponneuses

Voilà,
cette photo prise à Saint-Gengoux-le-National, Bourgogne en mai 2022 n'est certes pas d'une actualité brûlante, mais les manèges déserts dans les fêtes foraines de province dégagent une mélancolie teintée d’ennui. Cela me fait penser à cette réflexion de Pessoa : "L’ennui… C’est peut-être, au fond, l’insatisfaction de notre âme intime, à laquelle nous n’avons pas donné de croyance, l’affliction de l’enfant triste que nous sommes, intimement, et auquel nous n’avons pas acheté son jouet divin. […] Oui, l’ennui c’est cela : la perte, pour l’âme, de sa capacité à se mentir, le manque, pour la pensée, de cet escalier inexistant par où elle accède, fermement, à la vérité." 

jeudi 6 mars 2025

Un arbre

 
 
Voilà,
"je ne puis m'empêcher de considérer l'humanité comme l'une des toutes dernières écoles de peinture figurative de la Nature. Je ne distingue pas, fondamentalement, un homme d'un arbre ; et, sans aucun doute, ma préférence va à celui des deux qui produit le meilleur effet décoratif." Fernando Pessoa, ( Le Livre de l'Intranquillité. 161) 
shared with skywatch friday -

jeudi 13 février 2025

Comme une Suisse aplatie

 
Voilà,
"tout au fond le Tage est un lac d'azur, et les collines de la rive sud semblent celles d'une Suisse aplatie. Un petit navire (un cargo noir à vapeur) quitte le port, du côté de Poço do Bispo, et se dirige vers l'embouchure du fleuve, que je ne peux voir d'ici" Fernando Pessoa

vendredi 24 janvier 2025

Un jour de pluie à Belem


Voilà,
"Il pleut, mais voilà ce qui arrive quand il pleut : je me sens réconforté par la sensation d'être à l'abri de tout. Il pleut, et c'est comme si cette pluie tombait en moi, me nettoyait de quelque chose d'indéfinissable, une mélancolie sans raison que je porte en moi, comme si j'étais fait de cette matière légère qui tombe des cieux. Tout devient plus vrai, plus intime, comme si la pluie avait apporté, avec ses gouttes, un voile de vérité sur tout ce qui existe." (Fernando Pessoa, Le Livre de l'Intranquillité)

dimanche 22 décembre 2024

Tout fuit

 
 
Voilà
"Je ne pleure pas la perte de mon enfance ; je pleure parce que tout, y compris mon enfance, se perd. C'est la fuite abstraite du temps – et non la fuite concrète du temps qui m'appartient – qui me meurtrit, dans mon cerveau physique" Pessoa (L.I. 266)

mardi 17 décembre 2024

Dormir et dédormir

  

Voilà,
"de l'autre côté de moi, bien loin derrière l'endroit où je gis, le silence de la demeure touche à l'infini. J'écoute la chute du temps, goutte à goutte, et aucune des gouttes qui tombent n'est entendue dans sa chute. Je sens mon cœur physique oppressé physiquement par le souvenir, réduit à rien, de tout ce qui a été ou de tout ce que j'ai été. Je sens ma tête matériellement posée sur l'oreiller, qu'elle creuse d'un petit vallon. La peau de la taie d'oreiller établit avec ma peau le contact d'un corps dans la pénombre. Mon oreille interne, sur laquelle je repose, se grave mathématiquement contre mon cerveau. Mes paupières battent de fatigue, et mes cils produisent un son d'une faiblesse extrême, inaudible, sur la blancheur sensible de l'oreiller relevé. Je respire, tout en soupirant, et ma respiration est quelque chose qui se produit – elle n'est pas moi-même. Je souffre sans penser ni sentir. L'horloge de la maison, endroit fixe au cœur de l'infini, sonne la demie, sèche et nulle. Tout est si vaste, tout est si profond, tout est si noir et si froid. "Fernando Pessoa in Le livre de L'Intranquillité

vendredi 29 novembre 2024

Au bord de l'écoulement des choses


Voilà
"Je m'arrête parfois, subitement, entre la vie qui va et la vie qui vient ; je stagne au bord de l’écoulement des choses. Et la stupeur de tout s’écroule sur ma tête. A d'autres moments il semble que brusquement, l'univers joue mal son rôle et trahisse ainsi son étrangeté ; il semble soudain me parler d'une autre voix, me révéler, un bref instant, une autre nature. Comme un rideau soulevé par le vent, et qui, en un éclair, entre-dévoile une parcelle irrévélée de quelque chose d'inconnu, d’inattendu..." Fernando Pessoa "Le livre de l'intranquillité" 

mardi 26 novembre 2024

Quand tombe la nuit


 
Voilà,
"dans les ombres indécises d'une lumière qui va bientôt mourir, avant que la tombée du jour ne se change en nuit précoce, j'aime à errer sans penser parmi ce que devient la ville, et j'avance comme si tout était irréparable. Je savoure, avec mon imagination plus qu'avec mes sens, la tristesse diffuse qui me hante. Je marche au hasard, et feuillette en moi, sans le lire, un livre au texte intersemé d'images rapides, à partir desquelles je forme nonchalamment une idée qui n'aboutit jamais.
Certains lisent aussi rapidement qu'ils regardent, et terminent sans avoir tout vu. De même, je tire du livre qui se feuillette tout seul dans mon esprit une vague histoire inachevée, souvenir de quelque autre vagabond, morceaux de descriptions de crépuscules ou de clairs de lune avec des parcs au beau milieu et des allées où des silhouettes, vêtues de soie, passent et repassent.
J'indiscrimine à force d'ennui et d'or. Je marche tout à la fois dans la rue, dans la fin du jour et dans ma lecture faite en rêve, et ces divers chemins sont tous réellement parcourus. J'émigre et me repose - comme si j'étais à bord d'un navire déjà parvenu en haute mer.
D'un seul coup, les réverbères morts font coïncider leurs lumières subtiles des deux côtés de la longue rue qui dessine une courbe. Avec un choc, ma tristesse grandit encore. C'est que le livre est fini. Il reste seulement, dans la viscosité aérienne de la rue abstraite, un mince filet de sentiments, tout extérieur, comme un filet de bave du Destin stupide, qui tombe goutte à goutte sur ma conscience d'être.
Quelle vie différente que celle d'une ville où la nuit tombe. Quelle âme différente que celle d'un homme regardant tomber la nuit. Je marche, incertain et allégorique, être irréellement sensible. Je suis comme une histoire qu'on aurait racontée, et si bien racontée qu'elle aurait pris chair, mais sans bien pénétrer en ce monde-roman réduit à un début de chapitre : "A cette heure on pouvait voir un homme descendre lentement la rue de..."
Qu'ai-je à voir avec la vie ?
"
(Pessoa  Le Livre de l'Intranquillité 181) 

lundi 18 novembre 2024

Un regret du présent

 
Voilà,
"Il y a quelque chose de lointain en moi en ce moment. Je suis bien penché au balcon de la vie, mais pas vraiment de cette vie-ci. Je suis au-dessus d’elle, et la contemple de l’endroit d’où je regarde. […] Je suis tout entier un vague regret — ni du passé, ni de l’avenir : je suis un regret du présent, anonyme, prolixe et incompris".
Fernando Pessoa in Le Livre de L'intranquillité
shared with  art for fun friday -

Publications les plus consultėes cette année