lundi 14 août 2017

Choisir ou non la couleur


Voilà,
en ce moment j'ai tendance à publier des photos en noir et blanc. Autrefois, avec l'argentique, on pensait immédiatement à l'image que cela ferait, parce que l'on savait le type de pellicule dont on disposait ainsi que sa sensibilité. Aujourd'hui c'est beaucoup moins évident. Il m'arrive, au moment de la prise de vue d'imaginer, comme pour celle-ci, que je la tirerai en noir et blanc, mais ce n'est pas toujours le cas. Il peut advenir que la décision se fasse après. Eviter la couleur donne peut-être l'illusion de te tenir la réalité à distance, d'être plus ouvertement dans l'interprétation de celle-ci, même s'il est depuis longtemps admis — et aujourd'hui plus que jamais, avec tous les outils de transformation dont on dispose — qu'une photographie ne constitue en rien une preuve de véracité. Mais, pour ma part, couleur ou pas je ne m'embarrasse pas de la fidélité à la réalité. Il y a dans le noir et blanc — c'est une hypothèse — une empreinte peut-être plus mélancolique, liée sans doute à la grande fatigue qui m'accable depuis quelques semaines, sinon quelques mois. Disons que j'ai tendance à voir le monde en gris. Je suis contraint, pour gagner ma vie, à des boulots alimentaires qui la plupart du temps ne me satisfont pas. Je ne mets ni mon intelligence, ni ma sensibilité au service de quelque chose de digne et je crois que cela me contrarie de plus en plus. Mon existence me semble totalement absurde. Tout comme cette scène, et le monde dans lequel je vis et qui ne vaut pas mieux. C'est à cause de l'inquiétude  — celle que j'ai déjà évoquée — et de l'Intranquillité plus générale qui gouverne mon existence que je continue cette entreprise. Parfois le découragement me saisit.

8 commentaires:

  1. Suis allé voir une expo de William Klein la semaine dernière à Nice et le courage m'est revenu, même si je ne prétends en rien me hisser à sa hauteur. Les rencontres, surtout quand elles sont inattendues redonnent parfois du courage. Que la dérive se poursuive et viendra sûrement à un moment ou un autre un sursaut d'énergie !

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    1. Je suis allée voir l'expo William Klein à Bruxelles fin 2016 et j'ai adoré, j'ai aimé son regard sur les gens, les passants, la drôlerie de certaines prises de vue.J'ai aimé les noir et blanc et les couleurs

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  2. Black and white is more than the absence of color. It is a totally different art form. It is quite often more by being less. But--- your red fire hydrant is far more than it would be in monochrome.

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  3. i understand and feel the disquiet....

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  4. Il me semble que si vous avez envie de publier en noir et blanc, il faut le faire, le faire par plaisir même si vous êtes triste, et surtout si vous l'êtes. Il ne nous sera demandé aucun compte. Personnellement même dans le manque d'espoir pour soi et surtout pour un proche dans le désarroi je ne recherche qu'une chose: me faire plaisir dans ce "loisir" sans état d'âme, par plaisir uniquement quelle que soit la tendance, le sérieux ou le manque de ces choses.
    PS Ce n'est pas absurde de gagner sa vie sans l'enthousiasme qu'il serait agréable d'éprouver dans cette activité.

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  5. Ta photo, dont j'ai fait mon fond d'écran, évoque à la fois le paisible (mais assez inhabituelle cette lecture du journal devant les vagues), et l'intranquillité du ciel, de l'homme qui s'informe de, c'est presque toujours le cas, mauvaises nouvelles.
    Ces écarts de la vie dans lesquels il nous faudrait trouver des moments satisfaisants, il y en a toujours cher Kwarkito.

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    1. e suis très flatté pour le fond d'ecran. Mais oui tu as raison on essaie au milieu de toute cette inquiétante confusion d se ménager des moments de répits des petits bonheurs. La preuve je suis allé au bord de l'eau, tout de même, à défaut d'y vivre! Bonne intuition que tu as eue, d'aller vivre sur une île .

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