dimanche 14 août 2016

Le monde VUCA


Voilà,
parfois on lit de drôles de choses, des analogies étranges qui associent le monde de l'entreprise à celui d'un théâtre d'opérations sanglantes, la réalité manageriale à un chaos d'où le danger peut surgir à n'importe quel instant  "D’après le sociologue d’origine polonaise, Zygmunt Bauman, notre monde serait passé d’un état solide à un état liquide. Auparavant la terre, centre du cosmos clos, donnait un cadre stable à nos représentations. Aujourd’hui, l’infiniment petit, l’infiniment grand échappent à toute représentation, plongeant l’esprit humain dans les affres métaphysiques de chemins qui ne mènent nulle part. A un tout fini, bien ordonné, une hiérarchie de valeurs reconnue, succède un univers infini, que l’on découvre de plus en plus chaotique. A cette vision de la nature et de ses phénomènes correspond avec quelque décalage la transformation de la société. A une communauté majoritairement paysanne, ancrée dans son terroir d’origine et réglée selon le rythme des saisons, succède une agrégation d’individus soumis aux influences économiques erratiques. En bref, nous n’avons plus de vrai référentiel commun et les avancées technologiques nous offrent des instruments de plus en plus perfectionnés qui « fractalisent » nos représentations, ou, pour le moins, les éclatent."
 Une lecture de ce phénomène rencontre un certain succès dans les organisations ; elle est celle que proposent certains militaires (et ex-) de l’armée américaine : notre monde serait devenu VUCA, acronyme pour Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity. Les problèmes rencontrés en Afghanistan, en Irak, etc. seraient d’un type nouveau. Dans nos entreprises, cette description rencontre par analogie un certain écho : beaucoup d’organisations reconnaissent ce caractère volatile à l’exemple du côté éphémère de nombreux projets qui se succèdent sans être toujours aboutis. L’incertitude est présente là où les possibilités de planification réaliste n’excèdent guère trois mois – au-delà nous sommes dans le long terme! La complexité va de soi, avec l’infobésité dont nous sommes au quotidien les victimes plus ou moins consentantes, par le nombre de mails, d’alertes, de tweets, échangés. Quant à l’ambiguïté, elle se vit déjà au travers du manque de clarté dans les communications, manque de clarté lié soit à l’usage du sabir anglo-français bien éloigné de la précision anglaise, soit à une réflexion précipitée. Ce monde VUCA, complexe et en évolution permanente, exige des managers, de l’agilité, de l’intelligence collective, un investissement total. Si certains y voient une crise, c’est-à-dire un changement de paradigme, on peut y voir aussi le retour à un certain équilibre dans les relations humaines, et pourquoi pas une Renaissance.". J'ai lu ça il y a quelques mois c'était signé d'un certain Bertrand Caroy, saisi par ce que Roland Barthes appelait le démon de l'Analogie : "Toutes les explications scientifiques qui ont recours à l'analogie - et elles sont légions - participent du leurre, elles forment l'imaginaire de la Science". Double leurre, puisque le discours sur l'Entreprise se targue encore aujourd'hui de scientificité avec ce que l'on appelle encore de nos jours les sciences de l'information la communication. Quoiqu'il en soit, dans ce monde saturé d'images, de messages, d'informations, d'injonctions permanentes, de sollicitations, de connections, de mots de passe, d'identifiants, d'avatars divers et variés j'éprouve de plus en plus souvent l'impression de ressembler à cette silhouette dans l'image

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