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samedi 5 septembre 2026

Impression nuit tombante


Avenue de France, Paris 13
Voilà,
je ne parviens pas à me souvenir de la raison pour laquelle vers l'âge de quatorze quinze ans je me suis pris de passion pour les impressionnistes. Ça reste un mystère. Rien dans mon environnement familial ne pouvait me guider vers eux. J'ai grandi dans des casernes. Les militaires tiennent les artistes pour des parasites inutiles. Ils ont tendance à penser qu'un peu de plomb dans la tête ne leur ferait pas de mal. Mon géniteur adorait citer cette formule : "Quand j'entends le mot culture je sors mon révolver" qu'il faisait suivre d'un rire sonore exprimant la satisfaction d'énoncer sa propre bêtise. Je n'ai appris que bien plus tard d'où sortait cette maxime. Je crois que c'est le mot, juste le mot qui m'a entraîné vers cette peinture.  Ai-je lu quelque chose dans un journal ? Suis-je allé voir seul une exposition ? Ai-je découvert ces peintres à la galerie du Jeu de Paume où ils étaient alors rassemblés avant l'ouverture du Musée d'Orsay ? Je sais que j'ai acheté quelques numéros de cette revue intitulée "Connaissance des arts" dont le format fort malcommode pour le rangement offrait cependant de larges reproductions. J'aimais par dessus tout Sisley Monet et Pissarro. Oui peut être cela n'a-t-il tenu qu'à un mot. Ne manifestant aucune disposition pour la logique, je me méfiais de la pensée raisonnante. Je le regrette encore aujourd'hui. Je n'ai que des intuitions. Il fallait que je me construise contre ce qui me faisait défaut. Je n'avais à l'époque aucune aptitude pour le dessin, aucun pratique de la photo ni d'aucun art. Ce domaine me semblait interdit. Mais j'aimais cette façon qu'ils avaient de rendre compte de ce qu'ils voyaient, de restituer leur perception. Et puis leurs images témoignaient d'un monde qui renvoyait a ce dix-neuvième siècle de Rimbaud de Verlaine dans lequel mes rêveries m'exilaient parfois. J'avais tant de mal a me sentir de ce monde d'où sans doute je voulais m'absenter. Évidemment j'étais alors trop naïf et ignare pour réaliser qu'il y avait beaucoup de travail pour parvenir à cette technique. Je pense encore à eux parfois, à ce désir qu'ils ont eu de transformer le réel, de l'interpréter d'une façon radicale à l'époque où apparaissent précisément les premières plaques d'impressions photographiques. Et parfois dans certaines images, il m'arrive de leur adresser un salut discret. (première publication 12/11/2013)

vendredi 28 août 2026

Où je n'étais encore jamais venu





Vue sur la Salpêtrière depuis la terrasse de la Cité de la mode et du design

Voilà,
il y a eu ça aussi hier, cette longue flânerie et la découverte de nouveaux lieux, d'architectures récentes et de perspectives qui ne m'étaient encore jamais apparues dans le paysage parisien. Le hasard m'a conduit sur le toit-terrasse végétalisé de la cité de la mode et du design ouvert en avril 2012 et qui est un des endroits branchés de Paris, avec un bar lounge et un club ouvert toute la nuit. Il faisait soleil et j'ai vu ce couple allongé face au dôme de la chapelle de l'hôpital de la Salpêtrière. Sans doute ai-je alors pris cette photo en songeant à S. qui m'a récemment rapporté bien des anecdotes relatives à l'histoire de cet endroit où depuis le milieu du XVIIème siècles furent incarcérés les mendiants les folles les enfants épileptiques et les femmes que l'on considérait comme démentes juste parce qu'on voulait s'en débarrasser. A la fin du XIXème siècle Charcot y pratiquait des séances publiques d'hypnose sur des patientes hystériques. C'est aussi à la Salpêtrière que tous les ans à la mi-carême se donnait le fameux bal des folles qui attirait le Tout-Paris de la Belle-Époque. première publication 1/11/2013 à 1:28

jeudi 11 juin 2026

Liste des découvertes hasardeuses (4)



Voilà,
j'ai découvert il y a peu que selon certains  physiciens le temps serait une illusion et que le passé, le présent et le futur coexisteraient. Certains modèles, suggèrent que l'univers dans son ensemble serait immobile et que ce que nous appelons évolution ne serait qu'un effet d'intrication entre systèmes, donnant naissance à une impression de mouvement. Chaque instant de temps correspondrait à un univers distinct. Passer du présent au futur reviendrait simplement à se déplacer d'un univers à l'autre dans cet ensemble infini. Ce glissement ramène à l'expérience du fameux chat de Schrödinger, simultanément vivant et mort par effet d'intrication. Être dans un univers où le chat est vivant ou dans celui où il est mort serait équivalent à exister dans deux instants différents du temps. Albert Einstein paraît-il partageait cette vision apaisée du temps. Dans une lettre adressée à la femme de son ami Michele Besso, après la mort de ce dernier, il écrivait: "Pour ceux qui croient en la physique, la distinction entre passé, présent et futur n'est qu'une illusion, aussi tenace soit-elle." Pourquoi pas,  se consoler ainsi à l'approche de la mort. Dans un univers intemporel, tout coexiste dans un vaste ensemble de possibles sans que rien vraiment ne disparaisse.
 
j'ai découvert il y a peu — plus exactement on me l'a rapporté — qu'une équipe de recherche vient de mettre en évidence le fait que ce sont exactement les mêmes neurones cérébraux qui s’activent lorsqu’on regarde un objet et lorsqu’on imagine ce même objet. Autrement dit, penser à un objet réactive les neurones qui avaient été stimulés la première fois qu’on l’a vu. Ce phénomène “donne aux images mentales une base biologique plus solide et permet d’expliquer pourquoi les souvenirs, l’art et les visions intrusives semblent parfois si réels

J’ai découvert il y a peu que cette ponctuation (qui tient de plus en plus souvent lieu de parenthèse) celle des longs tirets – et dont je me suis entiché, je l’avoue, il y a quelques années –  encadrant une proposition insérée dans un longue phrase, s’appelle "les tirets cadratins". Son usage fréquent laisserait supposer — paraît-il — que le texte serait écrit au moyen de l’IA. Je trouve que "les tirets cadratins" pourraient constituer un excellent titre pour une nouvelle, ou pour désigner un nom de square d’une ville imaginaire.

J’ai découvert il y a peu, que Jean Jaurès a écrit une thèse de philosophie intitulée  "La réalité du monde sensible". Je ne savais pas qu’il était entré à Normale Sup devant Bergson et avait fini troisième à l’agrégation derrière lui. Les érudits considèrent que son œuvre philosophique à la fois théologique et métaphysique est de toute première importance à l’égal de celle de Spinoza et Leibniz. S'y manifeste une haute vision de l’homme inséparable de la nature et du divin. On réduit souvent son œuvre pourtant déjà considérable à son action et ses écrits politiques. L’édition de ses écrits représente à l’heure actuelle dix-sept forts volumes, lui qui mourut jeune à cinquante sept ans, assassiné, ne l'oublions pas, par un nationaliste fanatisé à la veille de la guerre de 1914. Bien que sa culpabilité ne fît aucun doute, lui-même ayant avoué son acte, il fut acquitté en 1919, dans un contexte de ferveur nationaliste. Exilé en Espagne, des anarchistes l'assassinèrent durant la guerre civile. Tant mieux. Pour ce qui est de Jaurès il est trop tard pour que je me penche avec attention sur cette œuvre.

J’ai découvert il y a peu que si l’on surnomme Pipelet et Pipelette, sans méchanceté d'ailleurs, les gardiens d'immeubles, c’est parce que le concierge du roman d’Eugène Sue Les Mystères de Paris s'appelait Monsieur Pipelet et que ce nom est passé à la postérité"

J’ai découvert il y a peu  grâce à une mise en garde jeudi 23 avril de l’Organisation panaméricaine de la santé (PAHO) que les cas de rougeole enregistrés sur le continent américain sont en nette hausse depuis 2025. Et cela principalement dans les pays d’Amérique du Nord, qui avaient jadis éliminé cette maladie hautement contagieuse et mortelle.

J'ai découvert il y a peu que Danny Elfmann, le génial compositeur, entre autres, des musiques des films de Tim Burton, et du générique des Simpsons avait, en 1971, fait partie du Grand Magic Circus de Jérôme Savary où il jouait du violon 

J'ai découvert il y a peu que du 31 mai au 1 Juin 1921 s'est déroulé un grand massacre racial dans le quartier de Greenwood à Tulsa, en Oklahoma — un quartier commercial et résidentiel afro-américain prospère surnommé « Black Wall Street » en raison de la concentration d'entreprises, de cabinets professionnels, d'hôtels et d'institutions culturelles détenus par des Noirs. Les violences ont éclaté après qu’un jeune homme noir nommé Dick Rowland a été accusé d’avoir agressé une femme blanche nommée Sarah Page dans un immeuble du centre-ville — une accusation dont les détails étaient ambigus et que Page elle-même a refusé de porter devant les tribunaux. Une confrontation au palais de justice entre des résidents noirs armés défendant Rowland contre une foule menaçant de le lyncher et des civils blancs a dégénéré en une attaque généralisée contre le quartier de Greenwood par une foule blanche, à laquelle se sont ensuite joints des civils blancs investis de pouvoirs par les autorités municipales.L'attaque s'est poursuivie toute la nuit et jusqu'au lendemain matin, lorsque des avions — dont il a été établi par la suite qu'ils appartenaient à la Garde nationale de l'Oklahoma et à des propriétaires privés — ont survolé le quartier de Greenwood dans des circonstances dont le rôle précis dans les violences a fait l'objet de débats parmi les historiens, certaines preuves suggérant qu'ils avaient été utilisés pour tirer sur le quartier ou y larguer des engins incendiaires. Environ 35 pâtés de maisons du quartier de Greenwood ont été réduits en cendres. On estime à 1 256 le nombre de maisons détruites et entre 8 000 et 10 000 le nombre de résidents noirs laissés sans abri. L'enquête officielle qui a suivi a fait état de 36 morts. Les témoignages des survivants et les récits journalistiques de l'époque décrivent des corps transportés hors de la ville et jetés dans des fosses communes ou dans la rivière Arkansas. Une commission d'État créée en 1997 a conclu que le nombre réel de morts se situait probablement entre 100 et 300. Le massacre a été exclu des programmes scolaires et des récits historiques officiels de l'Oklahoma pendant des décennies. Le rapport final de la commission d'État a été publié en 2001, quatre-vingts ans après les faits.

J'ai découvert il y a peu, pas tout à fait par hasard, puisque j'écoute régulièrement l'émission de Laurent Valéro et Thierry Jousse, "Retour de plage", le musicien Bud Shank, que je ne connaissais pas du tout. J'ai appris que c'est lui qui joue le solo de flûte dans "California dreaming". Et en furetant un peu j'ai aussi découvert ce duo avec Bob Cooper au hautbois

j'ai découvert il y a peu  que les 65 plus grandes banques françaises ont investi 906 milliards de dollars (783 milliards d’euros) s dans les énergies fossiles en 2025. Ce calcul est effectué chaque année par huit ONG, dont Reclaim Finance en France, et publié dans le rapport Banking on climate chaos, publié ce 9 juin. Cela correspond à une hausse de 8 % par rapport à 2024, et ça m'a bien déprimé

j'aurais préféré conclure sur une note un peu plus optimiste. Pourtant le ciel est encore bleu et c'est le printemps.   

samedi 16 mai 2026

En passant par la rue Crémieux

 
Voilà,
située dans le 12ᵉ arrondissement, à proximité de la gare de Lyon, la Rue Crémieux est considérée comme l’une des rues les plus pittoresques et insolites de Paris. Longue d’environ 144 mètres et totalement pavée elle contraste totalement avec l’architecture haussmannienne classique de la capitale. Ses façades colorées, ses volets pastel et son ambiance de “village” en font aujourd’hui un lieu très apprécié des photographes et des visiteurs. Entièrement piétonne depuis 1993 elle est bordée de petites maisons mitoyennes de deux étages aux couleurs vives : rose, bleu ciel, vert d’eau, jaune pâle ou lavande. Certaines façades sont décorées de fresques ou de trompe-l’œil, ce qui renforce son charme atypique. L’atmosphère y demeure calme et résidentielle malgré sa grande popularité touristique. 
Créée en 1865 par le promoteur et homme d’affaires Moïse Polydore Millaud, elle portait initialement le nom d’Avenue Millaud. Construite sur le modèle des cités ouvrières du dix-neuvième siècle elle  proposait des logements modestes mais confortables. Les 35 pavillons construits avaient tous une architecture similaire et comprenaient plusieurs pièces réparties sur trois niveaux. En 1897, l’avenue devint rue Crémieux en hommage à l'avocat et homme politique français célèbre notamment par le décret de 1870 portant son nom qui accorda la nationalité française aux Juifs d’Algérie. La rue a également été marquée par la grande crue de la Seine de 1910. Visible au numéro 8 une plaque rappelle que l’eau est montée jusqu’à 1,75 mètre à cet endroit. Depuis les années 2010, extrêmement populaire grâce à Instagram et aux réseaux sociaux, cette ancienne rue discrète est devenue l’un des lieux photographiques les plus connus de Paris. 
J'y suis passé par hasard, en me rendant à pied de la place de la Bastille à la Cinémathèque et par chance il n'y avait pas grand monde. J'en ai profité pour photographier cette entrée avec ses oiseaux peints et aussi ces fausses fenêtres.
 
 
Cela contraste avec la toile monumentale — et malheureusement avec son gigantesque et très laid panneau publicitaire — qui recouvre la façade de la gare de Lyon.
 
 
 
Sur le parvis, en hommage aux chinois qui furent déportés de leur pays — pour la plupart de la province du Shandong — entre Août 1916 et Février 1918 pour contribuer à l'effort de guerre au côté des armées françaises et britanniques, se dresse une statue représentant l'un d'entre eux.  40 000 furent placé sous l'autorité française à l'arrière du front ou dans des usines. 3000 choisirent de rester en France et constituèrent la première communauté chinoise qui s'installa non loin de la gare, rue de Chalon. Le père de l'ami Roger Wen aujourd'hui disparu, fit partie de cette première vague d'immigration.

vendredi 27 février 2026

Attendre


Voilà,
le philosophe Nicolas Grimaldi est mort ce mois-ci. Il avait écrit quelque part "L’attente est constitutive de la conscience. Or toute attente porte en elle le sens de ce qui ne laisserait plus rien à attendre : l’infini, l’éternité, la perfection, la plénitude". La conscience, se révélant comme la pure attente de l’intuition à venir, il entrevoyait cependant le piège qu'elle peut se faire à elle-même : "vivre dans l’illusion que ce qui est important n’est pas encore commencé". et il ajoutait "quoi qu’un homme ait poursuivi et quoi qu’il ait attendu, rien ne le contente, puisque infinis sont les possibles ouverts à son attente. Alors de deux choses l’une : on n’attend plus rien de la vie, ce qui est une façon de la faire mourir, ou bien on en "attend tout", ce qui exige la médiation de l’imaginaire." 
Pour ma part, je ne sais plus trop où j'en suis de cette question. Mais sur les quais de métro, je laisse vagabonder la pensée qui va comme l'écrivait Montaigne "à sauts et à gambades". C'est ma façon à moi de tromper l'attente. 

mercredi 8 octobre 2025

Jardin Atlantique

 

Voilà,
certains visages croisés au cours de mon existence, auxquels je n’ai su répondre par un mot, un regard, une attention plus prolongée, je me demande, avec une sorte de remords déjà posthume, s’ils n’exprimaient pas quelque secrète sollicitation à laquelle ma timidité ou ma distraction m’auraient empêché de répondre. Ils sont là dans ma mémoire comme une dette qui n’a pas été honorée.
Ainsi, je me trouve partagé entre ce que j’ai vécu et cette autre vie, en suspens, qui m’accompagne comme une ombre sournoise. Elle n’a ni événements ni contours précis, mais parfois, au détour d’un souvenir, elle surgit devant moi avec une surprenante clarté. L'occasion qu'on n'a pas saisie un soir d’été, une conversation interrompue trop tôt, la proposition à laquelle on n'a pas jugé bon de répondre — autant de moments simples dont la suite m’a échappé, mais qui ont durablement inscrit leur empreinte dans ma mémoire.
J'ai entendu dire que les regrets les plus persistants ne viennent pas de ce que nous avons perdu, mais de ce que nous n’avons pas osé tenter. C'est possible. Ce qui a existé s’use, finit par se fondre dans l’habitude ou dans l’oubli ; mais ce qui n’a pas eu lieu reste intact, comme un possible figé, d’autant plus vif que la réalité ne l’a pas entamé. Une pensée cependant apaise les regrets. Sans ces détours, ma route eût été différente. Mais le hasard de mes atermoiements a tracé un chemin plus énigmatique que mes décisions. Il m’a guidé jusqu’à l’apparition de ma fille. La présence au monde et dans ma vie de cet être si lumineux justifie tout ce que je n’ai pas accompli.
C'est à ces divagations que je m'abandonnais ce jour là en cet étrange jardin où je l'ai si souvent promenée lorsqu'elle était petite.

lundi 8 septembre 2025

Cabane


Voilà,
en passant il y a peu, dans cette rue voisine, j'ai remarqué, à l'abri dans un recoin, au pied d'un arbre, cette improbable cabane que je n'avais jamais aperçue auparavant. Cet astucieux dispositif de planches, de treillages, recouvert d'une bâche bleue, avait sûrement été assemblé au cours de l'été, quand les vacances vident le quartier de la plupart des habitants. 
Un bref instant je n'ai pu m’empêcher d’y voir une sorte d’idéal perdu. Je me suis pris à admirer cette construction. Je me suis rappelé ces après-midi d’enfance, quand je griffonnais des plans de cabanes imaginaires sur le coin de mes cahiers d’écolier — toujours trop ambitieux pour mes misérables compétences en la matière et le peu d’outils dont je disposais —. Le vieux marteau rouillé dont mon géniteur m'avait fait cadeau, les quelques clous qui se tordaient à peine enfoncés. Tout ce que j'étais, avec ce maigre outillage, parvenu à bâtir avait été un assemblage tremblant, un misérable tipi de branchages et de planches disposés contre un vieux mur de pierres disjointes. À peine cela tenait-il.  
Alors devant cette construction de fortune, ingénieuse et presque élégante, la honte m'a saisi. L'ombre d'une enfance jalouse s'est mêlée à la conscience vaguement coupable de l'adulte. J’aurais aimé en avoir une semblable, pour m’y cacher, enfant, loin des tensions du foyer familial et de la stupide discipline militaire à laquelle je devais me plier. C'était tellement mesquin d'envier ce qu'un autre, dans le dénuement, avait été en mesure de réaliser.  J'en étais donc toujours à rêver d'un refuge qui m'aurait offert, enfant, la possibilité de disparaître du monde. Comme si j'avais encore besoin d'un abri contre les grandes personnes. Comme si je n'avais jamais grandi.
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samedi 9 août 2025

À nous deux Paris

 
Voilà
"L'avantage de l'époque est que tout est dit. Partout dans le monde la quête du pouvoir redevient ce qu'elle a toujours été. Une mêlée sanglante et l'idée même d'une limite à la logique de la force est désormais inconcevable. Nous sommes face à une apocalypse au sens premier du terme. non pas fin du monde, mais sa révélation. Tout est explicite et, sur la scène, des masques de comédie jouent un texte de tragédie. Détourner le regard du spectacle est presque impossible. Mais à regarder la réalité en face on risque d'être aveuglés par l'éclat d'images de plus en plus violentes qui se réfractent d'un écran à l'autre. Se confronter à la réalité aujourd'hui, c'est tomber dans un état de transe. Devenir la proie d'une hypnose qui est la méthode du nouveau pouvoir pour installer son empire. Face à l'hypnose, la littérature est un interrupteur. Le grain de sable qui empêche la machine d'accomplir son œuvre. Depuis toujours les écrivains traversent la catastrophe future pour que nous n'ayons pas à le faire. La disparité des forces en présence est grande mais le véritable enjeu est de ne pas se laisser intimider par les éclairs et les coups de tonnerre des nouveaux enchanteurs. A l'heure  des prédateurs , tout est fait pour nous convaincre que le retour de la force est inéluctable. Et pourtant, à chaque fois, la lecture d'un livre ouvre la voie à la possibilité d'un avenir différent. Ce qui nous arrive en fin de compte, ce n'est pas l'inévitable mais l'imprévisible. Annoncer l'avenir est toujours un acte de pouvoir, mais imaginer des futurs alternatifs demeurera toujours un acte de liberté
 
 
C'est étrange de découvrir ce texte de Giulano da Empoli, dans le Paris désert, insouciant et frivole du mois d'Août. La capitale est en congé de la plupart de ses habitants. Tout est sur pause, comme chaque année à la même époque. On dirait que le monde extérieur n'existe pas, qu'il n'y a pas de Gaza, d'Ukraine, de fascisme croissant aux USA, de mesures antisociales prévues à la rentrée, que les incendies dus à la sécheresse, les catastrophes climatiques ne sont que des épiphénomènes. Des choses ignobles se trament un peu partout dans le monde. Rarement la paix n'a paru aussi fragile. Certains ne se rendent pas compte. D'autres essaient  de ne pas y penser. C'est peut-être ça l'image de notre avant-guerre. Les bains de soleil qu'on prend à Paris-Plage, les déjeuners qui durent à la cafétéria du musée Carnavalet. La fraîcheur trouvée dans les salles climatisées des cinémas.

Sinon il y a un an la tour Montparnasse ressemblait à cela. Les Jeux Olympiques distrayaient le monde  et toute la France était amoureuse de Léon Marchand, la nouvelle idole de la natation française. Il continue d'ailleurs de forger sa légende puisque il a été sacré la semaine dernière double champion du monde en 200m et 400m quatre nages et a battu un record du monde. Avec ma fille qui avait réservé des billets quelques mois auparavant nous avions assisté à un match de foot au Parc des Princes entre le Japon et le Brésil, et aussi passé une après-midi à regarder des séries de Rugby à sept féminin au Stade de France. Par je ne sais quel tour de passe-passe, les pauvres avaient été éloignés de la capitale, et la ville était propre et joyeuse. Je marchais beaucoup dans les rues, rassuré par le bulletin de santé de ma fille mais, jusqu'au 9 Août, vaguement inquiet aussi, dans, l'attente d'un diagnostic me concernant qui s'avéra finalement favorable.
 

Je me souviens que ce matin là, après avoir levé les yeux vers la tour, j'ai acheté, dans cette petite boutique située sur un tronçon de l'avenue du Maine assez peu fréquenté, une boisson fraîche artisanale servie par une charmante jeune femme.  
Notre président tout con, malgré la désastreuse séquence politique qu'il avait initié, passait son temps à papouiller les champions qu'il félicitait ou consolait. Et si nous avions échappé à une majorité d'extrême-droite au parlement, le pays était privé de coalition apte à gouverner. Les perdants expédiaient donc les affaires courante durant la trêve olympique. 
À l'époque on n'osait imaginer que le crétin orange redeviendrait président dans sa nation. C'est fou de constater à quel point, en si peu de temps, l'Histoire s'est accélérée, et qu'aujourd'hui le monde entier est entré dans une ère irrationnelle et incontrôlable que peu d'experts en géopolitique étaient alors en mesure de prévoir.
Toutes ces réflexions sont un peu décousues, j'en conviens. Si je suis en ce moment bel et bien à Paris, mes neurones, eux, semblent partis en vacances je ne sais où. J'ai du mal à trouver un sens aux rares activiés que j'entreprends. Je ne sais comment me débrouiller de ma vie. J'ai l'impression que je me délite moi aussi. Je suis juste content d'être encore capable d'écrire des phrases. Même si, depuis longtemps je ne suis plus en mesure de, malgré tout, porter un regard poétique sur le monde. J'aimerais bien pourtant.

dimanche 15 juin 2025

L'Ange géographe

 

Voilà,
donnant sur le square Taras Tcheventchko (figure notoire de l'histoire ukrainienne) le mur nu de la Société de géographie a été agrémenté d'une treillage coloré de Jean-Charles de Castelbajac intitulée l'Ange géographe. Il succède au "passeur de frontière" un collage de JR réalisé pour le bicentenaire de cette société, qui conformément au souhait de l'artiste a fondu après quelques bourrasques de pluie. Comme le fait remarquer Jean-Robert Pitte, président de la Société de Géographie, les anges eux, sont "insensibles aux intempéries. Grâce à leurs ailes déployées, ils parcourent l'univers en tous sens. Celui-ci rencontre la planète terre et la saisit comme pour l'embrasser. Il exprime pleinement l'exaltant projet qui est le nôtre : admirer les merveilles déployées à la surface terrestre, comprendre ses habitants et les aider à améliorer le cadre de leur vie." Je n'ai malheureusement pas retrouvé la photo des deux cariatides qui encadrent l'entrée de la société de géographie. 
Évidemment, cette part de merveilleux, contraste avec la dure réalité et la folie qui embrase le monde depuis quelques temps. Il est à souhaiter sues les anges soient toujours capables d’éviter bombes et missiles. Puissent-ils aussi nous en préserver.

jeudi 12 juin 2025

Mais il y a tant de choses que j'ignore


 
Voilà,
J’ai appris il y a peu que le continent australien avançait de 7cm vers le nord tous les ans en raison des mouvement de la tectonique des plaques

j'ai appris il y a peu que Schopenhauer pensait que si l’univers devait disparaître seule la musique subsisterait

J’ai appris il y a peu à quel point l’I.A révolutionne la science des matériaux en suggérant des alliages inédits et innovants et prédire les qualités et caractéristiques de ces assemblages avant même qu’ils ne soient produits

J'ai appris il y a peu, l'expression et le concept de "fenêtre d'Overton", allégorie  qui désigne l'ensemble des idées, opinions ou pratiques considérées comme plus ou moins acceptables par l'opinion publique d'une société donnée. 

J’ai appris il y a peu, que nombre de ciels impressionnistes sont liés à l’explosion du krakatoa en 1883 

J'ai découvert il y a peu dans un entretien avec Michel Sadelain, dont les recherches ont permis de développer une nouvelle forme de thérapie, appelée CAR-T, très efficace contre certains cancers du sang cette citation du philosophe Friedrich Engels (oui oui le pote de Karl Marx), "le savoir est la réduction progressive de l'erreur"’

J'ai appris il y a peu que les archives de Schönberg avaient brûlé lors des incendies de Los Angeles ainsi qu’un célèbre tableau de Francis Bacon qui se trouvait dans la propriété de l’acteur Anthony Hopkins

J'ai appris il y a peu qu'un transfert génétique entre un champignon et une plante serait à l’origine des écosystèmes terrestres il y a un demi milliard d’années. C’est très énigmatique mais très poétique

J'ai appris il y a peu que tous les ans, le 21 janvier, certains républicains organisent un repas où l'on sert de la tête de veau à la sauce gribiche. Cette tradition tombée en désuétude vise à célébrer la décapitation de Louis XVI en 1793 sur la place de la révolution. 

J'ai appris il y a peu de la bouche d'une connaissance qu'un de ses confrères psychanalyste avait donné à chacun de ses enfants des prénoms palindromes. Bien qu'elle le connaisse depuis longtemps, cela continue de la révolter y décelant là une forme de perversité.

J'ai appris il y a peu que des scientifiques coréens ont mis au point des "panneaux solaires invisibles" qui peuvent être intégrés aux fenêtres - ce qui leur permet de produire de l'électricité sans bloquer la lumière ! Cette innovation qui change la donne signifie que les maisons, les bureaux et même les gratte-ciel pourraient un jour devenir leurs propres sources d'énergie propre - sans compromettre le design ou la visibilité. Imaginez un bâtiment entier alimenté par ses propres fenêtres

 

J'ai appris il y a peu l'existence de cette double anagramme à la fois en chiffre et en anglais : twelve + one = eleven + two et aussi  12 +1 = 11+2. Cela ne me sert strictement à rien de savoir ça, mais cela m'intrigue tout de même.


J'ai appris il y a peu La quantité de terres brûlées au cours de cette saison des feux de forêt au Canada a dépassé la moyenne annuelle des terres brûlées, même si l'on tient compte des deux dernières grandes saisons des feux.

 

J'ai appris il y a peu que la bactérie "pseudomonas aeruginosa", particulièrement redoutée à l'hopital, car elle s'attaque aux patients dont le système immunitaire est dégradé, suscite néanmoins un intérêt car elle est capable de dégrader les plastiques pour s'en nourrir  et mieux persister sur les surfaces qu'elles colonise


J'ai appris il y a peu que des composés anticoronavirus ont été découverts dans l'argousier un arbuste épineux assez fréquents dans nos régions. D'ailleurs à ce sujet quelqu'un m'a rappelé qu'en France 180 000 deuils ont été liés au covid, et que rien n'a été fait pour commémorer toutes ces morts, qui furent la plupart du temps solitaires, du fait des mesures de confinement, qu'aucune célébration nationale n'a été faite pour célébrer l'effort de solidarité nationale de la population qui a accepté toutes ces contraintes pour le bien public, et que la fin de la pandémie n'a jamais été officiellement déclarée

 

J'ai appris il y a peu qu'une Intelligence artificielle vient de découvrir une nouvelle loi de la physique sans qu'on lui ait dit ce qu'est la physique. On a construit un réseau neuronal et on l'a nourri de séquences vidéos brutes de pendules oscillants, de balles roulantes et d' objets rebondissants. L'IA n'a reçu aucune équation. Pas de Newton, pas d'Einstein, pas de contexte. Cependant, après avoir analysé des modèles pendant des heures, elle a produit ce que les chercheurs appellent des "nouvelles coordonnées de compréhension", c'est-à-dire des variables totalement originales.


J'ai appris il y a peu qu'aux USA, tous les nouveaux employés fédéraux doivent désormais rédiger des rapports faisant l'éloge de Trump, et doivent s'engager à faire avancer ses objectifs. Je ne sais pas si c'est vrai mais c'est tout à fait vraisemblable


J'ai appris il y a peu que le port de l'Arsenal que l'on voit sur cette photo qui relie le canal Saint-Martin à la Seine, entre le quai de la Rapée et la place de la Bastille était autrefois un port de marchandises et qu'il n'est devenu un port de plaisance que depuis 1983. 

 

J'ai appris il y a peu, mais toutefois en même temps que bien des gens que Sly le chanteur de Sly et family Stone, et Brian Wilson viennent de mourir. J'ai réalisé combien cela avait été doux d'avoir eux dix ans, en vivant au bord de l'océan, et que cette chanson illumine le monde de sa radieuse beauté. Je ne peux à présent m'empêcher de penser au saisissant contraste entre le titre de cette chanson qui fut longtemps un hymne californien, et ce qui se passe aujourd'hui dans cet État.

 

mais il y a cependant tant de choses que j'ignore. 
Je remercie toutefois la nature  de me permettre encore d'être curieux

vendredi 6 juin 2025

Recharge rapide


Voilà,
cette photo d'une station service avec sa borne de recharge pour véhicules électriques prise un soir, Boulevard Victor alors que je me rendais chez les amis Christine et Lionel, je ne peux m'empêcher de la mettre en relation avec une récente déclaration de Eric Schmidt Nous avons besoin d'énergie sous toutes ses formes, renouvelable et non renouvelable peu importe. Ça doit être là et rapidement. Moi et d'autres investissons dans des choses comme la fusion qui sont incroyables mais on n'y arrivera pas assez tôt pour répondre à nos besoins. Les gens planifient déjà des datacentres de 10 gigawatts. Pour donner un ordre d'idée, une centrale nucléaire moyenne aux États-Unis est de 1 GW. Combien de centrales nucléaires pouvons-nous fabriquer en un an pendant que nous planifiions ces datacentres de 10 gigawatts ? Cela donne une idée de l'ampleur de cette crise. Beaucoup de gens pensent que la demande d'énergie qu'exige notre industrie passera de 3 % À 99 % de la production totale. L'une des estimations que je pense la plus probable est que les datacentres nécessiteront 29 gigawatts supplémentaires d'ici 2027 et 67 gigawatts de plus d'ici 2030. Cela vous donne une idée de l'échelle dont nous parlons. Cette industrialisation se réalise à une échelle que je n'ai jamais vue de ma vie".

jeudi 8 mai 2025

Tourisme à Belleville (1)

Voilà,
il était entendu avec ma fille que je lui laisserais mon appartement début mai pour qu'elle accueille des amies qu'elles avait connues lors de son séjour Erasmus à Barcelone en 2023 et avec lesquelles elle est restée liée.  Mon partenaire de jeu de la pièce "cendres sur les mains" qui profitait du pont du premier mai pour partir en excursion avec sa douce, m'a proposé son logis pour cette période. 
J'ai donc, pendant quatre jours, fait le touriste du côté de Belleville, qui n'est pas un quartier où je viens souvent. C'était formidable. J'en ai profité pour me balader, — parfois tôt le matin — dans les alentours sous une chaleur estivale (un peu inquiétante pour la saison). Mes pas m'ont ainsi mené sur la butte Bergeyre, dont on aperçoit les vignes en premier plan et d'où l'on peut distinguer au loin la butte Montmartre. C'est un îlot résidentiel difficilement accessible habité par des célébrités, des artistes pour la plupart.


Je montrerai d'autres photos de ce bref séjour à l'autre bout de Paris. Belleville est un quartier très attachant avec une grande diversité de populations et de milieux sociaux. Bien sûr, les multiples rénovations urbaines de ces cinquante dernières années l'ont beaucoup transformé, mais il garde toutefois un cachet très particulier et n'a en rien perdu de son âme.

mardi 25 février 2025

Il m'arrive parfois


 
Voilà, 
il m'arrive parfois, d'imaginer une ponctuation différente à certains livres que je lis et dont je trouve les phrases trop longues ou trop alambiquées.
 
il m'arrive parfois de ne pas avoir envie de sortir de chez moi pendant plusieurs jours d'affilée et de traîner longtemps au lit le matin

il m'arrive parfois d'avoir envie d'en finir avec ce blog

Il m’arrive parfois d’aimer certains paysages urbains après la pluie

il m'arrive parfois de m’endormir la radio allumée et de ne me réveiller au milieu de la nuit à cause d'un rêve induit par ce que j'ai entendu

il m'arrive parfois d'être sidéré par les reflets que j'aperçois dans le bus par exemple et je voudrais alors n'être plus qu'une vitre
 
il m'arrive parfois de penser que la mort c'est remonter le cours de sa vie dans un univers parallèle et retourner vers l'insouciance et la béatitude. Et qu'ainsi, comprenant au fur et à mesure le processus, on en vient à se réjouir encore plus des moments revécus

il m'arrive parfois d'imaginer des scenarii absolument apocalyptiques concernant l'état de nos sociétés, je voudrais m'en empêcher mais suis incapable d'y parvenir. Ce n'est même pas une activité consciente
 
il m'arrive parfois et même très souvent de vouloir être un petit personnage dans un paysage peint par Poussin, Le Lorrain ou quelque peintre védutiste italien

il m'arrive parfois d'être pris d'un grand découragement devant la nécessité des tâches domestiques
 
il m'arrive parfois, lorsque dans certains cinémas il faut acheter son billet puis ensuite remonter la files d'attente à l'extérieur  — comme c'est le cas au Champo et la la filmothèque du quartier latin — de dévisager mes futurs compagnons de salle. Le jour où je suis allé voir "les quatre nuits d'un rêveur" de Robert Bresson, j'ai trouvé que la plupart des gens faisant la queue étaient vraiment très moches.

il m'arrive parfois d'être pris de panique et de désespoir devant le spectacle du monde
 
il m'arrive parfois de me décourager et de penser que je ne parviendrais jamais à faire pousser un avocat (depuis le temps que j'essaie)

il m'arrive parfois d'envisager d'établir une liste des films que j'ai vus et dans lesquels il y a des scènes de rêve
 
il m'arrive parfois de consulter le blog d'un certain homme politique français, un imprécateur aux vociférations grotesques, dont la prose rappelle celles des apparatchiks staliniens au temps de la guerre froide. Selon ses propres standards on pourrait le qualifier de "hyène folle"

il m'arrive parfois de songer que des choses familières, qui ont toujours suscité ma curiosité, demeureront vraisemblablement inconnues jusqu'à la fin de mes jours, comme par exemple, l'intérieur de ces dômes et clochetons caractérisant tant d'immeubles haussmanniens.
 
il m'arrive parfois de penser que la troisième symphonie de Brahms c'est toujours un truc bouleversant 

Il m’arrive parfois de supposer qu’un jour peut-être j’irai chez le coiffeur sans me douter que ce sera la dernière fois

Il m’arrive parfois de me demander si je suis désormais capable d’écrire autre chose que des listes et des énumérations ce qui constitue encore une façon de s’exprimer même quand on n’a plus grand chose à dire
 
il m'arrive parfois de me demander si de nos jours, les medias ne font pas tout pour que l'on s'accommode peu à peu de l'injustice sans vraiment le réaliser

il m'arrive parfois d'espérer malgré tout

dimanche 23 février 2025

Immeuble d'angle

 
Voilà
le surprenant immeuble de la rue Boulard, à l'angle du 11 rue Froidevaux, fut commandé par M. Emile Gérondeau à l’architecte Léon Boucher (père de l'aviatrice Hélène Boucher), et sa demande de permis de construire fut publiée le 13 février 1911. C’est grâce à cette publication que l’auteur de l’édifice nous est connu, puisqu’il n’a pas trouvé nécessaire de le signer.
A cette époque déjà tardive, l’Art Nouveau commençait à vouloir se muer en un style à la fois plus sévère, plus anguleux, mais sans pour autant renoncer à une certaine sophistication décorative.
Cet immeuble très intéressant, propose un art assagi, mais "avec une réelle volonté d’originalité. Il se distingue par ses multiples ouvertures et balcons, et par la présence des motifs colorés, en mosaïques de grès aux motifs déjà très stylisés".

 
Des bandeaux arrondis se prolongent sur les façades pour former des gardes corps, et maintenir la rotonde d'angle. Des incrustations de pierre émaillées représentant des guirlandes de fleurs, décorent la façade en pierre de taille. On peut remarquer, s'évidant vers le haut, une rotonde d'angle à fenêtres géminées, avec des bow-windows, des balcons traités en lignes courbes. Rue Boulard, une porte d'entrée est ornée de sgraffites et de ferronnerie stylisés, aux motifs floraux. (source  Jean-Pierre Dalbéra wikipedia)

 
Prolongeant ma promenade, j'ai aperçu, Boulevard Raspail, à l'entrée d'une école d'art privée, ces fresques dans le hall d'accueil qui ont sûrement été réalisés par des étudiants. Mais les gardiens n'ont pas voulu que je rentre.

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