lundi 20 juillet 2026

Vivre du rêve

 

Voilà,
"Vivre du rêve et pour le rêve, en démontant l’univers et en le recomposant, discrètement, selon le flux et le reflux, des instants où nous rêvons. Faire cela, tout en étant bien conscient, parfaitement conscient, de la totale inutilité de cette activité.
 

Ignorer la vie avec tout son corps, se couper de la réalité avec tous ses sens, Renoncer à l’amour, avec toute son âme. Emplir de sable vain, les vases que nous portons à la fontaine, les vider, puis les remplir à nouveau, le tout avec la plus extrême futilité.
Tisser des guirlandes pour, sitôt, achevées, les défaire entièrement, minutieusement.
Prendre nos couleurs et les mélanger sur la palette, sans avoir devant nous, la moindre toile à peindre."  Fernando Pessoa, Livre de l'Intranquillité, 41 

dimanche 19 juillet 2026

Si l'on se fie aux apparences

 
Voilà,
au pied de la passerelle Simone de Beauvoir, en bord de Seine, sur le Quai de la Gare, j'ai aperçu il y a quelque temps ce mural représentant la paix avec des colombes. Images, ce ne sont que des images.

Oui, il est bien paisible ce paysage urbain, si l'on se fie aux apparences. Les gens devisent paisiblement au bord du fleuve, le ciel est bleu, l'ombre est revenue. Il fait bon flâner ou entretenir son corps.
 

Sur l'autre rive, on a même aménagé une piscine, car le fleuve a été nettoyé ces dernières années, si bien que depuis les jeux Olympiques on peut de nouveau se baigner dans la Seine, comme au cours des années cinquante.  
Profitons des choses qui nous sont données. C'est vers la fin qu'on s'aperçoit que la vie est courte et bien plus précaire qu'il n'y paraît.

vendredi 17 juillet 2026

Au fond d'une vieille boîte

       
 
Voilà
retrouvées, en faisant le ménage, des petites maquettes que j'avais fabriquées, autrefois, avec des figurines, des bouts d'objets, des fils de fer, dans des boîtiers polaroïds, et que j'avais complètement oubliées... la bonne surprise de la journée... première publication 26/08/2010 à 18:56

jeudi 16 juillet 2026

Station balnéaire


Voilà,
c'était la dernière matinée de mon séjour, je m'apprêtais à quitter cette station balnéaire que je venais de découvrir avec ravissement et où je m'étais si bien reposé. Je regardais les maisons en songeant que cela devait être formidable d'appartenir à une de ces familles raisonnablement riche, catholique sûrement, où l'on se transmet du patrimoine de génération en génération. Bien sûr, pour l'avoir souvent entendu, je sais qu'une maison c'est coûteux à entretenir. Mais les pauvres ne se posent pas ce genre de question. Ils ne savent que bader et envier les bourgeois. Pour ma part je nourris à l'égard de ces derniers un mélange de fascination et de détestation, sans doute parce que je suis persuadé  que j'aurais été assez sournois pour profiter du confort et de l'éducation bourgeoise sans tomber dans le panneau de la subordination. J'ai tout de même eu affaire à pire dans mes jeunes années. Bref, j'étais sur la plage quasiment déserte et, un garçonnet, sans doute pour une mauvaise action (comme on dit au catéchisme) qu'il avait commise un peu plus tôt, tentait de s'excuser auprès d'une fillette en train de creuser un trou dans la plage. "Casse toi sale merdeux, dégage, je ne veux plus te voir" lui répondait celle qui semblait avoir sensiblement son âge. Était-ce une camarade de jeu, sa sœur ou une cousine ? Quoiqu'il en soit la violence de sa réaction sur la plage vide ("Ne t'approche pas, fous le camp petit con, je t'emmerde") contrastait avec le bon ton que j'avais pu constater les jours précédents, parmi ces familles catholiques qui fleuraient la France des rentes viagères, de la gestion dite "de bon père de famille", et des banlieues cossues de l'ouest parisien. En me baignant j'avais même pu entendre, quelques jours auparavant cette savoureuse réplique d'une élégante et embijoutée quinquagénaire vêtue d'un maillot de bain deux pièces (ce qui me rendra la religion catholique toujours moins détestable que les autres) expliquant à une autre femme, "la semaine prochaine c'est la béatification de Mère Theresa, et c'est très important pour nous car notre paroisse possède des reliques de Mère Theresa" première publication 12/10/2016 à 10:30

mercredi 15 juillet 2026

Juste ça quand même



Voilà,
juste ça 
pas de mots pas d'idée rien
pensée vide 
juste ça 
pas d'envie 
mais quand même 
images quand même couleurs quand même
juste ça
première publication 3/09/2013 8:49

mardi 14 juillet 2026

Regarder passer le défilé

 

Voilà,
ce quatorze juillet 1983 je m'étais tout de même bien régalé. J'avais fait une pellicule entière. J'aimais bien le principe de la série. J'en ai beaucoup publié des photos de ce jour-là sur ce blog. Celle-ci n'était pas encore apparue. J'aime beaucoup la tronche du type avec son programme à la main. Ce qui me réjouissait c'était les différents axes de regards. Ceux qui voient venir, ceux qui voient ce qui est passé, les suspicieux qui se méfient du photographe mais qui ne quitteraient leur place pour rien au monde de peur de la perdre. C'est fou tout de même cette fascination des gens pour les défilés militaires.
Si tu tapes, chère lectrice cher lecteur, sur la rubrique "spectateurs", eh bien oui, tu retrouveras parmi d'autres, toutes les photos de cette mémorable matinée. Et si tu cliques sur ce lien tu verras comme j'étais joli garçon (mais je ne le savais pas à l'époque et cela n'a qu'un relatif intérêt aujourd'hui). Je venais de passer un mois en Algérie, sur les traces de mon enfance, j'avais un peu d'argent devant moi, j'étais aimé, je savais que bientôt je partirais en Provence pour finir l'été, l'âge que j'ai aujourd'hui me paraissait une échéance improbable. Bref j'étais jeune, pas forcément insouciant, mais quand même assez souvent désinvolte. Aujourd'hui le monde brûle, et malgré les faits, l'on ne parvient pas tout à fait à se rendre à cette idée. La langue japonaise possède un mot pour exprimer ce que je ressens : yaruzenai : comprendre tout ce qui ne va pas, mais ne pas pouvoir faire grand-chose pour améliorer la situation, et garder ce sentiment à l’intérieur de soi. Enfin plus vraiment puisque je viens de l’écrire sur cette page.

dimanche 12 juillet 2026

Scène de genre

 
 
Voilà,
à Chomérac petit bourg de l'Ardèche, j'ai, au soir, d'une journée intense en émotions, pris un verre sur une petite place de village très sympathique, où s'agitaient des joueurs de pétanque. Non loin se trouvait cette fresque réalisée par le collectif "haut les murs" donnant à voir une fort bucolique scène de genre sous une arcade inexistante.
 

Ce paysage idyllique de fiction, j'aurais voulu m'y trouver et y prendre ma part. J'aurais aimé m'agiter parmi ces enfants absorbés dans leur partie, tout à la joie de l'instant présent.


Au lieu de quoi, je me tenais en terrasse, dans la réalité d'une soirée chaude, vaguement méditatif, m'attardant au spectacle de ces boulistes très concernés par leur affaire. J'étais encore bouleversé par ces échanges avec les détenus d'une maison d'arrêt où j'étais venu jouer le matin même, en particulier par le récit d'un kurde d'une trentaine d'années qui dans un français parfait avait déroulé son histoire dont l'implacable enchaînement des faits avait la funeste dimension d'une tragédie antique. 
Je ne sais pas si j'en parlerai un jour. Il faudrait trouver le temps, les mots justes, le courage et la force. L'actuelle canicule absorbe toute mon énergie. 

samedi 11 juillet 2026

Substituer l'intelligence à l'énergie

 
 
Voilà,
"Substituer l’intelligence à l’énergie, rompre le lien entre la volonté et l’émotion, en ôtant tout intérêt aux actes de la vie matérielle, voilà ce qui, une fois obtenu vaut plus que la vie même, car il est bien difficile de la posséder entièrement, et si triste de ne la posséder que partiellement". Pessoa (Le Livre de l'Intranquillité §124)
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vendredi 10 juillet 2026

Accès interdit


Voilà,
je crois que ce genre de fontaine existe à des centaines voire des milliers d'exemplaire dans le monde, il me semble en avoir vue une semblable mise en ligne par Gracie sur son blog qui atteste qu'il existe presque la même à l'autre bout du monde, et une autre aussi chez Rob. Je rêve de quelque chose comme ça pour la chaude journée qui s'annonce. 
 À part ça on m'a encore dit que je ressemblais à Pierre Desproges. J'espérais tout de même être moins laid que ça. Je peux bien sûr me consoler en me disant que c'est toujours mieux que de ressembler à Le Pen. Peut-être faudrait-il que je fasse un check-up un de ces jours, tout de même. première publication 11/7/2013 à 9:16

mercredi 8 juillet 2026

Cette beauté-là


Voilà,
Il y a le ciel, bien sûr. Et c’est cela qui importe. Cette beauté-là que nous offre notre fragile planète en même temps que le don précieux d’être vivant. Une fraction de seconde les tracas s’effacent. On s’abandonne à la contemplation.
Dommage que l’espèce humaine, si laide si vicieuse, ne soit à la mesure de tant de splendeur et qu’elle s’acharne avec une telle obstination à détruire, au nom du profit, du pouvoir des puissants sur les faibles, ce qui la maintient en vie.
Mais il est probable que cela ne représente, à l’échelle des temps géologiques qu’une infime péripétie. La vie s’épanouira autrement, sans nous, et c’est tout aussi bien ainsi.

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