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mardi 7 octobre 2025

Notre-Dame-du-Rugby


 
Voilà,
le , de retour vers Dax après un match amical à Bordeaux contre le Club Athlétique Béglais, Raymond Albaladejo (frère de Guy qui fut aussi un grand joueur, et par la suite commentateur au côté de Roger Couderc), Jean Othats et Émile Carrère, trois joueurs de l'US Dax trouvent la mort aux environs de Lesperon dans un accident de la route dû à un accrochage avec un camion. En mémoire de ces disparitions, l'abbé Michel Devert transforme un bâtiment du patrimoine ecclésiastique en la Chapelle Notre-Dame-du-Rugby (située sur la commune de Larrivière-Saint-Savin (Landes) entre Mont-de-Marsan et Aire-sur-l'Adour. 
 
  
La chapelle était à l'origine un ancien oratoire romain, l'édifice devint la sacristie de l'ancienne église paroissiale de Larrivière Saint-Savin, qui fut démolie vers le milieu du XIXe siècle. Ce qui en restait fut alors transformé en chapelle après des travaux de défrichement entrepris en 1960 pour devenir ce qu'elle est actuellement. En , le secrétariat d'État à la jeunesse et aux sports autorise Notre-Dame du rugby, et en décembre, la Fédération française de rugby à XV donne un avis favorable. La réfection de la toiture se fait la même année, et la réfection de l'intérieur en 1966. Robert Bézac, évêque de Dax, inaugure la chapelle en Des travaux postérieurs à l'inauguration sont entrepris par phases successives : en 1969, Pierre Lisse, capitaine du Stade montois réalise la statue de Notre-Dame du rugby. La construction du clocher date de 1971, et les carillons sont installés en 1974. Le vitrail représentant la vierge au joueur est dessiné par Patrick Géminel, militaire et grand Prix de Rome. L'intérieur est rénové par Joseph Bernardet. Les pavés viennent des rues de Grenade-sur-l'Adour et de Mont-de-Marsan. La pierre d'autel vient des abbés Barrère, de Grenade-Larrivière. Le marbre de l'autel est celui de l'ancienne chapelle, les carreaux sous l'autel proviennent d'un château. (sources wikipedia)
 
 
J'y suis passé il y a longtemps durant l'été 2008. C'est un endroit singulier qui fleure bon le terroir du Sud-Ouest. Il témoigne aussi de la ferveur et de l'engouement que  ce jeu suscite dans la région, et aussi du respect et parfois même de la vénération à l'égard de ceux qui le pratiquent. Alors que je venais de l'est de la France, la découverte dans la cour de l'école de Biscarrosse-plage de mes nouveaux camarades de classe en train de former une mêlée et de jouer avec ce ballon étrange, reste un des moments parmi les plus saisissants les plus émouvants et les plus persistants de mon enfance

dimanche 29 octobre 2023

Mélanges et considérations éparses


Voilà,
une de mes histoires juives préférées qui résonne de façon étrange ces derniers temps.
"des journalistes partent faire un reportage à Jérusalem. Ils filment un peu partout et arrivent au Mur des Lamentations. Après avoir interrogé les gens alentour, ils se dirigent vers un vieil homme qui a prié longuement...
 - Bonsoir Monsieur, vous venez souvent prier au Mur des Lamentations ?
 - Oui Messieurs, je viens ici tous les soirs depuis plus de 40 ans.
- Et pour quoi priez-vous ?
- Je prie pour tout : pour la fin de la guerre dans le monde, pour que la famine cesse, pour endiguer les maladies, la misère, la malnutrition...
- Vous priez vraiment pour tout cela ?
- Et bien plus encore... je prie pour la préservation de la planète, je prie pour ma famille, je prie pour mes amis, je prie pour l'humanité, je prie pour qu'on trouve une solution aux problèmes humains, à la pollution, aux maladies...
- Et qu'est-ce que cette prière vous apporte ?
- Peu de choses... j'ai l'impression de parler à un mur !"
 
 
A Paris, à l'église Notre-Dame des Victoires, les murs sont tapissés d'ex-voto en remerciement des prières exaucées.
shared with  monday murals -
 
*
 

 
Sinon,  la coupe du monde de rugby s'est terminée. Aucune de mes équipes préférées n'a gagné. Hier en passant du côté de la rue Princesse, j'ai pris cette photo. Au moins au rugby les supporters se respectent. Ils boivent des coups ensemble avant et après les matches. Ils se photographient. Je repense aussi à ce tableau peint en 1912 par Eugène Pascau que j'ai photographié au musée des arts décoratifs représentant Fernand Forgues, capitaine de l'aviron bayonnais.
 

 C’était à la mi-septembre, j'étais un autre homme. Mes soucis étaient d'une nature différente et me semblent bien dérisoires à l'heure qu'il est.
 
*
 
J'avais et j'ai encore de nombreuses publications rédigées à l'avance pour ce blog. J'avais programmé celle-ci pour un de ces jours prochains, qui commençait par un rêve qui m'avait traversé il y a longtemps, sans doute à l'époque du confinement. 



"Après m'être couché à minuit, anxieux à cause des symptômes de rhinite ou de pharyngite que j'ai ressentis, je me réveille deux heures plus tard parce qu'un gros crétin avec une grande gueule, se fout de deux types que je lui aurais recommandés. Ils se font passer pour mes frères, enfin c'est comme ça qu'il me les présente. Il paraît qu'ils commettent, en mêlée fermée des fautes de débutants, chacun à son poste de pilier. En voilà une affaire ! Qu'est ce que j'y peux moi si ces deux guignols poussent de traviole et n'assurent pas leurs appuis. Je ne sais pas d'où ils sortent. Je ne les connais même pas. D'ailleurs leur gabarit peut difficilement faire illusion, et en plus ils ont l'air sacrément cons, et deux trois questions me confirment qu'ils ne sont pas plus rugbymen que je ne suis épidémiologiste et c'est sans doute ça qui me réveille". 
Du coup ça m'a rappelé à ces deux là, bien dépités et pas très frais, mais bien sympathiques cependant, que j'avais croisés en Octobre 2011 rue Princesse au matin, peu après la défaite des français lors la finale de la coupe du monde de Rugby contre les All Blacks. Ils avaient absolument tenu à ce que je les photographie.  
Il existe une théorie dite des six degrés de séparation (aussi appelée théorie des six poignées de main)  établie par le Hongrois Frigyes Karinthy en 1929 qui postule que toute personne sur le globe peut être reliée à n'importe quelle autre, au travers d'une chaîne de relations individuelles comprenant au plus six maillons. Avec le développement des technologies de l’information et de la communication, le degré de séparation a été mesuré de 4,74 sur le réseau social Facebook en 2011, 3,5 degrés en 2016, et à 6,6 sur l’échange de plusieurs milliards de messages instantanés étudiés en 2008 par Eric Horvitz et Jure Leskovec, chercheurs chez Microsoft, en analysant des discussions de Windows Live Messenger.
Donc si quelqu'un parmi mes lecteurs reconnaît un de ces deux lascars, je peux lui faire parvenir cette photo, s'il me joint par l'intermédiaire du formulaire de contact.
 
*
 
Différentes temporalités s'enchevêtrent. Il faudrait qu'à nouveau je fabrique des images qui rendent compte de cela. Mais je ne sais plus de quoi je suis encore capable. Tout me semble obscur.
 

 
L’essayiste américain, John Koenig dans son "Dictionary of obscure sorrows" a inventé de nombreux mots parmi lesquels "Occhiolisme" qui signifie  "Être conscient de la faiblesse de sa propre perspective dans ce vaste monde".
 
(Paris, Mai 2007)




 
Le terme "Sonder" mérite aussi d’attirer l’attention. Il permet en effet d’exprimer cette impression métaphysique désagréable que l’on éprouve lorsque l’on comprend que "chaque personne que l’on croise vit une vie aussi pleine et complexe que la nôtre". Le sonder est un sentiment qui nous submerge : il exprime le fait d’admettre qu’il est impossible de se mettre complètement à la place de l’autre. Et aussi que personne ne peut se mettre à notre place.
 

mercredi 30 décembre 2020

Dans des limbes brumeux


 
Voilà, 
cela pourrait être n'importe quel bord de plage, mais c'est celui-là, celui d'un matin froid, en un temps qui semble lointain, bien qu'il ne le soit pas tant que ça. Le confinement a creusé une sorte de fossé temporel dans notre perception de la durée. Ce qui est advenu il y a plus d'un an, semble s'être perdu dans des limbes brumeux et confus. C'est comme un coma, qui nous a coupé du monde, renvoyé à une intériorité et à une solitude polluée par la peur et l'incertitude. Toutefois, durant cette période, sur les réseaux, il y aura eu tout un lacis d'informations contradictoires, et les divers spectacles de la bêtise médiatique, de l'arrogance de quelques mandarins et de leur soif de reconnaissance, de l'infantilisation humiliante et méprisante des pouvoirs publics à l'égard des citoyens, du mensonge et des omissions des politiques tentant de dissimuler leur imprévoyance et leurs erreurs, des atermoiements des uns, des imprécations des autres... 
Pendant les trois quarts de cette année un vague chagrin se sera tenu en coulisse, jamais très loin d'une scène déserte et lugubrement éclairée où l'on aura tout de même tenté de faire bonne figure. On aura fait des promenades de santé plus ou moins clandestines, on se sera accordé des attestations provisoires de déplacements. On aura passé des soirées à comparer des courbes sans y trouver la moindre logique ni quelque éclaircissement. On aura beaucoup mais vainement espéré, différant souvent nos souhaits d'hypothétiques lendemains enchantés. On aura cru quelques semaines au monde d'après, avant de comprendre qu'on y était déjà, et vraisemblablement englué dedans pour un long moment. On aura aussi plus souvent que de coutume traîné au lit et converti notre paresse en un geste barrière vertueux. Pour ma part jamais autant que ces derniers mois, je n'aurais entendu la septième de Beethoven. C'était son année. 
Sinon, ayant eu, la chance d'être préservé de la maladie, j'aurais tout de même eu la joie de suivre les matches du tournoi de rugby des provinces néo-zélandaises et envié ces visages heureux d'enfants jubilant dans des stades pleins en compagnie de leurs parents. Et à ceux pour qui cela peut paraître comme de la futilité, de la frivolité, je l'assure, c'était bon à prendre, cette rémission, car même si cela manquait de danseuses, souvent de belles chorégraphies furent improvisées avec l'espiègle ballon ovale.

mardi 24 novembre 2020

Christophe Dominici

 
Voilà,
aujourd'hui Christophe Dominici a mis fin à ses jours. C'était un joueur de rugby, talentueux, un marqueur d'essais, un feu follet rapide élégant, lumineux sur le pré et toujours aimable et souriant dans ses interviews. C'était un être fragile aussi, qui au sommet de sa carrière, avait traversé une longue dépression. Il a enchanté certains de mes weekends tant il était beau à voir jouer. Son style, sa classe irradiaient sur le terrain. Ses fulgurances donnaient à ce jeu cette dimension d'imprévisibilité qui en fait tout le charme. Il a réalisé bien des miracles dans le XV de France. Il fut un des artisans de cette incroyable victoire contre les All Blacks durant la coupe du monde de 1999. Dans les jours sombres que ce pays traverse (crise du Covid, marasme économique, restriction des libertés, atteinte aux droits de l'Homme, état policier qui s'installe doucement) cette détresse et cette solitude qui l'ont mené au suicide accroissent ma tristesse en même temps qu'elles ravivent les souvenirs d'un temps où la vie était plus légère, et les joies simples, partagées.

mardi 21 août 2018

C'est le monde qui sent la merde ou c'est juste dans mon nez ?


Voilà,
pour se distraire on se prend en photos dans des environnements numériques où l'on se plaît à rêver parmi des images de synthèses peuplées de tournesols de papillons, de fleurs multicolores, et de cascades irréelles. Cela fait de belles images. Mais dans le vrai monde, le réel fracasse. Et les journaux s'alarment, même en Août. C'est qu'il est de plus en plus difficile de dissimuler les faits. 
Températures caniculaires en Europe pendant l'Eté 2018, Feux de forêts gigantesques en Suède, mais aussi en Grèce et en Californie. Dans le Kerala des inondations monstres (évidemment vous aurez peut-être droit à une pub sur une crème dépilatoire avant de voir l'information, parce que le monde est absurde), température anormalement élevée de la mer, dans le nord mais aussi en méditerranée non seulement en surface mais en profondeur. Tout à coup on se préoccupe de cela dans les journaux. On fait des prévisions. Certaines parfois même très catastrophistes.
Pourtant tout cela était prévisible depuis des années, des esprits éclairés avaient donné l'alerte concernant les rapports entre l'économie et la pollution par exemple. Quoiqu'il en soit les scénarios optimistes du futur prévus il y a une dizaine d'années semblent déjà obsolètes et absurdes. Aujourd'hui on a des visions plus sombres.
Et puis, symptomatique, le dramatique écroulement du pont de Gênes, alerte les pouvoirs publics sur la vétusté de nos infrastructures. Tout à coup on ne parle plus que de ça dans les journaux (qui évitent cependant d'évoquer l'état lamentable des installations nucléaires qui elles aussi sont en béton). La grande presse commence à  établir un lien entre capitalisme et dégradation environnementale et fait semblant de découvrir que le capitalisme génère de la catastrophe et s'en nourrit. Mais on ne le dit pas encore trop fort
D'ailleurs au passage une chose amusante et paradoxale : un des livres phares, dans mes cours de sciences économiques s'appelait "Les cinq étapes de la croissance économique" de W.W Rostow. Cinquante ans après j'ai vu qu'un récent ouvrage s'intitulait les Cinq stades de l'Effondrement.
Et puis sinon pour finir un truc trouvé sur le net.


Mais bon, tout n'est pas si noir. Ou plus exactement le noir peut-être source de contemplation esthétique et de joie pure devant la grâce de l'instant et l'étincelle de l'inspiration. Ce qui fait le charme du rugby, c'est qu'avant d'être un sport il est essentiellement un jeu. Regarder jouer les All Blacks constitue pour moi une véritable source d'émotion et d'éphémère réconfort. Samedi dernier Australiens et néozélandais ont offert un magnifique spectacle. J'espère que le match retour samedi prochain sera du même niveau.




linked with weekend reflections

jeudi 1 février 2018

Une Rencontre inattendue

Voilà,
j'avais déjà fait un truc comme ça au début des années 80, mais là franchement presque cinquante après, c'était vraiment une idée complètement absurde sinon stupide d'aller au Kremlin-Bicêtre pour voir l'immeuble où ma famille avait emménagé lorsque nous sommes arrivés à Paris. Nous  y avions vécu un an avant d'aller habiter à l'école Polytechnique. Qu'est ce que j'espérais donc y retrouver ? Des sensations d'autrefois ? Une illumination ? À part le vieil hospice de Bicêtre et le fort militaire bien entendu inaccessibles, rien  aujourd'hui ne ressemble à ce qui fut alors. Le collège a changé de nom et d'architecture. Tous les immeubles construits dans les années soixante ont été restaurés transformés ravalés. J'ai donc fait le tour du fort, c'était mon meilleur repère pour m'orienter, en quelque sorte marché dans les pas d'autrefois. Et puis en redescendant j'ai remarqué un bâtiment. Un demi cylindre en tôle comme posé horizontalement ; ça m'a dans un premier temps vaguement évoqué quelque chose (mais il n'était pas rouge autrefois) et puis oui bien sûr j'ai reconnu le putain de gymnase où je me suis cassé l'humérus gauche en mars 1970 en ratant ma réception aux anneaux. J'ai vécu des moments abominables dans cet endroit. Arrivé des Landes où on ne pratiquait que des sports de plein air athlétisme foot et surtout rugby, le choc fut rude lorsqu'il se fut agi de m'exercer aux agrès et aussi au handball qui me paraissait aussi brutal que ses règles confuses. C'est donc cela que je me remémorais en longeant le bâtiment lorsque je vis comment on l'avait baptisé. J'entrai aussitôt à l'intérieur pour en savoir un peu plus, et aussitôt la porte poussée je je suis tombé sur cette photo. En effet c'était bien lui. Le bâtiment portait son nom. Donc son prénom c'était Jacques. Jacques Ducasse.

En mémoire de jacques Ducasse

Un type du sud-ouest avec de rudes manières de caporal bien détestables. D'ailleurs durant tout le premier trimestre il m'avait pris pour une brèle. Vers la fin de l'hiver, au second trimestre quand il a commencé à faire plus doux on est allé dans un stade pour jouer au Rugby. Évidemment là j'étais dans mon élément. A la fin du premier match il a commencé à s'intéresser à moi. Au milieu de tous ces parisiens je n'avais pas de mal à paraître un cador du rugby après avoir passé quatre ans dans les Landes. J'étais véloce, je n'avais pas peur d'aller au contact même des gros que je savais plaquer très bas, je possédais une bonne vision du jeu (j'avais souvent joué demi de mêlée), j'étais capable de claquer des drops, et quand je lui ai dit au Ducasse que je venais du sud-ouest, il s'est aussitôt montré beaucoup plus aimable avec moi. Malheureusement, il n'a pas vraiment eu le temps d'apprécier toutes mes qualités, puisque quelques jours plus tard, j'ai eu cet accident, et bye bye le rugby avec Ducasse. J'ai passé des vacances de Pâques pourries, dans un plâtre qui m'enserrait tout le tronc et dans lequel j'ai beaucoup transpiré parce qu'il faisait chaud, ça me grattait abominablement, j'essayais de me soulager avec des aiguilles à tricoter, et pour le troisième trimestre j'ai été dispensé de gym. Et puis après on est allé à Paris, et Ducasse a continué sa vie au kremlin-Bicêtre. Il devait être l'empereur de ce gymnase. Pour un sportif menant une vie saine, il n'a pas vécu si vieux.

vendredi 8 décembre 2017

J'aime / Je n'aime pas (4)


Voilà,
j'aime les journées ensoleillées d'hiver quand il fait froid et sec
je n'aime pas devoir me réveiller tôt contre mon gré
j'aime déambuler mollement parmi des œuvres d'art contemporain
je n'aime pas nettoyer le dessus des meubles de cuisines ni derrière le réfrigérateur
j'aime marcher dans les amoncellements de feuilles mortes en traînant des pieds
je n'aime pas ce que Trump et les Evangélistes américains font au monde ni le tour que prennent les événements
j'aime la voix sensuelle de Chrissie Hynde
je n'aime pas l'heure d'hiver
j'aime les paysages merveilleux que les rêves peuvent parfois vous offrir
je n'aime pas cette panique d'attentat qui me saisit parfois dans les transports en commun
j'aime encore à mon âge les calendriers de l'avent 
je n'aime pas les gens qui toussent dans les espaces publics sans mettre leur main devant la bouche
j'aime aller regarder des matches de rugby au pub écossais de la rue François Miron
je n'aime pas les homme assis  les jambes écartées dans les espaces publics
j'aime quand la foule du stade de Murrayfield, juste après les cornemuses reprend a capella "Flowers of Scotland"
(linked with the weekend in black and white)

mercredi 1 novembre 2017

J'aime / je n'aime pas (3)


Voilà,
J'aime cette femme à son balcon
je n'aime pas préparer ma valise pour un voyage ni le jour qui précède le départ
j'aime une belle envolée de trois-quarts dans un beau match de Rugby
je n'aime pas les titres d'articles à la con du nouvel obs comme "Helsinki destination parfaite pour un weekend festif et healthy"
j'aime le concerto en sol majeur de Maurice Ravel (surtout l'adagio)
je n'aime pas cette façon de plus en plus répandue d'achever une conversation téléphonique par le mot "bisou"
j'aime écosser les haricots verts en bonne compagnie
je n'aime pas les blockbusters américains
j'aime me promener à Paris et dans sa proche banlieue durant les quinze premiers jours d'Août
je n'aime pas la prétention et la bêtise des commentateurs de football qui refont le match après qu'il se soit terminé
j'aime le parfum de la violette
je n'aime pas les expression "culture d'entreprise", ni "c'est notre ADN", ni "changer de logiciel" pour changer de comportement
j'aime regarder pousser mon lierre au printemps
je n'aime pas Halloween ni qu'à la radio on me souhaite bonne journée en m'annonçant aussitôt un nouvel attentat

dimanche 1 octobre 2017

La Passe aveugle de Beauden Barrett


Voilà,
cette année je me serais souvent réveillé tôt le samedi matin pour regarder en streaming sur mon ordinateur des matches de rugby opposant des équipes de l'hémisphère sud, surtout des formations néo-zélandaises. Depuis la mi-août ce sont les équipes nationales qui s'affrontent : les All Blacks néozélandais, les Springboks d'Afrique du Sud, les Wallabies australiens, et les Pumas argentins. Les All Blacks manifestent dans ce jeu une maîtrise et une inventivité telles qu'ils le rendent non seulement spectaculaire mais qu'ils y ajoutent une dimension esthétique qui s'apparente à la chorégraphie, cet art de se mouvoir à plusieurs avec harmonie. Leur style est si accompli que, lorsqu'ils jouent, la question n'est, en général, pas de savoir s'ils vont gagner, mais quelle forme va prendre leur victoire. Bien sûr, et c'est heureux comme cela, il arrive parfois qu'ils perdent une partie car face à eux leurs adversaires sont contraints de se surpasser et de trouver des solutions pour les faire déjouer. La défaite des All Blacks constitue alors un événement, une rupture dans l'ordre de la logique. D'ailleurs, sans doute faut-il remonter loin dans le temps pour constater deux défaites consécutives de cette formation que nombre de nations ne sont d'ailleurs jamais parvenues à vaincre depuis que le rugby existe. 



Et puis, parfois des gestes surprennent, des fulgurances éblouissent par leur caractère imprévisible. Ainsi, cette passe aveugle au cours du match contre l'Afrique du Sud, il y a quinze jours, illustre parfaitement cette réflexion de Jankélévitch, quand il écrit : " la manière de donner vaut mieux que les dons, et la façon de faire est infiniment plus que la chose faite". Toute la philosophie du jeu en Nouvelle-Zélande où le rugby est un fait culturel, au même titre que le bel canto, autrefois en Italie, où tout le monde filles et garçons confondus, est éduqué à cette pratique dès le plus jeune âge,  repose sur la passe, sur la façon de se transmettre la balle, de créer en quelque sorte du lien entre les uns et les autres en dépit de l'adversité. Cette séquence par exemple montre que l'on peut ainsi se trouver sans se voir et que le don n'est pas juste de l'altruisme mais aussi du plaisir dans la reconnaissance de l'autre. Beauden Barrett alors qu'il pourrait, grâce à sa pointe de vitesse marquer tout seul, rend à son coéquipier Nehe Milner-Skuder la balle que ce dernier, quelques secondes auparavant, a interceptée à quatre-vingts mètres de là. Dans la grâce de cet instant, par cette offrande il lui rend ce qui lui revient : la possibilité d'achever ce qu'il a initié.

vendredi 21 juillet 2017

J'aime / Je n'aime pas


Voilà,
j'aime et j'envie souvent l'insouciance apparente des touristes que je vois à Paris
je n'aime pas les robots téléphoniques qui vous laissent des appels en absence ou des SMS
j'aime les mauvaises herbes qui poussent sur le bitume
je n'aime pas l'expression "ton petit bout " pour désigner ton enfant
j'aime regarder les all blacks et les franchises néozélandaises jouer au rugby
je n'aime pas l'entre-soi des journalistes de la matinale de France Culture
j'aime les mochi glacés au thé vert
je n'aime pas l'expression "de quoi machinchose est-il le nom"
j'aime les chauffeurs de bus qui attendent les gens quand ils courent pour l'attraper 
je n'aime pas les commerciaux dans les entreprises
j'aime les filles qui sourient en marchant dans la rue
je n'aime pas les gens arrogants méprisants et les déclarations péremptoires non argumentées
j'aime les stations balnéaires l'hiver
je n'aime pas la novlangue de l'entreprise
j'aime me débarrasser d'objets inutiles et encombrants bien que j'ai du mal à le faire
je n'aime pas la mode des grosses montres au poignet
j'aime les caresses très douces qui effleurent plus qu'elles ne touchent la peau
je n'aime pas les jeunes cadres dynamiques
j'aime l'odeur du basilic
je n'aime pas les salles d'attente et surtout celles des hôpitaux
j'aime Duke Ellington, plus je l'écoute et plus je pense que c' est un génie à l'égal de Bach Mozart ou Stravinski
je n'aime pas les gens qui font la manche dans le métro en chantant faux
j'aime paresser au lit le matin lorsque la lumière inonde la chambre
je n'aime pas les jeux de mots dans les titres d'articles de télérama (genre "le regard perçant des photographes iraniens")
j'aime pourtant les jeux de mots des articles du "Canard enchaîné"
je n'aime pas les grosses molasses qui consultent leur smartphone en descendant du bus et encombrent le passage
je n'aime pas la voix ni les intonations de Christophe André lorsqu'il parle à la radio
j'aime les promenades à vélo sur les bords de Seine
je n'aime pas les militaires les nationalistes et les bigots de toutes obédiences 
j'aime les artichauts à la romaine
je n'aime pas l'emphase hystérique des commentateurs sportifs et leur propension à vouloir tout trouver historique
j'aime le parfum "l'ombre dans l'eau" de chez Dyptique
je n'aime pas quand les gens étalent leur bonheur et leur satisfaction sur facebook
j'aime les énumérations c'est reposant et je continuerai peut-être celle-ci à l'occasion

samedi 10 juin 2017

L'Essai de Sonny Bill Williams


Voilà,
L'essai de Sonny Bill Williams lors du match opposant la franchise néo-zélandaise des Blues d'Auckland à la sélection des Lions Britanniques et Irlandais exprime à merveille l'idée du surgissement en ce qu'il peut combiner puissance et vivacité. Son sens de l'anticipation ce flair qui l'amène à choisir de s'infiltrer au cœur du groupe adverse pour conclure l'action sidère parce qu'il allie l'audace à l'inspiration. A ce niveau là, cela tient autant du geste artistique que de l'exploit sportif. Il y a dans ce plongeon pour aplatir le ballon dans l'en-but adverse, toute la grâce de l'instant. L'esprit de ce jeu si singulier qu'est le Rugby tient dans cette action : le dépassement de soi, l'abnégation, la prise de risque. Sonny Bill Williams, connu pour être capable de passer la balle dans n'importe quelle position, et surtout quand l'adversaire croit l'avoir bloqué lui, peut aussi, à l'occasion s'affirmer comme un redoutable marqueur aussi efficace qu'intrépide.

samedi 22 octobre 2016

All Blacks


Voilà, 
Le sens du mouvement, l'audace, la puissance, la vélocité, la cohésion et cette immense confiance partagée telle que chacun peut à quiconque passer le ballon sans regarder son partenaire. La solidarité dans toutes les phases de la rencontre, l'harmonie dans la transmission ; ces hommes font d'un jeu un art. Ils donnent toute sa beauté à ce geste paradoxal qui consiste à aller de l'avant en se passant la balle en arrière quand des adversaires déterminés s'emploient à vous en empêcher. Parfois ils déferlent comme une meute terriblement organisée et impitoyable, d'autres fois ils semblent légers comme des anges. Peut-être sont-ils en train de transformer l'affrontement en un rituel. Ils ne combattent plus l'adversaire, ils l'utilisent pour se surprendre eux-mêmes, s'épanouir dans la grâce de l'instant et inventer des formes, des trajectoires, des assauts inédits. Je les regarde avec émerveillement. Elle est l'âme de tout un peuple cette tribu vêtue de noir et sous ces latitudes lointaines rudes et sauvages ceux qui la composent en sont les héros, Je me souviens la première fois où j'ai entendu parler d'eux. C'était en novembre 1967 au CES de Parentis-en-Born, j'étais alors en sixième. Nous avions cours de gymnastique un samedi après-midi sur deux. Cette année là, les Blacks étaient venus jouer en Novembre au stade de Colombes et le match avait été retransmis à la télévision, commenté par Roger Couderc qui a fait, avec son accent rocailleux du Sud-Ouest connaître et aimer le Rugby en France. Notre prof de Gym, monsieur Gallin, souhaitant regarder le match avait fait installer un poste TV dans les vestiaires du stade afin de nous donner selon ses propres termes "un cours théorique". D'ailleurs après le match nous avions dû reproduire certaines phases de jeu qu'il avait mis en évidence pendant la retransmission. Je me souviens que nous nous étions ensuite entraînés à faire des "mauls" après la récupération de la balle en touche (un maul commence lorsqu’un joueur portant le ballon est saisi par un ou plusieurs adversaires et qu’un ou plusieurs coéquipiers du porteur du ballon se lient à ce dernier. Un maul implique par conséquent quand il commence au moins trois joueurs, tous sur leurs pieds : le porteur du ballon et un joueur de chaque équipe. Tous les joueurs participant au maul doivent être dans le maul ou liés au maul et sur leurs pieds et avancer vers une ligne de but). Les All Blacks avaient à l'époque la réputation d'être imbattables, et en effet c'est une période où l'équipe a enchaîné 17 matches victorieux. L'équipe qui a ce matin battu l'Australie en est à sa dix-huitième victoire consécutive. Il est possible qu'elle ne s'arrête pas en si bon chemin.

mardi 6 septembre 2016

Pierre Soulages et le Rugby


Voilà,
il n'y a pas très longtemps j'ai entendu une émission sur le Rugby à France Culture intitulé "Sport d'hommes jeu d'enfants" et l'un des invités était Pierre Soulages. J'ignorais sa passion pour ce jeu et cela me l'a rendu définitivement plus sympathique encore. Il y évoque à la 41ème minute une anecdote : venu à Paris pour y faire ses études d'Arts plastiques, il se promène un jour avec des amis du côté du boulevard St Michel. Là soudain un policier l'interpelle et lui demande s'il est bien Pierre Soulages. Interloqué autant que ses amis il répond par l'affirmative. Le policier se découvre alors. Il est lui aussi du sud où il a vu Soulages jouer au rugby et lui propose aussitôt de venir intégrer le Stade Français où il aurait tout à fait sa place en équipe première. Le policier note même sur un bout de papier le numéro de téléphone de quelqu'un qu'il doit absolument joindre. Soulages précise alors qu'il a pris soin de ne pas donner son adresse parisienne de peur qu'on essaie de l'y retrouver. Il ajoute même qu'à ce moment là il a craint que son attrait pour le rugby ne le détourne de ce qu'il considérait comme plus important, à savoir la peinture. Évidemment, je ne peux m'empêcher, à la lumière de cette information d'établir une relation entre le noir des tableaux de Soulages et le maillot des All Blacks qui depuis toujours sont à la fois l'esprit même et l'incarnation de ce jeu. Quoiqu'il en soit il explique aussi dans ce documentaire la relation qu'il y a entre sa façon de peindre, d'envisager le tableau et ce qu'il a éprouvé du rugby.

mardi 24 mai 2016

C'est du passé, la situation était différente

  

Voilà,
hier, sur Arte (ah oui, il reste au moins ça de gratuit et d'intéressant à la télévision) était programmé le premier film allemand de l'après-guerre "Les assassins sont parmi nous". J'en avais souvent entendu parler, par ma mère me semble-t-il, qui vivait en Allemagne au début des années cinquante (c'est là-bas que se sont connus mes géniteurs, tous deux appartenant aux troupes d'occupation françaises en Allemagne qui est ma terre natale). Cette période d'immédiate après-guerre outre-Rhin, m'a toujours intrigué, sans doute à cause des photos de ruines, que j'ai vues dans mon enfance, et en particulier celle de l'église du souvenir de Berlin que l'on a gardée telle quelle. Sans doute aussi à cause de ce film de Rossellini, "Allemagne, année zéro", que j'ai vu très jeune, je ne me souviens plus dans quelles circonstances. Mon existence est une continuation de cette guerre, c'est curieux quand j'y pense. La guerre au fond m'a toujours accompagné, hanté, pollué. Les deux, le Guy et la Yolande se sont trouvés sur les ruines de la seconde guerre mondiale, ils se marient, puis mon père va en Indochine huit jours après, il revient en Allemagne il assure sa postérité, puis part guerroyer en Algérie. ma mère le rejoint là-bas et m'emmène avec elle. J'ai évoqué ces années là, maintes fois (il suffit de taper sur le label Enfances). De retour en France, ce sont les garnisons de l'Est. Je fais connaissances avec les champs de manœuvres de Suippes, Mourmelon où le paternel continue de jouer à la guéguerre (c'est que les soviétiques sont à trois jours de char de Paris, dit on alors). Parfois on va visiter les champs de batailles de la première guerre mondiales, les alignements de croix, les ossuaires, ah les beaux dimanche. En 1964, pourtant, l'horizon se dégage on va vivre dans les landes. C'est beau, il y a le soleil, l'Océan, les lacs, les gens sont gentils, l'air est doux, je découvre le Rugby, il me semble que le bonheur est là, en tout cas quelque chose qui ressemble à la paix. Oui mais le soir il y a la télé, le Vietnam tous les soirs aux infos, le vieux refait sa guerre, se fait stratège, il connaît tous ces coins, il dit qu'à la saison des pluies les américains devraient bombarder les digues à Hanoï, quand est connu le massacre de My-Laï, il dit qu'on ne fait pas d'omelettes sans casser d'œufs et laisse entendre qu'il a lui aussi été amené à faire des choses comme ça. Tout ça sur fond de guerre froide et de bandes dessinées de SF qui se trouvent à la maison que je dévore et où il est toujours question de guerre. A dix-sept ans je rencontre la famille Tiry, qui m'ouvre les yeux sur d'autre choses, l'art, la peinture, le théâtre, le vin, la cuisine, mais je suis trop sali, déjà, trop pollué de l'intérieur, la paix, l'harmonie, la joie, j'ai du mal avec ça. Etrange encore, le premier grand spectacle où je joue, s'appelle "Prends bien garde aux Zeppelins" et c'est une évocation de la guerre de toutes les guerres, mon premier téléfilm est sur "la nuit de Cristal", quelques années plus tard je joue dans "Les derniers jours de l'humanité" de Karl Kraus... Mais bon je digresse, je digresse, je voulais parler d'un film. C'est très beau, très étrange, "Les Assassins sont parmi nous". Ce qui est curieux, c'est qu'il encore marqué par l'esthétique expressionniste des années trente (les ombres, les images désaxées, l'usage de la profondeur de champ, des contreplongées, l'abondance de scènes nocturnes, l'image contrastée), que Carol Reed, dans son film "The third man" lui aussi utilisera abondamment quelques années plus tard, comme si les fantômes de l'époque d'avant-guerre rôdaient encore dans ce monde ravagé.

mardi 1 décembre 2015

Tu vois un jour


Voilà,
plus tard, si tant est que plus tard veuille encore signifier quelque chose au moment où j'écris ces lignes...
Non 
pas "plus tard". 
"Plus tard" ne veut rien dire. "Plus tard" est prétentieux. Se projeter dans le futur, même le futur proche avec des sensations d'aujourd'hui est absurde présomptueux et intellectuellement dénué de pertinence. 
Plus tard je me souviendrai de ce mois de Novembre à Paris, voulais-je écrire c'est quoi ces conneries. 
Peut-être pas. 
Peut-être me souviendrai-je de rien. Peut-être serai-je complètement gâteux. Peut-être mon corps m'aura-t-il transformé en quelqu'un d'autre. Peut-être n'aurais je plus conscience de mon identité. Peut-être ne serais-je qu'une épave
Et puis c'est quoi plus tard ?
dans trois mois dans cinq ans dans dix ans ?
Plus tard 
signifie aussi cela  : je ne sais pas quand mais cela ne tardera plus beaucoup désormais (peut-être même suffisent-ils les doigts de mes mains pour compter les années) il viendra bien le moment où je n'aurai plus ni corps ni voix ni rien pour dire je. Il est passé l'âge où l'on se fabrique des souvenirs alors "plus tard" on oublie
J'écris pour m'accrocher au présent. 
Pour donner  aussi un relief singulier à ce qui insiste du passé
J'écris pour donner forme à ce qui se dérobe.
J'écris pour épaissir solidifier ce qui tend à se dissiper
Oui m'accrocher au présent je n'ai plus que ça désormais car ce qui doit me guérir me tue autrement.
J'écris parce que j'ai peur.
J'écris parce que j'ai du chagrin. 
J'écris sur la brèche sur le bord à la limite pour me recomposer quand trop se décompose
J'écris pour ne pas hurler
J'écris pour maquiller la plaie
J'écris pour cicatriser
J'écris à tort et à travers à tort ou à raison 
J'écris autant pour nommer que pour cacher ce qui manque
Alors Novembre donc 
les faits juste les faits
Novembre qui commence avec
la joie enfantine au premier jour du mois après la victoire des All Blacks en coupe du monde de rugby  la veille. Un mois et demi de compétition, mais moi tout ce temps pour d'autres raisons, ne suis que l'ombre de moi-même. Alors, les meilleurs qui gagnent, le sourire de Dan Carter, Sonny Bill Williams qui donne sa médaille à un enfant ça me va, 
Le monde n'est pas fameux pourtant, un attentat fait plus de 40 morts à Beyrouth
la rupture d'un barrage au Brésil propage des produits toxiques dans un fleuve et empoisonne sa flore pour des années, c'est un désastre mais on en parle peu ici
À Paris
la température des trois premières semaines anormalement douces pour la saison
Les gens aux terrasses et soudain
l'effroyable et aveugle violence qui aura meurtri cette ville un certain vendredi 13.

Sidération.

Les jours qui suivent, angoisse, chagrin terreur. Il devient  "dangereux de passer, dangereux d'être en chemin, dangereux de se retourner, dangereux de trembler et de rester sur place". comme disait Nietzsche
les heures pleurées sur des visages inconnus, sur des vies jusque là ignoréeset durant lesquelles j'aurai songé à tant de rêves et de projets saccagés, tant de désirs anéantis, 
les larmes parce que certains peut-être parmi ceux-là auront été arrachés à la vie, avec des pensées amères, des malentendus restés en suspens, des déceptions dont la perspective, d'un repas entre amis, d'un concert pensaient-ils alors, atténuerait un peu le tourment. 
À ce moment là je ne pense pas qu'il peut y avoir aussi des gros cons parmi eux, ou de ces jeunes bourgeois arrogants méprisants et imbus d'eux mêmes - l'horreur des carnages incite à une compassion sans discernement -
Novembre
les "Marseillaise" entonnées dans les stades, les rue pavoisées franchouillantes, le vieux patrouillotisme qui refait surface, état d'urgence, grandes déclarations guerrières, découverte des autres projets meurtriers du réseau, la peur pour les enfants, les sirènes les sifflets qui font à chaque fois sursauter, les déclarations absurdes les "même pas peur" les "résistance !!!", les fleurs les bougies devant les lieux de massacre
et puis le froid des dix derniers jours, la fin brutale de Jonah Lomu aux antipodes, le pouvoir qui n'attend pas les obsèques des victimes pour sournoisement instaurer un état policier, l'extrême droite à qui l'on prête la possibilité de prendre trois régions sur treize, un avion russe abattu par la Turquie, les trajets angoissés vers le quartier d'affaires, le voyage à Bruxelles reporté sine die, la mort prématurée de Luc Bondy un grand metteur en scène, les marches pour le climat annulées en France et toutes ces voix qui disent que les tueries ne peuvent que recommencer et pour finir un beau concert d'Hélène Grimaud à la Philarmonie de Paris mais quatre ou cinq fois au cours de la soirée des images d'attentat, de foule paniquée de bains de sang s'interposent, malgré Bach et Mozart oui un vrai Novembre de merde

vendredi 23 octobre 2015

Encore une fois mon idiotie


Voilà 
ce que je fais n'a peut être de sens que pour moi. J'essaye simplement de trouver de nouvelles formes avec les images. Oh pas des formes qui changent le monde non, juste des formes qui puissent me satisfaire ou compenser une indéfinissable insatisfaction relative à d'autres domaines de l'existence, juste des images que je puisse investir à ma façon pour suppléer à ce que le langage ne peut m'offrir ou du moins à ce que je suis incapable de trouver comme possibilités de renouvellement dans le langage et dans l'usage de celui-ci. Je me suis aperçu qu'en certaines circonstances je ne parvenais pas à être dans une relation juste à ce dernier. Que les mots ne venaient pas à moi comme je le souhaitais, et qu'il m'était difficile d'être compris. Je peux, avec les images faire ce que je ne peux avec les mots. Être un idiot par exemple. Ça fait du bien d'être un idiot. Si je faisais l'idiot avec le langage je serais une sorte de clown inquiétant pour les autres. Peut-être même aurait-on la tentation de m'enfermer. Il m'est arrivé parfois de faire l'idiot devant des gens. Ils prenaient peur, ma conviction les inquiétait. Les enfants pleuraient ou bien, dérangés, surpris ou honteux pour moi, allaient s'enfermer dans leur chambre. Des adultes trouvaient odieux ma façon de me moquer. "Je ne me moque pas" disais-je, "je suis aussi vraiment cela". Mais comme dans une conversation je peux parler de Zinoviev citer Cioran aussi bien que Kafka ou Jankélévitch, que je peux parler de rugby ou d'art contemporain de cuisine et pourquoi pas du management post-moderne (une nouvelle entourloupe) ainsi que de tout un tas d'autres trucs plus ou moins intéressants qui peuvent me faire passer pour un être social, raisonnable même, eh bien on ne me croit pas. Non on ne me croit pas quand je dis que je suis un idiot, que du moins une grande part de moi est idiote. D'ailleurs je voudrais pouvoir l'être de plus en plus. Oui c'est ce que je fais avec ces images en les triturant en les tordant en les arrachant de ce qu'elles sont supposées représenter, en les détournant en les griffant, les salissant etc... Là au moins j'ai la folie douce, je ne dérange personne. Parfois j'ai peur, je pleure tout seul dans mon poing, juste parce que le ciel est gris, que des gens ayant parcouru des milliers de kms pour fuir l'horreur ont le courage que je n'ai pas. Parfois j'enrage qu'une fois parvenu au lieu où ils ont espéré trouver la paix et l'hospitalité ils ne rencontrent que la bêtise et la méchanceté des hommes. Parfois je ris parce que le sourire d'un enfant illumine ma journée. Parfois je songe qu'une vie autre se glisse douce et silencieuse dans les reflets de ce monde : miroirs vitrines flaques d'eau...

samedi 10 octobre 2015

Le Pub


Voilà,
ce soir je suis allé trainer au pub. Je voulais voir le match des All Blacks contre les Tonga
Ça m'a un peu changé les idées. J'ai quand même pas mal bu, 
mais pas autant que des jeunes femmes qui étaient à côté de moi
Elles avaient une sacrée descente.

mercredi 30 septembre 2015

Le Vestiaire


Voilà,
l'Entreprise, partenaire de l'équipe de France de Rugby a trouvé bon, à l'occasion de la coupe du Monde qui se déroule en Angleterre d'orner une partie de son hall d'accueil d'une fresque en trompe-l'œil suggérant un vestiaire. Difficile ce matin-là de ne pas succomber à la tentation d'une image d'un cadre dans le cadre et d'un petit clin d'œil à Edward Hopper.

dimanche 20 septembre 2015

La Coupe du Monde de Rugby


Voilà,
elle a enfin commencé, la coupe du monde de Rugby, ce jeu viril où l'engagement est souvent rude, – ce qui n'empêche pas la tendresse parfois -–. La victoire, hier des "cherry blossoms" japonais contre les redoutables Springboks sud-africains est, par ailleurs, la meilleure chose qui soit arrivée depuis longtemps pour l'intérêt de ce jeu.

dimanche 14 juin 2015

Rugby


Voilà,
je l'avoue je regarde régulièrement les résumés des matches de rugby de l'hémisphère sud et parfois je regrette de n'être pas né et avoir grandi en Nouvelle-Zélande où l'on s'adonne à ce jeu avec une si merveilleuse inspiration, parce qu'on le pratique dès le plus jeune âge à l'école, garçons et filles confondus, et qu'il constitue l'identité de ce peuple et de cette nation. Lorsque je vois les images des supporters qui en famille, viennent au match comme on va au spectacle, si joyeux dans ces petits stades qui ressemblent à ceux de nos villes du sud, j'imagine alors une autre vie que la mienne, peut-être moins encombrée de question plus rustre plus terrienne, et faite de joies plus simples. Si cette année les Crusaders de Dan Carter et Richie Mc Caw ne se sont pas qualifiés pour les play-off du super 15, il y aura toujours les Hurricanes et les Chiefs ou les Highlanders, pour représenter le rugby néo-zélandais. Il va sans dire que j'espère ardemment que les Hurricanes qui ont survolé la saison finiront vainqueurs car ils le méritent. La classe et l'élégance de Beauden Barrett, la puissance la vitesse et l'agilité des frères Savea et de Ma'a Nonu, la vista de Perrenara, la maîtrise de Conrad Smith me sont à chaque fois un régal.
Je me souviens de la première fois où j'ai vu jouer les All blacks, c'était en 1967, dans les  Landes, terre de Rugby, au collège  de Parentis-en-born. A l'époque nous avions un samedi après-midi sur deux consacré au sport. Les Blacks étaient en tournée et notre prof de gym Mr Gallin avait décidé de scinder l'après-midi en deux avec une séance télévision pour que nous fassions un peu de théorie. C'était surtout qu'il ne voulait pas manquer ce match commenté par Roger Couderc qui, avec son accent rocailleux du Gers fut dans les années soixante et soixante dix une sorte de barde chantant la geste du rugby français. Toutes les actions étaient analysées au fur et à mesure, par notre prof, les mauls, les passes, les mêlées fermées, les positions des trois quarts intercalés. La fluidité du jeu à la main était alors fascinante et l'est devenue encore plus depuis l'apparition et l'intégration des joueurs d'origine fidjienne dans le team. Oui c'est comme ça, je n'y peux rien, ce jeu me fascine, sans doute parce qu'il repose sur un paradoxe : avancer collectivement pour déposer le ballon dans l'en-but adverse en ne pouvant se le passer à la main qu'en arrière. Il m'arrive encore parfois de ressentir en rêve cette sensation ancienne, sensation d'enfance, me saisir tout à coup du ballon à la faveur d'une interception, sentir la possibilité d'une percée. La tenter...

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