lundi 28 mai 2018

Jadis déjà combien pourtant je me rappelle

 

Voilà,
"Depuis mon enfance, j'ai été sous l'empire d'une immense mélancolie dont la profondeur trouve sa seule expression véritable dans la faculté qui m'a été accordée à un égal degré immense, de dissimuler celle-ci sous l'apparence de la gaieté et de la joie de vivre ; la seule joie, si loin que remontent mes souvenirs a été que personne ne pût découvrir combien je me sentais malheureux" (S. Kierkegaard)

mardi 22 mai 2018

Pédaler


Voilà,
j'ai pris cette photo le jour de la fête du travail sur les quais de Seine, après avoir fait un saut à la manifestation du premier mai. Cette scène a attiré mon attention. J'y voyais l'image d'une transgression, Un moment d'émancipation, certes modeste mais néanmoins notable. Là, par cette journée de printemps ensoleillée, quoique encore un peu fraîche le corps avait envie de s'exprimer, et s'autorisait à le faire. Je trouvais à la fois touchante et incongrue la vision de cette femme foulardée d'un certain âge déjà, qui pédalait avec énergie et détermination. 
J'ai repensé à l'Iran chiite ou les Mollahs continuent de faire la loi. Les jeunes femmes, en signe de résistance, s'y photographient en train d'enlever leur voile. À l'Arabie Saoudite sunnite très sourcilleuse du dogme. Faire du vélo est interdit aux femmes. 
Pour garantir son anonymat autant que pour m'éviter un possible problème, j'ai choisi plutôt que de flouter le visage de cette dame, de le remplacer par un masque. Si la photo perd ainsi de son réalisme, elle en conserve cependant son aspect documentaire.

vendredi 18 mai 2018

Drôle de Réveil



Voilà,
des rêves qui ressemblent à des délires d'agonisant où pêle-mêle s'enchâssent à toute vitesse des situations idiotes : je passe un examen scolaire, je retrouve les sensations et les angoisses que j'avais lorsque je passais moi-même le bac, sans doute parce que je travaille avec ma fille pour son bac de français, je remonte l'escalier de la rue des Saints-Pères où habite Delphine, mais c'est aussi celui de la rue de la Devise à Bordeaux où vivait ma grand-mère (ils exhalent tous deux cette odeur de moisi) et tout à coup mon géniteur apparaît, (et je déteste la sensation qu'il s'immisce ainsi dans mes pensées) raconte qu'à un certain étage on accédait à un puits de lumière et qu'il voyait sa mère penchée sur une rambarde. De nouveau, je suis dans l'appartement des Saints-Pères, mais il y a la Philippe et Dominique. Je vais aux toilettes, au retour je suis très embarrassé parce que j'ai les urines très rouges. Je crains d'avoir du sang dedans, des problèmes rénaux ou autres, je me réveille. J'ai encore sommeil pourtant. Il faudrait trouver un mot pour désigner cet état. Je propose Nowaybeurk.

Dreams that look like deliriums of an agonizing body. Stupid situations jumbled up at a frightening speed. I have a school exam. I 'm overwhelmed by sensations and anxieties similar to those I felt when I passed my baccalaureate, probably because, yesterday I worked in the evening with my daughter to prepare for her year-end exam. I go up the stairs of the rue des Saints-Pères where my old friend Delphine lives, but it's also the one in the rue de la Devise building in Bordeaux where my grandmother stayed for years, a long time ago (they both exhale that special musty smell). Suddenly my progenitor appears, (and I hate the feeling he interferes in my thoughts like that). He tells that on a certain floor as reaching a light shaft he used to see his mother leaning over a railing. Again, I am in the apartment rue des Saints-Pères. Here are Philippe and Dominique. I go to the closets, on the way back I am very embarrassed because I have very red urine. I'm afraid of possible blood in it, kidney problems or something i avoid thinking about. I wake up. I'm still sleepy, though. You'd need a word for that state of mind. I propose nowaybeurk.

jeudi 17 mai 2018

Marché aux puces de Saint-Ouen


Voilà,
il n'y a aucun rapport avec cette image
mais aujourd'hui je me suis, comme on dit dans la novlangue de l'entreprise
externalisé
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mercredi 16 mai 2018

Le Peintre


Voilà
ce peintre m'en a rappelé un autre que j'avais photographié à Central Park il y a bien longtemps et dont je réalise que l'image n'a jamais été publiée. À celle-ci je voulais donner une légère patine, parce que je me suis aussi souvenu de vieilles photos en couleur représentant Claude Monet se promenant dans son jardin.  "En dehors de la peinture et du jardinage je ne suis bon à rien" disait-il. Pour ma part, je ne sais plus trop ce dont je suis capable. Au moins ce billet aura-t-il servi à illustrer un point de grammaire qui prête souvent à confusion.

mardi 15 mai 2018

Retouche au billet de la veille


Voilà,
c'est toujours pareil, chaque fois que je cède à un petit accès d'optimisme, oh pas grand chose, une timide invocation à la beauté, une modeste tentative, comme je l'ai fait hier, d'évoquer le sel de la vie et la douceur des choses simples — ce qui n'est pas dans ma nature, bien des publications de ce blog l'attestent —, l'actualité me rattrape. Clément Rosset écrivait "Je suis le mot de Terrtullien, "credo quia absurdum", je crois parce que c'est absurde. Aussi paradoxal que cela puisse paraître la conception tragique de la vie peut nourrir du pessimisme, mais peut aussi attiser la joie de vivre en ce que celle-ci peut entendre les raisons de condamner la vie, de maudire toutes les tristesses et les misères qui lui sont attachées et cependant résister à toutes les raisons qui lui sont contraires. C'est une expérience ultime de la joie.". Mais intégrer la connaissance du pire à un exercice jubilatoire de la vie me semble nécessiter une force physique et morale qui me fait défaut. Les signes de plus en plus nombreux de détérioration de l'Etat du monde, la folie meurtrière qui s'empare des dirigeants de certains pays, et bien d'autres choses ont plutôt tendance à m'accabler. Alors j'écoute de la musique.  C'est une façon illusoire de se couper du monde. Cette nuit j'ai découvert la messe pour double chœur de Frank Martin (la connais-tu Bill ?), et hier le minuscule cimetière de Charonne où je n'étais encore jamais venu, dans le quartier Saint Blaise, et où je repasserai car je n'avais pas beaucoup de temps devant moi pour m'y attarder. J'ai tout de même réalisé une vue qui sous un certain angle donne l'illusion d'un autre temps (que j'ai accentué par un tirage sépia), puisqu'on n'y aperçoit pas les hautes tours qui cernent le quartier. W.G. Sebald écrivait :  "J'ai toujours ce sentiment, avec les photographies, qu'elles exercent un attrait sur le spectateur, et qu'elles le font sortir pour ainsi dire prodigieusement du monde réel dans un monde irréel, un monde dont on ne sait pas exactement comment il est constitué, mais dont on pressent néanmoins qu'il est là". Et pas tout à fait, serais-je tenté d'ajouter.


Au fond du cimetière, il y a une petite dalle surélevée de trois marches avec cette statue sur le socle de laquelle sont inscrits les mots suivants : "Ycy repose Bègue dit Magloire, peintre en bâtiments, patriote, poète, philosophe et secrétaire de Monsieur de Robespierre, 1793".  Je ne sais pas pourquoi ce petit monument m'a touché. En fait après une brève recherche, j'ai appris que ce Père Magloire était ce qu'on appelle aujourd'hui, un "gros mytho".

lundi 14 mai 2018

La Beauté est là


Voilà,
quoiqu'il en soit, là Beauté est là. Il suffit de lever les yeux, de regarder le ciel, les nuages, un coucher de soleil pour savoir qu'elle existe. Le riche et le pauvre, l'inculte et le lettré peuvent s'en émouvoir en même temps, il partagent le même ciel. C'est du reste la seule chose qu'ils ont en commun. La beauté et dans le tronc d'un arbre dans un graffiti parfois, un beau poème, une affiche lacérée.
Pour peu qu'on soit à même de la reconnaître ou de la susciter, ainsi permet-elle au moins d'apaiser cet insidieux tourment qui nous ronge une fois admis le constat que l'absurdité est au principe de notre appartenance. 
Ce que je cherche à montrer est précisément ce qui ne se voit pas, ce qui échappe à l'attention. Je tente de me rapprocher de l'invisible ou de l'inaperçu. Pour ma part, je ne crois pas à ce proverbe qui affirme que le diable est dans les détails, puisque souvent ce sont les anges qui attirent vers eux notre regard, quand ils ne s'y cachent pas. Mais bon je crois l'avoir déjà écrit. Ne serais-je pas en train de sérieusement radoter là ?

dimanche 13 mai 2018

Nuit tombante


Voilà,
tu as vu à la cinémathèque "The collector" de William Wyler, tu as trainé un peu dans le parc, et comme il faisait froid tu as repris le métro après un détour du côté de la Grande Bibliothèque. Comme à ton habitude tu empruntes la même sortie. Mais en gravissant les marches, tu t'étonnes de ce qui s'offre à ton regard qui n'a cependant rien que de très banal. Cette lumière particulière, ce moment où le jour bascule vers la nuit, où dans la nuit le bleu du ciel est encore très dense. Tu ne veux pas perdre ce moment-là de ton existence, qui à cet instant te semble infiniment précieux, comme s'il était la vie même. 

vendredi 11 mai 2018

Groupe, Boulevard de Rochechouart


voilà,
celle-ci, je l'ai prise en mai 2017, le même jour que cette autre. C'était le jeudi de l'Ascension, et j'avais fait le touriste à Paris, je m'en souviens. J'avais marché à pied depuis Montmartre, passant par le boulevard Rochechouart qui est quand même un des endroits les plus laids et les plus hostiles de Paris, afin de rejoindre Rachel et Sophie vers Stalingrad au bord du canal. Nous avions pris un verre là-bas, avant de nous rendre tous les trois à Bobigny pour assister à un spectacle de danse d'Alain Platel. Et ce billet que tu es en train de lire, je l'ai rédigé l'année dernière, le 29 Décembre au soir. Je n'avais pas un gros moral, me sentant bien seul, et n'ayant pourtant guère envie de voir du monde. Je relisais "Narcisse et Goldmund", ayant beaucoup de mal à me concentrer et à échapper à l'addiction des réseaux. 

jeudi 10 mai 2018

La Découverte du Jour

   

Voilà,
l'intranquillité me hante et c'est la raison pour laquelle je publie autant ces derniers temps. Incapable de dire, je ne puis que montrer. Je ne suis bon qu'à ça. Ce triptyque me paraît être ce que j'ai fait de mieux depuis longtemps. Ces images attendaient depuis Août dernier d'être traitées avec une certaine considération
A part ça je viens de découvrir que le thème de la chanson "calling you" dans le film Bagdad Café de Percy Adlon était inspiré du mouvement de la sérénade pour corde en C major op 10 d'un compositeur hongrois nommé Erno Dohnayi dont j'ignorais jusqu'à l'existence. C'est à 10'30 sur la vidéo ci-dessous. Au moins aurais-je appris quelque chose aujourd'hui grâce à Denisa Kershova. (Linked with the weekend in black and white)


mercredi 9 mai 2018

Éteindre la lumière chaque nuit


Voilà,
Éteindre la lumière, chaque nuit, 
est comme un rite d'initiation: 
s'ouvrir au corps de l'ombre,
 revenir au cycle d'un apprentissage toujours remis :
se rappeler que toute lumière est une enclave transitoire.
Dans l'ombre, par exemple, 
les noms qui nous servent dans la lumière n'ont plus cours. 
Il faut les remplacer un à un. 
Et plus tard effacer tous les noms. 
Et même finir par changer tout le langage
 et articuler le langage de l'ombre. 
Éteindre la lumière, chaque nuit, 
rend notre identité honteuse, 
broie son grain de moutarde 
dans l'implacable mortier de l'ombre. 
Comment éteindre chaque chose ? 
Comment éteindre chaque homme ? 
Comment éteindre ? 
Éteindre la lumière, chaque nuit, 
nous fait palper les parois de toutes les tombes. 
Notre main ne réussit alors
qu'à s'agripper à une autre main. 
Ou, si elle est seule,
 elle revient au geste implorant 
de raviver l'aumône de la lumière. 
(Roberto Juarroz, traduction Jacques Ancet)

mardi 8 mai 2018

L'ordre règne


Voilà,
au moment où l'on prend la photo quelques détails échappent. J'avais bien sûr vu les flics et le SDF. Pas le panneau de la banque. En fait l'Époque est là, ramassée dans une image ordinaire. La police en faction sous le panneau d'une banque réputée pour blanchir l'argent sale mais dont la puissance garantit l'impunité (même aux Etats-Unis). La misère à côté du distributeur de billets. Et le bourgeois bohème qui demande aux CRS au service du Capital plutôt que de la République le droit de poursuivre paisiblement son chemin. Comme si de rien n'était. Comme si tout cela était normal.

lundi 7 mai 2018

Quais de Seine


Voilà,
les beaux jours arrivent peut-être. Avec les variations climatiques de ces dernières semaines, difficile d'être tout à fait affirmatif. Et puis je me souviens des pluies des inondations et du froid en mai et juin 2016. Enfin quoiqu'il en soit, dès les premiers rayons du soleil les gens recommencent à lézarder, et pour ça les quais de Seine c'est vraiment bien. J'ai été attiré par la pose de cette jeune femme et le flamboiement de sa chevelure rousse. Et puis c'est un cliché bien parisien. Évidemment, désormais on ne peut échapper au smartphone. En d'autres temps peut-être aurait-elle tenu un livre. 

dimanche 6 mai 2018

En descendant l'escalator


Voilà,
descendant l'escalator je songeais à tout ces gens qui manquent d'imagination. Ceux que T.S. Elliot appelait "les hommes vides". Il disait d'eux qu'ils "bouchent leur vide avec des brins de paille qu'ils ne sentent pas, et ne se rendent pas compte de ce qu'ils font. Et avec leurs mots creux ils essaient d'imposer leur propre insensibilité aux autres" Ce que je ne supporte pas, ajoutait-il, ce sont les gens creux. Pour ma part, ce n'est d'ailleurs pas tant le manque d'imagination qui m'accable, plutôt ceux qui, en sont dépourvus mais vous assènent cependant avec arrogance qu'il faut "faire preuve de pragmatisme". Le pragmatisme se réduisant pour eux à la répétition du pareil au même dans des tâches absurdes et dénuées de sens, qui leur assurent toutefois la possibilité d'acquérir des biens matériels et des services où ils trouvent une compensation au vide de leur existence. 

samedi 5 mai 2018

Nuit à la Cartoucherie



Voilà,
c'est à toi que je pensais en traversant de nuit la Cartoucherie, cette ancienne enceinte militaire qui abrite désormais quelques théâtres, où il est vraisemblable que tu ne viendras jamais cher XS. Et même s'il est peu probable que tu me lises, je t'adresse tout de même ce petit message. Comme tu as pu le constater j'ai souscrit à ta requête écrite en bon français et sans faute d'orthographe, ce qui, en dépit du ton légèrement condescendant qui fut le tien, a nettement joué en ta faveur. Et puis, quelle qu'en soit la raison, le fait que tu n'appartiennes plus (bien que je sois conscient qu'on ne la quitte jamais tout à fait car quand on s'est donné à elle une fois, elle ne vous lâche plus) à la corporation des képis et des esclaves de la grande muette, ne m'a pas laissé indifférent. J'ose espérer que tu t'es lassé des grandeurs et servitudes de la vie militaire, et que ce n'est pas une blessure, une invalidité ou une peu avouable exaction qui t'ont rendu à la vie civile. Tu travailles désormais dans le bâtiment. Comme on dit chez le cimentier Lafarge, quand le bâtiment va tout va.
Tu as appris des choses dans ton école de sous-off, et sais tirer profit ta spécialisation dans "l'administration et le soutien de l'homme", aussi je te remercie pour ta recommandation de consulter un spécialiste. J'en compte pas mal parmi mes amis. Je suis hélas accablé d'une incurable mélancolie dont nulle médecine ne peut venir à bout. Je n'ai d'autre solution que de m'en accommoder. Je suis condamné à la joie de l'idiot qui s'émerveille du jaune des genêts, du bleu du ciel, de la forme changeante des nuages qui vont en troupeau, ou de la vigilante impassibilité du lézard se chauffant sur un muret. D'ailleurs soit dit en passant un idiot peut être de bon conseil, c'est sans doute pour cela que les rois avaient autrefois leur fou, et je te dispense donc le mien. Toi qui sembles si soucieux d'invisibilité, sache qu'il est quelque peu déraisonnable par les temps qui courent d'exhiber ses enfants sur une vidéo relatant les vacances chez tonton et tata (qui je l'espère vous auront recommandé Palawan et ses eaux transparentes). De récents faits divers ont en effet montré que des militaires, ou d'anciens militaires ayant remisé leur uniforme continuaient à faire d'efficaces tueurs en série. Qui sait si tu n'en comptes pas parmi tes anciens camarades. Mieux vaut ne pas trop les tenter. Quoiqu'il en soit je te souhaite un bon printemps et de t'épanouir dans ton nouveau métier

vendredi 4 mai 2018

Carrelet entre Pornic et Sainte-Marie sur mer


Voilà,
Chaque fois que je vais là-bas, je reprends les mêmes photos. Si les choses m'apparaissent différentes, c'est que la lumière a changé. Et moi bien sûr aussi. Je veux retenir ces moments, ou durant une fraction de seconde on s'accorde à la beauté du paysage. Lorsque fut pris ce cliché, il faisait froid, en dépit du soleil. Durant la dernière semaine du mois de février de cette année, une dépression polaire venu de Sibérie, réfrigéra la France. Mieux valait cependant se trouver là plutôt qu'à Paris où la température était vraiment glaciale. Mais j'aimais bien la lumière sur le toit de tôle, le gris de la mer, et la presqu'île de Noirmoutier au loin. Cela méritait un noir et blanc. Sont encore présentes aujourd'hui les pensées que je tentais alors de chasser de mon esprit, les inquiétudes et les sensations suspectes qui vous assignent d'une certaine façon une autre identité. Je songe à Alain Gautré, à Dominique Répécaud, à Dominique Hubin, à Christophe Salengro, et à quelques autres. Je tente de me convaincre qu'il doit en être autrement pour moi. Les beaux jours reviennent. J'essaie de me délivrer des idées sombres. Depuis je suis retourné sur ce même sentier qui longe la côte. Cette fois-ci j'ai résisté à la tentation de refaire une semblable photo. (Linked with the weekend in black and white)

jeudi 3 mai 2018

La Vengeance du Daltonien


Voilà,
du temps a passé depuis cette image. Je me souviens l'avoir prise un matin alors qu'il n'y avait personne et que la plupart des manèges étaient fermés. La jeune fille assise, certainement étudiante dans une école d'art, dessinait, une autre non loin faisait de même. J'en avais repéré plusieurs dans les parages, qui avaient sans doute un sujet imposé. Je n'arrive pas vraiment à retrouver la date exacte, au printemps ou l'été 2013 peut-être. Je ne fais plus des tirages couleur aussi saturés et contrastés, accentuant le côté artificiel et graphique. C'était un peu, à l'époque, la vengeance du daltonien que je suis. Je me souviens du plaisir que j'éprouvais à l'époque en fabriquant cela — qui me plaît toujours — .

mercredi 2 mai 2018

Encore le déjeuner sur l'herbe


Voilà,
les variations autour du "Déjeuner sur l'herbe" commencées il y a quelques mois, alors que je consacrais beaucoup d'heures à des explorations formelles, ne sont pas achevées. Vraisemblablement cela m'arrivera encore de temps en temps. Je n'ai de toute façon aucune possibilité d'agir sur le monde. Je ne peux rien faire de mieux que cela.

mardi 1 mai 2018

Confusions


Voilà,
s'apercevoir de la fréquence grandissante de fautes d'inattention, agace et inquiète tout à la fois. Auparavant si soucieux de grammaire et d'orthographe, je laisse de plus en plus souvent passer des erreurs que je n'aurais pas commises autrefois. Ces petits signes attestent d'une détérioration de ma capacité cérébrale. En outre j'ai du mal à construire un raisonnement, à formuler une pensée structurée. Mes rêves sont chaotiques. Ce matin je me suis réveillé avec la sensation d'avoir passé une partie de la nuit à tenter de recomposer un espace qui ne cessait de se transformer et de se dérober à la fois. Tout se passe comme si le sentiment d'être au monde se dissipait peu à peu. Je vois le réel, je le perçois (il m'arrive de me cogner aux meubles). Je m'accroche aux petites choses. Au parfum du basilic dans son pot, à la lumière du matin qui inonde le salon. A la musique que j'écoute de plus en plus. Je ne supporte plus d'entendre des conversations dans le poste. Ni ma propre voix. Sauf à interpréter les textes des autres. Heureusement il y a les œuvres qui peuplent le monde. Ainsi ai-je vu pour la première fois "All what heaven allows" de Douglas Sirk, et aussi ce film de Loïc Paillard, dont les interprètes sont tous formidables et qui raconte avec beaucoup de délicatesse une jolie histoire. Cela s'appelle "Les étoiles restantes"