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vendredi 30 janvier 2026

Carrés cercles et lignes

 
Voilà, 
En septembre 2018, je faisais encore des formations en entreprise. Je me souviens qu'à cette époque il y en avait une que j'aimais particulièrement, et où je me rendais avec bonheur et très décontracté car ce n'était pas moi qui avait le lead, mais un autre animateur. C'était une formation s'adressant à des banquiers chargés de l'inspection et de l'audit. Pour ma part j'étais chargé de jouer le mauvais rôle dans des mises en situation correspondant à celles qu'ils rencontraient dans l'exercice de leur fonction. C'était très sympa je n'avais aucune autre de responsabilité que celle de jouer toutes sortes de personnages — ce que je sais faire assez bien —, et les mettre en difficulté. Les participants appréciaient ma contribution, et moi je m'amusais beaucoup. C'est sûrement après une de ces journées que j'ai pris cette photo sous la Grande Arche de la Défense. 
Je ne veux pas pourrir l’ambiance, mais à l’époque, l'horloge de l'apocalypse, qui symbolise depuis 1947 l'imminence d'un cataclysme planétaire, était à 23:58. Je parle de ça parce que depuis le mardi 27 Janvier on s’est rapproché de minuit. Le Bulletin of the Atomic Scientists l'a réglé à 23:58:35, soit quatre secondes de plus qu'il y a un an. On s’approche, on s’approche…Ainsi vont les choses dans le meilleur des des mondes possibles (j’en bégaye…)

dimanche 26 octobre 2025

Cauchemar climatisé

 

Voilà
les fous, les tarés, les dingues sont un peu partout au pouvoir. Les peuples pour la plupart préfèrent s'en remettre aux démagogues et aux cons qui leur trouvent des boucs-émissaires ; les peuples ont besoin de boucs-émisssaires. C'est comme ça depuis des siècles. Les scientifiques nous avertissent que bientôt la planète sera inhabitable ; cela ne semble pas troubler tant de gens. Du moins pas sous nos latitudes. Les scientifiques aussi deviennent des boucs émissaires car l'obscurantisme gagne du terrain. On s'en remet à la providence, à la prière. "In god we trust".
On continue comme avant. On laisse les lumières allumées, même quand il n'y a plus personne ; même quand c'est la nuit. "C'est pas grave c'est des LED, ça consomme moins". Ici on vit encore avec nos certitudes, nos illusions. On voudrait que le monde — enfin pas le monde, mais notre environnement immédiat — continue de durer tel qu'on l'a toujours connu. Confortable, avec tous ses fétiches : la pub, la climatisation, les néons, la consommation à outrance. On ne veut pas songer que c'est pourtant ce monde qui nous a empoisonnés. Déjà nous ne sommes plus que des ombres vouées à disparaître. On s'enfonce dans le futur qui se referme sur nous avant de nous engloutir. Pour l'instant il y a encore de la muzak d'ambiance, les lumières sont encore tamisées, les sols bien cirés ; les escalators fonctionnent toujours plus ou moins. 
On disparaîtra cependant en bons modernes : le doigt sur l’interrupteur, et l’esprit sur “snooze”.
 
 
Et puis dehors, sur les murs de la villes il y a quelques images naïves comme celles d'Alexandre Puga, un street artiste brésilien dont j'ai déjà montré une fresque la semaine dernière. Il s'exprime beaucoup dans le quartier Beaubourg, semble-t-il, offrant des silhouettes d'enfants qui réclament la paix ou rêvent devant une fleur. Dans le monde où nous vivons — ce "cauchemar climatisé" pour reprendre l'image de Henry Miller — ces naïfs messages d'espoir et ces couleurs offertes à la ville, semblent bien dérisoires. Ils sont à notre regard l'équivalent des "charmes" ; ainsi appelait-on au moyen-âge ces formules d’incantation employées dans certaines circonstances et censées avoir un effet concret sur le monde physique : les choses, les gens, les animaux. Les mots y étaient importants, mais les charmes pouvaient aussi comporter l’utilisation de plantes, de gestes ou d'objets. D'une certaine façon, on en est encore là.

jeudi 14 mars 2024

Perspective insolite

Voilà,
ces perspectives insolites parce qu'elles adviennent dans des lieux où l'on n'a pas coutume de se rendre. Ici, sur la passerelle qui mène à l'île (autrefois peinte par Georges Seurat) de la Grande Jatte qui est un peu le neuilly de Neuilly, c'est à dire un endroit très chic. Un bras de Seine et en arrière-plan les immeubles du quartier d'affaires de La Défense. J'y suis venu au début du mois en promenade avec ma fille. Sur le chemin du retour nous sommes passés par Levallois-Perret.
Sinon aujourd’hui j’ai enfin vu, sur le grand écran de la cinémathèque, « Days of Heaven » de Terrence Malick.

samedi 12 février 2022

Divaguer

 
Voilà,
un jour à la radio, j'ai entendu la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury, révéler son incapacité à se souvenir, ce qu'elle qualifiait même de pathologie. Plusieurs fois aussi, elle se définit comme psychorigide. A un moment, elle explique que son rapport à l'écriture s'est d'abord déterminé sur une notion quantitative. Très tôt elle s'est astreinte à produire 8000 signes par jours. Elle est même allée jusqu'à s'en imposer 24 000, avant de constater qu'ainsi elle risquait de se faire trop de mal. Elle est revenue à 16 000, qui lui paraît une norme raisonnable, ce qui représente à peu près cinq pages A4 avec une police de 12. Cette discipline lui est nécessaire. Ce n'est qu'ainsi que la réflexion peut émerger. Peu importe, dans un premier temps, la qualité. Elle admet aussi son incapacité, bien qu'elle en soit une fervente lectrice, à produire des œuvres ou de fictions ou poétiques. Écrire, pour elle, consiste à formuler des hypothèses, à construire des raisonnements, éclaircir le maquis de sa pensée. 
 
J'admire les gens qui parviennent à s'imposer de telles contraintes, à décider d'un emploi du temps, à établir des plans, à organiser leur journée. J'ai l'impression pour ma part d'aller de-ci de-là. J'ai besoin de marcher, de me promener, de divaguer, ou bien de paresser. Regarder me suffit. Témoigner, transformer, transmettre, agencer, bidouiller, traficoter, jouer au théâtre faire rire, dire des bêtises, ça j'aime bien. Je sais un peu le faire. Je ne sais plus qui affirmait, qu'il faut faire sérieusement des choses pas sérieuses. Je crois que c'est à cela que j'ai employé toute ma vie. Je ne peux d'ailleurs pas faire autrement. Ces derniers temps, ce qui m'amuse c'est d'aller jouer au théâtre. J'y interprète un gars bien bas de plafond et incarner un crétin total me convient parfaitement. Mais ne rien faire est ce pour quoi je suis tout de même le plus doué
 
 

 
De toute façon, depuis quelques temps tout semble se dérober. En premier lieu ma capacité à construire des raisonnements. Je ne sais si c'est un effet de cette phase d'accablement qui a succédé au covid, attrapé en Février dernier, si quelque chose en moi a jeté l'éponge. J'ai toujours eu de sérieux problèmes avec le passage à l'acte, mais aujourd'hui... 
En revanche, je suis plutôt aux antipodes de Cynthia Fleury en ce qui concerne les souvenirs. Ils ne me lâchent pas, les bons comme les mauvais, même si j'ai une plutôt bonne aptitude au refoulement concernant les mauvais. Il me reste des rêves et des images. Et puis il y a toute cette zone indistincte, floue relative à ces années où je traînais à la Défense. J'y ai pris beaucoup de photos. Longtemps que je n'y suis pas retourné. Je pense à ça entre les draps chauds d'une nuit qui peine à s'achever.



Souvent, je m'identifie à cette chanson. De plus en plus souvent. Car me lever le matin, s'avère de moins en moins facile. Je peux traîner des heures dans mon lit comme autrefois, lorsque j'étais enfant et que j'avais toute la vie devant moi. Maintenant je l'ai derrière, et je suis toujours keepin' an eye on the world going by my window / Takin' my time / Lyin' there and staring at the ceiling / Waiting for a sleepy feeling ...

mardi 9 février 2021

Nuit, La Défense

 
Voilà,
"Pourquoi la forme est-elle belle ? Parce que, je crois, elle nous aide à contrer notre pire crainte, celle que la vie pourrait n’être que chaos, et que donc notre souffrance ne veuille rien dire." La formule de Robert Adams est touchante, parce que naïve, car oui la vie est un chaos où, quoi qu'on fasse notre souffrance est dépourvue de sens. So what ? Nous ne pouvons y faire grand chose. Cette pensée rappelle celle d'un personnage de Dostoïevski, "la beauté sauvera le monde". Je n'en crois rien bien sûr. D'ailleurs n'a-t-on pas trouvé de la beauté dans la plus effroyable catastrophe que l'homme ait engendré et trop souvent reproduite. 
Une image n'est qu'une image, elle permet de faire écho à la réalité, mais aussi de la transformer parfois. Il peut arriver que notre regard atténue l'emprise de ce monde trivial et y trouve matière à poésie. L'image agit alors telle un charme, comme on nommait au moyen-âge l'enchantement produit par la magie ou par le sort dans le but d'apaiser la douleur. Rien de plus. Et cela ne dure jamais longtemps.

vendredi 27 mars 2020

Jardins urbains

 

Voilà
 "Je ne sais ce qu'il y a de pauvre, de bizarre dans la substance intime de ces jardins citadins, qui fait que je ne peux bien le percevoir que lorsque je ne me perçois pas bien moi-même. Un jardin est un résumé de la civilisation – une modification anonyme de la nature.  Les plantes sont bien là, mais il y a des rues tout autour. Il pousse bien des arbres, mais on a mis des bancs à leurs pied. Dans leur alignement tourné vers les quatre côtés de la ville – ici réduite à une petite place –,  les bancs paraissent plus grands, presque toujours occupés." écrit Fernando Pessoa dans "Le Livre de l'Intranquillité".
N'empêche j'aimerais bien pouvoir m'y attarder moi, dans un jardin ou sur une petite place.
(linked with the weekend in black and white)

vendredi 13 mars 2020

Songer aux Himbas à Nanterre

 


Voilà,
un jour je suis resté assez longtemps assis sur un banc, dans le parc de Nanterre, où je traînais parce que j'étais en avance à mon rendez-vous. Pour m'occuper je regardais des trucs sur mon smartphone même si ça ne me rend pas pour autant plus intelligent. Et puis par hasard j'ai trouvé cette jolie histoire sur le net.
"Chez les Himbas de Namibie en Afrique australe, la date de naissance d’un enfant est fixée, non pas au moment de sa venue au monde, ni à celui de sa conception, mais bien plus tôt : depuis le jour où l’enfant est pensé dans l’esprit de sa mère . 
Quand une femme décide qu’elle va avoir un enfant, elle s’installe et se repose sous un arbre, et elle écoute jusqu’à ce qu’elle puisse entendre la chanson de l’enfant qui veut naître. Et après qu’elle a entendu la chanson de cet enfant, elle revient à l’homme qui sera le père de l’enfant pour lui enseigner ce chant. Et puis, quand ils font l’amour pour concevoir physiquement l’enfant, ils chantent le chant de l’enfant, afin de l’inviter.
Lorsque la mère est enceinte, elle enseigne le chant de cet enfant aux sages-femmes et aux femmes aînées du village. Si bien que, quand l’enfant naît, les vieilles femmes et les gens autour de lui chantent sa chanson pour l’accueillir.
Au fur et à mesure que l’enfant grandit, les autres villageois apprennent sa chanson. Si bien que si l’enfant tombe, ou se fait mal, il se trouve toujours quelqu’un pour le relever et lui chanter sa chanson. De même, si l’enfant fait quelque chose de merveilleux, ou traverse avec succès les rites de passage, les gens du village lui chantent sa chanson pour l’honorer.
Dans la tribu, il y a une autre occasion où les villageois chantent pour l’enfant. Si, à n’importe quel moment au cours de sa vie, la personne commet un crime ou un acte social aberrant, l’individu est appelé au centre du village et les gens de la communauté forment un cercle autour de lui. Puis ils chantent sa chanson. La tribu reconnaît que la correction d’un comportement antisocial ne passe pas par la punition, c’est par l’amour et le rappel de l’identité. Lorsque vous reconnaissez votre propre chanson, vous n’avez pas envie ou besoin de faire quoi que ce soit qui nuirait à l’autre.
Et en va de même ainsi à travers leur vie. Dans le mariage, les chansons sont chantées, ensemble. Et quand, devenu vieux, cet enfant est couché dans son lit, prêt à mourir, tous les villageois connaissent sa chanson, et ils chantent, pour la dernière fois, sa chanson."
J'ai levé les yeux, j'ai regardé le paysage devant moi, si atrocement laid et si dénué de générosité avec ces deux tours au loin, siège et symbole d'une grande banque française. Il commençait à faire un peu frais ; j'ai redouté qu'il se mette à pleuvoir. J'ai pensé que le monde dans lequel je vivais était décidément bien absurde. Quel rapport pouvait-il bien avoir entre cette humanité dont j'ignorais tout avant de tapoter sur cet engin sophistiqué pourtant devenu en moins de dix ans banal et quotidien et la réalité qui était la mienne ?  Une fille voilée passa qui trottinait vêtue d'un jogging sombre et de nike jaunes fluos. Non loin de jeunes noirs dansaient et exécutaient en parlant très fort des figures complexes autour d'un ghetto-blaster diffusant du rap américain. Quelques canards cancanaient non loin. J'eus soudain une terrible envie de crêpe au sucre.

Souvenir des jours ordinaires.

Linked with the weekend in black ans white
linked with skywatch friday

mardi 15 janvier 2019

Optimiser ses potentialités


Voilà,
 vous voulez connaître et prendre conscience de vos points forts et faibles afin de mieux optimiser vos potentialités et maîtriser votre stress,
développer l’aisance face à la prise de parole pour aller plus loin dans l'expression de votre autorité et de votre charisme,
augmenter la confiance en vous qui ouvrira de nouvelles portes vers la performance,
vous exprimer de façon convaincante et vivante pour décrire, expliquer, faire valoir vos idées, faire adhérer votre auditoire, vos interlocuteurs,
réaliser des interventions sur des thèmes variés afin d'acquérir la maîtrise de la stratégie de communication interne pour éveiller l’intérêt, structurer les idées créatives, maintenir l’attention, convaincre,
maîtriser les techniques de discours appropriés qui inspirent l'action et l'initiative des femmes et des hommes,
mieux gérer les situations complexes au niveau de la communication interne et trouver des solutions là où les autres ne voient que des problèmes,
communiquer en interne pour créer l'adhésion et la collaboration par la compétence, l'éthique, la motivation et l'enthousiasme,
maîtriser les 4 stratégies de communication interne interpersonnelle qui vont guider et impliquer vos équipes dans le sens de vos objectifs,
Bref, vous vous sentez une âme de leader, de conquérant comme notre président
vous voulez trouver des accroches comme "transformer les colères en solutions"
qui témoignent de votre esprit collaboratif et de votre sens de l'assertivité même si au fond vous n' avez rien à branler de votre interlocuteur
vous désirez marcher parmi les tours de la Défense avec des rêves de gloire et de puissance....
- Non non, je voudrais juste qu'on me lâche la gra la gra grappe et pouvoir et pouvoir pécho une de ces femmes é-é-élégantes que chaque matin je croise sur l'esplananade sans bébé sans bébé sans bégayer

mardi 20 novembre 2018

Effacement


Voilà,
je me lève la nuit (ce sont des choses qui arrivent) parce que soudain dans mes rêves je me souviens que je n'ai pas programmé le lave-vaisselle et qu'il ne reste plus un seul couvert propre pour le lendemain matin. Mais aussitôt debout je suis incapable de me tenir en équilibre. Je penche inexplicablement à droite, ce qui, au regard de ce qui se passe un peu partout en Europe, est finalement très tendance. Je me déplace en me tenant aux murs. Le sol paraît se dérober. Quelques minutes après être descendu à la cuisine, je me recouche vaguement inquiet. J'imagine tumeur accident cérébral désordre de l'oreille interne dégénérescence neurologique. L'hypocondrie est une névrose que j'ai héritée de ma génitrice qui toute sa vie a eu une mauvaise santé de fer et continue de sévir à quatre-vingt sept ans passés (on se rassure comme on peut). Allume la radio pour penser à autre chose et pouvoir m'endormir. Cela prend un certain temps. Plus que jamais abandonné, délaissé. Entends tout de même des choses qui me plaisent et m'éloignent des idées noires. Tentation de shazamer. Mais tablette et smartphone sont en recharge. Me promets de retrouver les titres le lendemain sur le site de la chaîne musicale en question. Finis par glisser dans le sommeil. Rêves de désirs érotiques assez confus où je rencontre de très jeunes femmes et d'assez ambigus messieurs avec des projets plutôt canailles qui restent en suspens. Il me reste quand même encore un petit fond de libido qui croupit comme une vieille mare. Des regrets oppressent ma poitrine. Au réveil, premier souci, retrouver les noms, les morceaux. Mais en équilibre toujours instable. Il y a "Harlem Nocturne" par Lalo Schifrin, "Les planètes" de Holst, une pièce — Façade — de Sir William Walton dont j'ignorais l'existence bien qu'il fût longtemps compositeur officiel à la cour des Windsor. S'ensuit une pénible journée où je dois, en dépit de tous ces vertiges cependant me déplacer à travers le quartier de la Défense dans un état cotonneux avec par intermittences la fugitive sensation que le paysage s'efface. (linked with our world tuesday - Rain'sTADD

jeudi 13 septembre 2018

Vivre sur cette terre est devenu un problème


Voilà,
"vivre sur cette terre est devenu un problème conduisant à la folie, au suicide ou au meurtre. Et pour s’en rendre compte, il suffit de monter sur le tapis roulant de cette machinerie économique en tentant d’attraper les hochets qu’elle agite pour amuser notre simplicité d’esprit, de nous laisser emporter vers la « sortie » en traversant entre quatre murs ses paysages factices, dont la beauté clinquante écrase toute la subtilité du vrai beau, où nous pouvons éprouver les sensations virtuelles d’être bien vivants, tout en se construisant des souvenirs presque indiscernables des authentiques. Les passagers pleins d’illusions sont informés de leur arrivée à destination avec l’écroulement des décors. Et cette dernière expérience, certainement la plus authentique du spectacle, constitue un bouquet final riche d’émotion, où les passagers sont laissés à l’inventaire du factice dans ce qui constituait leur identité" (Baudoin de Bodinat in "Au fond de la couche gazeuse) Linked with the weekend in black and white)

jeudi 4 mai 2017

Sourire aux Passants


Voilà,
"Parfois un inconnu te regarde fixement 
Et tu as l'espoir qu'il puisse te consoler
Mais il baisse ses yeux sur ses lacets
Car il ne peut soulager ton tourment
Ne sois pas pessimiste pour autant
Et quand ils te parlent, souris aux passants
Nul ne peut voir comment tu es en-dedans"
                                        Erich Kästner

mardi 14 mars 2017

Paradoxe


Voilà,
de bon matin à La Défense, sur un écran géant est projeté le trailer du film "Patriots Day". On y aperçoit des personnes couchée à terre, certaines blessées. "Multiples explosions, on a besoin d'aide" est-il écrit sur la bande de surtitrage. En-dessous des femmes passent, se rendant sans doute à leur travail. Un SDF assis sur les marches fait la manche ou ne fait rien. Outre l'obscénité de transformer en spectacle les catastrophes récentes, l'industrie du divertissement n'hésite pas à en faire la promotion sur les lieux mêmes où de possibles attentats sont à redouter. C'est en effet ici après les massacres de Novembre 2015 à Paris, que devait avoir lieu un autre projet criminel qui fut découvert juste à temps. D'ailleurs, ce n'est jamais sans une certaine appréhension que je me rends là-bas, quand il s'agit pour moi d'y travailler.

vendredi 29 juillet 2016

Projections



Voilà,
j'ai parfois la vision d'un monde d'après la catastrophe, un monde où le pétrole manque. Trop coûteuses les voitures, devenues rares sont réservées à une minorité fortunée ainsi qu'à la police et à l'armée. On a pris l'habitude se déplacer dans des carrioles légères en titane recyclé. Profilées comme des chaussures de sport, elles sont trainées par des chevaux, parfois même des chameaux ou encore tractées par des réfugiés climatiques du quart monde constituant une main d'œuvre à bas-coût. Les jeunes se déplacent vite, en rollers ou en skate. Sur les voies ferrées ne circulent que des draisines comme celles que l'ont voit dans "Stalker" le film de Tarkovski, ou d'autres sur lesquelles des vélos ont été posés. (Linked with the weekend in black and white)

dimanche 1 mai 2016

Volumes


Voilà,
les nazis, interdisaient au déportés auxquels ils infligeaient de déterrer des cadavres d'autres juifs de les nommer en tant que corps mais plutôt en tant que "figuren" ou "puppen". Dans l'entreprise, les employés sont des collaborateurs. Si un collaborateur sollicite du renfort pour son service il demandera à la direction des ressources humaines un "Equivalent temps plein" une "ressource" ou même des jours/hommes. Le jour-homme est une unité de mesure correspondant au travail d'une personne pendant une journée. Ainsi un projet qui demande dix jours-hommes peut théoriquement nécessiter le travail d'un homme pendant dix jours, de dix hommes pendant un jour ou encore de deux hommes pendant cinq jours. Le langage de l'entreprise relève de la même logique comptable et concentrationnaire. L'homme y est détruit moins brutalement et accepte sa servitude pour un salaire dont la valeur se réduit au fil des ans. Mais la tendance au démantèlement des lois sur le travail répond aux exigences d'un patronat dont l'objectif est de réduire toute main d'œuvre à l'esclavage. Mais un esclavage consenti dont la contrepartie serait le droit sinon le devoir de consommer toute la merde qu'on lui intime de fabriquer à bas coût et de faire circuler. Quoiqu'il en soit aujourd'hui c'est la fête du travail.

mercredi 9 mars 2016

Pêle-mêle, avec la pluie


Voilà,
Aujourd'hui j'ai repensé à Philippe. Il est rare que je n'y repense pas. Et à eux tous, Philippe et Dominique, Agnès Delphine et Laurence. Et puis, à cause de la nouvelle entendue ce matin à la radio avant que je ne parte, me sont revenus en mémoire le solo de trompette piccolo, les flûtes et le hautbois dans "Penny Lane" que j'adorais fredonner quand j'avais onze ans. Même si je n'en comprenais ni les paroles ni la joyeuse nostalgie, il y avait du soleil dans ce morceau. Les instruments classiques c'était paraît-il, une idée de George Martin. Une vraiment bonne idée. Et puis je suis sorti du métro. Un putain de vent froid cinglait sur l'esplanade avec la pluie qui giflait le visage. Mais bon, au moins allais-je me rendre utile durant cette journée et me mettre au service d'une juste cause, et ça tout de même ce n'était pas rien.


mardi 8 mars 2016

Back to La Défense


Voilà,
Un moment que je n'étais pas revenu dans les parages. En tout cas je j'avais encore jamais fait l'expérience du café "le globe-trotter" à huit heures du matin avec BFMTV sur l'écran géant face au comptoir. J'aurais vraiment préféré feignasser dans mon lit en écoutant France-Musiques, ou lire ou, parce qu'en fait je crois que je ne suis bon qu'à ça ou du moins pas trop mauvais bidouiller des images sur mon ordi qui d'ailleurs commence à donner de sérieux signes d'usure. Les nouvelles du monde racontées à la télévision me font gerber. Le quartier des affaires aussi. J'ai du mal à socialiser ces jours-ci. En fait ce qui m'apparaît évident c'est qu'en ce moment travailler me fatigue.

vendredi 12 février 2016

Économie de la Catastrophe


Voilà
On leur dit que s'ils ne consomment pas les fruits et légumes qui ont poussé dans la zone, ils manqueront à leur devoir de solidarité et de civisme. Bien sûr, c'est un peuple qui, par le passé, a montré une certaine propension au suicide collectif ; mais tout de même... Cependant rien n'empêche de penser qu'en de semblables circonstances, de pareilles injonctions pourraient nous être adressées. D'ailleurs cela n'a-t-il pas déjà commencé ? "Puisqu'il y a des terroristes, il est nécessaire d'accepter le paradoxe d'un état d'urgence permanent ; comme l'ennemi n'est identifiable nulle part, alors sans doute est il partout invisible, peut-être même êtes-vous l'ennemi — ou tout le moins son complice sans toutefois le savoir. Alors acceptez dans un premier temps que soient réduites vos libertés ; bientôt nous augmenterons vos contraintes. Il est de votre intérêt de dire oui. Cela dit si vous en éprouvez le besoin vous pouvez encore vous indigner sur les réseaux sociaux, il n'y a aucun mal à se soulager". Cela peut même créer de la marchandise.
D'autre part il semblerait qu'on soit entré dans une économie de la catastrophe. Non de ces catastrophes épisodiques que sont les guerres, mais de la catastrophe comme produit durable générateur de profits à court et moyen terme. Pour faire passer le message — ou mieux pour le brouiller ce qui revient exactement au même — on noie l'information dans des programmes, des applications ou des logiciels de divertissement. Ce qui importe, n'est pas de retenir l'attention du spectateur fixé à son écran, mais de faire en sorte au contraire de créer de la perpétuelle distraction afin qu'il s'accommode du bruit du monde sans quitter son smartphone sa tablette ou son ordinateur. On fait en sorte de gommer toute possibilité de penser autrement les faits, la réalité sociale, l'expérience du monde. Tout fait écran, au sens ou ce que s'y projette est précisément destiné à dissimuler. L'événement advient mais il doit toujours être sans conséquence. Plus précisément sans conséquence critique de trop haute intensité car cela pourrait nuire au fonctionnement de l'économie qui se nourrit de la catastrophe qu'elle génère. J'y pense souvent quand il m'arrive de traverser le paysage urbain encore préservé du Quartier d'Affaires. À chaque fois d'ailleurs il me semble irréel, artificiel, pareil à un décor et dénué de sens. Et toujours je me demande "Est-il possible que ça dure encore longtemps tout ce mensonge ? Est-ce donc vraiment la vie que tout cela qu'on nous propose ?" (Linked with The Weekend in Black and White)

vendredi 22 janvier 2016

Solitude


Voilà,
désormais je ne traînerai plus aussi souvent dans les parages ou alors à des heures différentes et avec d'autres contraintes. De toute façon il faut que je trouve un autre travail. (the weekend in black and white)

lundi 14 décembre 2015

Dans les lieux de commerce homologués


Voilà,
cette photo date de l'année dernière à la même époque. Cette silhouette me fait penser au paroles du client de "La solitude dans les champs de coton" de Bernard-Marie Koltès : "Mon commerce à moi, je le fais aux heures homologuées du jour, dans les lieux de commerce homologués et illuminés d'éclairage électrique. (...) Qu'attendez vous d'un homme qui ne fait pas un pas qui ne soit homologué et timbré et légal et inondé de lumière électrique dans ses moindres recoins ?"
(Shared with weekend reflection)

lundi 23 novembre 2015

Bonne nuit les petits


Voilà,
jeudi dernier, à la sortie des bureaux
j'ai repensé à "Bonne nuit les petits" à cause des immeubles illuminés.
Enfant, j'habitais à la campagne. Ces paysages urbains et nocturnes me faisaient rêver.
Parce que le marchand de sable n'est pas venu,
j'écris ces lignes au milieu de la nuit en écoutant une émission sur la poésie objectiviste américaine. 
Froid dans la chambre. J'ai rempli la première bouillotte de l'hiver.
Douleurs en différents endroits de mon corps.
Demain est un autre jour. 
Je n'ai pas d'obligation.
Je prendrai mon temps pour me lever



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