mardi 28 septembre 2021

Le petit mousse

Voilà 
j'ai retrouvé cette photo datant de Juillet 2006, du "petit mousse" au jardin public de Bordeaux. Cette embarcation dans le style des pinasses arcachonnaises naviguait sur la rivière du parc depuis la fin du XIXe siècle. Pour des raison de sécurité on l'a supprimé en 2007.
Pendant 113 ans, le bateau a proposé des promenades bucoliques sur la rivière du Jardin Public, avant d’être finalement abandonné par manque d’entretien. Je me souviens l'avoir pris enfant, en compagnie de ma grand-mère paternelle et de mes géniteurs. 
A l'initiative de Michel Suffran, un médecin bordelais malheureusement décédé en 2018, une association notamment animée par le guide Yves Simone et l’historien Kevin Desmond s'est constituée afin de lever des fonds pour  que le jardin public ne soit plus privé de sa présence. 
 

La réplique, mise à l’eau le jeudi 15 juillet et inaugurée le 26 du même mois, nommée Va, Petit Mousse pour se différencier du bateau historique, a été réalisée à l’identique. Même longueur, même forme, même détails, comme on peut le constater sur la photo ci-dessous.
 

Ce nouvel embarquement, réalisé par le chantier naval Dubourdieu (Gujan-Mestras) avec le soutien de 22 mécènes, a toutefois été mis aux normes en vigueur. Totalement électrique, il dispose contrairement à son prédécesseur, d’une coque en résine, au lieu d'une coque métallique. En outre un accès pour handicapés a été aménagé, raison pour laquelle il n’accueillera que 22 personnes maximum au lieu de 40.

dimanche 26 septembre 2021

Rue Alain

 
 
Voilà,
non loin de chez moi, existe ce paysage dépourvu du moindre charme : une sorte de bretelle routière entre la place de Catalogne et l'axe de la rue Vercingétorix qu'enjambe une passerelle en béton. Sans doute est-ce un surgeon de ce projet dément qui vit le jour dans les années soixante et faillit se concrétiser dans les années soixante-dix. Il avait pour nom "la radiale Vercingétorix", et se proposait de bâtir une voie rapide à l'intérieur de Paris, qui aurait constitué un prolongement dans la capitale des autoroutes A10 et F10 en provenance du Sud. Parvenu à un stade très avancé au début des années 1970 puisque des emprises avaient été achetées et des immeubles présents sur le tracé préalablement démolis, cette opération fut d'abord retardée puis annulée grâce à la mobilisation des riverains. 
Ce n'est pas un endroit où je passe souvent, mais dimanche dernier, j'y ai aperçu ceci qui m'a intrigué. Je ne suis pas parvenu à identifier l'auteur de cette peinture, mais je lui suis gré d'avoir ajouté un peu de fantaisie à ce paysage urbain, particulièrement sinistre. Cette rue porte, en outre, le nom d'un philosophe ayant eu son heure de gloire dans l'entre-deux guerres, et qu'on ne lit plus beaucoup de nos jours, me semble-t-il.

 

vendredi 24 septembre 2021

Flagrant Délit


Voilà
"Comme dans tous les endroits publics de la grande ville, les consommateurs de ce banal café buvaient en silence ou murmuraient des mots fonctionnels, figés, momifiés dans le sérieux ambiant, engrisé par une discipline sans faille. 
Personne ne parut prêter la moindre attention à l’irruption brutale des policiers de la brigade spéciale des mœurs que la direction venait d’appeler par téléphone. Il se ruèrent sans hésiter vers une table du fond, empoignèrent deux clients qu’il jetèrent sans ménagement dans le fourgon cellulaire. Leurs comptes étaient bons, ils en auraient pour 10 ans au moins : on les avait pris en flagrant délit de rire et de plaisanter au cœur d’un endroit public". 
(Jacques Sternberg in 188 contes à régler

lundi 20 septembre 2021

Cet été


Voilà 
cet été 
la fonte de calotte glaciaire au Groenland a semblé désormais inéluctable et on s'est aperçu que des forêts séchaient sur pied à cause du réchauffement climatique. 
cet été, 
j'ai lu que des taux de CO2 atmosphérique supérieurs à 415 parties par million (unité de mesure utilisée pour quantifier la pollution dans l’air avaient été enregistrés au printemps dernier par l'observatoire de Mauna Loa, à Hawaï. Du jamais vu dans l'histoire de l'humanité. Et que ces taux semblaient devoir croître. La dernière fois où la Terre a été soumise à de telles conditions, remonterait à plus de 3 millions d'années, alors que le niveau de la mer était plus élevé de plusieurs mètres et des arbres poussaient en Antarctique.   
cet été 
un jour, il a fait 51°centigrades à Portland Oregon
cet été
dans l'archipel San Blas, au large du Panama, la montée des eaux a chassé les habitants vers le continent. Certains irréductibles pourtant demeurent sur place pour tenter de sauver leur territoire avec des moyens de fortune. 
cet été, 
le ministre français de l’agriculture a rallié le camp des défenseurs d’une exploitation intensive des forêts. 
cet été, 
des inondations monstrueuses ont ravagé une partie de l’Allemagne faisant une centaine de morts et de considérables dégâts. Des pluies se sont aussi abattues sur Zhengzhou, le 20 juillet 202, les plus fortes jamais mesurées sur la région. En vingt-quatre heures, la capitale du Henan a reçu 552 mm de précipitations, soit 86 % de la moyenne annuelle, dont plus de 200 mm en une heure seulement. Dans la ville, située au sud du tumultueux fleuve Jaune, l’eau a envahi les rues, les maisons, les commerces. 
cet été, 
le plus gros incendie de Californie, qui avait déjà dévoré une surface de végétation équivalente à la ville de Chicago, a généré à cause de son volume, son propre climat, au risque de rendre la tâche des pompiers qui le combattaient encore plus ardue. Environ 5 400 soldats du feu ont été mobilisés ; ce brasier n’a fait que grossir depuis la mi-juillet, attisé par une chaleur étouffante, une sécheresse alarmante et des vents continus. Le Dixie Fire était si gros qu’il a créé certains jours des nuages appelés « pyrocumulus » provoquant foudre, vents violents qui alimentaient en retour l’incendie. 
cet été
une lagune située dans le sud de l’Argentine a, le 26 juillet, conservé une teinte surprenante, due au déversement de produits chimiques par des industriels de la pêche de la région. La couleur s’expliquait par la présence de sulfite de sodium, un agent de conservation antibactérien utilisé pour le stockage des langoustines avant exportation, qui avait contaminé les eaux souterraines du fleuve Chubut. Les habitants de la région se sont également plaints d’odeurs nauséabondes et de la prolifération d’insectes. 
cet été
en France, les responsables de l’industrie automobile on demandé l’aide des pouvoirs publics face à une transition énergétique considérée comme dévastatrice.  
cet été,
la circulation méridienne de renversement de l’Atlantique (AMOC), un courant océanique qui joue un rôle fondamental dans la redistribution de la chaleur sur Terre, était en perte de vitesse et des scientifiques de premier plan ont constaté que les «signes vitaux» de la planète s'affaiblissaient sous les coups de l'économie mondiale. Ce groupe de  14.000 scientifiques inquiets de l'imminence possible de certains «points de rupture» climatiques et de la surexploitation de la Terre  a plaidé pour la déclaration d'une urgence climatique mondiale, estimant que les gouvernements avaient de manière systématique échoué à s'attaquer aux causes du changement climatique
cet été
les incendies qui ravageaient les forêts de Sibérie ont été plus importants que tous les autres réunis dans le monde. Pour la première fois, leur fumée a, selon la NASA également atteint le pôle Nord géographique. 
cet été
l’ambition de circonscrire l’augmentation globale des températures à 1,5 °C d’ici à la fin du siècle, convenue lors de l’accord de Paris, a semblé d'ores et déjà inaccessible,  
cet été
quelques milliardaires se sont offerts des excursions coûteuses et énergivores hors de l'atmosphère. Ce qui a fait penser à certains que les ovnis étaient peut-être des milliardaires de lointaines planètes venus passer des vacances
cet été
Une vague de froid féroce s’est abattue sur le Brésil. Les sans-abri en furent les premiers à souffrir, mais les planteurs de café ont aussi craint la perte de leurs récoltes. A São Paulo, la plus grande ville du Brésil, le mercure est tombé à -4 degrés Celsius durant une journée. Ces températures ont perduré un week-end. En altitude, les températures ont chuté à -10 degrés.
cet été
dans les Alpes, une pollution diffuse aux microplastiques a été constatée sur des glaciers du mont Blanc et dans des lacs d’altitude, éloignés de toute activité humaine. 
cet été
il est apparu probable que la ville de Lagos peuplée de plus de 24 millions d'habitants deviendrait, en raison de l'élévation du niveau de la mer provoqué par le changement climatique, inhabitable d'ici la fin du siècle. 
cet été
près de quatre-vingts feux se sont déclarés en à peine vingt-quatre heures en Grèce. En Turquie, où les températures ont dépassé 50 degrés, les feux  ont provoqué un désastre écologique. 
cet été
on a révélé que tous les sites du patrimoine mondial étaient menacés par le changement climatique. 
cet été 
pour la première fois il a plu au sommet du Groenland
cet été
les forêts de Carélie, non loin de la frontière finlandaise, ont été frappées par des incendies inédits pour cette région d’ordinaire humide. 
cet été
des pluies diluviennes ont fait quarante morts à New-York
cet été  
dans la nature exsangue la vie des humains a continué, plus chaotique que jamais : un artiste américain a reproché au plasticien italien Salvatore Garau de lui avoir volé le concept de sculpture invisible, et menacé d'engager des poursuites s'il n'était pas crédité, un homme a braqué la boutique du joailler Chaumet, près des Champs-Élysées à Paris, faisant main basse sur un butin évalué entre 2 et 3 millions d'euros, puis il est reparti à trottinette comme il était venu, les jeux olympiques, pour la première fois qu'ils existent se sont déroulés dans des stades vides ; Lionnel Messi a été recruté à Paris moyennant un salaire annuel de 41 millions d'euros net par an ; Hala Mouganie a écrit depuis Beyrouth un terrible et désespéré message ; on a vu des milliers d'afghans courir sur le tarmac de l'aéroport de Kaboul pour tenter de s'embarquer dans des avions-cargos américains ; pendant ce temps à Paris, les gens se vautraient sur les terrasses, et à la radio on parlait de retrouver enfin le monde d'avant,
celui 

le ministre de l'éducation a préféré proposer de légiférer sur le voile des mères musulmanes accompagnant des sorties scolaires alors qu'une directrice d'école s'est suicidée en dénonçant les conditions de travail à l'éducation nationale
le gouvernement a réduit le périmètre de la commission qui lutte contre les sectes au prétexte que cela coûtait 500 000 euros par an à l'état,

les étudiants se font tabasser par des flics dans les facs, 
où l'on gaze les enfants en Syrie,
où les ancien soixante-huitards font l'éloge de Macron, 
où des fanatiques religieux tuent des enseignants
la télévision fait son miel d'engueulades entre vedettes de la télévision dans des émissions débiles, 
des migrants sont chassés aux frontières par de jeunes néo-fascistes,
où 
le coût de l'occupation de l'Irak par les USA est équivalent aux investissements chinois pour la nouvelle route de la soie
des députés corrompus par les lobbyistes de l'agroalimentaire et du nucléaire, votent dans ce pays ou un autre des lois antiécologiques

les accidents industriels polluent et menacent ta santé 

pullulent les commentaires débiles sur des millionnaires en short courant après des ballons, et les spéculations sur le mercato d'été, puis d'hiver, puis d'été, puis d'hiver, puis d'été,
les Kurdes sont massacrés par les Turcs dans l'indifférence générale
etc etc....
Rien inventé.
Des faits rien que des faits.
Certes il est aussi possible que pour d'aucuns de belles choses soient advenues, mais que pèsent elles dans la macabre farandole des jours aux jours ajoutés ?
Cet été,
j'ai découvert Bonga un chanteur angolais lusophone et en écoutant ses chansons, j'ai beaucoup pleuré, et aussi peut-être en raison de grands désastres intimes, et à cause de cette sensation que l'époque était en train de nous dévorer
comme le vent mange de la pierre
cet été
plus que jamais fut le participe passé du verbe être.

dimanche 19 septembre 2021

Étrange et amusant

Voilà,
l'idéal concernant ces publications consisterait à ne plus mentionner les émotions suscitées par le monde tel qu'il déconne, ou les effrois qui me traversent, mais plutôt à ne décrire, sans affect et le plus objectivement possible, que des choses, des lieux, des situations. S'en tenir, par exemple, à de lapidaires recensions parfois agrémentées de notations historiques comme le fait admirablement Jean-Louis Boissier sur son blog.  
Ainsi : mentionner que ce papier collé a été aperçu mercredi dernier, Boulevard Arago, à proximité de l'arrêt de bus Pascal, lorsque l'on remonte vers Denfert Rochereau. Je venais d'envoyer un SMS, alors que j'étais en route,  pour que l'on me confirme que la réunion de travail à laquelle je me rendais avait bien lieu. La réponse fut qu'elle était reportée au vendredi suivant. Je m'apprêtais donc de rebrousser chemin, tout en conversant téléphonique lorsque j'ai aperçu ce dessin, œuvre d'un certain Mr Pee, collé sur un mur. Le trouvant aussi étrange qu'amusant, il m'a semblé qu'il mériterait de figurer sur le prochain monday mural.

vendredi 17 septembre 2021

La Mémoire


Voilà,
" - Mais, demanda tout à coup Dieu en plein cœur du XXIe siècle, que sont devenus ces terriens qui faisaient un tel vacarme dans leur galaxie ? 
On lui expliqua qu'ils faisaient beaucoup moins de bruit parce qu'ils n'étaient plus que deux cents sur leur planète. Dieu s'en étonna et se demanda ce que ces derniers survivants pouvaient bien faire, sachant que l'homme demeurait rarement inactif.
On le lui dit en quelques mots.
 - Ils sont jour et nuit en réunion exceptionnelle au sommet. Pour régler d'urgence les problèmes des déchets radioactifs et ceux de l'épuration des eaux polluées. Il s'agit d'assurer la survie de l'humanité.
Dieu approuva en silence, assez perplexe, puis retourna à ses occupations." 
Jacques Sternberg In  "188 Contes à régler" 

jeudi 16 septembre 2021

Un jour étrange


Voilà, 
exposition Vivian Maier ce matin mais la journée hantée par la disparition de Philippe Adrien, un metteur en scène avec lequel j’ai beaucoup travaillé à une époque. Nombre de souvenirs sont remontés surtout en raison de toutes les publications sur facebook depuis l’annonce de son décès hier. Pourtant, souffrant de la maladie d'Alzheimer cela faisait plusieurs années qu'il s’était en quelque sorte déjà effacé de ce monde. Mais bon j'ai repensé à ce spectacle formidable intitulés "Rêves de Kafka" et à la passionnante aventure collective que cela avait été il y a plus de trente-cinq ans. Et combien elle avait contribué à me transformer. J'en reparlerai peut-être. Ce fut une rencontre déterminante parce qu'elle tombait au bon moment, et pour lui et pour moi. 
Ensuite j’ai traîné au jardin du Luxembourg où j’ai fait quelques photos. J’aime bien les derniers jours de l’été quand on va vers l’automne et qu’il fait encore beau et que les gens profitent du soleil qui va se faire rare. Puis mes pas m'ont porté vers la rue de la Montagne Sainte-Geneviève. J'ai vaguement envisagé d'aller au cinéma, mais j'étais trop fatigué. Je suis rentré chez moi en début d'après-midi. Je me suis aperçu que je ne pouvais plus supporter les conversations à la radio. Mais je ne suis pas certain de supporter encore les conversations de façon générale. J'ai relu des passages de "Chaminadour" de Marcel Jouhandeau. Cela m'a inspiré quelques idées que je n'aboutirai pas, faute de temps et de force. Je voudrais surtout changer d'air, de ciel et de fréquentations. Je ne crois plus en grand chose.

mercredi 15 septembre 2021

Bouillon Chartier


Voilà, 
on peut considérer les restaurants Bouillon Chartier, comme une véritable institution parisienne.  Le plus célèbre d'entre eux, situé au 7 rue du faubourg Montmartre et fondé en 1896 à la place d'une fabrique de cartouches et de douilles par les frère Camille et Frédéric a même été classé monument historique à la fin des années quatre-vingt en raison de la décoration belle Epoque de la salle.
Le restaurant est ouvert 365 jours par an, avec une carte proposant de la cuisine française traditionnelle et à prix bon marché. Des garçons de salle habillés en rondin (un gilet noir près du corps à poches nombreuses), et long tablier blanc assurent le service. Le placement en salle se fait en fonction des places qui se libèrent au gré de l’affluence, si bien que les tables sont partagées entre clients. Et la tradition veut que la note soit rédigée directement sur la nappe en papier. Il existe aussi un "Bouillon Racine" créé au 3, rue Racine en 1906 par Camille Chartier et qui a également conservé son décor originel. 
Celui de la photo se situe au 59 Boulevard du Montparnasse. Sa destinée fut un peu différente. Créé en 1858, il fut ensuite racheté en 1903 par Edouard Chartier. En 1906 on entreprit d'importants travaux pour donner naissance à ce somptueux décor tout en retrouvant les revêtements en céramique de Louis Trézel, un peintre-verrier, céramiste, et concepteur de la décoration des précédents établissements éponymes. ce lieu est lui aussi inscrit aux monuments historiques depuis 1984. Après 1923, l'établissement fut repris par le restaurateur Rougeot jusqu'à l'administration suivante, qui nomma l'endroit "Bistro de la Gare" puis encore une autre qui lui donne le nom de "Montparnasse 1900". L'endroit est redevenu Bouillon Chartier en 2019.

mardi 14 septembre 2021

De première main


Voilà, 
parce qu'il a récemment cherché à me nuire, un sinistre et malfaisant petit crétin, con à bouffer du grillage, encombre ces temps-ci, à distance, mon esprit par ailleurs déjà fort contrarié.
Il vit dans un coin perdu du Cambroustan où sa seule présence pollue un paysage splendide qu'il ne mérite d'ailleurs pas.
Je l'ai connu dans sa jeunesse, qui n'était plus la mienne. Je l'ai perdu de vue, puis recroisé voilà bien des années.
Paresseux, velléitaire et procrastinateur, non content de toucher quelquefois, des chèques de sa vieille mère, afin de combler ses découverts il vivait alors au crochet de la buraliste du coin qu'il accablait pourtant de ses sarcasmes car, selon lui, "elle manquait de culture". Sans même prendre la peine de la dissimuler, il manifestait en outre une jalousie maladive à son égard, trouvant insupportable qu'elle échange des plaisanteries avec les clients. Aux dernières nouvelles ces deux-là sont pourtant toujours ensemble. Certaines personnes aiment se faire humilier et cette minable crapule développe un ascendant sur les gens faibles et dépressifs.
Ces derniers temps, quelques messages laissés sur mon répondeur m'enjoignent de le rappeler. Comme si je n'avais que ça à foutre. Ce spécimen de tête à claques, qui arbore sa stupidité avec une superbe déconcertante, illustre parfaitement l'adage selon lequel "les cons ça ose tout et que c'est même d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît". 
C'est le genre de gars qui, au téléphone, passe son temps à ne parler que de lui. Il flatule ses inepties à grands coups de clichés et de poncifs, avec l'assurance de celui se croit intelligent. Même le peu de silence qu'il laisse entre ses phrases suinte de connerie et de prétention. 
Ce pipoteur a son mot à dire sur tout, et de façon générale, il ne vous parle même pas, il vous explique. 
Il relève en outre de cette sous-espèce d'abrutis qui s'approprient ce qui ne leur appartient pas ou qui prétendent détenir, par un parent lointain ou une connaissance haut placée une indiscrétion qu'ils sont trop heureux de divulguer.
Désireux de briller quand au contraire il aurait fort intérêt à se faire oublier, il ne reculera devant aucune bassesse pour tenter de se rendre intéressant et se donner l'illusion d'exister. Dénué du moindre tact, il n'hésitera pas à parler de corde dans la maison d'un pendu, et se haussera du col en assurant connaître le nom de celui qui l'a vendue et la manière dont elle a été fabriquée.
Sa vie demeure si insignifiante, si misérablement terne que de surcroît, il tient absolument à faire étalage d'un savoir dont il est totalement dépourvu mais qu'il imagine détenir au prétexte qu'il en possède quelques rudiments glanés dans la presse ou sur internet. 
Ainsi glosera-t-il sur le commentaire du compte rendu d'un article rapportant la critique d'un livre étranger en faisant croire à son interlocuteur qu'il l'a lu dans sa version originale, peut-être d'ailleurs au point de s'en persuader lui-même. 
Évidemment ce pauvre type, à force de s'imaginer qu'il est quelqu'un, n'est pas même devenu quoi que ce soit. 
Confit de fatuité, marinant dans sa sottise, ce gourdiflot n'a aucunement conscience de ce que la plupart des gens le considèrent au mieux avec une commisération amusée, sinon avec un agacement qui souvent confine au dédain.
Il se trouve aussi que ce fieffé raseur s'obstine à caqueter à droite et à gauche que j'ai autrefois eu une grande influence sur lui et qu'il me doit beaucoup.
Je tiens cela d'une source que je considère fiable, et ça m'a consterné.
J'ai bien évidemment décliné toute responsabilité.
J'apprécierai grandement que ce "m'as-tu-vu" m'oublie totalement, et que, s'il veut continuer à rancir dans sa connerie, il le fasse sans m'y associer d'aucune façon. Bref, qu'il ferme sa petite gueule de mouchard et qu'il s'enfonce la tête dans la cuvette des chiottes voilà ce que je lui recommande. Et s'il se noie au passage, je n'y verrai aucun inconvénient. On peut passer sa vie à décevoir les gens, mais jusqu'à un certain point et un certain point seulement.
Il paraît qu'il me lit de temps à autre.
il tient donc là une information de première main.

dimanche 12 septembre 2021

La troisième révolution

 
 
Voilà,
comme je ne sais plus trop comment dire ce que de toutes façons je ressasse depuis tant d'années dans ces pages, je partage ce texte très pertinent, de Fred Vargas, romancière française et archéozoologue. Et comme il y est aussi question de fourmi, j'y associe celle-ci, très grosse,  aperçue, il y a quelques mois sur un mur de Paris. 

«Je dédie ce post à mes enfants et à tous les enfants de la terre
Puissent-ils avoir la clairvoyance et le courage que nous n'avons pas eus (et je ne leur demande pas de nous pardonner).
Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf-Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.»
Linked with Monday mural

jeudi 9 septembre 2021

Cendres sur les mains

 
 
Voilà,
quand même il faut bien parler de ce qui m'occupe en ce moment et me fait très plaisir. Retrouver mon camarade Olivier Hamel trois fois par semaine pour former un duo de sombres crétins — ce qui me réjouit vraiment —, dans une pièce à trois personnages mise en scène par Alexandre Tchobanoff, et que nous jouons au Studio Hébertot en compagnie de Prisca Lona notre talentueuse partenaire. Il s'agit de "Cendres sur les mains" de Laurent Gaudé, et c'est ma foi une bien plaisante entreprise qui mérite son public. De plus amples détails concernant la pièce et les dispositions pratiques, sont accessible par le lien. Pour ceux qui sont à proximité, et que le spectacle pourrait intéresser, ce serait aussi l'occasion de se rencontrer. C'est quand même l'activité que je sais le mieux exercer et qui me réjouit le plus lorsque le texte est bon et le propos pertinent. "Joindre le futile à l'agréable" comme le dit si joliment François Morel. En espérant que nous ne serons pas rattrapés par un nouveau confinement.


mardi 7 septembre 2021

Les vrais paradis...

 
 
Voilà, 
tu t'attardes sur un paysage où, comme sur les affiches scolaires de Raylambert ou bien les illustrations des livres de lecture de ton enfance, tout semble à sa place, mais les mots eux — du moins ceux dont tu disposes — ne trouvent pas la leur. Tu voudrais les fixer, ils se dérobent. Ceux que tu retiens te laissent insatisfaits. Tu sens bien que tu déclines intellectuellement et physiquement. Tu t'efforces pourtant de continuer à alimenter ce blog sans souci de chronologie. C'est devenu un exercice de style aussi laborieux et chronophage. Tu juxtaposes des images et des textes qui parfois tardent à se rencontrer. Cela signifie que parfois dans tes brouillons, des textes attendent des images, ou le contraire. Et il arrive que certains textes ne soient qu'une vague ébauche qui ne trouvera pas de sitôt son aboutissement ou peut-être même jamais. Quoi qu'il en soit, cela induit une étrange relation à la durée. Comme si le temps n'était pas linéaire, mais qu'il se répandait autour de toi comme une tâche. Comme dans ces peintures à l'eau pratiquées par les japonais, qu'on appelle "suminagashi".
 
Tu en viens à te parler à toi-même comme à un autre dont tu t'éloignerais ou qui serait sur le point de t'abandonner. 
Quelque chose s'est cassé en toi.
Quelqu'un a cassé quelque chose en toi.

Tu voudrais vivre là. Te poser enfin, te soustraire à la rumeur du monde, faire ton trou dans la paix des images. C'est un fantasme bien sûr, parce que tu ne parviens à décrocher de la petite machine qui te relie au monde, qui t'aliène, te mange ton temps, te rétrécit, t'abreuves d'informations inutiles qui encombrent ton cerveau, mais que tu consultes avec une impatience compulsive pour tout et n'importe quoi, comme si elle avait réponse à tout, comme si elle constituait une issue à tes frustrations, cette petite machine dont tu es désormais incapable de te séparer. Tu ne vaux pas mieux que les autres.

Parfois tu t'efforces de retourner vers les grands livres. Cela devient un effort. Il arrive parfois qu'un ample passage évoque de subtiles nuances que tu peux éprouver mais que tu ne seras jamais capable de restituer avec autant de précision. 

 « ... et je comprenais que la vie pût être jugée médiocre bien qu’à certains moments elle parût si belle, parce que dans le premier cas c’est sur tout autre chose qu’elle-même, sur des images qui ne gardent rien d’elle qu’on la juge et qu’on la déprécie. Tout au plus notais-je accessoirement que la différence qu’il y a entre chacune des impressions réelles – différences qui expliquent qu’une peinture uniforme de la vie ne puisse être ressemblante – tenait probablement à cette cause  : que la moindre parole que nous avons dite à une époque de notre vie, le geste le plus insignifiant que nous avons fait était entouré, portait sur lui le reflet, des choses qui logiquement ne tenaient pas à lui, en ont été séparées par l’intelligence qui n’avait rien à faire d’elles pour les besoins du raisonnement, mais au milieu desquelles – ici reflet rose du soir sur le mur fleuri d’un restaurant champêtre, sensation de faim, désir des femmes, plaisir du luxe – là volutes bleues de la mer matinale enveloppant des phrases musicales qui en émergent partiellement comme les épaules des ondines – le geste, l’acte le plus simple reste enfermé comme dans mille vases enclos dont chacun serait rempli de choses d’une couleur, d’une odeur, d’une température absolument différentes  ; sans compter que ces vases disposés sur toute la hauteur de nos années pendant lesquelles nous n’avons cessé de changer, fût-ce seulement de rêve et de pensée, sont situés à des altitudes bien diverses, et nous donnent la sensation d’atmosphères singulièrement variées. Il est vrai que ces changements nous les avons accomplis insensiblement  ; mais entre le souvenir qui nous revient brusquement et notre état actuel, de même qu’entre deux souvenirs d’années, de lieux, d’heures différentes, la distance est telle que cela suffirait, en dehors même d’une originalité spécifique à les rendre incomparables les uns aux autres. Oui, si le souvenir grâce à l’oubli, n’a pu contracter aucun lien, jeter aucun chaînon entre lui et la minute présente, s’il est resté à sa place, à sa date, s’il a gardé ses distances, son isolement dans le creux d’une vallée, où à la pointe d’un sommet, il nous fait tout à coup respirer un air nouveau, précisément parce que c’est un air qu’on a respiré autrefois, cet air plus pur que les poètes ont vainement essayé de faire régner dans le Paradis et qui ne pourrait donner cette sensation profonde de renouvellement que s’il avait été respiré déjà, car les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus. » (Marcel Proust).

vendredi 3 septembre 2021

Ce qu'Orwell n'avait pas prédit

 
 
Voilà,
 ce qu'Orwell n'avait pas prédit, c'est que nous achèterions nous même les caméras,
 et que notre plus grande angoisse serait qu'on ne regarde pas.

mercredi 1 septembre 2021

Larguer les amarres


Voilà,
sa maison qu'il venait d'acquérir, il n'en aura pas beaucoup profité. Quinze jours à peine. Pas même le temps de déballer les cartons. Du temps, il pensait en avoir devant lui. Il faisait des projets. Le faisait-il pour faire bonne figure, par politesse, pour conjurer le sort ? A peine aura-t-il entrevu le havre paisible dont il avait rêvé pour ses vieux jours. Tout cela est tellement triste.
Il m'avait envoyé des photos de sa nouvelle acquisition.
Je reparcours les mails, les textos. Il y a dix jours, le 21 Août nous avons encore conversé une demi heure au téléphone. Juste après j'ai hâtivement noté ceci « Ce qui sidère et foudroie autant que l’annonce de la rechute, c’est aussi l’ensemble de mauvaises nouvelles qu’il m’égrène en feignant de prendre une certaine distance, comme si cela ne le concernait pas vraiment. Il s’efforce de faire confiance dans le nouveau traitement prescrit, — une immunothérapie qui commencera d'ici peu — suite à la perforation du péritoine ayant entraîné cette nouvelle hospitalisation. Il s’évertue à rester optimiste, mais je ne suis pas certain qu’il y croit tout à fait. Depuis l'annonce de son cancer et son premier traitement il a fait plusieurs hémorragies qui ont, à chaque fois, nécessité des séjours répétés à l'hosto. Il m’annonce au passage qu’il a désormais des difficultés à utiliser son bras gauche en raison de métastases apparus au cerveau. En fait, il est en train de m’informer qu’il a un cancer généralisé, ou du moins qui se généralise en faisant comme si ce n’était pas grave comme si ça allait forcément s’arranger grâce a l’immunothérapie. Et moi je ne sais quoi dire tellement l'information est brutale. Il enchaîne aussitôt sur le bonheur qu’il a eu d’emménager dans sa nouvelle maison, ou tout est quand même encore en chantier car, en raison de la fatigue, il n’a pu déballer tous les cartons. Il affirme que tout de même il va se résoudre à balancer un certain nombre de choses, des livres des revues, pour éviter plus tard à ses enfants d'avoir à le faire. Mais quand même, tout à coup il évoque la possibilité de sa mort me disant qu’à 69 ans il a vécu plein de trucs. Il a voyagé, fait ce qui lui plaisait. Commence-t-il dans la conversation à s’avouer la gravité de son état et la possibilité d'une issue fatale à court terme ?  Il parle tout à coup d'éventuelle assistance à domicile si par hasard ses métastases au cerveau le rendaient un peu yo-yo comme il dit. Tout cela avec une légèreté feinte mais peu convaincante. Il  redoute aussi de ne plus pouvoir conduire. Et puis au détour de la conversation, il avoue qu'il n’est pas certain de beaucoup profiter de cette maison, quand pour ma part, à l’annonce de tous ces éléments, je suis effrayé, persuadé qu’il ne passera pas l’année. Ce qui rend pathétique son propos, ce sont les aller-retour entre le déni de sa situation et une forme d'acquiescement, lorsque par exemple il envisage la nécessité de se débarrasser de trucs qui selon lui ne servent plus à rien, alors que sans doute déjà, dans un coin de sa tête il sait qu’il ne retournera pas chez lui, ou que, s’il y retourne, il sera si épuisé qu’il ne pourra faire grand chose".
(...)   
A l'issue de cette conversation nous étions convenus que ce serait lui qui me rappellerait en fonction de son état. Néanmoins le 23 Août, je lui ai envoyé un petit texto d'encouragement. Il a juste répondu "Merci". Le 27 je lui ai envoyé un autre SMS demeuré sans réponse. Dimanche dernier, inquiet d'être sans nouvelle, j'ai laissé un message à sa fille qui m'a répondu que ses traitements étaient suspendus, qu'il ne communiquait plus que très difficilement, qu'il était en soin palliatifs. 
Il est mort "paisiblement", paraît-il,  hier matin, 31 Aout,
Peine et sidération. Je n'imaginais pas que cela finirait si brusquement. 
Une cérémonie aura lieu samedi à Pau, et je ne pourrais même pas m'y rendre, me recueillir, être en compagnie de ses proches, ses enfants. Je répète toute la journée, c’est la première du spectacle le lendemain à 17 heures. The show must go on.
C'était mon oncle. Mon oncle Philippe. Il avait quatre ans de plus que moi. Il était parmi tous les homonymes de ma famille celui qui m'était le plus contemporain. Durant quinze ans, je l'ai vu quasiment tous les étés. A une certaine époque nous avons tiré des bords ensemble sur son bateau.
J'ai retrouvé cette photo datant du mois d'Août 2010.
Il faisait alors des rêves un peu fous.
A présent il a définitivement largué les amarres. Je ne parviens pas à y croire.

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