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lundi 27 octobre 2025

L'avenir serait-il dans les champignons ?

  

Jardin Botanique de Lisbonne

Voilà,
aux dernières nouvelles l'avenir serait dans les champignons. Pourvu que ce ne soit pas un champignon atomique
Au cœur de la forêt amazonienne, des scientifiques ont découvert un champignon qui se nourrit de plastique. Pestalotiopsis microspora est un champignon particulier. Il peut survivre exclusivement grâce à l'un des types de plastique les plus courants (et les plus persistants) : le polyuréthane  et ce, même dans des environnements dépourvus d'oxygène, comme les décharges enfouies. 
Cette capacité remarquable en fait un recycleur naturel, capable de réaliser ce que les systèmes créés par l'homme ont encore du mal à accomplir : décomposer les déchets plastiques de manière efficace et durable. On pourrait imaginer un monde où les bouteilles en plastique jetées ne dureraient pas des siècles, mais se décomposeraient en quelques semaines, grâce à un allié microscopique caché dans le sol forestier. Les chercheurs espèrent désormais exploiter cette espèce pour la bioremédiation, c'est-à-dire le nettoyage des sols pollués, des côtes envahies par le plastique et même de nos océans. 
Mais il paraît aussi que les ruines de Tchernobyl, recèlent elles aussi un champignon tout à fait particulier. Lui c'est de radiations dont il se nourrit, d'après certains scientifiques qui l'on découvert. Le Cladosporium Sphaerospermum est un champignon noir découvert sur les parois du réacteur 4 de Tchernobyl, l'un des environnements les plus radioactifs de la planète. Au lieu de mourir, cet étrange organisme prospère en absorbant les radiations gamma mortelles qu'il convertit en énergie métabolique. Ce processus, appelé radiosynthèse, est similaire à la photosynthèse des plantes. Simplement au lieu d'utiliser la lumière du soleil, ce champignon utilise les radiations pour sa croissance. C'est l'un des rares organismes connus sur Terre à le faire. Cette espèce fongique pourrait non seulement empêcher la contamination nucléaire de se propager, mais serait aussi potentiellement en mesure d'absorber et de neutraliser complètement les radiations dans ces zones. 
Des recherches sont encore nécessaires avant de d'envisager l'utilisation de ce processus. 
 Les scientifiques explorent son potentiel de biorestauration en l'utilisant pour nettoyer les sites radioactifs trop dangereux pour l'accès humain. Sa capacité à tolérer, voire à absorber, les radiations pourrait en faire un outil précieux pour la reconstruction après une catastrophe nucléaire. "C'est comme si la nature avait conçu un bouclier biologique contre les radiations", a observé un chercheur. En outre, ce champignon pourrait être utile dans l'espace. Des chercheurs ont déjà envoyé le Cladosporium sphaerospermum vers la Station spatiale internationale. Non seulement il a survécu mais il s'est développé. Plus impressionnant encore, il a bloqué jusqu'à 84 % des radiations cosmiques incidentes. Cela laisse augurer qu'il pourrait un jour servir de bouclier naturel contre les radiations pour les astronautes en mission dans l'espace lointain, où l'exposition représente un risque sanitaire majeur. Des retombées nucléaires à l'exploration spatiale, ce modeste champignon noir pourrait détenir la clé de la survie dans certains des environnements les plus extrêmes de l'univers. On peut être reconnaissant au reste de la nature de proposer des solutions aux méfaits que l'humanité lui inflige.
Est ce que l'industrie est prête à investir pour passer au stade du développement qui permettrait d'absorber certaines pollutions déjà existantes ?

jeudi 11 mars 2021

Rayons printaniers

 


Voilà,
en regardant cette image, on peut presque penser qu'elle rappelle des jours heureux, des jours paisibles, des jours insouciants. C'était bien avant le confinement. C'était un temps où l'on pouvait profiter du premier soleil printanier sur les berges de la Seine, faire comme si le monde alentour n'existait pas. S'abandonner à un plaisir archaïque, animal, auquel nos ancêtres à peaux de bêtes, lorsqu'ils se sentaient à l'abri du danger, devaient aussi s'adonner, comme le font nos chats nos chiens et tant d'autres animaux. Profiter avec gourmandise de l'offrande de la lumière. Savourer cette joie paisible et solaire. Fermer les yeux, et entre œil et paupière s'immerger dans la couleur orange. J'enviais, cette capacité d'abandon. Car ce jour-là quelque chose me tourmentait. Une effroyable et silencieuse catastrophe venait d'avoir eu lieu, et personne ne semblait en prendre la mesure. Peut-être parce que c'était loin. Peut-être parce qu'on ne peut prendre sur soi tous les malheurs du monde. Peut-être parce que le déni nous permet de survivre. Pourtant quelques heures auparavant il y avait eu cela qui était arrivé.
 
 
C'est une catastrophe lente qui pourtant continue. On n'en parle plus. Un désastre chasse l'autre. S'efforce-t-on de croire qu'elles ne font que se remplacer quand au contraire elles s'additionnent ? Depuis quelques années l'humanité doit payer la note. Mais ceux qui détiennent les cordons de la bourse ne peuvent s'y résoudre. Cette réfutation obstinée a quelque chose de pathétique. Elle caractérise notre espèce qui s'entête à se mesurer à la nature. A fabriquer des situations critiques qu'elle se refuse d'anticiper en s'en remettant à la providence, en pariant sur la quasi improbabilité du risque. Il y a peu l'épidémie de Covid, nous a démontré qu'en cas d'accident industriel majeur en France, au contraire de ce qu'affirment les pouvoirs publics nous ne sommes pas en mesure de faire face. Nos infrastructures hospitalières sont inadaptées. L'armée est incapable de défendre la population. L'État a depuis longtemps abandonné les citoyens au profit des intérêts privés. A la faveur de cette épidémie, on a pu constater combien l'argent de la fraude fiscale, qui devrait servir au bien commun et aux infrastructures du pays a pu manquer. Mais on continue, cependant, comme si de rien n'était. Business as usual serait-on tenté de dire. 
Et puis, on continue aussi à nous prendre pour des cons, et d'une certaine façon pourquoi s'en priver puisque ça marche. Ça marche pour tout. A croire que les gens raffolent de ça. Ainsi peut-on lire et entendre, qu'aucun cancer, aucune maladie n'est due à une contamination nucléaire à Fukushima. Qui peut raisonnablement croire ça ?  Mais c'est la fiction que Tepco et les pouvoirs publics japonais ont mis en place et relayent de façon permanente par des médias qui leur sont acquis. Heureusement il existe d'autres sources d'information. Toute façon c'est là. On n'y peut rien. On ne peut contenir ce désastre. Il est désormais un des éléments constituants de notre condition humaine. Il nous reste la musique


mardi 14 avril 2020

Jeune femme lisant en compagnie de son chien


Voilà,
celle-ci je l'ai prise en Octobre 2018. Je suis toujours envieux de cette capacité qu'ont certaines personnes à s'allonger sur les bords de Seine, pour prendre le temps de lire ou simplement de ne rien faire, de se laisser baigner par la chaleur du soleil. Je m'y attarde souvent pourtant, mais il me faut être en mouvement. Je ne parviens pas non plus à m'abandonner ainsi dans un lieu public. Même lire au bistrot m'est difficile. Cette image atteste d'un temps où l'insouciance, la légèreté et l'indolence étaient encore des possibilités. Désormais notre vie confinée nous prive de plaisirs simples dont rien n'augurait, il y a quelques mois à peine, qu'ils pussent nous être aussi vite dérobés.
Traîner, flâner dans les rues du quartier latin, de Saint-Germain et sur les quais de Seine, déambuler dans l'île Saint Louis qui, ressemble à certaines heures à un petit village, me manque. Et sans doute aussi ce plaisir d'être saisi par un instant, une situation, une fraction de seconde insolite, un détail incongru. Ces moments d'errance, de déambulation me lient à cette ville depuis que j'y vis. J'en ai besoin. Ils sont ma part nécessaire de poésie et de lumière, surtout au printemps. Ces promenades au printemps naissant m'apportent, sinon la joie, du moins de fugitives félicités, d'éphémères délices, de doux transports. Les photos que je peux alors y faire sont comme des cailloux ramassés sur le bord du chemin. Parfois c'est un plaisir semblable à celui que l'enfant éprouve lorsqu'il capture parmi les herbes une sauterelle ou un papillon, peut-être juste pour ce chatouillement sur les paumes des mains refermées en une cage éphémère avant que l'insecte ne soit rendu à sa liberté.
Oui les photos offrent un contrepoint aux images, la plupart du temps sombres et tourmentées, que je produis et qui sont celles qui me viennent le plus spontanément. Comme le confinement, avive cette tendance, je m'abstiens de les publier. Peut-être d'ailleurs ne le ferai-je jamais.
Heureusement il y a les voix chaudes de Louis et Ella. Je vais commencer avec ça. Ensuite en verra. La musique accompagne mes journées. Je ne supporte plus d'écouter les nouvelles. Words words et guignolades. Oui heureusement, il y a les musiques, toutes les musiques.
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PS : En regardant quelques nouvelles sur le net, je vois que le spectre d'une nouvelle catastrophe nucléaire se profile, trente quatre ans après la première, à Tchernobyl où flambent les forêts de la zone interdite. On rapporte que le taux de radiation y a considérablement augmenté. Ici un fort vent de Nord-Ouest, sans doute chargé de particules balaye la ville. Mauvais karma pour l'humanité semble-t-il. Au moyen-âge, ai-je lu quelque part, après les catastrophes et les pandémies, il y avait toujours de grosses orgies. Est-il vraiment nécessaire d'attendre ?

dimanche 12 novembre 2017

Explosions nucléaires


Voilà,
cela se passe dans le stand d'une galerie renommée dans une foire internationale de photographie. Deux hommes en costume conversent devant un mur où sont disposées des photos d'explosions atomiques. On pourrait même imaginer qu'à ce moment précis les clichés qu'ils observent font l'objet d'une transaction. Je trouve qu'il y a quelque chose de particulièrement malsain dans cette scène. J'ai mis un certain temps à comprendre ce qui m'a mis mal à l'aise et incité à réaliser ce cliché : il s'agit vraisemblablement de tous ces encadrements qui modifient le statut de ces images. Autrefois documents, elles acquièrent ainsi une fonction d'objets décoratifs, sinon esthétiques. Une fois encore le désastre est transformé en spectacle et en marchandise. C'est étrange de constater cela, alors que depuis quelques mois, on recommence à évoquer le risque de conflit nucléaire, et qu'à l'heure où j'écris ces lignes on relève la présence de produits radioactifs dans l'atmosphère au-dessus de l'Europe sans que cette nouvelle ne fasse pour autant la une de l'actualité. On est passé de l'ère de "la banalité du mal" à celle de la banalisation de la Catastrophe. Comment, devant un tel déni, ne pas se ranger à l'idée que l'humanité court obstinément à sa perte, semblant même s'y précipiter avec impatience. Et n'y a-t-il pas plus de lucidité que de pessimisme à constater cela ?
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mardi 26 avril 2016

Insoutenable Légèreté


Voilà,
au Centre Pompidou se tient en ce moment une exposition de photos sur les années quatre-vingts, intitulée "L'insoutenable légèreté". Elles furent en effet étranges et paradoxales ces années où, moururent tant d'amis et de connaissances alors que se propageait l'épidémie de Sida, et qui, pendant que s'entretenait ici l'illusion d'un socialisme à la française, virent triompher partout dans le monde le libéralisme économique et la financiarisation à outrance. Mais trente ans après je me souviens surtout, du choc et de l'inquiétude suscitées par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, mot qui désigne aussi une plante amère, et qui apparaît dans la traduction russe de l'Apocalypse de Jean. D'ailleurs, la photo verte de Sandy Skoglund s'intitule "Radioactive cats". L'insoutenable légèreté, malheureusement, qualifie aussi le comportement de nos dirigeants à l'égard de la question nucléaire.

vendredi 12 février 2016

Économie de la Catastrophe


Voilà
On leur dit que s'ils ne consomment pas les fruits et légumes qui ont poussé dans la zone, ils manqueront à leur devoir de solidarité et de civisme. Bien sûr, c'est un peuple qui, par le passé, a montré une certaine propension au suicide collectif ; mais tout de même... Cependant rien n'empêche de penser qu'en de semblables circonstances, de pareilles injonctions pourraient nous être adressées. D'ailleurs cela n'a-t-il pas déjà commencé ? "Puisqu'il y a des terroristes, il est nécessaire d'accepter le paradoxe d'un état d'urgence permanent ; comme l'ennemi n'est identifiable nulle part, alors sans doute est il partout invisible, peut-être même êtes-vous l'ennemi — ou tout le moins son complice sans toutefois le savoir. Alors acceptez dans un premier temps que soient réduites vos libertés ; bientôt nous augmenterons vos contraintes. Il est de votre intérêt de dire oui. Cela dit si vous en éprouvez le besoin vous pouvez encore vous indigner sur les réseaux sociaux, il n'y a aucun mal à se soulager". Cela peut même créer de la marchandise.
D'autre part il semblerait qu'on soit entré dans une économie de la catastrophe. Non de ces catastrophes épisodiques que sont les guerres, mais de la catastrophe comme produit durable générateur de profits à court et moyen terme. Pour faire passer le message — ou mieux pour le brouiller ce qui revient exactement au même — on noie l'information dans des programmes, des applications ou des logiciels de divertissement. Ce qui importe, n'est pas de retenir l'attention du spectateur fixé à son écran, mais de faire en sorte au contraire de créer de la perpétuelle distraction afin qu'il s'accommode du bruit du monde sans quitter son smartphone sa tablette ou son ordinateur. On fait en sorte de gommer toute possibilité de penser autrement les faits, la réalité sociale, l'expérience du monde. Tout fait écran, au sens ou ce que s'y projette est précisément destiné à dissimuler. L'événement advient mais il doit toujours être sans conséquence. Plus précisément sans conséquence critique de trop haute intensité car cela pourrait nuire au fonctionnement de l'économie qui se nourrit de la catastrophe qu'elle génère. J'y pense souvent quand il m'arrive de traverser le paysage urbain encore préservé du Quartier d'Affaires. À chaque fois d'ailleurs il me semble irréel, artificiel, pareil à un décor et dénué de sens. Et toujours je me demande "Est-il possible que ça dure encore longtemps tout ce mensonge ? Est-ce donc vraiment la vie que tout cela qu'on nous propose ?" (Linked with The Weekend in Black and White)

jeudi 25 septembre 2014

Envie d'espace


Voilà,
parfois j'aimerais faire comme Laura ou comme Bill qui photographient si bien la nature, ou comme Gracie qui envoie des photos de sa ville et de la campagne alentour. J'ai fouillé dans les boîtes et retrouvé de vieux négatifs. Ce paysage de Corse qui m'avait sidéré. C'était en 1986. Revenant de Rome, j'avais embarqué à Livourne dans un ferry à destination de Bastia. Je m'étais installé quelques jours dans un hôtel et avais loué un scooter pour me promener sur les routes. Le jour où j'ai pris cette photo je me souviens que, devant ce panorama, un papillon s'est posé sur mon sac à dos. Je me suis beaucoup baladé cet été là. Châteaudouble avec Nathalie et Steph, puis Prague dans une voiture qui avait traversé l'Ukraine après la catastrophe de Tchernobyl, Rome chez Gabriella puis la Corse et ensuite la vallée des merveilles à la frontière franco-italienne, et de nouveau Chateaudouble, le dernier été autant d'endroits dont on a appris plus tard qu'ils avaient été très irradiés. Cela dit avec toutes les explosions nucléaires qu'il y a eu depuis que je suis né j'ai eu de toute façon ma dose, et je ne suis pas le seul. Pour ce qui est du temps présent je suis fatigué des paysages urbains et de cette ville devenue déprimante à force d'être mon seul horizon. J'ai envie de grand air, d'espace....

mercredi 11 décembre 2013

Ivresse de Brume



Voilà,
je ne sais pourquoi je me suis aujourd'hui attardé sur cette photo prise il y a quelques mois et à laquelle je n'avais dans un premier temps accordé qu'une attention distraite. J'aurais aimé l'associer au merveilleux titre d'une anthologie de poèmes bouddhiques "ivresse de brumes, griserie de nuages". écrits entre le XIIIème et le XVIème siècle par des moines coréens. Mais ces figures de pierres convoquent des pensées probablement moins sereines. Elles me touchent parce que la brume les rend tragiques. Le mouvement que je leur devine, suggère un possible effort mêlé d'étonnement pour interroger, saisir ce qui n'a plus ni forme ni sens et qui insidieusement se propage tout comme nous submerge la confuse rumeur de ces temps. Et tout à coup elles deviennent comme les représentations allégoriques de l'angoisse et de l'inquiétude.

lundi 27 août 2012

Black is black

  

Voilà,
outre les déclarations de Arnaud Montebourg et les propos de Manuel Valls, nos sémillants jeunes premiers de la politique française, - l'un voulait tout casser lors de la primaire socialiste et semblait en tous points s'opposer à l'autre - et qui, depuis qu'ils sont ministres révèlent leurs pires travers de politiciens roublards (on sent qu'ils sont déjà prêts à tout pour s'accrocher à leur maroquin) voici une raison supplémentaire de broyer du noir en ce début de semaine pourtant ensoleillé. Durant ces courtes vacances, je m'étais quelque peu affranchi de la tyrannie du Réel. Mais à Fukushima, la catastrophe rampe toujours. Chose étrange, la vidéo de surveillance que j'ai pu consulter cette nuit, où l'on voit nettement bouger un réacteur de la centrale sous la pression d'un nouveau séisme, n'est plus accessible. Quant aux medias, silence bien sûr. Plus vendeur de commenter le décès d'un animateur de télévision qui a fait fortune en produisant et présentant des émissions racoleuses et crétinisantes.

lundi 6 août 2012

Il y a 67 ans


Voilà
Soixante sept ans aujourd'hui qu'Hiroshima a été détruite.
Soixante sept ans d'ère nucléaire.
Peu de chose en somme à l'échelle d'une civilisation.
Mais "l'aboutissement" de la pensée occidentale, puisqu'il n'est désormais de possible retour en arrière.
Le Japon quant à lui aura payé au prix fort les conséquences de ce pari prométhéen
en subissant les ravages du nucléaire tant civil que militaire

mercredi 23 mai 2012

Bucolique

Voilà,
tant de paix de beauté et d'harmonie fait monter les larmes aux yeux. C'est un calme trompeur que celui de ces paysages souverains. On en oublierait presque la Menace toujours présente . Dans ce pays l'on ne peut jamais se trouver à plus de 200 kms d'une centrale nucléaire. (Linked with skywatch friday)

jeudi 26 avril 2012

Triste anniversaire


Voilà,
26 ans après on en est encore là, avec un sarcophage en béton qui n'est toujours pas achevé, et le premier sarcophage qui fuit de toute part. Quant aux nouvelles de Fukushima elles ne sont guère plus rassurantes. On va doucement vers le pire, dans l'indifférence générale et l'aveuglement au désastre somme toute plus confortables qu'un changement de paradigme. Et comme ils sont toujours d'une actualité brûlante, les aphorismes de Cioran "Nous savons maintenant que nous galopons vers des horizons d'apoplexie, vers l'âge d'or de l'effroi. Si l'histoire avait un but, notre sort à nous autres qui n'avons rien accompli, comme il serait lamentable. Mais dans le non-sens général, nous dressons, roulures inefficaces, canailles fières d'avoir eu raison. Plus d'un signe annonce l'hégémonie du délire Nous voici maintenant à la fin des tristesses prudentes et des anomalies prévues".

vendredi 24 février 2012

Vieille image même terreur

Menace
Voilà
souvent sa pensée vagabonde vers de sombres latitudes. Pénibles, ses nuits que traversent parfois de sourdes frayeurs. Il voudrait trouver le repos en ces temps incertains. Ne sait plus à quelle oreille se fier ni vers quel œil se tourner. L'ouïe fait l'huître le regard la taupe. Dire qu'il se sent d'attaque serait peut-être excessif. Entre rêve et ravage, témoin résigné d'un monde en sursis qui, dans le pressentiment de sa perte, contemple encore ses mirages et s'en inquiète, il vertige à bas bruit.
shared with  digital whisper

samedi 31 décembre 2011

A propos d'une photo de William Klein


Voilà
cette photo de William Klein prise en 1957 à Rome au pied de l'aqueduc de la via del Mandrione et de la via Porte Furba évoque ces scènes de genre que l'on trouve chez certains artistes du XVIIème et XVIIIème siècle lorsque les ruines deviennent un motif à la mode. On appelait "bambochades" ces représentations de la vie quotidienne avec des personnages du petit peuple se livrant à leurs activités dans un tel décor. Ce qui me touche c'est, malgré le poteau télégraphique, l'aspect ancien de l'image, souligné par le cheval et la porteuse d'eau... Il en existe une autre du même genre dans l'exposition : des enfants y jouent au foot près des ruines d'un palais de l'antiquité romaine. Ce que je vois, c'est moins la désolation de gens vivant parmi les vestiges que l'indifférence suggérée à ce qui reste d'une civilisation qui fut autrefois grandiose, indifférence nécessaire d'ailleurs pour survivre. Les tableaux eux, se présentaient en quelque sorte comme des "vanités monumentales", sortant du cadre de l'intime l'individu, le renvoyant cependant à sa finitude puisqu'il était condamné à se réduire en poussière plus vite que ces bâtiments. Ils rappelaient que les civilisations elles aussi sont mortelles, ou peut-être plus précisément qu'une civilisation païenne ne peut éternellement durer.

Ci-dessous une tableau de Pierre Patel (1604-1676), un de Giovanni Paolo Pannini (1691-1765), un autre de Marco Ricci (1676-1730), et enfin un dernier de Hubert Robert (1733-1808) le grand peintre des ruines.





Au moins y-a-t-il quelque chose de grandiose dans ces restes de Temples, d'Arènes, et d'ouvrages d'art. Du temple de l'argent que furent les Twin Towers et le WTC, il ne reste rien. Et du rêve prométhéen de l'humanité du XX ème siècle ceci : cette photo de David Guttenfelder de l'enceinte du Réacteur 4 de le Centrale de Fukushima, désormais une zone d'exclusion. Rien de bien spectaculaire somme toute, au regard du ravage qui s'y rapporte.


samedi 17 septembre 2011

Minuit moins deux secondes


Voilà
je repense souvent à cette histoire. L'homme apparaît à l'holocène. Si l'on reporte les paramètres de l'évolution de la vie terrestre sur une échelle de vingt quatre heures, les vertébrés ont commencé leur développement vers 21 h 30 et les premiers hominidés le leur vers 23 H 57. C'est donc à minuit moins deux secondes que l'homme fait son entrée sur la scène du monde. Le film de Werner Herzog intitulé  "La grotte des rêves perdus" s'achève par un saisissant et vertigineux raccourci soulignant le caractère paradoxal sinon absurde du devenir de l'humanité. A quelques kilomètres de cette cavité qui depuis 35 000 ans abrite des peintures rupestres demeurées en leur état originel (et dans cette courte distance, il y a tout le chemin parcouru par la pensée de l'homo sapiens, qui au regard de notre fable tient en deux secondes) se dresse une centrale nucléaire. Grâce à l'utilisation des vapeurs d'eau chaude qui s'en échappent, on a même aménagé à proximité une serre tropicale ainsi qu'une ferme d'élevage de sauriens qui se développent paisiblement dans cette région autrefois glaciaire qui fut peuplée d'ours, de mammouths, de chevaux sauvages, de bouquetins de lions et de rhinocéros. Comme si cette volonté de domestiquer puis d'asservir la nature n'avait somme toute d'autre dessein que de recréer des conditions de vie favorables aux descendants des dinosaures qui nous ont précédés, et qui probablement s'adapteront mieux que les hommes aux mutations qu'engendreront les autres catastrophes liées à l'usage de l'atome. Mais si finalement cette proximité entre la grotte Chauvet et la Centrale de Cruas nous racontait aussi quelque chose que nous nous refusons à voir ? A la fois l'histoire d'un temps archaïque où nous n'étions pas et celle d'un futur nucléaire où nous ne serons plus.

samedi 3 septembre 2011

Césium 137 à Fukushima


Voilà
les rejets de césium 137 à Fukushima 168 fois plus importants qu'à Hiroshima. S'efforcer de faire comme si de rien n'était comme s'il n'y avait pas cette tumeur nouvelle proliférant au cœur du Réel.

mardi 7 juin 2011

Fukushima n'a jamais eu lieu


Voilà
"la construction d'un présent où la mode elle même, de l'habillement aux chanteurs, s'est immobilisée, qui veut oublier le passé et qui ne donne plus l'impression de croire à un avenir, est obtenue par l'incessant passage circulaire de l'information, revenant à tout instant sur une liste très succincte de mêmes vétilles, annoncées passionnément comme d'importantes nouvelles ; alors que ne passent que rarement et par brèves saccades, les nouvelles véritablement importantes sur ce qui change effectivement. Elles concernent toujours la condamnation que ce monde semble avoir prononcée contre son existence, les étapes de son auto-destruction programmée." (Guy Debord - Commentaire sur la société du spectacle)

lundi 21 mars 2011

Soleil soleil


Voilà
aujourd'hui, belle journée ensoleillée. Il paraît que c'est parti pour durer. Étrange printemps qui vient, dans ce pays désormais en guerre, démangé par le prurit du racisme et que ronge un populisme de bas étage. Loin encore, reléguée en quelques heures aux troisième rang dans les titres de l'actualité, la menace atomique demeure toujours. Latente. Mais dit un économiste ce soir à la radio, "la catastrophe qui s'est abattue sur le Japon est une aubaine car sa reconstruction à venir va favoriser la relance économique". Cynisme ou connerie ?
Cette longue déambulation au Jardin des Tuileries et sur les quai de Seine, le spectacle de ces corps s'abandonnant aux premiers rayons du soleil après un long hiver souvent gris et maussade,  la vision de ces amoureux plus très jeunes qui s'embrassent et  se caressent sur les bancs comme des adolescents qui se croient seuls au monde, le regard de la petite fille à l'arrêt du batobus jouant avec une peluche mécanique, et qui soudain s'arrête pour observer une personne promenée sur un fauteuil roulant, l'obstination du dompteur de bulles quai des arts,  la silhouette résignée de l'accordéoniste solitaire, et puis cette longue cordiale et imprévue conversation rue de Seine avec un belle inconnue, comment tout cela me parviendra-t-il dans quelques mois ou même d'ici quelques semaines ? Peut-être alors, rétrospectivement, m'étonnerai-je de cette disponibilité, de cette nonchalance, auxquelles les circonstances ne se prêtent guère et dont je suis de toute façon si peu coutumier. J'ai cependant fait ce que j'avais décidé aux premières heures du jour. Profiter de cette lumière, de cette douceur printanière, et me promener comme un étranger dans ma propre ville, comme si le reste ne me concernait plus. Écrivant cela, je pense à cette phrase de Kafka, dans son journal "2 Aout 1914, après-midi piscine". C'est peut-être aussi ça l'illustration de cette maxime qu'il s'était adressé. "Dans ton combat avec le monde, supplée le monde". Le monde a aussi tellement besoin de joies simples.

vendredi 18 mars 2011

Artima ou "Dans le passé même le futur était mieux "(karl valentin)

Invaders
Voilà
le géniteur, passionné de science-fiction avait conservé ces bandes dessinées idiotes achetées en 1959, 60. Sans doute les avait il lues alors,  c'est à dire au moment  où en Algérie,  en tant qu'engagé volontaire il était venu participer à des "opérations de maintien de l'ordre" comme on disait  en ce temps là.  Dans ces fascicules au format d'un cahier édités par une petite entreprise de Tourcoing, Artima, on trouvait des récits complets en noir et blanc.  Il y avait "Météor"  avec, dessinées par Raoul Giordan des histoires d'explorateurs intergalactiques, missionés par l'Organisation des Planètes Unies afin de civiliser d'autres populations vivant sur des astres lointains.  
A Biscarrosse, entre 1965 et 1969 livré à moi-même pendant que mes parents travaillaient, je profitais du jeudi pour me délecter des périples fertiles en aventures  de Spade, Texas, et de leur commandant à bord de la fusée "Space Girl", le capitaine Spencer qui avait une moustache lui, et un faux air d'Errol Flyn.  Je me rappelle ces grasses matinées dans l'abri tiède et douillet de mon lit. Je voyageais avec ces héros qui traversaient les espaces intersidéraux parce que les moteurs atomiques de leur astronef leur permettaient de franchir la vitesse de la lumière. Spencer était aussi docteur. « Vif, alerte, mais toujours pondéré, il pouvait résoudre un problème en un temps record, trouver un vaccin, en quatre cases, maîtriser une situation d'un claquement de doigts. Lorsqu'il débarquait avec ses compagnons sur une planète, il tentait de s'adresser en slanton, (la langue internationale de la galaxie) à des peuplades  avec lesquelles heureusement il était possible, la plupart du temps, communiquer par télépathie - et j'espérais alors qu'un jour, moi aussi je connaîtrais ce mode de communication -. Les noms étranges de ces aliens me fascinaient tout autant que leur apparence. Il y avaient les Vrocks de l'astéroïde inconnu Lambda, les géants de la planète Diriop naufragés sur un astre nommé Armen, les Nyctalopes de Guria esclaves des Héméralopes, les Chmocks au pouvoir magnétique qui les rend si redoutables, les Syrtiens aux prises avec les hommes-méduses, les narkys et les hommes singes tamias, les pieuvres cosmiques " très intelligentes " de la planète Jouvencia, que nos héros avaient fini par apprivoiser. C'était toujours des histoires néo-colonialistes où, ambassadeurs du progrès et de la civilisation, nos trois terriens à la morale irréprochable, venaient rétablir l'ordre et apporter les bienfaits que seule notre humanité était à même de dispenser. » (Jean-Pierre Dionnet)

Il y avait aussi "Aventures fictions" traduction d'un comic book américain  "Strange Adventures" dont les couvertures me fascinent encore aujourd'hui. Venus de l'espace des Envahisseurs malfaisants, souvent difformes et répugnants, mais capables aussi parfois de se dissimuler sous notre apparence tentaient d'asservir la population terrienne, toujours blanche et plutôt américaine. Je laisse encore Jean-Pierre Dionnet en parler : "De brèves histoires bâties autour d'une chute, apparemment très simples mais cependant jamais simplettes. Toujours la même trame : la Terre en péril, menacée par un ganymédien gazeux (et fou par surcroît) qui collectionne les planètes dans un globe de verre au-dessus de sa cheminée ou bien par un jupitérien débile qui pêche notre belle planète à la ligne ou la coupe en tranches ou l'attire avec un aimant géant. Mais, attention! Il y a chaque fois un brave petit gars bien-de-chez-nous qui trouve le truc et sauve la baraque! Derrière ce thème que de trésors d'invention, d'idées superbes, à peine esquissées (...) L 'efficacité visuelle du récit, de la mise en place, du découpage, du dessin, l'aisance dans la description de figures imaginaires : tout cela n'avait pas d'équivalent chez nous.".

Ces récits faisaient écho à l'épopée bien réelle de la conquête spatiale et de la course à la lune entre américains et soviétiques. Tous les trois quatre mois, une fusée était lancée, avec à son bord des hommes réalisant des exploits inédits et des prouesses qui pouvaient laisser supposer que oui, un jour peut-être pourrait-on vivre hors de cette terre, voyager dans des fusées, visiter la lune. Que des choses inouïes seraient possibles en l'an 2000.... Mais voilà l'an 2000 est arrivé, et finalement il ne s'est rien passé de bien spectaculaire. Les hommes ne voyagent plus dans l'espace, et la croyance dans l'avenir, s'est dissipée dans une ivresse du présent où l'on tente d'abolir l'idée du temps et les vertiges qu'elle engendre. Comme si on s'efforçait de ne plus penser au futur, dont on sait depuis Tchernobyl qu'il sera forcément radioactif. Et nul besoin non plus d'extraterrestres pour envisager la mort imminente de de l'humanité. L'espèce la plus intelligente de la planète est aussi la plus prédatrice....  La nature hostile, contre laquelle pendant des siècles, elle s'était battue, mais dont elle avait fait une alliée pour assurer sa survie, elle a voulu l'asservir. Et ce rêve prométhéen est devenu un cauchemar. Les puissances qu'elle a déchaînées, se retournent à présent contre l'Humanité. Et l'on peut  désormais affirmer avec certitude, que c'est bien l'instinct de destruction qui a pris le dessus sur toute autre forme d'intelligence. Le temps est probablement proche, où les vieux locataires de la planète que sont les insectes, pourront, en s'alimentant de tout ce que nous aurons laissé à leur disposition, continuer leurs mutations, sans risque d'être écrasés sous nos pas.

jeudi 17 mars 2011

Fukushima

Voilà
Il faut continuer de vivre non seulement avec toutes ces choses que nous avons conscience d'ignorer mais aussi avec toute celles qui nous demeurent inconnues, et dont nous n'avons même pas idée... Il y a tant de risques qu'on ne peut prévoir, tant d'éventualités que nous sommes incapables d'envisager, tant de conjonctions inimaginables, d'événements qui peuvent surgir par accident et rompre la cohérence que nous nous efforçons de donner au monde qui n'en a pas pour autant plus de sens.  Cependant, il y a aussi, tout ce qui est prévisible, envisageable et qu'on se refuse à considérer.

Un jour advient le désastre, ce désastre qui était prévu programmé, mais dont on s'efforçait obstinément de croire qu'il nous épargnerait. Et l'on sait que désormais ce désastre sera notre environnement. C'est dans ce désastre qu'il faudra continuer de vivre, d'aimer de pleurer, de rire aussi. Mais on ne veut pas s'y résigner tout à fait, il faut que l'idée fasse son chemin. Pourtant il est impossible de s'en échapper. Pas d'autre solution que de croire et faire confiance aveuglément. On vit intensément le présent parce qu'il n'est plus possible de faire autrement, tant le futur semble hypothéqué. Noyé sous le flot des informations contradictoires, on reste parce que c'est au cœur de la Catastrophe, s'efforce-t-on de croire, dans les entrailles du chaos, qu'on peut vraiment assigner une valeur à l'espoir. Il se pourrait que quelque chose d'autre arrive. Quelque chose à la mesure de ce qui nous a précipité dans ce désarroi. Pour nous en délivrer. Et quoiqu'il en soit, en dépit de tout, on se prend à espérer, à croire à l'insensé : an miracle.

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