Jardin Botanique de Lisbonne
Voilà,
aux dernières nouvelles l'avenir serait dans les champignons. Pourvu que ce ne soit pas un champignon atomique.
Au
cœur de la forêt amazonienne, des scientifiques ont découvert un champignon qui se nourrit de plastique.
Pestalotiopsis microspora est un champignon particulier. Il
peut survivre exclusivement grâce à l'un des types de
plastique les plus courants (et les plus persistants) : le polyuréthane et ce, même dans
des environnements dépourvus d'oxygène, comme les décharges enfouies.
Cette
capacité remarquable en fait un recycleur naturel, capable de réaliser ce
que les systèmes créés par l'homme ont encore du mal à accomplir :
décomposer les déchets plastiques de manière efficace et durable. On pourrait imaginer un monde où les bouteilles en plastique jetées ne
dureraient pas des siècles, mais se décomposeraient en quelques
semaines, grâce à un allié microscopique caché dans le sol forestier. Les
chercheurs espèrent désormais exploiter cette espèce pour la
bioremédiation, c'est-à-dire le nettoyage des sols pollués, des côtes
envahies par le plastique et même de nos océans.
Mais il paraît aussi que
les ruines de Tchernobyl, recèlent elles aussi un
champignon tout à fait particulier. Lui c'est de radiations dont il se nourrit, d'après certains scientifiques qui l'on découvert. Le Cladosporium
Sphaerospermum est un champignon noir découvert sur les parois du réacteur 4
de Tchernobyl, l'un des environnements les plus radioactifs de la
planète. Au lieu de mourir, cet étrange organisme prospère en absorbant les
radiations gamma mortelles qu'il convertit en énergie
métabolique. Ce
processus, appelé radiosynthèse, est similaire à la photosynthèse des
plantes. Simplement au lieu d'utiliser la lumière du soleil, ce champignon
utilise les radiations pour sa croissance. C'est l'un des rares organismes connus sur Terre à le faire. Cette espèce fongique pourrait non
seulement empêcher la contamination nucléaire de se propager, mais serait aussi potentiellement en mesure d'absorber et de neutraliser complètement les
radiations dans ces zones.
Des recherches sont encore nécessaires avant
de d'envisager l'utilisation de ce processus.
Les scientifiques explorent
son potentiel de biorestauration en l'utilisant pour nettoyer les sites
radioactifs trop dangereux pour l'accès humain. Sa capacité à tolérer,
voire à absorber, les radiations pourrait en faire un outil précieux
pour la reconstruction après une catastrophe nucléaire. "C'est comme si la nature avait conçu un bouclier biologique contre les radiations", a observé un chercheur. En outre, ce champignon pourrait être utile dans l'espace. Des chercheurs ont déjà envoyé le Cladosporium sphaerospermum vers la
Station spatiale internationale. Non seulement il a survécu mais il s'est
développé. Plus impressionnant encore, il a bloqué jusqu'à 84 % des
radiations cosmiques incidentes. Cela laisse augurer qu'il pourrait un
jour servir de bouclier naturel contre les radiations pour les
astronautes en mission dans l'espace lointain, où l'exposition
représente un risque sanitaire majeur. Des
retombées nucléaires à l'exploration spatiale, ce modeste champignon
noir pourrait détenir la clé de la survie dans certains des
environnements les plus extrêmes de l'univers. On peut être reconnaissant au reste de la nature de proposer des solutions aux méfaits que l'humanité lui inflige.
Est ce que l'industrie est prête à investir pour passer au stade du développement qui permettrait d'absorber certaines pollutions déjà existantes ?
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