mardi 31 juillet 2012

Un trou dans le temps



Voilà
"Ceci est l'histoire d'un homme marqué par une image d'enfance. La scène qui le troubla par sa violence et dont il ne devait comprendre que beaucoup plus tard sa signification eu lieu sur la grande jetée d'Orly quelques années avant le début de la troisième guerre mondiale" ... "Rien ne distingue les souvenirs des autres moments, ce n'est que plus tard qu'ils se font reconnaître à leurs cicatrices" ("La jetée" un photo roman de Chris Marker). Parce que nous étions précisément à Orly, - lieu qui semblait fascinant au début des années soixante -, j'ai parlé de ce film il y a une semaine à ma fille, lui expliquant que c'était parmi l'un des plus beaux que j'avais vus. J'avais alors dix sept ans, et je me souviens de l'effet de sidération produit par ce montage, ce récit d'un énigmatique futur antérieur autant qu'intérieur, et  par la musique de Trevor Duncan, et aussi de l'impact provoqué par la seule image animée du film. J'y retrouvais bien des angoisses de mes années d'enfance, celles liées à la guerre froide, à la course aux armements nucléaires, à l'affrontement des deux blocs, et aux images de destruction massives qui me hantaient alors.


Mais ce film fit aussi ressurgir d'autres fantômes me racontant autrement une histoire déjà connue de moi seul. Bien des années après, j'y ai de nouveau songé dans les sous-sols de Chaillot, ceux-là même où, est il dit dans le film, les survivants s'établirent. Pourtant c'est par un jour de grand soleil que j'ai découvert ce film, associé aussi au bonheur adolescent d'un premier amour. Le revisionnant je suis stupéfait par ces phrases qui se sont peut-être imprimées en moi à mon insu. "Un trou dans le temps et peut-être y ferions nous passer des vivres, des médicaments, des sources d'énergie"ou bien "la police du camp épiait jusqu'aux rêves". Paradoxalement ce court métrage, quoique composé  de plans fixes et de photogrammmes demeure pour moi l'essence même du cinéma. Quelque chose de trouble et d'énigmatique le parcourt, et conserve un étrange pouvoir même encore aujourd'hui. Son auteur s'en est allé. Il vivait depuis quelques années sous le signe du chat. Guillaume je crois.


dimanche 22 juillet 2012

Parc Floral


Voilà
cet après-midi dans une ambiance estivale (car les beaux jours semblent enfin revenus), Mulatu Astatké a donné un magnifique concert au parc floral de Vincennes. L'ambiance était paisible et le set très tonique avec d'excellents interprètes qui visiblement partageaient leur joie de jouer. J'ai retrouvé là Karine A. que je n'avais pas vue depuis longtemps et j'ai fait bonne figure. C'était aussi sympa qu'inattendu de passer ce morceau d'après-midi en sa compagnie. "Mieux que bien" comme elle a écrit sur facebook. J'ai parfois tendance à oublier que j'ai des amis. On se voit si peu. On se donne des nouvelles par machines interposées. Pourtant ces réseaux, ces messageries sont bien illusoires. Il rendent plus aigu le sentiment de solitude, tout en augmentent l'illusion de la socialité. Mais dans l'espace virtuel, comme disait la bande annonce d'Alien "personne ne t'entend crier". Allez ! "Tomorrow is another day".

samedi 21 juillet 2012

Errance(s)


Voilà
en fait il n'a pas vraiment choisi d'être parmi le public C'est le hasard qui l'a poussé là cette fin d'après midi  Mais cet homme sur scène son chant lui serre la gorge l'écorche de souvenirs   Tant de souvenirs  Puis monte l'angoisse  Trop seul dans la foule Alors il déserte vieil enfant  Mais va doucement marche à petits pas très lents très lents  S'efforce de sourire pourtant  Vieux gamin qui n'en a toujours pas fini de chercher son chemin  Ne sait si ses pas le mènent vers rien ou l'attirent vers pire  Chagrins d'un autre âge  Sensations de naufrage  Ne voit plus bien maintenant  Yeux sombres  Fatigué marche comme une ombre  Alors s'enferme au cinéma  Ne voyage plus que comme cela désormais




Plus seul que seul dans la salle surchauffée  Content tout de même qu'on dépense tant d'argent rien que pour lui  D'un certain point de vue bien à l'abri tranquille peinard  Probabilité quasi nulle qu'un dingo vienne massacrer une foule ici  Ou alors c'est qu'on lui en voudrait personnellement il serait l'humanité à lui tout seul  La bonne blague ah la bonne blague  Du temps passe  Des récits s'enchevêtrent dans des images  Le transportent vers un ailleurs poétique  Lui font un temps oublier ce qui le tourmente  Puis sortir faut bien finir par sortir de "la nuit d'en face"  De nouveau la rue même rue si souvent remontée autrefois téléphone à l'oreille  Remontée en parlant pour murmurer des mots tendres à celle qu'il avait laissée dans un lit qu'il n'aurait jamais du quitter  Si peu de nuits avec elle  Mais il y avait l'enfant qu'il voulait retrouver au matin  Si loin tout ça pourtant blessure toujours suppure  Elle sous d'autres cieux l'a oublié  Mais l'enfant jeune enfant chaque jour lui dit son bonheur d'être près de lui alors pourquoi geindre


Et puis soudain vision étrange vision de cette voiture de sport très old fashion avec ce panneau de circulation dépassant de l'habitacle

vendredi 20 juillet 2012

Les démons


Voilà
jamais il n'a autant craint ses démons, les perspectives qu'ils lui suggèrent, les images qu'ils convoquent, les abîmes où ils voudraient le précipiter. Parfois il redoute de ne pas être capable de résister. Il s'efforce de chasser toutes ces histoires de corde dont on lui a tant parlé ces dernières semaines, tous ces terrifiants récits de détresse, ou bien de passages à l'acte stupides et irréfléchis qui depuis le hantent. Il s'inquiète de ce hideux visage que prend à présent la solitude, pourtant si souvent son alliée autrefois. Tenir, tenir, ce n'est rien qu'une mauvaise passe. Ne pas lever les yeux dans la cage d'escalier. Chasser l'image. Juste penser à l'enfant. Son sourire si plein de gratitude. Son regard lumineux comme une offrande. Toute cette tendresse. Et ce geste délicat qui appelle un baiser. Cela et rien d'autre.

jeudi 19 juillet 2012

Déménagement


Voilà
depuis le 2 mai "La Hune" n'est plus sur le Bd St Germain entre "Le Flore" et "Les deux magots". Elle s'est installée à la place de la Boutique Dior, à l'endroit où se trouvait autrefois la librairie "Le divan". Bon c'est comme ça les choses changent... Cela aurait pu être bien pire : qu'une autre librairie disparaisse du quartier par exemple, comme en 2006 la librairie Actualités rue Dauphine où je trainais souvent dans mon adolescence. Je me souviens de Pierre Scias, le tôlier, qui à l'époque avait un casque de cheveux frisés à la Angéla Davies, et un accent du sud très prononcé. Écoutant de la bonne musique alors que quelque encens répandait ses effluves de santal ou de patchouli, il bouquinait derrière son bureau, surveillant d'un œil vague le client susceptible de faucher un bouquin. C'est là que j'avais acheté "Le traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem et aussi le poster  qui reproduisait solarisé sur fond jaune un portrait de John Lennon réalisé par Richard Avedon pour une couverture du magazine "Look". Il y avait aussi de nombreux comics de la presse underground importés des Etats-Unis. La librairie a survécu un an à sa mort soudaine et puis a fini par disparaître. Je ne repasse jamais rue Dauphine sans un léger pincement au cœur.

dimanche 15 juillet 2012

Fanfare Electronique au Parc Georges Brassens

 


Voilà
on a profité de l'éclaircie en fin d'après-midi et du fait que peut-être il ne pleuvrait pas pour aller en vélo jusqu'au Parc Georges Brassens avec Constance. Michel m'avait donné rendez-vous là-bas, parce qu'il y avait la fanfare électronique mobile, un truc qui s'appelle le Méta-Orchestre. Les musiciens vêtus d'une combinaison noire (rappel sans doute du costume de concertiste et de la tenue de travail du technicien du son) se baladent par paire, trainant un charriot avec les données informatiques et le système d'amplification des hauts-parleurs qu'ils portent sur eux grâce à un harnachement - plutôt lourd et malcommode aux dires des musiciens -. Ils tiennent aussi à la main un joystick qui leur permet de répondre aux indications du chef qui les dirige par micro et qu'ils entendent au moyen d'écouteurs. C'est amusant, ingénieux, bien que la  musique ne soit pas très exaltante tout de même. Mais bon, on est content de vivre au XXI ème siècle rien que pour voir ça, d'autant qu'en cette fin d'après-midi le soleil est revenu et rien que ça c'est déjà une bonne nouvelle.

samedi 14 juillet 2012

14 Juillet 83 (3)

Voilà
finalement à force d'obstination et de ténacité la dame avec la robe à fleurs est enfin parvenue à ses fins. Elle peut enfin jouir désormais d'une vue imprenable sur la soldatesque qui marche au pas. Mais gare toutefois aux courants d'air ainsi qu'aux garnements...




jeudi 12 juillet 2012

Marcella Barcelo au travail


Voilà,
ce matin m'est revenue en mémoire l'image de cette jeune artiste de dix-neuf ans, Marcella Barcelo particulièrement talentueuse exposée Rue Guénégaud dans le sixième arrondissement en avril dernier. Une chambre avait été recréée au fond de cette vaste galerie afin qu'elle puisse y travailler paisiblement. Elle avait accepté que je la photographie. On est dans le "cliché" (semble-t-il ouvertement assumé par l'artiste) de la jeune fille de bonne famille à son ouvrage de peinture. Tous les accessoires du luxe bourgeois bohème sont rassemblés dans le cadre. Fille d'un des plus grands peintres catalans contemporains elle bénéficie d'un capital social et symbolique qui favorise bien évidemment son introduction précoce sur le marché de l'art. Mais dans cette pose, et dans le code vestimentaire j'y trouvais aussi quelque chose d'émouvant qui me rappelait un souvenir : Agnès, dessinant autrefois dans sa chambre. J'avais alors pensé à la chance qui était la sienne de grandir dans un environnement favorisant toutes ses dispositions créatrices. Il n'y a pas de hasard, l'accès à l'art, la culture  -  je ne parle pas de la consommation - mais de la pratique artistique et à sa compréhension - du moins en occident - est avant tout une affaire de classe sociale. Hier au détour d'une conversation F. dont j'apprécie le talent d'acteur et la vivacité d'esprit, et qui a été de la grande aventure de la décentralisation avec Chéreau, Vincent dès le lycée Louis le Grand, glisse au détour de la conversation "j'ai alors demandé à ma cousine Edmonde Charles Roux", et aussitôt ce détail opère comme un marqueur : je viens de là, je suis de cette classe là, la classe dominante, celle qui tient son savoir et aussi sa capacité de transgression de l'Argent et des codes du pouvoir. J'ai, dans mes jeunes années, frayé un temps dans ces eaux-là, celles de la bourgeoisie éclairée. Je sais tout ce que j'en ai retiré et de quoi ça m'a sauvé. Mais je n'oublie pas d'où je viens et ce qui me sépare d'eux. C'est une affaire de corps, de maintien d'attitude et qui est la marque même du pouvoir. D'instinct les uns et les autres nous reconnaissons nous comme antagonistes. Mais il y a une catégorie de bourgeois que j'aime, ceux qui conscients de leur héritage sont capables de partage de bienfaits et de dons et de soutien aux artistes. Pour ma part, reclus et solitaire, je me sens plutôt une fraternité obscure avec tous ces bidouilleurs qui s'obstinent à créer coûte que coûte afin d'échapper à leur condition. Et même si j'use de moyens plus sophistiqués ma démarche est la même. Je suis à ma façon un adepte de l'art brut et parfois je pratique l'art pauvre digital.

mardi 10 juillet 2012

Heureux qui comme Argos n'a pas voyagé


Voilà
en écoutant les œuvres pour piano de Debussy (mais cela pourrait m'arriver avec d'autres compositeurs) je souhaiterais par moment n'écouter et n'aimer que cela. Ce serait tellement plus reposant que la curiosité où je m'éparpille et que je ne parviens à assouvir, ou plus précisément qui m'envahit et qu'il m'est impossible de repousser. Je songeais à cela aussi, l'autre jour à l'exposition Richter qui m'a touché par bien des aspects et intrigué par la variété des styles. Il m'arrivait d'être assez peu intéressé par certaines périodes de son travail et même un peu agacé me demandant si ce n'était pas là le symptôme d'une certaine superficialité. Pourtant à bien y réfléchir j'imagine que cette attitude doit être aussi inconfortable que nécessaire. Je comprends l'inquiétude de l'artiste ou de l'être humain qui, saisi par la lassitude de lui-même, décide de passer carrément à autre chose. Finalement la position d'un Soulages est peut-être plus confortable ou plutôt dénote-t-elle une forme de sagesse d'accomplissement. Elle se rapproche de la méditation puisque l'existence se circonscrit à un seul geste artistique dont la répétition  peut paraître une tentative de toucher à l'essentiel, alors que celle de Richter serait une forme de divertissement, peut-être de fuite pour échapper à un ennui ontologique. Enfin c'est là, juste une hypothèse, une interprétation...

lundi 9 juillet 2012

Boulevard Montparnasse une autre Macha


Voilà
cette jeune fille, ou cette jeune femme je ne sais pas trop, aperçue lors de la Gay Pride sur le boulevard Montparnasse je ne voulais pas la perdre, perdre sa présence, le souvenir de son intense présence qui, une fraction de seconde, a éveillé quelque chose d'enfoui et d'inexplicable. Je l'ai vue d'abord comme une figure de l'époque, un signe une énigme et soudain elle m'a offert ce regard, cette expression, contre son gré peut-être, mais elle ne m'a pas insulté ne m'a pas chassé. Je lui suis reconnaissant pour cet instant ce regard et ce visage qui m'émeuvent sans raison, ou au-dela de toute raison, qui suggèrent à la fois une grande détermination et une vague détresse. Dans la première photo tout de cette silhouette me plaît et m'intrigue. Voilà pourquoi je la cadre. Qui est elle ? quelle âge a-t-elle ? Il me semble qu'elle porte un appareil photo en bandoulière, j'imagine qu'elle est peut-être artiste et aussitôt elle me semble moins étrangère. Au moment de la photographier je la pense adolescente. Je n'en suis pas si sûr à présent. Peut-être alors me suis-je souvenu de ce jeune homme tout de noir vêtu qui se fardait les yeux au khol et portait en pendentif une vertèbre humaine ramassée dans un cimetière abandonné. Celui qui lisait Nerval, Baudelaire, Lautréamont, mais aussi les poètes du manifeste électrique aux paupières de jupe, qui aimait les dessins spirites de Victor Hugo et avait lui aussi des velléités d'artiste et des idées sombres. Sur la deuxième photo je découvre son visage, avec ce mélange de défi et de désarroi. Quelque chose qui me semble très mélancolique. Je songe à présent à Barbara, au "mal de vivre", à Macha dans "La mouette" de Tchekhov, oui c'est elle aujourd'hui Macha "je m'habille en noir parce que je porte le deuil de ma vie". J'aime cette photo, et cette fille que je ne connais pas, je voudrais qu'elle soit heureuse, qu'elle aille au bout de ses rêves et qu'elle trouve un jour les bonnes chaussures pour, d'un pas léger, voyager de par le monde.

dimanche 8 juillet 2012

Noires encore

  
  


Voilà
je m'interroge sur cette obstination à vouloir produire des images. Sans doute me relient elles au monde réel, même si nombre d'entre elles en réfutent la représentation. Sans doute compensent elles mon inaptitude à formuler une pensée structurée conforme à ma perception du monde et mon incapacité à transcrire la complexité que je perçois ou ressens. Comme le confesse Rousseau dans une de ses rêveries "C'est à la promenade au milieu des roches et des bois, c'est la nuit de mon lit et durant les insomnies que j'écris dans mon cerveau, si je veux écrire de suite ce qui vient je ne sais ni commencer ni finir". Voilà pourquoi je fabrique des images. Trop souvent les mots se dérobent.

samedi 7 juillet 2012

Matin gris


Voilà
je comprends mieux pourquoi les anglais ne cessent de parler du temps qu'il fait ... Si rare le soleil... Donc un temps à trier ou tirer des photos chez soi... faire le ménage... les comptes... bricoler.... essayer de résorber le chaos... se débarrasser de choses inutiles sans pour autant se débarrasser de soi-même (il est une petite personne qui ne le comprendrait pas et en souffrirait), ou bien un temps pour dormir voilà juste dormir simplement dormir continuer ce lent combat contre la fatigue qui ne lâche pas son emprise et commence dès le matin... Comment faire pour trouver un peu de légèreté, d'insouciance...

(...)


Finalement, après avoir travaillé sur quelques photos prises à la Gay Pride que mon chemin avait par hasard croisée la semaine dernière, et aussi après avoir dormi une partie de l'après-midi (tant pis pour le rangement et si cet appartement continue à demeurer un atelier plus qu'une habitation où je ne reçois plus personne), j'ai opté pour la cinémathèque, espérant que les nombreuses et violentes averses des heures précédentes ne se reproduiraient plus. Je suis arrivé vers sept heures à Bercy, un peu en avance donc, car ma séance était à  la demi et j'ai traversé le parc vers la Seine, attiré par les notes joyeuses d'une fanfare.



je suis resté un moment à ce qui semble-t-il était un concours. l'ambiance semblait joyeuse et détendue en dépit du temps incertain. ensuite j'ai rejoint la salle de projection pour voir "Nine to nine" un très mauvais film de Edgar G.Ullmer, une rareté assez kitsch truffée d'inexactitudes et d'approximations (l'action se passe à montréal mais les policiers ont des coiffes de bobbies anglais, les acteurs parlent avec des accents tous plus improbables les uns que les autres). Je me suis aperçu que la moyenne d'âge de la salle était assez élevée et que la plupart des spectateurs étaient laids. Comme je n'étais pas rasé et vêtu en dépit du bon sens avec mon imper à la Colombo et mon vieux jean acheté à Nice en 1996 dont je n'arrive pas à me débarrasser et que je recommence à porter, je me suis dis que je ne déparais pas dans l'assistance. Ensuite je suis allé rejoindre chez Christelle, Blandine et Dominique que je n'avais pas vus depuis longtemps. Constance était encore réveillée et jouait avec son copain Henri venu dormir dans sa chambre. Soirée sympa... Pourtant je suis rentré un peu maussade et légèrement ivre. La solitude m'accable, mais elle est si nécessaire au regard de ce que j'ai à boucler qui n'a peut-être d'importance que pour moi, mais dont j'ai toutefois un impérieux besoin.

vendredi 6 juillet 2012

Pas même vingt et un grammes

Châteaudouble (1993)

Voilà
juste ça, juste ce coin de fraîcheur et les senteurs du figuier, le crépitement des grillons, juste ce moment d'absence, le léger accablement de la chaleur, ce doux moment de vacuité d'égarement d'abandon, la vie rendue légère et insignifiante, pas même vingt et un grammes... il suffirait de juste ça.