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lundi 16 février 2026

Chatoiement


Voilà,
je me souviens du livre de Cees Noteboom "Rituels". Lu en 1988, il m’avait alors durablement impressionné. Il en fut de même pour ses ouvrages ultérieurs. Et puis je me me rappelle aussi le Festival de Chateauvallon en Août 1973. En première partie de Cecil TaylorLe Michel Portal Unit, avec parfois d'étranges instruments. Ce fut mon premier concert de Jazz. Assez déconcertant. J'ai retrouvé sur le net une trace de cette performance. Je suis quelque part dans le public avec Agnès. Portal et Noteboom ont l'un et l'autre disparu la semaine dernière. D'eux subsistent encore les chatoyantes impressions que leurs créations ont fixées dans ma mémoire. 

samedi 14 février 2026

J'aime / Je n'aime pas (19)

 
 
Voilà,
j'aime l'atmosphère paisible de cette photo prise au pays basque à Fontarrabie en Août 2012
 
Je n'aime pas les gens qui vous postillonnent dessus quand ils vous parlent. Ce sont souvent les mêmes qui n'ont pas le sens de la distance sociale et qui s'approchent toujours trop près de vous
 
J'aime ces petits rituels alimentaires qui s'installent pour quelques temps : boire un mélange de citron et de gingembre, acheter de l'araignée de porc tous les vendredis au marché,
 
Je n'aime pas le fait que les All Blacks dont le jeu est devenu prévisible et stéréotypé perdent autant ces dernières années et qu'ils ne soient plus la fantastique équipe de rugby qu'ils étaient il y a dix ans
 
J'aime la téoulette, ce fromage de brebis fabriqué en Lozère
 
Je n'aime pas les interviewers qui a la radio ou à la télévision essaient de briller au dépens de la personne qu'ils sont supposer interroger et faire parler
 
J'aime regarder de vieilles cartes routières "Michelin" surtout celles que j'utilisais dans ma jeunesse, avec mes itinéraires surlignés
 
Je n'aime pas, je ne supporte plus ces voix synthétiques qui se ressemblent toutes et toujours plus  nombreuses dans les "reels" et les stories inondant les réseaux sociaux
 
J'aime revoir cette vidéo où, lors de la cérémonie d'ouverture du festival de Cannes,  Zao de Sagazan chante "modern Love"  de David Bowie  en hommage à Greta Gerwig, présidente du jury cette année-là. La performance de Zaho de Sagazan a été conçue comme un clin d’œil à au  film, "Frances Ha" (2012), danse dans les rues de New York ou Greta Gerwig danse sur cette même chanson dans les rues de New York., reprenant le célèbre plan séquence dans "Mauvais sang" de Leos Carax. Le moment où les deux femmes se prennent la main est très émouvant.
 
Je n'aime pas relire les livres de Roland Barthes dont le maniérisme et le style pseudo-scientiste m'exaspèrent aujourd'hui et me rendre compte que oui, tout de même à une certaine époque, dans les années soixante-dix j'y ai tout de même été sensible, parce qu'il était à la mode dans le milieu universitaire.

J'aime cependant la structure fragmentaire et l'architecture du livre "Roland Barthes par lui-même" avec ses photos insérées
 
Je n'aime pas quand la grisaille froide et humide de l'automne s'installe durablement sur la ville et rend tout morose
 
J'aime à peu près autant les chansons de variété indienne que celle de variété italienne. Et même si ça peut paraître très ringard, je m'en fous
 
Je n'aime pas le bavardage des coiffeurs, surtout lorsqu'ils sont enrhumés
 
J'aime les livres de Chris Marker intitulés "Commentaires 1 & 2" parus aux aux éditions du Seuil en 1961 avec leur typographie si particulière, des Egyptiennes grasses avec des empattements solides et des Garamond.
les expérimentations de Chris Marker mêle divers documents – coupures de presse, bandes dessinées, gravures… – à des photographies et des textes qui commente ses propres films.
les expérimentations de Chris Marker mêle divers documents – coupures de presse, bandes dessinées, gravures… – à des photographies et des textes qui commente ses propres films.

Le recueil de ses Commentaires II (Seuil, 1967) contient un projet, Soy México, inabouti faute d’accord avec François Reichenbach.
les expérimentations de Chris Marker mêle divers documents – coupures de presse, bandes dessinées, gravures… – à des photographies et des textes qui commente ses propres films.

Le recueil de ses Commentaires II (Seuil, 1967) contient un projet, Soy México, inabouti faute d’accord avec François Reichenbach.
les expérimentations de Chris Marker mêle divers documents – coupures de presse, bandes dessinées, gravures… – à des photographies et des textes qui commente ses propres films.

Le recueil de ses Commentaires II (Seuil, 1967) contient un projet, Soy México, inabouti faute d’accord avec François Reichenbach.
 
Je n'aime pas que des gens exigent de moi une attention qu’ils n’ont pas été capables de m’accorder quand j'en avais besoin
 
J'aime le jus de pommes pétillant "Apibul" au gingembre. C'est ma nouvelle boisson favorite depuis cet automne

Je n'aime pas les gens qui disent inclinaison à la place d’inclination, surtout lorsqu’ils s’expriment sur une chaîne culturelle.
 
J'aime la satisfaction éprouvée après avoir fait un grand ménage dans la maison
 
Je n'aime pas le comportement des gens qui portent un sac à dos dans les transports en commun et ne se rendent pas compte, de l'espace qu'ils occupent, et ne s'aperçoivent pas de votre présence derrière eux

J'aime le fait qu’en France, depuis quelques années, il puisse y avoir tous les dimanches matins un émission consacrée à Bach sans coupures publicitaires et avec quelques informations pédagogiques.
 
Je n'aime pas subir l’odeur des fumeurs dont le corps sent le tabac même quand ils ne sont pas en train de fumer
 
J'aime le goût citronné de certaines tomates, en particulier les zebra 
 
Je n'aime pas ces derniers temps entendre chaque matin une nouvelle connerie proférée par Trump ou une nouvelle menace de sa part adressée au reste du monde
 
J'aime les bandes dessinées de Daniel Clowes qui décrivent une Amérique profonde bien glauque
 
Je n'aime pas l’émission protestante le dimanche matin sur France-Culture. Je la trouve souvent niaise et compassée
 
J'aime l'Alexion cette mixture conçue à partir d’un mélange secret de 52 plantes naturelles. Cet élixir unique est reconnu pour ses bienfaits sur l’organisme et sa richesse en vitamines et minéraux. Fabriqué par les moines trappistes de l'Abbaye d'Aiguebelle dans la Drôme, on ne peut se le procurer que dans les boutiques d'artisanat monastique.

Je n'aime pas cette sensation que j’ai éprouvée récemment le matin au sortir d’un rêve où ma dernière phrase était "je n’ai plus envie de vivre" raison pour laquelle vraisemblablement je me suis réveillé. Mais peut-être après tout les rêves ne font ils qu’exprimer des vérités qu’on n’ose s’avouer même à demi-mots.

J’aime l'arrivée en train à Bordeaux lorsque l'on franchit la Garonne

lundi 26 mai 2025

Une très étrange procession avec fanfare

 
Voilà,
Samedi dernier, non loin de la place de Catalogne, en haut de la rue du commandant Mouchotte, j'ai croisé une étrange procession. Je n'ai pas eu le temps d'accompagner, mais j'ai pris quelques photos. Après recherche, j'ai découvert que ces gens étaient membres d'une Église indépendante africaine chrétienne de type prophétique, appelée l'église Kimbangiste. 
Tout de même, il s'en passe des choses à Paris
Cette église doit son nom à Simon Kimbangu, son fondateur dont le patronyme signifiait "celui qui révèle les choses cachées". Elle est actuellement surtout présente dans l'actuelle République démocratique du Congo et dans la population congolaise émigrée issue de ce pays.
Le nom officiel de l'Église kimbanguiste est depuis 1987 "Église de Jésus Christ sur la Terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu", en sigle EJCSK, anciennement appelée "Église de Jésus-Christ sur la Terre par le prophète Simon Kimbangu".
Depuis les festivités du centenaire qui ont eu lieu le 6 avril 2021, le nom officiel devient "Église de Jésus-Christ sur la Terre par son envoyé spécial papa Simon Kimbangu".
 
Le mouvement Kimbanguiste a été créé le 6 avril 1921. Ce jour-là, Simon Kimbangu déclare que  Jésus Christ lui est apparu, ce qui lui aurait permis d'accomplir une guérison miraculeuse sur une jeune femme nommée Nkiantondo qui était dans le coma depuis plusieurs jours. La nouvelle de ces événements se répand dans le Congo-Central (Bas-Congo), mais également au Congo français (Congo Brazzaville) et au Congo portugais (aujourd'hui Angola). Des pèlerins arrivent alors au village de Nkamba. Simon Kimbangu prétend être l'auteur de nombreux miracles : guérisons de malades voire résurrection des morts. Devant l'ampleur des événements, les autorités du Congo belge se sentent menacées par le mouvement de Kimbangu. Une enquête pour sédition est ouverte, menée par l'administrateur Léon Morel. Après une arrestation ratée le 6 juin 1921, Simon Kimbangu se réfugie à Mbanza Nsanda où il déclare à propos de la décolonisation : "Les Blancs deviendront Noirs et les Noirs deviendront Blancs". Cela confirme pour les Belges les soupçons de sédition, et les recherches reprennent. Le 12 septembre, à la suite des menaces exercées sur ses proches, Simon Kimbangu et tous ceux qui lui étaient fidèles vont se rendre à Nkamba, aux autorités coloniales. Il est aussitôt arrêté et accusé de sédition par l’administrateur Snoeck. Un tribunal militaire le condamne à la peine capitale avant que le roi des Belges ne commue cette peine en prison à perpétuité accompagné de 120 coups de fouet. De 1921 à 1951, il passera donc 30 ans à la prison de haute sécurité d’Élisabethville, actuelle Lubumbashi.
Les autorités, considérant le kimbanguisme comme un mouvement subversif, prennent pendant plusieurs décennies des mesures répressives à l'égard des membres : envoi dans des camps de relégation, puis, à partir de 1940, dans des "Colonies Agricoles pour Relégués Dangereux" (C.A.R.D.).
Les adeptes parviennent cependant à maintenir des activités clandestines. Le plus jeune fils de Simon Kimbangu, Joseph Diangienda Kuntima, s'emploie à regrouper les sympathisants. L'épouse du "prophète", Kimbangu Marie Mwilu, ordonne les premiers pasteurs kimbanguistes en 1955. En janvier 1958, une pétition est adressée au gouverneur général du Congo, en vue d'obtenir la liberté du culte. Cette démarche, dont les auteurs se réclament de la Déclaration universelle des droits de l'homme, de la charte coloniale et de la Constitution belge, aboutit à une première forme de reconnaissance tacite. Le 11 mars 1958, la première constitution de l'Église de Jésus-Christ sur Terre par le Prophète Simon Kimbangu (E.J.C.S.K.) est promulguée. Le 22 juin 1958, lors du premier congrès kimbanguiste, Joseph Diangienda Kuntima est reconnu chef spirituel de l'E.J.C.S.K. Une demande officielle de reconnaissance adressée à la Chambre des représentants et au Sénat de Belgique aboutit enfin à la reconnaissance officielle le 24 décembre 1959.


Du 27 avril 1959 au 8 juillet 1992, l'Église kimbanguiste a été dirigée par Joseph Diangienda Kuntima en sa qualité de chef spirituel (titre qui lui sera attribué quelque temps après), assisté de Charles Daniel Kisolokele Lukelo (chef spirituel, premier adjoint) et Paul Salomon Dialungana Kiangani (chef spirituel, deuxième adjoint). Tous les trois sont fils de Simon Kimbangu et de son épouse Marie Mwilu Kiawanga Nzitani. L'Église kimbanguiste adhère au Conseil œcuménique des Églises (COE) en 1969, et à la Conférence des Églises de toute l'Afrique (CETA) en 1974.
Depuis 1921 Nkamba est considéré par les kimbanguistes comme la nouvelle Jérusalem, selon la révélation de Simon Kimbangu. Aujourd'hui, un grand temple de 100 m de longueur sur 50 m de large comportant 37000 places assises se situe à Mbanza Nkamba, qui est l'unique lieu saint du kimbanguisme. Il est à noter qu'il existe un monastère nommé la nouvelle Jérusalem près de Moscou, qui n'a strictement rien à voir l'Eglise Kimbangiste
Au niveau international, l'Église kimbanguiste est dirigée par un chef spirituel et représentant légal assisté d'un ou plusieurs conseillers directs. Il est spirituellement considéré infaillible. Au niveau national, elle est supervisée par un collège national qui a à sa tête un président. À l'instar de chaque pays, il y a des représentants légaux qui ont la responsabilité d'une ou de régions entières. Paul Salomon Dialungana Kiangani annonce à la veille de l'an 2000 être l'incarnation de Jésus-Christ. Depuis, l'Église kimbanguiste a adopté la date du 25 mai comme jour de Noël, à la place du 25 décembre. Raison pour laquelle ce défilé s'est tenu dans la rue.
Actuellement, c'est Simon Kimbangu Kiangani, petit-fils de Simon Kimbangu, qui dirige l'Église kimbanguiste depuis le 26 août 2001. Il réside à Nkamba et a organisé deux conférences internationales dans le but de mieux faire connaître la personnalité spirituelle de Simon Kimbangu. La révision du procès de son grand-père a eu lieu de 22 juillet 2011, où le Congo actuel annule la condamnation pour sédition.
Par ailleurs, un autre petit-fils de Kimbangu revendique l'héritage spirituel, et a fondé une Église dissidente


L'Église kimbanguiste se réfère à la Bible et se réclame du Credo de Nicée mais elle reconnaît solennellement et proclame universellement Simon Kimbangu, Dieu le Saint-Esprit, Jésus Christ demeurant le Rédempteur de l’humanité. Elle prêche l’amour du prochain, l’obéissance aux lois divines et la pratique des bonnes œuvres, préceptes traduits par la devise "Bolingo - Mibeko - Misala".
Elle prône par ailleurs, aux antipodes de ses origines, l'allégeance aux pouvoirs en place, son premier précepte étant de "Respecter l'autorité de l'État". Elle a donc soutenu tour à tour Mobutu Sese Seko lorsque le Zaïre était une dictature, Laurent-Désiré Kabila après la création du Congo puis son fils Joseph. Depuis la mise à l'écart de ce dernier par Félix Tshisekedi, c'est à lui qu'elle prête désormais allégeance.
Elle proscrit les boissons alcoolisées, la danse, la drogue, l'usage du tabac, la polygamie, l'adultère, la fornication, la consommation de la viande de porc et la viande de singe, le port du pantalon taille basse pour les hommes et de la minijupe voire du décolleté pour les femmes.
La musique par contre est autorisée, et l'Église kimbanguiste dispose d'un orchestre symphonique réputé.
L’Église kimbanguiste est membre du Conseil œcuménique des Églises (COE) à partir de 1969 et de la Conférence des Églises de toute l'Afrique (CETA) à partir de 1974. Toutefois, depuis 2001, le kimbanguisme ne fait plus partie de l'œcuménisme à la suite de l'auto-proclamation du fils de Simon Kimbangu, Salomon Dialungana Kiangani, de "réincarnation du Seigneur Jésus-Christ".
Il existe plusieurs paroisses dans la région parisienne, en particulier à Montreuil et à St-Ouen.
source wikipédia

dimanche 16 février 2025

Stormy weather

Voilà, 
je suis allé à Romainville, en début de semaine. La ligne 11 ayant été prolongée récemment cette commune de banlieue est devenue beaucoup plus accessible. Je suis passé par une cité assez sinistre, que ce mural monumental et assez charmant, au pied duquel les gens déposent des ordures, ne suffit pourtant à égayer. Au moins les gens savent où passent leurs impôts. Il a été réalisé par Viniegraffiti. J'aime bien l'utilisation de la colonne de cheminée transformée en tronc d'arbre.
Sinon hier c'était le 120ème anniversaire de Harold Arlen, l'auteur entre autres, de "Over the rainbow" et de "Stormy weather" — une des rares chansons que je sais chanter (mais pas aussi bien que Billie Holiday —. Une émission lui est d'ailleurs aujourd'hui consacrée animée par un présentateur qui a un cheveu sur la langue.


jeudi 6 février 2025

Comme un Aztèque

 
Voilà,
il y a une dizaine de jours en sortant de la station Luxembourg, en face du jardin du même nom, j'ai trouvé la lumière très plaisante. Je me suis senti bien, à cet instant à cet endroit. Des souvenirs de jeunesse sont remontés (je fréquente ce quartier depuis si longtemps). J'ai même espéré qu'avec un peu de chance le printemps serait précoce. Aujourd'hui cela n'en prend pas le chemin, il fait très froid. Ce jour là, donc, j'ai un instant oublié la marche du monde, chaotique. Mais depuis, chaque matin apporte son lot de nouvelles stupéfiantes, de situations au mieux absurdes, sinon démentes. En très peu de temps c'est devenu encore plus vertigineux. Je regarde à l’occasion les commentaires à ce propos sur les réseaux sociaux, sur les chaînes d’infos. Ils sont pour la plupart très alarmistes. C'est vrai qu'on a souvent l'impression d'une course à l'abîme. Je me demande si parmi les Aztèques certains se sont à l'époque rendus compte du tour irrémédiable que prenait leur situation. Je fais l'autruche. Ces derniers temps je reste chez moi. Aujourd'hui, par exemple j'écoute une émission consacrée à Ricardo Viñes ce pianiste espagnol virtuose dont on fête le 150 ème anniversaire de la naissance. Outre son talent, son amitié avec Maurice Ravel, Claude Debussy, Satie, Albeniz, Germaine Taillefer, Deodat de Séverac, et Manuel de Falla, qui lui a dédié sa "Nuit dans les jardins d'Espagne" ont favorisé sa notoriété. Il a créé nombre de pièces et de chefs d'œuvres des compositeurs de son temps. Il fut également le professeur de piano de Francis Poulenc. 
Je suis content de vivre dans un pays, certes plein de défauts, mais où il existe encore des radios d'état comme France-Musique ou France Culture qui permettent de s'instruire et de découvrir des choses inconnues.

mardi 21 janvier 2025

Impuissant, sidéré.

 
Voilà,
"rien de tel qu’une ouverture de Rossini pour commencer la journée" déclare le présentateur du matin de la chaîne musicale. D'accord. Puis il enchaîne en présentant un enregistrement récent des œuvres pour piano de Ravel par un virtuose sud-coréen, Seong-Jin Cho. Ce qu’il y a de merveilleux avec la musique, c’est qu’elle abolit les frontières, les cultures, les temporalités. Bien sûr je sais qu’en Ukraine on ne veut plus jouer de compositeurs russes et qu’en France, au début du vingtième siècle, le nationalisme s’est emparé de la musique. Je préfère cependant retenir cette anecdote évoquée par Alain Gheerbrant dans son livre Amazone Orénoque dans lequel il relate son expédition en Amazonie dans les années cinquante. Lorsque son groupe d'explorateurs dut faire face à une situation tendue avec des membres d'une tribu hostile armée de flèches et de lances qui les jaugeaient d'un mauvais œil, Gheerbrant utilisa la musique comme moyen de désamorcer le conflit. Il donna à entendre un morceau de Mozart sur un magnétophone qu'il avait emporté. Cette musique, par sa beauté peut-être, son étrangeté aussi intrigua les autochtones et finit par les apaiser.
Je l’admets, c’est totalement absurde de parler de ça, au moment où les États-Unis basculent ouvertement dans une oligarchie fascisante dirigée par un fou furieux qui en peu de temps va mettre à bas les règles de droit de son pays et aussi, vraisemblablement, celles de la communauté internationale. La mise en scène de cette rage vengeresse, la jubilation des milliardaires, les manifestations de nationalisme exacerbé relayées par les télévisions occidentales avaient, vues d'ici, quelque chose de vraiment obscène. J'ai à peine regardé. Hier soir je me suis senti très mal. Pas uniquement à cause de cela, mais aussi en raison de cela. Je crois qu'on est nombreux à demeurer, impuissants, sidérés devant cet affligeant spectacle. Nombreux, mais toutefois minoritaires.  Et puis au matin je découvre cette photo de Musk, celui qui encourage et soutient l' AfD, l'actuel parti néonazi allemand, le bras tendu de façon fort suspecte, à la tribune. Glaçant.

vendredi 20 septembre 2024

Ombres de fleurs


Voilà,
j’apprends des trucs à la radio qui ne me serviront à rien pour le temps qu’il me reste à vivre. Mais sur le moment, ça fait plaisir de savoir quelque chose que j'ignorais la veille, et que j'oublierai sans doute d'ici quelques jours. Par exemple : le requiem de Mozart est en ré mineur, une tonalité particulièrement sombre que le compositeur avait déjà testée paraît-il dans un de ses quatuors, le numéro 15 (dédié a Joseph Haynd). Alors des idées s'associent confusément les unes aux autres. Je voudrais n'être plus qu'images d'un songe voyageant parmi les quatuors à cordes de la musique française, ceux de Debussy, Fauré, Ravel, Dutilleux, Saint-Saens, Germaine Tailleferre, passer de l'un à l'autre et m'effacer ainsi paisiblement du monde. N'avoir pour ultime impression rétinienne que celle des ombres frémissantes sur un mur. Pouvoir penser comme Kobayashi Issa Ne possédant rien / Comme mon cœur est léger / Comme l’air est frais. Et me dissoudre dans le grand Tout. Et qu'on n'en parle plus. Qu'on ne parle plus de rien. Ça sera aussi bien comme ça.

mercredi 11 septembre 2024

J'aime / je n'aime pas (17)

 
 
 
Voilà,
J'aime la couleur verte que prend l'eau après qu'on ait fait chauffer des fonds d'artichauts
 
je n'aime pas les brushing des femmes dans les films des années 80. Par exemple la vedette féminine de "Terminator". Quand tu revois le film longtemps après, sa coupe c'est vraiment un truc abominable
 
j'aime réaliser une nouvelle recette de cuisine
 
je n'aime pas devoir faire dégivrer le congélateur
 
j'aime arracher les feuilles mortes des géraniums
 
je n'aime pas quand tout à coup le ciel devient très gris et que l'orage menace
 
j'aime entendre par hasard Stéphane Grappelli et Django Reinhardt et le hot club de France
 
je n'aime pas que des gens toussent dans les lieux public sans mettre leur main devant la bouche
 
j'aime regarder les abeilles et les bourdons butiner les fleurs de mon balcon
 
je n'aime pas que les filles disent "ça me casse les couilles", c'est aussi absurde qu'inélégant
 
 
je n'aime pas l’usage de plus en plus répandu de ces néologismes comme "auteurice" ou "spectateurice" pour désigner en un seul mot le genre. Peut-être que je  n’aime pas le mélange des genres parce que je suis trop vieux
 
j'aime le Gambetta, ce sirop de figue qu'on ne trouve qu'en Provence et que je ne bois plus que lorsque je me trouve au festival d'Avignon. Autrefois quand je passais mes vacances dans le sud, j'en ramenais systématiquement après chaque été.
 
je n'aime pas ouvrir le réseau social bleu et apprendre la mort d'une connaissance perdue de vue depuis longtemps.
 
j'aime sortir dans la rue, et imaginer que j'ai le visage de ma fille, que je suis elle en train de sourire
 
je n'aime pas cette tristesse que j'éprouve lorsque je parviens à la fin d'un bon livre. les allemands ont un mot pour cela : "Buchendschmerz". Les allemands peuvent avoir un mot pour tout.
 
j'aime écrire des listes
 
je n'aime pas que ces gens qui se prétendaient mes "ami(e)s", qui étaient aux abonnés absents quand ils me savaient en grande détresse et qui me rappellent aujourd'hui au téléphone comme si rien ne s'était passé.
 
j'aime l’ambiance des Lounge d'hôtels haut de gamme avec des pianistes jouant des vieux standards de Jazz

je n'aime pas cette bande annonce de la tranche du matin de France Culture "des artistes, des experts des intellectuels" qui exhale tellement l'entre-soi
 
j'aime entendre jean-Pierre Rampal jouer Mozart à la flûte, c'est réconfortant
 
je n'aime pas les W.C dont la porte s’ouvre sur l’intérieur et où l’on n’a pas suffisamment de place entre le mur et la porte
 
j'aime les tableaux de Victor Brauner. ce qui est étrange c'est que je me souviens que je les aime uniquement quand je les vois
 
je n'aime pas le ton de cette présentatrice d'une émission scientifique sur France Culture qui pose ses questions comme si elle vous susurrait des propos obscènes
 
j'aime absolument toute l’œuvre de Jean-Jacques Sempé, sa douce ironie, son regard tendre poétique et généreux 
 
je n'aime pas la plupart des film réalisés par John Casavettes, pourtant appréciés par nombre de gens intelligents et recommandables. Ils m'ennuient presque aussi souvent qu'ils m'agacent par leur complaisance.
 
j'aime le paysage paisible sur cette photo prise en Dordogne

je n'aime pas que les gens appellent au téléphone sans laisser de message, ou qui laissent juste un "rappelle moi" sans donner d'explication
 
j'aime le pain au petit épeautre doré fabriqué par Fabrice Guilbaud dont la boulangerie se trouve 25 rue du colonel du Halgouët à Renac et que l'on trouve aussi à la halle du marché de Redon. C'est le pain le plus étonnant qu'il m'ait été donné de goûter. Cela tient à la qualité de sa farine, peut-être au four qu'il utilise, et plus vraisemblablement à un incomparable talent de boulanger.

je n'aime pas l'argument de certains artistes prétentieux qui pondent une grosse merde sans intérêt mais tentent de vous convaincre que c'est bon parce qu'ils ont beaucoup travaillé.
 
j'aime bien être surpris par une saveur ancienne qui me rappelle un bon moment de ma vie. Par exemple, celle du "Thé des Moines" et cette époque du début des années 90 
 
je n'aime pas que les gens mangent du pop corn ans les cinémas. Cette coutume importée des États-Unis est une des formes les plus obscènes de la société de consommation. Cette incitation à se baffrer de junk food devant un écran est une des formes les plus grotesques de l'aliénation. Heureusement en France, il reste encore des "cinémas d'art et d'essai" où l'on ne vend rien à manger
 
j'aime le fait qu'un nouveau fromager ouvre boutique à deux pas de chez moi
 

jeudi 1 août 2024

Playlist de la glande intégrale


Voilà
ma playlist de la paresse intégrale
sunny afternoon des Kinks
sun king des Beatles 
a sad affair de Peter Skellern
Mo ti mo de King Sunny Ade
crying song de Pink Floyd 
sea sex and sun de Gainsbourg 
Santa Lucia de Tino Rossi 
On the beach de Chris Rea
Couleur Café de Serge Gainsbourg
Easy Skanking  de Bob Marley
Good vibrations des Beach Boys 
The girl from Ipanema de Jao Gilberto & Astrud Gilberto
Cigarette de Jacques Higelin
Poinciana par Ahmad Jamal 
O relogio de Os Mutantes
All blues de Miles Davis
 L'aquarium de Saint-Saens 
Jarabi de Toumani et Sidiki Diabate 
Quiet village de Martin Denny
shadow captain de Crosby Stills & Nash 
Saint tropez Pink Floyd
Besame mucho par joao Gilberto
Ligia Antonio Carlos Jobim
(à suivre, mais toutes les suggestions sont bienvenues)

mercredi 31 juillet 2024

Un projet incertain

 
 
Voilà,
le metteur en scène italien me parle d’un projet qu’il souhaite produire et auquel crois-je comprendre il voudrait m'associer. Il me montre des bouts de charbon qu’il pose sur la table, et dit que ça serait génial de faire un spectacle à partir de ça, de cette matière, et moi je réponds “oui, génial génial enfin tout de même, n’exagérons rien....”. Il m'explique qu'il voudrait réaliser une "pièce géologique" — c'est bien la première fois que j'entends parler de ça — et s'embarque dans des explications très complexes et alambiquées, où il est question d'orogénèse hercynienne et de chaînes varisque. Pendant qu'il me cause je songe à tout autre chose, à ces menus bonheurs qui font le sel de la vie : un fin rideau qu'une légère brise agite quand dehors il fait beau et qu'on entend les enfants piailler dans une cour de récréation. Se laisser dériver sur un matelas pneumatique au bord d'une plage de la Méditerranée ou dans une piscine. Boire à l'ombre d'un platane un "Pacalo" ou un "Gambetta" sur une terrasse en Provence. Écouter le matin sur France-musique les émissions de Denissa Kerschova avec son délicieux accent tchèque qui me ravit. J'essaie toutefois de donner le change et de paraître intéressé, opinant quelquefois du chef. Derrière lui, des machinistes qui ins­tallent un rideau de scène esquissent, sans qu'il ne s'en rende compte, des pas de danse d'une drôlerie et d'une grâce incroyable. Soudain il me dit "à la fin on entendra par un matin pluvieux au cœur d'un été lourd de menaces la voix de Franck Sinatra chanter "What is this thing called love" de Cole Porter. Je suis un peu décontenancé, et je bredouille hésitant "ah oui cela pourrait être très beau et très émouvant". Mais je ne suis pas certain d'être bien convaincant. Depuis octobre dernier on corps me semble totalement désaccordé, en inadéquation avec la réalité. J'ai l'impression de me tenir mal, de parler faux, d'être en permanence à côté de la plaque.

mardi 7 mai 2024

Mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe (14)


 
Ça me revient
quand j'étais enfant les épreuves de ski alpin étaient retransmises à la télévision, c'était l'époque de Jean-Claude Killy, Karl Schranz, Guy Périllat, Annie Famose, les sœurs Goitschel

ça me revient
dans le film "Pauvres Créatures", le savant qui dit au moment de mourir "c'est très intéressant ce qui se passe là". Je trouve que c'est la meilleure réplique du film
 
ça me revient
Le choc ressenti en lisant "Le Démon" d’Hubert Selby Jr

ça me revient
la première fois où j’ai vu, lors de cette émission du dimanche soir, intitulé le ciné club de Claude-Jean Philippe, le film "Hangover Square"  de John Brahm avec cet extraordinaire acteur Laird Creggar et la musique de Bernard Hermann

ça me revient
la fois où j'étais tout content de faire écouter à ma fille "a rainbow in curved air" de Terry Riley, parce que je trouvais qu'après toute ces années ça tenait encore la route, et qu'elle m'a ironiquement répondu que ça ressemblait à une sonnerie de téléphone 

ça me revient
quand le président Pompidou est mort, j'étais en vacances avec mes parents et mon frère cadet (le benjamin était en route). Je me souviens que quelques mois auparavant, Roger Wen, avait dit à Philippe et Dominique, qu'il tenait de source sûre que Pompidou était très malade
 
ça me revient
Au 136 bd Montparnasse il y avait une galerie qui exposait des trompe l’œil. Elle avait un nom italien dont je ne me souviens pas, Gualtieri, peut-être, il faudrait vérifier sur un vieil annuaire.

ça me revient
L’actrice Clémentine Celarié lors du sidaction 1994 avait embrassé un malade du sida sur la bouche pour prouver que cela ne se transmettait pas par un baiser.
 
ça me revient 
la cassette de "Rhapsody in Blue" de George Gerschwin par Michel Legrand, que j'avais achetée pour mon père et que finalement j'écoutais tout seul dans ma chambre
 
ça me revient
lorsque dans le confortable et moderne salon de la rue de Vaugirard, le dimanche soir, nous regardions avec Philippe et Dominique les émissions de Bruno Monsaingeon sur Glenn Gould 
 
ça me revient
le premier match de Zidane en équipe de France, c'était à Bordeaux, contre la Tchécoslovaquie, l'affaire était plutôt mal engagée, il en rentré en cours de match et il a collé deux buts en 5 mn en toute fin de partie qui ont rétabli la situation et permis un match nul
 
ça me revient
le groupe québecois Beau Dommage que j'ai découvert lorsque Sophie Bernard m’avait prêté son appartement à l'été 77 avant que je n'emménage avec Agnès, et l'émerveillement que ce fut.
 
ça me revient
Oxymorron du groupe allemand Guru-Guru. Dans ma jeunesse, la partie instrumentale me faisait rêver, voyager intérieurement et très profondément, suscitant, lorsque j'avais un peu fumé, des images mentales très étonnantes. Il y avait aussi sensiblement à la même époque cette incroyable version très rock et survitaminée de "down in the the flood" de Bob Dylan, par le duo Finnegan & Wood sur leur album "crazed hipsters

ça me revient
la rue de l'Échaudé pendant le confinement, lorsqu'on n'avait le droit de se promener que dans un périmètre d'un kilomètre, qu'on était en quelque sorte tous dans la situation de prisonniers assignés à résidence avec un bracelet électronique, j'ai pris cette photo parce que j'enviais l'apparente insouciance de ces enfants.

ça me revient 
soudain le nom de John Surtees, un pilote de formule1, anglais je crois, du début des années soixante et qui conduisit pendant un temps une Lola climax avant de devenir champion du monde en 1964 sur Ferrari
 
ça me revient
l’engouement d’Agnès lorsqu’elle avait quinze ans pour le film "Harold et Maud" d’Al Hasby. Elle l'avait vu bien avant que je ne la connaisse, et cela faisait partie de ses films préférés, avec "L'enfant sauvage" de Truffaut

ça me revient
dans "le Journal de Mickey" version française, du début des années soixante, il y avait une bande dessinée intitulée "Les cinq sous de Lavarède". Après vérification, il s'agissait de l'adaptation d'un roman d'aventures paru en 1894 écrit par Paul d'Ivoi et Henri Chabrillat
 
ça me revient
mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe 

mercredi 24 avril 2024

Sous le ciel de Paris

 

Voilà,
il est malheureusement probable que la beauté ne sauvera pas le monde, tant les maîtres du monde s'acharnent à la détruire partout où ils le peuvent. Tout au plus peut-elle nous donner, lorsqu'on la trouve ou qu'on la crée, l'illusoire sensation de nous préserver de cette frénésie de carnage et de prédation qui désormais se propage un peu partout sur cette planète. 
"Plus d'un signe annonce l'hégémonie du délire" écrivait Cioran. 
J'aurai pourtant planté des fleurs, cet après midi, sous le ciel de Paris
 

vendredi 12 avril 2024

L'Histoire de nos ratages

 

Voilà,
ces derniers temps j’écoute en boucle le premier album de Steely Dan, que je ne connaissais pas et que j'ai découvert que très récemment. Serais-je devenu un homme d’une sensibilité différente si je l’avais découvert à seize ans lors de sa sortie ? Et en vertu de l’effet papillon quelle aurait été ma vie dès lors ? Qui sait si cet infime paramètre ne se serait pas révélé déterminant ?  En fait, le ce-qui-manque, abonde autant sinon plus dans nos vies, que ce dont elles semblent remplies. L' histoire de nos pertes, de nos oublis de nos ratages, de toutes les occasions perdues nous constitue au même titre que l’entrelacement d'actes d'événements et de circonstances qui, croyons-nous, forment la trame de nos existences. Comme l'écrivit Marguerit Yourcenar "c'est ce que je n'ai pas été, peut-être, qui définit ma vie avec le plus de justesse"
Et puis le monde lui-même, n'est-il pas aussi fait de toutes les béances qui trouent le champ du Réel ? Comme ces fromages qui se caractérisent autant par la densité de leur pâte que par le vide de leurs trous ? Il n'est qu'à songer à tout cet "idéal" qui brille dans le monde surtout par son absence : à commencer par cette trinité républicaine affichée au fronton de nos mairies que les faits pourtant ne cessent de démentir.
La part d’invisible d’inaccompli, de questions irrésolues, abandonnées, de projets inaboutis, les rêves oubliés au matin, toute cette masse manquante forme une trame qu'on ne peut certes observer, mais qui n'en demeure pas moins intensément présente, et revêt dans nos vies une importance que nous ne soupçonnons peut-être pas à sa juste mesure. Que serait il advenu si j'avais osé franchir la porte du cinéma Monge lorsqu'une certaine compagnie y jouait "Trotsky à Cayoacan" ? Ou s'il n'y avait pas eu cette stupide distraction près de l'église Notre-Dame-des-champs ? Où si j'avais été moins timide en certaines circonstances ? Où si j'avais eu des jugements moins péremptoires sur le théâtre à différentes époques de ma vie ? Si je m'étais attablé en certaine compagnie plutôt que de passer mon chemin. Mon existence eût été bien différente et aurait peut-être formé une autre version de moi, plus attrayante, ne serait-ce qu'à mes propres yeux, et peut-être aussi pour les autres. 

dimanche 24 décembre 2023

lundi 6 novembre 2023

D'une image l'autre

 
 
Voilà,
je n’ai rien écrit au sujet des atroces événements qui accablent l’état d’Israël et les territoires occupés de la Palestine. Non que j’en pense rien, mais tant de gens semblent avoir à en dire quelque chose. Je vois déjà passer tant de mots et d’images à ce propos. En quoi mon avis serait-il d’un quelconque intérêt ?  En d’autres temps, pas si lointains, j’aurais peut-être eu la prétention de croire utile d’ajouter du commentaire aux commentaires. Je regrette d'ailleurs de l’avoir si souvent fait sur tant de sujets différents. C’est le problème avec ces supports qui brouillent la frontière entre l’intime et l’extime. On se prête à des réflexions qu’on essaie de rendre claires et cohérentes pour soi-même. On en vient à livrer des opinions des interrogations sur le monde à des gens qu’on ne connaît pas, alors qu’au fond tout ça n’a pas grand sens ni de particulière utilité pour eux. C’est comme si on faisait sa toilette en public. Ou qu'on tenait absolument à affirmer son appartenance à la grande tribu des raseurs pontifiants.
Depuis le 6 octobre mon existence est bouleversée pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les convulsions de ce monde. Je commence péniblement à prendre la mesure de ce qui m’arrive. J’écris encore sur ce blog et je ne sais plus pourquoi. La force de l’habitude sans doute. Je ne sais plus ce que je dois faire avec cette activité qui a pris tant de place au fur et à mesure que je la pratiquais. Qui a peut-être constitué une soupape de sécurité tout au long de ces années. 
A présent, je me demande ce qu'il m'est possible d'écrire qui n'engagerait que moi, et aussi  que faire de cet espace.
Mais, comme souvent je m’égare.
Je voulais juste parler d’une photo saisissante qu’une amie a publiée sur sa page facebook. Elle est supposée se rapporter au massacre provoqués par les bombardements de Gaza. Je n’en connais pas l’auteur. J’ai cherché je n’ai pas encore trouvé. J'ai un doute. Trop beau pour être vrai


Je n’aime pas trop publier des photos des autres dans ces pages. Surtout quand je n’en connais pas l’origine. Lorsque j’ai vu celle-ci, j’ai pensé à une installation d’art contemporain. À cause du ballon rouge. Aussitôt, comme il n’est nulle mention d’auteur, j’ai supposé que ça pouvait être aussi bien une photo de tremblement de terre en Turquie ou ailleurs. Ou une image créée par intelligence artificielle. 
Quand j’ai commencé ce blog, la règle que je m’étais imposée était "un texte écrit par moi, associé à une image de ma facture". Pour les images je m'y suis tenu — à deux ou trois exceptions près. Pour les textes c'est une autre affaire. 
Aujourd’hui, si je crois toujours au pouvoir de fascination des images, je mets de plus en plus en doute leur authenticité, et leur faculté à témoigner du réel. Je pense d'ailleurs qu’elles ont moins à voir avec ce dernier qu’avec l’imaginaire.
En ce moment, plutôt que des photos, j'ai envie de montrer des dessins, des collages... Celui-ci en haut de cette page continue de bien me plaire. Je ne sais plus à quelle époque je l'ai conçu. Il y a cinq ou six ans je pense.
Sinon, j'ai découvert la symphonie des psaumes de Stravinsky, et ça me plaît.

shared with art for fun friday 

vendredi 27 octobre 2023

Un lien surprenant

 
Voilà,
parce qu’au cours d’une de mes insomnies j’ai, par hasard, entendu à la radio un morceau (introduction et variations sur une ronde populaire), d’un compositeur dont j’ignorais jusqu'à l’existence (Gabriel Pierné), de fil en aiguilles, comme on disait autrefois, cherchant à en savoir un peu plus sur ce musicien, j'ai découvert un lien tout à fait surprenant intitulé compositeurs négligés, atelier de reparations qui, non seulement répertorie des compositeurs tirés de l’oubli, mais propose aussi pour chacun d’entre eux, des liens renvoyant à certaines de leurs œuvres. 
En fait, ce site tenu par André Hautot est un exemple d'érudition généreusement partagée. J'ai commencé à musarder dedans et je le trouve vraiment exceptionnel. En cette période troublée où mes nuits sont si confuses  — comme cette image — j'ai trouvé un peu de joie à satisfaire ma curiosité autant qu'à la perspective de susciter la vôtre. 
shared with my sunday best wordless wednesday - 

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