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lundi 7 novembre 2022

Madame rêve (2)

 
Madame rêve d'atomiseurs
Et de cylindres si longs
Qu'ils sont les seuls
Qui la remplissent de bonheur
Madame rêve d'artifices
De formes oblongues
Et de totems qui la punissent
Rêve d'archipels
De vagues perpétuelles
Sismiques et sensuelles
D'un amour qui la flingue
D'une fusée qui l'épingle
Au ciel
Au ciel
On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin, on est loin
madame rêve ad libitum
Comme si c'était tout comme
Dans les prières
Qui emprisonnent et vous libèrent
Madame rêve d'apesanteur
Des heures, des heures de voltige à plusieurs
Rêve de fougères
De foudres et de guerres
À faire et à refaire
D'un amour qui la flingue
D'une fusée qui l'épingle
Au ciel
Au ciel
On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin, on est loin
Madame rêve
Loin, au ciel
(On est loin) madame rêve
Au ciel
Madame rêve
Paroliers : Alain Bashung / Pierre Grillet / Vic Emerson
Paroles de Madame rêve © BMG Rights Management, Francis Dreyfus 
Music, Universal Music Publishing Group
 

lundi 6 juin 2022

Dans le sommeil est-ce que je vis seulement comme sujet ?



Voilà
"Dormir. La pensée semble en accord avec le corps : Elle n'émerge pas du corps. Dans le sommeil, est-ce que je vis seulement comme sujet ? Non pas seulement comme un rêve, de toute façon. Je suis dans un contact profond avec une espèce de corporéité anonyme. Dans la veille, je commence à regarder, à me mouvoir. Le corps devient une expression qui est mienne. Dans le rêve, l'expression est désincarnée, elle ne s'actualise pas dans le mouvement réel mais dans le fantasme. C'est seulement dans la veille qu'il y a une expression kinesthésique, un geste effectivement accompli. Le Langage même a son origine dans le geste, dans la vie du corps. Langage gestuel. "( Enzo Paci 23 juillet 1956)

samedi 25 avril 2020

Les deux amies



Voilà,
maintenant qu'elles sont confinées à la maison en compagnie de leurs enfants de leurs maris respectifs les deux riches amies ne peuvent plus s'échanger désormais que des mots doux plus ou moins codés et des photos sur Telegram, et parfois aussi furtivement se parler au téléphone. Elles songent avec nostalgie à ces après-midi de liberté qu'elles s'octroyaient quelquefois, chez l'une chez l'autre lorsque c'était possible, mais le plus souvent, à une de ces bonnes adresses qu'ignore le commun des mortels.  Sinon, les journées s'écoulent paisibles mais légèrement frustrantes, dans une atmosphère de bougie parfumée, de tisanes et de fleurs fraîches qu'elles se font livrer deux fois par semaine. Parfois elles préparent des gâteaux avec les enfants ou initient des jeux de société souvent très vite ennuyeux, mais heureusement la jeune fille au pair qui sait si bien s'occuper d'eux — d'ailleurs c'est étonnant comme le enfants l'adorent — a accepté de rester, au prix de quelques aménagements, bien sûr. Les Tuileries, Toraya et le musée d'Orsay sont fermés, alors on feuillette la gazette de Drouot, ou quelques vieux catalogues d'exposition, regrettant ce week-end prévu, — mais reporté sine die quel dommage —, à Sète pour y visiter ensemble l'exposition Gromaire. L'une s'est remise à la broderie, l'autre a ressorti ses encres et ses pinceaux. Toutes deux, sur le conseil d'un ami commun un peu excentrique, ont commandé par correspondance du CBD+ et vraiment elles trouvent ça tout à fait formidable, c'est fou comme elles se sentent détendues mais comme ça part vite aussi. Enfin tout ça ne durera pas éternellement. Vivement l'été, qu'on retrouve la maison en Toscane, ou le petit château dans le Périgord. Là-bas la glycine doit commencer à fleurir et le jasmin embaumer.

lundi 17 février 2020

Le Bal des Tartuffes

Comment l'information suce le pouvoir
 
Voilà,
le mec un jour il s'est branlé devant son smartphone a envoyé la video avec quelques sextos à sa copine — une liaison passagère — laquelle copine quelques mois plus tard fraie avec un artiste russe d'avant garde, connu pour ses performances à caractère politique qui l'ont amené à fuir  la Russie parce qu'il était menacé par la police de Poutine. A l'époque l'artiste en question était présenté comme un résistant. Le branleur lui est un politicien, jeune, ambitieux et très con. Il postule à la mairie de Paris avec un programme débile : mettre la gare de l'est en banlieue, raser celle qui est à Paris pour la remplacer par un vaste espace vert, une sorte de central park. Il propose aussi la création de managers de rue qui contrôleraient un quartier. Au Maroc, on appelle ça des “moqaddem”. Il y en a un par quartier. Officiellement ils sont là pour améliorer la vie des habitants mais dans les faits ils sont surtout payés à épier leurs moindres faits et gestes à des fins de surveillance fit remarquer quelqu'un sur un tweet. Dans un pays qui a fait de la délation un sport national entre 1940 et 1944 voilà une idée qu'elle est bonne. Rajoutons que ce mec qui a commencé sa carrière politique dans l'entourage de Dominique Strauss-Kahn, fait  dans ses déclarations politiques et ses promotions médiatique, l'apologie des valeurs familiales. N'oublions pas comme le note Julien Salingue que "ce candidat est le représentant d’un pouvoir qui insulte chaque jour les salariéEs et les chômeurs, qui détruit méticuleusement les services publics, qui brise des vies par ses contre-réformes ultra-libérales, qui veut nous faire travailler jusqu’à la mort, qui blesse, qui mutile, qui soutient les flics tueurs, qui persiste dans une politique climaticide, qui participe à des sales guerres, qui vend des armes à des dictatures… la liste n’est pas exhaustive". Bref, que ce politicien complètement con qui représentait le parti présidentiel jette immédiatement l'éponge, lorsque sa branlette est divulguée sur un site créé par l'artiste russe Piotr Pavlenski  puis sur les réseaux sociaux, ne me rend pas particulièrement triste. Au fait qui propage la rumeur ? Ah là on rigole encore. Un ancien député du parti présidentiel LREM qui présente de sérieux symptômes d'instabilité psychique, et Laurent Alexandre ardent défenseur de l'intelligence artificielle, mais parfait échantillon de connerie bio et tout ce qu'il y a de plus naturelle, pseudo-savant qui commet tout de même quelques conférences dans les écoles de l'Elite où il raconte n'importe quoi, prônant par exemple une sorte d'eugénisme sélectif sur les gilets jaunes. 

Bon l'objet de mon agacement n'est pas là. Griveaux peut bien montrer sa bite. Il a peut-être des excuses. Des traumatismes liés aux chansons qui ont bercé son enfance et qu'on entendait à la radio. Non ce qui me daille vraiment, c'est l'indignation de certains de ces prétendus journalistes.  D'ailleurs je devrais régler mon réveil radio sur France-Musique, et non sur le radiojournal de France-inter ou France culture. Car ce matin toute la petite caste des jacasseurs officiels s'alarmait de la menace sur la démocratie que constituait ce non-événement. Ils se sentaient tous concernés. Ça pouvait arriver à n'importe qui d'entre eux. On avait soudain l'impression que toutes les bites les chattes et les culs de la nomenklatura politico-médiatique risquaient de se retrouver en ligne. On s'en fout, "retournez a vos partouses" comme le dit Hamm dans "Fin de partie" de Beckett.
Faites plutôt votre métier
Au passage je relaie cet excellent article paru dans un blog.
Ce qui me gonfle c'est que lorsque la police commet les exactions que l'on sait en France, pénètre dans les écoles, les églises, les hôpitaux pour pourchasser des manifestants pacifiques, quand le droit de manifester est bafoué, quand on utilise abusivement des grenades et des flashballs pendant des rassemblements autorisés avec la ferme intention de blesser (Amnesty International parle de "Violences policières choquantes", faisant état de 24 éborgnés, de 5 mains arrachées, 2500 manifestants blessés), quand les interpellations et garde à vue préventives se multiplient lors de certaines manifestations, quand même l'ONU et le parlement européen condamnent le recours disproportionné de la force contre les manifestants en France, quand un politicien notoirement corrompu est libéré de prison pour raisons de santé, alors que tant de prisonniers malades  n'y sont même pas soignés, que les droits de l'Homme y sont bafoués, eh bien là on ne les entend pas s'indigner ces journalistes.  Non ce n'est pas assez sensationnel. Parce que pour eux la démocratie c'est surtout ce qui doit préserver les privilèges dont ils disposent et ne pas menacer leur droit de dire n'importe quoi et de taire l'essentiel.
Allez, du calme. On attend avec impatience les sextapes de Léa Salamé et les dickpics de Nicolas Demorand nos sémillants présentateurs de la matinale de France Inter souvent si méprisants à l'égard des faibles et tellement serviles avec les puissants, comme dans cet interview, bien plus obscène que l'image qui précède ce billet.


jeudi 11 avril 2019

L'Étreinte (2)


Voilà,
"You see how good she makes you feel.  
That's half as strong as how bad you'll feel when she's gone." 
Un bref instant cette pensée le traversa qu'il chassa aussitôt.
Grisé par une sensation d'éternité il s'éprouvait nageant dans le cosmos et c'était bon.

jeudi 15 février 2018

L'Homme à la Tête d'Enfant


Voilà,
celui qui fut, lors de son élection, qualifié dans un idéogramme chinois comme "l'homme à la tête d'enfant",  — je ne sais pas si l'idéogramme l'homme à la tête de nœud existe — celui-là, si sûr de lui, si imbu de sa personne, que "Le Canard Enchaîné" a astucieusement surnommé le Moi-Soleil, je pressens que le fond de mépris et de cruauté qui s'est déposé en lui ne manquera pas à un moment où un autre, avec l'exercice du pouvoir, de remonter à la surface. Et il est même fort possible sinon très probable qu'aux premiers signes de résistance sérieuse, le petit mignon ambitieux à l'ego surdimensionné et aux accents de prédicateur fasse preuve d'une implacable et féroce détermination pour se débarrasser de tout ce qui lui résiste. On ne pourra pas dire qu'on n'aura pas été prévenu puisque lui-même avant d'être élu, avait souhaité être un "président jupiterien". Méfions nous de ses foudres. Son goût du pouvoir et de ses fastes, son irrépressible envie de s'inscrire dans l'histoire, sa soumission à l'égard des oligarchies en place, son mépris envers les pauvres, envers ceux qui selon lui n'ont pas réussi et sont incapables de se payer un costard, et aussi sa fascination pour la chose militaire et le prurit guerrier qui semble le démanger ne laissent rien augurer de bon. Il ne m'étonnerait pas que l'exercice de l'autorité l'erdogane et le poutinise peu à peu. Ce ne sont là que de vagues intuitions et je souhaite me tromper bien sûr, mais la récente éviction du directeur de la rédaction du Nouvel Observateur pour une couverture qui a déplu en haut lieu semble bel et bien un signe, parmi d'autres.

mardi 17 octobre 2017

Tenter de savoir


Voilà,
"Écrire, c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait, si on écrivait" disait Marguerite Duras. S'agit-il pour moi de tenter de savoir ce que je dessinerais si je dessinais, lorsque je fabrique une image ? Quoiqu'il en soit, la douleur m'a réveillé au milieu de la nuit, et je ressemblais à cela. Ma tête, ma mâchoire, mes dents ma gorge me faisaient horriblement souffrir. J'avais envie de crier et peur de vomir. J'ai alors songé dans un état de confusion, qu'il me fallait ne pas perdre de temps et continuer d'écrire, de dessiner, aboutir un certain nombre de projets, parce que peut-être cette douleur plus tard ne ferait qu'empirer au point de rendre toute entreprise impossible. Le souvenir de Deleuze, qui s'est défenestré du fait d'une intenable souffrance, m'a traversé. Et puis celui de Chamfort aussi qui écrivait "Jouis et fais jouir sans faire de mal, ni à toi ni à personne, voilà je crois toute la morale". Jouir, faire jouir, travailler. Ai-je encore assez de forces, assez de temps ? Au petit matin, la radio annonce que le parc des centrales nucléaires françaises est dans un état de vétusté et de dégradation alarmant. Bon, ça relativise. Une chose est sûre, la journée va être difficile. 
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mardi 3 octobre 2017

Les Joies de la Géométrie


  
 
 


Voilà, 
depuis quelques jours je reviens à cette forme graphique que j'avais déjà un peu abordée il y a plusieurs mois. Ces trois images, joyeusement colorées avec leurs ces grands à-plats, je les trouve, du plus bel effet sur ce fond noir et, somme toute, assez reposantes. De plus cette figuration géométrique qui confine à l'abstraction séduit par son ambiguïté, puisqu'elle suggère sans pour autant montrer. Elle constitue aussi une forme d'hommage à toutes ces révolutions esthétiques (constructivisme et cubisme en particulier) qui en un siècle ont considérablement modifié notre rapport à la représentation. Et puis les images érotiques, nous relient à notre humanité. Elles ont existé de tous temps depuis l'art pariétal et dans toutes les cultures et toutes les civilisations. Celles-ci pourraient peut-être attendrir des robots, sait-on jamais. Voilà pour l'alibi culturel.
Ces lignes claires, ces dessins propres et ordonnées, ces représentations sommaires, dénuées de complexité, ces images en quelque sorte neutres, aseptisées et sans affect, me rassurent dans un monde chaotique et incohérent, dont jour après jour, les médias par écrans interposés nous somment  de nous accommoder. Oui oui, je sais il y a des gens qui œuvrent à des projets utiles pour améliorer le futur, ou qui consacrent leur fortune au salut de l'humanité, mais pour ma part, j'ai l'impression de plus en plus accablante que le désastre se généralise sans qu'il soit possible d'y faire grand chose. Alors je m'accroche à ces dérisoires activités, tel un idiot moderne (moderne au sens où je maîtrise quelques outils informatiques) pour donner un peu de consistance et de relief à mon existence. D'ailleurs je me beckettise à vue d'œil. Borgne et bien bas. Mais j'imagine encore. J'essaie de me renouveler. Pourquoi pas une vierge à l'enfant, une annonciation, ou une image de l'acrobate sur sa croix ? pour le salut de mon âme.

mercredi 30 août 2017

Les Angoisses


Voilà,
chaque nuit, Stanislas Montils est dévoré par ses angoisses. Autrefois il se réfugiait dans le travail qu'il emportait chez lui. Un travail idiot d'ailleurs. Bilans comptables, feuilles de paie etc... Désormais cela même lui est devenu impossible. La fatigue l'aspire. Dans la cendre ardente de ses insomnies grésillent des rêves fauves. Il cherche son corps de femme dans les lambeaux d'un sommeil déchiré, il voudrait devenir Ida Lupino dans "Road House", Eiko Matsuda dans "L'Empire des sens" ou Audrey Hepburn dans "Breakfast at Tiffany's". Désormais il redoute les mois qui viennent. Il s'est fait licencier sans indemnités de son travail pour faute grave parce qu'un jour au lieu de lui envoyer un lien professionnel, il a, malencontreusement expédié à son responsable qui l'a très mal pris l'adresse d'un site porno qu'il avait coutume de consulter. "Vous qui êtes comptable vous devez savoir qu'il y a des erreurs qui se payent cash". Il était très content de sa trouvaille le gros con. Et il a ajouté "mais je vous remercie, le spectacle de ce transsexuel fermement busté s'ébattant avec un jeune latino très membré m'a ouvert des horizons insoupçonnés sur la complexité des rapports humains". 

mardi 6 juin 2017

Un Tas de Cendres


Voilà,
entre le reste du monde et Bixente Ariloba s'interpose parfois, à certaines heures avancées de la nuit, la fugitive mais obsédante vision de ce corps autrefois si souvent désiré désormais réduit à un misérable petit tas de cendres. Dans le vertige où parfois se crispe l'éblouissant souvenir d'une folie partagée qui avait fini par les dévaster l'un et l'autre, la gorge brûle cependant d'un encore vivace et trop douloureux chagrin. Pendant quelques années il avait cru pouvoir oublier. Maintenant, il appréhende la nuit peuplée de fantômes et de questions. Il dort comme un fugitif. Sans trouver le repos. Sommeil comme le No man's land d'une frontière barbelée. 

mercredi 8 février 2017

Basculer dans un abîme de vide mental : je pieuvre


Voilà,
"Dans le vertige physique, le monde extérieur tournoie autour de nous ; dans le vertige moral c'est notre monde intérieur qui tournoie. J'eus un instant l'impression de perdre la conscience des véritables rapports entre les choses, de ne plus comprendre, de basculer dans un abîme de vide mental. C'est une sensation horrible qui frappe d'une peur démesurée. Ces phénomènes deviennent fréquents. Ils semblent jalonner ma route vers une nouvelle vie mentale, qui sera naturellement la folie. (Fernando Pessoa - Fragments d'un voyage immobile)

lundi 6 février 2017

Contrebande


Voilà,
en fait je ne devrais parler que de cela puisque j'y consacre la plupart de mon temps, de mon énergie  – qui n'est plus très fameuse – et de ma réflexion. Cette contrebande, ce petit trafic avec les images est ce que j'ai trouvé de mieux pour atténuer l'angoisse d'être au monde et la peur d'y décrépir avant d'en disparaître à jamais. Mais j'entends les bruits de ce monde, les vociférations des uns et les prophéties des autres. Je ne peux que constater l'ahurissante bêtise qui gagne un peu partout et se propage plus vite qu'elle ne l'a jamais fait. Cela ne me rend pas très serein. Il faudrait que je me coupe des réseaux sociaux, que je ne lise pas les nouvelles, que je fasse comme si la catastrophe écologique n'existait pas, comme si la menace de l'accident nucléaire était absente, comme si notre alimentation n'était pas empoisonnée et que l'air que nous respirons demeurait pur et sain. Oui, faire l'autruche pour ne pas songer au fou qui gouverne les États-Unis et qui veut avec son administration faire en Europe ce que ses prédécesseurs ont fait au Moyen-Orient, rester dans ma bulle pour éviter de m'insurger contre les corrompus et les prévaricateurs qui prétendent aux plus hautes fonctions de ce pays, et font monter en moi, l'ami des nuages et des papillons de féroces pulsions meurtrières. Ce matin, comme cela m'arrive de plus en plus souvent, au lieu de subir le bulletin d'informations, j'ai changé de canal pour écouter France Musique. J'ai besoin de beauté, d'harmonie, même si ce n'est qu'une illusion. Tout comme ce temps consacré à interroger les œuvres du passé avec les techniques d'aujourd'hui, à les réinterpréter, comme le ferait un musicien de jazz d'un standard reconnu. Une fois encore je me détourne du réel. Le déni de réalité c'est une forme de folie. Mais comme je socialise encore, que je dis bonjour au gardien de l'immeuble, que je vais faire des exposés sur le cinéma dans le lycée de ma fille, que j'accepte des invitations à dîner ou au théâtre, que je participe å des comités de lectures, à des lectures publiques, que je réponds encore au téléphone je passe pour quelqu'un de relativement normal. Pourtant la plupart de mes heures je les dépense à explorer les virtualités que j'entrevois en liant des images les unes aux autres. Les possibilités sont infinies. Elles me libèrent de la contrainte d'une pensée structurée. J'établis une hypothèse. Au lieu de m'interroger sur la rencontre fortuite d'un parapluie et  – putain de quoi d'autre sur la table de dissection ? j'ai la mémoire qui flanche – ah oui d'une machine à coudre merci Google je mets en relation, par exemple un vieux collage réalisé dans les années quatre-vingts et un tableau de Kandinsky sur ma tablette. Je me livre ensuite à toute une série de transformations jusqu'à obtenir une image qui me convienne. Et pendant ce temps rien d'autre n'existe que la musique qui m'accompagne.  "Muzik zum Gedächtnis der Einzamen de Philip Jarnach. C'est la découverte du jour. Elle vaut bien des voyages. parfois j'aimerais me retirer totalement, être pris en charge et pouvoir comme les pensionnaires de Gugging me livrer à mes bricolages. Il y a peu au Goethe Institut, j'ai lu une pièce de Philipp Weiss concernant cet endroit et ces artistes. J'interprêtais le personnage de Walla, le peintre avec son drôle de chapeau. Je veux le même.

mardi 20 septembre 2016

Le Nom sur le bout de la langue


Voilà,
J'étais content de ces retrouvailles imprévues avec une ancienne maîtresse. C'était si soudain, si improbable. Rien n'avait changé. Elle était toujours aussi séduisante et son appartement pareillement agréable. La première fois, après la représentation où je l'avais croisée par hasard au bar du théâtre, elle m'avait proposé de me raccompagner — d'accord c'est sympa — embarqué dans sa gigantesque automobile américaine, puis en cours de route suggéré de boire un dernier verre chez elle, c'est comme ça qu'elle avait dit, j'avais trouvé ça un peu vieux jeu comme expression mais j'avais quand même dit oui. Il m'est arrivé quelquefois de me faire enlever et j'ai toujours adoré ça, parce qu'au fond ça rend la suite bien plus simple et donc elle m'avait emmené dans son quartier résidentiel. Cette fois-ci je ne sais pas comment je m'étais retrouvé chez elle mais notre nuit d'amour avait été beaucoup plus torride que la première fois. D'ailleurs la première fois elle ne l'avait pas ėtė. Juste amicale, complice, mais somme toute assez raisonnable. Alors que là, vraiment oui quelle nuit ! Et puis toutes ces pizzas là qui flottaient dans sa chambre au-dessus de nous ! Très fines et odorantes ! Pourtant c'est seul — certes vigoureux comme un jeune homme au matin et c'est toujours bon pour le moral — mais seul que je me suis éveillé, surpris d'être là, chez moi, simplement chez moi. Le même mur en face les mêmes livres. Comment s'appelait elle déjà ? Je cherche je cherche j'ai beau chercher je ne trouve pas j'essaie de me concentrer ça ne vient pas du temps passe et toujours rien j'en suis au troisième bulletin d'informations matinal, où l'on parle de l'encellulement individuel inscrit dans la loi française depuis 140 ans et jamais appliqué dans les prisons de ce pays, trois fois qu'on me recommande aussi de voir un certain spectacle parrainé par la station pré-programmée de mon réveil-radio, et je ne parviens toujours pas à me souvenir du nom de cette femme. De ses gestes oui, de ses mots, de ses demandes, de son visage de sa voix et de quelques singularités anatomiques mais son nom, c'est quoi déjà son nom...
shared with sunday postcards

vendredi 19 août 2016

Sans remède


voilà,
dans ma jeunesse j'ai travaillé à l'AFP. Il s'agissait de trier les dépêches. On me payait (mal) mais on me me payait pour ça. Maintenant par loisir, ou pour combler mon désœuvrement, ou bien lorsque le sommeil ne vient pas, j'en consulte d'autres, plus frivoles. J'y vois des chats qui ont peur des concombres, des questions qui me sont posées "si vous deviez être enfermé dans un film pendant un mois lequel choisiriez vous ?" on m'y affirme que le dernier clip de will.i.am est un chef d'œuvre (c'est vrai que c'est assez réussi), on me donne les noms des députés socialistes qui ont voté pour le secret des affaires au parlement européen, on m'indique la liste des produits monsanto à boycotter en France, et les marques vestimentaires qui ont opté pour la mode musulmane, on m'informe sur l'Achat par des sociétés chinoises de terre agricoles dans le Berry, on m'apprend que des photographies vieilles de cent ans ont été découvertes dans les glaces de l'Antarctique, qu'un comité du rire s'est tenu à l'entrée d'une conférence sur l'Éthique conclue par le président d'une grand groupe bancaire français, que des chinois (encore eux) utilisent la fumée des usine la nuit comme écran géant pour dénoncer la pollution. Une amie trouve que dans son réseau il y a des propos ouvertement racistes à l'encontre des femmes qui s'insurgent contre le port du voile, on diffuse des vidéos montrant des défilés d'enfants qui cherchent à être adoptés, d'autres où l'on voit que le troisième ligne des Reds de Melbourne est capable de claquer un drop de quarante mètres en toute décontraction, que Patti Smith nous recommande d'éviter tout ce qui pourrait faire de nous des esclaves (c'est cool Patti moi-même je me suis libéré je n'achète plus tes disques). Parfois on a envie de silence, un peu. De dire comme Hamm dans "Fin de partie" de Samuel Beckett : "vous êtes sur terre c'est sans remède, allez vous en et aimez vous. Léchez vous les uns les autres. Foutez moi le camp retournez à vos partouzes". Il suffirait de débrancher, de se couper du bruit du monde. Mais peut-être craint-on alors d'être plus seul encore, et de s'apercevoir qu'en ce monde justement on y compte encore moins qu'on ne le craignait et que oui peut-être qu'il est sans remède, ce sentiment d'abandon.

mardi 5 juillet 2016

Pique-Nique avec MDMA





Voilà,
comme promis, la suite de mes variations autour du Déjeuner sur l'herbe de Manet. Ce sont paraît-il les vacances, puisque toutes les chaînes de radio ont mis en place leurs "grilles d'été", pendant que leurs animateurs vedettes et journalistes s'absentent deux mois des ondes. Alors n'est-ce-pas on peut s'autoriser un brin de légèreté et même pourquoi pas une once de désinvolture.

lundi 23 mai 2016

mercredi 13 avril 2016

Hommage à Marcel Duchamp

Nus baisant près d'un escalier
 
Voilà,
"Ce chagrin des glandes qu'on appelle l'amour" (H-F Thiéfaine)
Oui bon la formule ne manque pas de style
Mais moi je suis un sentimental 

lundi 11 avril 2016

Association d'Idées

Voilà,
pendant l'exposition des œuvres du Douanier Rousseau au musée d'Orsay
Je me suis rappelé que la dernière fois que j'y étais venu 
c'était pour l'exposition "images de la prostitution au XIX ème siècle"

mercredi 16 mars 2016

Madame rêve


Voilà,
C'est à cela que je pensais, à cette chanson où il est question
"d'un amour qui la flingue
d'une fusée qui l'épingle
au ciel ooh ciel"
les années ont passé donc, si vite trop vite, et les étoiles serties dans la nuit demeurent impassibles délivrant de trop obscurs messages. Il ne reste qu'à songer à tout ce qui nous a quitté — tant de mots alors nous étaient cachés — ; trop jeunes nous n'avions pas encore appris à changer les larmes en pierre. Ils sont désormais hors de portée les espoirs que nous formions, à certaines heures, quand nous étions insatiables, avides de vertiges et comme le vent, rebelles. Nous traquions la beauté dans la louange crue du Réel. il ne nous a pas oubliés. Les excroissances, les plis les boursouflures, les rides et les plaies : nous payons notre tribut. Nous nous traînons avec nos douleurs et nos empêchements. Insolents pourtant nous sifflons dans l'Azur, nous fredonnons des airs d'une autre époque, comme si de rien n'était, comme si rien jamais ne devait arriver. Mais de plus en plus souvent nous devinons des ombres au grand midi. Nous les redoutons même à travers nos yeux plissés. Et de secrètes voix nous enjoignent de jeter au fossé nos livres et nos clés. Nous ne croyons plus avec la même désinvolture à nos propres mensonges. Trop de fantômes s'invitent aux moments les plus inattendus, à nos tables, dans nos lits. Parfois même on les aperçoit qui sèchent aux fenêtres mais le cœur serré on se sent malgré tout l'âme vagabonde. Désormais chacun va son chemin. On s'appelle quand l'un ou l'autre donne des signes de fatigue. On sait qu'on ne se reverra plus guère. Les jeux sont faits. D'autres histoires nous appellent. Et c'est à cœur perdu qu'on s'y précipite.



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