Voilà
ce qui me gomme
à grande rafale
me lacère au-dedans
me chignole et me tronçonne
ce qui m’esquiche me pèle me râpe
ce qui me ronge les os
me dévore la moelle me grignote et me mastique
me dévore la moelle me grignote et me mastique
avide gourmand
ce qui file rapide sous la viande
Comme un arc électrique
Comme un arc électrique
quand je cherche les mots
pour savoir où j'en suis
si je suis encore
ce qui me pousse et me presse
me piétine et m’écrase
ce qui m’étire me tord me vrille
m’explose comme grenade
et me brûle et me glace tout à la fois
m'émiette me calcine me disperse
cendres que vent éparpille
ce qui hurle en moi, me perce, m’assourdit
me chavire, dérive dans l’incertain dans l’opaque puis se dilue
ce qui enserre et comprime le thorax
ce qui arrache griffe déchire
ce qui saigne en silence
me transforme en ombre me rend étranger
à moi-même autant qu'aux autres
que je ne reconnais plus
ce qui me cherche autant que je le cherche
ce qui me défie, m’épuise, me hante
ce qui, toujours, m’échappe.
ce qui me cherche autant que je le cherche
ce qui me défie, m’épuise, me hante
ce qui, toujours, m’échappe.
ce qui me broie m’émiette me précipite
sans fin s’effondre s’écrase sans fin éclate
pas silence mais bruit fracas tambourin.
ce qui me pompe la sève
pas lentement
non vite bien trop vite
qui tout aspire tout avale tout engloutit
moi ni dedans ni dehors
moi rien
moi rien .
ce qui tourne
ce qui tourne
non pas tourne mais vrille en boucle
non pas boucle mais spirale
Ce qui
creuse tire tout hors moi
dedans plus rien.
ce qui charcle
pas la peau mais dedans
chair os moelle
qui sans fin craque me vide me ronge
me crie dedans-dehors partout.
Ce qui ne court pas mais hurle fond
Ce qui ne court pas mais hurle fond
non pas comme neige
mais plomb bouillant
coule dans veines casse crâne fait éclat dedans.
Ce qui moi plus moi mais éclat poussière
Ce qui moi plus moi mais éclat poussière
cri sans son mais hurlement constant fracture.
arraché
arraché
harassé
ce qui
ce qui