samedi 30 janvier 2016

Cuir


Voilà,
Montée de la grande côte sur la Croix rousse à Lyon, l'odeur du cuir de cette boutique me rappelle l'odeur de l'atelier de celui qui, à cause de ses grandes moustaches et de ses cheveux roux avait été surnommé Vercingetorix à Châteaudouble. À l'époque il y avait plein d'artisans qui exposaient sur tous les marchés de Provence. Cette odeur était très présente sous les remparts d'Avignon pendant le festival. D'ailleurs quand j'ai fait ma fugue à 17 ans j'avais le vague projet d'apprendre à travailler le cuir avec Vercingetorix. Finalement je me suis fait gauler par les flics à Gardanne. Le cuir, comme un parfum d'adolescence. Du mal à réaliser que tant d'années ont passé.

vendredi 29 janvier 2016

Centre culturel italien


Voilà,
celle-ci aussi je l'ai prise il y a très longtemps, au centre culturel italien, au tout début des années quatre-vingts avec l'appareil que je m'étais acheté, un olympus XG1, après avoir joué "Prométhée Porte-feu" mis en scène au festival de Nancy par André Engel car j'avais regretté de ne pas avoir pu prendre de photos lors de cette épique aventure. (Linked with the weekend in black and white)

jeudi 28 janvier 2016

Hutte en Kabylie


Voilà,
c'était en 1983 juste au dessus de Ziama Mansouriah en Kabylie. Je m'étais un peu promené dans la montagne et j'étais tombé par hasard sur cette hutte. Je ne sais pas si c'était une simple grange ou une habitation précaire. Ce qu'on m'avait dit c'était que l'hiver était rude dans la région. A l'époque on ne parlait pas encore d'islamisme. C'était les premières années de présidence de Chaadli, et après les années Boumedienne, on espérait que cela se libéraliserait un peu. 21 ans après en être parti dans les bagages de mes parents, j'étais revenu voir ce pays qui avait tant marqué les premières années de ma vie. (linked with The Weekend in Black and White).

mercredi 27 janvier 2016

Une Tentation de plus


Voilà 
des années que je voulais moi aussi m'y essayer.
C'est donc ma première tentative de la Tentation de Saint Antoine

lundi 25 janvier 2016

Autre train autre reflet


Voilà
les reflets nous renvoient à notre inéluctable et plus ou moins lointaine condition de fantômes. C'est inévitable un jour viendra où la transparence sera devenue notre seul et définitif territoire. Parfois peut-être entre pupille et paupière viendrons-nous roder dans le songe de tel ou telle qui se souviendra encore de nous et puis peu à peu on finira par glisser dans l'oubli comme un paysage qui s'efface à la vitre du train.

vendredi 22 janvier 2016

Solitude


Voilà,
désormais je ne traînerai plus aussi souvent dans les parages ou alors à des heures différentes et avec d'autres contraintes. De toute façon il faut que je trouve un autre travail. (the weekend in black and white)

jeudi 21 janvier 2016

Trouble de la mémoire devant un paysage connu


Voilà
Dans une chambre d'enfant d'un appartement inconnu,
Du nouveau m'apparaît
J'imagine des perspectives différentes, plein d'idées me traversent.
J'entrevois autre chose qui me pourrait vraiment me plaire
Et peut-être me désennuyer de moi

mercredi 20 janvier 2016

Nu penché sur un guéridon


Voilà,
j'essaie juste de donner un sens au jour qui vient ou à celui qui va. J'avance en solitaire parce que je ne peux faire autrement. Je me réfugie dans cet incessant travail de transformation des images parce que c'est ce qui me tient – du moins en ai-je l'illusion – à l'abri du monde extérieur tout en ayant la possibilité de communiquer avec lui. C'est ma façon à moi d'aller vers les autres et de m'en protéger à la fois, de me trouver une place dans la communauté des Hommes qui me fait pourtant si peur parfois. Tout me semble si souvent compliqué, les uns les autres et tout ça. Je suis un vieil enfant qui bricole et grafouille. Je me fatigue un peu plus chaque jour, parfois je bougonne et taciturne en rond. J'ai une sale gueule je sais, mais je ne suis pas bien méchant au fond. J'essaie juste de faire des trucs qui tiennent la route. À ma façon, discrète et déterminée.

mardi 19 janvier 2016

Antrelieu


Voilà,
Parfois je ferme les yeux.
Antrelieu n'est jamais loin, c'est là que je me retire parfois
Pour réfléchir au cours des choses, au tour qu'elles prennent ou pourraient prendre

lundi 18 janvier 2016

Infiniment mystérieux


Voilà
souvent je reviens à ce lieu, à l'image de ce lieu qui m'intrigue me fascine sans que je ne sache pourquoi. Il y a des endroits qui laissent entrevoir leur envers. La pensée le regard s'y émerveillent  car ils sont comme la promesse d'un monde meilleur, enchanté. Ils expriment la possibilité d'une réalité parallèle et rêvée obéissant à d'autres lois physiques où la vie serait plus douce et plus sereine.

dimanche 17 janvier 2016

La femme la dune le parasol



Voilà,
c'était au siècle dernier, un été à Leffrinckoucke. Bien qu'il y fit souvent soleil, je ne m'aventurai pas à me baigner tant la mer me semblait un peu trop fraîche à mon goût. J'étais venu accompagner une femme à qui des amis avaient prêté un appartement sur cette côte qu'on dit, je crois d'opale. Pour des raisons professionnelles, elle passait beaucoup de temps au téléphone (les portables n'existaient pourtant pas à l'époque) et moi pendant ce temps-là, je vaquais à l'extérieur, photographiant des blockhaus affaissés sur les dunes, des éoliennes qui ne rentraient pas dans le cadre, des cheminées de raffineries au loin ou bien des joggers sur les plages désertes, ou encore des poupées cassées dans des brocantes locales. C'est dans ces circonstances que j'ai aperçu cette jeune femme près de son parasol

vendredi 15 janvier 2016

Porteurs d'eau


Voilà,
je me souviens des porteurs d'eau de la casbah d'Alger "vieille dame délabrée confite dans sa crasse et croulant sous les oripeaux de sa splendeur ancienne" comme la qualifie Jérôme Ferrari. C'était en en juin 1983. Je me rappelle aussi qu'un an après la victoire historique de l'équipe de football d'Algérie contre celle de l''Allemagne en 1982, le match avait de nouveau été retransmis, et que les gens avaient longtemps parcouru les rues de la ville en klaxonnant comme si la rencontre venait juste de se terminer. (linked with The Weekend in Black and White)

jeudi 14 janvier 2016

A la tombée de la nuit


Voilà
Ce soir je voudrais être auprès de ma fille et la serrer très fort dans mes bras,
car pour elle c'est un jour particulier et pour moi aussi sans doute.
Elle me manque. Entre Rhône et Saône j'ai le le blues de la presqu'île.

lundi 11 janvier 2016

Black Star


Voilà,
ça me revient, l'exposition Bowie l'année dernière au mois de mars

ça me revient, "Loving the Alien" en novembre 1984. J'avais acheté une cassette de l'album "Tonight" (c'était à l'époque des premiers Walkman), et je l'avais emmenée à Strasbourg où nous étions venu jouer le spectacle "Rêves de Kafka" durant deux semaines. J'associe en partie ce séjour, les souvenirs  que j'en ai et les photos que j'ai prises alors, à ce morceau, mon préféré de l'album.

ça me revient, Lucy et sa sœur chez elle, vers Pâques 1976, à Hatfield in the North, racontant que lorsqu'elle était allée voir un concert de Bowie avec ses copines, elles s'étaient toutes maquillées comme sur la couverture d'Aladdin Sane 

ça me revient, Didier après qu'on soit allé faire des courses dans un supermarché de St Raphaël qui allume l'autoradio, et dit en entendant Bowie "A chaque fois il se remet en question" c'était au moment de "Lodger"

je n'ai jamais oublié ce chagrin d'amour où j'écoutais en boucle "Wild is the wind" chanté par Bowie

ça me revient j'ai acheté le double album live "Stage" à Rome l'été 1979 alors que nous étions en tournée avec les zeppelins

ça me revient "let's dance" et les fêtes au théâtre de la tempête. Je dansais beaucoup à cette époque.

ça me revient Philippe D. qui écoutait "Heroes" dans son appartement des Olympiades

ça me revient "Sufragette city" et "Hang on to your sels"entendus la première fois un soir tard au pop club de José Artur et aussi "John I'm only dancing" et comme ce dernier morceau avait quelque chose d'angoissant surtout le refrain avec sa ligne de basse et ses guitares stridentes

ça me revient "space oditty" en italien devenu "ragazzo solo, ragazza sola" qui raconte tout autre chose que la version originale, et transforme Bowie en chanteur de charme italien, et ça me plaît quand même

ça me revient "Modern Love" et Denis Lavant courant le long des palissades dans le film "Mauvais Sang" de Léos Carax

ça me revient la comédie musicale "Absolute beginners"

ça me revient Isabelle Adjani chantant "Beau comme Bowie"

ça me revient qu'on disait qu'il avait un œil perpétuellement dilaté à cause d'une bagarre avec une fille quand il avait quinze ans

ça me revient, une émouvante reprise d'une chanson de Georges Harrison après sa disparition sur l'album "Reality" je crois

ça me revient, chez Jean-Jacques, l'album Station to station et sur la chanson qui donne le titre à la l'album, la rupture après 6 mn qui commence par "it's not the side effect of the cocaïne / I'm thinking it's must be love" qui était dans un tempo très speed mais qui me convenait bien à l'époque, et qui continuait par it's to late to be grateful / it's to late to be late again / it's to late to be hateful / the european canon is here / et encore de golden years wap wap wap

ça me revient Bowie et Jagger dansant et sautant comme des cabris défoncés au maxiton dans le clip "Dancing in the street"

ça me revient que j'aimais son accent "so british" dans les interviews et que j'ai souvent pensé que l'excentricité qui était la sienne était un reflet de la culture anglaise
ça me revient mais tant d'autres choses m'échappent par ailleurs

dimanche 10 janvier 2016

Ce qui tient les gens


Voilà,
ce qui tient les gens, je veux dire ceux qui ont quand même la sensation que ça ne tourne pas rond, c'est sans doute cette croyance qu'un miracle va malgré tout advenir et changer le cours des choses. On avance vers la nuit en espérant que le jour sans cesse va durer. On ne parvient pas à concevoir que la prospérité, le rayonnement intellectuel, le savoir l'innovation, la jeunesse et l'audace, ne sont plus de mise dans ce pays. Plus aucune aptitude à la révolte à l'insurrection. Une population de petits propriétaires enchaînés à leurs crédits, une foule d'esclaves aliénés par le flux continu d'informations de jeux et d'injonctions diverses dont les écrans nous abreuvent jusqu'à l'écœurement. Cela occupe ainsi notre temps et notre cerveau et nous donne l'illusion d'être dans l'action, de participer au monde simplement parce que nous tapotons des écrans tactiles. On s'accroche à l'illusion d'un monde meilleur pendant que l'Europe politique se suicide en se soumettant à la loi des multinationales et des banques, pendant que les réacteurs de Fukushima continuent de disséminer leur poison..., pendant que des fous des fanatiques religieux massacrent tout ce qui ne leur ressemble pas et détruisent ce qui reste d'antiques civilisations où leur dieu n'existait pas encore, pendant que les grands trusts industriels saccagent des forêts des sols des sous-sols, polluent des fleuves des océans, les vident de leur biodiversité, pendant que la bêtise et la mesquinerie s'installent peu à peu au pouvoir dans certaines de nos régions, pendant que les pauvres s'appauvrissent encore plus, que la misère essaie de trouver le sommeil dans les rues en grelottant  etc... etc... La liste si longue de ce qui ne va pas en devient presque banale et lassante.
Pourtant parfois on veut se persuader qu'ici on peut encore espérer, à cause d'un paysage que l'on croit pérenne, d'une lumière singulière, de la forme des nuages qui nous donne l'illusion que la beauté des choses constitue un refuge contre le spectre de l'adversité. On les regarde au ciel passer les nuages, on les voit se faire et se défaire comme de furtifs poèmes qui un instant prennent forme pour aussitôt se perdre en un songe sans consistance. On est seul on ne fait qu'un avec la nature, et c'est une illusoire sensation d'éternité qui nous étreint dans ces moments là. 

mercredi 6 janvier 2016

Cafeteria la Merced


Voilà,
le jour où nous sommes allés à la cafétéria la Merced (j'avais tout de suite repéré que les gens qui venaient manger ici n'étaient pas des touristes) fut entièrement dédié à Picasso. De ce séjour à Malaga, je garde un souvenir mitigé car, j'avais toujours la tête plus ou moins ailleurs et des pensées chagrines. Heureusement le sourire de ma fille, sa main menue dans la mienne, ses mots tendres et rassurants, ses blagues et ses questions, atténuaient mon tourment. Les larmes cependant n'étaient jamais loin. Je me sentais tellement démuni, si étranger au monde, si peu capable de le comprendre. Je ne trouvais pas les mots. A ce moment là, je me suis rappelé – je me demande bien pourquoi – comment j'attrapais les papillons, enfant. De mes paumes je faisais une cage. Et c'était doux de sentir les ailes du captif chatouiller le creux de mes mains, avant de les ouvrir pour le rendre à ses voyages. (linked with The Weekend in Black and White)

mardi 5 janvier 2016

L'Heure clandestine


Voilà,
hier soir sans m'en rendre compte j'ai donné forme à mon inquiétude. Je n'avais pas prévu qu'elle serait ainsi. Je cherchais tout autre chose. Je crois que j'avais besoin de me divertir au sens pascalien du terme, d'échapper à cette conscience du Néant qui me submerge parfois. J'essaie alors de créer des formes qui me procurent du plaisir, ou du moins de suivre un chemin qui me mène vers l'apparition de ces formes, et me soustraient de la conscience du temps. De prime abord je n'avais pas l'intention d'introduire des silhouettes dans mon dessin. Je voulais m'en tenir à une abstraction. Je crois m'en être déjà expliqué, cela a quelque chose d'apaisant l'abstraction, ou peut-être même m'arrêter à un graphouillage,  Mais voilà, je n'ai pas osé, je n'ai pas pu m'empêcher. Et tout à coup l'image s'est imposée sans que je ne parvienne à la réfuter. Sans doute a-t-elle une nécessité puisque je ne la détruis pas, puisque même je la donne à voir. Elle me plaît malgré tout. En dépit de son imperfection de son côté sombre. Même si elle me fait aussi regretter ne ne pas être capable de tracer un autre chemin, plus léger, plus tendre.

lundi 4 janvier 2016

Après-midi Beaubourg


Voilà,
cet après-midi j'ai vu l'exposition des photos qu'Agnès Varda avait faites lors d'un séjour à Cuba en 1963, ainsi que celle, magnifique, consacrée à Wifredo Lam et, au cabinet graphique du Musée d'Art moderne, les œuvres sur papier de Dieter Appel. Je pourrais rester des heures dans les musées. Autrefois je m'y sentais en sécurité. Mais depuis la tuerie du Bardo à Tunis en mars dernier, je ne peux m'empêcher de penser que des crétins décérébrés, peuvent à n'importe quel moment surgir dans de tels endroits, simplement parce qu'ils exècrent tout ce qui ne leur ressemble pas et qu'ils ne comprennent pas. L'exposition sur Cuba, évoque une époque chargée d'espoirs et de croyances en un monde meilleur et une grande joie se dégage de ces images du socialisme tropical. Pourtant je me souviens qu'à l'époque les gens craignaient une guerre nucléaire et que Bob Dylan chantait "A hard rain's A-gonna fall".

samedi 2 janvier 2016

Aux vieux garçons


Voilà,
entre la station Solferino, et la station Rue du Bac, dans la partie la plus mélancolique du Boulevard St Germain où l'on trouve assez peu de commerces, existe néanmoins un café dont le décor n'a guère changé depuis 1902. Il est doux, surtout en ces moments troubles, de s'y attarder et de se laisser gagner par la rassurante illusion que le temps n'a pas passé. Le vieux percolateur doré qui trône au fond du bar est paraît-il toujours en état de marche.