mardi 29 mars 2016

Phosphènes


Voilà,
enfant avant de m'endormir je frottais mes yeux avec les poings. Entre paupière et pupille — me semblait-il — d'étranges formes apparaissaient alors, en volutes multicolores. J'appris bien plus tard qu'elles portaient le doux nom de "phosphènes". Et puis il y eut les années psychédéliques, avec leurs affiches aux couleurs chatoyantes. Certaines même sous un certain éclairage, étaient comme phosphorescentes. Il y en avait beaucoup dans cette petite boutique de la rue des Écoles où j'ai passé beaucoup de temps. On y vendait des disques et des posters. Celui de John Lennon d'après une photo de Richard Avedon a décoré ma chambre d'adolescent. Je ne peux le regarder sans un certaine émotion. Bref, ces derniers temps, j'ai beaucoup de plaisir à faire des images dans le genre psychédélique. D'ailleurs musicalement il semblerait qu'on y revienne depuis quelques temps.


lundi 28 mars 2016

Un rêve idiot et des vieilles photos


Voilà,
Il y a peu, bizarrement j'ai rêvé de Jean Reno. J'étais chez lui, en l'occurrence un modeste pavillon de banlieue qui n'avait donc rien à voir avec les luxueuses propriétés qui sont aujourd'hui les siennes. Ma présence était totalement incongrue car nous ne fréquentons plus depuis des années. La dernière fois que je l'ai aperçu c'est en mars 2002 lorsque nous avons repris le spectacle "Prends bien garde aux Zeppelins" au Théâtre national de Chaillot. Il n'était pas revenu jouer avec nous parce qu'il voulait aller en vacances à l'île Maurice avec ses enfants et sans doute aussi parce que son statut de star était incompatible avec la reprise de ce qui autrefois avait été une aventure.  Mais il était passé au pot de bienvenue du théâtre, et avait pleuré le soir de la première sur les vieux souvenirs. En plaisantant je lui avais dit de ne pas s'inquiéter, que si Didier le metteur en scéne avait d'autres projets il lui proposerait un rôle. Donc j'étais dans le salon de la maison de Jean. Je ne faisais rien, ne disais rien. On ne me chassait pas mais je sentais que j'étais vaguement embarrassant. À un moment, dans la courette où je m'étais retiré, sa femme, une étrangère qui ne me connaissait pas, venue y étendre son linge (putain ! la femme de Jean Reno qui vient étendre son linge, il y a qu'en rêve qu'un truc aussi con et absurde peut arriver) m'a demandé qui j'étais. J'ai grommelé mon nom, expliquant que j'étais juste passé par là parce que j'avais besoin de réfléchir. Je n'ai pas jugé bon de lui dire qu'on avait fait autrefois dans une autre vie, quatre ou cinq pièces et une paire de films où on jouait ensemble, à quoi bon. L'idée de venir chez Jean pour y réfléchir était déjà en soi si grotesque et absurde. Réfléchir à quoi ? À comment mettre de l'ordre dans ses affaires et se préparer à la mort tout en jouissant du bonheur de vivre ? Bref gamberger sur comment devenir sage comme Montaigne alors qu'on a toujours vécu au gré des événements en remettant au surlendemain ce qu'on aurait dû faire l'avant-veille ? Quoiqu'il en soit, je ne m'explique toujours pas ce scénario stupide créé par mon cerveau. Peut-être étais-je coincé dans une vie parallèle où la chance n'a pas souri à Jean, et qu'au lieu d'être la vedette qu'il est devenu, il y vivote enchaînant des petits rôles et des pubs. Cela dit dans cette vie parallèle, je ne suis pas en très grande forme non plus, et j'ai l'air assez looser. Jean aujourd'hui, vit sur l'île de la jatte à Neuilly, il possède plusieurs résidences un peu partout dans le monde, collectionne les Bentley (j'ai entendu dite qu'il en possède cinq), il a des amis riches et puissants, le témoin de son dernier mariage est même l'ancien président de la République. Bien évidemment nous nous sommes perdus de vue. Mais ce rêve très con est l'occasion de ressortir quelques vieilles photos, la première prise en cours de répétitions en octobre 1981 – j'avais beaucoup travaillé cette année là – lors de la reprise de "Prends bien garde aux Zeppelins" de Didier Flamand pour l'Opéra Comique et celle ci qui date de 1979 je crois, près du Gymnase Japy en compagnie de Jacques Nolot, qui a suivi un chemin tout à fait différent, réalisant quelques films rares et précieux, extraordinairement sincères et personnels, qui viennent de ressortir en coffret il y a peu.


A l'époque Jacques et Jean me semblaient déjà un peu vieux, enfin disons qu'ils n'étaient pas de ma génération. Et en tout cas je n'aurais alors jamais imaginé que l'un deviendrait une star internationale, et que l'autre cachait en lui tant de poésie et de sensibilité. Dans ces années là, Jacques avait tendance à sortir sa queue sous n'importe quel prétexte à faire de la provocation avec un humour assez acide. Il est probable que sur cette photo il s'apprête à dire une grosse connerie à connotation sexuelle, parce qu'il sait que ça met la plupart des gens mal à l'aise. Il en a déjà l'œil qui pétille.
C'est pour lui que j'avais pris la photo de la devanture de coiffeur à New-York, car il avait écrit une pièce qui se passait dans un salon de coiffure dans le Gers, l'histoire d'un comédien qui retourne au pays après une longue absence et va se faire coiffer chez son frère qui ne le reconnaît pas immédiatement. La pièce, excellente, s'appelle "La matiouette". André Téchiné l'a adapté en film pour la télévision.

dimanche 27 mars 2016

C'est Pâques


Voilà,
c'est Pâques, le forsythia est en fleurs, Le figuier du balcon commence à faire ses feuilles, les jours rallongent on est passé à l'heure d'été. Mars n'est pas fini et il y a encore des giboulées. Il faudrait que je mette un peu d'ordre à la maison. Je n'ai envie de rien faire. 

vendredi 25 mars 2016

Fanfaronnade


Voilà,
c'est un appel téléphonique étrange et inattendu. Une personne perdue de vue depuis des années me rappelle une citation que je le lui aurais faite il y a bien longtemps, mais elle ne se souvient pas du nom de l'auteur. Je n'ose lui demander dans quelles circonstances, j'ai pu lui souffler "J'ai pour me protéger du regard des autres toute la distance que j'ai vis-à-vis de moi-même" ni pourquoi il lui semble utile de m'en parler à ce moment précis. Cela me paraît tellement bizarre d'avoir pu prononcer cette phrase qui ne m'évoque rien du tout – sur le coup je pense à Blondin, à Cioran – que je lui suggère que peut-être elle confond, ce n'est pas moi, mais elle m'affirme que de ça en tout cas elle est tout à fait certaine, car cette phrase l'a particulièrement marquée. Je songe alors que cette maxime j'aurais d'abord du me l'appliquer à moi-même. La formule est belle, elle est d'Artaud. J'ai un peu fait le fanfaron avec cette citation. Mais lui aussi, je pense, qui n'était pas aussi indifférent qu'il voulait le faire croire à l'avis des autres. (Linked with the weekend in black and white).

mercredi 23 mars 2016

L'Esprit de l'escalier


Voilà,
je me souviens d'une certaine piscine l'été passé. C'était mon dernier après-midi. J'étais content d'être là et en même temps j'en avais marre d'être seul. Comme je m'ennuyais, je photographiais des reflets, en fait je photographiais un peu n'importe quoi. Kafka a noté dans son journal : "il est impossible de voyager – et même de vivre – sans prendre de notes ! Sans cela le sentiment mortel de l'écoulement uniforme des jours est impossible à supporter." Cette impression je la partage et c'est sans doute ce qui m'amène à poursuivre ce blog. Et qu'importe si les pensées et les images que je convoque pour surseoir cette inquiétude n'ont pas forcément la fraîcheur du jour. Il m'arrive souvent d'avoir ce qu'on nomme "l'esprit d'escalier". 

mardi 22 mars 2016

Plaza de la Constitucion


Voilà,
Il est peu probable que je retourne un jour là-bas, il y a tant d'autres lieux à voir, mais sait-on jamais. Cette place, avec ses grands palmiers californiens, j'ai aimé la traverser, surtout à la tombée de la nuit. Il y avait de la douceur dans l'air, chaque fois que nous passions par là, alors que 80 ans auparavant ces lieux étaient le théâtre d'affrontements sanglants et fratricides. En compagnie de ma fille — son sourire son humour, son intelligence et sa curiosité me revigoraient — qui était fière de tester son espagnol, je me sentais bien. Et puis avec ma cousine et son mari aussi pendant quelques jours. Cependant j'avais souvent la tête ailleurs, j'étais ici et là, dans un monde réel et dans d'autres plus ou moins possibles et pas forcément gais. Je ne pouvais faire autrement. Cela me happait parfois. 

vendredi 18 mars 2016

Un jour encore


Un jour encore et c’est pour voir  
Et pour aimer ces choses

Qui auraient pu rester

 Pour toujours dans le noir
À ne pas être vues

Un jour encore

Pour voir le jour

Tâter l’espace et le gagner.
Un jour pour approuver

Ce que vaut la lumière.

Et pour y faire

Tout ce que c’est que vivre

Un jour encore
(Guillevic)
Linked with The weekend in black and white)

mercredi 16 mars 2016

Madame rêve


Voilà,
C'est à cela que je pensais, à cette chanson où il est question
"d'un amour qui la flingue
d'une fusée qui l'épingle
au ciel ooh ciel"
les années ont passé donc, si vite trop vite, et les étoiles serties dans la nuit demeurent impassibles délivrant de trop obscures réponses. Il ne reste qu'à songer à tout ce qui nous a quitté — tant de mots alors nous étaient cachés — ; trop jeunes nous n'avions pas encore appris à changer les larmes en pierre. Ils sont désormais hors de portée les espoirs que nous formions, à certaines heures, quand nous étions insatiables, avides de vertiges et comme le vent, rebelles. Nous traquions la beauté dans la louange crue du Réel. A présent il nous le rend au centuple. Les excroissances, les plis les boursouflures, les rides et les plaies : nous payons notre tribut. Nous nous traînons avec nos douleurs et nos empêchements. Insolents pourtant nous sifflons dans l'Azur, nous fredonnons des airs d'une autre époque, comme si de rien n'était, comme si rien jamais ne devait arriver. Mais de plus en plus souvent nous devinons des ombres au grand midi. Nous les redoutons même à travers nos yeux plissés. Et de secrètes voix nous enjoignent de jeter au fossé nos livres et nos clés. Nous ne croyons plus avec la même désinvolture à nos propres mensonges. Trop de fantômes s'invitent aux moments les plus inattendus, à nos tables, dans nos lits. Parfois même on les aperçoit qui sèchent aux fenêtres et le cœur serré on se sent malgré tout l'âme vagabonde. Désormais chacun va son chemin. On s'appelle quand l'un ou l'autre donne des signes de fatigue. On sait qu'on ne se reverra plus guère. Les jeux sont faits. D'autres histoires nous appellent. Et c'est à cœur perdu qu'on s'y précipite.



mardi 15 mars 2016

De la suite dans les idées


Voilà, 
"Pas de technique, mais un imperturbable appétit", c'est Michaux qui écrivait ceci à propos de lui peut-être mais ça je n'en suis plus très sûr. Je reprends ça à mon compte. Et aussi, "de la suite dans les idées". Cette image je l'ai composée il y a plus de trente ans. Je l'ai réinterprétée il y a trois jours et à présent elle me plaît tout à fait. J'ai fait ça presque secrètement pendant des années. D'ailleurs des copains sont sont morts qui n'ont jamais su que je bricolais des images dans mon coin. C'est Thierry Flamand qui m'a encouragé. Si j'ai pu lui montrer, mes travaux d'alors c'est qu'il inspirait confiance. Thierry était un excellent illustrateur, un affichiste de talent, et il est devenu un décorateur de cinéma réputé. C'est le frère de Didier l'acteur et metteur en scène. Ils ont tous les deux eu un césar du cinéma à vingt ans d'écart : Didier pour le court métrage "La vis" et Thierry pour le décor du film "La belle et la bête" de Christophe Gans. Au début des années 80, donc, grâce aux encouragements de Thierry j'ai même fait un peu d'illustration pour la presse et l'édition. Jean-Baptiste Blom qui travaillait chez Delpire et ressemblait à Frank Alamo, m'a fait travailler pour le nouvel Obs. Annick Geille qui dirigeait Play-Boy France et qui choisissait elle même les illustrations, m'a pris un jour cinq images d'un coup, juste avant l'été et les vacances. Ça payait bien à l'époque. J'ai travaillé aussi pour les éditions du Seuil et fait quelques affiches à droite à gauche pour des compagnies de théâtre qui n'avaient pas beaucoup de sous. Mon rêve était de réaliser des pochettes de disques. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Ça n'a pas marché. Et puis je préférais jouer la comédie. C'est comme ça que j'ai longtemps, raisonnablement gagné ma vie. Ça m'arrive encore de le faire. Mais la vie en troupe, la vie en commun surtout avec des comédiens c'est vite chiant. Alors je faisais l'aller-retour. Au bout d'un certain temps j'avais besoin d'être seul et je m'enfermais pour faire des photomontages, des dessins des trucs à moi. Et puis quand j'en avais marre je me remettais dans le circuit pour être avec des gens et faire l'acteur. Je l'ai déjà écrit ça m'a aidé à tenir le coup à ne pas devenir fou, peut-être même à ne pas tuer. Oui c'est l'avantage de travailler seul, ça évite de devoir supporter les autres. Les autres souvent ne sont pas comme ceux dont j'ai cité le nom. la plupart du temps ils sont casse-couilles. Voilà c'est dit, je suis plutôt misanthrope.

lundi 14 mars 2016

Acronymes


Voilà
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vendredi 11 mars 2016

Les Jambes


Voilà,
cette photo prise un matin au métro République m'en rappelle quelques autres, réalisées autrefois en d'autres lieux. J'aime bien les corps incomplets dans un cadre, et aussi les jambes des femmes qui selon François Truffaut sont « des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. ». Et puis, me plaît aussi le contraste de ces jambes avec la géométrie hostile de l'endroit. (linked with The weekend in black and white)

mercredi 9 mars 2016

Pêle-mêle, avec la pluie


Voilà,
Aujourd'hui j'ai repensé à Philippe. Il est rare que je n'y repense pas. Et à eux tous, Philippe et Dominique, Agnès Delphine et Laurence. Et puis, à cause de la nouvelle entendue ce matin à la radio avant que je ne parte, me sont revenus en mémoire le solo de trompette piccolo, les flûtes et le hautbois dans "Penny Lane" que j'adorais fredonner quand j'avais onze ans. Même si je n'en comprenais ni les paroles ni la joyeuse nostalgie, il y avait du soleil dans ce morceau. Les instruments classiques c'était paraît-il, une idée de George Martin. Une vraiment bonne idée. Et puis je suis sorti du métro. Un putain de vent froid cinglait sur l'esplanade avec la pluie qui giflait le visage. Mais bon, au moins allais-je me rendre utile durant cette journée et me mettre au service d'une juste cause, et ça tout de même ce n'était pas rien.


mardi 8 mars 2016

Back to La Défense


Voilà,
Un moment que je n'étais pas revenu dans les parages. En tout cas je j'avais encore jamais fait l'expérience du café "le globe-trotter" à huit heures du matin avec BFMTV sur l'écran géant face au comptoir. J'aurais vraiment préféré feignasser dans mon lit en écoutant France-Musiques, ou lire ou, parce qu'en fait je crois que je ne suis bon qu'à ça ou du moins pas trop mauvais bidouiller des images sur mon ordi qui d'ailleurs commence à donner de sérieux signes d'usure. Les nouvelles du monde racontées à la télévision me font gerber. Le quartier des affaires aussi. J'ai du mal à socialiser ces jours-ci. En fait ce qui m'apparaît évident c'est qu'en ce moment travailler me fatigue.

lundi 7 mars 2016

Une rue déserte et c'est comme si la ville m'était offerte


Voilà,
une rue déserte et c'est comme si la ville m'était offerte. Sur le pavé humide luisent tant de souvenirs. Je retrouve avec émerveillement ces murs que j'ai tant de fois longés, ce quartier où j'ai vagabondé adolescent. J'allais où mes pas m'entraînaient, me laissant doucement dériver, au gré de ma fantaisie. Parfois je poussais la porte d'une galerie de peinture. J'ai mis un certain temps à comprendre qu'on pouvait y entrer sans être obligé d'acheter. Aurais-je été moins timide alors, j'aurais peut-être pu apprendre un métier, là. Mais ce monde me semblait interdit, tellement supérieur. On se moquait bien de l'art dans ma famille. J'ai encore dans ma bibliothèque des cartons d'invitation, des fascicules où sont reproduits des tableaux de cette époque. J'allais tout voir. Le quartier était comme un livre d'images. Cette photos je l'ai prise il y a quelques jours. J'étais en compagnie de D. avec lequel je venais de passer une paire d'heures à bavasser dans un café, et quand nous sommes sortis, nous nous sommes tous les deux faits la même réflexion : oui vraiment Paris était une très belle ville, même s'il est de plus en plus difficile d'y vivre. Il est reparti en scooter, j'ai un peu marché le long de la Seine. Il faisait froid, l'air était vif. C'était bien comme ça.

dimanche 6 mars 2016

Quand vient la nuit


Voilà,
c'est sympa la solitude parfois. Oui ça a de bons côtés, se coucher tôt, bouquiner au lit, écrire, traîner, regarder un film ou un documentaire chaudement calé entre deux oreillers. On se dit que c'est encore un luxe par ces temps tourmentés, qu'il faut en profiter, car le chaos et la folie gagnent peu à peu nos régions. Parfois pourtant une frayeur me traverse, la peur de mourir plus ou moins subitement d'un infarctus ou d'un AVC, (je me souviens d'un ami retrouvé comme ça chez lui un livre à la main – et ce n'était pas un très bon livre – cette image malgré les années continue de me hanter). Donc je pense à ça parce que, je me sens terriblement épuisé sans trop comprendre pourquoi et aussi parce que sur les réseaux sociaux il y a des gens qui envoient des trucs comme "que faire en cas d'AVC ". Donc même si on ne veut pas y penser eh bien les autres y pensent pour nous n'est-ce-pas ? Mais bon, même cette perspective a quelque chose de paisible à la lumière de certains témoignages qui sont rapportés. Celui de l'enfant syrien de treize ans enfermé dans une cage de Daech pendant 128 jours. Le jeune homme afghan de 17 ans dans le père choisit l'assassinat du frère aîné pour sauver la jeune sœur d'une violence sexuelle dictée par un bourreau taliban, l'homme de 21 ans enfui depuis huit ans qui se souvient à peine du nom de son village. Quelques unes de ces personnes qui vivent dans la boue à Calais et qu'au lieu de secourir on assaille de grenades lacrymogènes dans le pays où s'est écrit, il y a longtemps, la déclaration des droits de l'homme. Ce qui me choque, c'est cet acharnement contre le faibles pour masquer l'impuissance de nos dirigeants face aux organisations qui représentent un réel danger. C'est la pénalisation de ceux qui tentent de porter assistance aux démunis, c'est la démission morale et le cynisme de ceux qui furent élus sur des valeurs d'humanisme et de générosité. Et puis parfois, en guise de justification on entend des choses telles que, "oui mais si on les accueille aujourd'hui, demain en Europe nous serons les palestiniens du XXI ème siècle. Nos enfants nous reprocheront notre hospitalité, leurs territoires seront occupés et colonisés, et puis il y a déjà tellement peu d'argent pour résoudre tous nos problèmes actuels". Des figures cauchemardesques surgissent entre les pensées, je ne parviens pas à trouver le repos. Nos enfants auront de toute façon tant d'autres choses ã nous reprocher....

vendredi 4 mars 2016

Asnières la nuit


Voilà,
je me souviens, les jours rallongeaient mais il faisait encore froid et le printemps se faisait attendre. Ma présence dans ces parages me semblait absurde. Il m'avait fallu parcourir des rues désertes et inquiétantes pour me rendre ce soir là dans un petit théâtre où se donnait une pièce écrite et mise en  scène par une jeune chinoise et j'avais aimé le spectacle donné devant une maigre assistance. Plus tard au retour, j'avais craint de ne pas retrouver mon chemin. (linked with the weekend in black and white)

jeudi 3 mars 2016

mercredi 2 mars 2016

Menus Détails




Voilà,
Pendant la conversation je ne pouvais m'empêcher de jeter un œil sur le sol et de constater combien ces anomalies dûes à la négligence des peintres en bâtiment étaient intéressantes. Depuis des années je rassemble des images où, dans un cadre choisi, le noir joue avec la lumière sur différentes surfaces. Ces détails infimes auxquels la plupart des gens ne prêtent guère d'attention me réjouissent et me sont à chaque fois une source de plaisir. Heureux hasards, je les reçois comme une offrande que le monde me fait. Tant pis si certaines personnes me prennent pour un type bizarre. Mon petit frère un jour (il devait avoir huit ans et moi vingt-deux) m'a fait remarquer que je photographiais n'importe quoi. Je n'ai jamais cherché à démentir. D'ailleurs, lui et moi n'avons pas suivi les mêmes voies.