Un blog écrit en français, avec des photos des collages des dessins, des créations digitales, des récits de rêves, des chroniques des microfictions et encore bien d'autres bizarreries...
A blog written in french with photos, collages, drawings, digital paintings, dream stories, chronicles, microfictions and a few other oddities.
ISSN 2402-7375
sur
la face B du 45 tours "Let it be" des Beatles il y avait ce truc
complètement déconnant qui s'appelle "You know my name" et que j'adore
toujours. C'est une sorte de earworn. Quant au morceau de la face A il fut livré sans le solo de guitare de George Harrison qu'on trouverait
ensuite sur l'album
Ça me revient Les cheminées de la centrale Consolidated Edison au niveau de la quinzième rue, vues depuis l’East River
Ça me revient,
JJSS comme on appelait Jean-Jacques Servan Schreiber, patron du journal "l'Express", qui se rêvait en JFK français, avait en Avril 1970 ramené le compositeur Mikis Theodorakis emprisonné en Grèce à bord d'un avion privé
Ça me revient,
ma première "boum" comme on disait à l'époque fut en 1969 au Kremlin-Bicêtre pour l'anniversaire de deux jumelles qui étaient dans ma classe à qui l’on avait offert "Abbey Road" des Beatles. Je cois qu'on leur avait offert qu'un seul disque, mais je n'en suis pas certain. On aurait du leur offrir le double album blanc.
Ça me revient,
le critique et journaliste Bernard Pivot a l’apparition de twitter se fit fort de rédiger régulièrement des messages sous forme d'aphorismes ou de maximes dans la limite des 140 caractères autorisés
Ça me revient,
ce prof de maths cambodgien que j'ai eu en seconde. Les maths étaient déjà difficile pour moi, mais là avec son accent, c'était impossible à comprendre. Il n'était pas très pédagogues, mais il avait sûrement d'autres soucis en tête, il avait fui, le régime des kmehrs rouges. Et du coup me revient aussi en mémoire le prof principal de troisième au collège St Sulpice qui était aussi le prof de Maths, Mr Michel, qui avait une belle tronche d’alcolo et un faux air de Jean Gabin. Il avait dit un jour « vous savez votre amour propre vous êtes assis dessus »
Ça me revient
la troublante beauté de Mariel Hemingway dans le film. « Manhattan » de Woody Allen
Ça me revient Gérard Tiry — il n'était pourtant pas un spécialiste de théâtre — qui me dit après une représentation de "Rêves de Kafka "tu ne touches jamais le sol". Ce fut l'un des plus émouvant compliment d'après spectacle (surtout venant de lui). C'était en effet le cas.
Ça me revient,
lorsque la chaîne franco-allemande Arte a été inaugurée — en 1991 je crois —, la série "Heimat" a été diffusée durant la première semaine. C'était formidable que cela apparaisse dans le paysage audiovisuel français. Et j'ai adoré cette série.
Ça me revient
parce qu’on en parle beaucoup ces derniers temps, la génitrice, lorsqu’on vivait dans les Landes, qui disait, lorsque je manifestais de l’indiscipline (mais peut-être le seul fait d’exister représentait pour elle une forme d’indiscipline) « si tu continues comme ça, on t’envoie à Bétharram ».
Ça me revient
les expressions qu'il employait souvent "c'est quoi ce souk ta chambre" ou bien "c'est un vrai gourbi "il a rappliqué avec toute la smala", et aussi "quel binz"
Ça me revient,
au tout début des années quatre-vingts j'ai découvert la chanteuse Lee Wiley grâce une émission de France-Culture qui s'appelait "Poissons d'or"
Ça me revient
j'ai découvert Cioran à l'âge de 17 ans. Mon viatique à son œuvre fut
un livre à la couverture bleu pâle des éditions Gallimard "La tentation
d'exister" égaré dans la bibliothèque de Chateaudouble
Ça me revient,
Le nom de Lev Yachine ce footballeur soviétique des années cinquante-soixante qui fut le seul gardien de but auquel on décerna le ballon d’or, et dont on dit encore qu’il fut le meilleur de tous les temps.
Ça me revient
ces compagnons de la Libération ayant fait de la résisitance qui disaient que lorsqu'ils étaient jeunes ils avaient après la guerre du mal avec la hiérarchie. Ils ne supportaient guère d'être sous l'autorité de gens qui avaient plus ou moins pantouflé, sinon passivement collaboré pendant l'occupation
Ça me revient la fascination que j'avais pour les paysages de Yves Tanguy, lorsque j'ai découvert le surréalisme. J'ai repensé à cela en réalisant cette image il y a quelques jours, bien qu' à la réflexion il n'y ait guère de points communs, si ce n'est cette immense envie qui est la mienne en ce moment de ne produire que de semblables paysages. Peut-être est-ce ma façon d'illustrer ce qui me hante. Ma mémoire devient de plus en plus trouée. D'où la raison de ces listes
Ça me revient
À la fin des années soixante il y avait deux groupes de musique qui avaient presque le même nom l’un s’appelait Rare Earth et l’autre Rare Bird
Ça me revient
Bixente Lizarazu dans une interview télévisée relatant avec un grand sourire que son coéquipier Marcel Desailly avait une particularité physique étonnante, sans plus donner d'explications
Ça me revient
la détestation que j’avais enfant de l’acteur John Wayne qui représentait pour moi, sans que je puisse me le formuler de la sorte, la figure machiste la plus déprimante la plus la plus dégueulasse. Sans doute le détestais-je aussi parce que mon géniteur adorait cet acteur et les westerns. Quelle ne fut pas ma consternation lorsque Andréas Voutsinas qui a importé en France la méthode de l'actor studio m'a conseillé de mettre la même croyance dans mon interprétation que John Wayne
Ça me revient
"Le Wimpy" à l'angle du boulevard St Michel et de la rue Soufflot, un restaurant qui servait au début des années 70 des hamburgers ce qui était assez rare à l'époque. Un peu plus bas en allant vers la Seine il y avait un cinéma qui pendant plusieurs années n'a programmé que le film "Woodstock"
Ça me revient
lorsque j'étais enfant j'avais un jeu de société (je ne pouvais y jouer qu'avec mes géniteurs) qui s'appelait "le loto de l'histoire de France". C'était un utile moyen de se souvenir des grandes dates de l'histoire du pays. Dans le même ordre d'idée j'avais un livre d'histoire au format improbable, avec une couverture de couleur jaune, qui s'appelait "l'Histoire de la France racontée à tous les enfants"
Ça me revient
en mai 1989, cette incroyable sensation. Sur un boulevard de Manille, très polluée, passé sous un Ylangiuer, et être happé par le parfum de ses fleurs, et d'un coup penser alors à Pierre Guyot et Agnès
Ça me revient, mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe
non loin de l'atelier que m'avait prêté cet été-là Yoshiko Chuma, une chorégraphe dont la compagnie de danse s'appelait "The school of hard knocks" — en échange je devais nourrir le chat — , se trouvait au 158, 1st Avenue, le Downtown Beirut. Ce bar disposait d’un excellent jukebox les bières n'y étaient pas chères et la musique plutôt bonne.
Le lettrage de l'enseigne était très en vogue dans les années 80. Cet oblique ascendant, je l’ai, dans des propositions d’affiches, quelquefois utilisé à la même époque. On utilisait ces feuilles en plastique sur lesquelles étaient surimprimés des lettres et des symboles que l'on décalquait ensuite sur un rhodoïd placé au dessus de l'illustration et que l'on appelait"Letraset", du nom de l'entreprise qui les fabriquait. Cette phase du travail était particulièrement pénible et chronophage et m'exaspérait souvent, surtout lorsqu'il y avait beaucoup de noms à disposer.
j'ai pris cette photo en février 1994, et franchement je ne me souviens absolument pas pourquoi je traînais la nuit dans Chinatown.
"Le Sun Sing Theatre était une salle situé au 75-85 East Broadway, sous le pont de Manhattan, dans le quartier chinois de New York. Comme quelques autres cinéma en langue chinoise, il offrait aux immigrés chinois la rare possibilité de se rencontrer en toute sécurité, de se rapprocher de leur pays d'origine, de découvrir la culture de la génération précédente ou de participer à l'engouement pour le cinéma dans leur langue maternelle.
La salle a ouvert ses portes en 1911 sous le nom de Florence Theater. Elle accueillit d'abord des spectacles de vaudeville et des films yiddish. Au fur et à mesure que la population du quartier changeait, la nature des pièces a évolué. En 1942, l'endroit a été rebaptisé New Canton et a commencé à présenter des spectacles d'opéra chinois. Une troupe professionnelle d'opéra de Hong Kong, bloquée à New York pendant la Seconde Guerre mondiale, contribua à maintenir le théâtre en vie pendant dix ans grâce à des représentations nocturnes. En 1950, le lieu devient un cinéma et passe à la projection exclusive de films. C'est alors qu'il est rebaptisé Sun Sing Theater.
En 1960, la ville ayant prévu d'ajouter un pont supérieur au Manhattan Bridge, la démolition du théâtre est programmée. Mais les ingénieurs parviennent à trouver un moyen de bâtir les supports du pont tout en sauvant la salle à condition de réduire la jauge. Passant d'environ 900 à un peu moins de 700 places, le théâtre survit. En 1972 pour tenter de concurrencer d'autres marchés du divertissement en pleine expansion, tels que le karaoké, les jeux d'argent, les programmes en langue chinoise sur la télévision par câble et les locations de vidéo, la direction rétablit des spectacles sur scène. Le Sun Sing Theatre finit toutefois par fermer définitivement ses portes en 1993, en même temps qu'un grand nombre de ses semblables.
Le Museum of Chinese in America (MOCA) a conservé un certain nombre d'objets du théâtre, notamment des billets, des panneaux de signalisation, des timbres, des uniformes et un tableau de cartes de titre manuscrites utilisées pour suivre les expéditions de films vers différents théâtres". (article du Museum of Chinese in America)
parfois au détour d'une rue, derrière la grille d'un
terrain clôturé, d'étranges silhouettes s'offraient au regard. De quel
mirage étaient-ils les gardiens, ces épouvantails de carton et de
chiffons ? Qui les avait placés là ? Ce land art urbain et éphémère
apportait, au mitan des années 80 un peu de poésie dans ces quartiers
vétustes, à l'abandon, du lower east side.
ça me revient,
le jour de l'annonce de la mort de Léo Ferré en Juillet 1993, j'ai croisé plein de gens dans la rue qui sifflotaient ses chansons
ça me revient
avoir vu les petits chanteurs à la croix de bois à l'église de Fontenay-Rohan-Rohan, en compagnie de ma mère et de sa tante, en avoir été émerveillé, et espéré, le soir avant de m'endormir que Dieu (j'y croyais alors) me donne une belle voix
ça me revient
la première fois où j'ai opté pour le co-voiturage — et c'était une circonstance fort singulière — au cours du voyage, en conversant avec le conducteur, j'ai réalisé que nous avions lui et moi deux connaissances en commun.
ça me revient
que la série de billets intitulée "Mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe" doit moins à Georges Perec qu'à Roland Barthes et ses passages en italiques intitulés anamnèses dans le "Roland Barthes par lui-même" qui fut vraiment le seul livre de la collection vraiment écrit par son auteur.
ça me revient
Il y a cinquante j’avais vu, au Palais des Papes l'exposition des dernières toiles de Picasso peintes entre 1970 et 1972, que le maître avait offert à la ville d'Avignon. Un grand nombre d’entre elles (cent dix-neuf) furent volées trois ans plus tard, ce qui constitua le plus grand vol de tableaux jamais commis.
ça me revient En 1996 lorsque nous jouions "La Cerisaie" au festival d’Avignon je logeais avec Christelle non loin de la place des Carmes et toutes les nuits je regardais le tournoi de foot des jeux olympiques d’Atlanta à la télévision. Cette année-là, le Nigeria avait gagné et c’était la première fois qu’une équipe africaine était victorieuse.
ça me revient
avoir pensé en écoutant le morceau "misterioso", sur l'album du même nom enregistré en live au club Five spot en 1958, que Thelonious Monk "épluchait" la mélodie.
ça me revient Quand les guignols de l’info, la marionnette de Chirac appelait celle du chancelier Schröder Gérard avec l'accent français
ça me revient, En 1985 alors que je jouais le spectacle Rêves de Kafka au Pepsico Summerfare Festival de Purchase, près de New-York j’ai rencontré deux vieilles dames qui, dans leur jeunesse avaient connu Max Brod qui leur avait parlé de Kafka.
ça me revient
Lorsque j’étais enfant il y avait des petits cadeaux dans les paquets de lessive « bonux »
ça me revient
c’est Jean-Pol F. qui m’a fait découvrir Tracy Chapman, en 1988 lorsqu’il était venu loger à la maison un peu plus longtemps qu’initialement prévu.
ça me revient
le
premier spectacle que j'ai vu dans un théâtre subventionné ce fut au
Théâtre de l'Est
Parisien, avec Philippe et Dominique Tiry, et Agnès leur fille. On y
donnait
"La Tempête" de Shakespeare qu'avait mis en scène Bernard Sobel. Une
seule fois auparavant, au cours d'une sortie scolaire, j'étais allé voir une pièce. Quelque chose de Jean Anouilh au
théâtre Antoine. Il se peut que ce fut
la pièce intitulée "Tu étais gentil quand tu étais petit", mais je n'en
suis pas très sûr. Je n'en ai d'autre souvenir que cette façon ridicule, à mon goût,
que les comédiens avaient de parler. De la mise en scène de Sobel, je n'ai que
le souvenir d'un décor qui représentait une tente géante, et pour être
tout à fait honnête, je n'avais pas compris grand chose à la pièce de
Shakespeare. Mais bon, j'avais des excuses, bordel, je n'étais pas
souvent sorti des casernes et des bases militaires où j'avais grandi.
Enfin, je lisais quand même les poèmes d'Artaud, je connaissais par cœur
" la lettre aux recteurs de l'université", grâce à un numéro spécial de la
Revue Planète (il faudrait que j'écrive quelque chose un jour sur cette
énigme éditoriale) que j'ai plus tard prêté à un mec qui s'appelait
Jérôme Leclercq, un grand gars avec un gros nez qui me l'a jamais rendu.
Mais mon amie Agnès de Cayeux a retrouvé un exemplaire chez un
bouquiniste et me l'a offert. Et Rimbaud et Lautréamont, et même les poètes contemporains vivants je
les connaissais bien et j'avais découvert les impressionnistes tout
seul. À l'époque je piquais des bouquins à la librairie 73, bd St Michel
pour me faire une culture. Mais Shakespeare c'était une marche un peu
trop haute à ce moment-là.
ça me revient
en
2007, depuis la terrasse d'un café de Marseille non loin du vieux port,
j'ai assisté à la retransmission du match de la coupe du monde de rugby
Galles Fidji, gagné par les fidjiens
ça me revient
vers
1988, alors que j'étais très chagrin, trois livres en très peu de
temps, m'ont bouleversé. "L'histoire du crayon" de Peter Handke,
constitué de notes et d'aphorismes, "La fontaine pétrifiante" de
Christopher Priest, et "Rituels" de Cees Noteboom. Je n'ai jamais osé
relire ce dernier
ça me revient, en
juillet 73 lorsque sur ma pétrolette, revenant de Riscle où j'écimais
le maïs pour mon job d'été, peu après Beaumarchès, où la route commence à
monter je m'engageais en direction de Bassoues à la nuit tombante et
que je voyais alors les moissonneuses batteuses tous phares allumés sur
les coteaux
ça me revient
lorsque j'avais enregistré pour M.A. l'album "New-York state of mind" de Mark&Almond, elle m'avait dit quelques jours plus tard, "je ne savais pas que tu aimais le sucré". J'avais trouvé ça un peu vexant. Bon évidemment à l'époque elle écoutait en boucle ce morceau de Peaches.
ça me revient, mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe
il y a très longtemps, à Manhattan, dans le haut de Broadway j'ai photographié cette boutique de barbier avec son enseigne traditionnelle appelée Barber Pole.
Le Barber Pole, littéralement bâton ou poteau de barbier, est au
barbier ce que la carotte est au bureau de tabac, ou la croix verte à la
pharmacie. Souvent
bleu-blanc-rouge en spirale, parfois juste blanche et rouge, les
barbiers l'installaient devant leur devanture.
Dans certains pays étrangers (Italie, USA, Turquie…), la tradition du
barbier est toujours restée forte et cette enseigne est une évidence
pour la population, Après avoir disparu en France, elle revient de plus en plus ces dernières
années dans nos villes.
Cette tradition remonte au Moyen-Âge. Comme à l'époque la majorité de la population était
analphabète, on désignait son lieu d’activité par un signe ou un symbole
universellement reconnu. En outre, les barbiers de
l’époque non seulement coupaient les cheveux et taillaient les barbes,
mais ils utilisaient leur savoir-faire, leurs outils et leur dextérité
notamment pour pratiquer des saignées, des petites opérations
chirurgicales ou des arrachages de dents. Ce service s’expliquait par l’interdiction faite aux membres du
clergé d’effectuer de telles interventions. L’Eglise a le sang en
horreur (« Ecclesia abhorret a sanguine »). Lors du
concile de Tours en 1163, elle décrète la chirurgie pratique
interdite au sein du clergé et la relègue à un rang inférieur à
celui de la médecine. La plupart des médecins étant justement des hommes
d’Eglise, les barbiers en viennent à prendre la place des médecins
pour réaliser toutes ces interventions de petite chirurgie. C’est la
naissance du métier de chirurgien barbier : votre coiffeur barbier était
alors aussi votre chirurgien. Souvent considéré comme le père de la chirurgie moderne
en France, Ambroise Paré a d'ailleurs commencé sa formation en prenant une place
d’apprenti barbier chez un chirurgien-barbier. Il y apprit à manier le
rasoir et se familiarisa avec la saignée avant d’être admis en qualité
de barbier infirmier à l’Hôtel Dieu de Paris en 1533 où il passa
d’apprenti à maître-barbier-chirurgien et réalisa la carrière qu’on lui
connait aujourd’hui.
Le poteau de barbier symbolisait le bâton que le patient tenait dans sa
bouche pour rendre ses veines plus saillantes et favoriser la
circulation sanguine. Et puis par la même occasion cela permettait de
canaliser la douleur du patient car à cette période il n’y avait pas
encore d’anesthésie et il fallait bien mordre dans quelque chose.
Pour les couleurs du poteau de barbier, le rouge et le blanc proviennent
de la pratique répandue de la saignée qui consistait à prélever du sang
chez le patient pour tenter de le guérir d’une maladie ou d’une
infection. Les saignées et les sangsues étaient deux des pratiques médicales, très fréquentes à l'époque (souvenons-nous de Molière). Grâce aux progrès de la médecine moderne, nous savons
désormais que ce n’était peut-être pas la meilleure idée. Cependant,
cette méthode a été utilisée au Moyen Âge pour tout traiter, des simples
rhumes aux maladies les plus mortelles. Les pansements blancs imbibés
de sang associés à la saignée ont inspiré les rayures rouges et
blanches. Les rayures bleues qui ne sont pas toujours présentes symbolisent également la couleur des veines coupées pendant les saignées. Selon une autre interprétation la bande bleue serait due aux premiers barbiers américains comme un hommage aux couleurs du
drapeau.
La sphère en laiton
au sommet du poteau serait un rappel du bassin qui contenait les
sangsues, tandis que la large base évoque le bol utilisé pour recueillir
le sang. Quand le poteau est attaché au mur, la base est remplacée
généralement par une boule rappelant celle de son sommet.
En rédigeant de billet, je me suis souvenu des enseignes du Pakistan, peintes sur des plaques de tôle qui permettent de repérer les dentistes.
il y a longtemps en septembre 2012, j'avais publié cette photo sans autre légende que "this morning, I feel in a "New York state of mind". Je l'ai partagée il y a peu sur facebook, dans ce formidable groupe "Manhattan before 1990" où, chaque fois que j'envoie une photo, de nombreuses personnes réagissent, et rajoutent des informations. De lieu le plus souvent — ainsi ai-je appris que cet endroit se situe au 243 Mulberry St — mais parfois aussi sur les gens qui vivaient là ou des événements qui s'y rapportent. Ainsi, cette dame que l'on distingue à travers la fenêtre s'appelait Jean et elle avait parait-il coutume d'être à proximité de sa fenêtre toute la journée. J'ai aussi appris que quelques mois après que cette photo fut prise, advint un fait divers dramatique dans cette échoppe.
Ce New-York que j'ai photographié n'existe évidemment plus. Presque quarante déjà. Quelqu'un m'a envoyé une photo de l'endroit tel qu'il est devenu.
"Il avait la nostalgie d'un temps passé et non d'un lieu, d'une géographie faite d'heures disparues dans des rues qui n'existaient plus, attendant sur le seuil de maisons démolies depuis des années ou dans des cafés qui avaient depuis longtemps troqué leurs boiseries et leur marbre contre des murs tapissés de glaces ou de formica." Alberto Manguel in "Tous les hommes sont menteurs"
en publiant, il y a quelques jours, cette photo dans un groupe intitulé "Manhattan before 1990" hébergé par un réseau social bleu, je ne me doutais pas que cette anodine scène de rue susciterait autant de commentaires. Il semblerait en effet qu'à mon insu, j'ai alors photographié une célébrité locale. Beaucoup de contributeurs semblent persuadés que la dame attablée en terrasse, lisant un journal, soit Bella Abzug une militante féministe très populaire au cours des années 70. D'autres intervenants ont rappelé, que la ville, fut cet été 1985, le lieu d'une bataille juridique entre deux franchises vendant des glaces.
Ainsi allaient alors les choses dans le meilleur des mondes
ces fractions de secondes, bien des années après, comme serties dans l'ambre du passé. Ces instants insignifiants qui pourtant exigeaient de ne pas se laisser oublier. Je me souviens d'errances solitaires dans la ville froide et humide, de cet accablement et ce sentiment d'échec que je traînais alors, songeant qu'il me faudrait vivre désormais avec ça, le restant de mes jours. Était-ce à cause de la lumière pâle, de cette silhouette solitaire, de l'étonnement d'être là ? J'ai pris la photo. Depuis j'ai vécu plus d'années que je n'en avais alors.
j'ai retrouvé cette vieille photo new-yorkaise, prise un matin de février 1988, lors de mon deuxième séjour à Big Apple (oups sorry oversized apple). J'aimais bien ces nuages de fumée sur l'asphalte, dûs la différence thermique entre le sous sol et la surface. C'est une des rares
villes dans le monde à posséder depuis 1882 un réseau souterrain de
canalisations où circule de la vapeur d'eau. Aussi quand l'air chaud des tuyaux se condense au contact de l'air plus froid à la surface, de la fumée se dégage. J'avais l'impression d'être dans le film "Manhattan" de Woody Allen, que j'ai d'ailleurs revu à la télévision, il y a quelques semaines, avec ma fille.
j'ai lu quelques part que les images qui génèrent plus de questions que de réponses sont celles qui s'impriment le mieux dans la mémoire. Je ne sais ce qu'il en est de celle-ci. Ce qui devait paraitre quelconque pour un new-yorkais était alors pour moi une source d'étonnement et un vrai dépaysement. C'est dans une semblable atmosphère urbaine, que j'ai assisté à une scène sidérante que j'ai décrite bien des années après, parce que ce jour là je n'avais pas pris d'appareil photo.
les
réveils ne sont jamais fameux. Trop de terreurs macèrent dans la nuit.
Les anciennes suintent, de plus récentes suppurent. Le tout bien fétide.
C'est cela sans doute vieillir. On ne s'y fera jamais, à cette réalité, et
aux désagréments qu'elle suscite. Évidemment il faut bien finir, c'est
dans l'ordre de la nature. Mais rien ne dit qu'on finira paisiblement, c'est cela
qui taraude. Et toutes ces douleurs qui deviennent le noyau du monde. La fulgurante qui surgit
parfois partant de la cheville et remontant dans le mollet. Celle comme
un poing enserrant le cœur. L'autre comme une boule d'épingles appliquée
à la surface de la peau. Et puis le nœud de fil de fer barbelé qui
bouge tout seul à la racine du pouce. Le minuscule et dense brasier de
feu froid irradiant dans le biceps. Et aussi la térébrante qui telle un canif fouaille dans l'entraille. Et celle pareille à un nid de guêpes au creux de l'aisselle. Et
encore l'urticante et vive comme un jet de venin qui remonte le
long de la moelle épinière. Sans compter ce minuscule caillou irradiant
la mâchoire de ses piqûres. Ou ce vide étourdissant parfois
dans la tête comme si le cerveau n'était plus qu'un grand courant d'air. La plus récente, irradiant depuis l'aine qui endolorit la jambe au point de rendre la marche pénible. Alors tenir le mur, s'accrocher à la rampe. Du vacillement permanent,
faire une aventure. Et toutes les autres infimes innombrables, les
fugitives, étoiles filantes, météorites... Parfois cette peur d'être
malade sans le savoir. Parce que tout de même ce n'est pas possible ce n'est pas ça être en
bonne forme. Se rassurer, penser à tous ceux qui n'ont cessé de se
plaindre, tiens Michaux par exemple, qui malgré tout avait une mauvaise
santé de fer. C'est aussi que, il n'est plus de semaine qui n'instruise de la maladie de l'un, du décès de l'autre. Le réseau social devient une putain de
gigantesque rubrique nécrologique. Le téléphone un pourvoyeur de sinistres nouvelles... On passe plus de temps à rédiger des condoléances que des billets d'humeur. Et ce qui n'était qu'une abstraction une vague idée qu'on repousse à plus tard, encombre désormais. On a du mal à trouver la légèreté. Particulièrement au cœur de l'été. On voudrait bien pourtant. On se dit qu'il faudrait mettre des couleurs un peu plus chaudes dans la maison. On écoute de la disco des années soixante dix. On dansotte tout seul mais le souffle se fait court et le cœur n'y est pas. D'ailleurs il fatigue, lui aussi.
Et désormais, cette épidémie qui relègue aux oubliettes tout le reste. C'est masqué que nous allons à notre fin.
Quel rapport avec la photo ?
J'ai lu, il y a peu, que l'écrivain Charles Dantzig avait déjà pensé à son épitaphe : "Un taxi m'attend".
Cette sculpture intitulée 'Taxi' de J Seward Johnson Jr représente un "city businessman
hailing a cab au coin de la 47me rue et de Park Avenue.
Linked with the weekend in black and white
c'était en Mars 1994, me semble-t-il. Nous avions emprunté la Circle Line. Il y avait Catherine et Pascal qui nous accueillaient et leurs enfants Michel et Marguerite alors à peine âgée de quelques semaines. Et aussi Jean-Paul, brièvement croisé à l'issue d'un concert quelques années auparavant au Pakistan, devenu depuis un ami, ainsi que Christelle dont je n'imaginais pas alors, qu'elle ferait de moi un père. Nous étions allés aux Cloisters, situés en face de la pointe nord de l'île, que j'avais déjà visités au milieu des années 80 lors d'un précédent séjour. Sur le chemin ou peut-être au retour, car je ne parviens pas à me rappeler si ce paysage industriel se trouve à l'est ou à l'ouest de Manhattan, j'avais photographié ces grues et ces silos dressées au bord de l'Hudson river. J'ai essayé de retrouver leur emplacement sur Google Earth, sans toutefois y parvenir. (Linked with the weekend in black and white)
P.S.
Après avoir continué de chercher, j'ai retrouvé ces immeubles que je croyais situés sur la rive opposée à Manhattan, au sud du Bronx. En fait il se trouvent à Harlem dans un quadrilatère entre East 122nd et 123rd et Ave2 et Ave3. Ce sont les très célèbres — pour les new-yorkais — Taino Towers. La photo a été prise à hauteur du 3rd ave Bridge, en face de ce qui est maintenant le harlem river Park
je me souviens de ce mur peint vu à New York au milieu des années quatre-vingts. J'en aime toujours autant le graphisme. Ces cafards si représentatifs de la vie new-yorkaise, du moins à l'époque, assis dans un salon avec des attitude humaines sont tout à fait réjouissants. Je me souviens que Shelton l'auteur des "Freaks Brothers", avait écrit un album racontant des histoires du Chat de fat Freddy qui s'intitulait "la guerre des cafards". je crois qu'il y avait un gag récurrent : le général de l'armée des cafards annonce des pertes considérables à l'empereur des cafards et ce dernier répond invariablement, "ce n'est pas grave, nous reviendrons, oui nous reviendrons de plus en plus nombreux".
Linked with Monday mural
lors de ce lointain séjour à New York, j'ai souvent réalisé des photos volées, dans le métro, dans la rue où il pleuvait souvent. J'errais essayant d'oublier. Il me semblait que ma vie s'écroulait. J'avais tout le temps envie de pleurer. Évidemment, la plus belle et la plus métaphorique du séjour, je ne l'ai pas prise. Quand j'y pense encore aujourd'hui, je réalise à quel point j'étais perdu. Mon ami Pascal m'avait offert le voyage, et organisé à la hâte tout le séjour, pour ne pas me laisser dans cet état à Paris. Ce jour-là, j'ai trouvé que ce type ressemblait à William Burroughs, alors j'ai déclenché en espérant que le métro ne se transforme pas en machine molle.
Shared with the weekend in black and white
je me souviens juste que c'était à New-York en 1985. La fresque, peinte en 1975 avec le soutien du City arts Workshop par l'artiste Alan Okada a sur le côté d'un immeuble situé au 146 Forsyth Street dans le lower East Side, s'appelait Viva Puerto Rico libre. Elle était autrefois visible à l'angle nord-est de Delancey Street et de Forsyth Street.
Voilà
je n'aime pas que mes poils de barbe poussent plus d'un côté que de l'autre
j'aime détacher les tiges séchées des géraniums, ramasser les feuilles mortes
je n'aime pas les détartrages dentaires
j'aime l'album de Larry Young "Unicity" enregistré en 1965 si en avance sur son temps
je n'aime pas qu'on fasse claquer les portes
j'aime le son de l'orgue électrique Hammond
je n'aime pas l'équipe d'Angleterre de Rugby et je me réjouis toujours de sa défaite quel que soit son adversaire
j'aime par contre beaucoup les humoristes anglais
je n'aime pas les gens qui montent dans le métro et restent près de la porte sans se soucier des suivants
j'aime particulièrement le mois de février lorsqu'il est ensoleillé
je n'aime pas les gens qui portent des sacs à dos et ne se rendent pas comptent que parfois ils te heurtent avec
j'aime les poireaux vinaigrette
je n'aime pas les injonctions visuelles et sonores qu'on subit en permanence dans le métro parisien
j'aime découvrir un compositeur ou un musicien que je ne connaissais pas
je n'aime pas que les gens roulent en trottinette sur les trottoirs
j'aime le fait d'être encore capable de me faire un bon petit plat même si je suis seul
je n'aime pas la suffisance, l'arrogance le timbre de voix et les intonations de notre président de la République
j'aime les pâtisseries japonaises à base de haricots
je n'aime pas ce tic de langage apparu il y a quelques années qui consiste à prononcer "merki" au lieu de merci
j'aime cette photo qui me rappelle un heureux souvenir
linked with the weekend in black and white)
toujours dans la série des vieilles photos new-yorkaises de 1985, ce mural au graphisme neo-expressionniste. Comme je ne me souvenaiss ni de l'auteur ni du quartier où je l'ai prise, juste que c'était downtown, j'ai quand même fait une brève recherche sur internet, et j'ai trouvé que Veselka est le nom d'un célèbre restaurant ukrainien fondé en 1954 situé dans l'East Village à l'angle de la seconde avenue et de la 9ème rue, à proximité de St Marks place, c'est à dire non loin de l'appartement de Yushiko Chuma chez qui j'habitais.
en triant quelques photos, j'ai retrouvé celle-ci prise en 1985 lors de mon premier séjour à New-York lorsque nous étions aller y jouer le spectacle "Rêves de Kafka" au Pepsico Summerfare Festival, grâce à Philippe Tiry. J'avais prolongé mon séjour, habitant avec Agnès qui m'avait accompagné chez Philipa Wheale upper East Side puis chez Yoshiko Shuma lower East Side, qui dirigeait une compagnie de danse dont le nom me plaisait beaucoup "the school of hard knocks". C'était le New York du film "Desperetely seeking Susan" avec Madonna, effervescent et inspiré. J'ai beaucoup photographié au hasard des rues, et je ne me rappelle plus l'emplacement de ce mural. J'ai mis du temps à retrouver que c'est une œuvre conjointe de
Kenny Scharf et Stefano Castronovo. Ce dernier peignait beaucoup de jocondes
dans Manhattan qu'il signait Stefano.
C'était aussi l'époque des premières victimes du Sida. Christopher street, la principale rue gay du Village avait été surnommée le canyon de la mort, mais ça je l'ai déjà écrit. Cette expression m'avait, à l'époque, littéralement stupéfait.
je me souviens de ce lointain séjour à New-York avec C. Lorsque j'ai pris cette photo, à Cortland alley dans chinatown cela m'a évoqué l'impasse dans laquelle avait été tourné le scopitone où Bob Dylan, face à la camera montre des cartons avec inscrits dessus certains mots de sa chanson "subterranean homesick blues". Peut-être même ai-je alors pensé que c'était là que cela avait eu lieu. Là-bas ce qui souvent retenait mon attention, je ne sais pas pourquoi, c'était les choses à l'abandon, la décrépitude de certains lieux, qui me semblaient constituer l'envers du décor, la face sombre de la ville, les coulisse du cliquant et de la prospérité. Evidemment, je ne pouvais pas non plus penser à ce merveilleux recueil de textes et d'images de Raymond Depardon "Correspondance New-Yorkaise" qui reste pour moi un des livres les plus précieux de ma bibliothèque, je veux dire un de ceux auxquels je suis le plus physiquement attaché.