Un blog écrit en français, avec des photos des collages des dessins, des créations digitales, des récits de rêves, des chroniques des microfictions et encore bien d'autres bizarreries... A blog written in french with photos, collages, drawings, digital paintings, dream stories, chronicles, microfictions and a few other oddities. ISSN 2402-7375
dimanche 28 juin 2026
Pêle-mêle avec canicule
vendredi 3 avril 2026
Comme une prière
"Celui qui aide à conserver la vie d’un homme a le même mérite que s’il avait aidé à conserver le monde entier, et que celui qui laisse détruire une vie quelconque en est responsable comme s’il avait contribué à la perte de tout le genre humain ; qu’un sanhédrin qui prononce une condamnation à mort tous les sept ans, ou même, suivant un docteur, tous les soixante-dix ans, est réputé sanguinaire […] Si nous avions fait partie du sanhédrin, nous n’aurions jamais prononcé une sentence capitale." {Rabbi Akiba et Rabbi Tarphon. (Dans Talmud, « Traité de Maccoth », Chap. I, § 8)}.
Le grand Rabbin Sirat fait une déclaration reproduite par l’AFP en 1981 : "Pour nous la peine de mort doit être vue comme ce qu’elle est : un homicide. Elle relève donc d’un interdit qu’aucun être humain ne peut enfreindre. On trouve dans le Talmud cette remarque d’un rabbin illustre : ″On ne doit nommer membre d’un tribunal qu’un homme capable de trouver de la pureté à un insecte″. Le même Talmud qualifie de sanguinaire le tribunal qui prononce une seule condamnation à mort en soixante-dix ans."
L’État d’Israël est abolitionniste pour les crimes ordinaires (dits de droit commun) depuis 1954. Depuis la proclamation de l’État d’Israël en 1948, la peine de mort a été appliquée 2 fois : en 1948 contre Meir Tobiansky, un officier de l'armée israélienne, accusé de trahison fusillé cette année-là mais réhabilité par la suite, et la très célèbre et médiatique application de la peine capitale en 1962, lorsqu’Adolph Eichmann est exécuté sur la base de la loi de 1950 sur la peine de mort pour les nazis et pour les collaborateurs de nazis.
{Cf à ce propos notre ouvrage : L'enfer est vide et tous les démons sont ici (Malo Kerfriden au dessin) : https://www.glenat.com/glenat-bd/lenfer-est-vide-tous-les-demons-sont-ici-9782344040041/
Les cinq autres délits capitaux relevant du droit militaire comprennent une sentence discrétionnaire, et sont le génocide, l’homicide de personnes persécutées commis pendant le régime nazi, les actes de trahison sur la base de la loi militaire et de la loi pénale commis en temps d’hostilité, l’emploi et le port illégal d’armes. L’extradition vers Israël n’a vu de condamnation à mort que dans des cas exceptionnels, comme pour Ivan Demjanjuk, un citoyen ukrainien extradé par les États-Unis et condamné à mort en 1988 par un tribunal spécial à Jérusalem, parce que reconnu par quelques survivants comme étant "Ivan le Terrible", un garde nazi du camp de concentration de Treblinka en Pologne. La décision a été annulée en 1993 par la Cour suprême après qu’il a été prouvé qu’il y avait eu confusion sur la personne.
Hier, alors que nous étions nombreuses et nombreux à suivre les derniers déploiements de ce qui se tramait depuis plusieurs mois face à une loi qui va à l'encontre de tout ce que le judaïsme préconise depuis ses origines, et par ailleurs de tout ce qui représente le progrès de l'humanité, soit l'abolition de la peine de mort, hier, alors que nous fêtions les 98 ans de la naissance de Robert Badinter, la Knesset a adopté en 3e lecture, par 62 voix contre 48, une loi rétrograde, inique, raciste, immorale, inconstitutionnelle et qui contrevient aux traités internationaux signés par Israël. Il n'est pas acceptable de valider cette loi particulièrement délétère, il n'est pas acceptable de penser qu'elle pourrait être juste et justifiée.
Il est nécessaire de la réprouver pour ce qu'elle est : la seule loi sur la peine de mort au monde qui utilise le critère de l'origine ethnique/la nationalité/l'appartenance à un peuple, une loi qui discrimine de facto, une loi d'apartheid face à la justice et à l'assassinat légal, pour décider à qui elle s'appliquerait ou non. Il n'est pas possible d'accepter la décision prise hier à la Knesset.
Selon le texte : "quiconque cause intentionnellement ou par indifférence la mort d’un citoyen israélien pour des motifs de racisme ou d’hostilité envers une communauté, et dans le but de nuire à l’Etat d’Israël et à la renaissance du peuple juif dans son pays, sera passible de la peine de mort ». La loi instaure la peine capitale pour les hommes et les femmes reconnus coupables de meurtres commis au nom du refus de « l’existence d’Israël". Les Juifs n’y sont donc, de fait, pas soumis, notamment les colons auteurs d’actes de terreur contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée. C'est aussi un point qui relève donc de la possibilité d'exécution extra judiciaires dans un territoire sur lequel l'Etat d'Israël n'a aucune souveraineté. Je parle ici comme historienne, certes, mais aussi...
Comme activiste contre l'antisémitisme et militante antiraciste,
Comme défenseuse des droits humains,
Et enfin et surtout, je parle ici comme militante pour l'abolition universelle de la peine de mort. Il est de notre devoir de nous révolter avec force contre ce qui relève d'une aberration morale, juridique, humaine. La peine de mort n'est jamais une solution. Défendre l'abolition universelle est la seule voie possible.
mercredi 14 janvier 2026
Tant que c'est possible
Renoncer devient donc un principe récurrent. Tu ne t'es pas levé un matin avec cette résolution. C’est plus discret que ça. Tu t'aperçois un beau jour que malgré toi tu as simplement cessé d’insister. Tu ne forces plus certaines situations. Tu arrêtes de chercher à prouver. Te prouver. Tu laisses tomber des objectifs qui demandaient une énergie dont tu es désormais dépourvu. A peine en as tu pris conscence que le mot t'effraie. Renoncer sonne comme un aveu d’échec, une capitulation mal formulée. Puis, à l’usage, il perd un peu de sa charge morale. Tu réalises que renoncer, dans certains cas, consiste surtout à arrêter de se battre contre des contraintes réelles. A quoi bon ? l’entêtement coûte si cher. Il y a les renoncements visibles. Ceux que parfois tu expliques. Une activité qu’on abandonne, un rythme qu’on ralentit, une ambition qu’on met en pause pour une durée indéterminée pour ne pas dire définitive. Et il y a les autres. Ceux que tu ne te formules même pas. Les projections que tu ne fais plus. Les comparaisons que tu évites. Les phrases commençant par plus tard, tu les rayes de son vocabulaire. Renoncer oblige à trier. Tout ne peut plus rester. Certaines choses deviennent non négociables : le repos, les limites, une forme minimale de stabilité. Le reste est soumis à conditions. Ce n’est pas une philosophie élaborée, plutôt une gestion serrée des ressources. Étrangement, renoncer ne produit pas que de la perte. Il y a un soulagement discret à ne plus poursuivre l’impossible. À ne plus expliquer pourquoi on n’y arrive pas. À ne plus promettre ce qu’on ne pourra peut-être pas tenir. Le regard sur soi se modifie légèrement. Moins de reproches, un peu plus de lucidité. Ce n’est pas une victoire. Ce n’est pas non plus une défaite claire. C’est un ajustement permanent. Une manière de rester debout sans s’acharner. Renoncer, n'est pas abandonner toute perspective. Cela consiste juste à choisir ce qui mérite encore d’être tenté — et accepter, sans discours excessif, que tout le reste n’en fait plus partie.
lundi 9 juin 2025
La Tombe de Carlos Fuentes
lundi 8 avril 2024
L'Huître et le Néant
mardi 5 décembre 2023
Cimetière de Guéthary
mercredi 1 novembre 2023
Il y a peu de morts entières
vendredi 23 septembre 2022
Face à Face
mercredi 26 mai 2021
Le Mur des Fédérés
jeudi 22 octobre 2020
Transformer les morts en diamants
mercredi 26 septembre 2018
Opposition
mardi 15 mai 2018
Retouche au billet de la veille
Voilà,
mardi 13 février 2018
Marcher, dit-il (pastiche)
Voilà,
vendredi 9 février 2018
Tombe de Jacques Demy
mardi 30 janvier 2018
Tombe de Cesar Vallejo
vendredi 13 avril 2012
Cimetière chinois
en cherchant autre chose je suis retombé sur cette photo prise il y a longtemps au cimetière chinois de Manille, un vendredi après midi, ce détail a son importance. Le cimetière chinois ressemble à un petit village de vacances. Les tombes sont en fait de véritables villas aux architectures contrastées, certaines traditionnelles en forme de pagodes, d'autres plus récentes dans le genre pavillonnaire avec des jardinets. Le week-end, les riches familles qui ont des concessions là, viennent tenir compagnie aux ancêtres et y partager leur repas. Parfois, on y amène le cochon que l'on va griller au barbecue. Celui-là, ne passerait pas la semaine c'était sûr. Je crois que l'enfant le savait. Ce moment si redouté, auquel il ne voulait pas penser, il n'allait pas tarder à arriver. Depuis ce jour, dans mon existence il y a ce petit garçon grave, méditatif et peut-être mélancolique, qui partage les dernières heures du condamné afin de le réconforter. Peut-être lui adresse-t-il de secrètes prières en le caressant affectueusement. Bien sûr c'est une interprétation. C'est ce que j'ai cru comprendre de cette scène aperçue entre les tombes, dans le silence de ma promenade, par une chaude après-midi d'avril. C'était si surprenant et incongru comme ce panier de basket à Baby lane, la section réservée aux enfants morts-nés relégués dans leurs limbes de pierre. (Linked with the weekend in black and white)
mardi 14 février 2012
La tombe de Franz Kafka
une curieuse coïncidence. A. me fait parvenir hier soir et sans que je n'en comprenne vraiment la raison, un extrait de "La lettre au père" de Franz Kafka. Or dans les heures qui précèdent je viens tout juste de scanner cette photo prise à Prague durant l'été 86. A l'entrée du cimetière de Straschnitz, des gens vendaient des fruits enveloppés dans des caissettes à pâtisserie. Nous en avions acheté afin d'utiliser faute de kippa, l'emballage pour nous couvrir comme il est d'usage dans un cimetière juif. Que Kafka, dont l'œuvre témoigne d'une singulière solitude, fût enterré dans le même caveau que ses parents, et en particulier avec son père, m'avait à l'époque je m'en souviens, quelque peu perturbé. Deux saisons de suite j'avais joué le spectacle "Rêves de Kafka" et j'étais très ému de me retrouver là. J'ai déposé quelques cailloux sur sa tombe. J'aime cette photo prise par la Primevère. Je ne réalisais pas alors à quel point Pascal était le sosie de Franz...
lundi 30 janvier 2012
Père-Lachaise
"Si l'on exprime la grande défaite inévitable qui nous attend tous, cela doit être fait dans les limites strictes qu'imposent la dignité et la beauté" (Léonard Cohen). Puisqu'une fois encore, L.C nous gratifie d'un opus aussi déluré que les précédents, plein de joie et d'optimisme, je m'autorise à publier cette photo, qui je crois, répond à la fois à sa consigne, à mon goût des ruines et des choses abandonnées, ainsi qu'à une utilisation vertueuse du grand angle et de la contre plongée. Après tout, moi aussi je peux céder à un moment d'auto-congratulation néo-gothique.
lundi 23 janvier 2012
Près de la tombe de Jim Morrisson
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| Alabama Song |
mardi 11 octobre 2011
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Voilà, je ne me lasse pas des quais de Paris. j'aime m'y promener à toute heure. Là c'était le soir, il n’y a pas si longtemps, ...
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