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samedi 5 septembre 2026

Impression nuit tombante


Avenue de France, Paris 13
Voilà,
je ne parviens pas à me souvenir de la raison pour laquelle vers l'âge de quatorze quinze ans je me suis pris de passion pour les impressionnistes. Ça reste un mystère. Rien dans mon environnement familial ne pouvait me guider vers eux. J'ai grandi dans des casernes. Les militaires tiennent les artistes pour des parasites inutiles. Ils ont tendance à penser qu'un peu de plomb dans la tête ne leur ferait pas de mal. Mon géniteur adorait citer cette formule : "Quand j'entends le mot culture je sors mon révolver" qu'il faisait suivre d'un rire sonore exprimant la satisfaction d'énoncer sa propre bêtise. Je n'ai appris que bien plus tard d'où sortait cette maxime. Je crois que c'est le mot, juste le mot qui m'a entraîné vers cette peinture.  Ai-je lu quelque chose dans un journal ? Suis-je allé voir seul une exposition ? Ai-je découvert ces peintres à la galerie du Jeu de Paume où ils étaient alors rassemblés avant l'ouverture du Musée d'Orsay ? Je sais que j'ai acheté quelques numéros de cette revue intitulée "Connaissance des arts" dont le format fort malcommode pour le rangement offrait cependant de larges reproductions. J'aimais par dessus tout Sisley Monet et Pissarro. Oui peut être cela n'a-t-il tenu qu'à un mot. Ne manifestant aucune disposition pour la logique, je me méfiais de la pensée raisonnante. Je le regrette encore aujourd'hui. Je n'ai que des intuitions. Il fallait que je me construise contre ce qui me faisait défaut. Je n'avais à l'époque aucune aptitude pour le dessin, aucun pratique de la photo ni d'aucun art. Ce domaine me semblait interdit. Mais j'aimais cette façon qu'ils avaient de rendre compte de ce qu'ils voyaient, de restituer leur perception. Et puis leurs images témoignaient d'un monde qui renvoyait a ce dix-neuvième siècle de Rimbaud de Verlaine dans lequel mes rêveries m'exilaient parfois. J'avais tant de mal a me sentir de ce monde d'où sans doute je voulais m'absenter. Évidemment j'étais alors trop naïf et ignare pour réaliser qu'il y avait beaucoup de travail pour parvenir à cette technique. Je pense encore à eux parfois, à ce désir qu'ils ont eu de transformer le réel, de l'interpréter d'une façon radicale à l'époque où apparaissent précisément les premières plaques d'impressions photographiques. Et parfois dans certaines images, il m'arrive de leur adresser un salut discret. (première publication 12/11/2013)

mercredi 5 août 2026

Weltschmerz

 
 
Voilà,
je ne suis pas le seul à être moralement laminé par la montée de l'extrême-droite, par la destruction de Gaza, par la famine au Soudan, par l’impérialisme russe et ses crimes de guerre, par la folie meurtrière de certains dirigeants, par le mépris croissant à l’égard de la culture, par le triomphe de politiques stupides et arrogantes, par la pauvreté qui augmente, par la loi de présomption d’innocence de la police récemment votée en France dans un contexte d'explosion des violences policières, par le désordre climatique, la sécheresse et les incendies par-ci les inondations et les glissements de terrains par là, et par tant et tant de choses encore que je n'ai même plus la force de nommer. Weltschmerz désigne, en allemand, un état de souffrance morale né du décalage entre le monde tel qu’il est et celui auquel on aspire. La langue allemande est vraiment formidable, tu assembles des mots pour en faire des nouveaux, comme dans un jeu de construction. La langue allemande a une solution à tout, sauf aux pulsions génocidaires qui peuvent saisir tout un peuple en peu de temps.  "C'est donc ça je suis en plein Weltschmerz" pensai-je, ce soir là, en passant devant la mairie du quatorzième après une trop brève et à peine rafraîchissante, pluie d’été. À défaut de soulager, ça réconforte un tantinet de savoir qu'un mot existe déjà pour nommer une sensation qu'on éprouve. On se sent moins égaré, n'est-ce pas ⸮
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mercredi 8 juillet 2026

Cette beauté-là


Voilà,
Il y a le ciel, bien sûr. Et c’est cela qui importe. Cette beauté-là que nous offre notre fragile planète en même temps que le don précieux d’être vivant. Une fraction de seconde les tracas s’effacent. On s’abandonne à la contemplation.
Dommage que l’espèce humaine, si laide si vicieuse, ne soit à la mesure de tant de splendeur et qu’elle s’acharne avec une telle obstination à détruire, au nom du profit, du pouvoir des puissants sur les faibles, ce qui la maintient en vie.
Mais il est probable que cela ne représente, à l’échelle des temps géologiques qu’une infime péripétie. La vie s’épanouira autrement, sans nous, et c’est tout aussi bien ainsi.

vendredi 19 juin 2026

Une sorte de petit chant


Voilà
"Mon corps ne se décide pas encore. Mais je crois qu’il pèse davantage sur le sommier, s’étale et s’aplatit. Mon souffle, quand je le retrouve, remplit la chambre de son bruit, sans que ma poitrine remue plus que celle de l’enfant qui dort. J’ouvre les yeux et regarde longuement, sans ciller, comme petit, tout petit, j’interrogeais les nouveautés, et ensuite les antiquités, le ciel nocturne. Entre lui et moi la vitre, embuée, marbrée de la souillure des années. Je soufflerais volontiers dessus, mais elle est trop loin. Ce n’est pas vrai. Peu importe, mon souffle ne la ternirait pas. C’est une nuit comme les aimait Kaspar David Friedrich, tempétueuse et claire. Ce nom qui me revient, et ces prénoms. Les nuages chassent, haillonneux, hachés par le vent, sur un fond limpide. Si je patientais je verrais la lune. Mais je ne patienterai pas. Maintenant que j’ai vu j’entends le vent. Je ferme les yeux et il se confond avec mon souffle. Mots et images tourbillonnent dans ma tête, surgissent inépuisables et se poursuivent, se fondent, se déchirent. Mais au-delà de ce tumulte le calme est grand, et l’indifférence. Plus jamais rien n’y mordra vraiment. Le sommier est creusé comme une auge. Je suis couché au fond, bien pris entre les deux versants. Je me tourne un peu, presse contre l’oreiller ma bouche, mon nez, y écrase mes vieux poils tout à fait blancs maintenant je suppose, tire la couverture par-dessus ma tête. Je ressens, au fond du tronc, je ne peux pas préciser davantage, des douleurs qui semblent nouvelles. Je crois que c’est surtout dans le dos. Elles sont comme rythmées, elles ont même une sorte de petit chant. Elles sont bleuâtres. Que tout ça est supportable, mon Dieu. J’ai la tête presque à l’envers, comme un oiseau. J’écarte les lèvres, maintenant j’ai l’oreiller dans ma bouche, je le sens contre ma langue, mes gencives. J’ai, j’ai. Je suce. J’ai fini de me chercher. Je suis enfoui dans l’univers, je savais que j’y trouverais un jour ma place, le vieil univers me protège, victorieux. Je suis heureux, je savais que je serais heureux un jour."  (Samuel Beckett in  "Molloy", 1951)
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mardi 9 juin 2026

Simples passagers


 
 Voilà
"ces incidents malheureux de notre vie, où nous nous sommes montrés ridicules, sordides ou lents d'esprit, il nous faut les considérer, à la lumière de notre intime sérénité, comme de simples ennuis de parcours. En ce monde, voyageurs que nous sommes (volontaires ou non) entre néant et néant, ou bien entre tout et tout, nous sommes de simples passagers et ne devons pas attacher trop d'importance aux désagréments du voyage ou aux cahots de la route" écrit Fernando Pessoa dans Le livre de l'Intranquillité.
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lundi 18 mai 2026

Le grand Café

Voilà,
chaque fois que je passais devant le grand café Baretta,  – sa terrasse à l’ombre du micocoulier de la place St Didier est l’une des plus prisées d’Avignon – me revenait en mémoire cette chanson de Charles Trénet dont j'avais appris par cœur les paroles afin de la chanter le soir à ma fille, quand elle était petite. 
 
Au Grand Café, vous êtes entré par hasard
Tout ébloui par les lumières du boul’vard
Bien installé devant la grande table
Vous avez bu, quelle soif indomptable
De beaux visages fardés vous disaient bonsoir
Et la caissière se levait pour mieux vous voir
Vous étiez beau vous étiez bien coiffé
Vous avez fait beaucoup d’effet
Beaucoup d’effet au Grand Café

Comme on croyait que vous étiez voyageur
Vous avez dit des histoires d’un ton blagueur
Bien installé devant la grande table
On écoutait cet homme intarissable
Tous les garçons jonglaient avec Paris-Soir
Et la caissière pleurait au fond d’son tiroir
Elle vous aimait, elle les aurait griffés
Tous ces gueulards, ces assoiffés
Ces assoiffés du Grand Café

Par terre on avait mis d’la sciure de bois
Pour qu’les cracheurs crachassent comme il se doit
Bien installé devant la grande table
Vous invitiez des Ducs, des Connétables
Quand il fallut payer l'addition
Vous avez déclaré: " Moi, j’ai pas un rond "
Cette phrase-là produit un gros effet
On confisqua tous vos effets
Vous étiez fait au Grand Café

Depuis ce jour, depuis bientôt soixante ans
C’est vous l’chasseur, c’est vous l’commis de restaurant
Vous essuyez toujours la grande table
C’est pour payer cette soirée lamentable
Ah, vous eussiez mieux fait de rester ailleurs
Que d’entrer dans ce café plein d’manilleurs
Vous étiez beau, le temps vous a défait
Les mites commencent à vous bouffer
Au Grand Café, au Grand Café. 

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mercredi 13 mai 2026

Noctambule

 
 
Voilà 
des promeneurs déambulent de part et d’autre des larges avenues dépourvues de trottoirs mais bordées par des pelouses. Nombre d'entre eux portent des masques de babouins. Je n'ose demander mon chemin. Pénétrant dans un tunnel supposé me permettre d’accéder au métro, je débouche dans une cour d’immeuble où des enfants jouent au foot pendant que d’autres incendient des poubelles. 
Plus tard, longtemps j'erre seul dans la nuit noire et les rues de Morlante. 
 
 
Je finis par accéder au centre ville. Ses néons multicolores bien que fort énigmatiques me rassurent néanmoins. Je pénètre dans une boutique illuminée où derrière des façades constituées d’aquariums de jeunes employées plutôt avenantes invitent les passants en à franchir le seuil. Leurs paroles sont inaudibles, mais leurs gestes sans équivoque. Dans ce quartier, les babouins semblent mieux s'orienter que les hommes.

jeudi 19 mars 2026

Liste des découvertes hasardeuses (3)

 
 
Voilà
j'ai découvert il y a peu que Garnier le célèbre architecte de l'Opéra de Paris, a aussi conçu le tombeau de Bizet au Père-Lachaise et celui de Jacques Offenbach au cimetière Montmartre 
 
J'ai découvert il y a peu, le 7 novembre une musique de scène de Gabriel Fauré intitulée "Le voile du bonheur" pour un pièce en un acte écrite par Georges Clémenceau, et vraiment c'est très beau, d'une modernité incroyable. Je l'ai entendue à la radio et j'ai cru au départ que c'était l'œuvre d'un minimaliste contemporain américain
 
J'ai découvert il y a peu que "rêver" et "ressasser" sont des palindromes
 
j'ai découvert il y a peu  la voix et aussi le destin tragique de la chanteuse de Jazz, Teri Thornton,  connue pour le standard somewhere in the night
 
J'ai découvert il y a peu que ce qu’on désigne comme "été indien" sous certaines latitudes s’appelait autrefois ici dans nos contrées "été de la Saint Martin". Et comme je rencontre plus de Martin que d’Indiens c’est le terme que j'utiliserai désormais
 
J’ai découvert, il y a peu que Albert Schweitzer était le grand oncle de Jean-Paul Sartre. Je me suis demandé s’il était si fréquent que ça qu'il y ait dans une même famille, deux prix Nobel. Chez les Curie je crois, Marie en a eu un avec son époux et un toute seule, et Irène Curie et Frédéric Joliot Curie en ont obtenu un conjointement.
 
J'ai découvert il y a peu que la rupture d'objets aussi différents qu'une assiette ou un morceau de sucre obéissait au même principe. Le physicien Emmanuel Villermaux a établi une équation mathématique décrivant la distribution granulométrique (la répartition par taille et par fragments d'un objet brisé), quel que soit le matériau.
 
J’ai découvert il y a peu la différence entre les USA et un yoghourt. Si tu laisses un yoghourt seul pendant 200 ans, une forme de culture s’y développe
 
J'ai découvert il y a peu qu'on observe une augmentation des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et des arythmies cardiaques pendant les célébrations de Noël et de fin d'année. En outre selon une étude présentée à la British Cardiovascular Society au début de l’année 2024, le risque de crise cardiaque serait plus élevé le lundi que les autres jours de la semaine.
 
J'ai découvert il y a peu que le premier concert du nouvel an uniquement composé de valses de Johann Stauss fils a été donné fin décembre 1939 sous l'occupation nazie à l'initiative du chef autrichien Clemens Krauss. Adolf Hitler a apprécié l'idée car il adorait les valses. Et finalement cette tradition a perduré jusqu'à nos jours.
 
J'ai découvert il y a peu l'existence d'une application chinoise lancée en mai 2025 connue sous le nom de Demumu – est définie comme un "outil de sécurité léger conçu pour les personnes vivant seules", et destiné à rendre «la vie solitaire plus rassurante". Concrètement, comment ça marche ? Les utilisateurs se connectent chaque jour et appuient sur un gros bouton virtuel vert, avec un fantôme dessiné au centre. et donnent ainsi la confirmation quotidienne à leurs proches qu'ils sont simplement en vie. Pour les esprits distraits ou simplement débordés, une notification de rappel est envoyée. Après deux journées consécutives sans clic sur le bouton, le logiciel envoie un e-mail au contact d'urgence, renseigné lors de l'inscription sur la plateforme. On vit décidément une époque épatante.
 
J'ai découvert il y a peu que le chanteur David Mc Neil qui, dans les années soixante dix chantait des chanson délicates en français avec un très léger accent anglais était le fils du peintre Marc Chagall, chose qu'il a toujours tenue secrète pour ne pas profiter de la notoriété de son père.
 
J'ai découvert il y a peu en consultant un site scientifique qu'au début du mois de juillet 2025,  un nid de guêpes radioactif a été découvert par des ouvriers lors d’une inspection de routine du site de Savannah River (SRS) près d’Aiken en Caroline du Sud, . Il était situé sur un poteau à proximité d’un lieu où sont stockés des millions de gallons de déchets nucléaires liquides et présentait des niveaux de radiation dix fois supérieurs à ceux autorisés par la réglementation en vigueur. "Le nid de guêpes a été pulvérisé pour tuer les guêpes, puis mis dans des sacs spéciaux pour déchets radiologiques", a écrit le ministère américain de l’Énergie dans un rapport publié la semaine dernière.
 
J'ai découvert il y a peu grâce au cinéaste cambodgien Rithy Panh que Knut Hamsun (Prix Nobel de littérature 1920) : se rendit en Allemagne en 1943 et rencontra le ministre de la Propagande Joseph Goebbels. De retour en Norvège, il envoya sa médaille Nobel à Goebbels en guise de remerciement pour cette rencontre. Goebbels fut très honoré par ce cadeau.

J'ai découvert il y a peu que "Le Banquet", de Platon, a été jugé trop "woke" pour l’université Texas A & M. Pour cette raison, un professeur de philosophie a été contraint de retirer son cours sur l’œuvre du philosophe grec.
 
J'ai découvert il y a peu l'existence de la burle, un vent du Nord qui souffle l'hiver dans le centre-sud de la France à l'est du Massif central sur les plateaux dénudés du Velay, d'Ardèche ou des monts du Forez. La température ressentie qui en découle est souvent particulièrement basse, et crée une ambiance glaciale. Lorsque la région est enneigée, la burle peut être responsable de la formation de congères.
 
J'ai découvert il y a peu dans une revue de vulgarisation scientifique que pendant la période d'abandon de la centrale de Fukushima, l'eau qui s'est infiltrée dans les déchets radioactifs restés dans les bâtiments des réacteurs, n'a pas créé un environnement inhabitable comme on pouvait s'y attendre. Au contraire, il s'y est rapidement développé un bouillon de culture susceptible de poser des problèmes. Les microbes peuvent en effet constituer un obstacle majeur lors du nettoyage lié au démantèlement des centrales nucléaires : non seulement de nombreuses espèces participent à la corrosion des métaux, mais en plus, leur prolifération peut troubler l'eau et réduire la visibilité. Le mélange d'eau de mer avec l'eau utilisée pour le refroidissement d'urgence de la centrale semble pourtant avoir favorisé la croissance d'un biofilm, une communauté de micro-organismes formant une surface adhésive et protectrice, sur les surfaces métalliques situées à l'intérieur de la salle. Il est possible que ce biofilm, en recouvrant l'amas de bactéries, leur ait conféré une protection supplémentaire contre les radiations.
 
J'ai découvert il y a peu que le motif musical écrit par Carlos d'Alessio pour le film "India Song" (ce qu'il y de mon point de vue de mieux dans ce navet pour intellos)  était un gros plagiat du morceau "softly as in a morning sunrise" composée en 1928 par Sigmund Rumberg pour l'opérette "The new moon" et depuis souvent repris par les musiciens de jazz, comme John Coltrane et aussi merveilleusement chantée par Abbey Lincoln

J'ai découvert il y a peu qu’en Suède, une machine intelligente a été construite qui permet aux corbeaux qui sont des animaux très intelligents d’échanger des déchets contre de la nourriture, transformant ainsi ces oiseaux en agents de nettoyage urbain.
 
 J'ai découvert il y a peu l’existence du syndrome de Kessler un scénario envisagé en 1978 par le consultant de la NASA, Donald J. Kessler, selon lequel le volume des débris spatiaux en orbite basse dû à la pollution spatiale atteint un seuil au-dessus duquel les objets en orbite sont fréquemment heurtés par d'autres débris. Ainsi se brisent-ils en plusieurs morceaux, augmentant du même coup et de façon exponentielle, le nombre des débris et la probabilité des impacts. Au-delà d'un certain seuil, un tel scénario rendrait quasi impossible l'exploration spatiale et même l'utilisation des satellites artificiels pour plusieurs générations.
 
J'ai découvert il y a peu que le philosophe Paul Virilio avait été dans sa jeunesse, maître-verrier et qu’il avait,  à la fin des années cinquante, réalisé des vitraux conçus par Rezvani, un autre grand génie toujours vivant, peintre, dramaturge, romancier, connu aussi pour les chansons qu’il a écrites sous le pseudonyme  de Bassiak qui furent immortalisées par Jeanne Moreau. Il est l'auteur compositeur du célèbre tourbillon de la vie qu'on peut entendre dans "Jules et Jim" de Truffaut. C'est lui d'ailleurs qui joue de la guitare
 
J'ai découvert il y a peu qu'au Japon un nombre croissant de personnes – surtout des femmes – épousent des personnages fictifs dans le cadre de mises en scène visant à brouiller les frontières qui séparent le jeu du réel. Au moins ces deux là sur la photo, qui s'effacent presque dans le crépuscule, sont-ils bien réels.
 
Je suis content de vivre sous des latitudes encore paisibles, d'être toujours curieux et même en mesure de m'étonner...

vendredi 24 octobre 2025

Matin d'Automne

 
 
Voilà
Il est transi
De pauvreté
Ce matin d'automne.
 Yosa Buson
 
Cette photo a été prise du côté du cloître St Merri. J'ai récemment lu dans un livre d'Éric Hazan, intitulé "L'Invention de Paris", consacré à l'histoire et à la transformation de la capitale, mais aussi à la façon dont cette ville a été traversée par l'histoire, que, lors des journées révolutionnaires de Juin 1848, dans cette rue, où j'ai autrefois cadré une photo intéressante — je la juge ainsi, parce qu'elle continue de me plaire bien des années après — des barricades furent érigées ici, tout comme en Juin 1832, lors d'émeutes que Victor Hugo, évoque à la fin de son grand livre "Les Misérables". Aujourd'hui, les misérables dorment la nuit sous des tentes de fortune. Ils sont nombreux dans ce quartier à deux pas de Beaubourg et du centre Pompidou qui vient de fermer pour des travaux de restauration qui vont durer près de cinq ans dit-on.

vendredi 10 octobre 2025

Au fond d'un instant sans borne


Voilà,  
"Vivre, c'est errer seul, vivant, au fond d'un instant sans borne. Pour un artiste, toute réflexion sur le temps débouche plus ou moins sur une sorte de panique métaphysique. C'est de cette panique que se nourrit sa création, le présent étant du passé en train de se faire, le passé un ancien futur qui n'a pas tenu ses promesses, le rêve éveillé ne sera jamais réalisé et les rêves de la nuit ne rejoindront jamais ceux du jour." (Laurent Terzieff)

samedi 19 juillet 2025

Inquiet comme un enfant

 
Voilà,
pour penser, écrire, dessiner, bricoler des images, tenter de mettre en forme des idées — ce qui peut se révéler parfois chronophage et laborieux — il est souvent besoin de solitude. Mais il arrive que celle-ci pèse et devienne angoissante quand on n'a pas retrouvé un ou une presque-pareille qui soit dans de semblables dispositions. Et l'on se sent alors inquiet comme un enfant qui se réveille la nuit dans une maison vide. C'est à cela que je pensais, errant à une heure tardive parmi les rues désertes. Jusqu'à cette rencontre. 

vendredi 11 juillet 2025

Défilé nocturne

 
Voilà,
En choisissant d’offrir aux Français un "défilé nocturne" pour le 14 juillet 1982, François Mitterrand avait fait le choix de l’innovation protocolaire. De façon symbolique, c’était une manière pour ce premier président socialiste de la cinquième république élu depuis un peu plus d’un an seulement, de marquer la singularité de son septennat.


J'éprouvais alors un réel plaisir à saisir toutes ces personnes qui ne se préoccupaient absolument pas de moi tant elles étaient absorbées par le spectacle qui leur étaient offert. Ayant grandi dans l'armée, il va sans dire que je n'ai aucune appétence pour ce genre de manifestation, et j'ai toujours considéré les gens qui y trouvent quelque agrément, avec une certaine réticence.
 

L'occasion était trop tentante d'une série de clichés à la manière de Lisette Model, où les gens sont toujours plus ou moins ridicules. J'ai appris il y a peu, qu'elle déclarait photographier les choses qu'elles ne comprenait pas, et que, "appuyer sur le déclencheur était pour elle une façon de poser une question, dont la photo lui révèlerait possiblement la réponse". Je n'en crois évidemment pas un mot. J'ai plutôt tendance à considérer que dans l'Amérique puritaine, et au moment où la tendance était à la photographie humaniste, il lui était difficile d'admettre publiquement qu'on pouvait être fasciné par les tares, la laideur, les anomalies, les difformités, les comportements étranges qui se manifestaient dans une société d'abondance de loisirs et de confort.  
Pour en revenir à ces photos de défilés qu'on trouvera rassemblées sous le libellé spectateurs de ce blog, elles ne sont pas franchement généreuses, c'est sûr, mais plutôt effrontées. C'était une façon de montrer que le socialisme, dont le slogan  — pompé sur Arthur Rimbaud — était "changer la vie", ne changeait –de ce point de vue – rien du tout. Le populo quel que soit le régime en place, était comme avant, et comme il sera toujours, forcément assez con pour être au rendez-vous et regarder "défiler et complimenter" l'armée française.

vendredi 6 juin 2025

Recharge rapide


Voilà,
cette photo d'une station service avec sa borne de recharge pour véhicules électriques prise un soir, Boulevard Victor alors que je me rendais chez les amis Christine et Lionel, je ne peux m'empêcher de la mettre en relation avec une récente déclaration de Eric Schmidt Nous avons besoin d'énergie sous toutes ses formes, renouvelable et non renouvelable peu importe. Ça doit être là et rapidement. Moi et d'autres investissons dans des choses comme la fusion qui sont incroyables mais on n'y arrivera pas assez tôt pour répondre à nos besoins. Les gens planifient déjà des datacentres de 10 gigawatts. Pour donner un ordre d'idée, une centrale nucléaire moyenne aux États-Unis est de 1 GW. Combien de centrales nucléaires pouvons-nous fabriquer en un an pendant que nous planifiions ces datacentres de 10 gigawatts ? Cela donne une idée de l'ampleur de cette crise. Beaucoup de gens pensent que la demande d'énergie qu'exige notre industrie passera de 3 % À 99 % de la production totale. L'une des estimations que je pense la plus probable est que les datacentres nécessiteront 29 gigawatts supplémentaires d'ici 2027 et 67 gigawatts de plus d'ici 2030. Cela vous donne une idée de l'échelle dont nous parlons. Cette industrialisation se réalise à une échelle que je n'ai jamais vue de ma vie".

lundi 2 juin 2025

Liesse populaire


Voilà,
donc samedi soir, c'était l'hystérie collective à Paris. Le club de la capitale a enfin gagné (de fort belle façon) la champions league d'Europe de football. Le journal Libération qui ne recule jamais devant un jeu de mots a titré "Paris vaut bien une liesse". 
A partir du début de ce mois, les chômeurs et les allocataires des minima sociaux font l'objet de nouvelles mesures coercitives, mais samedi soir, beaucoup de pauvres gens se sont extasiés devant les exploits de millionnaires en culottes courtes qui bénéficient de faveurs fiscales afin de ne pas succomber à la tentation de jouer dans des clubs étrangers. 
"Les gens" comme dit du côté de chez Mélenchon ont dansé, hurlé, se sont embrassés. Des gamins sur des scooters ont tiré des pétards pour fêter un club sponsorisé depuis quinze ans par le Qatar qui, durant cette période, a injecté presque cinq milliards d'Euros pour lui assurer un standing international. 
Cet argent ne choque personne. En fait tout le monde s'en branle, la victoire est belle. Qatar est écrit sur les maillots. Qatar qui peut acheter le président des États-Unis en lui offrant un avion, qui sponsorise l'islam politique du Hamas et des frères musulmans. Pourtant récemment en France, un rapport gouvernemental a été publié sur l'entrisme de ce mouvement dans de nombreuses associations, mais chut ! c'est la fête. 
Même Macron, qui n'est pourtant pas le maire de la ville a accueilli, à l’Élysée, les nouveaux champions du PSG.  Il est d'ailleurs probable que le club a décidé qu'il n'y aurait aucune rencontre avec la maire de la ville qui n'est pas en bons termes avec les dirigeants qataris.
Bien sûr le président du club était là. Macron était aux anges. Et vas-y que je t'étreins, que je te félicite, que je te prends par l'épaule comme si on était de vieux copains depuis longtemps. Peu importe d'ailleurs que Nasser al-KhelaÏfi se soit, selon un rapport de la DGSI (Service des renseignement français) et de l'IGPN (la police des police), livré à la destruction d'un ensemble de "documents, ordinateurs et téléphones contenant des données compromettantes concernant des informations relatives à l'attribution au Qatar de certaines compétitions sportives", et qu'il soit l'objet d'enquêtes diligentées par la justice française.

 
Le peuple quant à lui n'existe que lors des grandes manifestations sportives. C'est là qu'il descend dans la rue. Pas pour obtenir plus d'argent pour les retraites, l'hôpital, la culture, l'éducation nationale, la justice. Je le constate à chaque grande victoire. Le peuple est non seulement aliéné mais aussi un peu con. Le peuple du foot rassemble — entre autres — des racistes blancs qui applaudissent des joueurs noirs ou maghrébins et de pauvres noirs et maghrébins qui s'extasient devant les exploits de milliardaires dont ils sont les followers sur des réseaux sociaux. Tous crient "ici c'est Paris, on est chez nous"
 
 

Donc, alors que l'équipe parisienne menait déjà trois buts à zéro à un quart d'heure de la fin et que l'affaire était pliée, je suis allé faire quelques photos devant le bar "le Métro". Beaucoup de bruit et de fumée. Je ne suis pas resté bien longtemps. J'ai tendance à me méfier des enthousiasmes populaires. Au premiers feux d'artifices j'ai pris la poudre d'escampette.

mardi 7 janvier 2025

Malgré tout

Voilà,
les fêtes de l'hiver sont finies. Le triptyque Noël - Nouvel an - Epiphanie est derrière nous. On continue de se souhaiter la bonne année — je joue le jeu moi aussi — mais on doit bien admettre que cela relève de la pensée magique. Tout le monde sent bien que cette année sera encore plus chaotique que la précédente. La situation mondiale n'offre pas de grand motifs de pavoiser. Celle de notre pays n'est guère brillante, et dans de nombreux autres ce n'est pas fameux non plus. On va essayer de ne pas se décourager, de continuer à faire des images, raconter des histoires, écouter de la musique, voir des expositions des films, lire de la poésie des romans, faire du théâtre. De dire merci pour ce qu'on peut encore trouver de beauté. Malgré tout. Malgré les périls nouveaux qui se dressent, malgré ceux qui persistent et que nous rappelle ce triste anniversaire de la tuerie de Charlie Hebdo.

mercredi 1 janvier 2025

Carré parfait et bonnes questions

Voilà,
il paraît que le nombre de l'année qui vient est un carré parfait (45²) que c'est aussi le produit de deux carrés (9²x5²) ainsi que la somme de trois carrés (40²+20²+5²) et mieux encore la somme des cubes de tous les chiffres de 1 à 9.  Je ne sais pas si on peut en tirer une quelconque conclusion, et s'il y a lieu de s'en réjouir ou pas. D'un point de vue esthétique ou formel peut-être, pour peu qu'on ait la fibre mathématiques. Ce n'est pas mon cas. 
Pour l'année qui vient, j'essaierai donc — comme me l'a fermement intimé il y a peu ce Père Noël quelque peu autoritaire, et même vaguement menaçant — de me poser les bonnes questions, (et j'encourage mes lecteurs à en faire de même en consultant ce lien où je leur réserve une surprise)
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dimanche 1 décembre 2024

Pêle-mêle avec énigmes


Voilà,
non loin de chez moi, apparition d'un nouveau mural en l'honneur du réalisateur Jacques Demy, qui vécut dans le quartier en compagnie d'Agnès Varda dont la maison se trouve rue Daguerre. "Les demoiselles de Rochefort" y sont célébrées comme il se doit, mais aussi "Les parapluies de Cherbourg", par Alice Wietzel dans un graphisme fin, sobre et coloré.
 
 


Sinon ce trouble à cause de cet énigmatique j'aime ça et l’idylle aussi écrit dans un commentaire de ce blog sous une image qui ne suggère rien se rapportant à cela. Qui donc a pu rédiger ce message ? Y-a-t-il une allusion ? Je cherche une raison je suppose quelque nom. J'en viens même à soupçonner une intention cachée. Cela me laisse perplexe. Ce n’est peut-être somme toute qu’une faute de frappe qui aurait échappé à la vigilance de son anonyme dactylographe et que le correcteur orthographique aurait sublimé.  Ne vit-on pas dans un monde où tout ce qui s’écrit ou se voit est sujet à caution ? Des mots vont, des mots viennent comme de petits mercenaires sans foi ni loi. Et qui peut écrire "ça me serre le cœur" sous quelques mots rédigés à la hâte ou encore "écris sans nécessité j'aime lire pour rien". L'anonymat, même bienveillant, contrarie. 
 


Ils ne manquent d'ailleurs pas les sujets de contrariété, de perturbation même, par les temps qui courent : le procès de Mazan, et toutes les répugnances qu'il dévoile depuis trois mois, les génocides en cours, les guerres qui se rapprochent, les démocraties qui se désagrègent, la bêtise et la corruption des politiciens, les désastres écologiques de plus en plus nombreux, l'incurie des pouvoirs publics pour les anticiper, la course à l'abîme, le Mal qui étend son ombre partout. Je ne parle là que de la sphère publique. Je me souviens de mon devoir de français du brevet d'études du premier cycle (j'avais quinze ans) : "S'informer est notre premier devoir". Oui bien sûr, mais comment faire quand le monde vous assaille à ce point. Toute la saleté de l'humanité sur des écrans lisses. On a envie de devenir mutique.
j'ai quand même trouvé une bonne nouvelle : une découverte prometteuse a été faite dans la lutte contre la pollution plastique : des larves de vers de farine capables de consommer du polystyrène. Elles rejoignent le petite groupe d"insectes capables de décomposer le plastique polluant. C'est la première fois qu'une espèce d'insecte originaire d'Afrique est capable de le faire. Je ne sais pas si ça suffira pour la semaine. 
 
 

 
Mais bon, j'ai vu, de nuit, le joli jardin du Musée du quai Branly éclairé par Yann Kersalé. Et un peu de beauté ça met du baume au cœur, comme on dit

mardi 26 novembre 2024

Quand tombe la nuit


 
Voilà,
"dans les ombres indécises d'une lumière qui va bientôt mourir, avant que la tombée du jour ne se change en nuit précoce, j'aime à errer sans penser parmi ce que devient la ville, et j'avance comme si tout était irréparable. Je savoure, avec mon imagination plus qu'avec mes sens, la tristesse diffuse qui me hante. Je marche au hasard, et feuillette en moi, sans le lire, un livre au texte intersemé d'images rapides, à partir desquelles je forme nonchalamment une idée qui n'aboutit jamais.
Certains lisent aussi rapidement qu'ils regardent, et terminent sans avoir tout vu. De même, je tire du livre qui se feuillette tout seul dans mon esprit une vague histoire inachevée, souvenir de quelque autre vagabond, morceaux de descriptions de crépuscules ou de clairs de lune avec des parcs au beau milieu et des allées où des silhouettes, vêtues de soie, passent et repassent.
J'indiscrimine à force d'ennui et d'or. Je marche tout à la fois dans la rue, dans la fin du jour et dans ma lecture faite en rêve, et ces divers chemins sont tous réellement parcourus. J'émigre et me repose - comme si j'étais à bord d'un navire déjà parvenu en haute mer.
D'un seul coup, les réverbères morts font coïncider leurs lumières subtiles des deux côtés de la longue rue qui dessine une courbe. Avec un choc, ma tristesse grandit encore. C'est que le livre est fini. Il reste seulement, dans la viscosité aérienne de la rue abstraite, un mince filet de sentiments, tout extérieur, comme un filet de bave du Destin stupide, qui tombe goutte à goutte sur ma conscience d'être.
Quelle vie différente que celle d'une ville où la nuit tombe. Quelle âme différente que celle d'un homme regardant tomber la nuit. Je marche, incertain et allégorique, être irréellement sensible. Je suis comme une histoire qu'on aurait racontée, et si bien racontée qu'elle aurait pris chair, mais sans bien pénétrer en ce monde-roman réduit à un début de chapitre : "A cette heure on pouvait voir un homme descendre lentement la rue de..."
Qu'ai-je à voir avec la vie ?
"
(Pessoa  Le Livre de l'Intranquillité 181) 

lundi 1 juillet 2024

Comme si de rien n'était (2)

Voilà, 
dimanche soir, à Avignon, sur la petite place du cloître, si charmante.
Comme si rien ne s'était passé.

vendredi 26 avril 2024

Sun Sing Theatre


Voilà,
j'ai pris cette photo en février 1994, et franchement je ne me souviens absolument pas pourquoi je traînais la nuit dans Chinatown.
"Le Sun Sing Theatre était une salle situé au 75-85 East Broadway, sous le pont de Manhattan, dans le quartier chinois de New York. Comme quelques autres cinéma en langue chinoise, il offrait aux immigrés chinois la rare possibilité de se rencontrer en toute sécurité, de se rapprocher de leur pays d'origine, de découvrir la culture de la génération précédente ou de participer à l'engouement pour le cinéma dans leur langue maternelle.
La salle a ouvert ses portes en 1911 sous le nom de Florence Theater. Elle accueillit d'abord des spectacles de vaudeville et des films yiddish. Au fur et à mesure que la population du quartier changeait, la nature des pièces a évolué. En 1942, l'endroit a été rebaptisé New Canton et a commencé à présenter des spectacles d'opéra chinois. Une troupe professionnelle d'opéra de Hong Kong, bloquée à New York pendant la Seconde Guerre mondiale, contribua à maintenir le théâtre en vie pendant dix ans grâce à des représentations nocturnes. En 1950, le lieu devient un cinéma et passe à la projection exclusive de films. C'est alors qu'il est rebaptisé Sun Sing Theater.
En 1960, la ville ayant prévu d'ajouter un pont supérieur au Manhattan Bridge, la démolition du théâtre est programmée. Mais les ingénieurs parviennent à trouver un moyen de bâtir les supports du pont tout en sauvant la salle à condition de réduire la jauge. Passant d'environ 900 à un peu moins de 700 places, le théâtre survit. En 1972 pour tenter de concurrencer d'autres marchés du divertissement en pleine expansion, tels que le karaoké, les jeux d'argent, les programmes en langue chinoise sur la télévision par câble et les locations de vidéo, la direction rétablit des spectacles sur scène. Le Sun Sing Theatre finit toutefois par fermer définitivement ses portes en 1993, en même temps qu'un grand nombre de ses semblables.
Le Museum of Chinese in America (MOCA) a conservé un certain nombre d'objets du théâtre, notamment des billets, des panneaux de signalisation, des timbres, des uniformes et un tableau de cartes de titre manuscrites utilisées pour suivre les expéditions de films vers différents théâtres". (article du Museum of Chinese in America)

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