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dimanche 28 juin 2026

Pêle-mêle avec canicule

Voilà,
au cimetière du Montparnasse, les tilleuls qui ombragent certaines allées perdent leurs feuilles à cause de la canicule et leur donnent ainsi une couleur jaune. Certainement en raison de ces fortes chaleurs précoces. Il parait que des oiseaux tombent du ciel, que des transformateurs électriques s'embrasent, des trains ne circulent plus pour cause de dilatation des rails


 

Nous sommes fin Juin, c'est la première semaine de printemps et on aura connu ça. C'est étrange que tout cela advienne dans un pays qui en 2015 a accueilli des représentants du monde entier pour finaliser l'accord qui promettait de sauver la planète du réchauffement climatique incontrôlé. Près de 200 pays avait signé un engagement historique à maintenir la température mondiale en-dessous de 2° centigrades à l'horizon 2100. C'est sous les lumières du centre des congrès du Bourget que la France était devenue synonyme d'ambition climatique et siège symbolique contre le réchauffement global. Onze ans plus tard c'est la France, (où on en est déjà à +1,7° de moyenne annuelle)  qui fond. Ce mois de juin, le pays a battu ce record absolu de température depuis le début des mesures en 1947. En un seul jour 122 records de chaleur absolue ont été battus sur le territoire  et 332 records mensuels supplémentaires. Paris a connu la plus chaude nuit jamais enregistrée en juin  avec des températures ne descendant pas en dessous de 24°2 tôt le matin. Des dizaines de personnes se sont noyées en essayant de se rafraîchir dans les rivières sont surveillance. Les écoles sont fermées, les hôpitaux en alerte rouge. Ainsi la ville qui a accueilli le traité, est devenu selon le classement des températures en temps réel, la ville la plus chaude de la planète. Plus chaude que 98 % de surface terrestre en un seul jour. C'est la preuve que la signature d'un accord ne suffit à lui seul à refroidir quoi que ce soit. L'Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale depuis les années 80, et la France pays hôte du traité environnemental le plus cité de l'histoire, fait partie de ceux qui s'en ressentent le plus. Pourtant, durant ces dix dernières années, le climat ne fait pas les gros titres et l'intervention du gouvernement français reste bien modeste. Pire, la police, les médias, le patronat, les partis politiques font passer les écologistes pour des terroristes anticapitalistes lorsqu'ils entreprennent des actions sur le terrain.
Ceux qui participaient au congrès du Bourget en 2015 nous promettaient un avenir dont la priorité serait la lutte contre le réchauffement global. L'avenir est là, il ressemble aux portes de l'enfer. Nous sommes à 14° au-dessus des normales saisonnières. 
 
 


Je repense à ce mural si beau et si triste aperçu à Lisbonne en Novembre 2014.  
Aujourd'hui on réalise que le climat dans lequel nos sociétés se sont construites et développées n'existe plus. Les morgues parisiennes sont saturées, les hôpitaux sont débordés, le nombre de morts à domicile ne cesse d'augmenter. On envisage l'ouverture d'une chambre funéraire au marché de Rungis comme ce fut le cas à l'époque du COVID. Mais cet hiver on aura oublié. Notre gouvernement n'a-t-il pas gelé 20% du Fonds vert destiné à aider les régions pour faire face au changement climatique (après avoir divisé par 3 ce fonds en trois ans). On se contente d'effets d'annonce mais la volonté politique ne suit pas et les banques continuent de soutenir les entreprises qui investissent dans l'énergie fossile. J'avais, fin juillet 2023, fait quelques recensions de titres concernant le climat aux États-Unis. C'était déjà alarmant, on sait ce qu'il s'est passé depuis. Ici nos politiciens sont juste un peu plus hypocrites, mais cela ne vaut guère mieux.
Mais bon, la grande nouvelle c'est qu'on va prolonger la saison des soldes contrariée par la canicule, car l'essentiel n'est-il pas de consommer ?
Tout cela est tellement absurde et serait bien risible si la situation ne s’avérait aussi dramatique. 
Ainsi vont les choses dans le meilleur des mondes possibles

mardi 25 novembre 2025

Joie de la couleur


Voilà,
j'ai pris cette photo en février 2015, Rua da Bica de Duarte, où passe le funiculaire de Bica. J'étais fasciné par les vêtements si colorés de cette fille et par son look. Elle fumait je crois contre ce mur jaune sous l'enseigne d'un boutique qui s'appelle WIP-Hairport.
j'ai fait une recherche. Il paraît que, si l'on souhaite prendre soin de ses cheveux, WIP-Hairport s'affiche à Lisbonne comme une adresse incontournable. Les coupes, qu'on y réalise sont à la pointe de la technologie. WIP-Hairport, situé dans un entrepôt centenaire constitue non pas un simple salon de coiffure, mais "une interface de transfert culturel" dans un cadre international créatif. C'est ce que prétend le site internet de l'entreprise. Honnêtement je ne sais pas ce que cela signifie. Toujours est-il que selon le même site, Sabine Pawlik et ses stylistes veillent à ce que les clients quittent le Hairport détendus et l'esprit libre ! D'ailleurs, si vous manifestez quelque compétence en piloctomie elle recrute : "Vous en avez assez de couper toujours les mêmes têtes ? Vous vous ennuyez dans la ville où vous vivez ? Vous êtes un styliste créatif et avant-gardiste qui souhaite travailler dans un environnement alternatif et indépendant, dans une ambiance internationale, et vivre dans un endroit ensoleillé dans le sud de l'Europe ?"
C'est vrai que, jusqu'au prochain tremblement de terre, Lisbonne demeure encore une ville très douce à vivre.

lundi 27 octobre 2025

L'avenir serait-il dans les champignons ?

  

Jardin Botanique de Lisbonne

Voilà,
aux dernières nouvelles l'avenir serait dans les champignons. Pourvu que ce ne soit pas un champignon atomique
Au cœur de la forêt amazonienne, des scientifiques ont découvert un champignon qui se nourrit de plastique. Pestalotiopsis microspora est un champignon particulier. Il peut survivre exclusivement grâce à l'un des types de plastique les plus courants (et les plus persistants) : le polyuréthane  et ce, même dans des environnements dépourvus d'oxygène, comme les décharges enfouies. 
Cette capacité remarquable en fait un recycleur naturel, capable de réaliser ce que les systèmes créés par l'homme ont encore du mal à accomplir : décomposer les déchets plastiques de manière efficace et durable. On pourrait imaginer un monde où les bouteilles en plastique jetées ne dureraient pas des siècles, mais se décomposeraient en quelques semaines, grâce à un allié microscopique caché dans le sol forestier. Les chercheurs espèrent désormais exploiter cette espèce pour la bioremédiation, c'est-à-dire le nettoyage des sols pollués, des côtes envahies par le plastique et même de nos océans. 
Mais il paraît aussi que les ruines de Tchernobyl, recèlent elles aussi un champignon tout à fait particulier. Lui c'est de radiations dont il se nourrit, d'après certains scientifiques qui l'on découvert. Le Cladosporium Sphaerospermum est un champignon noir découvert sur les parois du réacteur 4 de Tchernobyl, l'un des environnements les plus radioactifs de la planète. Au lieu de mourir, cet étrange organisme prospère en absorbant les radiations gamma mortelles qu'il convertit en énergie métabolique. Ce processus, appelé radiosynthèse, est similaire à la photosynthèse des plantes. Simplement au lieu d'utiliser la lumière du soleil, ce champignon utilise les radiations pour sa croissance. C'est l'un des rares organismes connus sur Terre à le faire. Cette espèce fongique pourrait non seulement empêcher la contamination nucléaire de se propager, mais serait aussi potentiellement en mesure d'absorber et de neutraliser complètement les radiations dans ces zones. 
Des recherches sont encore nécessaires avant de d'envisager l'utilisation de ce processus. 
 Les scientifiques explorent son potentiel de biorestauration en l'utilisant pour nettoyer les sites radioactifs trop dangereux pour l'accès humain. Sa capacité à tolérer, voire à absorber, les radiations pourrait en faire un outil précieux pour la reconstruction après une catastrophe nucléaire. "C'est comme si la nature avait conçu un bouclier biologique contre les radiations", a observé un chercheur. En outre, ce champignon pourrait être utile dans l'espace. Des chercheurs ont déjà envoyé le Cladosporium sphaerospermum vers la Station spatiale internationale. Non seulement il a survécu mais il s'est développé. Plus impressionnant encore, il a bloqué jusqu'à 84 % des radiations cosmiques incidentes. Cela laisse augurer qu'il pourrait un jour servir de bouclier naturel contre les radiations pour les astronautes en mission dans l'espace lointain, où l'exposition représente un risque sanitaire majeur. Des retombées nucléaires à l'exploration spatiale, ce modeste champignon noir pourrait détenir la clé de la survie dans certains des environnements les plus extrêmes de l'univers. On peut être reconnaissant au reste de la nature de proposer des solutions aux méfaits que l'humanité lui inflige.
Est ce que l'industrie est prête à investir pour passer au stade du développement qui permettrait d'absorber certaines pollutions déjà existantes ?

mardi 26 août 2025

Poço iniciático

Voilà,
conçu, entre 1904 et 1910 tout comme le palais et l'ensemble des jardins par l'architecte italien Luigi Manini, le puits initiatique (en portugais : poço iniciático) est une construction située dans le jardin du palais de la Regaleira de Sintra (Portugal) qui "conduit"  symboliquement l'initié des ténèbres vers la lumière en passant par plusieurs "paliers".  S'il porte ce nom c'est qu'on suppose qu’il a été utilisé dans les rituels d’initiation à la franc-maçonnerie Il a l'aspect d'une tour inversée de 27 mètres de haut qui s'enfonce dans la terre. C’est une galerie souterraine avec un escalier en colimaçon, soutenu par des colonnes aux chapîteaux sculptés, qui descend au fond du puits. La terre est le symbole de l'utérus maternel, en même temps que le lieu de la sépulture, où chacun retournera. Ses neuf paliers pourraient être une évocation des neuf cercles, de l'Enfer, du Paradis et du Purgatoire, de la Divine Comédie de Dante. Au fond du puits se trouve encastrée une rose des vents de marbre à huit pointes, disposée sur une croix des Templiers. Parvenu en bas, il faut cheminer à travers un labyrinthe de grottes humides où l'on est contraint de progresser en se penchant, avant de retrouver l'air libre. J’ai déjà évoqué les circonstances de cette excursion avec ma fille. Cela demeure l’un des plus beaux souvenirs de ma vie. Telle était la couleur du ciel ce jour-là.


mercredi 9 juillet 2025

Autrefois l'insouciance

 
Voilà,
c'était il y a dix ans. La plus grande nation occidentale n'était pas encore gouvernée par un malade mental complètement sénile. C'était même quelque chose d'inenvisageable. Elon Musk, quant à lui était encore un jeune entrepreneur "une sorte de gourou, un porteur de rêves qui aime se lancer des défis disait on de lui dans les gazettes. Les entreprises Paypal, Space X, Tesla, le projet Hyperloop... Autant de défis lancés ou relevés par celui qu'on considérait comme un entrepreneur génial bien que déjà controversé. Après un premier succès économique dans les années 2000 avec la revente de l'entreprise Paypal, Elon Musk s'était lancé dans le challenge technologique en pariant sur la voiture électrique avec la firme Tesla : «Je veux démontrer que la voiture électrique est la voiture la plus prometteuse de monde !», confiait-il alors. À l'époque, son projet c'était Hyperloop. Lancé en 2013, il rêvait au voyage ferroviaire à très grande vitesse avec une ligne reliant Los Angeles à San Francisco en moins de trente minutes. C'est à cette époque aussi qu'il lançait Open AI dont l'Objectif affiché était de développer des technologies d’intelligence artificielle et de les mettre à disposition de tous, pour qu'elle bénéficie à l'humanité « En tant qu’organisation à but non lucratif, notre but et de créer de la valeur pour tout le monde, plutôt que pour des actionnaires », pouvait-on lire dans le texte de présentation, sans réaliser à quel point cette nouvelle technologie serait gourmande en énergie.
Dix ans à peine, depuis cette photo sous le ciel bleu de Madère ; cela me paraît si loin, presque irréel. Ce n'est pas que les choses allaient particulièrement bien à l'époque, mais comparées à maintenant, c'est sans mesure. Ce qui est stupéfiant, c'est l'impression d'une inéluctable accélération vers le pire, dont on ne connaît pour le moment pas la nature exacte. 
On est désormais dans le temps de la force désinhibée, comme jamais peut-être auparavant. Au regard de la puissance de destruction dont l'humanité dispose, on ne peut que s’en inquiéter. Surtout quand la bêtise est à ce point plébiscitée. C’est quand même une sorte d’Amin Dada qui a été démocratiquement élu dans ce qui, voilà peu de temps encore, passait pour la première puissance mondiale. Si, pour l'humanité ce n'est pas encore la fin des temps, il est cependant possible que, comme l'écrit Pierre-Henri Castel dans son ouvrage "Le mal qui vient", ce soit déjà le temps de la fin. De toute façon, cela prendra une forme autre que ce que nous sommes en mesure d'imaginer.
 
 
Mais tout de même, à défaut d'être joyeux, apprécions — puisque de toute façon il ne nous reste guère d'autre alternative —,  le plaisir de pouvoir encore, sous un ciel radieux flâner en paix dans la splendeur d'une sainte et moyenâgeuse cité.

jeudi 13 février 2025

Comme une Suisse aplatie

 
Voilà,
"tout au fond le Tage est un lac d'azur, et les collines de la rive sud semblent celles d'une Suisse aplatie. Un petit navire (un cargo noir à vapeur) quitte le port, du côté de Poço do Bispo, et se dirige vers l'embouchure du fleuve, que je ne peux voir d'ici" Fernando Pessoa

mercredi 12 février 2025

Bananes et Raisins

 
Voilà
une des choses qui m'avait tant étonné à Madère
les vignes poussant dans l'ombre des bananiers 
et c'était aussi émouvant que les fleurs splendides qu’on peut y trouver

vendredi 24 janvier 2025

Un jour de pluie à Belem


Voilà,
"Il pleut, mais voilà ce qui arrive quand il pleut : je me sens réconforté par la sensation d'être à l'abri de tout. Il pleut, et c'est comme si cette pluie tombait en moi, me nettoyait de quelque chose d'indéfinissable, une mélancolie sans raison que je porte en moi, comme si j'étais fait de cette matière légère qui tombe des cieux. Tout devient plus vrai, plus intime, comme si la pluie avait apporté, avec ses gouttes, un voile de vérité sur tout ce qui existe." (Fernando Pessoa, Le Livre de l'Intranquillité)

jeudi 22 août 2024

En pensant à Madère

 
Voilà,
l'île de Madère est actuellement en proie à de gigantesques incendies. C'est un endroit merveilleux qui possède en son centre une forêt primaire aujourd'hui menacée. J'y ai marché, la tête parfois dans les nuages, et il arrivait qu'entre deux nuées on aperçoive l'océan. Je garde un souvenir émouvant de cette nature. Ce fut un bonheur d'y être. On rapporte qu'au printemps, lorsque l'île est en pleine floraison, c'est stupéfiant de couleurs et de fragrances. J'espère qu'elle ne sera pas trop ravagée.
 
 

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mardi 27 juin 2023

Fraîcheur, paix, douceur

 
Voilà,
vraiment toutes ces contraintes, ces nécessités d'être efficace, ces obligations dictées par la vie quotidienne  — formulaires à remplir, dispositions de toutes sortes à prendre au cas où, choses à acheter, jeter, faire, réparer, inventaires à dresser, listes de consignes à établir, bouquins à trier (ceux qu'on garde, ceux qu'on vend, ceux qu'on donne), ménage à faire, à recommencer et j'en passe, — tout cela m'accable, m'exaspère... Je rêve d'ailleurs, de nuages, de paysages, d’océan ; je rêve de fraîcheur, de paix de douceur... Mais bien sûr, c'est tout le contraire qui se profile.

dimanche 25 juin 2023

Sculpture murale

Voilà,
c'étair à Funchal, sur l'ile de Madère. Est-ce à cause de la chaleur accablante qui pèse sur Paris — au point que je suis resté toute la journée enfermé chez moi, les volets clos — ou bien en raison d'un soudain coup de nostalgie pour cette île si merveilleuse ? Quoi qu'il en soit, je me suis souvenu de cette sculpture murale à hauteur d'enfant aperçue une fin d'après-midi dans une ruelle, alors que j'étais à la recherche d'une bouteille d'eau.
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jeudi 12 mai 2022

L'Heure tombe


Voilà,
"l'heure tombe, légère, vague de lumière qui cesse, mélancolie du soir inutile, nuée sans brouillard qui entre dans mon cœur. Elle tombe, légère et douce, pâleur indéfinie, transparence bleue de la fin du jour aquatique - légère, douce et triste sur la terre simple et froide. Elle tombe légère, en invisible cendre, monotone, douloureuse, d'un ennui sans torpeur" Fernando Pessoa in "Le livre de l'Intranquillité"

lundi 28 février 2022

Puissance maléfique



Voilà,
les réactions à un précédent post, que l'on trouvait sombre et pessimiste — il s'agissait d'une évocation de l'espèce humaine par Jacques Sternberg — n'ont pas manqué de me surprendre. Non seulement l'Histoire, mais aussi l'actualité la plus récente nous prouvent quotidiennement que l'humanité n'est pas très reluisante. Il est désormais évident qu'elle s'épanouit plus fréquemment dans la manifestation du mal que dans l'expression de la bonté. Le tropisme suicidaire et destructeur qui la caractérise paraît en outre se confirmer de jour en jour. Qu'on s'étonne du contraire me déconcerte. D'ailleurs même les religions, qui ne l'oublions pas sont une invention de l'homme, ont considéré que celui-ci, d'emblée avait quelque chose à expier.
Est-ce parce qu'elle s'est elle-même supposée porteuse d'une faute originelle que l'humanité s'est comportée comme une puissance maléfique ? A-t-elle a compensé sa faiblesse initiale qui, dans ses premiers âges, la rendait particulièrement vulnérable par un exceptionnel sens de l'adaptation et une singulière capacité à formuler et donc à transmettre sa pensée ? En cela, pour sûr, elle constitue une exception dans le domaine des vertébrés. Mais comme elle a perçu la Nature comme une puissance hostile et menaçante, elle s'est acharnée — non sans génie, comme lorsque dans l'île de Madère, elle a construit, à flanc de montagne ces canaux d'irrigation qui ont dû coûter bien des vies — à la domestiquer parfois, le plus souvent à l'asservir. 
La volonté de puissance est au principe même de l'espèce humaine. À présent elle est sans limite. Depuis qu'il est parvenu à plus ou moins maîtriser l'atome, à s'extraire de de la gravité pour aller faire sur la lune ce petit pas dont il espérait qu'il serait un grand bond, l'homme semble désormais vouloir tout détruire autour de lui. Et c'est avec une sorte d'effarement, de sidération que l'on en vient à constater tous les ravages dont se rend coupable l'espèce humaine. 
Bien sûr, il en est qui alertent des dangers, mais ils ne sont pas assez puissants. Ce ne sont pas les Chefs, les dominants de l'espèce qui réagissent de la sorte. Ce sont des jeunes, parfois même des enfants, dont on raille l'inquiétude. Comment cette espèce qui a su parfois s'exprimer de façon subtile et sublime, en est elle arrivée là ? Elle a inventé la musique, la peinture. Elle a érigé des monuments extraordinaires. Elle a inventé l'art de guérir... Mais elle a aussi conceptualisé les notions de Dieu et d'Absolu, et inventé des machines meurtrières dont la vitesse excède son temps de réaction. 
Nous disparaîtrons probablement plus vite que les dinosaures. Un autre cycle de vie, nous succédera et s'adaptera à cette planète que nous nous sommes, en particulier au cours de ces deux cents dernières années, tant acharnés à ravager. Continuons donc, avec cette allégresse stupéfiée qui distingue les maîtres de ce monde, notre course folle à la consommation et à l'armement, au pillage des ressources, au suicide collectif. Nos traces s'effaceront, les divinités stupides que nous avons inventées retourneront au silence et au néant. Les petites crevettes qui, au fond des océans, vivent à proximité de volcans sous marins pourront à leur tour prospérer, et c'est très bien comme ça. J'espère seulement que les fougères apparues sur terre il y a plus de trois cents millions d'années, continueront de s'épanouir après notre nuisible et fulgurant passage.

mardi 28 juillet 2020

Madère


Voilà,
Je ne me souviens plus du village, mais c'était au centre de l'île de Madère, les guirlandes tendues au dessus de la rue ajoutaient de la couleur au bleu du ciel. Il faisait très chaud. Ce qui me manque à présent lorsque vient l'été, c'est ce sentiment d'insouciance que je pouvais éprouver en d'autres temps. Mais je suppose que cette sensation est assez communément partagée désormais. (Linked with Our world Tuesday)

jeudi 12 mars 2020

Un Genre de Saudade



Voilà,
En 1994 paraît le film de Wim Wenders, "Lisbon story", récemment réédité en DVD dans une version restaurée. L'histoire est celle d'un ingénieur du son qui, répondant à une lettre d'un ami réalisateur en tournage dans la capitale lusitanienne, décide de le retrouver là-bas. De ce film, très touchant au demeurant, puisqu'on y voit Lisbonne avant qu'elle ne devienne une destination touristique, j'évoquerai surtout les dix premières minutes durant lesquelles se succèdent des paysages de routes et d'autoroutes entre Francfort et le Portugal. Et, tout au long de ce trajet, l'autoradio de la voiture que conduit le personnage principal diffuse des bribes de nouvelles d'actualités dans des langues différentes. Le commentaire en off, rend compte, par le truchement de son personnage, de l'enthousiasme de Wenders pour l'abolition des frontières et pour la possibilité de traverser une partie du continent comme s'il s'agissait d'un même pays (et pourtant il n'y pas encore à ce moment là de monnaie unique). Il y évoque cette croyance répandue à l'époque que c'est le meilleur moyen de maintenir la paix dans cette région du monde. N'oublions pourtant pas que durant ces années les différentes nations de l'ex-Yougoslavie se déchiraient dans une guerre sanglante. Entendre aujourd'hui les mots d'une naïve espérance que nous fûmes nombreux à partager, celle d'une Europe sociale, d'une Europe des peuples, d'une Europe solidaire a quelque chose d'étrange, car on est bien évidemment loin de ça aujourd'hui. Les frontières intérieures se ferment momentanément en raison de l'épidémie de coronavirus, et l'Union Européenne qui n'a d'union que le nom se révèle incapable de trouver des solutions communes à ce problème comme à tant d'autres. De nouveau le spectre de la guerre rôde à nos frontières, et, fuyant les massacres qui meurtrissent leur pays, des exilés désireux de trouver refuge en Europe se voient brutalement refoulés ou internés dans des camps provisoires insalubres se heurtant au refus brutal de leur droit d'asile. Que pèse notre confinement au regard de leurs errances.
J'écris cela au petit matin. A la radio les nouvelles tournent en boucle – les Etats-Unis viennent de décider que tous les vols en provenance de l'Europe sont suspendus pour un mois, le club de foot de la capitale a gagné son match de qualification dans un stade vide, selon l''OMS l'épidémie de coronavirus accède au statut de pandémie, on parle de crise (sanitaire, financière, économique), le président va faire une déclaration solennelle –. Je n'ai pas envie de me lever. Je ne tousse pas je n'ai pas de fièvre, mais je ne me sens pas pour autant dans une forme éblouissante. Mon corps est à l'image de mon appartement. Plein de petits trucs se déglinguent. Dehors il pleut, il fait gris. Hier un grand acteur français qui fut autrefois un de mes enseignants vient de quitter ce monde. Je repense à Lisbonne. Y retournerai-je, un jour ? Allez je vais écouter Madredeus
Linked with my corner of the world - souvenirs

mercredi 2 octobre 2019

Quelque chose de si rare qu'on se le cache



Voilà,
"Parfois, un souvenir d'un ordre particulier vous tient tout le jour en haleine. On retrouve dans sa mémoire, un détail que l'on reconnaît pour l'avoir vu, sans savoir où on l'a vu, sans pouvoir l'identifier tout à fait. Il s'agit d'un ameublement, d'un paysage, d'un parfum, d'une bribe de conversation, d'un fragment de visage, de l'expression fugitive d'une physionomie connue et anonyme et chaque fois une émotion vous étreint de bonheur, de regret ou de désir. On voudrait savoir, on voudrait voir davantage. On sait qu'on a été heureux à cet endroit, à cause de telle chose, de tel être, mais quand ? Où ? Il s'agit là d'un rêve en partie oublié, qui ne s'est pas fixé dans la mémoire avec toutes ses circonstances bien qu'il représente parfois une de nos expériences les plus profondes, les plus sûres, peut-être la seule que nous ayons du bonheur, et demeure en nous ce prestige, ce charme répandu sur tout le jour, et parfois sur toute la vie, mieux qu'un charme, une science, la certitude, la certitude d'avoir un secret, quelque chose de si rare qu'on se le cache, qu'on se le dérobe même à soi-même pour mieux le garder". Marcel Jouhandeau in " De l'abjection"
Shared with "our world tuesday

vendredi 16 novembre 2018

La gare de Sintra


Voilà,
je me souviens du guichet de la gare de Sintra, si émouvante pour qui la découvre la première fois, en raison de ce souci d'enjoliver les endroits les plus quotidiens. Bien sûr Sintra n'est pas un endroit ordinaire, puisque dès le XV ème siècle elle fut un lieu de villégiature de la cour portugaise, mais enfin la gare de Versailles par exemple n'a pas cette élégance.
 première publication 16/11/18 à 13:11

vendredi 23 février 2018

L'Alfama


Voilà,
c'était il y a trois ans (trois ans déjà), un mois de février à Lisbonne, il faisait frais mais le soleil était souvent au rendez-vous. J'aimais la douce mélancolie de cette ville que je n'ai visitée qu'en Novembre et en Février. J'y retournerais bien au printemps prochain. mais je crois qu'aujourd'hui les habitants de l'Alfama, ne supportent plus le trop grand afflux de touristes. (Linked with the weekend in black and white

dimanche 31 décembre 2017

Bon bout d'an et à l'an qué vèn


Voilà,
l'usage et la bienséance supposent une forme d'allégresse dans la formulation des vœux tandis que la lucidité n'incite guère à l'enthousiasme et commande la retenue. On n'est jamais trop prudent, par les temps qui courent. Malgré tout, dans cette grande confusion qui caractérise notre monde, je ne peux que souhaiter aux uns et autres d'être résolument modernes. "Être moderne, écrivait Cioran, c'est bricoler dans l'Incurable". Quoiqu'il en soit, "bon bout d'an et à l'an qué vèn" comme on disait autrefois du côté de Marseille. Puissions-nous l'année qui vient, tout de même nous épanouir comme les fougères géantes du Monte Palace Tropical Garden de Funchal

vendredi 16 décembre 2016

Perspectives constructivistes


Voilà,
certaines perspectives de paysages urbains me saisissent simplement sans doute à cause des lignes, de la géométrie qui s'en dégage. Elle me ramènent à ce moment où à la fin des années 70 j'ai découvert le constructivisme russe qui revenait alors à la mode dans la pub et le graphisme. Ce quartier de Belem au pied du pont qui enjambe le Tage me fascine littéralement et en particulier cet endroit où je suis resté un long moment tant il me semblait irréel, semblable à un décor de cinéma. (Linked with The weekend in black and white)


Publications les plus consultėes cette année