jeudi 18 avril 2019

Sans Toit



Voilà,
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cet incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris nous rappelle comme est fragile la beauté que l'humanité à su ajouter au monde, comme pour se dédommager de tous les ravages qu'elle a commis autant contre elle-même que contre la Nature, ravages que d'ailleurs elle continue d'infliger à cette planète qu'elle considère comme sa possession.
La folie des Talibans a détruit les bouddhas géants de la vallée de Bâmiyân qui avaient survécu plus de quinze siècles.
Les salafistes ont démoli les mosquées en terre de Tombouctou (rebâties depuis), en Syrie les ruines d'Alep ont été bombardées. Aujourd'hui Sanaa au Yemen, un des joyaux de l'humanité dont les constructions datent toutes d'avant le XIeme siècle est rasée par les bombes françaises vendues à l'Arabie Saoudite faisant ainsi le bonheur de l'industrie de l'armement et par la même renflouant les caisses de l'État.
A Séoul Namdaemun, la Grande porte du Sud, premier trésor national Coréen datant de 1398, a été détruite en 2008 à cause d’un incendie criminel. En 2013, la reconstruction s'est terminée, mais ce n’est plus tout a fait l’œuvre originale de Taejo désormais.
La citadelle de Bam, en Iran, construite au cinquième siècle avant Jésus-Christ a été intégralement détruite par un tremblement de terre en 2003. Pays sous embargo, l'Iran  voit l'aide internationale pour la reconstruction ne parvenir qu'au compte-gouttes.  
Dans la ville de Canton, en Chine, d’anciennes tombes, vieilles de 3000 ans, ont été démolies pour construire une ligne de métro. 
 Noh Mul, une pyramide maya, vieille de 2500 ans, située au Belize, a été pulvérisée par une entreprise de travaux publics. Le but de cette compagnie était de pouvoir utiliser les gravats pour la construction d’une route.
Pensons aussi à Bénin City qui était un grand ensemble urbain mondial. Son palais royal était l'un des plus importants complexes culturels d'Afrique et la cité avait l'importance d'une ville européenne. Elle disposait de squares, de galeries et les murs des maisons étaient décorés de nombreuses fresques. Le palais des Obas, la dynastie régnante, était si beau que les Hollandais l'ont reproduit en gravure comme ils l'auraient fait de Florence. Et puis en 1897 les Anglais sont venus et l'ont réduite en cendres en moins de 17 jours lors d'une expédition punitive.
Rappelons nous aussi la pierre de Singapour qui pouvait être considérée, avec  le même intérêt que la pierre de Rosette, déchiffrée par Champollion. Elle faisait trois mètres de haut sur trois mètres de large et était couverte, lors de sa découverte en 1819 d'une ancienne écriture que personne ne savait décrypter. On pense aujourd'hui que c'était du vieux javanais ou du sanskrit. Lorsqu'en 1843 l'armée britannique décida de construire un fort à cet endroit, elle fit exploser le bloc et utiliser les fragments pour des constructions ou le terrassement des routes. Seuls quelques fragments ont survécu et se trouvent désormais au musée de Singapour où elle est considérée comme un trésor national. On pourrait multiplier les exemples à l'infini.
Nous savons que les Civilisations sont mortelles écrivait Paul Valery. Certaines d'ailleurs se suicident. Notre mémoire est peuplée de ruines.

Mais revenons à Notre-Dame.

Aujourd'hui nos milliardaires se penchent à son chevet. Ils proposent, pour la restauration de la Cathédrale, un peu de leur fortune, comme autrefois la noblesse s'achetait des indulgences, pour gagner le Paradis. Donc soyons clairs, parlons chiffres : la fortune de Pinault, est évaluée à 34 milliards. Celle d'Arnault à 91 milliards. Pinault, dont on sait que le groupe Kering dont il est propriétaire a soustrait pour 2,5 milliards d'impôts au fisc français, débloque 100 millions, cela représente donc 0,3 % de sa fortune personnelle. Donc pour ceux qui gagnent comme moi 2000€ mensuels dans leurs moments fastes et de plus en plus rares, cela représente 6€. Bernard Arnault dont on sait qu'il a économisé 518 millions d'Euros d'impôts grâce à la fondation Louis Vuitton débloque 200 millions, cela représente, 0,2% soit 4€ pour moi. il paraît même que l'entreprise Total, qui souille et pollue avec frénésie la planète (qui est notre seule vraie cathédrale) un peu partout dans le monde y va de son obole. On va lancer un grand emprunt National. Il est probable que des personnes bien moins fortunées donneront proportionnellement une plus grande part de leur argent. 
Mais peut-être nos milliardaires en gardent ils de côté pour les vraies catastrophes à venir. Auquel cas ils devraient anticiper un peu. L'état de nos centrales nucléaires n'est pas fameux. Quand il y aura un problème, et l'on sait que tôt ou tard et avant que trente ans ne s'écoulent il aura lieu, l'accident sera autrement plus sérieux que ce que nous avons vu cette nuit et je crois qu'à ce moment là plus personne n'en aura rien à branler du toit de Notre-Dame. Et il y aura sûrement moins de gens pour se tenir dans les parages et faire des selfies devant la catastrophe (mais il y en aura tout de même).




Que ce soit clair. Je ne suis pas insensible au sort de notre Cathédrale. désormais sans toit, comme ceux qui vivent, pas très loin de l'Île de la Cité, sous ces bâches au pied de l'église Saint-Gervais qui fut d'ailleurs bombardée par la "Grosse Bertha" des Allemands en mars 1918 et où 98 personnes trouvèrent la mort. J'en suis sincèrement attristé et je souhaite ardemment qu'elle soit restaurée. Revenant hier sur les berges de la Seine, j'ai réalisé que je ne vivrais peut-être pas suffisamment d'années pour la revoir couverte d'un toit et de nouveau me promener à l'intérieur. Au passage j'ai réalisé que cette flèche datant du XIX ème, inspirée de celle de la Saine-Chapelle et ajoutée par Eugène Viollet-le-Duc, l'architecte de la première grande restauration était aussi ce qui donnait un cachet particulier à cet édifice. Désormais, Avril à Paris n'aura plus la même saveur et les promenades sur ce quai de Montebello que j'aime tant, auront toujours un parfum de mélancolie. 
Je partage pour une fois la réflexion poétique et inspirée de Mélenchon, cet homme politique imprévisible, irascible et sanguin, à l'ego hypertrophié et aux stratégies politiques confuses, parlant de la cathédrale. "Athées ou croyants, Notre-Dame est notre cathédrale commune. Le vaisseau, la nef qui nous porte tous sur le flot du temps. Et je crois que nous l’aimons de la même façon. Il y a ceux pour qui la main de Dieu est à l’œuvre dans l’édification de ce bâtiment. Mais ils savent que si elle y parait si puissante, c’est sans doute parce que les êtres humains se sont surpassés en mettant au monde Notre-Dame. Et d’autres, ceux qui connaissent le vide de l’Univers privé de sens et l’absurde de la condition humaine, y voient par-dessus tout cette apothéose de l’esprit et du travail de milliers de femmes et d’hommes durant deux siècles et depuis plus de huit cent ans. Ils ressentent ce que la cathédrale a signifié depuis sa première heure, quand elle n’était encore qu’un plan, et à l’instant où fut planté le clou d’or d’où seront tirées toutes les lignes et commencés tous les calculs. (...)Notre-Dame est le signal d’un temps nouveau qui commençait. Il symbolise la douleur du savoir qui doute de lui-même pour avancer, l’inébranlable confiance dans l’esprit et dans sa victoire possible contre l’ombre qui masque, la mort qui soustrait et l’ignorance qui trompe. Notre-Dame est un message universel. Le peuple de France ne s’y est pas trompé. Tous ses grandes heures y ont transité. Des premiers États Généraux à la victoire sur les nazis, la nef a accueilli toutes nos clameurs libératrices. Je me dis qu’elle ne brûlera jamais tout à fait. Il en restera toujours un morceau qu’un être humain voudra continuer vers le ciel."

J'ai aussi été très touché par le texte d'Etienne Klein qui circulait sur le réseau social bleu : "Je ressens une vive émotion en voyant Notre-Dame brûler. Pourquoi notre émotion est-elle si intense, si singulière ?
Lorsque nous regardons un objet matériel, qu’il s’agisse d’une cathédrale, d’un immeuble, d’une pierre, d’une vieille montre, le seul fait d’y prêter attention nous porte en effet à nous enfoncer dans son histoire, à nous décaler, par l’imagination, de la surface de son présent. Nous percevons alors quelque chose qui semble encore l’attacher à sa lointaine provenance. Vladimir Nabokov évoquait à ce propos une « transparence des choses, à travers lesquelles brille leur passé » ?
Et puis il y a, surtout, ces phrases sublimes de Marcel Proust :
" Tout cela faisait pour moi [de l’église] quelque chose d’entièrement différent du reste de la ville : un édifice occupant, si l’on peut dire, un espace à quatre dimensions – la quatrième étant celle du temps – déployant au travers des siècles son vaisseau qui, de travée en travée, de chapelle en chapelle, semblait vaincre et franchir, non pas seulement quelques mètres, mais des époques successives d’où il sortait victorieux."

Elles disent que, sans en avoir forcément conscience, nous regardions Notre-Dame comme la théorie de la relativité d’Einstein, lue rigoureusement, invite à le faire : ce bâtiment somptueux n’était pas une chose statique dans l’espace, mais une suite d’événements dans l’espace-temps ; il n’était pas un volume à trois dimensions, mais un hypervolume à quatre dimensions qui a commencé de prendre corps dans la profondeur du passé et n’a jamais cessé de se translater dans le temps, instant après instant, tout en demeurant invariablement au même endroit. En somme, Notre-Dame a perduré en se répétant identiquement à elle-même, continûment, sans jamais s’absenter, sans rater le moindre instant présent passant par là. Fascinante mise en perspective, en abîme même : la persistance de cette grande chose immobile cachait une dynamique invisible, profonde, celle de la succession ininterrompue des instants qui ont transporté sa présence depuis sa première apparition. Notre-Dame était un morceau de notre passé projeté dans notre présent

touché aussi par les mots d'André Markowicz
"Nous perdons la beauté. — Ce que nous avions, là, sous nos yeux. Pas même sous nos yeux, parce que, de fait, combien d’entre nous ne regardions même pas quand nous passions devant ? Parce qu’elle était là, cette beauté. Cette beauté — que nous avions.
Parce que, vivre en présence de la beauté, de l’immense travail des gens à travers les siècles, c’est ce qui nous donne, à nous, pris que nous sommes dans nos passions quotidiennes, nos soucis, nos maladies, pris que nous sommes dans nos vies, la sensation que nous sommes vivants.
La sensation que nous vivons dans le temps. La sensation de joie et de réconfort d’être témoins de la durée. La sensation que le monde ne nous est pas donné pour notre usage à nous — que nous n’en sommes que les dépositaires, et que, notre bonheur, non, notre honneur, c’est ça, de savoir que nous ne sommes pas seuls, et que jamais nous n’avons été seuls.
Non, la sensation, terrible, que c’est elle, Notre-Dame, que nous avons laissée seule. Que nous avons brûlée, par incurie. Comme nous nous brûlons nous-mêmes, dans notre rage de détruire tout ce qui n’est pas nous." (André Markowicz)

Mais bon, cet effondrement du toit, cette charpente de bois quasi millénaire brûlant en quelques heures, cette flèche audacieuse s'affaissant sur elle même, beaucoup y ont vu une image de notre temps. Certains bien sûr se sont rappelés l'Apocalypse de Jean qu'on ressort à chaque grand événement où il y a du feu :  "Alors ils pleureront et se lamenteront sur elle, les rois de la terre qui ont partagé sa prostitution et son luxe, quand ils verront la fumée de son embrasement. Ils se tiendront à distance par crainte de son tourment, et ils diront: Malheur! Malheur! O grande cité, Babylone cité puissante, il a suffi d'une heure pour que tu sois jugée! "

Certains aussi comme le réalisateur Guillaume Brac se posent la question "ce pays mérite-t-il Notre-Dame ?  et  après tout son point de vue ne manque pas de pertinence
 "On me dira sûrement que je mélange tout, que je fais de la politique là où je devrais seulement me recueillir en silence. Qu’un joyau de l’humanité et le fruit du travail de tant d’hommes et de femmes vient de partir en fumée. Que c’est une tragédie pour tous les Français, pour tous les Chrétiens, et bien au-delà pour tous les amoureux de la beauté. C’est vrai bien sûr. Et l’émotion qui inonde médias et réseaux sociaux est – jusqu’à un certain point - légitime. Mais comment ne pas voir – aussi - dans cet incendie de Notre-Dame le triste symbole d’une faillite morale ? Un pays, qui au mépris de ses valeurs humanistes, ferme ses frontières et laisse périr des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants en Méditerranée, mérite-t-il Notre-Dame ? Un pays dont les élites piétinent l’intérêt général et ignorent une grande partie de leurs concitoyens mérite-t-il Notre-Dame ? Un pays qui laisse matraquer, éborgner, emprisonner celles et ceux qui ont le courage de résister mérite-t-il Notre-Dame ? Un pays qui trahit ses engagements dans la lutte contre le réchauffement climatique et la destruction programmée de notre humanité mérite-t-il Notre-Dame ? Peut-être est-ce la raison pour laquelle je suis resté étrangement insensible devant des images qui auraient dû me bouleverser. Peut-être est-ce parce qu’à mes yeux une vie humaine restera toujours plus importante qu’une cathédrale, aussi sublime soit-elle. Peut-être est-ce parce que je ne peux m’empêcher de me dire que parmi les dizaines de milliers d’ouvriers, de compagnons, d’artisans, d’artistes qui ont œuvré à sa construction, qui lui ont consacré leur existence, beaucoup auraient porté un gilet jaune aujourd’hui. Et que pleurer la destruction de ce symbole des valeurs chrétiennes et humanistes, tout en restant sourd à la détresse et la colère que tentent désespérément de faire entendre les plus fragiles, les plus courageux, les plus lucides d’entre nous, me paraît un non-sens. Quelques minutes de BFM TV, hier soir, m’ont laissé un goût amer. Qu’y ai-je vu ? Un président, piètre comédien, rassemblant de force les Français dans un combat masquant opportunément tous les autres, suivi des jérémiades d’un hipster et d’une grande bourgeoise semblant considérer Paris comme le centre du monde. Je n’ai alors pu m’empêcher de me dire, que nombreux sont les Françaises et les Français qui ne voient pas Notre-Dame tous les jours en sortant de chez eux, qui n’ont peut-être même jamais vu Notre-Dame autrement qu’en photo, et qui n’ont pas envie de verser des larmes de crocodile au diapason de privilégiés, qui ne se souviennent de leur existence que lorsqu’ils ont besoin de leurs suffrages une fois tous les cinq ans ou lorsqu’une poignée d’entre eux a la géniale idée d'enfoncer avec un fenwick la porte d’un ministère. Sur ce, je me déconnecte, non pas pour fuir la discussion – que ces quelques lignes, qui n'engagent que moi, n’appellent d’ailleurs pas nécessairement – mais parce que j’ai un scénario à écrire…"

Ce que cet événement met tout à coup en relief, c'est qu'en France on trouve très vite de l'argent pour rebâtir un monument qui certes est plus qu'un monument, un symbole, aussi, alors que que cela fait des années qu'on nous dit qu'il n'y a plus d'argent pour nos infrastructures, nos hôpitaux, nos écoles et universités, pour la recherche, pour l'écologie, pour construire des logements décents et j'en passe. Et puis on a vu le spectacle obscène de ce jeune président manifestant plus d'émotion pour Notre-Dame, que pour les gens qui peinent à vivre décemment dans ce pays. Il aurait dû mettre le même empressement à réagir en novembre dernier lors des premières émeute populaires. Il n'est pas certain que tout cela calme les esprits. Notre-Dame a brûlé, mais le monde aussi brûle sans que cela suscite autant d'émotion.
Enfin pour conclure, j'ai bien aimé cette remarque savoureuse — qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux — d'Olivier Pourriol, enseignant de Philosophie : "Victor Hugo remercie les généreux donateurs prêts à sauver Notre Dame de Paris et leur propose de faire la même chose avec les Misérables" (Linked with the weekend in black and white )


dimanche 14 avril 2019

Trompe l'œil avenue du Maine


Voilà,
il y a quelques mois, sur le chantier de rénovation du centre Gaîté, un code barre géant a été conçu de sorte que vu sous un certain angle, les lignes noires des fenêtres de ce building donnent l'illusion de se prolonger sur le bâtiment en premier plan en contrebas de l'immeuble. Toutefois, cet effet de trompe-l'œil ne fonctionne que d'une seule perspective quand on se trouve sur le trottoir opposé de l'Avenue du Maine. (Linked with Monday Murals)

jeudi 11 avril 2019

L'Étreinte (2)


Voilà,
"You see how good she makes you feel.  
That's half as strong as how bad you'll feel when she's gone." 
Un bref instant cette pensée le traversa qu'il chassa aussitôt.
Grisé par une sensation d'éternité il s'éprouvait nageant dans le cosmos et c'était bon.

mardi 9 avril 2019

Le Rôdeur


Voilà
Sa vie comme un vieux manteau usé ne lui tient plus très chaud  Il tremble dans ses songes où sous un ciel couleur de fatigue s'éparpillent des oiseaux sombres   Ses voyages à présent ne sont plus que d'arrière-saison  Des nuages vagabondent dans la fraiche et pâle clarté d'un jour qui peine à paraître. (linked with our world tuesday)

lundi 8 avril 2019

Chienne de vie



Voilà
"si tu parviens à rester assis dans le silence après avoir appris une mauvaise nouvelle ; si lors de retournement de fortune tu demeures parfaitement calme ; si tu peux voir tes voisins voyager dans des endroits totalement féériques sans éprouver une once de jalousie, si tu peux joyeusement manger tout ce qui est mis dans ton assiette ; si tu peux courir toute la journée et t'endormir le soir sans un verre ou une pilule ; si tu es capable de trouver de la satisfaction quelque soit l'endroit où tu te trouves, tu es probablement un chien" (Jack Kornfield)

mardi 2 avril 2019

Un Chat sur l'asphalte


Voilà,
un jour sur le boulevard Saint Michel, juste en face de l'entrée de l'Ecole des Mines, était dessiné sur l'asphalte du trottoir ce chat. Je me souviens que j'étais en compagnie de Sophie et elle aussi je crois, l'a photographié. Il me semble que nous sortions de la projection de ce documentaire intitulé "America" de Claus Drexel, très intéressant en dépit de la malhonnêteté de son titre (sûrement une injonction de distributeur) car tout est filmé à Seligman, un bled paumé d'Arizona au bord de la route 66. C'est comme si on tournait un film à Argenton-sur-Creuse et qu'on l'appelait la France. Mais Seligman est sûrement plus photogénique que Argenton. Les images tournées fin 2016, à la veille de l'élection américaine révèlent les signes d’une prospérité révolue dont ne restent plus que des traces, s'attardent sur les carcasses de voitures diverses, de trucks rouillant sous le soleil, mobile homes délaissés, maisons de bois délabrées mais cependant toujours habitées, terrains vagues ou s'accumulent des détritus variés. Comme dirait Valery Larbaud, "une vie près de ses excréments". L’Amérique des ex-pionniers et des derniers cow-boys, des laissés-pour-compte, celle qui préférerait sûrement voir des profs armés que des élèves désarmés, est là. Fascinante et terrifiante… Il y a ceux qui veulent croire en Trump, à l'illusion d'une puissance américaine enfin retrouvée. Il y a ceux qui voient en l'avènement de Trump, le naufrage des Etats-Unis, et puis il y a ceux qui s'en foutent, et qui pensent que tous les politiciens sont des corrompus et des affairistes. Le tout exhale une impression de vide spirituel, de morne ennui,  d'inculture crasse. C'est la version cheap du rêve américain, l'esprit pionnier qui n'a plus rien à défricher. Certaines séquences sont effarantes, comme cette jeune mère déclarant qu'elle aimerait bien assister à une exécution capitale que cela constituerait pour elle "une expérience"... Ce qui est troublant dans ce film c'est aussi que même les individus qui sont farouchement anti-Trump ont quelque chose d'effrayant. Et puis toujours ce rapport sidérant aux armes, à la bible... J'avais déjà remarqué ça dans le film de Werner Herzog " Into the Abyss" qui porte si bien son nom. Le dernier plan du film "America" montre un train transportant des tanks, surement à destination de l'Irak. C'est un plan fixe très impressionnant car il dure tant que le train passe. Et les trains sont très longs aux États unis d'Amérique.

lundi 1 avril 2019

Dans le flottement des pensées confuses


Voilà,
Un moment d'inattention, tu poses, sans ton rendre compte ton smartphone sur un endroit inapproprié. Combustion lente, une odeur terrible. Tu es à côté. Heureusement tu es à côté. Tu comprends vite. Tu évites la catastrophe. Le possible court-circuit, l'incendie. L'odeur ne te quitte pas de la journée. Odeur tenace et toxique dans tes narines, tes poumons. Qui sait le lent ravage que peut-être elle commence à y propager. Toute la journée tu y repenses. Et si tu t'étais absenté, éloigné  de sorte que tu ne te rendes compte de rien dans l'immédiat ? Une journée commencée avec l'enchantement du premier merle qui aurait pu mal tourner. À cause d'une négligence, plus précisément d'un geste absurde, inadéquat, irréfléchi, et au fond complètement con, comme de laisser un fer à repasser chaud sur un vêtement. Ce qui te tourmente c'est que tu n'aies pas un instant songé que cela pouvait être dangereux, c'est ce relâchement qui heureusement n'a pas prêté à conséquence. Toute la journée tu n'as cessé d'y songer.
Le soir tu vas voir le film "Still recording". Évidemment ça relativise les choses. Avec cette scène finale terrible parce que d'une atroce banalité. Et aussi au milieu du film cette fille très belle qui dit qu'elle trouve tout ce chaos réjouissant. La guerre dans les faubourgs de Damas, et puis le centre ville où l'on vit relativement normalement. Et la possibilité de passer d'un endroit à l'autre pour peu que l'on parvienne à franchir les check-points.
Après la projection cette sensation de malaise dans la station de métro. Parce que ce monde en paix semble si vide, si artificiel, si dénué de beauté et d'élévation. Mais il demeure encore si désirable pour tous ceux qui fuient la misère et les zones de guerre. Pourtant, sous nos latitudes, on sent bien que la paix n'est pas dans les cœurs. Les émeutes hebdomadaires et la répression policière qui s'y rapporte, l'attestent. Quand un pouvoir politique refuse d'écouter le peuple qui l'a élu et se crispe à la moindre contestation, nul ne sait ce qui peut advenir.
Sur le quai, j'ai repensé à cette photo d'un homme riche et cultivé dans les ruines de son appartement d'Alep, et j'en ai pris une autre juste pour faire le point sur une fraction de seconde traversée d'idées confuses.
(linked with our world tuesday )

dimanche 31 mars 2019

En pensant à Agnès Varda


Voilà,
cette semaine, je suis passé non loin des anciens entrepôts frigorifiques ferroviaires, situés dans le treizième arrondissement de Paris. Suite au déménagement des halles au début des années 70, ce lieu est devenu une friche industrielle. Dans les années 80 l'endroit a été investi par des artistes qui squattaient là. Je me souviens y avoir répété un spectacle il y a bien longtemps. Il y a un historique assez précis du lieu sur le site suivant. Je ne passe pas souvent dans les parages, mais apercevant cette fresque j'ai immédiatement pensé à ce rendez vous avec le site monday mural. A ce propos, la cinéaste Agnès Varda, décédée vendredi dernier, réalisa en 1980 un film sur les murs peints de Los Angeles intitulé "Murs, murs", et l'un de ses derniers films associe le street painter JR qui conçoit d'immense trompe-l'œil en milieu urbain. Agnès Varda, habitait non loin de chez moi, dans une rue où je vais souvent faire mes courses et au sujet de laquelle autrefois elle avait réalisé un documentaire intitulé "Daguerréotypes". Depuis l'annonce de sa disparition, les habitants du quartier, et les amoureux du cinéma lui rendent hommage déposant des bouquets de fleurs devant sa maison aisément reconnaissable à sa façade rose et où vécut aussi son époux Jacques Demy, le réalisateur des "demoiselles de Rochefort". 

vendredi 29 mars 2019

Au bord de l'étang


Voilà,
pour les raisons évoquées dans la précédente publication, il m'arrive désormais de vadrouiller dans les bois et forêts de la région parisienne. J'y retrouve la joie enfantine du pédalage à bicyclette qui pourrait peut-être me délester de quelques kilos. Le plaisir aussi de marcher au bord d' un étang, car comme dirait Heidegger "penser l'Être comme être de l'étang c'est oublier l'Être".
Oui, bon, je le concède c'est un jeu de mots facile qui ne réjouit que moi. En outre il s'avère tout à fait intraduisible pour mes correspondants étrangers.
Bien qu'elle ranime parfois de lointains souvenirs, la nature ne m'inspire guère. Mais, ce héron assez cool qui prenait la pose je fus tout de même très content de le photographier. D'ailleurs à ce propos, j'en profite pour mettre en lien ce site sur la présence des oiseaux en milieu urbain qui m'a été communiqué par Christine Saint-Geours dont je recommande aussi le blog (linked with weekend reflections)

jeudi 28 mars 2019

Surprise



Voilà,
je n'ai plus grand chose à dire. Le peu que j'ai à raconter ne trouve pas de forme satisfaisante. Toutefois il me reste encore beaucoup à montrer. L'impérieuse recommandation de "faire de l'exercice" que m'adressent les médecins, me conduit à devoir marcher plus longtemps que je ne le souhaiterais, quand je préfèrerais plutôt rester au lit. Aussi pour me distraire et agrémenter ces sorties, je ne me déplace jamais sans de quoi photographier. Parfois, une promenade peut offrir la surprise d'une troublante apparition. Comme cette jeune japonaise par exemple, baignant dans une lumière singulière qui jouait du shamisen sous un pont de Paris. (linked with the weekend in black and white)

mercredi 27 mars 2019

Visiteurs de ce temps


Voilà
Nous sommes tous des visiteurs de ce temps de ce lieu
nous ne faisons que les traverser
Notre but est d'observer de grandir d'apprendre et d'aimer
après quoi nous rentrons à la maison
(proverbe aborigène)

mardi 26 mars 2019

Dépaysement


Voilà,
c'était dimanche dernier, une journée douce à marquer d'une pierre blanche. Me promenant sur ce quai de Seine où je viens rarement, car en général à cette hauteur du fleuve, je vaque plutôt sur l'autre rive, j'ai, sous le pont de la Concorde, quai des Tuileries et alors que l'après-midi tirait à sa fin, éprouvé l'envie de faire une photo vraiment, touristique comme j'aurais pu le faire si j'avais été étranger à cette ville. Il y a parfois de soudains moments de dépaysement comme cela où on l'on pense "c'est bon c'est bien".  En hébreu on dit juste sababa. linked with skywatch friday

lundi 25 mars 2019

Un étrange animal


Voilà,
il y a quelques jours, non loin de chez moi, dans un jardin sauvage, j'ai aperçu ce fauve errant paisiblement dans le paysage ; je n'ai pas eu peur.
(Linked with monday murals)

samedi 23 mars 2019

"Sur le boulevard des villes"


Voilà,
"qui n'a pas rêvé en flânant sur le boulevard des villes, d'un monde qui, au lieu de commencer avec la parole, débuterait avec les intentions. 
(René Char in "Lettera amorosa")

mardi 19 mars 2019

La Guitare au fond de la librairie


Voilà,
tous ces problèmes dont il avait remis l'examen à "plus tard", supposant que plus tard il serait en mesure d'y remédier parce qu'il aurait alors plus d'argent et plus de latitude dans sa vie, eh bien, ils se posaient à présent avec une tranchante acuité. "Plus tard" avait bien fini par arriver et s'était transformé en "maintenant" sans que son ciel ou son horizon ne fussent pour autant dégagés. Apercevant la guitare, posée sur un fauteuil au fond de la librairie, Corentin Bouillet avait alors regretté de ne pas avoir appris à en jouer dans sa jeunesse. Il aurait aujourd'hui, la possibilité comme tant d'autres, de passer de wagon en wagon dans le rames de métro pour y chanter, s'accompagnant de son instrument, des airs des années soixante-dix en espérant glaner quelque menue monnaie.  (Linked with Our world tuesday)

dimanche 17 mars 2019

Brut et sauvage


Voilà,
Plaine Saint Denis, station "Stade de France" de la ligne du RER D, sur une passerelle que j'ai empruntée pour la première fois mercredi dernier, ces quatre figures peintes colorent le morne quotidien des foules laborieuses qui chaque matin descendent ou transitent par là. Elle voient aussi passer les hordes plus joyeuses et sans doute plus excitées de spectateurs venant certains soirs en masse au stade assister à un match ou un concert. L'aspect brut et sauvage de ces grosses têtes, chacune avec ses deux paires d'yeux, m'a bien plu. On est loin des fresques cinétiques à la Vasarely dont ont supposait dans les années 70, qu'elles orneraient notre futur. À ce propos, le Centre Pompidou présente en ce moment une rétrospective des œuvres de ce peintre, dont une fresque s'étire sur un des murs de la gare Montparnasse, comme la trace d'un vieux rêve d'avenir. (Linked with Monday mural)


Regardant ces paysages urbains je ne peux m'empêcher de songer aux civilisations anciennes, et à tout ces menus détails quotidiens dont il ne reste plus rien. Tout est voué à disparaître. J'ai lu dans un livre que le mot "Dustceawung"  en vieil anglais signifie "contemplation de la poussière"

jeudi 14 mars 2019

Ce Livre-là


Voilà,
j'en ai publié des extraits ici et , mais je n'ai jamais raconté mon étrange rencontre avec "Le stéréoscope des solitaires", ce livre de Rodolfo Wilcock qui fut une des belles surprises de ma vie. Cela remonte au début des années quatre-vingts. Lors d'un été à Châteaudouble, j'avais lu dans un supplément littéraire un article sur un écrivain polonais, auteur de récits brefs et absurdes. Je ne l'avais pas immédiatement noté, supposant que je retrouverais sa trace. Quelques mois plus tard, un peu avant Noël — nous avions coutume de faire des listes de cadeaux avec Agnès — et j'avais dû préciser à son intention "livre d'un écrivain polonais qui écrit de très courtes nouvelles.", ce qui j'en conviens était bien vague. Elle avait alors demandé Jean-Marie Lhôte, un ami de sa famille, qui travaillait à l'époque au Musée des art-décoratifs, si ça lui disait quelque chose. C'est lui qui l'a mis sur la piste de Wilcock qui n'a rien de polonais puisqu'il était italo-argentin. Lorsque je déballai le livre, je fus évidemment surpris, cela ne m'évoquait rien, mais feuilletant les pages, je compris immédiatement que c'était le livre que j'attendais, que nous devions nous rencontrer, lui et moi.

mercredi 13 mars 2019

Animateur d'une chaîne de radio culturelle


Voilà, 
une journaliste évoque à la radio l'acidité croissante et irréversible des océans de la planète. Dans moins de cent ans, c'est à dire à l'échelle d'une génération (les enfants nés aujourd'hui seront directement concernés) cela prendra la dimension d'une catastrophe. Pendant ce temps là, au mépris des auditeurs, et aussi de sa consœur, et comme si tout cela n'avait ni de sens ni d'importance, l'animateur vedette de cette tranche horaire s'amuse avec un jouet sonore dont le bruit à l'antenne parasite l'écoute. En d'autres temps cette désinvolture aurait été le signe d'un manque de professionnalisme. Aujourd'hui elle est simplement la marque de la Bêtise qui, en toute impunité, prétend s'ériger en Style.

dimanche 10 mars 2019

Murs de Malaga


Voilà,
je me souviens de ce séjour à Malaga, placé bien évidemment sous le signe de Picasso mais aussi des nombreux murs peints de cette ville. J'étais assez chagrin, à l'époque, mais la merveilleuse compagnie de ma fille, si douce enjouée et réconfortante, la présence de ma cousine et de son époux et bien sûr le charme de la ville ont allégé ce séjour dont j'ai à présent une certaine nostalgie. C'était si bon de manger des tapas sous le soleil d'Octobre  devant le grand marché couvert, et d'entendre ma fille parler en espagnol. Et aussi de boire de la vraie sangria (Linked with Monday mural  T stands for tuesday)

samedi 9 mars 2019

Leathermen




Voilà,
ça fait trente ans aujourd'hui que Robert Mapplethorpe est mort. Cette photo constitue juste un clin d'œil et ne se prétend aucunement une imitation. Comme il aimait bien les gays en cuir, qu'il en a en photographié pas mal et s'est souvent autoportraituré avec des vêtements et des accessoires SM,  il m'a semblé que ces deux là qui, lors de la Gay Pride de 2012, paradaient sur un char des gays et lesbiennes d'EDF, GDF (comme quoi on ne sait jamais trop qui vient relever les compteurs), étaient tout à fait appropriés pour illustrer cette publication.
Ils me font en outre, bien qu'ils ne leur ressemblent pas, songer à Hugues Autexier et François Braunschweig, qui furent les premiers à exposer à Paris ce photographe. Je les avais rencontrés un soir chez Jacques Nolot qui nous avait, Agnès et moi, invités à diner en leur compagnie. A l'issue de cette soirée, Agnès qui, n'était pas du genre narcissique ou autocentrée, m'avait tout de même confié qu'elle avait eu la désagréable impression d'être totalement inexistante à leur yeux. Ils faisaient en effet partie de cette catégorie de  gays-cuirs, obstinément virilistes, obsédés par les grosses bites et les pectoraux et captivés tout autant par la force que par la violence, et fort peu intéressés par la féminité. Tous deux se ressemblaient, et cheveux ras barbe négligée et petite moustache cultivaient cette apparence gémellaire, au point que pour ma part, je fus souvent par la suite incapable de les distinguer l'un de l'autre lorsque je les croisais. Mais bon j'ai toujours été plus ou moins prosopagnosique, je ne le savais pas encore à l'époque.
J'appris par la suite qu'ils s'étaient connus adolescents, avaient ensemble fréquenté le séminaire de Barthes (F. est d'ailleurs le dédicataire des Essais Critiques) et vécu ensemble 23 ans d'une indéfectible amitié. Il existe un livre intitiulé "Épine du bazar de la Charité" écrit par Hugues Autexier, mais j'ignore s'il s'agit de la même personne et ce que cela raconte.
Ce soir là, c'était surtout moi qui les intéressait, non en raison les sus-dits attributs, ou d'une inclination partagée, mais parce que travaillant alors dans une grande institution culturelle, j'étais à même de leur fournir un listing récent de journalistes et critiques spécialisés dans la photographie.
Tous deux de famille bourgeoise, disposant d'un capital certain, et non dénués du sens des affaires, ils avaient, dans un premier temps acquis au cours des années 70, dans une boutique qu'ils tenaient aux puces de Saint-Ouen des plaques photographiques en verre de primitifs français, tels Charles Nègre, Le Gray, mais aussi des photos anonymes qu'ils s'étaient procurées pour presque rien et revendaient un bon prix. Ils avaient peu à peu constitué une collection singulière et conséquente.
 La première exposition dans leur galerie Texbraun située rue Mazarine, juste derrière l'Académie Française, eut lieu en 1980 et rassemblait des tirages papier réalisés à partir de plaques photographiques représentant des malades mentaux dans différentes attitudes sans doute afin d'établir à la fin du XIXème siècle une classification des maladies relevant de la psychiatrie. Plus tard, dans les cinq années qui suivirent, ils furent les premiers à présenter en France, Joel-Peter Witkin (ce qui n'est tout de même pas rien), MapplethorpePierre et Gilles ainsi que bien d'autres artistes intéressants et novateurs. Ils avaient indiscutablement un goût sûr et audacieux. Hélas, l'aventure de la galerie fut trop brève. Comme bien des "leathermen" qui partageaient les goûts SM, et pratiquaient dans des clubs tels que le Bronx rue Saint Anne, le Keller dans la rue du même nom —très prisé à l'époque — ou le Manhattan, le Daytona, le B.H., évoqués dans son premier livre "Tricks" par Renaud Camus (devenu depuis un auteur d'extrême droite très moralisateur souvent taxé d'antisémitisme mais jamais condamné par la justice), Autexier et Braunschweig contractèrent assez vite le SIDA. François Braunschweig mourut au printemps 86, et Hugues Autexier se suicida six semaines plus tard. J'ai retrouvé sur le net, une photo dont je ne connais malheureusement pas l'auteur qui les représente tous les deux, François de profil et Hugues de face.


Sinon à part ça, le forsythia, commence à fleurir sur mon balcon, c'est une des floraisons les plus précoces depuis que je tiens ce blog

mardi 5 mars 2019

Il y a des lumières dans la ville


Voilà 
certains faits me semblent devoir être pris en considération.
Il y a encore des lumières sur la ville.
Les churros sont une nourriture très grasse.
Il m'est arrivé quelquefois de manger  des churros, il y a longtemps, sur des plages.
Le mot zapping est apparu pour la première fois en France en Avril 86 dans le journal Actuel.
Le capitalisme a jusqu'à présent une résilience extraordinaire face aux désastres de tous ordres.
J'aime bien cette phrase que j'ai lue dans un quotidien elle a été écrite par Jean Baptiste Fressoz.
Sauf que c'est moi qui ai rajouté "jusqu'à présent" car après tout, même l'empire romain a fini par s'écrouler.
L'empereur Vespasien a instauré des toilettes payantes, on lui doit la maxime "l'argent n'a pas d'odeur"
Les urinoirs de la cinémathèque française sont légèrement trop hauts.
Plus de 6000 épaves de bateaux coulés pendant la seconde guerre mondiale gisent au fond des océans.
Les épaves de ces bateaux contiennent du fuel, le sel corrode l'acier des bateaux, le fuel finira bien par se répandre.
Quand vient l'automne à Paris une feuille de bananier met plus de temps à s'épanouir que lors des chaudes journées d'été.
Parfois sur la page imprimée je ne vois plus les mots mais des petits insectes morts.
J'écris pour trouver ce que je pense, pour comprendre ce que je pense, pour aller vers ce que je pense.
Ça ne marche pas toujours.
Il y a du coq-à-l'âne dans cette publication.
Sur le mont Rushmore dit-on habitaient les esprits sioux.
C'est là que les américains ont sculpté les têtes de quatre de leurs présidents.
Quand je voyage seul en train je me retrouve toujours assis à proximité de gens laids et antipathiques.
Les dysfonctionnements se multiplient dans la ville.
Cette année la fonte des glaces de l'Antarctique est six fois plus rapide qu'il y a quarante ans ce qui augmente considérablement le niveau des océans.
L'union Européenne est l'otage de l'Oligarchie bancaire.
Dans les démocraties modernes les peuples sont manipulés mais lorsqu'ils s'en rendent compte c'est trop tard.
je ne parviens pas à éprouver la moindre compassion pour Carlos Ghosn. C'est un méchant avec une tête de méchant.  
La terre connaît le plus haut taux de gaz à effet de serre depuis vingt millions d'années. 
Quand la sortie du wagon de métro est encombrée et que tu t'excuses parce que tu veux y accéder il est fréquent que les gens ne t'entendent pas parce qu'ils ont des écouteurs sur les oreilles.
On est dans l'âge de la déshumanisation consentie.
La journée du 27 février 2019 a été le plus chaud 27 février jamais enregistré sur la France.
Je n'avais jamais entendu parler du groupe Prodigy dont le leader s'est suicidé hier.
Des merles chantent encore au petit matin dans le quatorzième arrondissement de Paris.

dimanche 3 mars 2019

Dormir pour oublier (27)


Voilà,
Quelques heures après que notre président vêtu d'un jean et d'une veste de cuir ait accompagné une maraude nocturne dans les rues de Paris, pour aller à la rencontre des sans-abri, une femme a publié le 26 février ce message sur un réseau social de couleur bleue. Après vérification il me semble suffisamment pertinent et digne d'être relayé : "Juste avant son élection, Macron est venu dans le centre d'hébergement dans lequel je travaille en tant qu'éducatrice. Il a promis du soutien juridique et des solutions rapides d'hébergement, à celles et ceux qu'il croisait. Les hébergés y ont sincèrement cru, bien sûr. Deux ans plus tard, lui et son gouvernement décident de la suppression de 57 millions d'euros des budgets des CHRS (Centres d'Hébergement et de Réinsertion Sociale). Nous avons perdu des postes de salariés, vu s'accroître notre charge de travail et constaté logiquement une perte de qualité dans l'accueil des publics en difficultés. Et au delà de nos murs, les contrôles des chômeurs, des sans papiers, des allocataires ont été renforcés. La pression sur ceux qui subissent la misère ne cesse d'augmenter chaque jour. La démagogie du pouvoir est abjecte. Enfiler un jean et une veste en cuir ne suffira pas à arrêter les mort.e.s des rues.  Nombreux sont celles et ceux qui dorment dehors, enfants, jeunes, femmes enceintes, handicapés psychiques. Hiver comme été, la rue tue. L'hébergement est insuffisant. Trop peu de logements sociaux. Sans parler des logements vides La responsabilité n'est pas à celles et ceux qui subissent la misère et la précarité. Elle incombe seulement à l'Etat, qui détruit aujourd'hui méthodiquement toute solidarité et protection sociale" (Marieau Palacio)

vendredi 1 mars 2019

Se débarrasser des vieilles choses

.
Voilà
"... de même que j'avais du mal à me débarrasser des vieilles choses (...) de même avais-je du mal à effacer les numéros devenus obsolètes, comme s'ils allaient brusquement renaître et resservir, comme si tout ce qui appartenait au passé n'était qu'endormi et destiné, non seulement à reprendre la vie, mais à se substituer aux vies qui l'avaient remplacé." (Philippe Lançon in "Le Lambeau") Linked with the weekend in black and white

mardi 26 février 2019

A Rainy Day


Voilà,
j'ai au cours des années accumulé sur ce blog, des fragments, des brouillons, et même programmé de nombreux textes, en plus de ceux qui ont déjà été publiés. Certains jours j'ai la tentation de puiser là-dedans pour les mettre en ligne. Mais je m'aperçois alors qu'ils sont d'une noirceur, d'un pessimisme, et parfois même d'un désespoir tout à fait indécents. C'est surtout l'accumulation de ces sombres pensées et le ressassement devant quelque chose que tout le monde sait, tout en feignant de l'ignorer, ("on va vers le pire") qui me terrifie. Je suis donc ainsi ? j'en suis arrivé là ? Je ne crois donc plus en rien ? Enfin s'il ne s'agissait que de ça, je pourrais m'en accommoder. Suis-je donc cet être morbide et surtout lugubre ? Où est passé mon humour, mon mauvais esprit ? Il y a vraiment un clivage entre l'être parlant que je suis et celui qui écrit. J'aime plutôt déconner, dans la vie courante. Quand je fais l'acteur, j'ai plutôt tendance à chercher le comique d'une situation ou d'un texte. Au théâtre la tragédie m'exaspère. Les pièces de théâtre que j'ai écrites étaient certes d'un humour assez noir, mais elles avaient le mérite d'être drôles et distrayantes. Je ne comprends pas pas pourquoi, tout est si sombre dans ces billets.

Bien sûr vieillir n'aide pas. C'est chiant de sentir qu'on s'approche du bord. On compte ses douleurs, tout est plus laborieux, on laisse passer des fautes d'orthographe, on a du mal à trouver ses mots, on retrouve plus les noms, on ne reconnaît pas les visages, on cherche ses lunettes, quand t'es un mec, pisser n'est plus un acte léger et désinvolte, tu deviens forcément plus prudent, tu t'accroches à la rampe de l'escalier, tu ne cours plus après les bus, tu comptes de plus en plus de morts parmi tes connaissances, les conversations avec les gens de ta génération sont souvent casse-couilles parce qu'inéluctablement vient un moment ou l'on parle de la santé, tu as des médicaments dans toutes les pièces, tu perds tes dents tu perds tes cheveux. Quand il fait chaud la chaleur t'accable. Avant quand tu allais au cinéma dans la journée il n'y avait que des jeunes, maintenant que des vieux, comme toi. Tu es de plus en plus distrait. Après avoir quitté l'appartement te voilà sans certitude. As tu bien fermé, as tu éteint l'ordinateur ? Pourquoi n'as tu pas pris le chargeur de téléphone ? Tu as parfois des réactions que tu aurais qualifiées de réflexes de vieux cons en d'autres temps devant la bêtise arrogante et l'ignorance de certains jeunes gens. Tu ne connais plus les chanteurs à la mode, tu ne te rends pas compte que quand tu regardes les filles dans la rue tu n'as plus leur âge et que tu pourrais passer pour un vieux pervers. Parfois tu croises des vieilles copines que tu reconnais à peine tant elles ont changé — il y a longtemps vous échangeâtes vos fluides — et elles t'annoncent toutes guillerettes qu'elles sont grand-mères et que c'est vraiment formidable. La nuit il t'arrive de rêver que tu interceptes le ballon, que tu fais une belle percée et que tu aplatis entre les poteaux et tu te réveilles perclus de rhumatismes. Tu enrages souvent de ne pas pouvoir être suffisamment en forme physique pour aller manifester ta colère contre ceux qui gouvernent et te joindre aux émeutes. Une grippe te fait flipper, les tâches ménagères te sont de plus en plus pénibles, tu procrastines souvent et t'exaspères pour pas grand chose. Ce que tu as déjà dit ou écrit, tu ne t'en souviens pas toujours, autrement dit tu radotes, et si tu es chez toi tu fais de trop longues siestes et après une journée dehors tu as besoin de piquer un petit roupillon à peine rentré. 

En fait c'est ça le problème. Ce n'est pas d'être pessimiste quand on l'a toujours été. C'est d'être vieux et qui plus est, pessimiste par ces temps de grand désastre rampant. Le problème c'est de devoir s'apprêter à un horizon misérable dans une civilisation autodestructrice et agonisante et de ne pouvoir espérer laisser un monde meilleur à son enfant. Et puis le temps manque pour faire tout ce qu'on souhaite entreprendre. L'énergie décroît autant que l'intérêt que l'on suscite au regard des autres. Heureusement il y a toujours des enfants qui, dans la rue chantent "il pleut il mouille c'est la fête à la grenouille". Non que cela soit rassurant, mais l'émotion persiste tout de même en entendant par hasard une vieille comptine. (Linked with weekend reflections)

lundi 25 février 2019

La vie commence demain


Voilà,
Il y a quelques années Agnès de Cayeux m'a procuré une version pirate de "la vie commence demain" de Nicole Védrès. Lorsque j'ai vu la photo sur la pochette, j'ai pensé qu'il y avait un air de famille avec Dominique qui était la nièce de Nicole Védrès. Agnès m'a expliqué que ce n'était pas une photo de la réalisatrice, mais un photogramme que Chris Marker (pour lequel elle nourrit une passion sans limite) avait réalisé pour en faire la couverture du DVD qu'il avait lui-même numérisé parce qu'il en avait été autrefois le monteur. Comment ma camarade Agnès de Cayeux. a pu avoir avoir cet objet entre les mains, je ne sais plus. Elle me l'a expliqué, mais je n'ai pas compris. Parfois, j'ai l'impression, quand elle me parle, qu'Agnès de Cayeux, fort sympathique au demeurant, s'exprime dans une langue étrangère. Elle fait des ellipses, s'attarde sur des détails, fait des digressions, et surtout pense comme si on était depuis longtemps dans sa tête. Bref, la personne sur cette photo est Dominique Chautemps-Tiry, très jeune, elle n'a pas vingt ans puisque le film où elle fait une petite apparition est sorti en 1949. Regardant attentivement cette image, je retrouve le regard d'une autre Agnès, sa fille. Dominique a quitté ce monde il y a tout juste sept ans, le jour anniversaire d'Agnès. J'ai mis une fois en ligne une photo où on les voit toutes les deux.  

vendredi 22 février 2019

Ushu, Kalam Hôtel


Voilà,
je m'aperçois que je n'ai jamais publié la photo ni raconté l'histoire du Kalam hôtel, alors que c'est l'un de mes plus marquants souvenirs de ce voyage au Pakistan en Aout 1993. Pascal, Catherine, sa future épouse, et moi, arrivons en fin d'après-midi à Ushu tout au fond de la vallée de Swat dont on dit alors, qu'elle est la Suisse du Pakistan (à présent, elle est administrée par les talibans). Nous avons voyagé dans une voiture de l'ambassade de France conduite par un chauffeur d'origine Afghane, ancien professeur de français exilé de son pays suite à l'invasion soviétique. Il fait déjà très sombre car le soleil a disparu derrière les montagnes himalayennes qui enserrent le fond de cette vallée. Ushu se trouve à 2300 mètres d'altitude et les sommets qu'on peut apercevoir alentour culminent dans les 5000 à 6000 mètres. A l'entrée de l'unique hôtel du village une pancarte écrite à la main indique "Safe place" Et en effet, l'endroit semble sécurisé, puisque, accroupi à l'entrée, un Pasthoun enturbanné monte la garde, sa Kalash en bandoulière. Nous prenons possession de nos chambres : celle du chauffeur au rez-de-chaussée avec une petite terrasse donnant sur le torrent que l'on peut apercevoir sur l'image et pour Pascal son épouse et moi la "Suite" une vaste chambre située sous les toits. Il est probable, si l'on en juge par l'architecture que cet hôtel a été autrefois construit par les anglais lorsqu'ils occupaient encore le Pakistan. Une fois nos affaires déposées nous nous retrouvons sur la terrasse de la chambre du chauffeur pour y boire un petit verre de Champagne, car les diplomates voyagent toujours avec leur glacière dans le coffre. Puis quand l'obscurité se fait trop dense et que l'air fraîchit nous nous dirigeons vers la salle à manger emplie de Pashtouns. Il n'y a pas d'électricité, et c'est à la lueur de lampes-tempête de contrefaçon (il y est inscrit made as in germany) que nous commençons notre dahl de lentilles aux épices. Nos verres ressemblent à ceux bien connus des cantines de notre enfance. "Duralec made as in Franc" est gravé sur chacun d'entre eux. Certes le moment est insolite, mais il manque quelque chose. Je remonte dans la suite pour y extraire de la glacière un Chinon rouge de chez Jean-Claude Bougrier que je débouche et ramène discrètement dans un pull. Il est très bon, et la circonstance le rend encore meilleur, puisque nous le buvons avec discrétion, quasi clandestinement. Le moment a quelque chose de magique et de puissant, et même notre chauffeur en goûte aussi. Et c'est là que je comprends que vivre ce moment était la raison de ce voyage. Que c'est là en quelque sorte la destination que j'ignorais. La nuit qui suit est étrange. A cause du vacarme du torrent et en dépit de la fatigue du voyage, j'ai du mal à m'endormir. Il y aura un peu d'agitation dans mon sommeil. Le lendemain, je fais une longue promenade au cours de laquelle je photographie une ravissante mosquée en bois que j'ai déjà évoquée il y a quelques années. Mais de ce repas partagé il ne reste d'autres images que celles qui se sont déposées dans ma mémoire et le souvenir d'une suite d'instants presqu'irréels. (linked with the weekend in black and white

mercredi 20 février 2019

Tristesse


Voilà,
juste la sensation de n'être qu'une ombre parmi les choses un fantôme bientôt
Il existe en sanskrit le mot Dukka pour exprimer 
l'impression d'impuissance d'inutilité sur cette terre et de frustration mêlées
les jours se suivent et ne se ressemblent pas

mardi 19 février 2019

Soleil au jardin du Luxembourg


Voilà,
hier, j'ai traversé le jardin du Luxembourg. Il y faisait un petit air de printemps à cause du ciel bleu et du soleil. Le fond de l'air était encore frais, mais il y avait de la douceur et beaucoup de gens pour profiter de la lumière qui nous fait défaut depuis longtemps. D'ailleurs aujourd'hui est de nouveau gris. Je n'ai pas pu m'empêcher de prendre des cadres que j'ai déjà pris des dizaines de fois. Mais bon ce parc est mon pays, c'est mon point d'ancrage dans cette ville. Je l'ai traversé pour aller aller au collège, j'y ai eu mes premiers rendez-vous amoureux. J'y ai même passé autrefois une nuit à la belle étoile, bravant un interdit. J'y étais quand les étudiants de l'École des Beaux-Arts s'étaient en mars 72 baignés dans le grand bassin. Pendant quelques jours le parc avait été fermé et la flicaille en interdisait l'accès à ceux qui avaient entre quatorze et quarante ans et qui n'accompagnaient pas un enfant en bas âge. Maxime Le Forestier avait écrit une chanson à ce propos. Évidemment, beaucoup de jeunes barbus, de gars aux cheveux longs, de filles en jeans et en chemise indienne se sont improvisées baby-sitter pour le seul plaisir de passer hilares devant les gardiens qui ne pouvaient rien trouver à y redire J'y ai beaucoup lu, beaucoup marché, j'y ai perdu une paire de Ray-ban, je suis venu là pour apaiser des colères ou des agacements, plus tard j'y ai accompagné les filles de Delphine, puis ma fille, je l'ai promenée en poussette, je suis allé au parc de jeux avec elle, je l'ai regardé tourner sur des manèges, je l'ai encouragée au pied de la toile d'araignée, des toboggans, des murs d'escalade. A présent c'est elle qui s'y retrouve avec ses copains et ses copines... J'étais content d'être là, de me promener. D'être surpris par l'image de ce couple avec ses ballons. D'apercevoir au loin le Panthéon. Bientôt les arbres retrouveront leurs feuilles. C'est le moment de l'année que je préfère dans ce jardin si cher à mon cœur (Linked with our world tuesday)


lundi 18 février 2019

La vie continue en moi


Voilà,
"La vie continue et moi, certains matins, lassé du bruit, découragé devant l'œuvre interminable à poursuivre, malade de cette folie du monde aussi qui vous assaille au lever dans le journal, sûr enfin que je ne suffirai pas et que je décevrai tout le monde, je n'ai que l'envie de m'asseoir et d'attendre que le soir arrive. J'ai cette envie, et j’y cède parfois".  écrivit un jour Albert Camus (in Carnets III 1951-1959). Moi aussi, bien que je ne sois pas philosophe, j'ai de plus en plus tendance à y céder. Mais parfois, la contrainte d'un engagement que l'on regrette d'avoir contracté vous impose de sortir, d'aller au devant du monde et il suffit d'une fraction de seconde pour découvrir que cette journée méritait qu'on s'y attarde. Finalement, il en faut peu, à ceux que démange le prurit de la photographie. Ce sont des âmes simples, un peu comme les idiots du village. Un rien, une apparition qu'ils pensent à eux seuls destinée, les ravit et les émerveille. J'en suis, et ça me va. (Linked with weekend reflections)

dimanche 17 février 2019

Comme autrefois nos lointains ancêtres


Voilà, 
j'avais remarqué ce dessin sur un mur de la municipalité de Saint-Cast-le-Guildo, station balnéaire bretonne où j'avais passé quelques jours durant l'été 2017. Qu'on pût peindre ou dessiner un cheval sur un mur au XXIème siècle (putain on est déjà au XXIème siècle !!!), tout comme le faisaient nos ancêtres il y a 35000 ans sur les parois des grottes m'avait alors ému. (Linked with Monday murals)

mardi 12 février 2019

Dormir pour oublier (26)


Voilà,
je me souviens avoir pris cette photo le 21 janvier 2018, Boulevard Haussmann non loin de la station de métro Saint Augustin alors que je me rendais à la chapelle expiatoire de Louis XVI pour voir à quoi ressemblaient les gens qui honoraient la mémoire du Capet. 
Cette photo est choquante. Le fait de l'avoir prise est choquant. Le fait de ne pouvoir échapper à ces situations plusieurs fois par jour est choquant. J'avais alors appelé le 115, j'avais attendu longtemps, car c'était un dimanche matin. On m'avait répondu que mon appel était pris en considération, et lorsque je suis repassé deux heures plus tard rien n'avait changé. La vieille dame abandonnée était encore là.
L'année dernière notre président avait fanfaronné qu'il n'y aurait plus une personne sans domicile dans les rues. On sait depuis Charles Pasqua, que "les promesses n'engagent que ceux qui y croient", et je soupçonne qu'il n'y avait pas grand monde pour gober ce bobard. 
Le collectif "les morts de la rue", rappelle que tous les ans environ 500 personnes meurent dans ces conditions.
Ce qui est difficile à admettre et particulièrement démoralisant c'est de se sentir gagné par l'inhumanité ambiante comme si cela pouvait nous préserver du sentiment d'échec que suscite toute cette vulnérabilité qu'on est incapable de soulager

dimanche 10 février 2019

La Fresque du Boulevard de la Chapelle


Voilà,
j'ai pris cette photo samedi soir dans ce quartier pourri que je déteste qui est le boulevard de la Chapelle dans le 18 ème arrondissement non loin de la station de métro Stalingrad. Surplombant un jardin partagé urbain aménagé de façon provisoire et sans doute pour égayer l'endroit, une fresque a été commandée à l'artiste Lazoo. Né à Paris en 1969 Lazoo a débuté sa production picturale en 1986. L’artiste a pour sources d’inspiration principales l’univers de la bande dessinée et de la musique. Il utilise des pochoirs pour recouvrir les murs, avant de se tourner vers d’autres techniques : bombe, pinceau et marqueurs sur toile. Cofondateur des rencontres internationales Kosmopolite, Lazoo a exposé en Allemagne, au Japon, en Indonésie, aux Etats-Unis ou encore en Afrique du Sud. (linked with Monday murals)

jeudi 7 février 2019

Maraîchers à Londres


Voilà,
celle-ci je l'ai prise à Londres vers 1976, (mais alors je ne me souviens plus du tout dans quel quartier) je crois à la même époque que celle-ci que j'aime tant ou bien encore de celle-là qui ne me déplaît pas non plus. Je faisait de la "street photography" de façon assez innocente, sans trop demander l'autorisation, en tout cas pas aux adultes qui avaient des têtes de con. Bon celui-là semble assez clairement manifester un certain mécontentement. 
En 1976, le Royaume-Uni avait fraîchement intégré l'union européenne. Les britanniques, qui veulent s'en retirer à présent, semblent avoir oublié la misère dans laquelle se trouvait leur pays à l'époque. Je me rappelle les pauvres dormant sur les bouches de chaleur de Charing Cross station, les kilomètres de rues dévastées, comme après un bombardement, la déshérence de certains quartiers tel Brixton et la rive sud de la Tamise, une ville où tout était fermé après 10 heures du soir. On peut penser ce qu'on veut de L'Union Européenne, mais le pays s'est enrichi grâce à elle et des villes comme Manchester, Liverpool et Londres bien sûr ont profité de la manne européenne. En même temps les britanniques n'ont cessé de mégoter, de réclamer des aménagements toujours plus favorables de négocier un statut particulier au prétexte de leur insularité, pour avoir le beurre et l'argent du beurre. Aujourd'hui certains britanniques commencent à comprendre que les partisans du Brexit peu scrupuleux n'ont cessé de leur mentir, de promettre des choses impossibles, et s'ils revotaient aujourd'hui il est possible que le résultat serait fort différent. Les voilà pris, et le reste de l'Europe avec, dans un imbroglio absurde, et une fois encore les anglais essaient d'embrouiller les choses. Comme le notait il y a quelques jours, le quotidien "Libération" Plus de deux ans et demi après le référendum sur le Brexit, et presque autant de négociations avec les 27 membres de l’UE, la Première ministre a donc prévu de voter ce mardi soir à la Chambre des Communes en faveur d’un amendement contre l’accord, celui-là même qu’elle a durement négocié et conclu. Comprenne qui pourra. Évidemment cette requête s'est soldée par un échec. Il y a des tas de choses que j'aime bien chez les anglais, mais les représentants  de ce pays ont toujours été particulièrement retors et filous en matière de diplomatie. Ils font encore comme s'ils étaient les maîtres du monde en changeant les règles à leur convenance. Ce qui est aussi très intéressant dans cette affaire c'est de voir à quel point le peuple a été manipulé, et comment il a gobé un certain nombre de contre-vérités en particulier "C'est la faute à l'Europe" quand il eût été plus logique de dire c'est la faute au capitalisme. Constater que des anglais cherchent à obtenir des passeports irlandais, pour pouvoir circuler en Europe révèle à quel degré d'absurdité on est rendu. Mais bon après tout le peuple a décidé de son sort. Et là encore la majorité de refus s'est manifesté dans les campagnes, les régions "périphériques" délaissées. Le populisme s'est nourri de la détresse des plus pauvres faisant le lit de la xénophobie (les fameux polonais et autres travailleurs détachés volant le travail des locaux). Mais au bout du compte il ne font que servir le projet ultralibéral de transformer le pays en une sorte de vaste Singapour, avec dumping social et flexibilité généralisée du travail pour attirer capitaux et multinationales. Et ceux qui auront cru aux belles paroles des souverainistes, seront soumis à l'impitoyable loi d'une concurrence encore plus rude où disparaîtra ce qui reste des protections sociales en vigueur. Mais bon, on a parfois l'impression que tant qu'il a le foot le rugby et la bière le peuple anglais semble capable d'endurer bien des tourments. Et même sans d'ailleurs, il n'y a qu'à se souvenir du blitz. Il est possible que ce projet à terme fonctionne relativement. Mais entre temps, les conditions risquent d'être rudes. Un récent article du Guardian mentionnait l'inquiétude relative à l'approvisionnement en médicaments, et aussi le fait que certaines personnes font des provisions en vue du 29 mars date officielle du détachement. Autre effet pervers, la hausse de l'immobilier à Paris parce que d'ores et déjà, de riches anglais préfèrent venir s'installer à Paris (Linked with the weekend in black and white)

mardi 5 février 2019

Beauté pure

copyright SETE -  Illuminations Pierre Bideau
Voilà,
hier après la lecture du texte de Ferdinand Schmalz "Am beispiel der Butter" au Goethe Institut, nous sommes allés avec Anne que je n'avais pas revue depuis longtemps et Olivier à la cantine russe avenue de New-York sur les quai de Seine, qui est devenu un endroit atrocement ringard que je ne recommanderai pas, en tout cas le soir. Bref. En sortant, aux alentours de minuit, au moment ou la Tour Eiffel se met à scintiller, j'ai, plus encore que d'habitude, été saisi par sa beauté sa grâce et sa légèreté. Elle me semblait étrangement irréelle, et m'apparut plus que jamais comme une forme pure. Que le rêve d'un architecte puisse demeurer aussi émouvant plus d'un siècle après, a quelque chose d'énigmatique. C'est, de mon point de vue, le seul bâtiment dans Paris, qui mérite qu'on dépense autant d'argent et d'énergie pour l'illuminer. Ça devait être sympa de connaître Gustave et d'accepter son invitation après le dîner, pour boire une camomille dans son appartement tout en haut de la tour. (linked with our world tuesday)

dimanche 3 février 2019

Veselka


Voilà,
toujours dans la série des vieilles photos new-yorkaises de 1985, ce mural au graphisme neo-expressionniste. Comme je ne me souvenaiss ni de l'auteur ni du quartier où je l'ai prise, juste que c'était downtown, j'ai quand même fait une brève recherche sur internet, et j'ai trouvé que Veselka est le nom d'un célèbre restaurant ukrainien fondé en 1954 situé dans l'East Village à l'angle de la seconde avenue et de la 9ème rue, à proximité de St Marks place, c'est à dire non loin de l'appartement de Yushiko Chuma chez qui j'habitais. 
(Linked with monday mural)

mardi 29 janvier 2019

Saisies d'effroi


Voilà,
quoique d'un autre temps, ces grotesques figures aperçues il y a peu, non loin du théâtre de l'Odéon, dans une boutique de jeux et de jouets anciens semblent saisies d'effroi avec leur bouches grand ouvertes qui devaient servir de cibles aux balles de chiffons qu'on lançait dans leur direction. Comme si elles voyaient l'Avenir. (Linked with our world tuesday)

dimanche 27 janvier 2019

New York, il y a très longtemps


Voilà,
en triant quelques photos, j'ai retrouvé celle-ci prise en 1985 lors de mon premier séjour à New-York lorsque nous étions aller y jouer le spectacle "Rêves de Kafka" au Pepsico Summerfare Festival, grâce à Philippe Tiry. J'avais prolongé mon séjour, habitant avec Agnès qui m'avait accompagné chez Philipa Wheale upper East Side puis chez Yoshiko Shuma lower East Side, qui dirigeait une compagnie de danse dont le nom me plaisait beaucoup "the school of hard knocks". C'était le New York du film "Desperetely seeking Susan" avec Madonna, effervescent et inspiré. J'ai beaucoup photographié au hasard des rues, et je ne me rappelle plus l'emplacement de ce mural. J'ai mis du temps à retrouver que c'est une œuvre conjointe de Kenny Scharf et Stefano Castronovo. Ce dernier peignait beaucoup de jocondes dans Manhattan qu'il signait Stefano.
C'était aussi l'époque des premières victimes du Sida. Christopher street, la principale rue gay du Village avait été surnommée le canyon de la mort, mais ça je l'ai déjà écrit. Cette expression m'avait, à l'époque, littéralement stupéfait. 
(Linked with Monday Mural)

jeudi 24 janvier 2019

Sans amertume ni regrets


Voilà,
ne lui reste plus qu'à suivre son chemin entre les reflets et les ombres, errer de souvenirs en réminiscences, mettre ses pas dans les pas d'autrefois, sans certitude de bien reconnaître ce qui fut. Admettre que ce présent n'est qu'une illusoire survivance du passé et, de plus en plus péniblement marcher, tel un fantôme, dans ce monde qui déjà ne lui appartient plus et qu'il lui faudra bientôt quitter sans amertume ni regret. (Linked with weekend reflections)

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