Affichage des articles triés par pertinence pour la requête deux irlandais. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête deux irlandais. Trier par date Afficher tous les articles

jeudi 4 octobre 2012

Deux Irlandais

Londres 1976
Voilà,
j'ai toujours supposé que ces deux hommes étaient des irlandais. Je n'ai aucune raison objective de penser cela, mais pour moi ils resteront toujours les deux irlandais sur un banc. Je me souviens à l'époque - c'était après le deuxième choc pétrolier - avoir, au cours de ce bref séjour, souvent, juste pour le plaisir de la marche, erré sans but dans la froide grisaille de cette ville sinistrée par la crise et abominablement triste. J'avais alors un vieil appareil photo allemand à visée reflex sur lequel était gravé exa, et en-dessous Ihagee Dresden. J'utilisais un objectif fixe de 50 mm. Linked with the weekend in black and white

mercredi 25 avril 2012

En lisant Frédéric Pajak

Le jardin devant la maison de Lestiou
Voilà
dans "L'humour" l'excellent livre de Frédéric Pajak et Yves Tenret consacré à Joyce sont évoqués dans les pages relatant la période parisienne de l'écrivain irlandais, André Spire, Ludmila Savitzky, John Rodker. Tout ces noms sont pour moi liés à Dominique, qui avait connu ces personnes dont elle parlait quelquefois. André Spire, poète aujourd'hui méconnu, quoique ma fille doive ces jours-ci apprendre un de ses poèmes à l'école, avait habité une maison à Avaray tout près de Lestiou dans le Loir et Cher où Dominique a été inhumée auprès de sa mère, voilà déjà deux mois. Je l'ai vue cette demeure d'Avaray, tout au bord de la Loire. Ce devait être autrefois un endroit merveilleux. Et puis, édifiée sur l'autre rive, la centrale nucléaire de St Laurent des eaux a transformé une vue bucolique en paysage industriel. Des lignes à hautes tension ont été tendues passant à proximité de cette maison où je suis allé avec Dominique rendre visite à Marie-Brunette la fille du poète, une de ses amies d'enfance. La mère de Dominique, Marianne était l'une des deux filles de Ludmilla Savitzky, (l'autre fut connue plus tard comme auteur, journaliste et même scénariste sous le nom de Nicole Vedrès). Ludmilla, en son temps très réputée dans le Paris litteraire de l'entre deux guerre, fut la traductrice de Joyce, Pound, TS Eliot, Virginia Woolf, Isherwood, mais aussi d'un certain John Rodker, sur lequel je reviendrai plus tard. Marianne donc épousa un héritier de la lignée Chautemps, un médecin dont elle eut deux enfants Dominique et Jean-Louis qui devint par la suite et demeure aujourd'hui encore un saxophoniste de Jazz réputé. Ce docteur Jacques (je crois) Chautemps (je l'appris bien des années plus tard) fut le médecin qui accompagna et tenta de soigner Roger Gilbert-Lecomte avant que de le faire hospitaliser à l'hopital Broussais, là même où quelques années auparavant était mort Paul Verlaine. Après son divorce elle épousa donc John Rodker. Je ne sais trop à quelle époque et sans doute était il plus âgé qu'elle. Elle n'eut pas d'enfant avec lui. John Rodker né en 1884 avait été au début du siècle membre d'un groupe d'écrivains et de peintres anglo-juifs réunis sous le nom de "Whitechapel boys". Il créa dans les années vingt, une maison d'éditon "Ovid press" qui publia entre autres Ezra Pound et T.S. Eliot. ainsi que des dessins et des reproductions de peintures du groupe Vorticiste, les futuristes anglais. Ses activités éditoriales le conduisirent à cette époque à de fréquents séjours à Paris. Il contribua à la deuxième édition de "Ulysse" de Joyce qui le tenait au nombre de ses amis. Il fut un de ceux qu'il appelait ses douze apôtres, qui participèrent à une apologie collective du work in Progress de Finnegan's Wake sous le titre "Our Exagmination round His Factification for Incamination of Work in Progress". Entre autres contributeurs il y avait Samuel Beckett et William Carlos Williams. Leur traductrice commune Ludmilla Savitzky avait prêté un appartement à Joyce et sa famille quand ils débarquèrent à Paris en 1920. C'est donc sa fille qu'il épousa bien des années plus tard. Dans les années trente Rodker créa the Imago Publishing Company et contribua avec l'aide d'Anna Freud à la traduction et à la publication des œuvres complètes de Freud en langue anglaise. Je me souviens que Dominique parlait avec beaucoup d'émotion de sa grand-mère Lud qui fut quelqu'un de très important pour elle. Pour en finir avec l'évocation de John Rodker, celui-ci avait, avec une certaine Sonia Cohen eu dans sa jeunesse une fille nommée Joan dont il ne s'occupa guère je crois. Lors d'un séjour à Londres, vraisemblablement en 74 ou 75 nous eûmes avec Agnès l'occasion de rencontrer cette dame, alors âgée d'une soixantaine d'années, qui nous fit un charmant accueil dans sa maison de Kensington. Elle nous invita même au théâtre à une représentation de "Travesties" de Tom Stoppard. C'est une curieuse coïncidence dans l'agencement de  tous ces souvenirs : la pièce raconte sur le mode comique la rencontre improbable à Zurich en 1917 de Joyce, Lénine et Tzara qui s'y trouvaient alors tous trois en exil.

Agnès et Dominique à Lestiou (Avril 1986)

vendredi 5 mai 2023

Les quatre saisons

 
 
Voilà, 
cette silhouette voûtée à la démarche opiniâtre et presque mécanique avait immédiatement attiré mon regard. Cette apparition très théâtrale et saugrenue à la fois (sans doute à cause de la casquette et de l’imperméable) évoquait des personnages de Beckett, vus dans un film qu'il avait lui-même réalisé. Peut-être parce que ce petit homme plié en deux n’ayant plus d’autre horizon que le sol exprimait l’acharnement à durer qui caractérise les figures du dramaturge irlandais. J’ai eu la tentation de recadrer l’image sur les deux personnages, parce que j’ai vraisemblablement saisi la scène une seconde trop tard, pour que l’image soit mieux équilibrée. Mais j’aime qu’il y ait aussi ce panneau d’interdiction étrange avec la silhouette d’un piéton et le nom au dessus de l’étal de primeurs qui raconte que ces deux silhouettes ne sont pas à la même saison de leur vie.

jeudi 7 février 2019

Maraîchers à Londres


Voilà,
celle-ci je l'ai prise à Londres vers 1976, (mais alors je ne me souviens plus du tout dans quel quartier) je crois à la même époque que celle-ci que j'aime tant ou bien encore de celle-là qui ne me déplaît pas non plus. Je faisait de la "street photography" de façon assez innocente, sans trop demander l'autorisation, en tout cas pas aux adultes qui avaient des têtes de con. Bon celui-là semble assez clairement manifester un certain mécontentement. 
En 1976, le Royaume-Uni avait fraîchement intégré l'union européenne. Les britanniques, qui veulent s'en retirer à présent, semblent avoir oublié la misère dans laquelle se trouvait leur pays à l'époque. Je me rappelle les pauvres dormant sur les bouches de chaleur de Charing Cross station, les kilomètres de rues dévastées, comme après un bombardement, la déshérence de certains quartiers tel Brixton et la rive sud de la Tamise, une ville où tout était fermé après 10 heures du soir. On peut penser ce qu'on veut de L'Union Européenne, mais le pays s'est enrichi grâce à elle et des villes comme Manchester, Liverpool et Londres bien sûr ont profité de la manne européenne. En même temps les britanniques n'ont cessé de mégoter, de réclamer des aménagements toujours plus favorables de négocier un statut particulier au prétexte de leur insularité, pour avoir le beurre et l'argent du beurre. Aujourd'hui certains britanniques commencent à comprendre que les partisans du Brexit peu scrupuleux n'ont cessé de leur mentir, de promettre des choses impossibles, et s'ils revotaient aujourd'hui il est possible que le résultat serait fort différent. Les voilà pris, et le reste de l'Europe avec, dans un imbroglio absurde, et une fois encore les anglais essaient d'embrouiller les choses. Comme le notait il y a quelques jours, le quotidien "Libération" Plus de deux ans et demi après le référendum sur le Brexit, et presque autant de négociations avec les 27 membres de l’UE, la Première ministre a donc prévu de voter ce mardi soir à la Chambre des Communes en faveur d’un amendement contre l’accord, celui-là même qu’elle a durement négocié et conclu. Comprenne qui pourra. Évidemment cette requête s'est soldée par un échec. Il y a des tas de choses que j'aime bien chez les anglais, mais les représentants  de ce pays ont toujours été particulièrement retors et filous en matière de diplomatie. Ils font encore comme s'ils étaient les maîtres du monde en changeant les règles à leur convenance. Ce qui est aussi très intéressant dans cette affaire c'est de voir à quel point le peuple a été manipulé, et comment il a gobé un certain nombre de contre-vérités en particulier "C'est la faute à l'Europe" quand il eût été plus logique de dire c'est la faute au capitalisme. Constater que des anglais cherchent à obtenir des passeports irlandais, pour pouvoir circuler en Europe révèle à quel degré d'absurdité on est rendu. Mais bon après tout le peuple a décidé de son sort. Et là encore la majorité de refus s'est manifesté dans les campagnes, les régions "périphériques" délaissées. Le populisme s'est nourri de la détresse des plus pauvres faisant le lit de la xénophobie (les fameux polonais et autres travailleurs détachés volant le travail des locaux). Mais au bout du compte il ne font que servir le projet ultralibéral de transformer le pays en une sorte de vaste Singapour, avec dumping social et flexibilité généralisée du travail pour attirer capitaux et multinationales. Et ceux qui auront cru aux belles paroles des souverainistes, seront soumis à l'impitoyable loi d'une concurrence encore plus rude où disparaîtra ce qui reste des protections sociales en vigueur. Mais bon, on a parfois l'impression que tant qu'il a le foot le rugby et la bière le peuple anglais semble capable d'endurer bien des tourments. Et même sans d'ailleurs, il n'y a qu'à se souvenir du blitz. Il est possible que ce projet à terme fonctionne relativement. Mais entre temps, les conditions risquent d'être rudes. Un récent article du Guardian mentionnait l'inquiétude relative à l'approvisionnement en médicaments, et aussi le fait que certaines personnes font des provisions en vue du 29 mars date officielle du détachement. Autre effet pervers, la hausse de l'immobilier à Paris parce que d'ores et déjà, de riches anglais préfèrent venir s'installer à Paris (Linked with the weekend in black and white)

Publications les plus consultėes cette année