mardi 26 février 2019

A Rainy Day


Voilà,
j'ai au cours des années accumulé sur ce blog, des fragments, des brouillons, et même programmé de nombreux textes, en plus de ceux qui ont déjà été publiés. Certains jours j'ai la tentation de puiser là-dedans pour les mettre en ligne. Mais je m'aperçois alors qu'ils sont d'une noirceur, d'un pessimisme, et parfois même d'un désespoir tout à fait indécents. C'est surtout l'accumulation de ces sombres pensées et le ressassement devant quelque chose que tout le monde sait, tout en feignant de l'ignorer, ("on va vers le pire") qui me terrifie. Je suis donc ainsi ? j'en suis arrivé là ? Je ne crois donc plus en rien ? Enfin s'il ne s'agissait que de ça, je pourrais m'en accommoder. Suis-je donc cet être morbide et surtout lugubre ? Où est passé mon humour, mon mauvais esprit ? Il y a vraiment un clivage entre l'être parlant que je suis et celui qui écrit. J'aime plutôt déconner, dans la vie courante. Quand je fais l'acteur, j'ai plutôt tendance à chercher le comique d'une situation ou d'un texte. Au théâtre la tragédie m'exaspère. Les pièces de théâtre que j'ai écrites étaient certes d'un humour assez noir, mais elles avaient le mérite d'être drôles et distrayantes. Je ne comprends pas pas pourquoi, tout est si sombre dans ces billets.

Bien sûr vieillir n'aide pas. C'est chiant de sentir qu'on s'approche du bord. On compte ses douleurs, tout est plus laborieux, on laisse passer des fautes d'orthographe, on a du mal à trouver ses mots, on retrouve plus les noms, on ne reconnaît pas les visages, on cherche ses lunettes, quand t'es un mec, pisser n'est plus un acte léger et désinvolte, tu deviens forcément plus prudent, tu t'accroches à la rampe de l'escalier, tu ne cours plus après les bus, tu comptes de plus en plus de morts parmi tes connaissances, les conversations avec les gens de ta génération sont souvent casse-couilles parce qu'inéluctablement vient un moment ou l'on parle de la santé, tu as des médicaments dans toutes les pièces, tu perds tes dents tu perds tes cheveux. Quand il fait chaud la chaleur t'accable. Avant quand tu allais au cinéma dans la journée il n'y avait que des jeunes, maintenant que des vieux, comme toi. Tu es de plus en plus distrait. Après avoir quitté l'appartement te voilà sans certitude. As tu bien fermé, as tu éteint l'ordinateur ? Pourquoi n'as tu pas pris le chargeur de téléphone ? Tu as parfois des réactions que tu aurais qualifiées de réflexes de vieux cons en d'autres temps devant la bêtise arrogante et l'ignorance de certains jeunes gens. Tu ne connais plus les chanteurs à la mode, tu ne te rends pas compte que quand tu regardes les filles dans la rue tu n'as plus leur âge et que tu pourrais passer pour un vieux pervers. Parfois tu croises des vieilles copines que tu reconnais à peine tant elles ont changé — il y a longtemps vous échangeâtes vos fluides — et elles t'annoncent toutes guillerettes qu'elles sont grand-mères et que c'est vraiment formidable. La nuit il t'arrive de rêver que tu interceptes le ballon, que tu fais une belle percée et que tu aplatis entre les poteaux et tu te réveilles perclus de rhumatismes. Tu enrages souvent de ne pas pouvoir être suffisamment en forme physique pour aller manifester ta colère contre ceux qui gouvernent et te joindre aux émeutes. Une grippe te fait flipper, les tâches ménagères te sont de plus en plus pénibles, tu procrastines souvent et t'exaspères pour pas grand chose. Ce que tu as déjà dit ou écrit, tu ne t'en souviens pas toujours, autrement dit tu radotes, et si tu es chez toi tu fais de trop longues siestes et après une journée dehors tu as besoin de piquer un petit roupillon à peine rentré. 

En fait c'est ça le problème. Ce n'est pas d'être pessimiste quand on l'a toujours été. C'est d'être vieux et qui plus est, pessimiste par ces temps de grand désastre rampant. Le problème c'est de devoir s'apprêter à un horizon misérable dans une civilisation autodestructrice et agonisante et de ne pouvoir espérer laisser un monde meilleur à son enfant. Et puis le temps manque pour faire tout ce qu'on souhaite entreprendre. L'énergie décroît autant que l'intérêt que l'on suscite au regard des autres. Heureusement il y a toujours des enfants qui, dans la rue chantent "il pleut il mouille c'est la fête à la grenouille". Non que cela soit rassurant, mais l'émotion persiste tout de même en entendant par hasard une vieille comptine. (Linked with weekend reflections)

lundi 25 février 2019

La vie commence demain


Voilà,
Il y a quelques années Agnès de Cayeux m'a procuré une version pirate de "la vie commence demain" de Nicole Védrès. Lorsque j'ai vu la photo sur la pochette, j'ai pensé qu'il y avait un air de famille avec Dominique qui était la nièce de Nicole Védrès. Agnès m'a expliqué que ce n'était pas une photo de la réalisatrice, mais un photogramme que Chris Marker (pour lequel elle nourrit une passion sans limite) avait réalisé pour en faire la couverture du DVD qu'il avait lui-même numérisé parce qu'il en avait été autrefois le monteur. Comment ma camarade Agnès de Cayeux. a pu avoir avoir cet objet entre les mains, je ne sais plus. Elle me l'a expliqué, mais je n'ai pas compris. Parfois, j'ai l'impression, quand elle me parle, qu'Agnès de Cayeux, fort sympathique au demeurant, s'exprime dans une langue étrangère. Elle fait des ellipses, s'attarde sur des détails, fait des digressions, et surtout pense comme si on était depuis longtemps dans sa tête. Bref, la personne sur cette photo est Dominique Chautemps-Tiry, très jeune, elle n'a pas vingt ans puisque le film où elle fait une petite apparition est sorti en 1949. Regardant attentivement cette image, je retrouve le regard d'une autre Agnès, sa fille. Dominique a quitté ce monde il y a tout juste sept ans, le jour anniversaire d'Agnès. J'ai mis une fois en ligne une photo où on les voit toutes les deux.  

vendredi 22 février 2019

Ushu, Kalam Hôtel


Voilà,
je m'aperçois que je n'ai jamais publié la photo ni raconté l'histoire du Kalam hôtel, alors que c'est l'un de mes plus marquants souvenirs de ce voyage au Pakistan en Aout 1993. Pascal, Catherine, sa future épouse, et moi, arrivons en fin d'après-midi à Ushu tout au fond de la vallée de Swat dont on dit alors, qu'elle est la Suisse du Pakistan (à présent, elle est administrée par les talibans). Nous avons voyagé dans une voiture de l'ambassade de France conduite par un chauffeur d'origine Afghane, ancien professeur de français exilé de son pays suite à l'invasion soviétique. Il fait déjà très sombre car le soleil a disparu derrière les montagnes himalayennes qui enserrent le fond de cette vallée. Ushu se trouve à 2300 mètres d'altitude et les sommets qu'on peut apercevoir alentour culminent dans les 5000 à 6000 mètres. A l'entrée de l'unique hôtel du village une pancarte écrite à la main indique "Safe place" Et en effet, l'endroit semble sécurisé, puisque, accroupi à l'entrée, un Pasthoun enturbanné monte la garde, sa Kalash en bandoulière. Nous prenons possession de nos chambres : celle du chauffeur au rez-de-chaussée avec une petite terrasse donnant sur le torrent que l'on peut apercevoir sur l'image et pour Pascal son épouse et moi la "Suite" une vaste chambre située sous les toits. Il est probable, si l'on en juge par l'architecture que cet hôtel a été autrefois construit par les anglais lorsqu'ils occupaient encore le Pakistan. Une fois nos affaires déposées nous nous retrouvons sur la terrasse de la chambre du chauffeur pour y boire un petit verre de Champagne, car les diplomates voyagent toujours avec leur glacière dans le coffre. Puis quand l'obscurité se fait trop dense et que l'air fraîchit nous nous dirigeons vers la salle à manger emplie de Pashtouns. Il n'y a pas d'électricité, et c'est à la lueur de lampes-tempête de contrefaçon (il y est inscrit made as in germany) que nous commençons notre dahl de lentilles aux épices. Nos verres ressemblent à ceux bien connus des cantines de notre enfance. "Duralec made as in Franc" est gravé sur chacun d'entre eux. Certes le moment est insolite, mais il manque quelque chose. Je remonte dans la suite pour y extraire de la glacière un Chinon rouge de chez Jean-Claude Bougrier que je débouche et ramène discrètement dans un pull. Il est très bon, et la circonstance le rend encore meilleur, puisque nous le buvons avec discrétion, quasi clandestinement. Le moment a quelque chose de magique et de puissant, et même notre chauffeur en goûte aussi. Et c'est là que je comprends que vivre ce moment était la raison de ce voyage. Que c'est là en quelque sorte la destination que j'ignorais. La nuit qui suit est étrange. A cause du vacarme du torrent et en dépit de la fatigue du voyage, j'ai du mal à m'endormir. Il y aura un peu d'agitation dans mon sommeil. Le lendemain, je fais une longue promenade au cours de laquelle je photographie une ravissante mosquée en bois que j'ai déjà évoquée il y a quelques années. Mais de ce repas partagé il ne reste d'autres images que celles qui se sont déposées dans ma mémoire et le souvenir d'une suite d'instants presqu'irréels. (linked with the weekend in black and white

mercredi 20 février 2019

Tristesse


Voilà,
juste la sensation de n'être qu'une ombre parmi les choses un fantôme bientôt
Il existe en sanskrit le mot Dukka pour exprimer 
l'impression d'impuissance d'inutilité sur cette terre et de frustration mêlées
les jours se suivent et ne se ressemblent pas

mardi 19 février 2019

Soleil au jardin du Luxembourg


Voilà,
hier, j'ai traversé le jardin du Luxembourg. Il y faisait un petit air de printemps à cause du ciel bleu et du soleil. Le fond de l'air était encore frais, mais il y avait de la douceur et beaucoup de gens pour profiter de la lumière qui nous fait défaut depuis longtemps. D'ailleurs aujourd'hui est de nouveau gris. Je n'ai pas pu m'empêcher de prendre des cadres que j'ai déjà pris des dizaines de fois. Mais bon ce parc est mon pays, c'est mon point d'ancrage dans cette ville. Je l'ai traversé pour aller aller au collège, j'y ai eu mes premiers rendez-vous amoureux. J'y ai même passé autrefois une nuit à la belle étoile, bravant un interdit. J'y étais quand les étudiants de l'École des Beaux-Arts s'étaient en mars 72 baignés dans le grand bassin. Pendant quelques jours le parc avait été fermé et la flicaille en interdisait l'accès à ceux qui avaient entre quatorze et quarante ans et qui n'accompagnaient pas un enfant en bas âge. Maxime Le Forestier avait écrit une chanson à ce propos. Évidemment, beaucoup de jeunes barbus, de gars aux cheveux longs, de filles en jeans et en chemise indienne se sont improvisées baby-sitter pour le seul plaisir de passer hilares devant les gardiens qui ne pouvaient rien trouver à y redire J'y ai beaucoup lu, beaucoup marché, j'y ai perdu une paire de Ray-ban, je suis venu là pour apaiser des colères ou des agacements, plus tard j'y ai accompagné les filles de Delphine, puis ma fille, je l'ai promenée en poussette, je suis allé au parc de jeux avec elle, je l'ai regardé tourner sur des manèges, je l'ai encouragée au pied de la toile d'araignée, des toboggans, des murs d'escalade. A présent c'est elle qui s'y retrouve avec ses copains et ses copines... J'étais content d'être là, de me promener. D'être surpris par l'image de ce couple avec ses ballons. D'apercevoir au loin le Panthéon. Bientôt les arbres retrouveront leurs feuilles. C'est le moment de l'année que je préfère dans ce jardin si cher à mon cœur (Linked with our world tuesday)


lundi 18 février 2019

La vie continue en moi


Voilà,
"La vie continue et moi, certains matins, lassé du bruit, découragé devant l'œuvre interminable à poursuivre, malade de cette folie du monde aussi qui vous assaille au lever dans le journal, sûr enfin que je ne suffirai pas et que je décevrai tout le monde, je n'ai que l'envie de m'asseoir et d'attendre que le soir arrive. J'ai cette envie, et j’y cède parfois".  écrivit un jour Albert Camus (in Carnets III 1951-1959). Moi aussi, bien que je ne sois pas philosophe, j'ai de plus en plus tendance à y céder. Mais parfois, la contrainte d'un engagement que l'on regrette d'avoir contracté vous impose de sortir, d'aller au devant du monde et il suffit d'une fraction de seconde pour découvrir que cette journée méritait qu'on s'y attarde. Finalement, il en faut peu, à ceux que démange le prurit de la photographie. Ce sont des âmes simples, un peu comme les idiots du village. Un rien, une apparition qu'ils pensent à eux seuls destinée, les ravit et les émerveille. J'en suis, et ça me va. (Linked with weekend reflections)

dimanche 17 février 2019

Comme autrefois nos lointains ancêtres


Voilà, 
j'avais remarqué ce dessin sur un mur de la municipalité de Saint-Cast-le-Guildo, station balnéaire bretonne où j'avais passé quelques jours durant l'été 2017. Qu'on pût peindre ou dessiner un cheval sur un mur au XXIème siècle (putain on est déjà au XXIème siècle !!!), tout comme le faisaient nos ancêtres il y a 35000 ans sur les parois des grottes m'avait alors ému. (Linked with Monday murals)

mardi 12 février 2019

Dormir pour oublier (26)


Voilà,
je me souviens avoir pris cette photo le 21 janvier 2018, Boulevard Haussmann non loin de la station de métro Saint Augustin alors que je me rendais à la chapelle expiatoire de Louis XVI pour voir à quoi ressemblaient les gens qui honoraient la mémoire du Capet. 
Cette photo est choquante. Le fait de l'avoir prise est choquant. Le fait de ne pouvoir échapper à ces situations plusieurs fois par jour est choquant. J'avais alors appelé le 115, j'avais attendu longtemps, car c'était un dimanche matin. On m'avait répondu que mon appel était pris en considération, et lorsque je suis repassé deux heures plus tard rien n'avait changé. La vieille dame abandonnée était encore là.
L'année dernière notre président avait fanfaronné qu'il n'y aurait plus une personne sans domicile dans les rues. On sait depuis Charles Pasqua, que "les promesses n'engagent que ceux qui y croient", et je soupçonne qu'il n'y avait pas grand monde pour gober ce bobard. 
Le collectif "les morts de la rue", rappelle que tous les ans environ 500 personnes meurent dans ces conditions.
Ce qui est difficile à admettre et particulièrement démoralisant c'est de se sentir gagné par l'inhumanité ambiante comme si cela pouvait nous préserver du sentiment d'échec que suscite toute cette vulnérabilité qu'on est incapable de soulager

dimanche 10 février 2019

La Fresque du Boulevard de la Chapelle


Voilà,
j'ai pris cette photo samedi soir dans ce quartier pourri que je déteste qui est le boulevard de la Chapelle dans le 18 ème arrondissement non loin de la station de métro Stalingrad. Surplombant un jardin partagé urbain aménagé de façon provisoire et sans doute pour égayer l'endroit, une fresque a été commandée à l'artiste Lazoo. Né à Paris en 1969 Lazoo a débuté sa production picturale en 1986. L’artiste a pour sources d’inspiration principales l’univers de la bande dessinée et de la musique. Il utilise des pochoirs pour recouvrir les murs, avant de se tourner vers d’autres techniques : bombe, pinceau et marqueurs sur toile. Cofondateur des rencontres internationales Kosmopolite, Lazoo a exposé en Allemagne, au Japon, en Indonésie, aux Etats-Unis ou encore en Afrique du Sud. (linked with Monday murals)

jeudi 7 février 2019

Maraîchers à Londres


Voilà,
celle-ci je l'ai prise à Londres vers 1976, (mais alors je ne me souviens plus du tout dans quel quartier) je crois à la même époque que celle-ci que j'aime tant ou bien encore de celle-là qui ne me déplaît pas non plus. Je faisait de la "street photography" de façon assez innocente, sans trop demander l'autorisation, en tout cas pas aux adultes qui avaient des têtes de con. Bon celui-là semble assez clairement manifester un certain mécontentement. 
En 1976, le Royaume-Uni avait fraîchement intégré l'union européenne. Les britanniques, qui veulent s'en retirer à présent, semblent avoir oublié la misère dans laquelle se trouvait leur pays à l'époque. Je me rappelle les pauvres dormant sur les bouches de chaleur de Charing Cross station, les kilomètres de rues dévastées, comme après un bombardement, la déshérence de certains quartiers tel Brixton et la rive sud de la Tamise, une ville où tout était fermé après 10 heures du soir. On peut penser ce qu'on veut de L'Union Européenne, mais le pays s'est enrichi grâce à elle et des villes comme Manchester, Liverpool et Londres bien sûr ont profité de la manne européenne. En même temps les britanniques n'ont cessé de mégoter, de réclamer des aménagements toujours plus favorables de négocier un statut particulier au prétexte de leur insularité, pour avoir le beurre et l'argent du beurre. Aujourd'hui certains britanniques commencent à comprendre que les partisans du Brexit peu scrupuleux n'ont cessé de leur mentir, de promettre des choses impossibles, et s'ils revotaient aujourd'hui il est possible que le résultat serait fort différent. Les voilà pris, et le reste de l'Europe avec, dans un imbroglio absurde, et une fois encore les anglais essaient d'embrouiller les choses. Comme le notait il y a quelques jours, le quotidien "Libération" Plus de deux ans et demi après le référendum sur le Brexit, et presque autant de négociations avec les 27 membres de l’UE, la Première ministre a donc prévu de voter ce mardi soir à la Chambre des Communes en faveur d’un amendement contre l’accord, celui-là même qu’elle a durement négocié et conclu. Comprenne qui pourra. Évidemment cette requête s'est soldée par un échec. Il y a des tas de choses que j'aime bien chez les anglais, mais les représentants  de ce pays ont toujours été particulièrement retors et filous en matière de diplomatie. Ils font encore comme s'ils étaient les maîtres du monde en changeant les règles à leur convenance. Ce qui est aussi très intéressant dans cette affaire c'est de voir à quel point le peuple a été manipulé, et comment il a gobé un certain nombre de contre-vérités en particulier "C'est la faute à l'Europe" quand il eût été plus logique de dire c'est la faute au capitalisme. Constater que des anglais cherchent à obtenir des passeports irlandais, pour pouvoir circuler en Europe révèle à quel degré d'absurdité on est rendu. Mais bon après tout le peuple a décidé de son sort. Et là encore la majorité de refus s'est manifesté dans les campagnes, les régions "périphériques" délaissées. Le populisme s'est nourri de la détresse des plus pauvres faisant le lit de la xénophobie (les fameux polonais et autres travailleurs détachés volant le travail des locaux). Mais au bout du compte il ne font que servir le projet ultralibéral de transformer le pays en une sorte de vaste Singapour, avec dumping social et flexibilité généralisée du travail pour attirer capitaux et multinationales. Et ceux qui auront cru aux belles paroles des souverainistes, seront soumis à l'impitoyable loi d'une concurrence encore plus rude où disparaîtra ce qui reste des protections sociales en vigueur. Mais bon, on a parfois l'impression que tant qu'il a le foot le rugby et la bière le peuple anglais semble capable d'endurer bien des tourments. Et même sans d'ailleurs, il n'y a qu'à se souvenir du blitz. Il est possible que ce projet à terme fonctionne relativement. Mais entre temps, les conditions risquent d'être rudes. Un récent article du Guardian mentionnait l'inquiétude relative à l'approvisionnement en médicaments, et aussi le fait que certaines personnes font des provisions en vue du 29 mars date officielle du détachement. Autre effet pervers, la hausse de l'immobilier à Paris parce que d'ores et déjà, de riches anglais préfèrent venir s'installer à Paris (Linked with the weekend in black and white)

mardi 5 février 2019

Beauté pure

copyright SETE -  Illuminations Pierre Bideau
Voilà,
hier après la lecture du texte de Ferdinand Schmalz "Am beispiel der Butter" au Goethe Institut, nous sommes allés avec Anne que je n'avais pas revue depuis longtemps et Olivier à la cantine russe avenue de New-York sur les quai de Seine, qui est devenu un endroit atrocement ringard que je ne recommanderai pas, en tout cas le soir. Bref. En sortant, aux alentours de minuit, au moment ou la Tour Eiffel se met à scintiller, j'ai, plus encore que d'habitude, été saisi par sa beauté sa grâce et sa légèreté. Elle me semblait étrangement irréelle, et m'apparut plus que jamais comme une forme pure. Que le rêve d'un architecte puisse demeurer aussi émouvant plus d'un siècle après, a quelque chose d'énigmatique. C'est, de mon point de vue, le seul bâtiment dans Paris, qui mérite qu'on dépense autant d'argent et d'énergie pour l'illuminer. Ça devait être sympa de connaître Gustave et d'accepter son invitation après le dîner, pour boire une camomille dans son appartement tout en haut de la tour. (linked with our world tuesday)

dimanche 3 février 2019

Veselka


Voilà,
toujours dans la série des vieilles photos new-yorkaises de 1985, ce mural au graphisme neo-expressionniste. Comme je ne me souvenaiss ni de l'auteur ni du quartier où je l'ai prise, juste que c'était downtown, j'ai quand même fait une brève recherche sur internet, et j'ai trouvé que Veselka est le nom d'un célèbre restaurant ukrainien fondé en 1954 situé dans l'East Village à l'angle de la seconde avenue et de la 9ème rue, à proximité de St Marks place, c'est à dire non loin de l'appartement de Yushiko Chuma chez qui j'habitais. 
(Linked with monday mural)

mardi 29 janvier 2019

Saisies d'effroi


Voilà,
quoique d'un autre temps, ces grotesques figures aperçues il y a peu, non loin du théâtre de l'Odéon, dans une boutique de jeux et de jouets anciens semblent saisies d'effroi avec leur bouches grand ouvertes qui devaient servir de cibles aux balles de chiffons qu'on lançait dans leur direction. Comme si elles voyaient l'Avenir. (Linked with our world tuesday)

dimanche 27 janvier 2019

New York, il y a très longtemps


Voilà,
en triant quelques photos, j'ai retrouvé celle-ci prise en 1985 lors de mon premier séjour à New-York lorsque nous étions aller y jouer le spectacle "Rêves de Kafka" au Pepsico Summerfare Festival, grâce à Philippe Tiry. J'avais prolongé mon séjour, habitant avec Agnès qui m'avait accompagné chez Philipa Wheale upper East Side puis chez Yoshiko Shuma lower East Side, qui dirigeait une compagnie de danse dont le nom me plaisait beaucoup "the school of hard knocks". C'était le New York du film "Desperetely seeking Susan" avec Madonna, effervescent et inspiré. J'ai beaucoup photographié au hasard des rues, et je ne me rappelle plus l'emplacement de ce mural. J'ai mis du temps à retrouver que c'est une œuvre conjointe de Kenny Scharf et Stefano Castronovo. Ce dernier peignait beaucoup de jocondes dans Manhattan qu'il signait Stefano.
C'était aussi l'époque des premières victimes du Sida. Christopher street, la principale rue gay du Village avait été surnommée le canyon de la mort, mais ça je l'ai déjà écrit. Cette expression m'avait, à l'époque, littéralement stupéfait. 
(Linked with Monday Mural)

jeudi 24 janvier 2019

Sans amertume ni regrets


Voilà,
ne lui reste plus qu'à suivre son chemin entre les reflets et les ombres, errer de souvenirs en réminiscences, mettre ses pas dans les pas d'autrefois, sans certitude de bien reconnaître ce qui fut. Admettre que ce présent n'est qu'une illusoire survivance du passé et, de plus en plus péniblement marcher, tel un fantôme, dans ce monde qui déjà ne lui appartient plus et qu'il lui faudra bientôt quitter sans amertume ni regret. (Linked with weekend reflections)

lundi 21 janvier 2019

Photos de famille


Voilà,
"Oui, les images sont les portes ouvertes sur l'éternité. Mais la photographie ne dit rien de l'éternité. Elle se complaît dans l'éphémère, atteste de l'irréversible et renvoie tout au néant." (Jérôme Ferrari in "A son image" Éditions Actes sud) 

dimanche 20 janvier 2019

Tintin aux Comores


Voilà,
il y a quelques moi du côté de Nanterre, j'avais repéré cette fresque murale, réalisée pour  évoquer les boat-people comoriens qui essaient de gagner l'île de Mayotte, département français dans l'océan indien. Beaucoup hélas meurent noyés en tentant la traversée. On se souvient d'ailleurs que la première erreur de communication de not'président concernait le drame de ces populations avec une blague de très mauvais goût. (Linked with Monday mural)

vendredi 18 janvier 2019

Une Installation de Soto


Voilà,
les œuvres d'art optique (optical art) très en vogue dans la première moitié des années soixante, et jusqu'au milieu des années soixante dix, peu avant d'être supplantées par les peintres hyperréalistes, étaient exposées en grand nombre à la galerie Denise René, à Paris située dans la partie la moins attractive du Boulevard St Germain, dans ce tronçon qui va de l'angle rue des Saint-Pères, jusqu'à l'Assemblée Nationale. Je me souviens que j'y passais souvent quand j'avais seize dis-sept ans alors que j'étais très attiré par les toiles de Vasarely. Je crois qu'une exposition consacrée à ce peintre est programmée prochainement au centre Pompidou où j'ai photographié ce reflet dans une installation de Jesus-Rafael Soto. Ces œuvres, abstraites et géométriques exprimaient une vision d'un futur où l'environnement serait froid, aseptisé, clinique, et totalement maîtrisé par l'homme et ses techniques.  C'était avant le rapport Meadows. Aujourd'hui, ce n'est pas tout à fait le cas. Le présent est un peu bancal, vaguement radioactif, plutôt glyphosaté, avec des alertes quotidiennes à la pollution. De toute façon ni les pire ni le meilleur n'adviennent comme on se l'était imaginé, et d'une certaine manière ce que l'on vit est tout aussi illusoire que ce que l'on était en mesure d'imaginer. Et dans ce reflet d'une œuvre passée, se dessine ma silhouette, sans que je sois pour autant capable de la reconnaître avec certitude.
(linked with weekend reflection)

jeudi 17 janvier 2019

Je ne serai plus jamais jeune


Voilà,
Que la vie est une chose sérieuse
on commence à le comprendre plus tard
– comme tous les jeunes, j’ai voulu
prendre ma vie à bras-le-corps.

Je voulais laisser une trace
et m’en aller sous les ovations
– vieillir, mourir, tenaient seulement
 aux dimensions du théâtre.

Mais le temps a passé
et la désagréable vérité surgit :
vieillir, mourir,
est l'unique argument de la pièce.

*

"no volveré a ser joven"

Que la vida iba en serio
uno lo empieza a comprender más tarde
- como todos los jóvenes, yo vine
a llevarme la vida por delante.

Dejar huella quería
y marcharme entre aplausos
-envejecer, morir, eran tan solo
las dimensiones del teatro.

Pero ha pasado el tiempo
y la verdad desagradable asoma:
envejecer, morir,
es el único argumento de la obra

mardi 15 janvier 2019

Optimiser ses potentialités


Voilà,
 vous voulez connaître et prendre conscience de vos points forts et faibles afin de mieux optimiser vos potentialités et maîtriser votre stress,
développer l’aisance face à la prise de parole pour aller plus loin dans l'expression de votre autorité et de votre charisme,
augmenter la confiance en vous qui ouvrira de nouvelles portes vers la performance,
vous exprimer de façon convaincante et vivante pour décrire, expliquer, faire valoir vos idées, faire adhérer votre auditoire, vos interlocuteurs,
réaliser des interventions sur des thèmes variés afin d'acquérir la maîtrise de la stratégie de communication interne pour éveiller l’intérêt, structurer les idées créatives, maintenir l’attention, convaincre,
maîtriser les techniques de discours appropriés qui inspirent l'action et l'initiative des femmes et des hommes,
mieux gérer les situations complexes au niveau de la communication interne et trouver des solutions là où les autres ne voient que des problèmes,
communiquer en interne pour créer l'adhésion et la collaboration par la compétence, l'éthique, la motivation et l'enthousiasme,
maîtriser les 4 stratégies de communication interne interpersonnelle qui vont guider et impliquer vos équipes dans le sens de vos objectifs,
Bref, vous vous sentez une âme de leader, de conquérant comme notre président
vous voulez trouver des accroches comme "transformer les colères en solutions"
qui témoignent de votre esprit collaboratif et de votre sens de l'assertivité même si au fond vous n' avez rien à branler de votre interlocuteur
vous désirez marcher parmi les tours de la Défense avec des rêves de gloire et de puissance....
- Non non, je voudrais juste qu'on me lâche la gra la gra grappe et pouvoir et pouvoir pécho une de ces femmes é-é-élégantes que chaque matin je croise sur l'esplananade sans bébé sans bébé sans bégayer

dimanche 13 janvier 2019

Passage du Génie


Voilà,
passage du Génie dans le douzième arrondissement de Paris, voie ouverte vers 1858 et qui se trouve classée dans la voirie parisienne par arrêté municipal du 2 juillet 1993, j'ai aperçu par hasard cette peinture murale. L'artiste a vraisemblablement dû la réaliser en pensant au lieu où il l'exécutait. Pourtant, c'est au génie qui surmonte la colonne de la Bastille que ce passage doit son nom. 
J'aime bien quand je suis capable de faire des posts très factuels. 
(Linked with Monday Mural)

vendredi 11 janvier 2019

Perdre pied


Voilà,
Il y avait ce soir froid et humide après une projection à la cinémathèque d'un film de Sam Fuller intitulé "Le pouvoir de la presse" que j'avais vu moins par curiosité que par désœuvrement. Beaucoup de questions se cognaient alors dans ma tête, infiniment moins nombreuses toutefois que celles qui me hantent à présent. Je devais retrouver ma fille pour manger à la maison avec elle. Des ombres passaient dans la nuit. Faire bonne figure devenait de plus en plus pénible. Je n'avais de goût à rien, ne croyais plus en rien et recensait souvent les douleurs, petites et grandes, qui m'accablaient, celles du corps et celles de l'autre truc. Seul le sourire de ma fille, son intelligence sa fantaisie et sa beauté atténuaient ces temps où il me semblait que je commençais à perdre pied. Le lieu dénué de charme et le moment sans grâce avaient — sans doute à cause de la pluie et des néons — cependant exigé leur fétiche pour ne pas tout à fait sombrer dans l'oubli.  (linked with weekend reflections)

mardi 8 janvier 2019

Silhouettes reflétées sur l'Asphalte


Voilà,
dans ce monde inversé d'ombres et de reflets
tout a la consistance d'un songe et semble parfois d'une légèreté sans limite

dimanche 6 janvier 2019

Mur peint aux grands voisins


Voilà,
j'ai photographié ce mur il y a quelques mois sur la friche industrielle des grands voisins, où se trouvait autrefois la maternité Saint Vincent-de-Paul. Je m'y étais rendu une ou deux fois, aux urgences pédiatriques avec ma fille quand elle était petite pour une histoire de bronchiolite. Une autre vers 2009, mais je ne sais plus pourquoi, peut-être pour une entorse à la cheville. Je me souviens simplement que cette fois là,mon oncle m'avait appelé tout joyeux parce qu'il avait acheté son premier bateau, et rappelé un peu plus tard pour m'annoncer le décès de Jacques, son oncle à lui, qui était un homme merveilleux, d'humour et d'intelligence, que j'ai assez souvent visité vers la fin de sa vie et qui constituait le dernier lien avec ma famille de Marseille. 
linked with monday murals

vendredi 4 janvier 2019

Café de la Tourelle


Voilà,
c'est un de mes restaurants préférés à Paris. La carte y est simple, modeste. Le décor délicieusement rétro et élégant, avec ses vieilles affiches, ses publicités d'autrefois, ses plaques en émail évoquant des apéritifs oubliés. Il y règne une atmosphère chaleureuse et sans affèterie. J'aime m'y retrouver avec ma fille, ou en compagnie d'amis proches. C'est un endroit où, je ne sais trop pourquoi je me sens comme dans une fiction. (linked with weekend reflections)


mardi 1 janvier 2019

Encore une de passée


Voilà,
"J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs."  Je me reconnais dans ces lignes célèbres d'Arthur Rimbaud. Alors pour l'année qui vient, que je souhaite, pour tous, pleine d'heureuses surprises, j'offre cette image désuète et innocente qui a la douceur d'un rêve d'enfance — du moins pour qui a grandi dans l'hémisphère nord.  

dimanche 30 décembre 2018

La Forêt


Voilà,
les éblouissements partagés ils sont là ils demeurent. Jamais je n'oublierai la première fois que m'est apparue la fascinante forêt de piliers de la Sagrada Familia. Ni la douceur de ce début d'année et nos pérégrinations dans Barcelone ensoleillée. Cela semble si loin désormais. En regardant cette photo, je songe à tout ce qui a changé en si peu de temps, et aussi à tout ce qui s'est éloigné de moi. Comme l'écrit si finement Bernard Pivot : "il y a dans une année qui se termine la nostalgie de ce qui n'est plus et la mélancolie de ce qui n'a pas été".
shared with Rain'sTADD  -

samedi 29 décembre 2018

Une certaine Honte


Voilà,
il y a quelques années j'ai photographié rue du Faubourg du Temple cette vitrine mêlant de hideuses figurines (celles aux grandes oreilles rappelant d'ailleurs le philosophe Raymond Aron) et d'autres qui représentaient des personnages de dessins animés de Walt Disney. Je me suis, depuis, souvent demandé qui pouvait acheter de telles horreurs et dans quel but, et puis aussi comment on pouvait avoir l'idée d'un tel agencement.
Curieusement, j'éprouve un certain malaise chaque fois que cette image me fait face, comme si une part de moi me reprochait secrètement de l'avoir prise. Cela pourrait être kitch (et c'est vraisemblablement ce que j'ai cru y déceler au premier abord) c'est plus simplement de mauvais goût. Un temps, j'ai songé à l'utiliser pour un montage, une Tentation de Saint-Antoine, par exemple mais je n'en ai rien fait. Je n'ai cessé dès lors de reporter la publication de cette chose, ne voyant guère la nécessité de la montrer. Mais au fond je sais très bien ce qui me relie à cette image du mauvais goût. C'est juste mon enfance, ma famille son absence de goût pour les belles choses et la laideur à laquelle j'ai été confronté durant les dix-sept premières années de ma vie. Et si elle m'est aussi dérangeante, c'est parce que j'éprouve toujours une certaine honte à être encore, en dépit des années, sous l'emprise de tout ce qui m'a autrefois sali, comme si l'empreinte sociale se révèlait indélébile.

mercredi 26 décembre 2018

L'Aura d'un lieu


Voilà
"Qu’est-ce que l’aura ? L’expérience de l’aura repose sur le transfert d’une forme de réaction courante au sein de la société humaine sur la relation de la nature à l’homme. Celui qui est regardé ou se croit regardé lève le regard, répond par un regard. Eprouver l’aura d’une apparition ou d’un être veut dire prendre conscience de sa faculté de lever un regard, de répondre à un regard. Cette faculté est pleine de poésie. Quand un homme, un animal ou une chose inanimée sous notre regard lève le sien, il nous attire d’abord vers le lointain ; son regard rêve et nous entraîne à la suite de son rêve. L’aura est l’apparition d’un lointain aussi proche soit-il. Les mots eux-mêmes ont leur aura : Kraus l’a décrite avec une exactitude particulière :  Plus on regarde un mot de près, plus il vous regarde de loin en retour." (Walter Benjamin in Archives)
Certains lieux certains moments semblent parfois surgir d'une autre réalité. Et c'est alors comme si le monde soudain s'adressait à moi de façon particulière, comme s'il me regardait. (Linked with the weekend in black in white)

mardi 25 décembre 2018

Hikikomorisme


Voilà,
en dépit de l'âge, je sens poindre une tendance à l'hikikomorisme, cette tentation de ne plus sortir de chez soi, très en vogue che les adolescents japonais. J'ai juste envie de bidouiller mes petites affaires entre mes murs. Tant de livres chez moi que je n'ai pas encore commencés, de projets esquissés et inachevés, d'affaires laissées en plan dont m'occuper, de choses à découvrir encore dans les livres, par la radio, les podcasts, de bricoles à entreprendre... D'ailleurs cette période entre Noël et le premier de l'an me conforte dans mes inclinations casanières tant le consumérisme ambiant m'exaspère. J'écoute au chaud des vieux chants anglais de circonstance, en poursuivant mes travaux. J'en profite au passage pour, avec cette image, rendre un petit hommage au peintre Pierre Soulages, dont j'ai quelquefois parlé dans ce blog, et même assez souvent pastiché avec les moyens de la photographie, mais pour lequel j'ai une sincère admiration, et qui vient de fêter hier ses 99 ans.

lundi 24 décembre 2018

Bref c'est Noël


Voilà,
je l'ai prise il y a quelque semaine passage des panoramas. C'est un peu kitsch, un peu encombré, mais bon il y a du rouge et du vert, des boules des guirlandes et des sapins, ça brille ça scintille, bref c'est Noël. Sinon cette nuit, j'ai entendu Philippe Tiry dans une rediffusion d'une émission consacré au Chef Michel Guérard qui datait de 1985. Toute la journée j'en ai été bouleversé. J'ai erré dans mon appartement en écoutant France Musique où pour célébrer le bicentenaire de la composition de "Still Nacht heilige Nacht", ont été diffusées de nombreuses versions de ce chant. Sinon je suis content que Carnival Selah ait enfin donné des nouvelles depuis son accident, qu'il aille mieux et qu'il soit entouré d'amour et d'attention. (Linked with our world tuesday)

vendredi 21 décembre 2018

"De tout il restera trois choses"


Voilà,
"de tout il restera trois choses :
la certitude que tout était en train de commencer
la certitude qu'il fallait continuer
la certitude que cela serait interrompu avant que d'être terminé.
faire de l'interruption un nouveau chemin
faire de la chute un pas de danse
faire de la peur un escalier
du rêve un pont
de la recherche
une rencontre"
(Fernando Pessoa)
linked with weekend reflections

mercredi 19 décembre 2018

L'Interview de Meadows


Voilà,
j'ai envie sur ce blog de donner à lire des choses utiles et nécessaires, pas simplement des états d'âmes. Je remets donc en ligne cet article de Laure Nouhalat paru dans Libération du 15 Juin 2012 et qui demeure plus que jamais d'actualité. La photo n'a pas de rapport particulier, si ce n'est qu'en 1972, année du premier "sommet de la terre" les chaises et les fauteuils du jardin du Luxembourg, que je traversais alors quotidiennement pour me rendre au collège, étaient les mêmes. Mais il fallait payer des chaisières très vigilantes pour avoir le droit de s'asseoir. Celles-ci ont cessé leur activité en 1974.

"Dès le premier sommet de la Terre de 1972, le chercheur américain Dennis Meadows partait en guerre contre la croissance. A la veille de la conférence «Rio + 20», il dénonce les visions à court terme et dresse un bilan alarmiste. En 1972, quatre jeunes scientifiques du Massachusetts Institute of Technologie (MIT) rédigent à la demande du Club de Rome un rapport intitulé "The Limits to Growth" (les Limites à la croissance). Celui-ci va choquer le monde. Leur analyse établit clairement les conséquences dramatiques d’une croissance économique et démographique exponentielle dans un monde fini. En simulant les interactions entre population, croissance industrielle, production alimentaire et limites des écosystèmes terrestres, ces chercheurs élaborent treize scénarios, treize trajectoires possibles pour notre civilisation. Nous sommes avant la première crise pétrolière de 1973, et pour tout le monde, la croissance économique ne se discute pas. Aujourd’hui encore, elle reste l’alpha et l’oméga des politiques publiques. En 2004, quand les auteurs enrichissent leur recherche de données accumulées durant trois décennies d’expansion sans limites, l’impact destructeur des activités humaines sur les processus naturels les conforte définitivement dans leur raisonnement. Et ils sont convaincus que le pire scénario, celui de l’effondrement, se joue actuellement devant nous. Rencontre avec l’un de ces scientifiques, Dennis Meadows, à la veille de la conférence de Rio + 20 Le sommet de la Terre démarre mercredi à Rio. 

Vous qui avez connu la première conférence, celle de Stockholm, en 1972, que vous inspire cette rencontre, quarante ans plus tard ? 
 Comme environnementaliste, je trouve stupide l’idée même que des dizaines de milliers de personnes sautent dans un avion pour rejoindre la capitale brésilienne, histoire de discuter de soutenabilité. C’est complètement fou. Dépenser l’argent que ça coûte à financer des politiques publiques en faveur de la biodiversité, de l’environnement, du climat serait plus efficace. Il faut que les gens comprennent que Rio + 20 ne produira aucun changement significatif dans les politiques gouvernementales, c’est même le contraire. Regardez les grandes conférences onusiennes sur le climat, chaque délégation s’évertue à éviter un accord qui leur poserait plus de problèmes que rien du tout. La Chine veille à ce que personne n’impose de limites d’émissions de CO2, les Etats-Unis viennent discréditer l’idée même qu’il y a un changement climatique. Avant, les populations exerçaient une espèce de pression pour que des mesures significatives sortent de ces réunions. Depuis Copenhague, et l’échec cuisant de ce sommet, tout le monde a compris qu’il n’y a plus de pression. Chaque pays est d’accord pour signer en faveur de la paix, de la fraternité entre les peuples, du développement durable, mais ça ne veut rien dire. Les pays riches promettent toujours beaucoup d’argent et n’en versent jamais. 

Vous n’y croyez plus ? 
 Tant qu’on ne cherche pas à résoudre l’inéquation entre la recherche perpétuelle de croissance économique et la limitation des ressources naturelles, je ne vois pas à quoi ça sert. A la première conférence, en 1972, mon livre "Les Limites à la croissance" (dont une nouvelle version enrichie a été publiée en mai) avait eu une grande influence sur les discussions. J’étais jeune, naïf, je me disais que si nos dirigeants se réunissaient pour dire qu’ils allaient résoudre les problèmes, ils allaient le faire. Aujourd’hui, je n’y crois plus ! 

 L’un des thèmes centraux de la conférence concerne l’économie verte. Croyez-vous que ce soit une voie à suivre ? 
 Il ne faut pas se leurrer : quand quelqu’un se préoccupe d’économie verte, il est plutôt intéressé par l’économie et moins par le vert. Tout comme les termes soutenabilité et développement durable, le terme d’économie verte n’a pas vraiment de sens. Je suis sûr que la plupart de ceux qui utilisent cette expression sont très peu concernés par les problèmes globaux. La plupart du temps, l’expression est utilisée pour justifier une action qui aurait de toute façon été mise en place, quelles que soient les raisons. 

Vous semblez penser que l’humanité n’a plus de chance de s’en sortir ? 
 Avons-nous un moyen de maintenir le mode de vie des pays riches ? Non. Dans à peine trente ans, la plupart de nos actes quotidiens feront partie de la mémoire collective, on se dira : «Je me souviens, avant, il suffisait de sauter dans une voiture pour se rendre où on voulait», ou «je me souviens, avant, on prenait l’avion comme ça». Pour les plus riches, cela durera un peu plus longtemps, mais pour l’ensemble des populations, c’est terminé. On me parle souvent de l’image d’une voiture folle qui foncerait dans un mur. Du coup, les gens se demandent si nous allons appuyer sur la pédale de frein à temps. Pour moi, nous sommes à bord d’une voiture qui s’est déjà jetée de la falaise et je pense que, dans une telle situation, les freins sont inutiles. Le déclin est inévitable.  En 1972, à la limite, nous aurions pu changer de trajectoire. A cette époque, l’empreinte écologique de l’humanité était encore soutenable. Ce concept mesure la quantité de biosphère nécessaire à la production des ressources naturelles renouvelables et à l’absorption des pollutions correspondant aux activités humaines. En 1972, donc, nous utilisions 85% des capacités de la biosphère. Aujourd’hui, nous en utilisons 150% et ce rythme accélère. Je ne sais pas exactement ce que signifie le développement durable, mais quand on en est là, il est certain qu’il faut ralentir. C’est la loi fondamentale de la physique qui l’exige : plus on utilise de ressources, moins il y en a. Donc, il faut en vouloir moins. 

La démographie ne sera pas abordée à Rio + 20. Or, pour vous, c’est un sujet majeur… 
 La première chose à dire, c’est que les problèmes écologiques ne proviennent pas des humains en tant que tels, mais de leurs modes de vie. On me demande souvent : ne pensez-vous pas que les choses ont changé depuis quarante ans, que l’on comprend mieux les problèmes ? Je réponds que le jour où l’on discutera sérieusement de la démographie, alors là, il y aura eu du changement. Jusqu’ici, je ne vois rien, je dirais même que c’est pire qu’avant. Dans les années 70, les Nations unies organisaient des conférences sur ce thème, aujourd’hui, il n’y a plus rien. 

Pourquoi ? 
 Je ne comprends pas vraiment pourquoi. Aux Etats-Unis, on ne discute plus de l’avortement comme d’une question médicale ou sociale, c’est exclusivement politique et religieux. Personne ne gagnera politiquement à ouvrir le chantier de la démographie. Du coup, personne n’en parle. Or, c’est un sujet de très long terme, qui mérite d’être anticipé. Au Japon, après Fukushima, ils ont fermé toutes les centrales nucléaires. Ils ne l’avaient pas planifié, cela a donc causé toutes sortes de problèmes. Ils ont les plus grandes difficultés à payer leurs importations de pétrole et de gaz. C’est possible de se passer de nucléaire, mais il faut le planifier sur vingt ans. C’est la même chose avec la population. Si soudainement vous réduisez les taux de natalité, vous avez des problèmes : la main-d’œuvre diminue, il devient très coûteux de gérer les personnes âgées, etc. A Singapour, on discute en ce moment même de l’optimum démographique. Aujourd’hui, leur ratio de dépendance est de 1,7, ce qui signifie que pour chaque actif, il y a 1,7 inactif (enfants et personnes âgées compris). S’ils stoppent la croissance de la population, après la transition démographique, il y aura un actif pour sept inactifs. Vous comprenez bien qu’il est impossible de faire fonctionner correctement un système social dans ces conditions. Vous courez à la faillite. Cela signifie qu’il faut transformer ce système, planifier autrement en prenant en compte tous ces éléments. La planification existe déjà, mais elle ne fonctionne pas. Nous avons besoin de politiques qui coûteraient sur des décennies mais qui rapporteraient sur des siècles. Le problème de la crise actuelle, qui touche tous les domaines, c’est que les gouvernements changent les choses petit bout par petit bout. Par exemple, sur la crise de l’euro, les rustines inventées par les Etats tiennent un ou deux mois au plus. Chaque fois, on ne résout pas le problème, on fait redescendre la pression, momentanément, on retarde seulement l’effondrement. 

Depuis quarante ans, qu’avez-vous raté ? 
 Nous avons sous-estimé l’impact de la technologie sur les rendements agricoles, par exemple. Nous avons aussi sous-estimé la croissance de la population. Nous n’avions pas imaginé l’ampleur des bouleversements climatiques, la dépendance énergétique. En 1972, nous avions élaboré treize scénarios, j’en retiendrais deux : celui de l’effondrement et celui de l’équilibre. Quarante ans plus tard, c’est indéniablement le scénario de l’effondrement qui l’emporte ! Les données nous le montrent, ce n’est pas une vue de l’esprit.
Le point-clé est de savoir ce qui va se passer après les pics. Je pensais aussi honnêtement que nous avions réussi à alerter les dirigeants et les gens, en général, et que nous pouvions éviter l’effondrement. J’ai compris que les changements ne devaient pas être simplement technologiques mais aussi sociaux et culturels. Or, le cerveau humain n’est pas programmé pour appréhender les problèmes de long terme. C’est normal : Homo Sapiens a appris à fuir devant le danger, pas à imaginer les dangers à venir. Notre vision à court terme est en train de se fracasser contre la réalité physique des limites de la planète.
N’avez-vous pas l’impression de vous répéter ?
 Les idées principales sont effectivement les mêmes depuis 1972. Mais je vais vous expliquer ma philosophie : je n’ai pas d’enfants, j’ai 71 ans, j’ai eu une super vie, j’espère en profiter encore dix ans. Les civilisations naissent, puis elles s’effondrent, c’est ainsi. Cette civilisation matérielle va disparaître, mais notre espèce survivra, dans d’autres conditions. Moi, je transmets ce que je sais, si les gens veulent changer c’est bien, s’ils ne veulent pas, je m’en fiche. J’analyse des systèmes, donc je pense le long terme. Il y a deux façons d’être heureux : avoir plus ou vouloir moins. Comme je trouve qu’il est indécent d’avoir plus, je choisis de vouloir moins. 

Partout dans les pays riches, les dirigeants promettent un retour de la croissance, y croyez-vous ?
C’est fini, la croissance économique va fatalement s’arrêter, elle s’est déjà arrêtée d’ailleurs. Tant que nous poursuivons un objectif de croissance économique «perpétuelle», nous pouvons être aussi optimistes que nous le voulons sur le stock initial de ressources et la vitesse du progrès technique, le système finira par s’effondrer sur lui-même au cours du XXIe siècle. Par effondrement, il faut entendre une chute combinée et rapide de la population, des ressources, et de la production alimentaire et industrielle par tête. Nous sommes dans une période de stagnation et nous ne reviendrons jamais aux heures de gloire de la croissance. En Grèce, lors des dernières élections, je ne crois pas que les gens croyaient aux promesses de l’opposition, ils voulaient plutôt signifier leur désir de changement. Idem chez vous pour la présidentielle. Aux Etats-Unis, après Bush, les démocrates ont gagné puis perdu deux ans plus tard. Le système ne fonctionne plus, les gens sont malheureux, ils votent contre, ils ne savent pas quoi faire d’autre. Ou alors, ils occupent Wall Street, ils sortent dans la rue, mais c’est encore insuffisant pour changer fondamentalement les choses.
Le système reste un outil, il n’est pas un objectif en soi. Nous avons bâti un système économique qui correspond à des idées. La vraie question est de savoir comment nous allons changer d’idées. Pour des pans entiers de notre vie sociale, on s’en remet au système économique. Vous voulez être heureuse ? Achetez quelque chose ! Vous êtes trop grosse ? Achetez quelque chose pour mincir ! Vos parents sont trop vieux pour s’occuper d’eux ? Achetez-leur les services de quelqu’un qui se chargera d’eux ! Nous devons comprendre que beaucoup de choses importantes de la vie ne s’achètent pas. De même, l’environnement a de la valeur en tant que tel, pas seulement pour ce qu’il a à nous offrir.

mardi 18 décembre 2018

Devant la boutique du fleuriste


Voilà,
parfois, une devanture, une vitrine, la décoration d'une boutique — comme celle-ci — raniment des sentiments enfouis et presque inavouables. On en vient à s'émerveiller de choses un peu niaises desquelles on se pensait à l'abri depuis longtemps. On a tous les âges de sa vie. Pour ma part, il arrive parfois que les territoires abolis de l'enfance ressurgissent, presque à mon insu, particulièrement aux approches de Noël, en dépit du pessimisme radical qui souvent me saisit au misérable spectacle de l'humanité si acharnée à se détruire. (linked with our world tuesday)

dimanche 16 décembre 2018

Destino


Voilà,
sur un escalier de la rue du Chevaleret, cette fresque signée par un duo intitulé Fred et Sia spécialisé dans l'anamorphose, représente Walt Disney peignant un portrait de Dali, allusion au projet de dessin animé que les deux hommes ont imaginé  et qui s'appelle Destino. (linked with Monday Mural)

samedi 15 décembre 2018

Je suis de pierre



Voilà
"je suis de pierre, je suis comme ma propre pierre tombale, il n’y a là aucune faille possible pour le doute ou pour la foi, pour l’amour ou la répulsion, pour le courage ou pour l’angoisse en particulier ou en général, seul vit un vague espoir, mais pas mieux que ne vivent les inscriptions sur les pierres tombales." (Franz Kafka Journal 15/12/1910)

jeudi 13 décembre 2018

Grisaille


Voilà,
certaines photos sont comme des énigmes. Ai-je rencontré quelques chose de moi à cet instant et en ce lieu précis, pour que j'éprouve la nécessité de le retenir ? Qu'est ce qui me paraît digne d'intérêt dans cette banalité ? Ai-je éprouvé de la pitié pour la bicyclette abîmée ? De la fascination enfantine pour les grues qui m'évoquent toujours ce jeu de construction que je n'ai pourtant jamais désiré dans mon enfance et qui s'appelait "meccano" ? Ressenti de la tristesse à la vue des arbres dégarnis, ou de la frayeur devant ces édifices dépourvus d'humanité ? Il est possible que j'aie reconnu une certaine beauté tragique à la trivialité de ce lieu sans grâce ou que j'aie, dans cette grisaille, considéré le passant anonyme et lointain comme le digne représentant de ma condition. (Linked with Skywatch Friday)

mardi 11 décembre 2018

Les Dormeurs du Centre Georges Pompidou


Voilà
" Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.

En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels.
 " Gunther Anders

Et pourtant il suffit parfois d'une étincelle pour que la démoralisation devenue colère se propage en un grand incendie. (linked with our world tuesday)

lundi 10 décembre 2018

Portrait d'Aimé Césaire


Voilà,
dans le quartier latin on peut trouver quelques portraits peints de grands écrivains sur des murs ou des portes ou des boitiers de transformateurs électriques. Celui-ci se trouve je crois Rue saint Jacques non loin de la rue des Écoles et représente le poète antillais Aimé Césaire (Linked with Monday Mural)

Publications les plus consultėes cette année