Voilà,
un jour non loin de la rue Gît-le-Cœur, où se trouvait un hôtel fréquenté par les poètes beatniks lorsqu'ils venaient à Paris — il existe toujours mais c'est devenu un hôtel de luxe —, j'ai aperçu un pochoir représentant l'écrivain américain William Burroughs. J'ai retrouvé cette photo dans mes archives. C'est une amusante coïncidence car il y a quelques semaines j'ai visité l'exposition du Musée d'art moderne consacrée à Brion Gysin. Son nom est souvent associé à celui de William S. Burroughs. Gysin aurait inventé la technique du cut-up, où un texte original se trouve découpé en fragments aléatoires qui sont réarrangés pour produire un texte nouveau. L'écrivain américain qui voyait là l'aboutissement du langage comme virus et de l'écriture comme un lâcher prise de la conscience l'a expérimenté dans les ouvrages "The soft machine" "The ticket that exploded" et "Nova express" tous trois écrits au début des années soixante. Livres qu'on aurait sûrement pu trouver dans l'incroyable librairie "Regard moderne", longtemps tenue par Jacques Noël. Par chance elle existe toujours mais est beaucoup plus clean.
Burroughs petit-fils de William Seward Burroughs, inventeur de la première machine comptable et fondateur de la "Burroughs Adding Machine Company", n'est pas simplement connu pour son œuvre complexe et aride, mais aussi pour un fait divers sordide. Le , en voyage à Mexico, Burroughs, ivre, tue sa femme d'une balle en pleine tête en essayant de reproduire la performance de Guillaume Tell.
Arrêté Burroughs est inculpé pour homicide involontaire et passe un
court séjour en prison avant d'être relâché.
Eût-il été noir ou pauvre on peut bien évidemment supposer que la sentence aurait été bien différente — mais ça, c’est une autre histoire.
Yes, and he only killed his wife so who cares? Not much has changed apparently....hmmmmmmm.
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