Voilà,
J'aime bien faire le gogol. Le gars qui articule pas bien, qui parle fort en bavant un peu, le regard fixe les bras ballants. Je fais ça avec des copains... tout seul... quand j'ai besoin de relâcher la pression... Je ne fais pas semblant. D'ailleurs je ne fais jamais semblant. Je fais un point c'est tout. Mais quand je gogolise, je suis au plus près de moi. Je suis dans la juste expression d'une part de moi. Certaines personnes croient que je me moque. Je me suis jamais moqué des déficients, des handicapės, des bancals. J'en suis un. Au bout d'un moment ça finira bien par se voir. Je sais que ça en effraie quelques uns quand je suis dans cet état. Peu de gens, sont capables d'accepter cette dimension d'eux mêmes. Évidemment parfois j'ai peur que ça me porte malheur. Je pourrais tout aussi bien me retrouver à parler comme ça après un accident vasculaire cérébral, par exemple.
(...)
Débile, "clown, ras risible" comme écrivait Michaux. J'ai joué il y a longtemps dans un court métrage intitulé "Pointête", un gars un peu simplet qui se premait pour un coureur cycliste. Je crois avoir été assez convaincant, puisque des gens pensaient que ce n'était pas un acteur qui jouait. A l'époque, j'attendais ma fille, et j'avais peur que cette interprétation me porte malheur et que mon futur enfant soit autiste. J'étais sacrément ébréché à l'idée de devenir père. D'ailleurs la mère de ma fille, en dépit de ses nombreuses qualités, ne m'a jamais vraiment pardonné cette faiblesse, mais c'est une autre histoire.
(...)
Il y a ce film aussi dans lequel j'aurais adoré jouer. "Les Idiots" de Lars Von Trier. Lui je n'aime pas tous ses films – ce qui ne signifie pas que les films de lui que je n'aime pas soient pour autant mauvais –, mais "Les Idiots" me paraît un chef d'œuvre absolu. Je me souviens en particulier d'une scène ou deux personnes ne peuvent baiser ensemble qu'en faisant les débiles.
D'ailleurs arrive-t-il que les clowns fassent les clowns en baisant ? Il faudrait que je demande à Violaine qui est clown et prof de philo si elle l'a déjà fait.
(...)
(...)
Débile, "clown, ras risible" comme écrivait Michaux. J'ai joué il y a longtemps dans un court métrage intitulé "Pointête", un gars un peu simplet qui se premait pour un coureur cycliste. Je crois avoir été assez convaincant, puisque des gens pensaient que ce n'était pas un acteur qui jouait. A l'époque, j'attendais ma fille, et j'avais peur que cette interprétation me porte malheur et que mon futur enfant soit autiste. J'étais sacrément ébréché à l'idée de devenir père. D'ailleurs la mère de ma fille, en dépit de ses nombreuses qualités, ne m'a jamais vraiment pardonné cette faiblesse, mais c'est une autre histoire.
(...)
Il y a ce film aussi dans lequel j'aurais adoré jouer. "Les Idiots" de Lars Von Trier. Lui je n'aime pas tous ses films – ce qui ne signifie pas que les films de lui que je n'aime pas soient pour autant mauvais –, mais "Les Idiots" me paraît un chef d'œuvre absolu. Je me souviens en particulier d'une scène ou deux personnes ne peuvent baiser ensemble qu'en faisant les débiles.
D'ailleurs arrive-t-il que les clowns fassent les clowns en baisant ? Il faudrait que je demande à Violaine qui est clown et prof de philo si elle l'a déjà fait.
(...)
Il y a aussi me semble-t-il un exemple littéraire de quelqu'un qui décide de tomber le masque et de faire parler son fou-écrivain : c'est Gary quand il devient Ajar. Le "dispositif Ajar" me fascine encore aujourd'hui pour le paradoxe qu'il constitue : montrer tout en restant caché, tomber le masque et le garder à la fois, être l'un et l'autre, tout en préférant être l'autre plutôt que l'un. De toute façon quand on a offert au monde une certaine image de soi, les gens ne veulent plus vous voir autrement. Et Gary a très bien compris qu'il ne pourrait renouveler son art qu'en devenant un autre, et précisément cet autre là.
(...)
Tous ces trucs auxquels je pense en traînant de-ci de là, entre deux photos, avec des projets dans la tête, de plus en plus difficiles à réaliser en raison de la fatigue. Peter Handke, le dernier prix Nobel de littérature a écrit un essai sur la fatigue, mais je ne me suis jamais résolu à le lire. Trop fatigant, je crains. La photo pour ça c'est bien, c'est ce que je connais de plus reposant. Je peux le faire en me promenant. Oui, mes propos sont peut-être décousus, (quoique j'ai déjà fait pire) mais même si j'ai de plus en plus de mal à articuler une pensée j'ai cependant encore quelques trucs à raconter. Ça me fait du bien.
shared with Monday murals
(...)
Tous ces trucs auxquels je pense en traînant de-ci de là, entre deux photos, avec des projets dans la tête, de plus en plus difficiles à réaliser en raison de la fatigue. Peter Handke, le dernier prix Nobel de littérature a écrit un essai sur la fatigue, mais je ne me suis jamais résolu à le lire. Trop fatigant, je crains. La photo pour ça c'est bien, c'est ce que je connais de plus reposant. Je peux le faire en me promenant. Oui, mes propos sont peut-être décousus, (quoique j'ai déjà fait pire) mais même si j'ai de plus en plus de mal à articuler une pensée j'ai cependant encore quelques trucs à raconter. Ça me fait du bien.
shared with Monday murals





