| Métro parisien Décembre 2012 |
un jour dans le métro un préposé à l'arrachage des affiches publicitaires était venu décoller toutes celles qui avaient été les mois précédents superposées sur un même emplacement. Aussitôt des voyageurs parmi ceux qui attendaient sur le quai s'étaient rassemblés autour de son espace de travail délimité par des bandelettes plastifiées bicolores orange et blanc, et bien évidemment chacun avait sorti qui son appareil photo qui son smartphone. Ainsi le travailleur, sans doute modestement rétribué, était-il devenu, et cela simplement parce que son activité s'effectuait aux yeux de tous, une sorte de performer bien malgré lui. L'intérêt que ces témoins portaient pour les images hasardeuses suscitées par ces arrachages successifs, m'avait alors surpris. Ce qui autrefois, avec les décollement de Raymond Hains ou de Jacques Villeglé avait été raillé comme relevant d'une avant-garde fumiste et facile accédait désormais, au rang d'œuvre d'art populaire et reproductible, confirmant l'intuition de Marcel Duchamp selon laquelle c'est le regard de l'observateur qui confère à un objet son statut. Mais plus encore, j'avais été frappé par l'exigence que ces curieux avaient alors manifesté vis-à-vis du travailleur. Car lorsque celui-ci arrachait - trop promptement à leur goût - les morceaux d'affiches qu'il entassait ensuite en vrac sur le quai, les empêchant ainsi de fixer l'image qu'ils avaient un trop bref instant entrevue, les spectateurs n'hésitaient pas à exprimer à haute voix et sans aucune gêne leur désapprobation et leur déception. Ainsi s'arrogeaient-ils de la sorte un droit sur le geste du travailleur se muant donc à la fois en contremaîtres, en consommateurs exigeants et capricieux, en metteurs en scène d'un acte qu'ils n'avaient aucunement initié, et en voyeurs consentants et complice du spectacle de l'exploitation. C'est à cela que je repensais hier après avoir croisé la petite licorne bleue dans un couloir de correspondance.
shared with midweek muse challenge

































Trois ans, muy bien, ce serait si bien que tu poursuives.
Excellent weekend.
je viens te lire régulièrement, j'aime beaucoup tes petites touches et ton regard sensible. je ne dis rien... j'ai peut-être tort. mais je n'ai pas beaucoup d'inspiration, hélas !! Je me souviens d'un de tes commentaires chez moi qui m'encourageait à être ce que je suis et à développer mes talents. il m'avait beaucoup touché... Je pourrais te renvoyer la balle :) et te dire que la peur est mauvaise conseillère...mais d'une certaine façon, je crois que tu as un peu raison : le blog est peut-être une source de satisfaction à bon compte, qui empêcherait d'approfondir et de développer son potentiel. une forme d'addiction aussi... oui. je le crois. pour moi, ça a été le cas, moins maintenant.
En tout cas, je trouve que tes doutes sont exagérés : tu sais très bien rendre une ambiance et créer une symbiose entre l'image et le texte. c'est mon avis.
bon week end !!
one must, i think, make art because one must make art and for no other reason. all else is freedom. you owe no one anything but yourself and what you owe yourself is your authentic voice.
i see you in your new photograph as though you grow wings. you are beautiful here.
xo
erin