Voilà,
il existe au cimetière du Montparnasse deux statues funéraires réalisées par Niki de Saint Phalle. L'une pour Jean-Jacques Gœtzman, un de ses amis décédé en 1992 des suites du sida. Niki de Saint Phalle l'avait rencontré pour la première fois par l'intermédiaire d'un autre ami, Geoffrey Humphrey, également décédé pour les mêmes raisons. Jean-Jacques avait déjà été diagnostiqué séropositif et partageait un logement avec Humphrey dans un complexe résidentiel pour personnes atteintes de cette maladie.
Lorsque Jean-Jacques Gœtzman qu’elle comparait à un oiseau, mourut en 1992, Niki de Saint Phalle décida de réaliser cette sculpture en mosaïque de miroirs monté sur une armature métallique provenant de l'atelier de Tinguely.
L'autre sculpture se trouve sur la tombe de Ricardo Ménon qui fut son assistant pendant dix ans. Il travailla avec elle dans le Jardin des Tarots à Garavicchio de Pescia Fiorentina, dans la commune de Capalbio en Toscane. C'est lui qui lui présenta la céramiste Venera Finocchiaro, qui a ensuite réalisé toutes les céramiques du Jardin des Tarots.
Une forte amitié liait Niki et Ricardo. Lorsque Niki de St Phalle fut atteinte d'arthrite invalidante, Ricardo l'a nourrie, portée et lavée. Connaissant les inclinations sexuelles de Ricardo, elle le mettait souvent en garde contre les dangers du sida, redoutant qu'il ne contracte un jour le virus.
C'est Ricardo qui présenta à l'artiste un compatriote argentin, Marcelo Zitelli, qui plus tard devint son nouvel assistant. Ricardo quitta le Jardin des Tarots et retourna en France, sans dire à Saint Phalle qu'il avait contracté la maladie. Elle ne l'apprit que deux ans plus tard, lorsqu'il fut hospitalisé.
C'est Ricardo qui présenta à l'artiste un compatriote argentin, Marcelo Zitelli, qui plus tard devint son nouvel assistant. Ricardo quitta le Jardin des Tarots et retourna en France, sans dire à Saint Phalle qu'il avait contracté la maladie. Elle ne l'apprit que deux ans plus tard, lorsqu'il fut hospitalisé.
Dans son journal Niki a écrit "Aujourd'hui, quand je pense à lui, j'ai les larmes aux yeux. J'aurais aimé être là pour lui... Ricardo, espèce d'imbécile. Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? Je sais que tu voulais me protéger, mais nous avons tous les deux souffert davantage : toi, seul avec ton secret, et moi, incapable d'apaiser tes tourments."
Parce que Ricardo lui évoquait un chat, fier, mystérieux et sexy, elle lui promit, alors qu'il était mourant de réaliser en sa mémoire une sculpture représentant cet animal qu’elle disposerait sur sa tombe. Il apprécia l'idée et elle se mit en quête d'un lieu où il serait digne d'être enterré. Une sculpture similaire se trouve aussi au Jardin des Tarots.
Parmi les nombreuses causes qu'elle a défendues (celle des Noirs américains, celle de la libération des femmes et de la lutte contre le patriarcat) elle s'est aussi beaucoup investie dans le soutien des malades atteints du sida. Engagée dans l'association AIDES elle a d'ailleurs réalisé avec son fils un film sur le sujet.
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