Voilà,
le 25 Septembre 2026, lors du passage du pape dans mon quartier, j'aurais entendu deux phrases assez étonnantes pour un mécréant comme moi. D'une part "tous les gens bien élevés sont dehors aujourd'hui à Paris", ce qui est pas mal dans le genre con, et d'autre part, celle d'une fille portant une casquette "le challenge rugby des cathédrales" (intrigué je lui ai demandé de quoi il s'agissait) qui m'a expliqué que le challenge des cathédrales propose aux étudiants de toute la France de défendre les couleurs de leur diocèse lors d'un tournoi en juin, que le prochain se tiendrait à Lyon et qu'il fallait que j'en parle autour de moi car cela permettait, je cite, "des rencontres des échanges un peu de sport et un peu de spi" (spiritualité j'imagine). Je me suis mêlé à la foule, j'ai pris des photos, il y avait de tout, des cathos de droite de la fondation Lejeune particulièrement investie dans la lutte contre l'avortement, un groupe de pseudo rock chrétien ânonnant des refrains affligeants sur le retour de Jésus, des jeunes bénévoles en T-Shirt jaune avec des pancartes en forme de gros doigt pour nous indiquer la bonne direction, des vieux épuisés assis sur des bancs tenant des petits drapeaux du Vatican gardant précieusement leurs places pour bien voir le pape au moment du passage, des familles bcbg qui attendaient avec bonne humeur, guettant sur leur portable le trajet du souverain pontife. J'ai même croisé une chrétienne gothique vêtue de noir avec des traces de tatouages aux avant bras et une grosse croix en bois bien visible battant sur son buste au rythme de sa marche. Pour tromper l'attente, comme dans les stades de foot, des jeunes chantaient pooopolopopopoo sur l'air de la ligne de basse mi-mi-sol-mi-ré-do-si de "seven nation army" des White Stripes. J'ai pris des photos bien sûr, mais bon, il faut faire gaffe maintenant, on ne peut plus montrer des visages comme ça. Toutefois je peux montrer ça qui est assez énigmatique
Il s'agit d’une sorte de drapeau sur les épaules d'un jeune homme, où l'on distingue le cœur enflammé représentant le Sacré-Cœur de Jésus, c’est-à-dire l’amour du Christ pour l’humanité, la couronne d’épines pour rappeler la Passion et les souffrances du Christ, la croix au-dessus du cœur qui signifie le sacrifice du Christ et enfin les flammes qui traditionnellement symbolisent l'amour divin. Par contre les dispositions des couleurs n'évoquent aucun pays sinon celui de l'Equateur dans le désordre. Mais, en bon daltonien, je ne pouvais résister à l'attrait de cette bannière bien flashy. Je ne peux m'empêcher de penser que si on avait laissé le son nom originel au Christ, à sa mère Myriam et à son père le charpentier Youssouf, Yeshua aurait beaucoup moins d'adeptes de par le monde. Et puis il doit beaucoup à l'iconographie catholique et romaine qui l'a représenté sous des traits européens, alors qu'en fait il ressemblait peut-être plutôt à Benny Levy ou à Yasser Arafat.
Au passage concernant je recommande l'excellent livre de Nick Toshes "Sous Tibère" et le chef d'œuvre de José Saramago intitulé "L'évangile selon Jésus-Christ"
Et puis un jour, allez, je la montrerai ma photo du pape, si son boss m’en laisse le temps… En attendant je vous offre cette apparition entrevue cet été et dont, ma foi, le graphisme plaît bien.


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