vendredi 7 août 2015

L'Emprise


Voilà,
de nouveau étreint par cette sensation d'urgence et de nécessité. Comme si dire et montrer étaient la seule issue possible la seule forme d'exorcisme pour évacuer ou plus exactement amadouer l'angoisse, qui d'ailleurs n'en est plus tout à fait une, puisque dit-on l'angoisse est sans objet. Or devant le faisceau de trop de signes concordants, une panique mêlée d'effroi vient au jour, une peur grandissante comme celle que provoque depuis la côte encore ensoleillée la vision lointaine d'un ciel lourd où s'amoncellent de sombres nuages que le vent portera bientôt dans votre direction. Et tout à coup cette stratégie semble ne plus être vraiment la bonne et cette volonté de mots et d'images paraît dérisoire, sinon vaine et inutile. Tant et tant de phrases de dessins de photos accumulés ces cinq dernières années. Certes, j'ai ainsi acquis l'estime de quelques inconnus, l'affection discrète et bienveillante de certains autres. Parfois se sont esquissés des correspondances, des échanges... Mais au fond, c'est toujours la même solitude, la même impression d'égarement et le même sentiment de perdition que j'éprouve à chaque fois, devant l'écran où s'alignent ces petits signes, comme autant de misérables gredins. Jamais me semble-t-il je ne connaîtrai de façon durable la paix intérieure. Jamais non plus mon prochain. Que vais je faire désormais ? Je me disperse dans l'infinie variation des formes à la recherche de significations pour annuler l'emprise despotique d'une tristesse qui me hante comme un amour fantôme.

jeudi 6 août 2015

Le quatrième envoi de Pierre

Voilà,
en fait Pierre a été très rapide à répondre aux propositions que je lui ai faites. Je lui ai suggéré d'en faire autant avec ses photos, mais pour le moment je n'en ai légendées que deux. Oui je crois vraiment que j'ai un problème avec les mots. Ils ne viennent pas facilement à la pensée dont ils sont trop souvent qu'une sorte d'anamorphose.



"Hors champ, un homme âgé. Il porte une casquette claire, des lunettes de soleil, des Rayban à grosses montures, un pull en laine bleue sur une chemisette à petit carreaux ; sa braguette est ouverte. Appuyé sur son déambulateur, Il regarde son fils qui regarde la mer. Sa vue est trouble, le temps calme. Il voudrait poser la main sur l’épaule de son fils. Quelque chose l’en empêche. Il ne sait pas quoi. Il n’a jamais su…" (Pierre Carrive)

mercredi 5 août 2015

Le troisième envoi de Pierre

Voilà,
je continue la publication des textes de Pierre Carrive. C'est étrange de se déposséder ainsi d'images associées à des moments rappelant des souvenirs précis bien que lointains. Et cela m'intrigue que l'on puisse y raconter autre chose que ce que j'ai vu. Ce qui me plaît dans ces vignettes, c'est qu'elles font exister le hors-champ, ou comme dans la précédente quelque chose d'invisible parce que trop lointain dans l'image. Bravo Pierre, ton inspiration ne tarit pas. Reviens quand tu veux.


"Hors-champ, le ventilateur est en panne. la pluie claque. Dehors, sous le porche, un homme attend. Il est vêtu tel Bob Morane dont, enfant, il était si friand des aventures : costume d’alpaga beige, semelles de crêpe. Il fume ; une camel sans filtre bien sûr. Il attend que cesse l’averse. Il n’est pas très sûr de revenir…" (Pierre Carrive) Linked with the weekend in black and white

mardi 4 août 2015

Le deuxième envoi de Pierre

Voilà,
je continue la publication des vignettes que Pierre a aimablement accepté de rédiger à mon intention, pour légender quelques photos que je lui ai envoyées. Août : il devrait faire du surf en ce moment. Mais un mal de dos l'en empêche. Alors en attendant il s'occupe. Plutôt bien à mon goût :-)


"Tout au fond, loin dans l’image, il y a un homme qui trime au coeur du cargo. Ce mécanicien vient des Philippines. il aime son métier. Seul avec ses machines. Sa salopette est couverte de graisse. Le bruit est lancinant. Il pense au petit hydravion de plastique blanc qu’il a acheté pour son fils lors de sa dernière escale…." (Pierre Carrive)

lundi 3 août 2015

Le premier envoi de Pierre

Voilà,
comment ça s'est passé : sur un réseau social de couleur bleue, j'ai vu des publications d'un ami qui légendait des photos, avec des petits textes qui me plaisaient beaucoup, concis et poétiques. J'ignorais qu'il avait ces talents d'écriture. Il faut dire que même si l'on se connaît depuis bientôt quarante ans – et on a vécu ensemble en ce temps-là quelques aventures artistiques joyeuses – nous ne nous voyons qu'une ou deux fois l'an. Je me suis mis donc en relation avec lui et je lui ai proposé de légender quelques images que je lui enverrais. C'est une chose dont j'ai envie depuis longtemps. Dans les années quatre-vingts j'avais eu envie de proposer ça à quelques auteurs et amis, mais par timidité je ne l'ai pas fait. Et puis les moyens de communication n'étaient pas aussi développés que maintenant. J'ai réessayé un peu plus tard avec A.L. qui tient un blog, mais il a décliné ma proposition. Donc cette fois-ci, ça marche, d'autant plus que Pierre, aussitôt reçues les images, a très vite réagi. Tout ça me plaît bien. D'une part ça me fait des vacances, parce qu'en ce qui me concerne, mon rapport aux mots est laborieux et conflictuel, ou du moins tendu. D'autre part ça me permet de prendre un peu de distance avec ce que je photographie ou fabrique et de sortir de mes gamberges un peu maussades. Enfin, ça me permet de partager, comme autrefois les improvisations que nous faisions avec d'autres sous le regard joyeux et bienveillant de Didier Flamand où nous donnions le meilleur de nous-mêmes. Et puis il y a quelques moments qui restent bien imprimés dans ma mémoire. Ceux que je nomme les moments poignants : un après midi printanier, nous sommes assis sur la pelouse de l'université de Censier avec Pierre et Elisabeth et on parle de théâtre, on a vingt ans... Un peu plus tard on passe des vacances à Hendaye en Juin 1982 dans la maison de ses parents. C'est de le début de la coupe du monde de Football en Espagne. Parfois le soir je vais voir des matches dans les bars. Il essaie de m'initier au surf... D'ailleurs à Paris il circule en skateboard alors que ce n'est pas encore la mode...
Donc ça c'est le premier envoi


"Hors champ, quelques vedettes, de petit bateaux de pêche côtière. Aujourd’hui il ne les regarde pas. Son regard a été happé par cette jeune femme à l’anorak clair, une écharpe autour du cou. Ce pourrait être sa fille…" (Pierre Carrive)

dimanche 2 août 2015

Dormir pour oublier (19)



Voilà,
parfois j'ai quelque scrupule à photographier les clochards, les sans-abri et tout ceux qui s'épavent sur les trottoirs. Mais Henri Cartier-Bresson en a fait de même après tout. Alors pourquoi s'interdire ce que les grands maîtres se sont autorisés. Celle-ci ne date pas d'hier. Je me souviens que c'était à la sortie du métro. Je regrette que la silhouette en arrière-plan ne soit pas plus au centre, mais il a fallu faire vite, quelqu'un entrait dans le champ par la droite et j'aurais perdu mon lecteur. Le regard est à la hauteur de celui d'un chien. Ça me plaît. D'ailleurs j'étais moi-même alors un chien. Errant et abandonné. Mais je n'en laissais rien paraître.

samedi 1 août 2015

Taper le carton


Voilà,
une photo volée à Funchal de deux chauffeurs de taxi jouant aux cartes sur un rebord de fenêtre en attendant le client. J'ai passé peu de temps dans la capitale de l'île. Il faudrait y revenir, y demeurer plus longtemps, trouver une pension paisible pour écrire... Mais ce ne sont là que des fantasmes. Écrire quoi d'abord ? Suis-je vraiment capable d'autres chose que de mes petites chroniques ? Et puis il est vraisemblable que tout au long de l'année des hordes de touristes se déversent sur la ville. Et que ce sera de pire en pire. Peut-être les Açores sont elles encore relativement préservées et que c'est plutôt par là que je devrais aller. On sent bien qu'ici à Madère les choses ont changé très vite. Le désenclavement est récent. L'argent de la communauté européenne acquis avec l'entrée du Portugal en 1988 a permis de gigantesques travaux d'infrastructure, à commencer par la piste aéroportuaire dont les colonnes qui la soutiennent sont impressionnantes. En trente ans, l'île à été creusée de tunnels routiers, sillonnée de voies rapides. Des viaducs traversent des vallées encaissées reliant des endroits autrefois difficilement accessibles, même si des régions comme l'ouest sont encore peu desservies. Des canaux pour contenir l'eau des montagnes abondante en hiver ont été aménagés, des écoles bâties. C'est spectaculaire et vaguement effrayant, car c'est aussi un bouleversement géologique considérable. Le béton, matériau assez peu usité voilà trente ans à peine, y a massivement été introduit. On a fait trembler ces montagnes à coup de dynamite pour y faire passer des tunnels, et l'on voit bien que ce n'est pas sans conséquence puisque l'ancienne route de la corniche qui permettait d'accéder à Porto Moniz par exemple, est interdite à la circulation à cause de chutes de pierres. Pour le moment, les habitants semblent contents puisque le retour sur investissement est considérable. Enfin peut-être pas tous. Certaines maisons qui donnaient sur la mer se sont retrouvées tout à coup devant une voie rapide, au pied d'un viaduc, sous un téléphérique, des propriétés ont été amputées, des terrasses sont devenues inutilisables, plongées dans l'ombre. Mais bon le tourisme est une manne en temps de prospérité. Rien ne dit que la prospérité va durer. On voit aussi dans les comportements que ce qui va avec le progrès n'a pas complètement été assimilé. Les chauffeurs roulent ici fenêtres ouvertes dans des tunnels routiers surpollués. D'ici quelques années ils s'interrogeront peut-être sur l'épidémie de cancers du poumon qui les accablera. En tout cas tout semble être allé très vite pour cette île. C'est pourquoi j'aime la photo de ces deux hommes qui semblent d'un autre temps

vendredi 31 juillet 2015

De sa place


Voilà,
Au moment où j'ai déclenché je me suis dit que peut-être l'homme reflété dans la vitre en train de photographier avait eu la même idée que moi et cherchait à obtenir le même effet dans sa photo. Mais je n'ai pas songé par la suite à vérifier si ce qu'il avait vu de sa place pouvait ressembler à ce que j'avais aperçu de la mienne. Cela m'a rappelé cette phrase lue, il y a peu, dans un roman "L'œil dans lequel tu vois le monde est curieusement l'œil dans lequel le monde te voit". 
première publication  31/07/2015 6:57

jeudi 30 juillet 2015

I read the news today oh boy....


Voilà,
les nouvelles du jour, tout comme cette dame absorbée dans sa lecture, je les ai, moi aussi, bien évidemment lues. Mais sur cette machine où j'écris à présent et dont je suis en quelque sorte devenu l'esclave. À quoi cela me sert-il d'être en permanence relié au monde ? Je n'en suis pas plus heureux, je ne m'y sens pas moins seul. Et malgré la splendeur de certain lieux, malgré le dépaysement, un chagrin sans réel objet, ou dont l'objet demeure confus, mais qui sans doute a quelque chose à voir avec la sensation d'inacomplissement, d'impasse, d'absence de perspectives ou de perspective insatisfaisante, un chagrin donc, ne me quitte pas. C'est un petit chagrin qui va et qui vient, vif espiègle et insaisissable comme ces lézards qui se faufilent dans les anfractuosités d'un mur de pierres. Je m'en accommode. En fait je crois que je le connais bien, mais il est passé maître dans l'art du camouflage et du travestissement. Beaucoup plus joueur que je ne le suis, il aime à changer de forme. Il fait son intéressant. Il appuie où ça fait mal. Pour la première fois depuis trois ans il est revenu pendant l'été. Un peu de tourisme n'est pas pour lui déplaire. Il peut toujours en faire son miel.  Mais il ne m'aura pas. Je suis têtu moi aussi. Même si souvent je grogne et ronchonne, même si j'ai quelqu'inaptitude à l'optimisme, je continuerai malgré tout, malgré le monde tel qu'il va et surtout tel qu'il ne va pas, mon chemin obstiné vers la Joie. Cela n'exclue pas une certaine distance critique, bien sûr. (linked with "The weekend in black and white")

mercredi 29 juillet 2015

Chapeaux


Voilà,
bien sûr il y a les chapeaux, mais aussi cette fougère géante. Je ne vais pas cette nuit m'attarder une fois de plus sur les fougères. J'attendrais quelques jours ou quelques semaines. Aujourd'hui j'ai visité le Monte Palace Tropical Garden de la Fondation Berardo. Je suis heureux d'avoir vécu jusque là pour voir cette merveille. Je crois que de ma vie je n'ai vu d'aussi beau jardin. Je suis encore sous le choc de tant de beauté. Mais bon je me suis tout de même laissé distraire par les chapeaux. Une famille je crois. En tout cas un groupe. Ils semblaient tous se connaître. (Linked with the weekend in black and white - TADD)

mardi 28 juillet 2015

Fougères



Voilà,
bien sûr c'est cela, c'est à cause des fougères, cela m'est revenu alors que j'allais m'endormir, ce sous-bois après la pluie avec cette grande qui me prend par la main, comme si c'était normal, comme si j'étais son petit frère, et qui est gentille simplement gentille avec moi, le sous-bois dans mon souvenir est tapissé de fougères. Je ne me souviens pas de son visage, mais de la sensation oui, et des fougères aussi. Ici aussi il y en a partout. Je les aime, les fougères elles viennent de loin, de la préhistoire, je crois. Quand au détour du chemin cette vision m'est apparue j'ai été bouleversé.

lundi 27 juillet 2015

La Tête dans les Nuages


Voilà,
j'aime le climat océanique, surtout dans la forêt. Cela me rappelle des souvenirs d'enfance, lorsque je vivais dans les Landes. Des jeux de piste, les derniers bains au lac la veille de la rentrée, un après-midi dans un sous-bois humide dont je me souviens à cause d'une inconnue attentionnée. Aujourd'hui j'ai retrouvé ces sensations lointaines au cours d'une excursion dans cette île où, dit-on, coexistent plusieurs microclimats. C'était l'automne au matin, le torride été à la fin du jour. J'ai, comme dans un rêve, et avec un sentiment d'irréalité persistant qui n'était pas désagréable, traversé des nuages glissant sur des paysages grandioses et pourtant paisibles, et longé des sentiers que tracèrent autrefois, souvent au péril de leur vie, des bâtisseurs soucieux d'irriguer la terre qui les avait accueillis. linked with skywatch friday)

dimanche 26 juillet 2015

Le Paysage



Voilà,
Face au paysage, il s'agit de trouver sa place. Ce n'est pas toujours une affaire très simple. À ce moment là, sans doute parce qu'il y est souvent questions de touristes, j'ai pensé au recueil de nouvelles "L'Imitateur" de Thomas Bernhard, qui est un de mes livres préférés. (Linked with skywatch friday)

samedi 25 juillet 2015

Lecture d'été


Voilà,
aujourd'hui en lisant sous un parasol "La Femme gelée" d'Annie Ernaux, je me suis endormi. Non que le livre soit ennuyeux (un instant j'ai songé le recommander à mon amie Julie qui trouve que sa vie conjugale a bien changé depuis la naissance de sa fille, et puis non ce n'est peut-être pas une bonne idée) mais par moment le sommeil m'assaille et je ne peux lutter. Comme je n'avais pas cru bon de me protéger autrement qu'avec ce parasol, j'ai quand même pris un coup de soleil. Ce soir je suis l'homme cuit. Alors qu'il était sur le point de se coucher, je me suis avancé vers le coupable et j'ai pris ce cliché.

jeudi 23 juillet 2015

Out of my wits


Voilà,
rien à ajouter, 
si ce n'est que ce dessin m'a fasciné la première fois où je l'ai vu et m'enchante toujours autant.
je l'ai trouvé il y a longtemps par hasard sur internet et n'en connais pas l'auteur.

mercredi 22 juillet 2015

Qu'est ce qui m'empêche vraiment ?


Voilà,
Je m'en veux du tour mélancolique pris depuis quelque temps par ce blog. Sans doute est-ce en lien avec l'actualité récente. Le sort fait au peuple grec par l'Eurogroupe, et le désespoir collectif que cela suscite là-bas — qui me touche bien au-delà de ce que j'aurais pu imaginer —  et le délitement moral du projet européen y sont bien sûr pour quelque chose. "Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles" disait Shakespeare. Mais, les perturbations climatiques, les désordres sociaux, les désastres écologiques que l'on continue de provoquer, l'arrogance des puissances financières et du Patronat, l'absence d'alternative politique, les tricheries généralisées, les mensonges diffusés par la presse, l'hystérie religieuse, le fascisme rampant, la menace terroriste bien réelle, la novlangue de l'Entreprise contaminant toutes les sphères de la société, la connerie des chauffeurs de taxi, la médiocrité de nos dirigeants, leur manque total de vision, le fait de vivre dans un monde où l'on est asservi à l'information, où l'on se retrouve réduit à l'état de "consommateur de contenus", ma propre incapacité à échapper à la permanente tentation des écrans, ma dépendance à l'internet, tout cela m'afflige aussi. J'ai du mal à trouver du sens au milieu de cette confusion. Je me sens terriblement impuissant face à tout ce que je lis vois et entends. Impuissant et inutile. Submergé par la saleté du monde. Autour de moi, nombre de proches, d'amis se sentent eux aussi aliénés à des logiques absurdes qui ne leur permettent plus de se réaliser comme ils le souhaiteraient, et tout comme moi semblent gagnés par l'impression de survivre plutôt que de vivre. J'ai souvent la sensation d'être en sursis. Cela me fatigue. Je ne parviens plus à rire, à me projeter hors de ce présent où je m'englue. Je n'avais jamais imaginé que la dépression me figerait ainsi. Je passe des heures à tourner en rond chez moi. Je n'ai même plus envie de sortir. J'ai du mal à penser que j'ai un enfant qui m'aime et a besoin de moi. Je fuis le soleil, et parfois il semble que c'est l'ombre qui gagne. Je n'ai même plus le courage d'arroser les plantes sur le balcon. J'ai envie de me sauver, je voudrais qu'on me sauve. J'ai peur de ma propre solitude qui fut autrefois pourtant si féconde.
Ce matin après une nuit faite d'éveils et d'endormissements, j'ai entendu le "Born to run" de Bruce Springsteen. J'ai, au passage, repensé à Volana, brièvement croisée il y a quelques années, qui n'aimait pas Bruce Springsteen,  mais j'ai surtout songé à ces temps plus lointains encore où en dépit de la noirceur du monde décrit dans la chanson, il y avait de l'allégresse et de l'espoir : 
Someday girl I don't know when / we're gonna get to that place /Where we really want to go / And we'Il walk in the sun / But till then tramps like us / Baby we were born to run. 
Qu'est-ce que je peux encore faire pour aller de l'avant ?
N'ai-je pas trahi ma jeunesse ?
Je dois me ressaisir.

Post Scriptum
je viens de découvrir sur une affiche le concept de feel-good movie à propos d'un film indien qui vient de sortir. Il est écrit que c'est entre "Slum dog Millionnaire" et "The Lunchbox". Un feel-good movie ça raconte qu'il y a des gens qui vivent dans la difficulté, dans des conditions économiques pas fameuses mais qui quand même arrivent à s'en sortir. Donc voilà, la vie devient de plus en plus dure, ici, on vous licencie, (mais on appelle ça un Plan de Sauvegarde de l'Emploi), on réduit vos droits, vos salaires en exigeant toujours plus de vous, mais pensez aux petits indiens qui sont si courageux si tenaces et toujours de bonne humeur, ça vous réconfortera...

mardi 21 juillet 2015

Jeunes Mariés


Voilà,
cette image, je l'ai composée à la hâte après une grande frayeur. En fait à présent sa monstruosité m'amuse. Néanmoins j'ai quand même passé un long moment d'incertitude avant que d'y trouver quelque gaîté. À bien y regarder, ne sont-elles pas aussi grotesques que pitoyables, ces deux pauvres silhouettes ? Quoiqu'il en soit le résultat m'intrigue. Peut-être est-il prématuré de la mettre en ligne. Il est possible que d'ici quelques jours, une fois la surprise passée, ce jeune couple me paraisse moins attrayant. On verra.
Je crois que pendant un certain temps quelques images bizarres vont apparaître.
Je n'y peux rien, j'ai besoin d'autre chose. De changer ma manière.
Tentatives, tentatives...

lundi 20 juillet 2015

Dormir pour oublier (18)


Voilà,
c'était quand déjà ? Il y a un an, deux ans ? c'était l'été je me souviens, en dépit des feuilles mortes jonchant le sol. Oui peut-être l'année dernière quand je suis repassé en juillet entre Avignon et la Corse. Un été pourri à Paris cette année là. Bon, on s'en fout, il ne s'agit pas de parler de la météo de l'année dernière. Mais des pauvres au rebut, abandonnés au sol comme les encombrants dont on cherche à se débarrasser. Ils cadavrent sur les trottoirs et tout le monde s'en fout. Lui, il a trouvé un matelas. Une aubaine sans doute pour lui. Un luxe dans sa détresse... C'est étrange l'Humain. Capable de laisser son prochain agoniser sur l'asphalte dans la plus grande indifférence. Peu soucieux de la planète qu'il saccage avec une obstination frénétique. Tranchant des têtes des mains, bombardant aveuglément par-ci par là pour des dieux qui n'existent pas et cependant suffisamment ingénieux pour envoyer des satellites aux confins du système solaire et y enregistrer les images saisissantes d'une planète où jamais un terrien ne pourra se rendre.

dimanche 19 juillet 2015

Dans la Nasse


Voilà,
pris dans la nasse. Pas le temps de vivre. Trop de choses stupides à accomplir. Ranger, trier, vider, jeter. Tant qui s'est accumulé et dont je ne sais comment me débarrasser. Trop d'envie contradictoires, aussi. D'appréhensions pour tout et n'importe quoi. Partir. Voudrais partir. Vite tout de suite loin. Mais il faut se soigner, prendre des rendez-vous. Il faut dormir surtout. Se taire. Ne pas songer à toutes ces obligations qui d'ores et déjà s'accumulent pour Septembre. La vie pourtant pourrait ressembler à une chanson gaie, une chanson d'été insouciante. Mais la folie guette. Je ne parviens pas à être comme Patricio N. charmant, enjoué, souriant.


jeudi 16 juillet 2015

Assemblée Nationale


Voilà,
il existe à Paris une station de métro qui s'appelle "Assemblée Nationale". C'est là que j'ai pris ce cliché que j'ai trafiqué pour qu'on n'y reconnaisse pas la femme en train de tapoter sur son smartphone. Elle est assise devant une photo géante de l'hémicycle où les députés français viennent d'approuver l'accord européen mettant la Grèce sous tutelle au risque d'humilier un peu plus un peuple ayant refusé des conditions qui depuis cinq ans n'ont cessé de l'appauvrir. Que Tsipras n’ait eu que le choix de se battre jusqu’au bout de la nuit pour sauver son pays d’une banqueroute immédiate est une chose, que les députés français aient, hier après-midi, à une très grande majorité, favorablement jugé ce très injuste compromis en est une autre. Peu ont évoqué comme l'a fait Noël Mamère le caractère putschiste et colonialiste de ce qui s’est passé dans la nuit du 12 au 13 juillet et qui restera comme une tâche honteuse dans l'histoire de l'Europe et aussi de la France dont l'actuel président est un piètre mandataire. Cette photo de l'hémicycle vide correspond bien à une réalité. Aujourd'hui c'est la démocratie qui est bafouée en Grèce comme elle le sera aussi dans la plupart des pays d'Europe. La démocratie directe, celle qui use de voix référendaires a, une nouvelle fois, après les consultations sur la constitution européenne annulées par le traité de Lisbonne, été tenue dans le plus grand mépris, par l'Eurogroupe dont parle Varoufakis dans un entretien. Je le livre en Anglais et en français, c'est très édifiant. Ce qui s'est passé pendant cette première quinzaine de Juillet laisse augurer bien d'autres désillusions sur l'Europe qu'on nous prépare. Et ce ne sont pas les négociations sur le TAFTA (ou TTIP en anglais) qui peuvent rassurer. Ce que Bruxelles souhaite c'est une Europe livrée aux banquiers aux spéculateurs et aux lobbies industriels désireux de s'affranchir des lois sociales, des contraintes écologiques, et des législations nationales. Un fascisme industrialo-bancaire est en train de s'installer sournoisement en Europe devant lequel nous ne pouvons que constater notre impuissance. L'Europe politique, qui n'a jamais été bien fameuse et toujours plus ou moins en construction, s'effondre. C'est même un fruit qui pourrit doucement avant d'être parvenu à maturité. Parfois j'ai l'impression d'être aussi impuissant que pouvaient l'être les démocrates européens entre 1933 et 1938. Et surtout je me sens honteux de ce qui, en mon nom, par les représentants de mon pays, est infligé au peuple grec dans une enceinte dont la façade néoclassique à colonnes est pourtant veillée par les statues de Thémis et Athéna. Il est fort probable que ce qui se passe là-bas soit la bande annonce de ce que les Oligarques de la Finance souhaitent au plus vite pour l'Espagne, le Portugal, la France l'Italie puis ensuite pour l'Europe entière : asservir les peuple au diktat du marché et de la spéculation. (Linked with Pictorial Tuesday)

mercredi 15 juillet 2015

Écotone



Voilà,
on appelle écotone la zone de transition écologique entre deux écosystèmes. Par exemple le passage de la savane à la forêt ou le passage d'une plaine alluviale à une zone inondable. C'est un concept récent qui s'applique dans l'écologie du paysage. On désigne aussi ces zones de transition par l'expression "effet de lisière". En voici un exemple. Le corps s'est penché en avant dévoilant soudain la peau et la signifiant comme zone de transition entre ce qui est habituellement caché et ce qui est soudain montré. L'apparition de la lingerie dans le bâillement du jean crée un autre effet semblable entre l'intime et l'extime. Dans le corps j'aime ces endroits de jonction comme l'aine, les aisselles, le cou, les poignets, le bas du dos...

mardi 14 juillet 2015

Vieux Démons



Voilà,
l'Histoire nous rattrape : 
l'Europe retrouve ses vieux démons.  
Les querelles d'antan que l'on croyait oubliées ressurgissent, s'actualisent autrement.
Je fais des cauchemars
shared with  friday face off

lundi 13 juillet 2015

And I've got the blues


Voilà,
souvent me promenant dans les rues surpeuplées d'Avignon il m'est arrivé d'imaginer le carnage que pourrait y faire un tueur fou déguisé en clown, ou un djihadiste obsédé par la perspective de déflorer 70 vierges au paradis. Un bref instant l'apparition de ce bleu a eu raison de ces obsédantes visions de terreur et d'effroi. But fucking mosquitoes still suck my blood.

dimanche 12 juillet 2015

Ce jour là il avait fait beau temps


Voilà,
il y a un grand nombre d'années jour pour jour, j'ai fait la connaissance de mon oncle Ph. Voilà l'histoire : j'étais vraisemblablement en train de regarder le tour de France à la télévison dans cet appartement de fonction aménagé sous les combles du pavillon Boncourt de l'école polytechnique où j'habitais avec mes parents
Je l'ai d'abord rencontré au mess des sous-offs de l'Ecole Polytechnique, où mon père me l'avait présenté comme mon demi-oncle puisque c'était son demi frère (ah! ah! quel humour) et puis ensuite nous sommes allés prendre un verre dans ce café qui s'appelait peut-être le bar de l'X je ne me souviens plus très bien. Son frère de 20 ans son aîné, qu'il venait donc de rencontrer pour la première fois, mon géniteur donc. nous avait-il accompagné jusque là ? Ce n'est pas très clair dans mon souvenir, mais toujours est-il que je me souviens avoir discuté musique et Rock'n roll avec lui. D'ailleurs je me rappelle très bien ce que j'écoutais à l'époque, et aussi que j'avais mon billet pour aller voir Paul Mc Cartney et Wings à l'Olympia quelque jours plus tard. Philippe devait défiler le lendemain sur les Champs-Elysées avec L'école de Santé Navale Bordeaux. Bien des années plus tard j'ai réalisé que de toute ma famille, il était celui qui m'était le plus contemporain. 

samedi 11 juillet 2015

Bouillon de culture


Voilà,
c'est la première photo prise cette année en Avignon durant le festival. 
Pas sûr que j'en fasse beaucoup d'autres

jeudi 9 juillet 2015

Libérez nos camarades


Voilà,
tout à l'heure après avoir assisté à la cinémathèque à une très désagréable projection de "Une histoire immortelle" d'Orson Welles (la copie était très mauvaise, couleurs passées et sautes de son) je suis rentré par la rue Daguerre où j'ai croisé Daniel Cohn-Bendit avec son éternel T-Shirt sous sa chemise. Détail amusant, dans l'après-midi en triant des photos, j'étais tombé par hasard sur celle-ci, prise à Lisbonne (une si belle ville, où a été signé un traité stupide et antidémocratique) et la première phrase qui m'était alors venue à l'esprit avait été "Libérez nos camarades", comme l'on disait autrefois en 68, quand Cohn-Bendit était alors un jeune révolutionnaire.

mercredi 8 juillet 2015

School's out


Voilà,
j'étais bien content quand je suis sorti. Un vieux hit de ma jeunesse m'est revenu en tête.


je me souviens que quand l'album fut mis en vente il y avait une culotte de fille sur chaque vinyle.
Ce n'était pas du meilleur goût, mais l'époque n'était pas au bon goût : la tenue de scène d'Alice Cooper l'atteste.

mardi 7 juillet 2015

Le beau dimanche



Voilà,
Parmi toutes ces mines préoccupées et parfois même accablées – alors que la journée commence à peine –, affleure le souvenir d'un beau dimanche et d'une vague rêverie au pied d'un grand arbre, et aussi la sensation de vivre un temps de paix bien précaire. À la radio il me semble que l'on ne parle plus que de soubresauts et de convulsions. Et moi-même je ne me sens pas très bien :-)

lundi 6 juillet 2015

Métro matin


Voilà,
ce matin dans le métro, une grosse femme lisait un gros livre.
Et moi j'avais le cœur gros

dimanche 5 juillet 2015

Reprendre la Conversation


Voilà,
ce grand mural découvert récemment dans le quartier ne m'a pas laissé indifférent. J'ai alors repensé à ces deux qui, faute d'amour, n'ont plus que la haine pour se manifester leur attachement et qui devront quand même bien un jour reprendre la conversation quoiqu'il leur en coûte au lieu de saccager ce qui les entoure et qui leur reste en commun. Je me suis aussi souvenu que je traînais beaucoup dans le coin la première fois où j'ai lu sur un réseau social la phrase "ne fais pas d'une personne une priorité quand tu n'es qu'une option pour elle" et comme elle avait alors fait écho. Les souvenirs se mélangent à présent. Les visages s'effacent, les vieux chagrins aussi. Pourtant, hébété dans la poisseuse chaleur de la ville, sans projet sans but, je dérive en songeant. Faute de trouver autrement ma place peut-être serait-il judicieux de la chercher ailleurs. Parfois moi aussi j'ai envie de disparaître et de ne plus donner signe de vie. (Linked with Monday Mural)

vendredi 3 juillet 2015

Madame Edwarda


Voilà,
"la jouissance d'Edwarda — fontaine d'eaux vives — coulant en elle à fendre le cœur — se prolongeait de manière insolite : le flot de volupté n'arrêtait pas de glorifier son être, de faire sa nudité plus nue, son impudeur plus honteuse. Le corps, le visage extasiés, abandonnés au roucoulement indicible, elle eut, dans sa douceur, un sourire brisé : elle me vit dans le fond de mon aridité ;  du fond de ma tristesse, je sentis le torrent de sa joie se libérer. Mon angoisse s'opposait au plaisir que j'aurais dû vouloir : le plaisir douloureux d'Edwarda me donna un sentiment épuisant de miracle" Georges Bataille

mercredi 1 juillet 2015

Motivation


Voilà,
Parfois, me dit Olivier Sabrevois, on peut tomber sur un groupe passif, lent, peu imaginatif. Des gens qui arrivent le matin avec 20 minutes de retard, les mains dans les poches sans papier sans stylo et qui s'étonnent qu'il n'y a pas de support disponible comme ils disent. Il est probable qu'ils n'admettraient pas ça de leurs collaborateurs, et ce sont vraisemblablement les mêmes qui trouvent que trop de gens sont assistés et que l'on devrait faire des économies sur le dos des chômeurs des précaires, de ceux qui touchent des allocations familiales ou des aides au logement. Eux sont cadres d'un grand groupe industriel et l'idée qu'ils pourraient venir avec un bloc notes et de quoi écrire leur semble tout à fait incongrue. Des crétins formatés qui pour la plupart ne peuvent rien penser en dehors de leur travail et qui n'ont que deux ou trois compartiments dans la pensée genre le boulot, la famille, la maison, les congés, les réseaux. Ils sont là afin d'acquérir des compétences pour une adaptibilité immédiate comme ils disent. Mais quand par hasard on leur demande d'illustrer avec une image et trois mots clés ce que représente pour eux la relation client ou le management, ce sont en général, (quand ils y arrivent) les mêmes clichés, les mêmes exemples les mêmes pauvres visions stéréotypées. C'est à mourir d'ennui. Ah oui ils ont des CDI, le monde à côté d'eux peut bien crever, ils ont leurs certitudes.
Tu vois continue-t-il je viens ici au titre de prestataire externe afin d'assurer des missions visant à renforcer ou plus précisément à maintenir la motivation des salariés qui ont de plus en plus de mal à y croire. Bien sûr, certains parmi eux sont sympathiques, parfois même singuliers. Il m'arrive même de regretter de temps à autre de ne pas pouvoir faire plus ample connaissance. Mais la plupart sont soumis. Quelques uns à demi-mots évoquent un management devenu incohérent et coercitif. Beaucoup souhaiteraient obtenir "des trucs et astuces pour pouvoir faire adhérer ses collaborateurs quand on n'est pas soi-même convaincu des messages à faire redescendre". A force je deviens cynique. J'ai parfois envie de répondre "Mentez ! Mentez avec tact et délicatesse, il en restera toujours quelque chose". ou bien "mentez aux autres comme vous mentez depuis si longtemps à vous mêmes". Au lieu de quoi je leur dispense des conseils. Je les entraîne à gérer des situations difficiles.
Parfois d'ailleurs je réalise que certains d'entre eux ne se mentent pas. Au contraire ils croient à ce discours de l'Entreprise où l'on considère que les salariés sont des "ressources". Ils en ont incorporé le langage. Ils disent le mot "ressources". Ils comptent en jours/homme, en ETP (équivalent temps plein). J'ai alors envie de les insulter de leur expliquer que la logique de la ressource humaine était celle du régime nazi : après avoir spolié les juifs de leurs biens et les avoir réduits en esclaves, on les épuisait au travail et une fois morts on les détruisait après avoir toutefois récupéré les dents en or afin de les transformer en lingots, leurs cheveux pour en faire de la feutrine, puis on brûlait ce qui ne pouvait servir.... Mais à quoi bon. A quoi bon chercher à leur faire prendre conscience de quoi que ce soit. Un jour, j'ai tenté une expérience avec des contrôleurs, des gens chargés de mener des audits internes. Je leur ai passé comme exemple d'un entretien persuasif, mené poliment et sans agressivité de façon assertive et empathique, la fameuse scène où un officier du Reich interrogé un homme qui cache des juifs dans sa maison. Aucun d'entre eux ne m'a fait remarquer que la méthode adoptée était celle d'un nazi. Aucun. D'ailleurs je ne suis même pas sûr qu'ils sachent vraiment ce que c'est un nazi, tout juste doivent ils en avoir une vague idée. C'est loin tout ça, pour eux. Soixante dix ans. Il y a eu tant d'autres horreurs depuis. Parfois tu vois, je désespère du genre humain. Et toi t'en penses quoi ?

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mardi 30 juin 2015

C'est comment qu'on freine ?


Voilà,
l'image est très cliché. Au loin on distingue la tour Eiffel. C'est l'un des lacs du bois de Boulogne. Les gens canotent, bronzent sur les berges. L'apparence de l'insouciance. Pourtant il fait anormalement chaud. Jamais il n'y a eu de tels pics de chaleur à cette époque depuis qu'on enregistre les températures. Et puis toutes ces tensions : l'obstination suicidaire de la commission européenne où une junte économique veut dicter sa loi au mépris du droit des peuples ; le risque de pousser la Grèce hors de la communauté et l'inciter à nouer une alliance avec la Russie belliciste qui manque de port d'attache en Méditerrannée ; la guerre qui couve en Ukraine prête à se répandre sur le continent, attisée par l'Otan et le lobby militaro industriel états-unien "ready for fight" ; l'expansion de Daesh soutenu par l'Arabie Saoudite et le Qatar avec lesquels les puissances occidentales continuent de commercer, pétrole oblige  – ainsi la France y dépose une part de son patrimoine (deux annexes du musée du Louvre à Abu Dhabi et au Qatar) pendant que les émirs rachètent grands hôtels et magasins de luxe à Paris sans parler des clubs de football – ; la Turquie menant des opérations militaires contre les courageux kurdes qui se battent pour leur survie contre Daech ; le désordre qui gagne peu à peu les pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient ; le désir de revanche des populations issues des anciennes colonies qui après trois générations se sentent ostracisées et ne se reconnaissent pas dans les valeurs de la culture européenne ; les bateaux entiers de migrants de toutes origines continuant à s'échouer sur différents rivages du sud du continent. Comme le dit mon ami Thierry F. On a l'impression de relire nos vieux livres d'histoire, de constater impuissant, une sorte d'enchaînement implacable des faits, comme si soixante-dix ans de paix relative sur ce continent (il y a eu les Balkans et l'Irlande et le terrorisme basque) avaient engendrés trop d'intérêts contradictoires, de tensions et de rancœurs larvées au point que les alliances les plus absurdes pourraient, au prix d'un chaos que cette trompeuse image dissimule encore, se nouer et se dénouer entre des communautés uniquement préoccupées de leurs intérêts particuliers. Je voudrais bien évidemment avoir tort sur toute la ligne. Mais ces tensions ajoutées à la sensation que tant d'urgences écologiques ne sont tellement pas prises en compte, me rendent maussade. Parfois je voudrais tant croire en quelque chose. Mais il y a si peu de raisons d'espérer. Oui cette image ne me semble pas celle d'un temps de paix, mais bien plutôt une image d'avant la catastrophe. En attendant, pour ne pas trop y songer, on s'occupe à des choses futiles, avec des manières d'autruche, comme si au fond le temps n'était pas compté.

dimanche 28 juin 2015

Un Motif digne d'intérêt


Voilà,
durant l'heure qui avait précédé, profitant de la douceur de l'air et d'une belle lumière je m'étais paisiblement promené au jardin du Luxembourg encore désert et j'y avais même pris quelques photos. Des années d'adolescence, mais aussi celles où jeune père je venais promener ma fille m'étaient revenues à l'esprit, et songeur j'avais déambulé dans les allées me remémorant les années écoulées, réfléchissant à ce que j'avais réalisé et à ce que j'avais raté aussi, regrettant l'incapacité dans laquelle j'étais, de façon générale mais plus particulièrement ces derniers mois, de me ressaisir, de considérer sereinement les choses, de prendre le temps nécessaire pour accomplir les tâches pratiques et ne pas remettre sans cesse au surlendemain ce que je n'avais déjà pas fait l'avant-veille. Et donc j'ai fini par penser qu'il était temps de rentrer. Près de l'arrêt du bus, une fraction de seconde à suffi pour que ce ce motif m'apparaisse digne d'intérêt. J'étais passé à côté pendant des années sans y prêter la moindre attention, et là tout à coup sans trop comprendre, je suis resté un petit moment à observer cette grille au sol. J'étais un peu comme une poule qui découvre une poêle à frire. Ma vue s'est brouillée. Il ne me semblait voir tout autre chose que ce que je regardais. Un instant j'ai craint de devenir fou et de perdre connaissance. Et puis c'est passé.


samedi 27 juin 2015

Une Apparition


Voilà,
hier, en début d'après midi j'ai traversé les Tuileries depuis la rue de Rivoli pour rejoindre la passerelle Léopold Sédar Senghor qui mène au quai Anatole France sur la rive gauche. Il faisait particulièrement lourd et là je me suis dit qu'il était enfin arrivé, l'été. Détendu par cette journée de repos sans particulière obligation, je m'amusais au dessin des étranges dentelles que faisait l'ombre frémissante des feuillages sur le sol des allées. Parvenu aux abords de la passerelle qui conserve encore à mes yeux son caractère de nouveauté bien que sa construction remonte désormais à une quinzaine d'années, j'ai réalisé que j'aimais partuculièrement m'y retrouver. L'apparition de cette gracieuse silhouette dans mon cadre m'a plu. Oui, on est là, éparpillé dans ses pensées, égaré en des lieux et des temporalités différentes, et soudain il y a une femme.
Cela aurait pu être une journée sereine. À cet instant je ne savais rien encore des horreurs survenues en France et en Tunisie.

jeudi 25 juin 2015

Je ne suis toujours pas allé à Rodez


Voilà,
je ne peux m'empêcher de réaliser des images inspirées de l'œuvre de Soulages chaque fois que l'occasion s'en présente. C'est comme un jeu, et depuis que je tiens ce blog j'ai eu l'occasion d'en déposer quelques unes, au point de décider aujourd'hui de leur consacrer un libellé. Cette dernière, que j'ai faite rue Linnois, me plaît particulièrement. Je vais bien finir par me rendre à Rodez, un de ces jours, visiter le musée qui lui est consacré.

mardi 23 juin 2015

Sans Asile


Voilà
"Un interné dans un asile est, au moins, quelqu'un.
Moi je suis un interné dans un asile sans asile. Je suis fou à froid,
Je suis lucide et fou,
Je suis étranger à tout et à tous égal :
Je dors éveillé avec des songes qui sont folie 
Parce qu'ils ne sont pas des songes. Je suis ainsi... !"
                                       
Ma dernière rencontre avec Romain m'a incité à jeter de nouveau un œil dans l'œuvre de Pessoa pour lequel nous partageons une commune passion. Lui et moi trouvons dans ses livres, chaque fois que nous y revenons, quelque chose qui fait écho à un moment donné de notre vie. Nous y butinons quelques réflexions qui tantôt nous réchauffent, tantôt nous confirment que nous ne sommes pas tout à fait seuls avec nos émotions et nos angoisses. Celles qui me traversent en ce moment sont d'une effrayantes précision. J'ai parfois l'impression de ressembler au vieil écrivain de "Providence" le film d'Alain Resnais

lundi 22 juin 2015

Un autre genre de fatigue


"Voilà,
"Quelle fatigue que d’être aimé, d’être véritablement aimé ! Quelle fatigue de devenir le fardeau des émotions d'autrui ! Changer quelqu’un qui s’est voulu libre, toujours libre, en garçon de course des responsabilités : répondre à certains sentiments, avoir la décence de ne pas prendre ses distances, simplement pour que les autres n’imaginent pas que l’on se prend pour un prince des émotions, et qu’on refuse le maximum que peut donner une âme humaine. Quelle fatigue de voir notre existence dépendre complètement de son rapport avec les sentiments de quelqu’un d’autre ! Quelle fatigue de devoir, d’une façon ou d’une autre, éprouver forcément quelque chose, de devoir forcément, même sans réelle réciprocité, aimer un peu aussi !". Ces jours-ci cette réflexion de Pessoa, résonne de façon étrange, comme si celui auquel je pense me l'adressait à bas bruit, sans vraiment me la formuler pour me signifier doucement qu'il est temps de passer à autre chose. J'ai un peu de mal à me faire à cette idée". confessa Romain Téoulier en refermant son petit carnet de moleskine rouge.
"Bon tout ça n'est pas bien important. En tout cas merci d'être venu jusque là pour m'amener le tableau, je le trouve très réussi, j'aime beaucoup ce paysage sans ombres aux tons chauds".  ajouta-t-il en se versant de nouveau quelques gouttes de Fernet-Branca. "Je t'en remets ? Il paraît que c'est bon pour le foie". 
S'il savait.

dimanche 21 juin 2015

Malgré tout, par bribes


Voilà,
les rêves de la nuit qui se dissipent confusément quand la fétide odeur d'haleine persiste au petit matin,
les poèmes imaginés, simplement imaginés qui se sont oubliés dans la paresse ou la procrastination, ou bien qu'on a laissé s'ensevelir sous le poids des jours saturés de trop mesquines tâches,
les dessins qui ne sont pas apparus parce que la main était trop malhabile,
les histoires les événements qu'il semblait alors si nécessaires de relater, (mais les mots venaient toujours à manquer),
bref le souvenir de tout ce qui au bord du possible s'est perdu ou ne s'est pas accompli
parfois ressurgit au détour d'un couloir ou sur un quai de gare, comme si, dans les déchirures dont les murs du quotidien gardent les traces comme autant de blessures et de cicatrices,
ce qui n'avait pu se dire se donnait à voir, malgré tout, par bribes.

samedi 20 juin 2015

De nuit sur le pont


Voilà,
je ne sais pas si je reprendrai un jour ce bateau. C'était la nuit. Il y avait du retard. Accoudés au bastingage, songeant que oui vraiment on avait passé de bien belles vacances, on regardait les manœuvres à quai précédant le moment où, une fois toutes ses amarres larguées, le ferry quitterait le port. Sur le pont, il y avait cette femme et son chien, tellement insolites sous la lumière du néon. Ce chien très laid qui aujourd'hui me rappelle ceux que l'on aperçoit au bas de certains tableaux de la cour d'Espagne peints par Juan Bautista Martinez del Mazo, le gendre de Velasquez.

vendredi 19 juin 2015

Gymnastique matinale


Voilà,
tôt ce matin, en allant rendre les évaluations à l'Agence, j'ai vu cette fille solitaire qui faisait ses étirements dans la cour. J'ai pensé que le monde pouvait être parfois bien étrange. Je me sentais dans un état bizarre, assez désemparé. Un peu à côté de mes pompes. Est ce pour ça que j'ai, un instant songé à m'acheter des "Fairmont" blanches, comme au temps de ma jeunesse ?

jeudi 18 juin 2015

Flaque


Voilà,
j'ai des souvenirs qui remontent très loin. Des sensations qui ne m'ont jamais quitté. Celle par exemple d'être chaudement emmitouflé, protégé dans une poussette où je suis assis. Je l'ai déjà dit, mais le redire me fait plaisir. C'est un autre contexte qui m'y fait songer. L'air est froid, je le sens sur mes joues, mais ça va. Le ciel est très bleu, le monde défile doucement au rythme de la marche de qui me pousse. Il vient à moi. Ce n'est pas moi qui avance vers lui, dans lui, c'est lui qui vient à moi me remplit et fait de moi un monde. Je n'ai pas conscience de mon mouvement mais du sien. Le monde n'est pas encore une adversité, c'est une offrande, un émerveillement. le monde est neuf. D'ailleurs le monde n'existe pas en soi : je suis le monde. Je suis un monde qui se remplit. Je ne suis pas un corps. Je suis sans contour, sans mesure. Il n'y a ni dedans ni dehors. Il n'y a que de la perception. J'accueille grâce et disgrâce avec équanimité puisque je ne peux nommer ni l'une ni l'autre. Je suis encore dans l'esprit du zen, donc.
Enfant, j'étais déjà fasciné par les flaques. Non seulement le ciel s'y reflétait, mais les perspectives qu'elles proposaient me déconcertaient. Ce monde fragmentaire et inversé paraissait receler de bien grands mystères. Et surtout il surgissait à l'improviste ici ou là, semblant répondre à une loi qui échappait à ma compréhension. Plus tard, quand la question de Dieu se fût un peu précisée, il me sembla qu'il devait aussi se cacher dans les flaques. Ses intentions étaient toujours menaçantes. Pensez donc, si l'on croquait l'hostie, si on mangeait moins d'une heure avant la communion, si on pétait à l'église c'était péché mortel. Sans parler des péchés capitaux. Lui le Très-haut qui était partout devait nécessairement se dissimuler dans les flaques pour nous observer aussi de très bas, par ruse, par espièglerie et pour s'amuser à nous tourmenter un peu plus. Je marchais dedans parfois, juste pour Lui signifier que je n'étais pas dupe. Bon, depuis évidemment j'ai compris que Dieu n'existait pas, ou que s'il était, il était en toutes choses bonnes ou mauvaises, indifférent et sans intention ni volonté. 
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mercredi 17 juin 2015

Back to the sixties

Voilà,
tout à l'heure dans le métro c'était "back to the sixties". J'ai repensé à ce couple que l'on voit sur la couverture de l'album "Woodstock". J'ai appris il n'y a pas longtemps sur un réseau social de couleur bleue que cet homme et cette femme sont toujours ensemble.

mardi 16 juin 2015

Une simple question d'intervalle


Voilà
"Nous n'avons reçu que depuis très peu de temps une vie que nous allons perdre. Placé entre ces deux instants, dont l'un nous a vus naître et l'autre nous voit mourir, nous tâchons, en vain, d'étendre notre être au-delà de ces deux termes. Nous serions plus sages si nous nous appliquions à en bien régler l'intervalle". (Pierre-Louis Moreau de Maupertuis) (Linked with skywatch friday)

dimanche 14 juin 2015

Rugby


Voilà,
je l'avoue je regarde régulièrement les résumés des matches de rugby de l'hémisphère sud et parfois je regrette de n'être pas né et avoir grandi en Nouvelle-Zélande où l'on s'adonne à ce jeu avec une si merveilleuse inspiration, parce qu'on le pratique dès le plus jeune âge à l'école, garçons et filles confondus, et qu'il constitue l'identité de ce peuple et de cette nation. Lorsque je vois les images des supporters qui en famille, viennent au match comme on va au spectacle, si joyeux dans ces petits stades qui ressemblent à ceux de nos villes du sud, j'imagine alors une autre vie que la mienne, peut-être moins encombrée de question plus rustre plus terrienne, et faite de joies plus simples. Si cette année les Crusaders de Dan Carter et Richie Mc Caw ne se sont pas qualifiés pour les play-off du super 15, il y aura toujours les Hurricanes et les Chiefs ou les Highlanders, pour représenter le rugby néo-zélandais. Il va sans dire que j'espère ardemment que les Hurricanes qui ont survolé la saison finiront vainqueurs car ils le méritent. La classe et l'élégance de Beauden Barrett, la puissance la vitesse et l'agilité des frères Savea et de Ma'a Nonu, la vista de Perrenara, la maîtrise de Conrad Smith me sont à chaque fois un régal.
Je me souviens de la première fois où j'ai vu jouer les All blacks, c'était en 1967, dans les  Landes, terre de Rugby, au collège  de Parentis-en-born. A l'époque nous avions un samedi après-midi sur deux consacré au sport. Les Blacks étaient en tournée et notre prof de gym Mr Gallin avait décidé de scinder l'après-midi en deux avec une séance télévision pour que nous fassions un peu de théorie. C'était surtout qu'il ne voulait pas manquer ce match commenté par Roger Couderc qui, avec son accent rocailleux du Gers fut dans les années soixante et soixante dix une sorte de barde chantant la geste du rugby français. Toutes les actions étaient analysées au fur et à mesure, par notre prof, les mauls, les passes, les mêlées fermées, les positions des trois quarts intercalés. La fluidité du jeu à la main était alors fascinante et l'est devenue encore plus depuis l'apparition et l'intégration des joueurs d'origine fidjienne dans le team. Oui c'est comme ça, je n'y peux rien, ce jeu me fascine, sans doute parce qu'il repose sur un paradoxe : avancer collectivement pour déposer le ballon dans l'en-but adverse en ne pouvant se le passer à la main qu'en arrière. Il m'arrive encore parfois de ressentir en rêve cette sensation ancienne, sensation d'enfance, me saisir tout à coup du ballon à la faveur d'une interception, sentir la possibilité d'une percée. La tenter...

samedi 13 juin 2015

Dans les plis du rideau


Voilà,
Ce qui s'arrachait de ses nuits le surprenait parfois. S'il s'attardait au matin sur les plis du rideau il y reconnaissait avec effroi les figures que formait son désir. Difficile de chasser de son esprit ces visions obsédantes qui semblaient congédier à jamais ce qui demeurait d'enfance en lui. Et cela le tourmentait.

vendredi 12 juin 2015

Se télétransporter


Voilà,
si je pouvais, comme les héros de la série "Star trek" me télétransporter à l'instant c'est, au pied du bourg de Conques, à proximité du pont des Romieux qui enjambe la rivière Dourdou que je voudrais me retrouver. La seule fois où j'y suis allé j'imaginais les temps anciens où les pélerins le traversaient en bande pour se rendre à St Jacques de Compostelle. 

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