mercredi 22 juillet 2015

Qu'est ce qui m'empêche vraiment ?


Voilà,
Je m'en veux du tour mélancolique pris depuis quelque temps par ce blog. Sans doute est-ce en lien avec l'actualité récente. Le sort fait au peuple grec par l'Eurogroupe, et le désespoir collectif que cela suscite là-bas — qui me touche bien au-delà de ce que j'aurais pu imaginer —  et le délitement moral du projet européen y sont bien sûr pour quelque chose. "Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles" disait Shakespeare. Mais, les perturbations climatiques, les désordres sociaux, les désastres écologiques que l'on continue de provoquer, l'arrogance des puissances financières et du Patronat, l'absence d'alternative politique, les tricheries généralisées, les mensonges diffusés par la presse, l'hystérie religieuse, le fascisme rampant, la menace terroriste bien réelle, la novlangue de l'Entreprise contaminant toutes les sphères de la société, la connerie des chauffeurs de taxi, la médiocrité de nos dirigeants, leur manque total de vision, le fait de vivre dans un monde où l'on est asservi à l'information, où l'on se retrouve réduit à l'état de "consommateur de contenus", ma propre incapacité à échapper à la permanente tentation des écrans, ma dépendance à l'internet, tout cela m'afflige aussi. J'ai du mal à trouver du sens au milieu de cette confusion. Je me sens terriblement impuissant face à tout ce que je lis vois et entends. Impuissant et inutile. Submergé par la saleté du monde. Autour de moi, nombre de proches, d'amis se sentent eux aussi aliénés à des logiques absurdes qui ne leur permettent plus de se réaliser comme ils le souhaiteraient, et tout comme moi semblent gagnés par l'impression de survivre plutôt que de vivre. J'ai souvent la sensation d'être en sursis. Cela me fatigue. Je ne parviens plus à rire, à me projeter hors de ce présent où je m'englue. Je n'avais jamais imaginé que la dépression me figerait ainsi. Je passe des heures à tourner en rond chez moi. Je n'ai même plus envie de sortir. J'ai du mal à penser que j'ai un enfant qui m'aime et a besoin de moi. Je fuis le soleil, et parfois il semble que c'est l'ombre qui gagne. Je n'ai même plus le courage d'arroser les plantes sur le balcon. J'ai envie de me sauver, je voudrais qu'on me sauve. J'ai peur de ma propre solitude qui fut autrefois pourtant si féconde.
Ce matin après une nuit faite d'éveils et d'endormissements, j'ai entendu le "Born to run" de Bruce Springsteen. J'ai, au passage, repensé à Volana, brièvement croisée il y a quelques années, qui n'aimait pas Bruce Springsteen,  mais j'ai surtout songé à ces temps plus lointains encore où en dépit de la noirceur du monde décrit dans la chanson, il y avait de l'allégresse et de l'espoir : 
Someday girl I don't know when / we're gonna get to that place /Where we really want to go / And we'Il walk in the sun / But till then tramps like us / Baby we were born to run. 
Qu'est-ce que je peux encore faire pour aller de l'avant ?
N'ai-je pas trahi ma jeunesse ?
Je dois me ressaisir.

Post Scriptum
je viens de découvrir sur une affiche le concept de feel-good movie à propos d'un film indien qui vient de sortir. Il est écrit que c'est entre "Slum dog Millionnaire" et "The Lunchbox". Un feel-good movie ça raconte qu'il y a des gens qui vivent dans la difficulté, dans des conditions économiques pas fameuses mais qui quand même arrivent à s'en sortir. Donc voilà, la vie devient de plus en plus dure, ici, on vous licencie, (mais on appelle ça un Plan de Sauvegarde de l'Emploi), on réduit vos droits, vos salaires en exigeant toujours plus de vous, mais pensez aux petits indiens qui sont si courageux si tenaces et toujours de bonne humeur, ça vous réconfortera...

2 commentaires:

  1. Laissez Le blues vous traverser...

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  2. I once heard this: It doesn't matter if the horse is blind, just load the cart. I don't think that means to ignore the problems, but rather it means to do what YOU can do best, and don't let things beyond your control make you crazy.

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