jeudi 16 juillet 2015

Assemblée Nationale


Voilà,
il existe à Paris une station de métro qui s'appelle "Assemblée Nationale". C'est là que j'ai pris ce cliché que j'ai trafiqué pour qu'on n'y reconnaisse pas la femme en train de tapoter sur son smartphone. Elle est assise devant une photo géante de l'hémicycle où les députés français viennent d'approuver l'accord européen mettant la Grèce sous tutelle au risque d'humilier un peu plus un peuple ayant refusé des conditions qui depuis cinq ans n'ont cessé de l'appauvrir. Que Tsipras n’ait eu que le choix de se battre jusqu’au bout de la nuit pour sauver son pays d’une banqueroute immédiate est une chose, que les députés français aient, hier après-midi, à une très grande majorité, favorablement jugé ce très injuste compromis en est une autre. Peu ont évoqué comme l'a fait Noël Mamère le caractère putschiste et colonialiste de ce qui s’est passé dans la nuit du 12 au 13 juillet et qui restera comme une tâche honteuse dans l'histoire de l'Europe et aussi de la France dont l'actuel président est un piètre mandataire. Cette photo de l'hémicycle vide correspond bien à une réalité. Aujourd'hui c'est la démocratie qui est bafouée en Grèce comme elle le sera aussi dans la plupart des pays d'Europe. La démocratie directe, celle qui use de voix référendaires a, une nouvelle fois, après les consultations sur la constitution européenne annulées par le traité de Lisbonne, été tenue dans le plus grand mépris, par l'Eurogroupe dont parle Varoufakis dans un entretien. Je le livre en Anglais et en français, c'est très édifiant. Ce qui s'est passé pendant cette première quinzaine de Juillet laisse augurer bien d'autres désillusions sur l'Europe qu'on nous prépare. Et ce ne sont pas les négociations sur le TAFTA (ou TTIP en anglais) qui peuvent rassurer. Ce que Bruxelles souhaite c'est une Europe livrée aux banquiers aux spéculateurs et aux lobbies industriels désireux de s'affranchir des lois sociales, des contraintes écologiques, et des législations nationales. Un fascisme industrialo-bancaire est en train de s'installer sournoisement en Europe devant lequel nous ne pouvons que constater notre impuissance. L'Europe politique, qui n'a jamais été bien fameuse et toujours plus ou moins en construction, s'effondre. C'est même un fruit qui pourrit doucement avant d'être parvenu à maturité. Parfois j'ai l'impression d'être aussi impuissant que pouvaient l'être les démocrates européens entre 1933 et 1938. Et surtout je me sens honteux de ce qui, en mon nom, par les représentants de mon pays, est infligé au peuple grec dans une enceinte dont la façade néoclassique à colonnes est pourtant veillée par les statues de Thémis et Athéna. Il est fort probable que ce qui se passe là-bas soit la bande annonce de ce que les Oligarques de la Finance souhaitent au plus vite pour l'Espagne, le Portugal, la France l'Italie puis ensuite pour l'Europe entière : asservir les peuple au diktat du marché et de la spéculation.

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