"Voilà
comme il m'arrive de plus en plus souvent de voir les choses à présent" dit-il "Ce qu'on appelle communément "Je" n'est, dans le bruit du monde, qu'une fréquence brouillée parmi des milliards d'autres... Que sommes nous dans l'univers ? Rien (il fait les questions et les réponses), juste des impuretés des composés tout à fait mineurs. L'essentiel est une chose que nous pouvons à peine voir et que nous sommes en dépit de nos calculs et de nos spéculations tout à fait incapable d'identifier."
Il s'accouda sur le parapet du pont. Je l'imitai.
- Tu sais pourquoi je m'arrête là ?- Parce que tu viens de sortir une clope de ton paquet et que ça tu peux le faire en marchant, alors qu'il faut que tu t'arrêtes pour trouver du feu dans une autre de tes poches...
- Exact, tu commences à me connaître, t'en veux une ?
- Non ça va
- Tu vois le mec en bas accroupi dans l'escalier, on était en khâgne ensemble
- Tu es sûr ?
- Oui
- Comment tu le sais ?
- En fait depuis que je l'ai vu je viens assez régulièrement ici
- Tu lui as parlé ?
- Non. Pour quoi faire. Non je viens juste le regarder de temps en temps. Moi ici lui là-bas. Quelques mètres et quelques années nous séparent. Je me souviens que nous avons eue dans un café une conversation à propos de Spinoza. C'était un mec assez brillant. Eh oui moi ici lui là-bas. C'est dingue non ? Spinoza il n'en reste pas grand chose... C'est pas là joie quoi... Allez on se casse... juste des impuretés je te dis je connais un chinois dans le coin avec une serveuse tout à fait craquante ça te branche je t'invite
- Ah ben si tu m'invites j'ai dit, je vieux bien craquer avec toi
On a mangé oui, parlé de choses et d'autres. Enfin je l'ai surtout écouté me raconter ses histoires de cul. C'est vrai qu'elle était mignonne la serveuse. C'est dingue quand même ces mecs qui ne peuvent pas s'empêcher de parler. Après tout il m'invitait. C'était peut-être juste pour ça, pour que je l'écoute qu'il me payait un repas. Mais quand même, en mangeant ma soupe phô, je ne pouvais m'empêcher de penser à ce type, à cette silhouette recroquevillée dans le froid et à cette phrase aussi d'Oscar Niemeyer l'immense souffrance des plus pauvres face au sourire indifférents des hommes ....




























Trois ans, muy bien, ce serait si bien que tu poursuives.
Excellent weekend.
je viens te lire régulièrement, j'aime beaucoup tes petites touches et ton regard sensible. je ne dis rien... j'ai peut-être tort. mais je n'ai pas beaucoup d'inspiration, hélas !! Je me souviens d'un de tes commentaires chez moi qui m'encourageait à être ce que je suis et à développer mes talents. il m'avait beaucoup touché... Je pourrais te renvoyer la balle :) et te dire que la peur est mauvaise conseillère...mais d'une certaine façon, je crois que tu as un peu raison : le blog est peut-être une source de satisfaction à bon compte, qui empêcherait d'approfondir et de développer son potentiel. une forme d'addiction aussi... oui. je le crois. pour moi, ça a été le cas, moins maintenant.
En tout cas, je trouve que tes doutes sont exagérés : tu sais très bien rendre une ambiance et créer une symbiose entre l'image et le texte. c'est mon avis.
bon week end !!
one must, i think, make art because one must make art and for no other reason. all else is freedom. you owe no one anything but yourself and what you owe yourself is your authentic voice.
i see you in your new photograph as though you grow wings. you are beautiful here.
xo
erin