sur un réseau social bien connu, dont je me demande encore ce que je peux bien y faire, tant je vis en reclus, ne sortant que lorsque les circonstances m'y obligent et la plupart du temps pour traquer solitaire, appareil photo en bandoulière, quelque vision à même d'être convertie en cliché, sur ce réseau social donc, des personnes de culture de religions de classe de fortune de pays, d'horizons différents, et parfois même inconnues - quoiqu'élues au titre paradoxal en la circonstance d'amis, m'incitent - plus ou moins et malgré le relatif anonymat où je me tiens - à prendre parti pour telle ou telle cause et parfois même, insistent pour que je m'indigne en leur compagnie et m'encouragent à pétitionner contre une injustice qu'ils jugent nécessaire de dénoncer. Et quant à moi s'il m'arrive aussi - plus rarement, mais tout de même on a aussi ses moments de faiblesse - de récriminer contre ce qui me paraît relever de la bêtise ou de la cruauté, ou bien encore de partager mes inquiétudes quant à certains aveuglements au désastre qui s'avèrent à mes yeux d'autant plus funestes qu'il semblent passer inaperçus, je reste souvent perplexe et confondu devant toute cette gesticulation qui parfois suscite des débats dont j'ai depuis longtemps résolu de m'exclure en dépit de la tentation d'y participer pour le simple plaisir de la sophistique à quoi - bien que s'en défendent nombre de ceux qui y contribuent - se réduisent la plupart des discussions polémiques disputes et autres commentaires que l'actualité ne manque pas de générer, mais qui, tout bien considéré, peuvent constituer une sorte d'exercice utile pour qui se demande parfois, n'ayant guère de dispositions pour le sudoku les mots croisés et préférant baguenauder ou traficoter des images, s'il est encore apte à soutenir une pensée et développer un raisonnement. A quoi bon parler, se mêler à toute cette cacophonie, quand ce blog y contribue déjà par bien des aspects. Elle est étrange, tout de même cette manie de vouloir à toute force s'exprimer exposer son opinion, son point de vue et pitoyable cette croyance somme toute naïve que l'on peut avoir raison dans un univers régi par la démence et le chaos et où la pensée produit bien plus de monstres que d'anges, mais j'y reviendrai ailleurs, et cette fois là c'est promis sans m'abandonner au plaisir de faire une longue phrase à la Thomas Bernhard :-). Parfois on se demande si ce n'est pas l'attitude de Forrest Gump qui est la plus saine, courir au lieu de discourir et ne plus s'arrêter. Mais bon, heureusement qu'il y a de beaux esprits pétris d'humour comme Woody Allen, pour trouver les mots justes et nous aider à rêver d'une vie meilleure. Cette histoire entendue hier me réjouit : "On devrait vivre sa vie à l'envers... Tu commences par mourir, ça élimine ce traumatisme qui nous suit toute la vie. Après tu te réveilles dans une maison de retraite en allant mieux de jour en jour. Alors on te met dehors sous prétexte de bonne santé et tu commences par toucher ta retraite. Ensuite pour ton premier jour de travail on te fait cadeau d'une montre en or et tu as un beau salaire. Tu travailles quarante ans jusqu'à ce que tu sois suffisamment jeune pour profiter de la fin de ta vie active. Tu vas de fête en fête, tu bois, tu vis plein d'histoires d'amour. Tu n'as pas de problèmes graves. Tu te prépares à faire des études universitaires. Puis c'est le collège, tu t'éclates avec tes copains, sans aucune obligation jusqu'à devenir bébé. les neuf derniers mois tu les passes tranquille, avec chauffage central, room service etc... Puis au final tu quittes ce monde dans un orgasme..."
Un blog écrit en français, avec des photos des collages des dessins, des créations digitales, des récits de rêves, des chroniques des microfictions et encore bien d'autres bizarreries... A blog written in french with photos, collages, drawings, digital paintings, dream stories, chronicles, microfictions and a few other oddities. ISSN 2402-7375
samedi 17 novembre 2012
vendredi 16 novembre 2012
L'Ange
Voilà,
quand elle était petite lui avait-elle raconté, elle parlait aux cailloux sur le bord des chemins, car elle s'imaginait être la reine des cailloux. Un soir à lui aussi elle avait parlé. Elle avait bien vu qu'il n'était pas un caillou, car entre temps bien sûr, elle avait appris à faire la part des choses, mais elle lui avait tout de même parlé, à lui. Elle avait un grand front, de hautes pommettes et le dessin de ses lèvres, régulier et harmonieux, l'avait tout de suite ému. Oui, la première fois où il l'avait aperçue, il l'avait regardée comme une princesse. Il n'avait jamais lu de contes autrefois, mais il avait tout de même entendu parler de ce genre d'apparition. Aussitôt il l'avait aimée, et elle le lui avait bien rendu. Ce fut leur façon à eux de s'inventer une histoire. Un jour bien des années plus tard, elle confectionna pour lui une petite cage avec des allumettes. Dedans elle y avait enfermé une fleur de pissenlit, sans doute parce que les fleurs de pissenlit volent dans l'air comme les anges. Elle le lui avait envoyé dans un paquet avec une carte postale qu'elle avait elle-même fabriquée, et des mots d'amour très doux, écrits derrière, avec beaucoup de fautes d'orthographe (car les lettres ne trouvaient jamais leur place, sautaient parmi les mots comme des petites puces espiègles). Ils étaient si différents et se sentaient pourtant si proches. Longtemps ils vécurent ensemble, comme des amants, comme frère et sœur aussi. Et puis, il avait bien fallu devenir adultes. Ils s'étaient attardés des années durant. Ils devaient maintenant faire leur route, chacun de son côté, parce que le bonheur parfois, on piétine dedans, et les fourmis qu'on avait dans les jambes, un jour, les voilà qui s'en vont, elles migrent vers d'autres rêves et nous les suivons dans leurs détours. La petite cage avec l'ange, longtemps il l'a gardée, longtemps après qu'ils se furent éloignés l'un de l'autre. Un jour, il a fini par l'ouvrir et l'ange est reparti. Un ange, ça ne peut pas vraiment rester en captivité. Ce cadeau, le plus émouvant peut-être qui lui eût été jamais donné, ce présent, il fallait le rendre à la nature, loin des choses passées. Oui, étrange, c'est à cela qu'il repensait — c'était si loin désormais — devant la cabane du pêcheur... Peut-être parce qu'elle ressemblait à sa vie, bâtie elle aussi de bric et de broc sur la barque des rêves évanouis...
(Première publication 16 Novembre 2012)
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jeudi 15 novembre 2012
Cinema Atlantic
le 30 janvier 1965 au matin, je me suis promené dans cette rue, qui a le nom très pompeux de Boulevard de la plage ou de l'océan je ne sais plus trop. Je m'en souviens très bien c'était un samedi, et la télévision retransmettait les obsèques de Winston Churchill. J'avais bien saisi qu'un grand homme disparaissait, mais bon, la guerre de 39-45 demeurait une abstraction. Comprendre le présent était encore pour moi une activité à plein temps. De toute façon les histoires que je me racontais alors en secret dans ma tête avaient bien plus d'importance et de nécessité. Et puis j'aimais déjà flâner seul. Le paradoxe, que je n'étais évidemment pas en mesure d'apprécier à ce moment là, tenait au fait que la chaussée de la rue où je marchais, formée de plaques de béton carrées se succédant les unes aux autres, avait été construite vingt-cinq ans plus tôt par l'Occupant allemand. Néanmoins c'était du beau travail. Vraiment du beau travail. Ces routes me fascinaient sans doute parce que je n'en avais jamais vu de telles auparavant. D'ailleurs cinquante ans après la fin de la guerre, certaines rues de la station balnéaire avaient toujours le même revêtement. Je me souviens que j'étais seul. Il faisait un peu froid, il n'y avait personne dehors, et c'était comme si le monde me faisait don de ce moment dont la densité ne s'est pas altérée depuis lors. Chose curieuse, tout le temps où j'ai vécu là, je ne suis jamais allé au Cinéma Atlantic. Ou une fois peut-être, pour une sortie avec la classe de mon école, Ce n'est qu'en 1996, alors que je passais quelques jours là-bas, que j'y suis entré pour y voir un films un peu idiot qu'on ne regarde qu'en vacances ou par ennui à la télévision. première publication 15/11/2012 à 00:09
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mercredi 14 novembre 2012
Dormir pour oublier (10)
Voilà,
c'était en mai dernier
le détail sur l'instant m'avait échappé
(sinon sans doute aurais-je mieux soigné mon cadrage) :
cette inscription "l'adresse" sur l'auvent au dessus des sans-domicile
mardi 13 novembre 2012
Promesses
Voilà,
comme disait non sans cynisme un de nos politiciens
les promesses n'engagent que ceux qui y croient
les promesses n'engagent que ceux qui y croient
dimanche 11 novembre 2012
A special one for b.c.
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| Parvis de La Défense 2012 |
Voilà,
c'était en mai dernier, j'avais profité d'une journée de libre pour accompagner la classe de ma fille en excursion sur le parvis de la Défense. Cela ne se reproduirait plus, c'était la dernière sortie de l'école primaire. Après ça serait le collège. On était là avec nos cartes pour repérer les différentes sculptures disséminées dans le quartiers d'affaires. L'occasion pour moi de musarder en cet endroit où je ne fais que passer de temps en temps pour y accomplir certaines tâches, et où je suis une autre version de moi-même. A chaque fois je me dis qu'il faudrait que j'y vienne juste pour faire des photos. J'y suis retourné depuis, encore pour le boulot qui est tout de même assez stressant là-bas, mais désormais, je ne peux m'empêcher de songer à cette sortie lorsque je m'y rends.
jeudi 8 novembre 2012
Faire face
trois ans jour pour jour que j'ai commencé cette entreprise... J'étais pourtant submergé de travail à cette époque ; les temps ont bien changé. Le bonheur cependant n'étais pas au rendez-vous. Sans doute pressentais-je déjà ce qui allait me dévaster. Aurais-je commis tout cela pour tenter de me soulager ? Pour faire face ? C'est possible. Si je l'ai commencé à la date anniversaire de ma fille, il y a peut-être aussi une raison qui m'échappe ou que je ne veux m'avouer. Qui sait si je n'écris pas juste pour elle, pour qu'elle en sache un peu plus sur mon compte quand elle sera en âge de me lire ? Pendant six mois, j'ai composé ce blog sans l'enregistrer en ligne. Je rédigeais quelques billets seulement pour me mettre dans l'hypothétique situation d'être lu. J'étais pris entre cette envie d'écrire et la crainte de ne pas trouver les mots justes qui correspondraient à ce que je pouvais penser ou éprouver. Un jour tout de même, avec force précaution et des pudeurs de jeune fille j'ai prévenu quelques amis proches. Les dés étaient jetés. Et puis je me suis laissé aller à en parler un peu plus souvent. J'ai eu quelques lecteurs. Un certain plaisir lorsque ceux-ci m'étaient inconnus et me renvoyaient leurs impressions. J'imaginais qu'à force d'entraînement je finirais par trouver mon style je ne l'ai pas trouvé. Je supposais que j'avais des choses intéressantes à raconter, l'insatisfaction demeure. Et si j'avais espéré n'étant ni photographe, ni écrivain opérer malgré tout une médiation juste entre texte et image, là encore j'ai des doutes. Parfois j'en dis trop, d'autre fois pas assez (je n'ai jamais eu le sens de la mesure) et la plupart du temps c'est à côté. Quoi qu'il en soit les posts se sont faits de plus en plus fréquents, sans pour autant toujours répondre à une vraie nécessité. Si je n'avais pas forcément les mots pour les accompagner, je disposais toujours de quelques images d'avance. La satisfaction n'est pas mon fort, mais je peux raisonnablement estimer que j'en ai encore quelques dizaines qui me plaisent vraiment, qui valent le coup d'oeil et que je peux montrer sans rougir. Plus celles que je n'ai pas encore faites et d'autres qu'il m'arrive de redécouvrir. C'est juste l'utilité, le sens de tout cela qui me laisse incertain. Et le fait que la qualité ne soit pas toujours au rendez-vous, que cette affaire soit devenue une sorte d'addiction. Je devrais passer à quelque chose de plus conséquent désormais. Mais je ne puis écrire que bref. J'ai le souffle court. Et peur aussi que chaque jour qui vient soit sans lendemain. Il y a encore tant à faire pourtant. Mais bon, je vais peut-être devoir lever le pied, là, car les temps risquent d'être plus difficiles encore.
mercredi 7 novembre 2012
Le Jardin d'Essai
Voilà
hier, projection du film "Un été à Alger" d'Aurélie Charon et Caroline Gillet, qui nous donne à connaître les jeunes réalisateurs (Amina Zoubir, Lamine Ammar-Khodja, Hassen Ferhani, Yannis Koussim) d'un programme de documentaires qu'elles ont initié et qui est paru en ligne cet été à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance algérienne. C'est une entreprise passionnante et réalisée avec beaucoup d'intelligence et de tact. Cela vaut le coup de passer du temps sur ce travail qui offre un regard neuf et vivant sur des quartiers d'Alger et sur la vie là-bas aujourd'hui. En deuxième partie de soirée, a aussi été présenté par son auteur Céline Dréan un autre webdocumentaire intitulé "Dans les murs de la casbah", fruit d'une collaboration avec un groupe de chercheurs en sociolinguistique de l'Université de Rennes. Elle n'en a présenté qu'une quarantaine de minutes, mais son projet permet trois heures de circulation entre photos, films, témoignages et analyses. A voir donc. Sinon pour le plaisir des oreilles il y a l'émission de Caroline Gilet "I like Europe" très tôt sur France Inter, et "L'atelier intérieur" d'Aurélie Charon, le soir sur France Culture. C'est intelligent, généreux, c'est du gai savoir. Le monde ne serait peuplé que de telles personnes ça s'appellerait le paradis. Le jardin d'essai d'Alger aussi, m'a semblé paradisiaque, lorsque j'y suis allé en 1983. Peut-être à cause de ces sourires d'enfants que j' y ai croisés. Je me souviens entre autres des petits chasseurs de grenouilles si fiers de leurs trophées....
hier, projection du film "Un été à Alger" d'Aurélie Charon et Caroline Gillet, qui nous donne à connaître les jeunes réalisateurs (Amina Zoubir, Lamine Ammar-Khodja, Hassen Ferhani, Yannis Koussim) d'un programme de documentaires qu'elles ont initié et qui est paru en ligne cet été à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance algérienne. C'est une entreprise passionnante et réalisée avec beaucoup d'intelligence et de tact. Cela vaut le coup de passer du temps sur ce travail qui offre un regard neuf et vivant sur des quartiers d'Alger et sur la vie là-bas aujourd'hui. En deuxième partie de soirée, a aussi été présenté par son auteur Céline Dréan un autre webdocumentaire intitulé "Dans les murs de la casbah", fruit d'une collaboration avec un groupe de chercheurs en sociolinguistique de l'Université de Rennes. Elle n'en a présenté qu'une quarantaine de minutes, mais son projet permet trois heures de circulation entre photos, films, témoignages et analyses. A voir donc. Sinon pour le plaisir des oreilles il y a l'émission de Caroline Gilet "I like Europe" très tôt sur France Inter, et "L'atelier intérieur" d'Aurélie Charon, le soir sur France Culture. C'est intelligent, généreux, c'est du gai savoir. Le monde ne serait peuplé que de telles personnes ça s'appellerait le paradis. Le jardin d'essai d'Alger aussi, m'a semblé paradisiaque, lorsque j'y suis allé en 1983. Peut-être à cause de ces sourires d'enfants que j' y ai croisés. Je me souviens entre autres des petits chasseurs de grenouilles si fiers de leurs trophées....
mardi 6 novembre 2012
Autoportrait
Voilà,
peu d'idées, mais hier j'ai entendu cette phrase du regretté Klaus Michael Grüber "chacun porte dès sa naissance la pupille brisée de sa mort". C'est très joli, très poétique, je ne sais pas trop à la réflexion, ce qu'un aveugle peut en penser, mais au moment précis où je l'écris, je songe à une autre image et un bref récit qui d'un certain point de vue lui correspondent. Sinon j'ai aussi trouvé dans un livre que pourtant je relisais, que le mot photographie - et ce détail m'avait échappé - se dit en japonais shashin ; l'assemblage de ces deux caractères chinois 写真 signifierait paraît-il, quelque chose comme "vérité fixe". Est-ce pour cela que les japonais prennent autant de photos ? S'agirait-il d'une quête éperdue de vérité ? Il n'y a pas très longtemps ma fille m'a raconté une histoire : un japonais demande à un autre qui revient de vacances "as tu fait bon voyage ?" "Je ne sais pas répond l'autre, je n'ai pas encore vu les photos". Pour ma part, regardant celle-ci, je n'ai aucun mal à me reconnaître dans cette chaise, solitaire dans un espace vide. Elle est l'image même de mon propre état de vacance.
dimanche 4 novembre 2012
Reflet et Vanité
Voilà,
aujourd'hui, il y en a eu plein de bonnes, même si je m'y suis mis un peu tard. Celle-ci je la retiens, parce qu'en fait, je n'avais pas prévu d'être là. Tant de choses vues ce soir, pensées et sensations mêlées, et cette étrange dérive, dans ce forum des Halles, si triste et sinistre. Et aussi une photo postée par Roberto sur un réseau social bien connu, qui me hantait depuis sa mise en ligne. Celle d'un sans-abri asphaltisé à l'endroit même où il y a quelque jours un autre est mort de froid. Emmitouflé dans ses couvertures, à côté des fleurs que des passants ont déposées pour honorer la mémoire du précédent. Un peu plus tôt dans la soirée, vu ça : quelqu'un "dort" contre la paroi vitrée du centre Pompidou. De l'autre côté, se tient une exposition de Adel Abdessemed. L'Art Contemporain, propose des installations, mais la réalité quant à elle suscite de dérangeants montages qu'aucun médiateur culturel ne viendra pourtant expliquer : cet l'homme à la fois caché et exhibé, ne fait ni un happening ni une performance, ni de l'art social. Sans doute meurt-il à petit feu sous sa couverture qui n'est pas un feutre de Joseph Beuys. Toutefois du fait de sa seule présence, il renvoie toute œuvre exposée dans cette galerie à ce genre pictural qu'on nomme "Vanité".
jeudi 1 novembre 2012
Citrouilles
Voilà
C'était bizarre de voir ça Rue Daguerre, dans le seul restaurant du quartier qui fait des Bagels. Ici, à Paris, ça ne prend pas vraiment Halloween, ça reste encore une fête anglo-saxonne. A la tombée de là nuit ma fille et moi avons bravé le froid pour chercher un couscous et ne rien avoir à cuisiner. Après cette journée studieuse, on le méritait bien. Ensuite, père et fille blottis l'un contre l'autre, nous avons regardé "Midnight run" et c'était bon....
mercredi 31 octobre 2012
La reine des abeilles
Voilà
Sans le vouloir vraiment, un peu dans la manière de Lisette Model
L'occasion était trop belle qui jamais ne se représenterait
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mardi 30 octobre 2012
Trois instants un regard
on les avait perdues de vue, jusqu'à presque oublier leur existence. Et puis elles surgissent au détour d'une page, sans rien avoir perdu du charme indéfinissable qu'on leur avait prêté au premier jour. Mais on en n'était pas sûr. On se disait "quelle drôle d'idée, parfois je photographie vraiment n'importe quoi" sans vraiment admettre, que s'y trouvait quelque chose d'apaisant, de rassurant même : la simple beauté des choses au cœur du banal. C'était à Mussidan, en avril 2011 je crois...
lundi 29 octobre 2012
Rokia
Voilà,
Rokia Traoré donne à la radio un très émouvant entretien où elle parle non seulement de son travail mais évoque aussi son incompréhension concernant ce qu'il se passe en ce moment dans son pays le Mali. "Je ne comprends pas ce que veulent les gens de mon pays" dit-elle. Mais la question ne vaut-elle pas aussi pour ceux qui vivent ici en France ? Je me souviens la première fois où je l'ai entendue. C'était lors d'un festival de théâtre en plein air à Lanester, plus précisément à Kerhervy sur les bords de la rivière Blavet juste en face d'un cimetière de bateaux. La nuit tombait, les techniciens d'une troupe africaine installaient leur décor. Les enceintes diffusaient les chansons de son premier album. J'étais saisi par la beauté de cette voix. Voilà, il y avait la mer en face, le soleil couchant, la douceur de l'été et cette voix qui soudain transformait ce petit bout de Bretagne en un morceau de terre africaine.
samedi 27 octobre 2012
Soir de pluie
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| Blues trottoir |
Voilà
dans ce nouveau quartier étudiant où jamais encore je ne suis venu en pareille saison, il pleut il fait froid. Des ombres passent parfois, d'un autre temps, parmi tous ces jeunes gens studieux. C'est donc ça le Paris de demain. Si les bâtiments ont encore l'attrait du neuf, il était d'ores et déjà visible que la maîtrise d'ouvrage a réduit les coûts au maximum. Tout ça vieillira mal, c'est probable.
vendredi 26 octobre 2012
Derniers rayons
Voilà,
hier il faisait beau et je suis passé par le jardin du Luxembourg en fin d'après-midi. Les ombres étaient longues et le sol jonché de feuilles mortes. Il y avait encore beaucoup de gens pour profiter du soleil d'automne. Ensuite changement d'ambiance. Je suis allé voir le documentaire de Werner Herzog "Into the Abyss", terrifiant tragique et sordide qui montre les conséquences d'une dérive folle de deux jeunes gens qu'un minable projet de vol de voiture transforme en assassins. Description de familles ravagées par le malheur, dans un Texas sinistre et inculte où les armes circulent et se multiplient comme les petits pains du nouveau testament, ou un sentimentalisme niais coexiste avec la violence et la barbarie. La force du film c'est que tous les protagonistes sont blancs de vrais WASPs, qui tour à tour, victimes ou bourreau, invoquent un dieu qui juge venge ou pardonne selon les convenances des uns ou des autres. Un transcendance cheap, une pensée archaïque dans un monde à la fois superficiel et sophistiqué où se révèle la misère morale et la décadence de l'homme blanc qui a tout sali sur son passage et particulièrement L'Amérique à jamais dévastée et irrémédiablement souillée depuis le génocide indien. Sorti de la salle de cinéma avec la désespérante sensation d'appartenir à une civilisation moribonde. p
jeudi 25 octobre 2012
Falaise au matin
Voilà,
ce matin-là, ce sont les narines qui ont fait le cadre. J'étais à deux doigts de vomir, incapable de faire un pas de plus, tant la puanteur devenait excessive pour mon odorat européen et fin de siècle. En fait, ces fumures au loin sont dégagées par de la matière en décomposition. Sur ces falaises entre les maisons et l'Océan, on entreposait les ordures. Ça, l'image ne peut le transcrire. Le plus pénible avec la misère n'est pas de la voir, mais de la sentir. Plus exactement, le regard peut s'en détourner, mais il est impossible de ne pas être assailli par ses relents fétides. Paradoxalement, cette photo prise à Safi est un aperçu de ma propre limite. Et aussi un compromis acceptable, car après tout, elle me plaît.
mercredi 24 octobre 2012
Errant dans les ruines
Voilà
au lieu de la sensation de plénitude que j'avais autrefois éprouvée dans ce paysage - il avait alors semblé agir sur moi, comme un musicien qui, s'emparant d'un banal instrument, le révèle en quelque sorte à lui-même - je sentais sourdre une vague angoisse. La folie furieuse des hommes s'était aussi étendue à ce lieu que j'avais, à tort, envisagé comme un sanctuaire, et je ne comprenais pas comment moi, d'ordinaire si vigilant, j'avais pu venir ici en dépit de toutes les incitations qui, je m'en souvenais à présent, m'avaient étaient faites de ne point m'y rendre. Une odeur d'essence et de viande grillée flottait dans l'air, et les cigales ne chantaient pas. Il m'était arrivé déjà, de devenir invisible, mais c'était parmi d'autres gens qui n'étaient guère différents de moi. Là j'étais seul et la probabilité que ça marche était bien ténue. Je trouvais tout à coup fort intéressante cette hypothèse du chat de Schrödinger, à la fois mort et vivant. Ça offrait tout de même quelques perspectives. Et un peu de réconfort. Mais ni mort, ni vivant, ce qui était plutôt mon état, à bien y réfléchir, je ne courais finalement aucun risque. Cela faisait tant d'années que je passais inaperçu.
(Depuis les archives)
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lundi 22 octobre 2012
Été indien
Voilà,
cette douceur d'arrière-saison, cette quiétude même au cœur de la ville, cette sensation d'été indien, réclame un paysage. Alors ça sera cette baie de la Bidassoa sur laquelle donnait la dernière maison de Pierre Loti : "Et ce grand calme silencieux de tout, cette tranquillité inaltérée de l'air, cette immobilité des lumières douces et des grandes ombres nettes, me donnent l'impression d'un temps d'arrêt dans le mouvement vertigineux des siècles, d'une réflexion, d'une immense attente, - ou plutôt d'un regard de mélancolie jeté sur le passé, sur l'antérieur des soleils, des êtres, des races, des religions... Et dans le vide sonore, de temps à autres tintent les antiques cloches d'église, appelant mieux les hommes aux cultes défunts, pendant ces recueillements étranges ; Fontarabie, Hendaye, les couvents des moines, sonnent, sonnent, appellent, avec les mêmes timbres vieillis, les mêmes voix qu'aux siècles d'avant. Sur la Bidassoa, des barques d'allure lente passent d'une rive à l'autre, traînant après elles de longues rides alanguies... (in "Figures des choses qui passaient") Linked with skywatch friday
dimanche 21 octobre 2012
Après toutes ces années
Voilà
ça serait bientôt fini cette affaire, un dernier petit tour et on n'en parlerait plus, c'était décidé. Ses jouets il allait les enterrer pour de bon. Bien sûr, Augustin Tannat aurait pu prendre la décision de les donner, cela aurait été plus simple. Mais il était de ceux qui persistent à croire que les solutions les plus simples ne sont pas toujours les meilleures. Et puis d'abord les donner à qui ? De nos jours les enfants préfèrent l'électronique. Non, ses jouets avaient une âme, une histoire. Ou bien une sculpture, il en ferait une sculpture ou un pied de lampe. En les soudant les uns aux autres. Oui un pied de lampe c'était pas une mauvaise idée. Ils seraient toujours là, mais autrement. Quoiqu'il en soit, il trouvait juste de les faire voyager encore un peu, une dernière fois, profiter de cette belle journée pour les sortir leur faire prendre l'air. De temps en temps il se retournait sur eux avec affection, il était content de leur offrir ce bonheur à son gros tracteur en plastique, à ses camions, ses engins de chantier, son semi-remorque son véhicule de pompiers et la voiture de police. Rouler sur une vraie route, quand même, c'était une belle récompense, non, après toute ces années ?
samedi 20 octobre 2012
Esplanade
Beaubourg Juillet 2011
Voilà,
il pleuvait dehors et ce type jouait avec son chien de l'autre côté de la vitre
pour obtenir cet étrange effet dû à la pastille collée dessus
il a fallu tout de même attendre un petit moment que vienne quelqu'un
c'est alors que de façon inexplicable
est remonté le souvenir des lettres que Nietzsche écrivait depuis Turin
avant qu'il ne sombre tout à fait dans la folie
jeudi 18 octobre 2012
Le livre aimé
Voilà,
ce que j'aimais de ce livre, et que j'aime encore par delà les années, c'était moins son contenu que son principe, son architecture si singulière. Sa couverture, abstraite et colorée et tellement identifiable, représente des griffouillis. En son envers figure en négatif (blanc sur fond noir) la reproduction manuscrite d'un bref avertissement de l'auteur, à la fois exergue et incipit "tout ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman". Puis la page de garde, avec les remerciements, et derrière une photo de sa mère un peu floue, prise sur une plage où j'ai aussi connu des jours heureux. Vient le titre du livre qui est aussi le nom de celui qui l'écrit. Ensuite agençant textes typographiés en italiques et photos évoquant une époque révolue quelques pages inaugurent paradoxalement l'ouvrage sous le signe de son achèvement "Voici pour commencer quelques images : elles sont la part du plaisir que l'auteur s'offre à lui-même en terminant son livre". Cette première section s'achève par une photo de palmier sur la page de gauche, et sur la page de droite, d'un poème d'Heinrich Heine, précédé d'une métaphore liant le palmier et l'écriture. Page suivante, une photo : l'auteur en imperméable allumant une cigarette. Ensuite le corps principal du livre rassemble une suite de fragments, nettement détachés les uns des autres, classés par ordre alphabétique où sont répertoriés et analysés tous les sujets que son auteur a abordés tout au long de sa vie passée. C'est une sorte de reader's digest ou plus exactement de "'author's digest" qui est d'ailleurs au principe même de la collection dans laquelle ce livre est édité. Il y a là d'ailleurs une singulière mise en abyme (terme qui d'ailleurs et le titre d'un de ces fragments), puisque finalement l'ouvrage est une collection de texte brefs, se renvoyant les uns aux autres. Et à l'intérieur même de ces fragments, s'insère un autre en italiques, qui opère comme une rupture et rassemble de plus petits paragraphes suggérant des souvenirs "des choses vues". On se plaît à rêver d'une édition électronique avec liens hypertexte dont l'auteur disparu trop tôt aurait sûrement fait un usage pertinent tant il semble adapté à son fantasme de "textualité". Parcourant aujourd'hui, ce livre, je le considère avec tendresse. Le style est ampoulé, précieux souvent amphigourique à cause de sa volonté affichée de faire "scientifique", inévitablement narcissique (l'auteur s'y désigne même parfois à la troisième personne du singulier sous ses seules initiales) maniéré donc, mais cependant traversé de fulgurances saisissantes ("sidérantes" aurait-il dit). Mais il constitue un objet au charme encore puissant et somme toute toujours aussi mystérieux. Enfin sur la troisième de couverture, toujours en lettres manuscrites blanches sur fond noir cette conclusion en forme de profession de foi :
"Et après ?
- quoi écrire maintenant ? pourriez vous encore écrire quelque chose ?
- on écrit avec son désir, et je n'en finis pas de désirer"
mercredi 17 octobre 2012
Encore une main
Voilà,
la main s'accrochait à la barre, le regard à la main. Il en serait ainsi : de cette personne croisée un bref moment ne resterait que ce détail, qui finirait par effacer le souvenir du visage, par en prendre la place, toute la place. Pourquoi la main à cet instant précis a-t-elle semblé sous cet angle digne d'intérêt ? Est-ce parce qu'elle n'apparaissait pas tout entière ? Une rêverie s'est-elle une fraction de seconde ébauchée à son sujet ? Fascination des mains, qui caressent, qui relient, qui tâtonnent, infatigables travailleuses, toujours sollicitées, des tâches les plus nobles aux plus basses besognes, mains si souvent secourables à celui où celle qui en est maître....
lundi 15 octobre 2012
Mais il habite une ville
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| Rue de Grancey, Paris 2012 |
depuis longtemps il sait ce qu'être perdu veut dire et que signifie ne trouver ni sa place ni son chemin. Et quoique il sache désormais que tout cela ne se prolongera guère - car de ce qui le tourmente et le ronge, on ne guérit pas - Benjamin Chelois s'obstine encore cependant à essayer de faire bonne figure, comme si de rien n'était. S'agit-il, alors même que son présent n'est plus que l'attente solitaire et sans espoir des premiers signes programmés d'un inévitable délabrement, de laisser à ses proches un masque présentable ou bien est-ce manière de maquiller la honte de n'avoir produit que cela, une existence terne, médiocre, sans relief, quand autrefois l'avait gagné l'ivresse de plus hautes prétentions ? Il lui arrive encore d'errer dans les rues, de temps à autre, pour le simple plaisir de marcher. Mais il habite une ville et les murs trop souvent semblent raconter des histoires auxquelles il préfèrerait ne pas trop songer. C'est ainsi : les choses laides abîmées décrépites n'ont plus pour lui l'attrait qu'il y trouvait autrefois.
Rue de Turenne, Paris
dimanche 14 octobre 2012
Rêve de pierre
| Burano (1984) |
Voilà,
on a beau saluer une statue, elle vous ignore.
C'est Lao-Tseu qui l'a dit.
À ce qu'il paraît.
C'était pas le derniers des cons Lao-Tseu.
À ce qu'on raconte
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C'est Lao-Tseu qui l'a dit.
À ce qu'il paraît.
C'était pas le derniers des cons Lao-Tseu.
À ce qu'on raconte
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samedi 13 octobre 2012
Mort d'un Yéyé
| Châlons sur Marne printemps 1964 |
il y a deux jours Frank Alamo est mort. Les yéyés à l'époque se fabriquaient des pseudos ridicules à consonance américaine. Quand j'avais six ou sept ans une de mes chansons préférées était celle-ci. J'ai vraiment honte maintenant. Je l'associe à ces deux années passées à Châlons sur Marne rebaptisée depuis Châlons-en-Champagne c'est plus chic, et à l'apparition de la télévision chez mes parents. Ils avaient fait l'acquisition d'un téléviseur - c'est ainsi qu'on disait à l'époque - Grammont, et comme ils n'étaient pas sûrs d'aimer vraiment ce nouvel objet, ils l'avaient dans un premier temps loué (il fallait mettre des pièces dedans pour qu'il fonctionne). Très vite, ils sont devenus addicts. Les années qui ont suivi, la boîte-à-rendre-encore-plus-con est restée de plus en plus souvent allumée chez eux. Dans ces années là, il n'y avait qu'une chaîne d'État. Le jeudi à midi, c'était "la séquence du jeune spectateur", "les aventures d'Ivanhoé", un feuilleton que j'adorais "Aventures dans les îles". Les émissions d'Albert Raisner "Age tendre et tête de bois", et aussi, le mercredi soir, "La piste aux étoiles" de Gilles Margaritis, et aussi Janique Aimée le feuilleton qui passait le soir juste avant le journal télévisé. C'est à cette époque que j'ai eu le droit de regarder un film en entier le dimanche soir, parce que j'avais la rougeole. C'était "Johnny Guitar" de Nicholas Ray. Je trouvais que l'actrice principale Joan Crawford ressemblait à ma mère. Je n'étais déjà pas très physionomiste à l'époque. Sur la photo, devant cette tente militaire qui faisait partie du paquetage de mon père pendant la guerre d'Algérie, je suis en compagnie de Marie-Claire Trichaut (en vêtements clairs) dont j'étais secrètement amoureux comme on peut l'être à cet âge. Je ne sais plus si elle aussi aimait "biche oh ma biche".
vendredi 12 octobre 2012
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Voilà
rien un jour pour rien pas d'envie pas de désir pas d'idée
juste une vague sensation de creux d'ennui
d'absence de perspective
et cette basse fréquence obsédante
qui n'en finit pas
n'en finit vraiment pas de vibrer
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jeudi 11 octobre 2012
Boucherie Rue Brançion
c'était à la fin des années soixante dix, les abattoirs de Vaugirard étaient démolis, mais il restait encore quelques boucheries chevalines aux alentours. Ce jour là vers midi, il m’a semblé apercevoir des fantômes suspendus à des crocs de bouchers. Modiano a très bien évoqué l'atmosphère des abattoirs de Vaugirard dans un de ses livres, "Des inconnues" je crois mais je ne suis plus tout à fait sûr. Comme pour certains de ses personnages tout se mélange un peu dans mon souvenir. (Linked with The weekend in black and white)
mercredi 10 octobre 2012
L'Aumône
son maître s'était absenté, et le chien a vraiment bien joué le jeu. Je me suis mis à sa hauteur, j'ai pris le temps de cadrer, et lui un peu cabot (ah! ah! mais que se passe-t-il donc je suis très en verve ce matin) a pris la pose, demeurant immobile un long moment. Rien à redire, beau travail le chien, tu l'as bien mérité ta petite pièce. première publication 10/10/2012 à 9:23
mardi 9 octobre 2012
Regarder le mur, encore
Voilà,
on rêvasse, on veille à l'affût d'un indicible mystère, on voudrait traquer l’invisible pour le connaître ou mieux, pour qu’en surgisse le signe annonciateur d’une révélation qui abolirait la mélancolie. On aspire à se délivrer des anamorphoses de la pensée et des contradictions qui s'y enchevêtrent. Si du moins l'on pouvait comprendre tous les échanges secrets que celle-ci opère avec la nature.... On songe à tout ce qui a jailli de ce néant d'où la vie a émergé et où, irrévocablement, sans voix ni parole pour nommer ou appeler, on devra, on le sait, replonger tôt ou tard. Est-ce pour cela que, tel un fantôme, toujours en retard sur le mystère de l'idée naissante, on continue de se tenir à la lisière de soi, soucieux de saisir avec de trop misérables mots ce qui, à peine apparu, à peine constitué fuse et fuit aussitôt ? Peut-être que l’origine de la tristesse, c’est juste ça, ce pénible et permanent commerce avec le langage, cet ardent désir toujours contrarié de vouloir à toute force, en dépit de tout, s’y retrouver quand on ne peut que s’y chercher et s’y perdre. Vient un moment où, tandis que le Temps s’éparpille et se répand comme une tâche, l’on regarde le mur avec résignation. Alors, empli de la nostalgie du vide, du pur du clair de l’innommé, on se demande, s'il sera possible un jour de demeurer enfin dans la paix des choses...
(première publication 9/10/2012 à 12:00)
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lundi 8 octobre 2012
Vente détail
Voilà,
parfois une sorte de sidération me saisit lorsque je m’attarde devant une façade ou à un coin de rue. Ainsi de cette vitrine, aperçue, au début de ce siècle, un matin, à Marseille, alors que je regagnais la gare St Charles pour y prendre un train. Elle suscita une sorte de nostalgie pour un temps qui avait existé sans ma présence, au point que j'en conçus presque le regret de n'y être pas né. Cette modeste devanture avec sa banalité quotidienne et son absence d’événement exigeait malgré tout de survivre. Aujourd’hui je pense à Jacques qui, lorsque ce cliché fut pris, était encore de ce monde, pouvait marcher, sortir et passer devant ce magasin pour se rendre à ce restaurant où je l'avais une fois accompagné. (Linked with the weekend in black and white - - weekend reflections)
samedi 6 octobre 2012
Portrait de groupe avec femme assise
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| Arrivée du tour de France, Champs-Élysées Paris 1983 |
les circonstances exigent qu'un peu d'ordre soit mis dans les photos. Celle-ci - assez réjouissante - à garder. Il y en a plusieurs comme ça, de gens debout sur des bancs assistant au défilé ou à l'arrivée du tour de France cycliste. Il est probable que ceux-ci doivent à présent être bien vieux et même pour certains bien morts. La représentation de personnes en train de regarder intensément quelque chose, ou bien en position d'attente m'a toujours paru très photogénique et porteuse de sens. Ce qui fascine là, c'est l'unité physique de ce groupe qui en même temps n'en est pas un puisque aucun des protagonistes ne regarde vraiment dans la même direction. Cette petite et éphémère communauté raconte quelque chose de l'humanité en général. Le hors-cadre pourrait être une métaphore du futur. On regarde ailleurs, on se projette plus loin, et c'est à peine si l'on se rend compte de ce qui advient au moment présent, ou bien on ne veut pas le voir.
Cette année là, le vainqueur de la grande boucle fut Laurent Fignon. Un coureur blond qui portait des lunettes. Il sprinte à présent dans l'Outremonde. Il est mort jeune, il y a un ou deux ans des suites d'un cancer vraisemblablement causé par les produits dopants que son organisme avait dû absorber durant sa carrière sportive.
Cette année là, le vainqueur de la grande boucle fut Laurent Fignon. Un coureur blond qui portait des lunettes. Il sprinte à présent dans l'Outremonde. Il est mort jeune, il y a un ou deux ans des suites d'un cancer vraisemblablement causé par les produits dopants que son organisme avait dû absorber durant sa carrière sportive.
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vendredi 5 octobre 2012
Café Hafa
| Tanger, Café Hafa 1991) |
Voilà,
ce matin— je ne sais pourquoi — j'ai repensé au café Hafa, et aussi à G. qui était il y a peu de temps là-bas au festival de Jazz et que j'aimerais tant revoir. Je me suis souvenu du chien sur le toit, de l'homme paisiblement assis face au détroit, mais aussi de cette imperceptible langueur d'arrière-saison, quand l'été semble s'attarder sur les terrasses, que le soleil décline à l'horizon et que les effluves de menthe et de kif se mêlent à la douce fraîcheur de la brise marine. (première publication 5/10/2012 à 11:36)
jeudi 4 octobre 2012
Deux Irlandais
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| Londres 1976 |
Voilà,
j'ai toujours supposé que ces deux hommes étaient des irlandais. Je n'ai aucune raison objective de penser cela, mais pour moi ils resteront toujours les deux irlandais sur un banc. Je me souviens à l'époque - c'était après le deuxième choc pétrolier - avoir, au cours de ce bref séjour, souvent, juste pour le plaisir de la marche, erré sans but dans la froide grisaille de cette ville sinistrée par la crise et abominablement triste. J'avais alors un vieil appareil photo allemand à visée reflex sur lequel était gravé exa, et en-dessous Ihagee Dresden. J'utilisais un objectif fixe de 50 mm. Linked with the weekend in black and white
mercredi 3 octobre 2012
La mare, l'église
Voilà,
encore un de ces "lieux poignants" ; c'était autrefois un coin paisible et une possibilité de bonheur, de retrait. Mais là-bas, depuis, l'agriculture intensive a tout sali, et pollué les alentours. Ceci est l'image d'un monde aboli. Il n'a suffi que d'une trentaine d'années. Je me souviens que pendant les vacances, j'allais, adolescent, demander à la propriétaire de la ferme voisine - une très aimable dame -, la lourde clé de l'église presque désaffectée, pour pianoter sur un vieil harmonium à bout de souffle. Et là, dans l'odeur de poussière et de salpêtre je m'essayais solitaire à de sommaires et maladroits accords. Temps suspendu ; s'évanouissaient alors peurs et incertitudes. Et douce était l'illusion d'avoir toujours appartenu à ces murs.
première publication 3/10/2012 à 9:56
(Linked with - Rain'sTADD - skywatch friday - Himmelsblick - the weekend in black and white - weekend coffee share
lundi 1 octobre 2012
Perspectives
Voilà,
cette nuit je crois que j'ai trouvé de nouvelles pistes à explorer. Peut-être un excès d'optimisme dû à cet état second suggéré par l'insomnie, semi-veille où pas encore tout à fait conscient, mais trop cependant pour retrouver le repos du sommeil, je m'efforce, en dépit de la fatigue, d'optimiser cet état. Comme souvent dans ces circonstances, je vais bidouiller des images sur mon ordinateur, tenter quelques expériences ou simplement mettre de l'ordre dans mes fichiers. De toute façon aujourd'hui était programmé comme un day off. Ce qui ne veut pas dire grand chose dans ma situation. De nouvelles pistes à explorer, comme si j'en avais les moyens... Il est à présent midi, je n'ai rien fait d'autre que me réveiller. Le temps passe trop vite en ce corps devenu très lent. Je tourne mes yeux vers le ciel. Les nuages m'apaisent.
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Voilà, en fait, ce n'est pas simplement que je tenais alors à entreprendre une série sur les gens en train de photographier , c...

























Trois ans, muy bien, ce serait si bien que tu poursuives.
Excellent weekend.
je viens te lire régulièrement, j'aime beaucoup tes petites touches et ton regard sensible. je ne dis rien... j'ai peut-être tort. mais je n'ai pas beaucoup d'inspiration, hélas !! Je me souviens d'un de tes commentaires chez moi qui m'encourageait à être ce que je suis et à développer mes talents. il m'avait beaucoup touché... Je pourrais te renvoyer la balle :) et te dire que la peur est mauvaise conseillère...mais d'une certaine façon, je crois que tu as un peu raison : le blog est peut-être une source de satisfaction à bon compte, qui empêcherait d'approfondir et de développer son potentiel. une forme d'addiction aussi... oui. je le crois. pour moi, ça a été le cas, moins maintenant.
En tout cas, je trouve que tes doutes sont exagérés : tu sais très bien rendre une ambiance et créer une symbiose entre l'image et le texte. c'est mon avis.
bon week end !!
one must, i think, make art because one must make art and for no other reason. all else is freedom. you owe no one anything but yourself and what you owe yourself is your authentic voice.
i see you in your new photograph as though you grow wings. you are beautiful here.
xo
erin