mardi 30 juin 2015

C'est comment qu'on freine ?


Voilà,
l'image est très cliché. Au loin on distingue la tour Eiffel. C'est l'un des lacs du bois de Boulogne. Les gens canotent, bronzent sur les berges. L'apparence de l'insouciance. Pourtant il fait anormalement chaud. Jamais il n'y a eu de tels pics de chaleur à cette époque depuis qu'on enregistre les températures. Et puis toutes ces tensions : l'obstination suicidaire de la commission européenne où une junte économique veut dicter sa loi au mépris du droit des peuples ; le risque de pousser la Grèce hors de la communauté et l'inciter à nouer une alliance avec la Russie belliciste qui manque de port d'attache en Méditerrannée ; la guerre qui couve en Ukraine prête à se répandre sur le continent, attisée par l'Otan et le lobby militaro industriel états-unien "ready for fight" ; l'expansion de Daesh soutenu par l'Arabie Saoudite et le Qatar avec lesquels les puissances occidentales continuent de commercer, pétrole oblige  – ainsi la France y dépose une part de son patrimoine (deux annexes du musée du Louvre à Abu Dhabi et au Qatar) pendant que les émirs rachètent grands hôtels et magasins de luxe à Paris sans parler des clubs de football – ; la Turquie menant des opérations militaires contre les courageux kurdes qui se battent pour leur survie contre Daech ; le désordre qui gagne peu à peu les pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient ; le désir de revanche des populations issues des anciennes colonies qui après trois générations se sentent ostracisées et ne se reconnaissent pas dans les valeurs de la culture européenne ; les bateaux entiers de migrants de toutes origines continuant à s'échouer sur différents rivages du sud du continent. Comme le dit mon ami Thierry F. On a l'impression de relire nos vieux livres d'histoire, de constater impuissant, une sorte d'enchaînement implacable des faits, comme si soixante-dix ans de paix relative sur ce continent (il y a eu les Balkans et l'Irlande et le terrorisme basque) avaient engendrés trop d'intérêts contradictoires, de tensions et de rancœurs larvées au point que les alliances les plus absurdes pourraient, au prix d'un chaos que cette trompeuse image dissimule encore, se nouer et se dénouer entre des communautés uniquement préoccupées de leurs intérêts particuliers. Je voudrais bien évidemment avoir tort sur toute la ligne. Mais ces tensions ajoutées à la sensation que tant d'urgences écologiques ne sont tellement pas prises en compte, me rendent maussade. Parfois je voudrais tant croire en quelque chose. Mais il y a si peu de raisons d'espérer. Oui cette image ne me semble pas celle d'un temps de paix, mais bien plutôt une image d'avant la catastrophe. En attendant, pour ne pas trop y songer, on s'occupe à des choses futiles, avec des manières d'autruche, comme si au fond le temps n'était pas compté.

dimanche 28 juin 2015

Un Motif digne d'intérêt


Voilà,
durant l'heure qui avait précédé, profitant de la douceur de l'air et d'une belle lumière je m'étais paisiblement promené au jardin du Luxembourg encore désert et j'y avais même pris quelques photos. Des années d'adolescence, mais aussi celles où jeune père je venais promener ma fille m'étaient revenues à l'esprit, et songeur j'avais déambulé dans les allées me remémorant les années écoulées, réfléchissant à ce que j'avais réalisé et à ce que j'avais raté aussi, regrettant l'incapacité dans laquelle j'étais, de façon générale mais plus particulièrement ces derniers mois, de me ressaisir, de considérer sereinement les choses, de prendre le temps nécessaire pour accomplir les tâches pratiques et ne pas remettre sans cesse au surlendemain ce que je n'avais déjà pas fait l'avant-veille. Et donc j'ai fini par penser qu'il était temps de rentrer. Près de l'arrêt du bus, une fraction de seconde à suffi pour que ce ce motif m'apparaisse digne d'intérêt. J'étais passé à côté pendant des années sans y prêter la moindre attention, et là tout à coup sans trop comprendre, je suis resté un petit moment à observer cette grille au sol. J'étais un peu comme une poule qui découvre une poêle à frire. Ma vue s'est brouillée. Il ne me semblait voir tout autre chose que ce que je regardais. Un instant j'ai craint de devenir fou et de perdre connaissance. Et puis c'est passé.


samedi 27 juin 2015

Une Apparition


Voilà,
hier, en début d'après midi j'ai traversé les Tuileries depuis la rue de Rivoli pour rejoindre la passerelle Léopold Sédar Senghor qui mène au quai Anatole France sur la rive gauche. Il faisait particulièrement lourd et là je me suis dit qu'il était enfin arrivé, l'été. Détendu par cette journée de repos sans particulière obligation, je m'amusais au dessin des étranges dentelles que faisait l'ombre frémissante des feuillages sur le sol des allées. Parvenu aux abords de la passerelle qui conserve encore à mes yeux son caractère de nouveauté bien que sa construction remonte désormais à une quinzaine d'années, j'ai réalisé que j'aimais partuculièrement m'y retrouver. L'apparition de cette gracieuse silhouette dans mon cadre m'a plu. Oui, on est là, éparpillé dans ses pensées, égaré en des lieux et des temporalités différentes, et soudain il y a une femme.
Cela aurait pu être une journée sereine. À cet instant je ne savais rien encore des horreurs survenues en France et en Tunisie.

jeudi 25 juin 2015

Je ne suis toujours pas allé à Rodez


Voilà,
je ne peux m'empêcher de réaliser des images inspirées de l'œuvre de Soulages chaque fois que l'occasion s'en présente. C'est comme un jeu, et depuis que je tiens ce blog j'ai eu l'occasion d'en déposer quelques unes, au point de décider aujourd'hui de leur consacrer un libellé. Cette dernière, que j'ai faite rue Linnois, me plaît particulièrement. Je vais bien finir par me rendre à Rodez, un de ces jours, visiter le musée qui lui est consacré.

mardi 23 juin 2015

Sans Asile


Voilà
"Un interné dans un asile est, au moins, quelqu'un.
Moi je suis un interné dans un asile sans asile. Je suis fou à froid,
Je suis lucide et fou,
Je suis étranger à tout et à tous égal :
Je dors éveillé avec des songes qui sont folie 
Parce qu'ils ne sont pas des songes. Je suis ainsi... !"
                                       
Ma dernière rencontre avec Romain m'a incité à jeter de nouveau un œil dans l'œuvre de Pessoa pour lequel nous partageons une commune passion. Lui et moi trouvons dans ses livres, chaque fois que nous y revenons, quelque chose qui fait écho à un moment donné de notre vie. Nous y butinons quelques réflexions qui tantôt nous réchauffent, tantôt nous confirment que nous ne sommes pas tout à fait seuls avec nos émotions et nos angoisses. Celles qui me traversent en ce moment sont d'une effrayantes précision. J'ai parfois l'impression de ressembler au vieil écrivain de "Providence" le film d'Alain Resnais

lundi 22 juin 2015

Un autre genre de fatigue


"Voilà,
"Quelle fatigue que d’être aimé, d’être véritablement aimé ! Quelle fatigue de devenir le fardeau des émotions d'autrui ! Changer quelqu’un qui s’est voulu libre, toujours libre, en garçon de course des responsabilités : répondre à certains sentiments, avoir la décence de ne pas prendre ses distances, simplement pour que les autres n’imaginent pas que l’on se prend pour un prince des émotions, et qu’on refuse le maximum que peut donner une âme humaine. Quelle fatigue de voir notre existence dépendre complètement de son rapport avec les sentiments de quelqu’un d’autre ! Quelle fatigue de devoir, d’une façon ou d’une autre, éprouver forcément quelque chose, de devoir forcément, même sans réelle réciprocité, aimer un peu aussi !". Ces jours-ci cette réflexion de Pessoa, résonne de façon étrange, comme si celui auquel je pense me l'adressait à bas bruit, sans vraiment me la formuler pour me signifier doucement qu'il est temps de passer à autre chose. J'ai un peu de mal à me faire à cette idée". confessa Romain Téoulier en refermant son petit carnet de moleskine rouge.
"Bon tout ça n'est pas bien important. En tout cas merci d'être venu jusque là pour m'amener le tableau, je le trouve très réussi, j'aime beaucoup ce paysage sans ombres aux tons chauds".  ajouta-t-il en se versant de nouveau quelques gouttes de Fernet-Branca. "Je t'en remets ? Il paraît que c'est bon pour le foie". 
S'il savait.

dimanche 21 juin 2015

Malgré tout, par bribes


Voilà,
les rêves de la nuit qui se dissipent confusément quand la fétide odeur d'haleine persiste au petit matin,
les poèmes imaginés, simplement imaginés qui se sont oubliés dans la paresse ou la procrastination, ou bien qu'on a laissé s'ensevelir sous le poids des jours saturés de trop mesquines tâches,
les dessins qui ne sont pas apparus parce que la main était trop malhabile,
les histoires les événements qu'il semblait alors si nécessaires de relater, (mais les mots venaient toujours à manquer),
bref le souvenir de tout ce qui au bord du possible s'est perdu ou ne s'est pas accompli
parfois ressurgit au détour d'un couloir ou sur un quai de gare, comme si, dans les déchirures dont les murs du quotidien gardent les traces comme autant de blessures et de cicatrices,
ce qui n'avait pu se dire se donnait à voir, malgré tout, par bribes.

samedi 20 juin 2015

De nuit sur le pont


Voilà,
je ne sais pas si je reprendrai un jour ce bateau. C'était la nuit. Il y avait du retard. Accoudés au bastingage, songeant que oui vraiment on avait passé de bien belles vacances, on regardait les manœuvres à quai précédant le moment où, une fois toutes ses amarres larguées, le ferry quitterait le port. Sur le pont, il y avait cette femme et son chien, tellement insolites sous la lumière du néon. Ce chien très laid qui aujourd'hui me rappelle ceux que l'on aperçoit au bas de certains tableaux de la cour d'Espagne peints par Juan Bautista Martinez del Mazo, le gendre de Velasquez.

vendredi 19 juin 2015

Gymnastique matinale


Voilà,
tôt ce matin, en allant rendre les évaluations à l'Agence, j'ai vu cette fille solitaire qui faisait ses étirements dans la cour. J'ai pensé que le monde pouvait être parfois bien étrange. Je me sentais dans un état bizarre, assez désemparé. Un peu à côté de mes pompes. Est ce pour ça que j'ai, un instant songé à m'acheter des "Fairmont" blanches, comme au temps de ma jeunesse ?

jeudi 18 juin 2015

Flaque


Voilà,
j'ai des souvenirs qui remontent très loin. Des sensations qui ne m'ont jamais quitté. Celle par exemple d'être chaudement emmitouflé, protégé dans une poussette où je suis assis. Je l'ai déjà dit, mais le redire me fait plaisir. C'est un autre contexte qui m'y fait songer. L'air est froid, je le sens sur mes joues, mais ça va. Le ciel est très bleu, le monde défile doucement au rythme de la marche de qui me pousse. Il vient à moi. Ce n'est pas moi qui avance vers lui, dans lui, c'est lui qui vient à moi me remplit et fait de moi un monde. Je n'ai pas conscience de mon mouvement mais du sien. Le monde n'est pas encore une adversité, c'est une offrande, un émerveillement. le monde est neuf. D'ailleurs le monde n'existe pas en soi : je suis le monde. Je suis un monde qui se remplit. Je ne suis pas un corps. Je suis sans contour, sans mesure. Il n'y a ni dedans ni dehors. Il n'y a que de la perception. J'accueille grâce et disgrâce avec équanimité puisque je ne peux nommer ni l'une ni l'autre. Je suis encore dans l'esprit du zen, donc.
Enfant, j'étais déjà fasciné par les flaques. Non seulement le ciel s'y reflétait, mais les perspectives qu'elles proposaient me déconcertaient. Ce monde fragmentaire et inversé paraissait receler de bien grands mystères. Et surtout il surgissait à l'improviste ici ou là, semblant répondre à une loi qui échappait à ma compréhension. Plus tard, quand la question de Dieu se fût un peu précisée, il me sembla qu'il devait aussi se cacher dans les flaques. Ses intentions étaient toujours menaçantes. Pensez donc, si l'on croquait l'hostie, si on mangeait moins d'une heure avant la communion, si on pétait à l'église c'était péché mortel. Sans parler des péchés capitaux. Lui le Très-haut qui était partout devait nécessairement se dissimuler dans les flaques pour nous observer aussi de très bas, par ruse, par espièglerie et pour s'amuser à nous tourmenter un peu plus. Je marchais dedans parfois, juste pour Lui signifier que je n'étais pas dupe. Bon, depuis évidemment j'ai compris que Dieu n'existait pas, ou que s'il était, il était en toutes choses bonnes ou mauvaises, indifférent et sans intention ni volonté. 
Linked with weekend reflection

mercredi 17 juin 2015

Back to the sixties

Voilà,
tout à l'heure dans le métro c'était "back to the sixties". J'ai repensé à ce couple que l'on voit sur la couverture de l'album "Woodstock". J'ai appris il n'y a pas longtemps sur un réseau social de couleur bleue que cet homme et cette femme sont toujours ensemble.

mardi 16 juin 2015

Une simple question d'intervalle


Voilà
"Nous n'avons reçu que depuis très peu de temps une vie que nous allons perdre. Placé entre ces deux instants, dont l'un nous a vus naître et l'autre nous voit mourir, nous tâchons, en vain, d'étendre notre être au-delà de ces deux termes. Nous serions plus sages si nous nous appliquions à en bien régler l'intervalle". (Pierre-Louis Moreau de Maupertuis) (Linked with skywatch friday)

dimanche 14 juin 2015

Rugby


Voilà,
je l'avoue je regarde régulièrement les résumés des matches de rugby de l'hémisphère sud et parfois je regrette de n'être pas né et avoir grandi en Nouvelle-Zélande où l'on s'adonne à ce jeu avec une si merveilleuse inspiration, parce qu'on le pratique dès le plus jeune âge à l'école, garçons et filles confondus, et qu'il constitue l'identité de ce peuple et de cette nation. Lorsque je vois les images des supporters qui en famille, viennent au match comme on va au spectacle, si joyeux dans ces petits stades qui ressemblent à ceux de nos villes du sud, j'imagine alors une autre vie que la mienne, peut-être moins encombrée de question plus rustre plus terrienne, et faite de joies plus simples. Si cette année les Crusaders de Dan Carter et Richie Mc Caw ne se sont pas qualifiés pour les play-off du super 15, il y aura toujours les Hurricanes et les Chiefs ou les Highlanders, pour représenter le rugby néo-zélandais. Il va sans dire que j'espère ardemment que les Hurricanes qui ont survolé la saison finiront vainqueurs car ils le méritent. La classe et l'élégance de Beauden Barrett, la puissance la vitesse et l'agilité des frères Savea et de Ma'a Nonu, la vista de Perrenara, la maîtrise de Conrad Smith me sont à chaque fois un régal.
Je me souviens de la première fois où j'ai vu jouer les All blacks, c'était en 1967, dans les  Landes, terre de Rugby, au collège  de Parentis-en-born. A l'époque nous avions un samedi après-midi sur deux consacré au sport. Les Blacks étaient en tournée et notre prof de gym Mr Gallin avait décidé de scinder l'après-midi en deux avec une séance télévision pour que nous fassions un peu de théorie. C'était surtout qu'il ne voulait pas manquer ce match commenté par Roger Couderc qui, avec son accent rocailleux du Gers fut dans les années soixante et soixante dix une sorte de barde chantant la geste du rugby français. Toutes les actions étaient analysées au fur et à mesure, par notre prof, les mauls, les passes, les mêlées fermées, les positions des trois quarts intercalés. La fluidité du jeu à la main était alors fascinante et l'est devenue encore plus depuis l'apparition et l'intégration des joueurs d'origine fidjienne dans le team. Oui c'est comme ça, je n'y peux rien, ce jeu me fascine, sans doute parce qu'il repose sur un paradoxe : avancer collectivement pour déposer le ballon dans l'en-but adverse en ne pouvant se le passer à la main qu'en arrière. Il m'arrive encore parfois de ressentir en rêve cette sensation ancienne, sensation d'enfance, me saisir tout à coup du ballon à la faveur d'une interception, sentir la possibilité d'une percée. La tenter...

samedi 13 juin 2015

Dans les plis du rideau


Voilà,
Ce qui s'arrachait de ses nuits le surprenait parfois. S'il s'attardait au matin sur les plis du rideau il y reconnaissait avec effroi les figures que formait son désir. Difficile de chasser de son esprit ces visions obsédantes qui semblaient congédier à jamais ce qui demeurait d'enfance en lui. Et cela le tourmentait.

vendredi 12 juin 2015

Se télétransporter


Voilà,
si je pouvais, comme les héros de la série "Star trek" me télétransporter à l'instant c'est, au pied du bourg de Conques, à proximité du pont des Romieux qui enjambe la rivière Dourdou que je voudrais me retrouver. La seule fois où j'y suis allé j'imaginais les temps anciens où les pélerins le traversaient en bande pour se rendre à St Jacques de Compostelle. 

mercredi 10 juin 2015

Un grossier Personnage


Voilà,
Par hasard, dimanche dernier, passant dans une rue commerçante de mon arrondissement, je réalise que, comme chaque année lors du premier weekend de Juin, de nombreux ateliers d'artistes sont accessibles à la visite et sans doute aussi la petite galerie au fond d'une cour où je ne suis pas allé depuis quelques semaines. J'entre, au moment où d'autres visiteurs s'en vont, alors que la galeriste est en conversation avec l'artiste dont les œuvres sont actuellement exposées. C'est un homme âgé mais robuste avec un beau physique assez terrien. Il parle fort et s'interrompt à peine lorsque je la salue. Je commence tout juste ma visite que je l'entends se plaindre de ce que les gens qui passent aujourd'hui n'achètent pas et que ces visiteurs sont plus badauds que connaisseurs. Cela ne m'étonne guère de sa part car je trouve son inspiration à la mesure de ses remarques. Le trait grossier la palette sans grande nuance. Sa production est aussi tape-à-l'œil que lui fort en gueule. Je ne peux regarder attentivement son travail (car même la médiocrité peut être source d'enseignement) tant ses jacasseries et ses récriminations contre le marché de l'art et tous ceux qui ne le respectent pas lui, qui semble avoir une si haute idée de sa personne, polluent l'espace exigu de la galerie. Je sens la galleriste un peu embarrassée par la situation. Elle même d'ailleurs a du mal à en placer une. Profitant de l'arrivée d'un autre groupe de visiteurs, et puisque je me sens un peu de trop ici (de toute façon je n'ai pas grand chose à raconter sur ce que j'ai vu), j'en profite pour m'échapper. Je décide de redescendre la rue de la Gaîté parce que le glacier d'une enseigne bien connue y vend un sorbet au basilic et citron vert que je souhaite goûter (écrivant cela je me souviens soudain du vieux couple d'italiens qui fabriquaient des glaces artisanales rue d'Odessa), et par la même occasion je vais aussi déambuler au marché des artistes boulevard Edgar Quinet.  À part un ou deux stands, rien de bien réjouissant. Tout à coup ce moment et cet endroit revendiquent secrètement de devenir une photo, comme si ce dimanche un peu vague, solitaire et mélancolique s'était condensé dans la vision de cet immeuble d'angle qui jamais auparavant ne m'était apparu de la sorte.

mardi 9 juin 2015

Troublante rencontre


Voilà,
les temps étaient troubles et les pensées tourmentées. Une fois il lui était arrivé de croire qu'il avait, dans le métro, croisé au détour d'un couloir, la Camarde venue là en habit de pauvreté pour le narguer. 
Les jours semblaient bien âpres. 
L'angoisse en lui faisait un grand chahut d'heures lourdes. 
De temps à autre une odeur vieille de moisi surgissait du tréfonds de la mémoire, et c'était comme redevenir enfant dans le sombre et lointain escalier de la rue de la Devise aux marches trop hautes et si difficiles à gravir. Autre et semblable à la fois, il était là autant qu'ailleurs, songeant aussi, non sans une certaine mélancolie, qu'un jour il ne serait plus nulle part. 
Et cela tout de même, le préoccupait.

dimanche 7 juin 2015

Sous un ciel de l'Anthropocène


Voilà
j'en ai déjà parlé ici ou . N'empêche, même en temps de paix — certes fragile et de plus en plus menacée —, ces trainées dans le ciel, dans la lumière d'un printemps radieux, à quelques mois des négociations sur le climat, je ne les observe plus avec la même candeur ni le même émerveillement qu'autrefois. En un peu plus de cinquante ans, c'est à dire à l'échelle d'une vie, l'homme est parvenu par son action à faire en sorte qu'apparaissent de nouvelles formes de nuages. Il me semble pourtant si près le temps où, allongé sur le sable de la plage de Biscarrosse, je pouvais passer des heures à rêver et m'abîmer dans la contemplation des nuages. Qu'un avion vint à passer et c'était un événement. A l'époque il n'y avait, dans le monde que 300 millions de passagers par an. Il y en a aujourd'hui 3 milliards.


C'était aussi une époque où là-bas loin, sur la côte ouest des la Californie, on inventait la musique psychédélique. C'était le temps des "Summer love" et de la croyance en un éden terrestre encore possible, malgré la guerre du Vietnam. Aujourd'hui, cette musique revient à la mode dans un temps qui n'a plus rien à voir avec celui qui a inspiré tout ça. Mais j'aime bien ça toujours, les longs solos de guitares saturées...

 


samedi 6 juin 2015

Bilan et perspectives


Voilà,
Je n'aurais pas construit d'œuvre ; du moins aurais-je tenté avec les moyens du bord, somme toute assez limités, de dresser un vague inventaire d'instants de sensations et de choses vues. Je vais m'efforcer de continuer autant que faire se peut. Il y aura probablement moins de mots, mais des images, ça oui, il en reste. Il en restera. Elles ont de plus en plus tendance à se mélanger les unes aux autres..

mercredi 3 juin 2015

Entre rien et n'importe quoi



Voilà
Ces lieux abandonnés, ces zones entre rien et n'importe quoi où certains ont choisi de laisser une trace, une signature pour attester de leur passage ou bien délimiter un territoire d'animal urbain, on les retrouve semblablement déclinés dans la plupart des villes de la planète, grandes ou petites. Désormais érigé au rang des beaux-arts, ce vandalisme en quelque sorte standardisé dépeint un monde où l'imaginaire, emprisonné dans la toile toujours plus aliénante des moyens de communication, s'est lui aussi considérablement rétréci.

lundi 1 juin 2015

Le Théâtre des Egociations



Voilà,
c'est indiscutable, j'ai raté mon cadre. J'y ai néanmoins gagné un nouveau concept. Le théâtre des égociations ne serait-il pas le lieu, le dispositif où s'associent les ego. (shared with skywatcch friday)

dimanche 31 mai 2015

Silhouettes sur la glace


Voilà,
sur une fragile surface des silhouettes se tiennent là comme autant d'énigmes. Elles nous tournent le dos, ignorant qu'elles sont à la tangente d'un futur où elles susciteront bien des interrogations. Mon regard ne parvient pas à se détacher d'elles. Je sais que l'événement a bel et bien eu lieu dans le froid de l'hiver il y a fort longtemps sous des cieux moins cléments et pourtant tout cela me semble aussi improbable qu'irréel.

samedi 30 mai 2015

Coïncidences


Voilà,
cette semaine, en deux jours, j'ai vu, dans le métro, deux femmes lire un livre d'Emmanuel Carrère en édition originale. Pour l'une il s'agissait de "L'Adversaire" pour l'autre de "Limonov". J'ai aussi aperçu cette jeune personne absorbée dans la vision d'un film défilant sur sa tablette. Je ne crois pas qu'il s'agissait d'une adaptation cinématographique d'une œuvre de cet auteur. J'ai néanmoins trouvé amusant de photographier le visage qui y apparaissait.

jeudi 28 mai 2015

Plantes de balcon


Voilà,
même si les perspectives ne sont guère réjouissantes, et ce n'est pas moi qui le dis, et cela ne vient pas d'un crétin qui n'y connaît rien, cela ne relève pas du "pessimisme", que tant de gens même familiers ou qui le furent autrefois, ne manquent pas de me reprocher comme s'il s'agissait là de ma part d'un pose, alors que c'est juste une forme de lucidité qui laisse toujours un peu d'amertume même sur le plus doux des bonheurs, bref en dépit de tout cela, il m'arrive cependant de me réjouir de choses simples.
shared with  art journal journey  

mardi 26 mai 2015

Extrait d'une lettre de Jules Verne


Voilà, 
je me souviens très bien de ce passage que j'ai découvert en Corse, l'été dernier alors que je faisais une recherche sur Jules Verne. Il s'agit d'une lettre adressée à son père et j'ai regretté de ne pas en avoir eu connaissance plus tôt (j'aurais pu, lorsque sa présence polluait encore ce monde, en faire part à mon géniteur pour qui la chose militaire fut la grande affaire de sa vie) : « Tu as toujours l'air attristé au sujet de mon tirage au sort, et du peu d'inquiétude qu'il m'aurait causé ! Tu dois pourtant savoir, mon cher papa, quel cas je fais de l'art militaire, ces domestiques en grande ou petite livrée, dont l'asservissement, les habitudes, et les mots techniques qui les désignent les rabaissent au plus bas état de la servitude. Il faut parfois avoir fait abnégation complète de la dignité d'homme pour remplir de pareilles fonctions ; ces officiers et leur poste préposés à la garde de Napoléon, de Marrast, que sais-je ! - Quelle noble vie! Quels grands et généreux sentiments doivent éclore dans ces cœurs abrutis pour la plupart ! - Prétendent-ils se relever par le courage, par la bravoure! mots en l'air que tout cela! Il n'y a ni courage, ni bravoure à se battre quand on ne peut pas faire autrement ? Et me cite-t-on un haut fait d'armes accompli dans des circonstances, chacun sait qu'il y en a les 19/20èmes à mettre sur le compte de l'emportement, la folie, l'ivresse du moment ! Ce ne sont plus des hommes qui agissent, ce sont des bêtes furieuses, excitées par la fougue de leurs instincts. Et en tout cas, vint-on me montrer le sang-froid le plus calme, la tranquillité la plus surprenante dans l'accomplissement de ces hauts faits que l'on paye d'une croix, je répondrai que l'on n'est généralement pas sur terre pour risquer sa vie ou arracher celle des autres, et qu'en fait de condition, j'en connais de plus honorables et de plus relevées. ». J'étais ces jours derniers à Nantes sa ville natale et bien évidemment j'y ai repensé devant la statue du Jardin des Plantes.

lundi 25 mai 2015

Bloc Osma


Voilà,
je ne sais plus comment c'était venu dans la conversation, mais quand il en avait parlé je lui avais aussitôt dit que je ne savais pas ce que c'était "ah bon" avait répondu Philippe, "tu ne connais pas le bloc hyalin ! Ah je vais te trouver ça, c'est toujours bien utile". Et en effet peu de temps après, il m'avait rapporté ceci. En dépit des rasoirs très sophistiqués qui existent maintenant il m'arrive quelquefois encore de me couper. Rien de mieux pour cicatriser que le bloc Osma.

dimanche 24 mai 2015

Le trait lacunaire


Voilà,
me plaît dans ce rendu l'aspect lacunaire de l'image. La nécessité aussi qu'on s'y attarde un peu, Qu'on y regarde à deux fois pour comprendre. De plus en plus j'aime ce qui se réduit au trait aux tâches à la surface. M'importe moins ce qui se voit que ce qui se devine.

vendredi 22 mai 2015

Sortie de champ


Voilà,
juste une silhouette presque une ombre. Ne le sait pas mais sort du champ. D'autres corps, non loin, immobiles et groupés donnent forme à ce qui plus tard deviendra pour eux un souvenir. Ce moment banal, sans doute fut-il saisi en raison de la lumière. En ce lieu pourtant, à cette saison et à cette heure particulière du jour, ma présence me semblait aussi absurde que déplacée.  

jeudi 21 mai 2015

La Loire à Nantes

 
Voilà,
Sur les quais de Nantes je songe à la Loire de mon enfance à Souzay, entre Saumur et Fontevraud,
 avec son odeur entêtante et si particulière de vase
(Linked with Skywatch friday)

mardi 19 mai 2015

Comme un cortège de nuages


Voilà,
"C'est durant ces heures où s'ouvre un abîme dans mon âme que le plus petit détail vient m'accabler, comme une lettre d'adieu. Je me sens perpétuellement sur le point de m'éveiller, je me subis comme l'enveloppe de moi-même, dans un étouffement de conclusions. Je crierais de bon cœur, si mon cri pouvait parvenir quelque part. Mais je suis plongé dans un sommeil profond, qui se déplace de certaines sensations vers d'autres comme un cortège de nuages. [...] On dirait que je cherche, à tâtons, un objet caché je ne sais où, et dont personne ne m'a dit ce qu'il était." Fernando Pessoa in "le livre de l'intranquillité"

lundi 18 mai 2015

Tenir, quoi qu’il en soit


Voilà,
"Je constate que je vieillis ; un signe qui ne trompe pas est le fait que les nouveautés ne m'intéressent pas ni ne me surprennent, peut-être parce que je me rends compte qu'il n'y a rien d'essentiellement nouveau en elles et qu'elles ne sont tout au plus que de timides variantes" écrit José Luis Borgès dans "Le livre de sable". Et si finalement je n'étais pas aussi vieux que me le suggère parfois mon corps ? Car je parviens tout de même à me réjouir de certaines applications graphiques nouvelles qui me rendent la tâche plus simple et immédiate, m'évitent de me salir les doigts, me permettent de dessiner, ou de traficoter des photos loin de chez moi, dans les transports, les chambres d'hôtel. Autant d'outils grâce auxquels je peux me maintenir en activité, bien qu'improductif au regard des critères actuels. C'est aussi ça qui me préserve de la folie dans un monde où les valeurs de l'humanisme tendent à disparaître, où le cynisme des grands capitalistes est sans borne, où tant de choses concourent au formatage et à l'asservissement généralisés. 
(première publication 18/5/2015 à 00:11)
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vendredi 15 mai 2015

Salle d'Attente


Voilà
j'espère que, mon mauvais esprit et mon sens de l'humour me sauveront de l'inévitable débilité de la vieillesse. Bien sûr désormais au delà de quatre mètres je vois flou, construire un raisonnement m'est de plus en plus laborieux, une sorte de distraction généralisée me submerge. La vie moderne m'encombre, c'est plein de sacs en plastique débordant d'emballages cartonnés, de blisters, de papiers de toutes sortes, de prospectus remplis de carabistouilles visant à promouvoir des produits sans aucun d'intérêt ; la vie moderne c'est autant de trucs de machins de bidules, de messages d'alerte sur les écrans, de spams, de sollicitations pour des enquêtes de consommateur, de robots téléphoniques qui exigent avec une voix doucereuse que vous tapotiez des codes sur le clavier, numéro d'identifiant mot de passe etc... tout ça pour ensuite vous enjoindre de rappeler plus tard. C'est souvent chiant la vie moderne... Quoiqu'il en soit je suis tout de même encore capable de me rendre compte que je me trouve dans la salle d'attente d'un hôpital. A la droite une femme noire ronfle en se tournant les pouces. En face, assis près de son père, un enfant d'une dizaine d'années en voie de crétinisation déjà très avancée s'acharne a tapoter sur une tablette avec force grognements pour exterminer des monstres ou gagner des vies supplémentaires dans un de ces jeux électroniques stupides qui finira peut-être bien par le rendre prématurément épileptique. Non loin une vieille grommelle et récrimine contre je ne sais quoi. Elle remâche sa colère avec des airs de ruminant. On se croirait dans une étable. C'est ce que je vois puisque je peux encore voir. A part ça, je suis aussi en mesure de constater que lorsque les gens s'asseyent dans une salle d'attente ils préfèrent se poser a priori entre deux chaises vides plutôt que de côtoyer quelqu'un. Oui c'est comme ça des fois je remarque des trucs sans intérêt mais qui suffisent à m'occuper l'esprit. Qu'importe s'il fatigue désormais et ne tourne plus très rond, j'aurais quand même eu de bons moments, pensais-je alors dans un grand élan d'optimisme frisant presque l'allégresse.

mercredi 13 mai 2015

Palais de Mari


Voilà
il y a peu, j'ai entendu "Palais de Mari" que je ne connaissais pas. il s'agit d'une pièce pour piano de Morton Feldman. Découvrir cette musique qui me semble pourtant si familière, si intime au point d'avoir l'impression de la retrouver m'a particulièrement ému. Ce mystère, cette naïveté, je les ai reconnus comme quelque chose de lointain qui m'avait appartenu. Qu'un compositeur confirmé ait pu, à la fin de sa vie, s'y abandonner me touche particulièrement et, d'une certaine façon me rassure.
Voilà les faits : entre 14 et 18 ans, j'ai habité à l'École Polytechnique, rue de la montagne Ste Geneviève. Mes parents y travaillaient et nous logions sous les toits du Bâtiment Boncourt devenu aujourd'hui le siège du Ministère de la Recherche. Le samedis après-midi il m'arrivait d''explorer les moindre recoins de cette vénérable institution. Il y avait un endroit que j'aimais particulièrement c'était l'amphithéâtre Poincaré. Un piano s'y trouvait, comme un animal étrange et énigmatique. Je n'avais alors aucune éducation musicale. La musique, le piano, c'était pour les riches. Approcher de cet instrument, oser en soulever le couvercle, poser mes doigts sur ces touches, c'était braver un interdit. Cependant, certains weekend, je venais m'asseoir derrière, égrenant des sons hasardeux, m'essayant à quelques accords dans le silence du grand amphi. Et c'était comme fabriquer un temps à part que la composition de Feldman fait aujourd'hui ressurgir quand tant d'années se sont écoulées. Aujourd’hui je voudrais me réfugier dans les silences qui trouent ces notes, y trouver asile. Ne plus en sortir. Je me sens tellement inadéquat à ce monde.  (Shared with art for fun friday try it on tuesday challenge  -  


vendredi 8 mai 2015

Station Gaîté


Voilà, 
j'ai récemment appris dans l'ouvrage de Laurent Chollet " l'insurrection situationniste" que le 10 mai 1968 après avoir découvert un beau sable jaune en dépavant la rue Gay-Lussac c'est un dénommé Killian Fritsch qui a inscrit sur un beau mur blanc ces quelques mots passés à la postérité "Sous les pavés la plage". Deux ans plus tard il s'est jeté sous une rame de métro à la station Gaité. Comme quoi même dans le plus profond désespoir on peut encore faire preuve d'humour. Je n'aurai désormais plus tout à fait le même regard sur cette station où je me rends assez souvent.

mardi 5 mai 2015

L'Avenir



Voilà,
le super volcan Tuba de Sumatra, un immense volcan explosa voici 74000 ans. Cette éruption développa autant d'énergie que l'éruption simultanée de 10000 volcans comme le St.Helens, soit l'équivalent de 1000 MT de TNT (environ 67000 fois la bombe d'Hiroshima) ce qui provoqua un hiver volcanique global ! Alors qu'un volcan ordinaire dépasse difficilement la classe éruptive VEI3, la super éruption de Toba fut classée VEI8, la plus puissante, dite "méga-colossale", projetant dans l'atmosphère 3000 km³ de cendre et de gaz, un volume des millions de fois supérieur à celui d'un volcan ordinaire. Il va sans dire qu'un tel événement produisit une catastrophe globale, à l'échelle planétaire. Dans les mois qui suivirent, la super éruption aurait entraîné une chute brutale de 3 à 5°C de la température moyenne de la Terre avec des hivers se prolongeant durant 6 ans, au cours desquels la température des régions tempérées chuta de 15°C en été et fut celle des contrées polaires en hiver...Cette catastrophe climatique aurait détruit toutes les récoltes, la majorité des animaux seraient morts de froid et par voie de conséquence, elle aurait précipité la disparition de la quasi totalité des espèces humaines, à l'exception d'environ 2000 individus dont les premiers représentants des hommes de Cro-Magnon, les Homo sapiens européens. Suite à cette catastrophe, à quelques individus près, on peut littéralement considérer que nous sommes issus d'une seule famille d'Homo sapiens. C'est ce que démontre l'histoire de l'ADN mitochondrien. Si l'on se reporte aux articles sur les extinctions de masse et sur le super volcan de Yellowstone on peut en savoir un peu plus sur l'hypothétique récurrence d'une telle catastrophe. Donc, après avoir survécu à ce goulot d'étranglement, un être à part dans le règne animal est né : l'homme moderne. Or il se trouve qu'aujourd'hui, comme le fait remarquer Noam Chomsky "L’espèce humaine vieille d’environ 100 000 ans, est maintenant face à un tournant de son histoire. Cette espèce est dans une position où elle va bientôt décider, d’ici quelques générations, si l’expérimentation de la vie dite intelligente peut continuer, ou si nous sommes déterminés à la détruire. (...)".Cela peut paraître un très sombre constat et bien sûr je souhaite de tout mon cœur que l'humanité trouve une issue favorable pour son salut. Lorsque je vois ceci ou bien encore cela, ou encore ça, enfin des trucs qui passent sur les réseaux, je ne peux cependant chasser de mon esprit l'effroi suggéré par ce personnage que des enfants ont peint à la craie sur une paroi.

samedi 2 mai 2015

Our Soul


Voilà,
ce bout de mur ce jour là m'a ému. Je crois que, lorsque je l'ai aperçu, j'étais en train d'essayer d'imaginer cette station balnéaire durant la saison estivale. Je n'avais qu'une idée vague de cette localité dont j'e n'avais vu que quelques photos auparavant. Et peut-être à cause du temps, j'éprouvais cette tendre mélancolie que sous ces latitudes on nomme saudade. Me submergeaient des sensations semblables à celles qui avaient pu me traverser enfant lorsque j'habitais dans les Landes au bord de l'Atlantique. C'était une sorte d'irrépressible nostalgie pour des terres lointaines et inconnues mêlée à une timide tristesse de n'être pas un autre ou bien le même dans un autre temps. Je regrettais de me trouver ainsi réduit à ce lieu et à cet instant et de ne pouvoir d'un coup embrasser de plus vastes espaces à la manière du vent, cet infatigable voyageur....

jeudi 30 avril 2015

Une Proie facile


Voilà,
C'est un moment étrange dans un lieu sans grâce. Il ne comprend pas trop ce qu'il se passe. Cet éblouissement, ce vertige furtif et ces fourmillements dans le bras. Songe que cela pourrait être l'instant où jamais. La silhouette imprécise derrière l'opaque paroi de verre de l'abribus telle une proie facile. Personne alentour. La lame effilée dans la poche. Des années qu'il ne l'a pas fait, et depuis quelques temps de nouveau ça l'obsède cette envie. La dernière fois c'était au cœur d'un été. Ce clochard. Si simple cela avait semblé si simple. Comme autrefois lorsqu'il égorgeait les volailles à la ferme. Il avait ensuite passé la fin de l'après-midi dans un sauna gay et il avait joui des humiliations qu'il était venu y chercher. La nuit tombée, il avait ensuite longtemps marché d'un pas allègre par les rues moites et désertes de la ville dépeuplée. Il s'était alors senti léger, habité par un sentiment d'impunité et de puissance qu'il n'avait jamais connus. Malgré les odeurs de détritus et d'urine que la chaleur rendait plus tenaces, il lui avait semblé avancer dans l'évanescente densité d'un rêve. Désormais il serait dépositaire d'un secret et d'une mission : ne jamais se faire prendre.
Aussi, à cette heure particulière du jour et dans l'éclat singulier de cette lumière Loïc Picardan hésite : peut-être n'est-ce pas vraiment raisonnable. (linked with the weekend in black and white)

mercredi 29 avril 2015

Fondation Louis Vuitton


Voilà,
hier j'ai visité la Fondation Louis Vuitton avec ma fille. Le travail architectural de Frank Gehry me fascine. Où que l'œil se porte c'est un pur bonheur. Le bâtiment est à lui seul une œuvre d'art, une sculpture immense où il fait bon se promener. Si l'on se tient au jeu des lignes, et qu'on le restitue, on obtient une sorte de dessin constructiviste, ce qui somme toute est assez logique. Du fait que, par le jeu des transparences, la structure s'offre au regard, j'ai eu eu la sensation de me mouvoir autant dans le concept (c'est à dire au plus près de l'idée) que dans sa réalisation. Mais je reparlerais de ça plus tard et d'autres photos viendront ultérieurement, c'est sûr. shared with midweek muse challenge


lundi 27 avril 2015

La voix de Michel Boujut

Voilà,
tout à coup dans la nuit, il y a la voix de Michel Boujut... Miracle des podcasts, la radio rediffuse un entretien qu'il a donné autrefois et que j'avais relaté fin 2012. Et c'est comme si jamais il ne nous avait quittés. Il y évoque Wim Wenders qui, dit-il, a été une révélation pour lui. Raconte que ses films l'ont accompagné ainsi que ceux de sa génération. Se rappelle en avoir entendu parler pour la première fois sur une autoroute la nuit, alors qu'il écoutait le pop-club de José Artur. Pour ma part, je m'en souviens comme d'un baba cool un peu arrogant, interviewé pour la télévision sur la croisette au sujet de son film "Au Fil du temps". Je l'avais à première vue trouvé assez déplaisant. Mais la vision de son film quelques semaines après, avait constitué un véritable choc esthétique. A la projection, il y a quelques semaines de son dernier opus "Every thing will be fine", il était là, gentil, aimable détendu et plein d'humour. Je me suis rendu compte que sans le connaître je l'aimais beaucoup, que depuis longtemps j'avais pour lui et pour son œuvre si tendre sensible et généreuse une sympathie immédiate.



Je me souviens aussi de "Alice dans les villes" où Rüdiger Vogler prenait beaucoup de polaroïds et ce plan incroyable où il rentre dans un café au fond duquel se trouve un Jukebox. À côté de l'appareil et l'oreille collée contre celui-ci se tient un enfant assis sur une chaise. Ses pieds ne touchent pas le sol et battent la mesure. Il fredonne. C'est un plan fixe qui dure le temps du morceau : "On the road again"de Canned Heat .



Et bien sûr "L'Ami américain", dont l'affiche avait longtemps décoré mon salon, j'en ai déjà parlé dans le Post consacré à ce film, mais j'ai retrouvé une image. Wenders donc, mais Boujut encore, de sa voix en off dans la formidable émission "Cinémas cinémas", et lui encore une autre fois à la radio parlant de son admiration pour Chaissac, chez qui, lorsqu'il était enfant, il se rendait avec son père  poète et éditeur de la revue "La Tour de Feu" (j'ai dans mon adolescence acheté des plaquettes de poètes éditées là bas). Souvenir mêlés, femmes images photos, le premier livre offert par C. avec sa délicate dédicace —dont la calligraphie si belle si ample, m'a toujours ému —"Une fois", de Wim Wenders précisément, auquel ce blog doit beaucoup, peut-être même son principe.


il y a aussi ce polaroïd qui date de fin 79 ou début 80, avec Agnès, dans l'appartement de la rue des Jonquilles où nous vivions alors ensemble, devant l'affiche dessinée par Guy Pellaert, ... J'aime beaucoup cette image d'elle.... Agnès que j'ai revue il y a peu lors de l'enterrement de son père...

samedi 25 avril 2015

vendredi 24 avril 2015

April in Paris


Voilà,
c'est aussi ça Avril à Paris, non loin de la cinémathèque où se donnent en ce moment une rétrospective consacrée à Antonioni et une autre à Buster Keaton. Comme à chaque fois que reviennent les beaux jours, il y a ce délicieux parfum d'insouciance, cette illusion trompeuse. Tout à coup la nature reprend le dessus, et l'on s'en remet à elle, à la douceur de l'air, au charme des senteurs printanières, à la bienfaisante chaleur du soleil. On se prend à rêver d'un monde plus léger, plus tendre comme ce duo entre Entre Ella et Louis.  Et puis on se souvient que dans deux jours ce sera un triste anniversaire, que les catastrophes sont indifférentes à ces petits bonheurs. Impossible de ne pas y penser, de ne pas songer à cet acharnement que met l'homme à détruire son écosystème. Il y a peu, j'ai lu cette phrase "Quand quelqu'un détruit une chose créée par l'homme on dit que c'est du vandalisme, quand on détruit quelque chose créé par la nature on appelle ça le progrès"


mercredi 22 avril 2015

Les Yeux fermés


Voilà,
"J’ai en ce moment tant d’idées fondamentales, tant de choses vraiment métaphysiques à exprimer, que soudain je me sens las, et que je décide de ne plus écrire, de ne plus penser : je laisserai la fièvre m’apporter l’envie de dormir, et les yeux fermés, je caresserai doucement, comme je ferais à un chat, toutes les choses que j’aurais pu dire." Fernando Pessoa (shared with midweek muse challenge )

dimanche 19 avril 2015

Le Décolleur


Voilà,
pour faire simple, je n'aime pas le monde tel que je le vois d'ici ni la réalité telle qu'elle se présente sous ces latitudes. Je ne le fais pas exprès. J'aurais grandi dans la région de Perth ou vit Gracie, ou bien non loin de la Columbia River comme Bill et Laura j'aurais sûrement un point de vue différent sur la question, ou du moins je m'en accommoderais différemment. Et si j'avais vécu à Haïti dans les Balkans en Afrique en Palestine ou en Syrie, mon point de vue serait sans doute autrement pire, ou peut-être n'aurais-je même pas l'occasion d'en avoir. Je suis tout à fait conscient que pour certains il y a quelque chose d'indécent à lire ce que j'écris parce que ailleurs, 'il y a de plus grandes détresses, que le confort européen est souvent très envié, et que d'une certaine façon j'appartiens à une époque et une géolocalisation relativement préservées. Mais bon, j'ai commencé très tôt par voir des horreurs, j'ai passé mon enfance dans des casernes, j'ai côtoyé la connerie, j'ai sans doute en partie, été contaminé, je ne suis pas sûr que cela m'ait vraiment immunisé mais, en dépit des belles rencontres que j'ai pu faire et dont j'ai souvent parlé dans ce blog, cela m'a permis de comprendre assez vite que, comme le disait St François de Sales "où il y a de l'homme il y a de l'hommerie", et ça, cela n'a pas vraiment contribué à faire de moi un optimiste. Ou alors comme dans la blague... C'est à cela que je songeais avant que cette scène ne m'apparaisse.

samedi 18 avril 2015

Portrait de Groupe


Voilà,
je l'ai prise parce que je trouve toujours rigolos les gens qui photographient et puis aussi ceux qui font des selfies. et des photos touristiques. Ceux-là ma foi avaient l'air bien joyeux et peut-être à ce moment là ai-je envié leur jeunesse et leur insouciance. Je me suis rappelé que c'étaient là que se trouvaient les danseurs lors de mon premier séjour. Ensuite, avec ma fille nous sommes descendus vers l'Alfama. Parce qu'il était marqué sur un mur "Je suis Charlie" j'en suis venu à lui expliquer pourquoi pour ma part, en dépit du fait que parmi les victimes certains dessinateurs m'étaient familiers depuis l'enfance, et bien que je trouvais odieux cet assassinat, je ne l'étais pas. Dans un premier temps elle a semblé étonnée, presque choquée et j'ai du longtemps argumenter afin de faire valoir mon point de vue. 
première publication

jeudi 16 avril 2015

La Buvette des Marionnettes


Voilà,
aujourd'hui il fait beau, et même si la nuit n'a pas été sereine, cela va mieux. Je ne sais pas si j'aurais le temps aujourd'hui, mais faire un petit tour au jardin du Luxembourg, me ferait le plus grand bien. Un moment que je ne m'y suis pas attardé. L'autre jour dans le bus rue Guynemer, je me suis rendu compte que les arbres y étaient en feuilles. Il y eut une époque où je le traversais chaque jour de l'année, pour aller au Lycée. C'était un lieu de rendez-vous. Bien des années après j'y suis retourné avec ma fille, à l'aire de jeux. Oui le Luxembourg, pourquoi pas, en fin d'après-midi, je peux tout de même bien m'autoriser ça...

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