Voilà,
les espaces urbains où il est encore possible de s'abriter sont à présent de plus en plus réduits et n'offrent qu'une protection relative contre le vent le froid et la pluie. Les cabines téléphoniques, pour ceux qui les squattaient, constituaient autrefois, en dépit de leur exiguïté, une sorte de refuge. C'est cette raison sans doute, qui a précipité leur disparition. Il est probable que d'ici quelques mois la copropriété de cet immeuble fera en sorte d'empêcher par l'installation d'une grille ou par quelque autre subterfuge toute possibilité d'accès à ce renfoncement. Ils chercheront ailleurs ceux qui, dans l'espace public se trouvent désormais réduits au statut d'encombrant dont il faut à tout prix se débarrasser. Du reste ces sans-domicile empaquetés dans leurs duvets, leurs couvertures de survie, leurs cartons finissent par prendre l'apparence des choses abandonnées destinées au rebut. Ainsi se détournent-ils de nos regards qui ont si souvent honte ou peur de croiser les leurs. De leur déchéance ils n'offrent qu'une forme vague, et indécise à la périphérie de la communauté des vivants qui secrètement, depuis longtemps, mais sans pour autant se l'avouer, ne les reconnaît plus comme tels.











