samedi 21 mars 2015

Quai de la Bastille


Voilà,
je pourrais, sur ce blog, m'en tenir à la stricte présentation d'instants qui m'ont capté, ou de certaines visions que j'ai cru bon figer sous forme de photos, sans pour autant y adjoindre un texte. Ce serait au fond, bien plus simple, moins chronophage aussi. Mais bon, j'ai besoin que des mots accompagnent les images. Non qu'ils m'inspirent confiance, les mots (j'en ai parlé ici ou ), mais s'ils sont souvent effrayants, malcommodes et parfois duplices, leur usage rassure néanmoins. Car, tant que je parviens à agencer des phrases cohérentes, à composer des paragraphes, à formuler des pensées, aussi sommaires soient-elles, cela signifie que je suis encore au monde, que j'y participe (même modestement), que j'ai mon mot à dire, que je peux encore à peu près me situer dans le chaos ambiant sans tout à fait céder à la confusion.
Avec les images il arrive parfois que je me perde à dessein, comme dans ces reflets où, en un même temps et un même cadre, divers pans de réalité s'enchevêtrent. J'aime le trouble et la surprise que cela suscite, ce doux vertige pareil à celui que l'on peut éprouver au sortir d'un rêve. C'est pour de tels étonnements que je marche dans la ville au gré de ma fantaisie. Si je m'efforce d'écrire, au contraire, c'est souvent pour me contraindre, m'obliger à formuler le plus clairement possible ce que je peux ressentir ou penser. C'est ma façon de lutter contre la sensation de dépossession, de perte de contrôle que de plus en plus souvent je crois éprouver, et dont je redoute qu'elle en vienne peu à peu à me submerger. Ecrire pour aussi partager des points de vue, inventer des histoires dont j'ai peut-être besoin de me débarrasser, traficoter des dispositifs rendant la réalité plus supportable. Et puis encore, pour donner du relief à ce qui pourrait sembler ordinaire ou insignifiant, mais qu'une raison obscure ou indéfinie rend toutefois nécessaire.

11 commentaires:

  1. Estupenda imagen... Un abrazo desde Murcia...

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  2. Que la vie prend au sérieux on le perçoit quand on prend conscience de notre mortalité, il nous ne reste que des petites strategies pour s'accrocher à la vie.

    Un abrazo

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  3. Me encantan tus textos, de gran creatividad al igual que
    esta gran fotografía, en un B&N evocador, enhorabuena
    por seguir ofreciendo tanta calidad.

    Un saludo, Ángel

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  4. a special blog but fighting well. a bit difficult with the language but images can tolerate for themselves.

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  5. Bonjour Kwarkito
    surement nous fonctionnons autant par mimétisme qu'autant par amour dans la vie, les uns et les autres et cela notre ressenti le perçoit infiniment ...
    votre photographie est très belle s'agit il d'une photographie argentique car elle décelé une certaine "ancienneté "actuelle et moderne
    elle est très jolie en grand format et l'œil et le rêve se posent
    un très joli moment de lecture aussi très touchant
    bravo
    je vous souhaite un agréable moment de détente en ce début printanier
    Jorge

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    1. non, il s'agit d'une photo numerique... merci beaucoup pour votre message

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  6. j'aime beaucoup le dedans-dehors de cette image ! et ton texte est toujours
    agréable, intéressant ! tu es bien présent...rien n'est ordinaire ou insignifiant ici

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  7. I agree with Marty! Your words always add to the stories your pictures tell. Love this shot! I want some cake....

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  8. Quel beau texte! Tu y exprimes si clairement l'importance des mots pour la pensée, merci.
    Besos

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  9. J'aime beaucoup cette photo dont l'authenticité sans montage est évidente et j'aime vos photos en général mais pour moi le texte n'ajoute rien car je n'ai pas besoin de savoir comment fonctionne une chose pour y trouver mon agrément, pour m'émerveiller surtout quand il s'agit de magie ou de poésie.
    Mon avis n'a aucune espèce d'importance d'autant plus que je n'aime pas non plus les analyses de textes ni les critiques de films, analyses et critiques qui me gâchent le plaisir.

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